26 Mai

DECOUVERTE. le groupe nanto-manceau CORBO met les watts avec son premier album « Héros sur mesure »

Avec ces temps bizarres, on aurait tous besoin d’un supplément de poésie. Ça tombe bien, la poésie, c’est leur affaire. Ils viennent de sortir un premier album taillé au burin et à l’amour comme ils disent, rencontre avec des CORBO qui ont plutôt bonne réputation…

© Robin Cavaillès

Pas facile de les catégoriser mais est-ce vraiment nécessaire ? Depuis 2016, les CORBO font dans la « poésie électrochoc », une formule qui a finit par s’imposer et qui leur colle finalement plutôt bien aux plumes.

Car oui, Corbo, c’est d’abord des plumes, une écriture musicale ciselée aux confins du hip hop, du rock et de la chanson française, et des textes slamés qui racontent le temps qui passe, l’amour, la vie. Le poids des mots, le choc des rimes ! Mais le mieux pour parler de tout ça, c’est encore eux. Interview…

Bonjour les Corbo. Comment allez-vous en ces temps étranges ?

Simon. Bonjour, ça va plutôt bien ! On essaie d’optimiser ce qui nous manque d’habitude et qu’on a en excès en ce moment : du temps pour créer, pour réfléchir. On en profite pour enregistrer des choses, explorer de nouvelles pistes avec notre nouveau synthé-man Jérémie Frémont, mais à distance (on vit plutôt éloignés : Nantes/Le Mans/Tours).

Nous avons également commencé une collaboration avec une manageuse bookeuse : Judith Vergnaud, rencontrée à Nantes en début d’année. On prépare le futur tranquillement avec elle, on s’organise en croisant les doigts pour pouvoir refaire des concerts au plus vite, et sortir cet Ep dans les meilleures conditions.

Enfin, coincés chez nous, on a eu l’idée d’un clip réalisé à partir d’un film de zombies (La Nuit des Morts Vivants, de Romero), qu’on a entièrement démonté/remonté et destructuré pour en fabriquer un objet surréaliste. On a tout fait à distance, ça nous a pris beaucoup de temps, mais on a adoré faire ça et on espère qu’il plaira aux gens autant qu’à nous.

Rien n’arrête la musique, pas même un mauvais virus, vous sortez votre premier EP le 22 mai. La route a été belle jusqu’ici ?

Simon. Oui, Corbo est un projet encore neuf qui a eu l’occasion de faire de belles scènes depuis le début en 2017. On avait besoin de marquer le coup et d’enregistrer cet Ep pour pouvoir avancer, comme une photo des 2/3 premières années. Il sort dans un contexte peu favorable, mais on n’y peut pas grand chose, il vivra sur scène dès que possible, et on lui fera des petits frères rapidement 😉

On l’a réalisé de manière assez artisanale, chez nous, avec l’aide de notre sondier Anthony Deneufve. On est allé chercher un peu plus loin que sur le live du côté des synthétiseurs, et on a ré-arrangé certains morceaux pour avoir un objet vraiment fini. Nous avons demandé à un graphiste nantais qui travaille souvent avec le réseau Beatbox France (Tenseï) d’établir un visuel en cohérence avec le contenu de l’Ep. On adore son travail, il vient vraiment mettre le nôtre en valeur.

Il s’appelle Héros sur mesure, « taillé au burin et à l’amour » dites-vous, un peu brutal et un peu doux en même temps ?

Simon. C’est un peu le principe… on aime beaucoup explorer cette dualité dans la musique avec Corbo, ces deux énergies opposées sont les limites, et l’oscillation de l’une à l’autre permet de rendre la musique vivante.
Cet Ep, on l’a fabriqué avec nos petites mains et nos petites oreilles, c’est aussi un peu ça le burin et l’amour ; la démarche du DIY parce qu’on n’a pas le choix, et aussi et surtout parce qu’on aime ça.

Corbo, c’est un savant mélange de rock, de hip hop, de chanson française avec des textes slamés, du beatbox, des synthés et une guitare ténor. Quelles ont pu être vos inspirations pour un tel mélange des styles ? Et de quoi nous parlent vos textes globalement ?

Simon. C’est toujours compliqué de mettre un ou des noms de styles sur ce qu’on produit, surtout quand on ne l’a pas pensé avec une étiquette, récemment on a trouvé la formule Poésie Électrochoc pour définir la musique de Corbo, ça fait une nouvelle case qui nous va bien.

On aime beaucoup la couleur d’Odezenne, l’énergie de Feu! Chatterton, un groupe de Namur qui s’appelle Glauque, Radiohead, James Blake, Ratatat, Foals, de la littérature avec Prévert, Kerouac, Bukowski, Queneau…

Les textes de l’Ep ont été écrits à partir de rêves, de souvenirs (Mets Les Watts, Jungle) ; de questionnements sur le sens de la vie, sur l’amour propre, le temps qui passe (Miroir, Les Géants) ; il y a aussi le poème de Gaston Couté qui résonne incroyablement vrai aujourd’hui à propos de la place des gens dans la société (Gueux).

La vie reprend doucement, les concerts pas vraiment, quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Simon. On va espérer très fort que 2021 ressemble le moins possible à 2020 ; et comme on est plutôt optimistes, tout ira bien.

On va répéter beaucoup, et créer de nouveaux morceaux pour refaire un disque avec une couleur probablement plus électro ; travailler en résidence pour proposer un show foufou
sans distanciation sociale avec du gros son et des queues leu leu spontanées.

Merci Corbo, merci Simon. Propos recueillis par Eric Guillaud le 24 mai 2020

Plus d’infos sur Corbo ici

12 Mai

Besoin d’air ? Le Nantais Arnaud Fradin et les Normands Hawa Sow & The Soul Seeders à portée de voix

On a pu le constater maintes fois durant ce confinement, rien ne peut arrêter la musique. Et quand un grand nom du blues français, le Nantais Arnaud Fradin, croise la voix de Hawa Sow, du projet Hawa Sow & The Soul Seeders, ça donne Yesterday, une pépite soul qui pourrait bien nous redonner le sourire…

Hawa Sow © Arnaud Rouyer

D’un côté, Hawa Sow & The Soul Seeders, un projet basé en Normandie accompagné depuis quelques années par la chanteuse Hawa Sow. De l’autre, un Nantais, une pointure dans le monde du blues et de la soul, le sieur Arnaud Fradin, aka Malted Milk.

Entre les deux, plusieurs centaines de kilomètres, plus qu’il n’en faut pour répondre aux exigences d’une distanciation sociale raisonnable en ces temps d’épidémie, mais pas assez pour interdire à ces deux-là de partager leur amour de la musique soul sur un titre, un single, baptisé Yesterday

« Ce fut pour moi… », explique Arnaud Fradin, « l’occasion de découvrir une jeune formation passionnée par la soul music comme nous avec Malted Milk  !! A leur invitation pour un titre cela m’a plu de jouer le jeux et faire ça à distance car nous n’habitons pas dans la même région. Expérience inédite pour moi  jusqu’ici mais très intéressante. Leurs compositions sont bien arrangées et interprétées.  Fier d’avoir participer à ce bel album ! « 

Arnaud Fradin et Hawa Sow – extrait du clip Yesterday

Ce nouveau single en duo est extrait d’un album à paraître le 15 mai, le premier du groupe Hawa Sow & The Soul Seeders, baptisé Make it Happen. La chanteuse Hawa Sow et le batteur-producteur-manager du groupe, Pierre Carlin, nous expliquent :

« Lors de la création de notre premier album Make It Happen, nous avons eu l’envie d’y mettre des moments de ces quatre années d’expériences. L’idée de réaliser un duo avec Arnaud Fradin est apparue comme une évidence! Nous le suivions depuis longtemps dans ces différents projets lorsque nous avons eu la chance de partager la scène avec Malted Milk le 2 décembre 2017 à l’Espace Caravelle de Meaux. Nous lui avons donc envoyé un message plein d’espoir avec nos titres et il a accepté! Nous avons choisi de reprendre le morceau Yesterday qui figure déjà sur notre EP sorti en 2017. Arnaud n’a pas fait que poser sa voix, il a aussi joué une ligne de guitare qui parcourt tout le morceau. Nous sommes très fiers de cette nouvelle version! »

Plus d’infos sur Hawa Sow & The Soul Seeders ici, sur Arnaud Fradin et Malted Milk .
.
Eric Guillaud

11 Mai

Besoin d’air(s) ? Les artistes de la scène indé du Grand Ouest reprennent des hits de la chanson française

Une compil ? Non, une méga compil, quinze titres, autant de reprises, et un clip pour fêter tout ça, c’est ce que nous offre le label nantais Pale Figure Records pour accompagner notre déconfinement…

extrait clip Mega Compil Des Tubes de Darons

Et de trois ! Nathan Leproust, le boss du label nantais Pale Figure Records, n’est pas peu fier de ce troisième volume de la Méga Compil des Tubes de Darons réunissant la crème de la scène indé du grand ouest de la France, des artistes originaires de Brest, d’Angers, de Nantes ou encore de Rennes.

« Tout a démarré l’été dernier… », nous explique Nathan Leproust, « avec un premier volume réunissant des d’artistes principalement issus de la scène nantaise, des artistes que je connais. On s’était dit qu’il serait drôle de reprendre certains titres de la chanson française, des chansons qu’on aime vraiment mais qu’on n’a pas l’habitude de jouer, des tubes mais aussi des titres plus confidentiels ».

Avec ce nouveau volume, le principe est identique. Mais les musiciens viennent de tout le grand ouest de la France. Il y a encore des Nantais bien sûr comme Trainfantome, Fairy Tales in Yoghourt mais également des Angevins comme Nerlov, La Houle ou Chahu, et des Bretons, Lesneu, Tropique noir…

« Pour tous, c’est en quelque sorte un hommage même si on reprend les morceaux à notre sauce, un hommage et une cours de récréation. Quand on travaille sur un album, c’est très réfléchi, là c’est plus libre ».

Côté reprises, les amoureux de la chanson française sont servis avec du France Gall, du Jean-Pierre Mader, du Christophe, du Aznavour et même du Joe Dassin.

Une compil… et un clip pour fêter tout ça, un clip réunissant une trentaine d’artistes autour d’une reprise d’Eddy Mitchell, La même tribu.

Eric Guillaud

La compil est en écoute et en vente ici

05 Mai

Besoin d’air ? Le duo nantais Das Kinø confiné pour mieux renaître

Il avait pratiquement disparu des écrans radar depuis plusieurs mois MAIS le duo le plus sexy de la planète électro pop nantaise fait un retour remarqué en cette période de confinement avec un nouveau single et un enregistrement live. De quoi patienter jusqu’au retour des beaux jours…

© Sonia Belfer

Une belle aventure. Ce sont les mots qui viennent immédiatement à l’esprit en regardant le parcours de Léa et David, transfuges du combo rock DTwice, aujourd’hui réunis sous le nom de Das Kinø choisi en référence à la scène électronique allemande qui a influencé en son temps des artistes aussi majeurs que David Bowie ou Depeche Mode, choisi aussi en référence au cinéma. Oui, la musique de Das Kinø est une musique de film, capable de nous embarquer dans des histoires en cinemascope…

La suite ici

Bijoux d’amour : le premier album plein de bisous et d’amour du Nantais Mou

Attention talent ! Il aurait pu attendre des jours meilleurs pour sortir son premier album, finalement sa musique se marie parfaitement avec le confinement. Onze titres qui nous parlent d’amour, de Sophie Marceau, de Victoires de la musique et même de croissants. À déguster sous la couette…

© Gregg Bréhin

« Maman je n’irai pas aux Victoires de la musique, tu ne me verras pas, éteins la télévision », chante Mou en ouverture de cet album paru sous les couleurs du label nantais Futur records. Comme un regret ? Non, plutôt comme une confidence. Mou aime prendre son temps, profiter du moment, profiter de ce qui lui arrive de bien dans ces temps incertains.

La suite ici

28 Avr

Pas de temps mort pour MATCH, le groupe angevin sort son deuxième mini-album en plein confinement

Malgré la crise sanitaire, le quatuor MATCH a décidé de maintenir la sortie de son nouvel EP Superficial please au 30 avril. Cinq titres à déménager les meubles et faire de votre salon le dernier dancefloor à la mode. Interview…

© Stéphane Lecomte

On connaît le dicton, en avril ne te découvre pas d’un fil. Mais à quelques heures du mois de mai, fais ce qu’il te plaît. Alors, allégez-vous, remisez vos pyjamas d’hiver, vos pulls à col roulé, vos collants en laine car la fin du printemps sera chaud et dansant, à l’image de ce deuxième EP du groupe MATCH, Superficial please, un cocktail electro funk rock explosif, cinq titres et un fil conducteur bienvenu en ces temps de distanciation sociale : l’hyper-connexion.

MATCH, c’est aujourd’hui trois garçons et une fille, deux EP au compteur, une centaine de concerts à droite et à gauche, des festivals, les premières parties de Nina Attal, Les hurlements de Leo, Manu Digital, Zenzile… et une poignée de clips de toute beauté.

Le confinement ? Doris a chaussé ses bottes de Barbie pour nous raconter comment ça se passe. Visiblement, pas trop mal…

MATCH, c’est qui c’est quoi ?

Doris. Tom (guitare), Lucas (batterie), Doris (chant) et Antonin (basse). MATCH c’est le projet qui nous a rassemblé il y a trois ans, c’est notre identité commune.

Vous vous définissez comme un groupe pop-rock-électro transgenre et indépendant. On peut en savoir un peu plus ?

Doris. On a simplement une vision très open du rock. On pioche dans plein de styles différents, des tendances actuelles aux classiques indémodables… Curieux, on aime sortir des carcans pour chercher de nouveaux sons et innover. On ne se fixe aucune limite.

Quelles sont vos influences évidentes ? Et celles qui le sont peut-être moins ?

Doris. On a souvent comparé notre musique à celle de Muse à nos débuts (ce qui en soit, est un beau compliment). Notre musique évolue avec nous, parce qu’on se connaît musicalement de mieux en mieux. Pour Superficial Please on avait cette envie commune de casser l’étiquette « classic rock » très présente depuis la sortie de notre premier EP « Legacy », en 2018. Même si on restera à jamais des rockers dans l’âme, haha. Pour ce qui est des influences moins évidentes, notre collaboration avec le producteur François Michaud (ancien élève et ami de Philippe Zdar), et son rôle de coproducteur dans l’EP, a participé à apporter cette touche rock indé à la Phoenix.

EP, concerts, festivals… l’année 2020 promettait d’être belle. C’était sans compter sur le coronavirus. Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui?

Doris. Plus soudé que jamais. La situation actuelle est inédite, alors on s’adapte. Et quelle expérience de groupe ! C’est une chance de vivre ça ensemble et en parfaite santé.  On est confiné en pleine campagne avec un home-studio et une salle de répèt’ à portée de main. Quoi rêver de mieux !

Superficial Please est votre deuxième EP en quatre ans. Heureux et heureuse ?

Doris. Très ! On compose beaucoup, mais on aime prendre le temps de sélectionner les morceaux après les avoir pré-produits, puis testés en live. On essaie, on ajuste… C’est notre petit côté perfectionniste. Il nous est arrivé parfois de changer complétement la structure d’un morceau. On a également enregistré des titres que l’on n’a jamais sorti, on l’a fait pour nous parce qu’on voulait garder une trace de notre évolution dans le temps. Peut-être les réutilisera-t-on plus tard avec l’inspiration du moment…

Sortir un EP en plein confinement, est-ce tout de même bien raisonnable?

Doris. Peut-on choisir meilleur moment pour parler d’hyper connexion ?

C’est quoi votre vie au quotidien en ce moment ? Vous êtes de ceux qui parviennent à rester créatifs malgré tout ?

Doris. On travaille déjà sur un prochain opus. Prêts à rebondir. Outre la musique, on profite de notre temps libre pour jardiner, lire, cuisiner… Des plaisirs simples de la vie.

Salvation Journey est le titre phare de cet EP. Que raconte-t-il ?

Doris. Salvation Journey, c’est comme une grande bouffée d’air frais dans un état d’asphyxie. C’est un message très « salvateur » sur la liberté d’agir, agir pour ce que l’on est et non pour correspondre aux mœurs de la société. Au-delà du texte, Salvation Journey c’est le rock tel qu’on le perçoit : Ouvert, catchy, et tellement efficace.

Le communiqué de presse évoque à propos de l’EP une « immersion dans un univers tortueux où des anti-héros cherchent à renouer avec les valeurs humaines ». Pouvez-vous nous éclairer. Qui sont ces anti-héros ?

Doris. Cela pourrait être n’importe qui : Une connaissance, un voisin, ou même quelqu’un de votre famille. On est tous concernés par l’hyper-connexion, toutes génération confondue. Elle est présente dans nos vies à chaque instant, et même dans notre intimité.

Les clips de Dark Shade et Salvation Journey ont été réalisés par le talentueux Nantais Sébastien Marqué. Incontournable ?

Doris. Oui. On est tombé amoureux de son coup de patte, qui correspond parfaitement à ce que l’on recherchait. On est très satisfait de l’esthétique des deux clips.

Et demain, quelle est la première chose que vous ferez avec le retour des beaux jours ?

Doris. Boire une bière en terrasse, remonter sur scène, aller voir les potes en live et kiffer.

Merci Doris, merci MATCH. Propos recueillis par Eric Guillaud le 24 avril 2020

Plus d’infos sur le groupe ici

17 Avr

Besoin d’air ? Tightrope Walker, nouveaux single et clip du groupe nantais Moja

On n’arrête pas la musique, même un virus aussi méchant soit-il n’y changera rien. Le groupe nantais Moja le prouve avec force ce vendredi 17 avril par la diffusion d’un nouveau single accompagné de son clip, Tightrope Walker, Funambule en français, de quoi retrouver l’équilibre en ces temps mouvants…

© Simon Grumeau

Si la base sonne encore jamaïcaine,Tightrope Walker annonce un virage pour le groupe Moja, un virage ou plus exactement une ouverture sur le monde avec des sonorité venues de la world music.

Tightrope Walker est le premier titre d’un nouvel EP, Home, à paraître le 15 mai. Malgré le coronavirus et le confinement, le groupe n’a pas souhaité reporter sa sortie. Mamatya, chanteuse et leadeuse du groupe Moja, nous explique pourquoi dans cette petite vidéo confinée…

Attention frissons, Tightrope Walker est une pépite, une pépite musicale d’abord, fruit d’une collaboration avec deux artistes officiant dans l’univers du reggae, Flox et Clément « Tamal » Thouard, une pépite visuelle ensuite grâce au travail de Sébastien Marqué dont on a déjà pu souligner ici-même l’excellence, notamment à travers les clips réalisés pour le groupe nantais KO KO MO.

En attendant de retrouver le groupe sur une scène ici ou ailleurs, devant un public bouillant et compacte comme on les aime, Mamatya, nous parle du nouveau single et de son clip…

À propos du titre Tightrope Walker…

« J’ai écrit “Tightrope Walker” à un moment où je me sentais un peu perdue sur plusieurs plans de ma vie, comme si je me trouvais à un carrefour et que je devais choisir la bonne direction. J’avais besoin d’écrire ce que ressentais pour m’aider à y voir plus clair. Une nuit, ces paroles et la mélodie ont surgi, et le morceau est né.

Tightrope Walker parle de l’équilibre que l’on cherche tout au long de notre existence, comme si l’on marchait sur un fil et qu’on devait en permanence ajuster nos positions, et plus largement faire des choix, ouvrir des portes, et relativiser sur notre place dans l’immensité de l’univers ».

À propos de la collaboration avec Flox, Clément Tamal Thouard et Sukhdev Prasad Mishra…

« Je me suis entourée de deux personnes pour ce morceau : Flox (artiste britannique de la scène dub-électro) pour l’écriture, et Tamal (producteur et beatmaker parisien) pour la composition et la production. Deux superbes rencontres humaines et artistiques, qui ont su capter l’âme du morceau.

La connection avec Sukhdev Prasad Mishra, violoniste indien de grande renommée, s’est faite via Tamal. Dès le départ, je souhaitais que cet EP s’aventure au-delà des codes du Reggae, en allant chercher des sonorités “World music” que j’aime particulièrement.

On envisageait depuis le début de donner une touche indienne à “Tightrope Walker”, et Tamal a eu l’opportunité via un ami commun de proposer à Sukhdev de poser son violon sur la chanson. Il a accepté, et le résultat a été incroyable ! Le violon a ajouté une dimension très spirituelle au morceau ».

À propos du tournage du clip…

« Pour illustrer ce single et la nouvelle direction artistique de Moja, nous voulions un clip qui se distingue des précédents. Comme la musique, on souhaitait quelque chose de poétique, spirituel, affranchi des codes du Reggae. On a contacté Sébastien Marqué alors que le morceau n’était encore qu’au stade de maquette, et il a été emballé par le son et par notre souhait artistique.

Après quelques échanges on a décidé de commencer par trouver un lieu atypique, qui donnerait tout son caractère au clip. C’est comme ça qu’on s’est retrouvé dans un ancien atelier de métallerie nantais, qui a donné une ambiance très énigmatique au clip. On a tourné sur une journée au mois de janvier, il faisait très froid et on le ressent sur les images ! Sébastien est expérimenté, et accompagné par une équipe de choc qui a l’habitude de l’assister. On s’est laissé porté par ses idées, et la magie a opéré! »

Propos recueillis par Eric Guillaud le 14 avril 2020

Plus d’infos sur Moja ici

14 Avr

Coronavirus : 22 artistes nantais réunis sur une compilation au profit des soignants du CHU de Nantes

Tous à l’heure H ? Philippe Katerine, Dominique A, Elmer Food Beat, KO KO MO. Gaume… 22 artistes de la scène nantaise ont dit oui à l’association Agir contre la maladie, oui à l’heure H, H comme hôpital, et à la compilation Around the Bloc dont les bénéfices iront au CHU de Nantes…

« En cette période de confinement, ma soeur infirmière, m’a inspirée cette peinture… J’espère qu’elle pourra lui transmettre force et courage, ainsi qu’à tous les soignants qui prennent soin de nombreuses vies actuellement… Cette peinture va contribuer à cela, avec un beau projet d’aide et de soutien… »

Par ces quelques mots postés sur son compte Facebook, l’artiste Marie Piriou, auteure du magnifique visuel de la compilation, résume parfaitement l’esprit de cette initiative née sous l’impulsion de l’association Agir contre la maladie. 

Transmettre force et courage, et apporter une aide directe aux soignants en récoltant des fonds qui permettront d’améliorer leurs conditions de travail.

La suite ici

30 Mar

Pendant le confinement, le musicien nantais Roman Gaume sort un album en accès libre et gratuit

Il a beau être confiné comme nous tous, Gaume ne chôme pas ! Après avoir offert des live Facebook depuis son salon ou des reprises collectives enregistrées à distance, le musicien nantais met aujourd’hui un album quasi-inédit, Woodland recordings, en accès gratuit, 12 pépites folk à savourer sans tarder. Interview…

Pochette de l’album © Jean-Marie Jagu

« C’était en 2015 / 2016. À l’époque, j’enregistrais le troisième album de R.E.B (Roman Electric Band) Let’s Make The Circle Bigger. Comme les deux albums précédents, il était d’une teneur rock and roll mais je voulais aussi y mettre deux ou trois titres plus acoustiques. Sauf que le choix était cornélien, du coup j’ai eu envie d’enregistrer parallèlement un album vraiment assumé acoustique, sans trop savoir dans quel but, juste dans l’esprit d’être productif.

À la base, c’était parti pour être uniquement des guitares / voix avec peu de pistes. Finalement, je n’ai pas pu m’empêcher d’orchestrer toutes ces chansons et de faire appel à mes potes zicos. On s’est vite retrouvé avec des dizaines de pistes et James Wood, qui enregistrait le disque, m’a vite détesté (lol).

J’avais envie de violons, de flûte traversière et de pleins d’arrangements. Ça s’y prêtait. On y retrouve donc K20 (qui jouait dans R.E.B à l’époque, aujourdhui batteur de KO KO MO, ndlr) à la batterie, Vince à la basse qui joue toujours avec moi aujourd’hui et plein d’invités comme Vassili Caillosse au Lapsteel, Charlotte Maclet aux violons, Cécile Brouillet à la flûte ..

Une fois enregistré, je n’avais aucun projet particulier pour cet album. J’étais occupé avec R.E.B mais je jouais certains de ces morceaux sur scène dans des sets acoustiques. Du coup, j’ai quand même pressé l’album, fait une pochette et l’ai vendu pendant mes concerts, et uniquement là, pour ceux qui aimaient le coté folk du répertoire.

Je lui ai donné le nom de GAUME et lors d’une réédition, après avoir écoulé les 1000 premiers exemplaires qu’on avait pressés, je lui ai donné une nouvelle pochette.
C’était une photo issue d’un shooting avec Jean-Marie Jagu, illustre photographe nantais bien connu maintenant. La photo a été prise dans les locaux de la société Annexx où on stocke notre matériel de concert. J’adore ces couloirs. D’ailleurs, pour l’anecdote, une bonne partie des plans du clip Par For The Course, l’un des titres du dernier album, a été tournée là-bas.

Ça faisait un moment que je me disais qu’il fallait rendre publique cet album, que c’était un peu con de ne jamais l’avoir sorti. J’en avais même parlé il y a un an à notre attaché de presse et manageuse mais on était sur la sortie de Square One, notre dernier album. On m’avait répondu que c’était pas le moment, que ça allait prêter à confusion etc.

Aujourd’hui, la donne a changé. Déjà, on n’a pas d’actualité de sortie et puis surtout il y a toute cette histoire de confinement. Je me suis dit que le moment était opportun pour enfin donner une vie officielle à cet album, 4 ans après son enregistrement. Si ça peut égayer le quotidien de quelques confinés, alors c’est déjà ça ! »

Propos recueillis par Eric Guillaud le 29 mars 2020

Album disponible sur Youtube ici et très prochainement sur les habituelles plateformes d’écoute en streaming

Plus d’infos sur Gaume ici

21 Jan

Eugenia : le deuxième bébé du trio rock nantais Nursery attendu pour le 31 janvier

Il ne pèse pas lourd, ne pleure jamais, risque pourtant de faire du bruit, Eugenia est le nouveau bébé du groupe nantais Nursery. Il est attendu pour le 31 janvier et devrait combler de bonheur les amoureux du rock. En attendant le faire-part, on vous offre déjà l’interview des parents…

Paul, Jean et Julien – Nursery © France 3 – Eric Guillaud

Un disque, finalement, c’est comme un enfant, il faut le porter pendant des mois, souffrir un peu pour lui donner vie, le nourrir et l’accompagner pendant des années. Celui-ci s’appelle Eugenia. C’est le deuxième de Nursery, groupe nantais formé en 2014 autour de Paul Gressien (batterie et chant), Julien Dumeige (guitare et chœurs) et Jean Duteil (basse et chœurs).

Eugenia, c’est onze titres qui secouent pas mal, de la musique toxic-pop comme notre trio aime la définir sur son compte Facebook, comprenez du rock parfois brutal et sombre, avec des guitares acérées, une basse qui tabasse, une batterie sous tension et des mélodies biberonées à la pop histoire de lier le tout. Pour en parler, rendez-vous était pris avec Paul, Julien et Jean dans un de leurs repaires favoris quelque-part dans le centre-ville de Nantes. Interview...

Nursery, c’est qui, c’est quoi ?

Paul. Nursery, c’est quand on est tous les trois ensemble et qu’on fait du bruit avec les instruments. On essaie de faire des chansons à notre sauce, ce n’est pas très très contrôlable, on essaie de rester sur un fil quelque part entre la pop et le plus bizarre qui secoue un peu.

Pourquoi ce nom ? 

Paul. On voulait quelque chose à la fois d’enfantin et clinique. Nursery, c’est la chambre d’enfant et en même temps l’infirmerie…

Pourtant, vous ne faites clairement pas de la musique pour les crèches ?

Julien. On a malgré tout régulièrement un public d’enfants qui danse devant la scène.

Paul. Oui, et on fait ça un peu comme des gosses aussi.

Vous dites être un trio de toxic-pop. Ça fait peur, c’est quoi au juste la toxic-pop ?

Jean. C’est parti d’une blague. Comme il faut toujours mettre un style sur les affiches, on a essayé de trouver autre chose que le banal pop rock. Et comme on avait la volonté de faire quelque chose d’un peu dark et beau à la fois, toxic et pop collaient bien.

Une musique tendue et des mélodies très travaillées. C’est votre marque de fabrique ?

Paul. Oui, au chant, je tiens à une mélodie qui soit « chantable ». Côté musique, c’est effectivement un peu tendu parce qu’en concert on aime ça…

Eugenia est votre deuxième album. Il sort le 31 janvier. Fébriles ? Inquiets ? Tout simplement heureux ?

Jean. Soulagé. On a fait un premier album il y a maintenant trois ans, on a pas mal tourné avec, ça nous a donc demandé du temps pour composer et sortir celui-ci. Un peu soulagé, donc, et hâte de voir les retours.

Paul. Et c’est la première fois que France 3 nous interviewe, alors déjà on a réussi ça… (rires)

Porn Life en est le 1er extrait de l’album, que raconte-t-il ?

Paul. C’est l’histoire d’un type qui doit faire le sale boulot, qui doit se salir les mains. Ce n’est pas très précis, c’est même un peu flou…

Question incontournable, les influences ? Wire, Pixies mais encore ? Sonic Youth peut-être ?

Paul. Pixies, oui, on s’est accordé là-dessus, Wire beaucoup au début et ça reste toujours notre repaire. Sonic Youth, personnellement, je n’ai jamais écouté.

Julien. Oui, je vois le lien que tu peux faire mais non nous ne sommes pas très Sonic Youth. J’aime bien certains morceaux mais je n’ai jamais creusé plus que ça.

Paul. Les Beatles

Jean. On a tous des influences diverses mais, oui, on se retrouve sur les Beatles, Wire, Pixies… Après, chacun amène son grain de sel.

Un mot sur la pochette de votre album. Comment avez-vous choisi cette photo ?

Paul. C’est une photo de Julien. On a voulu la faire nous-mêmes cette pochette, cette photo s’est imposée.

Julien. C’est une photo que j’ai prise il y a quelques années du côté du Mont-Saint-Michel. On s’est dit que ça collait plutôt bien avec l’esprit de l’album.

Avec une froideur clinique…

Julien. Oui, les poubelles donnent ce côté froid mais il  y a aussi un coucher de soleil romantique…

L’album sort chez Kythibong, pourquoi ce choix ?

Paul. ça s’est fait naturellement. On a rencontré les gens du label au moment de la sortie du premier album qu’on avait fait seuls… Et on est très heureux.

Quel regard portez-vous sur la scène locale ?

Paul. Humainement, on aime un peu tout le monde, Musicalement, ça dépend de chacun de nous. Mais globalement, toute la scène locale est plutôt chouette, on a partagé l’affiche avec pas mal de groupes?

Jean. Ils ne sont pas de la région mais on aime beaucoup La Honte de Rennes, Les Potagers nature de Bordeaux, Chocolat Billy, Api Uiz…

Quel album tourne en boucle sur vos platines actuellement ?

Julien. Je n’ai pas été obsédé par un album dernièrement. C’est d’ailleurs assez angoissant de ne pas avoir une obsession pour la musique. J’écoute souvent Daniel Johnston qui est mort il n’y a pas très longtemps.

Jean. Moi, je n’écoute pas trop d’albums en entier. Je fonctionne par titres. En ce moment, je navigue entre le noise des années 90 genre Bästard ou Deity Guns et le hip hop un peu underground de Ghostmane, du rap très noir…

Paul. J’écoute beaucoup Koonda Holaa, un Tchèque qui écume l’Europe avec une bonne musique de voyage intelligente et sensible. J’écoute aussi beaucoup Taxi Girl. Je n’ai malheureusement pas l’album donc je l’écoute sur YouTube. Si quelqu’un en possède un exemplaire, je veux bien lui acheter…

On vous souhaite quoi pour 2020 ?

Jean. Une bonne santé, des concerts, des rencontres, que le disque plaise, que tout se passe bien…

Paul. Et de nouvelles chansons…

Merci Paul, Jean et Julien, merci Nursery

Propos recueillis le 14 janvier 2020. Plus d’infos sur Nursery ici. Le groupe sera en concert le 30 janvier à Angoulême, le 31 janvier au Pannonica pour sa release party, le 1er février au Zinor, le 13 février au Fury Bar à Rouen, le 14 février à La Malterie à Lille, le 15 février aux Instants chavirés à Montreuil, le 7 mars à Stereolux à Nantes en première partie de Vox Low, le 28 mars à Warsaw en Pologne, le 12 avril au Palma festival à Caen, le 25 avril au Jardin moderne à Rennes…