24 Fév

Sang Froid : la cold wave nantaise qui va nous réchauffer

Difficile de trouver un bon côté à cette crise sanitaire qui interdit concerts et festivals depuis des mois. Et pourtant, c’est bien à elle que l’on doit Sang Froid, un projet de cold wave né sur les cendres de la tournée du groupe metal Regarde les Hommes Tomber…

L’été 2020 s’annonçait chargé, à commencer par un passage au Hellfest histoire de présenter le nouvel album du groupe. Et puis patatras… le coronavirus, les règles de distanciation, les annulations de festivals, les fermetures de salles de concerts… Regarde les Hommes Tomber, comme tous les groupes d’ici et d’ailleurs, raccroche provisoirement ses instruments. 

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Nantes. Quand Daft Punk enflammait l’Olympic pour 5000 francs

Le duo français de musique électronique a donné un seul concert à Nantes, c’était en 1995 à l’occasion de l’inauguration de l’Olympic, la mythique salle de concerts située dans le bas de Chantenay. Avec un cachet à laisser pantois tous les organisateurs et programmateurs de France et d’ailleurs…

© MAXPPP Nicolas Landemard / Le Pictorium

Alors que le duo français de musique électronique le plus célèbre au monde vient d’annoncer sa séparation dans une vidéo postée sur son compte YouTube, chacun rassemble ses souvenirs et ressort ses archives.

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23 Fév

Nantes. Le duo électropop Videoclub en pleines Euphories

Des millions de vues sur YouToube, des concerts à guichets fermés et un premier album signé chez une majeur : en deux ans, le duo nantais Videoclub s’est imposé dans le paysage musical avec une électropop taillée dans les années 80. Branchez les platines…

Matthieu et Adèle © Julie Reynaud

Ils ont à peine vingt ans, autant dire toute la vie devant eux. Et ils la croquent cette vie, à pleines dents. Eux, c’est Adèle et Matthieu du groupe Videoclub. Il y a deux ans, ils lançaient leur projet musical et postaient leur premier clip sur Youtube, Amour plastique. Bingo : le clip enregistre des millions de vues, 59 à ce jour, et très rapidement naît l’envie d’un album. Il vient de sortir.  En pleine période de covid, il y a comme de l’euphorie dans l’air.

Euphories, c’est justement le nom de cet album. Treize titres nourris aux années 80, une époque que le duo n’a bien évidemment pas connu mais dont ils apprécient fortement la culture. Pas de nostalgie pour autant, plutôt une base musicale et visuelle pour s’adresser aux jeunes de leur génération. Et ça matche !

Au saut du lit ou presque mais pas en pyjama, nous avons retrouvé Adèle en visio pour une interview que voici…

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10 Fév

Découverte. Un premier album pour le groupe angevin You Know The Way

À chacun son chemin ! Celui emprunté par le combo angevin You Know the Way nous ramène à l’époque de la cold wave avec une touche pop revendiquée. Synthés sous tension, mélodies entêtantes, textes introspectifs, son premier album s’appelle Live in Dark Romance. Parce que la vie n’est pas toujours lumineuse… 

You Know The Way © Céline Gerbaud

Sortir un album, qui plus-est un premier album, en pleine pandémie, revient un peu à partir à la pêche en pleine tempête. Avec le risque de ne rien attraper dans les filets. Mais pour les quatre musiciens qui forment le combo You Know the Way depuis 2018, le moment est largement venu de partager leur univers… et de combattre avec leurs armes cette période anxiogène.

Leurs armes justement, Sébastien Magnette est à la basse et au chant, Lionel Pécot à la guitare, aux synthés et samples, Nicolas Rougier à la batterie et Fantin Louis à la guitare rythmique, voilà pour les présentations. L’album s’appelle Live in Dark Romance, 12 titres emmenés par le puissant single Get out qui leur a permis de travailler avec le grand producteur anglais, John Fryer. Sébastien Magnette nous raconte cette collaboration et bien plus encore, ici et maintenant, interview…

You Know the Way, pourquoi ce nom ? De quel chemin parlez-vous ? 

Sébastien Magnette. En faisant sa propre introspection, chacun sait où il doit aller, quel est son chemin de vie. Sera-t-il différent s’il prend à droite ou à gauche ? D’où le nom You Know The Way…

Votre album est sorti fin novembre. Heureux ?

Sébastien Magnette. Oui, très fiers d’autant plus en ces moments « perturbés ». Malheureusement, la scène n’est pas pour tout de suite. Chaque jour voit ses nouvelles contraintes. Mais on reste confiant et surtout on ne voulait pas attendre plus longtemps pour sortir notre album même si ce n’est pas la meilleure période.

Cet album s’appelle Live in Dark Romance. Pourquoi ce nom ?

Sébastien Magnette. Live In Dark Romance, c’est ce que j’ai vécu ces dernières années. Cet album parle de ça, de choses personnelles. J’ai besoin quand je m’adresse au public que ça vienne des tripes, de connaître mon sujet, de raconter des histoires que j’ai vécues. Encore une fois, tout est question d’expérience propre. Du jour au lendemain, chacun de nous peut voir sa vie changer complètement de direction et au final basculer dans une certaine « dark romance ».

Pas facile je suppose de vivre cette sortie d’album sans pouvoir le défendre sur scène ?

Sébastien Magnette. Non, en effet ce n’est pas facile et c’est d’autant plus de travail pour se faire entendre. Nous avons hâte de pouvoir rejouer car nous pourrons enfin défendre l’album et surtout nous faire entendre sur une scène et partager notre ferveur avec le public, ce qui est essentiel pour un groupe.

À écouter l’album, on aurait pu classer le groupe dans la cold wave mais vous dites jouer de la « pop wave pas clean ». C’est à dire ?

Sébastien Magnette. C’est vrai qu’on a des influences cold wave mais notre musique est assez dansante, elle à un côté pop en même temps alors pop wave nous semble être un bon compromis. Quant au « pas clean », c’est du côté des textes que ça se passe.

Justement, parlons textes. Que racontent It’s killing time et The Black Bridge qui ont tout de singles parfaits. Que racontent vos textes d’une manière générale ?

Sébastien Magnette. It’s Killing Time aborde le sujet du « je ne me sens pas bien où que j’aille et j’aimerais bien trouver un endroit tranquille où je pourrai me poser ». Quant à The Black Bridge, c’est l’histoire de ces filles assez court-vêtues que j’ai souvent observées en attendant un train. Elles viennent apporter un peu de réconfort à des hommes en manque de sentiments dans des rues dont elles ignorent le nom. Souvent, cela se passe sous le pont noir. Sinon, nos textes parlent beaucoup de la complexité des rapports entre les hommes et les femmes.

Quelles sont vos influences majeures ?

Sébastien Magnette. Chacun à ses influences dans You Know The Way. Lio va plus écouter du punk, Nico est plus rock stoner et Fantin, psyché. Quant à moi, je suis plutôt cold wave, new wave, post punk.

Quels sont les albums qui tournent en boucle sur votre platine en ce moment ?

Sébastien Magnette. En ce moment, c’est Long life de Structures, Pictures of a century de LANE ou The Big Pictures de Last Train que je remercie chaleureusement d’avoir sorti mon fils des griffes de Maître Gims. Depuis qu’il a découvert Last Train il a quitté le côté obscur de la force et s’est même mis à fond à la guitare. Merci les gars, vous m’avez sauvé la vie, lol !

Quel regard portez-vous sur la scène locale ?

Sébastien Magnette. J’avoue ne pas avoir trop de recul. Mais de ce que je peux entendre, c’est bien trop souvent les mêmes groupes avec toujours les mêmes musiciens qui sont mis en avant par les scènes de musique actuelles d’Angers. Donc rien de nouveau qui sort des enceintes. Du coup, le public passe à côté de groupes talentueux et c’est bien dommage…

Vous avez travaillé avec le célèbre producteur John Fryer (Depeche Mode, N.I.N, Lacuna Coil The Cure) sur le titre Get Out. Comment l’avez-vous rencontré et que retenez-vous de cette expérience ? 

Sébastien Magnette. C’est grâce à sa femme Anna que nous l’avons rencontré. Elle avait laissé un commentaire sur une photo de mon chat sur Instagram, un sphinx. De fil en aiguille, nous en sommes venus à discuter musique. Elle m’a appris que son mari était producteur et m’a donné son contact. J’ai envoyé le titre Get Out à John et il m’a répondu « How I can mixe for us ». John est quelqu’un de très abordable, il a compris tout de suite ce que l’on attendait et ce fut une chouette expérience pour nous de travailler avec une pointure comme lui.

Un mot sur la pochette de l’album…

Sébastien Magnette. Cette photo vient d’une amie photographe qui a habité longtemps à Dubaï, c’est la passerelle de l’hôtel Shangri-La. L’artwork a été fait par Nathan Balcon, un jeune web designer.

2020, année à bannir. 2021, année à bénir ? Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Sébastien Magnette. Je crois que cela va surtout dépendre des décisions prises en haut lieu et dont nous sommes tous tributaires. Il faut espérer que les dates déjà prévues puissent se faire, que les bars et autres salles puissent rouvrir et permettre à chacun de pouvoir s’exprimer. On en a besoin et c’est pour cela qu’on fait de la musique, rencontrer des gens, boire un coup et échanger après le concert. Je ne parle même pas des festivals locaux, avec des groupes émergents, des petits budgets, qui fonctionnent uniquement sur du bénévolat… On reste très sceptique quant à l’année 2021 malheureusement. Malgré tout cela, malgré le contexte quelque peu morose, on reste motivé par le monde du spectacle et de la culture qui est un pilier de notre société et qu’il faut soutenir à tout prix.

Propos recueillis le 23 janvier par Eric Guillaud

Plus d’infos sur You Know the Way ici

pochette de l’album / photo : Virginie Touchard – artwork : Nathan Balcon

21 Jan

Découverte. L’univers magnétique et électronique du Nantais Sébastien Guérive

Après 20 ans de projets musicaux divers et variés, le Nantais Sébastien Guérive a décidé de se recentrer et d’assumer pleinement ses choix dans un album pensé comme une bande originale de film. L’album sort en mars, le premier single sera disponible ce vendredi 22 janvier accompagné d’un clip magnifiquement hypnotique. Rencontre…

Sébastien Guérive en studio

Sébastien, peux-tu te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Sébastien Guérive. Je suis un compositeur nantais depuis plus de 20 ans à travers différentes formes artistiques. J’ai monté différents projets musicaux, dont  La Pensée Errante, Io’n, Da Sweep. Issu de la musique classique et contemporaine, je me suis intéressé très vite à la musique électronique, à la recherche d’un équilibre entre ces univers.

Omega Point est ton premier album, du moins sous le nom de Sébastien Guérive. Il sort le 19 mars prochain. Comment le présenterais-tu ?

Sébastien Guérive. Lorsque j’ai décidé de sortir cet album sous mon nom, il était important pour moi d’assumer ma singularité artistique que j’ai façonnée durant toutes ces années. Il s’agit d’un album où l’on retrouve de l’ambient, du sound design et de l’electronica. J’ai souhaité utiliser des synthétiseurs analogiques afin d’obtenir des timbres instrumentaux et des niveaux d’expressivité aussi riches que clefs des instruments acoustiques. 

Les albums instrumentaux sont aujourd’hui très rares. Pourquoi ce choix?
 
Sébastien Guérive. Il est vrai que dans le paysage français peu d’artistes sortent des albums instrumentaux car ce type d’esthétique est plus difficile à défendre en France. Maintenant au niveau international on retrouve plus facilement des albums instrumentaux. J’ai fait ce choix, car j’ai voulu donner à cet album l’esprit d’une bande-son de film. Celle que j’aimerais un jour composer 🙂
Quelles sont ou quelles ont pu être tes influences majeures ?
 
Sébastien Guérive. Dans les artistes qui m’influencent actuellement, je citerais :  Jóhann Jóhannsson, Nils Frahm, Ben Frost et Rival Consoles.
 
On rapproche ton travail sur la musique à celui d’un plasticien. Tu considères la musique comme un art visuel ?
 
Sébastien Guérive. Pour moi, la musique peut être assimilée aux arts plastiques, elle peut sculpter les sons au même titre qu’un plasticien. Je considère que la musique instrumentale est le partenaire idéal pour s’associer à l’image.
 
Un premier single sort ce vendredi, il s’appelle Omega II et est accompagné d’un clip réalisé par Thomas Blanchard, un clip hypnotique, expérimental, étrange, comme ta musique. Un mariage parfait ?
 
Sébastien Guérive. Je souhaitais pour le clip Omega II un univers d’images organiques et chorégraphiques, dont le sujet est la métamorphose. Le travail de Thomas étant de longue date consacré à la macro remplissait totalement la partie organique et son idée d’images stroboscopiques sur la danseuse à permis de traiter l’aspect chorégraphique. Nous espérons avoir trouvé le bon écho visuel à ce single et nous présenterons également ces images sous forme d’exposition.

Propos recueillis par Eric Guillaud le 20 janvier 2021

Plus d’infos sur Sébastien Guérive ici. Sortie de l’album le 19 mars en vinyle et en digital (Atypeek Music)

05 Jan

Dorrr, la pop angevine pour repartir du bon pied et de la bonne oreille en 2021 (INTERVIEW)

Besoin d’un peu de légèreté pour cette nouvelle année ? Vœu exaucé, voici Dorrr, un projet né sur la route entre deux concerts du groupe de rock angevin The Blind Suns. Au menu ? De la pop effervescente. Synthés pour tou.te.s…

© Marion Fort

Ce visage vous est familier ? Logique ! Avec Scarlett puis The Blind Suns, Dorota a embrasé toutes les scènes angevines et au-delà. Bien au-delà même. Ainsi, lorsque nous l’avons interviewée en mars dernier, juste avant le confinement, Dorota et Romain, son compagnon de scène, revenaient précipitamment des États-Unis, plus précisément du Texas où ils devaient se produire.

Après des années en groupe, Dorota lance en 2021 son projet solo, Dorrr comme le diminutif de Dorota, un projet solo mais bien entouré puisque Romain Lejeune, même s’il est ici plus en retrait, fait partie de l’aventure. Moins rock, plus pop, plus aérien, plus lumineux, avec une bonne couche de synthés et des mélodies entraînantes, dansantes, comme celle-ci, The Future is now, oui c’est maintenant…

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17 Déc

Découverte. Dynamite Shakers, un bon cocktail de rock garage venu de Loire-Atlantique

Du haut de leurs 18 ans, on les imaginerait facilement se trémousser sur de l’électro mais ce serait ignorer leur passion pour le rock garage. De répétitions en enregistrements lives, les Dynamite Shakers ont développé une belle énergie… et une certaine classe.

Lila-Rose, Elouan, François et Calvin des Dynamite Shakers

Too Much Class for the Neighbourhood. Il y a des chansons comme celle-ci, en l’occurrence des Dogs, qui résonnent fort dans la tête des gens élevés au rock. Et de retomber dessus à la faveur d’un scroll matinal sur les réseaux sociaux entre les baguettes et les médiateurs d’une jeune, très jeune, bande de musiciens au nom prometteur de Dynamite Shakers ne pouvait qu’éveiller la curiosité.

Enquête, contre-enquête, et voilà cette fameuse bande localisée du côté de Saint-Hilaire-de-Riez avec d’autres larcins à son actif, coupable et responsable en quelques jours d’une petite poignée de reprises du meilleur gout partagées sur les réseaux sociaux, des titres des Dogs donc mais aussi des Remains, Flamin’ Groovies, Sonics, ou encore Fleshtones. Du rock garage en 2020 ? Comment, pourquoi et pour qui ? Réponse ici et maintenant…

Salut les Dynamite Shakers. Comment allez-vous en ces temps bizarroïdes ? 

Calvin. Ça va nickel! Cette période a été décevante puisque tous les concerts ont été annulés depuis début septembre. Mais on en a profité pour bien travailler, surtout qu’il y a eu du changement dans le groupe ces derniers temps avec le départ de Valentin à la basse, remplacé par Lila.

Pour le moment, peu de gens vous connaissent. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Dynamite Shakers, c’est qui c’est quoi ?

François. Nous sommes un groupe qui reprenons et commençons à composer des morceaux dans le style garage rock. Le groupe est composé d’Elouan à la guitare et au chant lead, de Calvin à la guitare et aux choeurs, de Lila-Rose à la basse et aux choeurs et de François à la batterie et aux choeurs.

Je disais que peu de gens vous connaissent mais c’était sans compter Catherine Laboubée, la petite soeur des mythiques Dogs, et les non moins mythiques Fleshtones qui ont partagé vos vidéos sur leurs réseaux sociaux. De quoi avoir le médiateur qui enfle non ?

Lila-Rose. C’est clair qu’on était très content mais surtout très surpris qu’il y ait autant de retours, que ça soit de la part des fans, des proches ou même des groupes qu’on a repris qui ont apprécié (le bassiste des Flamin’ Groovies, le clavieriste des Remains, le batteur des Sonics…), ça nous a vraiment touché, motivé et ça nous donne confiance en ce qu’on fait.

Avec un nom pareil, vous ambitionnez de secouer très fort la scène ligérienne ? Comment l’avez-vous trouvé ce nom ?

François. Oui, on a hâte de sortir de la côte et de jouer partout dans les Pays de la Loire, on attend avec impatience que tout reparte.

Pour le nom, on avait demandé au public de notre tout premier concert de mettre des idées dans une urne et c’est Dynamite Shakers qui est resté.

Plus que des agitateurs de dynamites, on peut vous classer parmi des agitateurs de décibels. La musique pour vous c’est le rock garage, toute une époque mais pas la vôtre, comment est née cette passion ?

Elouan. Oui, nous aimons faire du bruit mais pas n’importe lequel. C’est mon père qui est fan de garage rock, de rock’n’roll, etc. Je me suis pris de passion pour ces musiques et je l’ai partagée avec les autres membres du groupe.

En quelques semaines, vous avez partagé une petite dizaine de lives, des reprises des Dogs, de The Remains, des Flamin’ Groovies, des Sonics, ou encore des Fleshtones. De quoi faire plaisir aux plus de 50 ans. Mais vos copains, ils en pensent quoi ?

Calvin. Nos copains, ça dépend. Certains s’en foutent complètement d’autres s’y intéressent un peu. C’est quelque chose qui est pour la plupart vraiment ringard. Quand on leur parle de rock, ils pensent à AC/DC ou Johnny. On espère à l’avenir plaire à des gens de notre âge en leur montrant qu’il existe autre chose.

Est-ce qu’il vous arrive d’écouter des groupes plus récents et lesquels ? 

François. Oui, Arctic Monkeys, The Libertines, Babyshambles, The Strokes, The Bobby Lees, KO KO MO, The Hives.

Quel album tourne en boucle sur votre platine en ce moment ?

Calvin. The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, de David Bowie.

Lila-Rose. Americain Beauty, de Greateful Dead.

François.  Live at Third Man Records, de The Hives.

Elouan.  Psychotic Reaction, de Count Five.

Et pour le groupe entier, ça serait le live des Sonics à Easy Street.

En parlant de platine, plutôt streaming ou vinyle ?

Calvin. Si on parle en temps d’écoute, on est carrément streaming, ça évite de se trimballer avec une grosse malle de 300 vinyles et puis ça permet d’écouter n’importe quand, n’importe où. Ce n’est pas pour autant qu’on n’écoute pas sur des platines. Après chaque répétition, on se pose et on met sur la platine des compiles, des disques qu’on chope dans la collection dispo en salle de répétition, des sons qu’on découvrirait jamais autrement. Ça peut-être du rock garage bien sur mais aussi du blues, du rockabilly, de la soul…

Des reprises c’est bien, c’est même très bien, mais des compos originales, c’est pas mal non plus. Vous en êtes où de ce côté-là ?

Lila-Rose. Justement, on commence, maintenant qu’on a une bonne base de reprises garage (auparavant nous étions axés rock’n’roll 50’s), on se concentre essentiellement sur les compositions. On n’est pas parti pour faire des morceaux de 8 minutes, on vise l’efficacité et surtout l’énergie. Et on n’a surtout pas envie de rester comme un groupe de reprises.

Vous avez fait le tour des bars et des campings de la côte ces deux derniers étés. Et demain, quels sont vos projets quand on aura définitivement anéanti ce virus pas très rock’n’roll ? Un album ? Une tournée ?

Elouan. Ces deux derniers étés passés dans les bars et campings ont été nécessaires. Cela nous a permis d’avoir un premier contact avec la scène car mettre l’ambiance et emmener le public n’était pas si simple que ce qu’on imaginait. Pour ce qui est des tournées, pour le moment rien n’est prévu mais on a hâte de pouvoir en faire. On devait jouer cet été dans un festival en Angleterre, malheureusement annulé à cause de la crise sanitaire, mais si tout se passe bien on y sera pour l’été 2021. En ce moment, on envoie nos candidatures à des festivals et des tremplins, notamment celui des iNOUïS du Printemps de Bourges. Pour ce qui est de lalbum, on aimerait bien commencer par sortir un 4 titres au printemps avec une ou deux reprises et quelques compositions.

Merci les Dynamite Shakers. Propos recueillis le 16 décembre 2020 par Eric Guillaud

Plus d’infos sur le groupe ici

11 Déc

Cabadzi : deux nouveaux singles et deux clips en attendant l’album… et les concerts

Il avait fait sensation il y a un peu plus de trois ans avec un album dédié à l’univers du réalisateur Bertrand Blier, le duo nantais Cabadzi est de retour avec deux clips et bientôt un album baptisé Bürrhus en référence au grand psychologue et penseur américain Burrhus Frederic Skinner…

Vous ne connaissez pas Burrhus Frederic Skinner ? Je vous rassure, vous n’êtes pas seul(e) dans ce cas. L’avantage avec le duo nantais Cabadzi, c’est qu’on apprend des choses en même temps qu’on se divertit…

Que dit Wikipédia sur l’homme ? Qu’il s’agit d’un psychologue et penseur américain, un penseur influent du behaviorisme, fortement influencé par les travaux d’Ivan Pavlov et ceux du premier comportementaliste John Watson.

Bon ok ! Mais que vient faire cet homme dans ce cinquième album des Cabadzi qu’on nous annonce pour février 2021 et dont les deux clips fraîchement diffusés, Cabane et Mélanco, nous donnent un avant goût ? C’est ce que nous avons demandé à Olivier Garnier et Victorien Bitaudeau, membres éminents du duo Cabadzi…

Comment en êtes-vous venus à vous intéresser à ce psychologue et à ses recherches ?

C’est en cherchant à comprendre pourquoi les réseaux sociaux sont si addictifs que l’on est très vite tombé sur les expériences du comportementaliste B.F Skinner. C’est un peu le point de départ et de référence de toutes les analyses à ce propos.

Nombreux sont ceux qui connaissent Bertrand Blier, auquel était dédié votre précédent album, mais Burrhus Frederic Skinner, peu, très peu, le connaissent. vous en êtes conscients ? Ce n’est peut-être pas très vendeur…

Ce projet est très différent de l’album X Blier, il s’est d’ailleurs fait à l’inverse. Nous ne sommes pas partis de B.F Skinner pour écrire ce disque comme on l’avait fait avec Blier. C’est juste qu’au début de la création, on avait 3/4 morceaux et tous évoquaient de près ou de loin les conséquences psychologiques d’un monde où la représentation de soi-même sur les réseaux est la norme. S’apercevant de ça, on a creusé et on s’est intéressé sérieusement au sujet.

Concrètement, en quoi l’album est-il influencé par cet homme ?

C’est beaucoup plus un clin d’oeil qu’une influence. Et il suffit de se balader dans la rue pour voir comment nous sommes tous obnubilés par notre smartphone comme le sont les pigeons par les graines dans l’expérience de B.F. Skinner. L’image est la même. Apprendre en plus que toutes les applis d’aujourd’hui se réfèrent aux travaux de ce chercheur lors de leur conception ajoute pas mal d’ironie à la chose.

Cette addiction aux réseaux sociaux, vous en souffrez vous-même ?

Dire qu’on en souffre serait exagéré, mais on le sait tous, ces applis nous font sans cesse osciller entre bonheur et tristesse. Elles nous fatiguent tout autant qu’elles nous aident. Elles prennent clairement trop de place et il est difficile de s’en défaire. C’est sûrement ce sentiment sinusoïdal qui est désagréable.

Vous n’avez jamais fait dans le feel good mais on a le sentiment que vos chansons sont de plus en plus noires ? La société actuelle vous fait peur?

Bizarrement, on n’a jamais la volonté de faire noir. On se laisse guider par ce qui vient, la seule chose qui nous anime, c’est de créer un truc vraiment personnel, composer une musique, écrire un texte que nous seuls pouvons faire. C’est simplement la façon dont on envisage la musique : on ne la voit beaucoup plus comme une émotion introspective qu’un divertissement.

Comment voyez-vous ce monde d’après qu’on nous promet différent et meilleur ?

On se méfie beaucoup du « c’était mieux avant » donc on aurait tendance à dire que l’on est optimistes. Ça dépend vraiment de ce qu’on regarde. On peut voir Bolsonaro, Zemmour ou Trump, on peut aussi voir Greta, Black Lives Matter ou #MeToo. C’est d’ailleurs sûrement ça le monde de demain : une polarisation des idéaux… et le danger qui va avec.

Comment vivez-vous cette période étrange pour ne pas dire anxiogène de pandémie ?

Comme tout le monde, anxiogène c’est le bon mot. Historique également, mais une anti-Histoire : celle où il ne se passe rien. C’est ça le plus étrange : en faire le moins possible pour s’en sortir au plus vite. L’exact contraire de ce qu’on nous apprend depuis tout petit.

Ces deux premiers clips sont signés Marian Landriève avec qui vous avez déjà travaillé, un spécialiste des effets spéciaux. La réalisation est très soignée mais elle n’a pas dû être de tout repos. Pouvez-vous nous raconter un peu comment tout ça s’est déroulé ?

On a une vraie passion pour l’image et depuis notre rencontre avec Marian, on a l’impression que tout est plus facile, on se comprend bien. Le procédé est toujours le même : des journées entières à écrire le plus précisément possible des images et ensuite, tout faire pour les réaliser, même si ça paraît impossible sur le papier. Pour Cabane par exemple, on a passé une semaine à fabriquer une vraie cabane ainsi que tout un procédé pour la faire « voler » dans les airs, tout ça pour 15 secondes de plan :). Ça nous amuse beaucoup en fait, c’est une récréation.

À chaque fois que je vous écoute, que je découvre un nouveau titre, je me pose toujours la même question. Comment pourrait-on définir votre style musical ? Où vous caser en somme ?

On aimerait bien le savoir aussi, on n’y réfléchit jamais franchement. Le seul truc qu’on sait, c’est qu’on est passionné par le rap, le hip hop, depuis des années, donc c’est ce qu’on a l’impression de faire. En tout cas, ce genre autorise tout alors c’est sûrement ça qui nous va le mieux.

Que peut-on vous souhaiter pour 2021 ?

Des concerts ?

Merci Olivier et Victorien. Merci Cabadzi

Propos recueillis par Eric Guillaud le 4 décembre 2020. Plus d’infos sur Cabadzi ici