19 Avr

INTERVIEW. Cachemire, le rock’n’roll made in Nantes

Ces quatre-là ont une obsession dans la vie : le rock’n’roll ! Et de fait, Freddy, Seb, Sven et Farid n’ont pas formé Cachemire en 2012 pour nous jouer des sérénades, des cantiques ou de la musique péruvienne. Leur truc à eux, c’est l’énergie, les décibels, les riffs endiablés, les basses qui bombardent, le rock quoi, le vrai. Ils sortent leur deuxième album Qui est la punk? début mai. Signe particulier :  ils chantent en français…

© François Crampon

Ils font du rock’n’roll et chantent en français ? Oui et ça ne risque pas de changer de si tôt. C’est leur marque de fabrique. Ça tombe bien parce qu’ils ont des choses à raconter. Ils vous le prouveront dès samedi 21 avril à la Barakason à Rezé où ils donneront un concert avec Archimède, concert malheureusement complet. Mais pas d’affolement, d’autres dates se profilent notamment dans la région.

En attendant de les retrouver tous sur scène, Freddy, guitariste et chanteur, nous a accordé quelques minutes pour nous parler du groupe, de l’album, de l’actu, de la bière et même des brebis égarées…

Six ans d’existence, bientôt deux albums, pas mal de concerts, des clips survoltés, une participation exceptionnelle de Dick Rivers et Didier Wampas à l’un d’entre eux. Tout va bien pour Cachemire ?

Freddy. Tout va bien, oui… et non ! On en veut toujours plus, encore et encore mais il faut avouer que cette aventure est extrêmement riche sur tous les plans ! Cachemire est une famille et c’est le pied d’avancer avec cette équipe. Ce projet est toujours en évolution, qu’est-ce que c’est bon ! Surtout que le meilleur reste à venir avec ce nouvel album.

Justement, comment vous sentez-vous à quelques jours de la sortie de ce deuxième album ? Plutôt calme et tranquille ou complètement nervous breakdown?

Freddy. Excités, surexcités ! Nous sommes très fiers de cet album qui nous ressemble à 200%. On a mis 2 ans à l’écrire, 2 ans comme des loups en cage qui ne demandent qu’à exprimer tout ça sur scène. Si Cachemire existe, c’est surtout pour le live… repartir sur la route à la rencontre du public, on attend que ça !

Qui est la punk ? est le titre de ce deuxième album. Mais qui est la personne en photo sur la pochette ? Une punk tardivement convertie ?

Freddy. Ce n’est pas une personne mais un personnage, une icône qui symbolise une génération. Mamy Germaine est le fil conducteur de cet album : protectrice, drôle, choquante, prévenante, etc… elle regarde le monde et nous le conte. C’est notre mamy à tous !

 

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, ils sont très peu nombreux certes, vous faîte du rock’n’roll en français. Ce n’est pas un peu dépassé tout ça ?

Freddy. On fait ce que l’on aime et qui nous aiment nous suivent. Je ne pense pas qu’un style (musical, vestimentaire ou autre) soit dépassé s’il est fait avec sincérité et passion.

Quelles sont vos influences directes ?

Freddy. L’actualité… On bouffe de l’info et la musique se compose toute seule. Cela dit raisonnent dans nos têtes des titres de The Hives, des Stones, des Ramones, de Téléphone, Serges Gainsbourg, Richard Gotainer par exemple.

On dit de certaines personnes qu’il vaut mieux les avoir en photo qu’à table. Et vous ? Mieux vaut vous entendre en album qu’en concert ou l’inverse ?

Freddy. Les 2 ! Les textes en français vous imposent une bonne bière assis dans un fauteuil le livret à la main. Le son est fait pour le live ! Chaque concert est unique, j’adore l’interaction avec le public et introduire les morceaux en fonction de l’actu du moment.

On l’a entendu dans votre album précédent, on l’entend dans celui-ci, chanter en français vous permet d’aborder l’actu du monde, de dénoncer ou de réagir à certains événements. Quelle actu vous inspire, vous révolte ou vous fait marrer en ce moment ?

Freddy. La robotisation du monde liée à la politique et la religion… On (les médias) nous montre ce qui fait vendre, ça marche, ça devient presque crédible et ça fait peur ! Tous ces sujets m’inspirent, me révoltent ou me font marrer. Nous sommes plus dans le second degré que la révolution anarchique avec Cachemire mais l’humour permet de piquer des zones sensibles aussi.

On vous dit aussi brasseur, c’est quoi cette histoire ?

Freddy.  La bière se vend beaucoup plus que les CD aujourd’hui, on est d’accord ? Alors on s’est dit que ce breuvage pouvait diffuser notre musique d’une autre manière. Le streaming légal ou illégal (je ne fais pas trop de différence vu ce que les artistes gagnent financièrement) incite le public à n’écouter que LE single du groupe. C’est une culture du tube qui détruit la créativité. En achetant un pack de Fuck! Baby, 5 titres de Cachemire sont offerts. Ça permet d’en écouter plus ! On s’invite chez les gens… buveurs de bonne bière.

Cela dit , nous ne sommes pas brasseur. La brasserie Mélusine à Chambretaud le fait pour nous et le fait très bien ! Nous nous sommes liés d’amitié avec Laurent Boiteau (PDG de Mélusine) et on avance ensemble sur ce projet. Ça sera peut-être notre futur Eddy Barclay, qui sait ?

Si je vous laisse le choix entre jouer du rock’n’roll toute votre vie et tout abandonner pour élever des brebis à Notre Dame des Landes, vous choisissez quoi ?

Freddy. Elever (que dis-je ? Eduquer) des brebis et leur faire (re-faire) apprécier le rock’n’roll pour la vie.

Merci Freddy, merci Cachemire

Propos recueillis par Eric Guillaud le 18 avril 2018. Plus d’infos sur le groupe ici. Cachemire sera en concert le 21 avril à Rezé (complet), le 19 mai à Gesvres, le 26 mai à Prinquiau, le 9 juin à Mont-de-Marsan, le 16 juin à Nantes, le 23 juin à Les Moutiers, le 7 juillet à Coux-et-Bigaroque, le 14 juillet à Guérande…

09 Avr

L’Ère de rien , un festival qui ne manque pas d’airs

Pour sa septième édition, le festival L’Ère de Rien reprend ses marques sur les bords de la Sèvre à Rezé et vous attend de pied ferme les 20 et 21 avril pour deux soirées de concerts autour de la nouvelle scène rock. Pas de grosses pointures à tiroir caisse ici mais des jeunes pousses montantes qui ne sont jamais avares en décibels et en énergie…

Le groupe suédois Francobollo

Pour faire un bon festival, il faut quoi ? Des artistes, c’est la base, un bon chapiteau, c’est plus confort, de quoi se restaurer et boire un verre… ou deux… mais pas plus promis juré, de quoi faire un peur de tri comme à la maison, une équipe de bénévoles très très dévouée, une scénographie pour les yeux et du bon matos sono pour les petites oreilles. Et bien, vous savez quoi ? Il y a tout ça au festival L’Ère de rien, tout ça et bien plus encore…

On y a déjà entendu…

Vous voulez des noms ? En voilà… BRNS, Blaenavon, By The Sea, C Duncan, Childhood, Cosmo Pyke, Farao, FYFE, Francis Lung, Gengahr, Half Moon Run, Hein Cooper… on reprend son souffle… Holy Esque, Hyphen Hyphen, Hold your Horses, Isaac Gracie, Jerkcurb, Jonathan Boulet, Liss, Loyle Carner, Marika Hackman, Mermonte, Mozes and the Firstborn, Nilufer Yanya, Only Real, Palace, Pixx, Rat Boy, Requin Chagrin, Splashh, Spring King, The Big Moon, The Dodos, Twin Peaks, Trudy and the Romance… se sont succédé sur la scène du festival. 

On n’y a jamais entendu mais ça ne va pas tarder…

Douze groupes viendront faire briller leurs décibels dans la nuit rezéenne, douze groupes, pas mal d’anglais comme Sorry, Sports Team, Lauren Auder, The Magic Gang, Benny Mails ou encore Westerman et ses délicates folk songs…

Des Anglais mais aussi des Australiens, Vacations, des Norvégiens, Boy Pablo, et des Suédois, oui, les groupe s’appelle Francobollo et ça donne ça…

Côté français, deux noms sont à l’affiche cette année, La Houle d’Angers et Vain, des nanto-bresto-rennais…

Musique mais aussi arts graphiques

La musique c’est bien, c’est même très bien mais le graphisme c’est pas mal non plus. Alors les deux ensemble, au même endroit et au même moment, ça ressemble au bonheur. Comme chaque année, le festival invitera une sélection d’artistes graphiques, Novland, Mona Menuau Meslier, Chantal Frontale, Paul Northe…

Un festival à prix libre

Ça ne veut pas dire qu’ici on rase gratis, qu’on y arrive les mains dans les poches et les poches vides. Ce système permet au festival de rester accessible à tous mais sa programmation, son existence même, dépendent bien évidemment de ses recettes de billetterie. À vous de voir en votre âme et conscience.

Une équipe de bénévoles passionnés

On termine avec le teaser du festival tourné à proximité du site, léger et drôle, c’est la signature de l’équipe de ce rendez-vous aujourd’hui incontournable pour tous les amateurs de rock.

Eric Guillaud

Plus d’infos sur le festival ici

06 Avr

INTERVIEW. Le groupe de reggae nantais MOJA sort son premier album

Fondé en 2013, le groupe nantais Moja sort un EP six titres en 2015 qui lui permet de se faire remarquer par le public et par la profession avec notamment une nomination aux Victoires du Reggae 2016 dans la catégorie « révélations de l’année ». Les revoici plus roots que jamais avec cette fois un album complet, One, « un voyage introspectif et conscient ». Interview…

© MOGRI

Certains ne se privent pas d’annoncer régulièrement la mort du reggae comme d’autres annoncent la mort du rock, mais c’est tout le contraire qui se passe, le reggae est une musique riche et bien vivante, la preuve elle bouge encore grâce à des groupes venus de Jamaïque bien sûr mais aussi d’ailleurs, notamment de France.

En France justement, et à Nantes plus précisément, sévit MOJA, un groupe de reggae méditatif influencé par des gens comme Burning Spear, Twinkle Brothers, Black Roots, The Wailers ou encore The Gladiators. Après un EP en 2015, les dix musiciens viennent de sortir leur premier album, One, un voyage introspectif de huit titres et deux remix dub signés Clément du sound nantais RDH HiFi. 

Pour en savoir un peu plus sur cet album, sur la culture reggae, Denis Leroy et Cathy Colin sont allés à la rencontre de Marine, aka Mamatya, la chanteuse du groupe, et ont ramené cette interview façon confession sur le canapé…

Avant de les retrouver sur la scène de Stereolux pour leur release party le 14 avril, voici déjà un avant goût de leur univers avec ce clip partagé sur les réseaux sociaux il y a quelques semaines et réalisé par David Ribault

Eric Guillaud

Plus d’infos sur le groupe ici

NOUVEL ALBUM. The Blind Suns prend le large !

Il n’y a pas que les éoliennes à être offshore dans notre région, le nouvel album du groupe angevin The Blind Suns, dans les bacs le 20 avril, nous entraîne vers des rivages lointains pour un déferlement de rock’n’surf revigorant. Interview…

Pour faire branchés dans vos prochaines soirées, ne dites plus « j’adore les Scarlet » mais dites « I love The Blind Suns« . De ces deux projets lancés par le duo de choc Dorota Kuszewska / Romain Lejeune, le deuxième a définitivement pris l’ascendant. On y trouve le même esprit rock, garage pour Scartlet, surf et psyché pour The Blind Suns, mais surtout une identique puissance créatrice qui ne s’arrête pas à la musique. Photos, clips, pochette d’albums… rien n’est laissé au hasard. Le signe d’un grand groupe.

Avant que son actualité ne prenne un sérieux coup d’accélérateur avec la sortie du magnifique album offshore le 20 avril et le début d’une tournée française, nous avions quelques petites questions à poser au groupe. C’est la chanteuse d’origine polonaise Dorota qui s’y est collée… un peu jetlaguée.

Bonjour Dorota, vous revenez des Etats-Unis, notamment d’Austin où se tenait le festival SXSW. Comment se sont déroulés ces quelques jours et notamment les concerts que vous avez pu y donner ?

Dorota. Austin est devenue notre nouvelle ville d’adoption, c’est déjà la quatrième fois qu’on s’y produit dont la troisième fois de suite au festival SXSW. Il y a un public national et international qui s’y déplace mais on commence surtout à avoir une belle reconnaissance locale, autant côté public que musiciens et médias/pro locaux, c’est vraiment top. On sent beaucoup de bienveillance à l’égard de notre projet là-bas. On a hâte d’y retourner encore et encore.

La revue Hot Press vous a qualifié de groupe le plus sexy du SXSW 2018. Ça doit faire plaisir non ?

Dorota. Clairement. L’année dernière, on avait déjà eu de supers papiers, comme dans le magazine revue.ca par exemple. Cette année on aura, je l’espère, beaucoup de chroniques suite au festival car on a eu de supers retours après les concerts.

Avez-vous eu le temps de découvrir d’autres groupes ? De faire des rencontres ?

Dorota. Pas beaucoup non, on s’était laissé des jours off cette année pour aller voir des concerts et profiter. Mais dès le premier jour, on a eu de chouettes propositions de dates sur les jours laissés libres qu’on a bien sûr acceptées 🙂

Comment revient-on de là-bas ? Gonflés à bloc j’imagine ?

Dorota. Physiquement, c’est très éprouvant, entre le jetlag, la logistique pas toujours évidente et le rythme concerts + fêtes assez effréné. Mais bizarrement, à chaque fois, on revient plus en forme que quand on part. Gonflés à bloc, c’est clair, et avec une cure de soleil et un beau bronzage en prime, ça joue sur le moral !

Que représentent les États-Unis pour vous ? Vos influences majeures ne viennent-elles pas de là ?

Dorota. J’ai grandi dans une Pologne post-communiste, tout dans mon enfance et la musique en particulier regardait vers les USA, la grande majorité de nos influences vient de là-bas c’est vrai. Depuis 10 ans, on évolue en France, mais qui sait à l’avenir, des green cards peut-être ?

Des influences musicales mais aussi cinématographiques, on le sent dans votre musique, on le sent aussi dans vos clips…

Dorota. Oui c’est clair qu’on aime penser notre musique avec des images en tête dès la composition. Et là-dessus, notre collaboration avec Benoit Aubert, notre vidéaste presque attitré, joue beaucoup, il est très influencé par les films de sci-fi des années 80 comme Spielberg ou Carpenter. On a déjà réalisé « Rockerfeller », « Personal Way Of Love » avec lui et récemment « Ride » qui est sorti le mois dernier. On a juste tourné notre nouveau single « Brand New Start » avec lui à Austin la semaine dernière, ça promet des images à couper le souffle ! On a aussi eu la chance d’avoir nos titres sur des campagnes de pub comme Kost ou au cinéma pour le film l’embarras du choix avec Alexandra Lamy l’an dernier. Notre objectif ? Signer la bande son d’un Tarantino ! Quoi ? On a pas le droit de rêver ?

Quel album et quel film tournent en boucle sur vos platines en ce moment?

Dorota. L’album Oceansoft de nos copains Wonderbitch, ça n’a rien à voir avec ce qu’on fait, ça peut faire un peu kitsch à la limite du mauvais goût mais ça fait du bien, on assume et on vous encourage à découvrir. Un film ? Sailor et Lula ! Cette idée de fuite sauvage avec la carte postale USA, c’est trop beau. Et puis Lynch c’est notre numéro 2 après Tarantino.

Une tournée américaine, une tournée française dans la foulée et donc un nouvel album, Offshore. Pourquoi ce titre ?

Dorota. Le vent Offshore c’est le vent parfait pour former une vague, c’est déjà un clin d’œil à notre côté « surf music » mais la traduction c’est surtout « au large » et ça accompagne le thème commun de tous les titres de l’album : cette idée de partir, s’échapper mais pas fuir, en voyage ou tout simplement changer de vie, prendre des risques, vivre ses rêves, ne pas se laisser aliéner par quoi que ce soit, un quotidien ou des attaches qui nous tirent vers le bas. C’est ce qu’on a toujours essayé de faire au sein de nos projets musicaux et en dehors, et on a envie de le faire partager. Rien que les titres des morceaux en sont la traduction : Brand New Start, Ride, Boundaries, Texas Sly, Astral Flight etc.

Que ce soit avec Scarlet, ou aujourd’hui avec The Blind Suns, on est à chaque fois surpris par la qualité de vos créations. Quelle est votre recette magique ?

Dorota. D’abord merci, c’est touchant d’entendre ça. Pas de recette magique, on met du cœur et de la sincérité, on adore tous les albums qu’on a réalisés jusqu’à aujourd’hui, Offshore en tête, on est fiers si c’est partagé !

The Blind Suns, c’est pour la vie ?

Dorota. Qui sait ? Mais en tout cas longue vie à The Blind Suns !

Merci Dorota, merci The Blind Suns. Propos recueillis par Eric Guillaud le 29 mars. Plus d’infos sur le groupe ici. The Blind Suns sera en concert le 06/04 à Bordeaux, le 18/04 à Angers, le 02/05 à Paris, le 17/05/18 à Osnabruck (Allemagne), le 24/05 à Besançon, le 25/05 à Lyon, le 26/05 à Vichy, le 30/05 à Nantes, le 01/06 à Strasbourg, le 02/06 à Saint-Malo, le 22/06 à Vigneux-de-Bretagne, le 06/07 à Mercurol…

05 Avr

NOUVEAU FESTIVAL. Les Nuits du Bénin du 5 au 8 avril à Nantes

Expo, concerts, performances et conférences, le nouveau festival Les Nuits du Bénin débute ce soir à Nantes. Quatre jours pour découvrir les artistes qui font la culture de ce pays africain, petit par la taille mais immense notamment par son apport aux musiques actuelles…

© Axel Vanlerberghe

Tout le monde connaît Angélique Kidjo mais après ? Le Bénin, petit pays francophone d’Afrique de l’Ouest, coincé entre le Togo et le Nigéria, berceau de la culture vaudou et du funk africain offre une scène musicale exceptionnelle et pourtant souvent méconnue.

Le collectif Benin International Musical, BIM pour les intimes, piloté par le producteur français Jérôme Ettinger, a été créé dans le but de mettre en lumière cette ébullition musicale. Il sera l’invité exceptionnel de la première édition du festival Les Nuits du Bénin.

Dans le détail

Le festival débute ce jeudi soir par le concert du BIM, le « Benin International Musical », à la salle Paul Fort. Il se poursuivra le vendredi 6 avril par une conférence intitulée « Du Dahomey au Bénin », suivie d’un concert de Jimmy Belah au Pannonica. Direction le Ferrailleur le 7 avril pour une soirée autour de Samifati et Diflex, Duchesse, Hoxo & Sergent Markus ainsi que le DJ set Good Morning Africa. Enfin, des performances clôtureront le festival au Théâtre La Ruche le 8 avril.

Enfin, visible depuis le 4 et jusqu’au 23 avril au Pannonica, l’exposition « Sur la route du Benin International Musical » propose une série de photographies signées Axel Vanlerberghe retraçant le parcours du collectif.

Plus d’infos sur le festival ici

03 Avr

PREMIER ALBUM. Le groupe nantais The Rams fait son cinéma en musique

Pour faire du rock, il n’y a pas cent cinquante mille manières de s’y prendre, il faut jouer à l’instinct avec son cœur et ses tripes. De ce côté-là, les Rams ont toujours su faire, c’est même leur credo, leur religion, foncer comme des béliers. Ils l’ont prouvé en concert, ils le démontrent aujourd’hui en album avec Rebecca (The Girl from Haddonfield) tout juste déposé dans les bacs. Rebecca ou la bande son d’un road trip intimiste. On vous dit tout

© Marie Gruel

The Rams, c’est avant tout l’histoire d’une amitié entre quatre garçons. Alex, Tommy, Sim et Mitch auraient pu se contenter de jouer au bridge mais ils ont préféré monter un groupe de rock progressif. À l’ancienne. Avec des vrais instruments, des riffs hurlants, des rythmiques tonitruantes et des plages instrumentales magnétiques.

Rebecca (The Girl from Haddonfield) est leur premier album et tout porte à croire qu’il ne sera n’est pas le dernier. Tout est finement pensé, travaillé, à commencer par la maquette de la pochette, photographie centrale signée Jean-Marie Jagu, très belle couverture de Marie Gruel. Un bel écrin et un album qui demande à monter le son, un peu, histoire de libérer tout son potentiel.

Et il en a sous le capot cet album, onze titres au compteur, une heure et 3 minutes chrono de musique, des accélérations fulgurantes, une tenue de route exceptionnelle… de quoi partir loin, quelque part entre Haddonfleld aux États-Unis et Montréal au Canada. Pourquoi ici plus qu’ailleurs ? Parce que Rebecca (The Girl from Haddonfield) est plus qu’un album, c’est la bande son d’un road trip intimiste entre ces deux villes aux côtés d’une jeune femme, Rebecca. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Où va-t-elle ? Réponse à ces questions et à beaucoup d’autres ici et maintenant avec Alex, guitariste et chanteur, et Tommy, batteur…

Bonjour Alex, bonjour Tommy, première question, The Rams, c’est qui c’est quoi ?

Alex. The Rams, c’est quatre potes, fans de musique, qui ont décidé un jour de jouer ensemble très fort avec leurs bagages musicaux respectifs et de voir ce qui en ressortait.

Tommy. Sinon The Rams, c’est un groupe de rock que l’on pourrait qualifier de cinématographique. On aime bien cette étiquette car elle est représentative du son que l’on peut créer. Avec des bases résolument rock, on aime jouer avec les structures de chansons et passer d’un morceau dansant à une mélodie mélancolique pour avoir un bon mélange d’émotions.

Vos influences sont à chercher du côté des années 70/90. Des noms ?

Alex. En fait, on pioche un peu partout car on est avant tout fans de musique en général. Finalement, dans notre album, il y a beaucoup de samples et de sons à l’envers, ce qui pourrait nous situer dans une période très contemporaine musicalement. Et il y a aussi ce côté très 70’s. On adore les groupes comme Pink Floyd, Chicago Transit Authority, Paul Mc Cartney & The Wings, David Bowie, T Rex, Roxy Music, Iron Butterfly, The Moody Blues ou même Jethro Tull.

Tommy. Sans la flûte pour Jethro Tull!!!! [rire]. Concernant les années 90 – 2000, on a grandi avec des groupes comme Mogwai, Tahiti 80, Ty Segal, Placebo, Hex Ex, Bleech, Artic Monkeys, Radiohead, Kasabian et aussi Iron Maiden pour Mitch. Il est donc probable qu’inconsciemment notre son s’en approche énormément. C’est le mélange de plus de 50 ans de culture rock qui est vraiment intéressant. C’est juste énorme comme bagage musical. En tout cas, on ne se donne pas de limite ou de barrière lorsque l’on crée un morceau ou une ambiance musicale.

Des influences musicales mais aussi cinématographiques donc ?

Alex : Oui tout à fait, pour ma part je suis un grand cinéphile. La musique de film à une grande place dans notre processus de création. Je suis très admiratif de compositeurs comme John Murphy (28 days later), Brian McOmber (It comes at night), John Barry (Out of Africa, James Bond), et également Hans Zimmer (Interstellar), Atticus Ross (The book of Eli) ou bien Warren Ellis (The road). Pour la création de notre album, il est évident que ces ambiances musicales nous ont indirectement inspiré. Toute la construction de l’album s’est faite comme si l’on visionnait un film en direct. Cela a été un vrai défi, parce qu’en terme de création, nous avons décidé d’enchaîner toute les chansons à l’enregistrement pour renforcer l’aspect cinématographique.

L’Anglais Steve Wilson cartonne, les Français Ange se reforment… Le rock progressif serait-il en plein renouveau ?

Alex : Selon moi, il y a deux raisons. La première étant que la mode est cyclique. La deuxième étant qu’avec le rock progressif, il y a une vraie liberté de création. Il n’est pas nécessaire de respecter une structure de chanson rock présente depuis 50 ans. On peut faire un morceau de 15 min comme un morceau de 50 secondes. Et puis je pense qu’aujourd’hui les gens ont besoin d’entendre de nouvelles choses, d’être surpris, de se confronter à l’inattendu.

Après un EP en 2014, voici donc votre premier album, Rebecca (The Girl from Haddonfield). Comment se vit le moment ?

Alex. On le vit super bien. On est soulagé car pour le moment, nous n’avons que des retours positifs et ça fait vraiment plaisir. Nous nous sommes investis dessus pendant 1 an et nous sommes très fiers de ce qui en ressort car jusqu’au bout, nous l’avons fait en suivant un processus de création qui nous correspond et le résultat est là.

Tommy. Ce qu’il faut surtout ne pas oublier de dire, c’est que, c’est grâce au soutien des « ulluleurs » et de notre entourage que cet album a pu voir le jour. Nous sommes donc fiers de leur faire découvrir presque un an plus tard le résultat de leur contribution.

Plus qu’un album, c’est un concept album. Que raconte-t-il ? Qui est cette Rebecca ?

Alex. Cet album retrace le voyage d’un personnage quittant sa ville d’adoption (Haddonfield) pour aller au 1437 Stanley Street à Montréal au Canada. Rebecca est une jeune fille, enfant unique adoptée à sa naissance. Plusieurs années après, en 1984, Rebecca découvre l’existence de sa famille biologique et surtout de son frère jumeau, atteint de schizophrénie. Elle décide donc d’aller à la recherche de ses racines et de renouer avec cette famille qu’elle ne connait pas.

Quelques invités de marque figurent au générique de l’album. Pouvez-vous nous les présenter et nous expliquer les raisons de leur présence ?

Alex. Il y a Nathalie San qui est une amie d’enfance vivant au Canada et avec qui j’avais déjà enregistré quelques morceaux. C’est une chanteuse extraordinaire d’Electro Jazz et pour moi il fallait absolument qu’elle chante avec nous même si son univers musical n’est pas forcément le nôtre. Il faut surtout savoir que le point de départ de l’album s’est fait là-bas dans son chalet en plein milieu de la forêt québécoise. Il y a Warren de KO KO MO et Roman Gaume qui sont deux musiciens adorables et bourrés de talents qui ont trouvé l’idée du multi guests sur notre album très intéressante. L’idée était d’apporter leurs univers sonores en terme de chants et guitares, et de les lier dans un ensemble finalement homogène. La présence de ces guests contribue aussi au mélange des émotions et à l’aspect concept de l’album.

On retrouve  le titre Perfect Slave qui tourne depuis pas mal de temps sur Youtube et sur lequel joue Warren des KO KO MO. Pourquoi ne pas l’avoir choisi comme premier single ?

Tommy. Nous ne voulions pas profiter de la notoriété de Warren et de son groupe tout comme celle de Roman pour mettre en avant notre album. Pour nous, leur présence est un plus considérable mais ça reste des compositions de The RAMS et ça reste notre univers. Nous ne voulions pas que la première découverte de notre album soit faite grâce à un de nos guest comme Warren. On préférait aussi mettre plus en avant She’s So Fine qui est un titre représentatif de l’album avec des grosses rythmiques, des solos de guitares et des passages instrumentaux planants.

Vous vous dites adeptes du DIY. C’est-à-dire, concrètement ?

Tommy. Concrètement, ça part d’une situation assez simple : on souhaite faire des choses qualitatives et avec une exigence assez forte. Pour autant, nous avons un budget très limité donc nous essayons de faire un maximum de choses par nous-mêmes en piochant aussi dans les talents et qualités des personnes de notre entourage. L’avantage, c’est que cela nous permet d’avoir un contrôle total sur notre musique, sur les choix artistiques et même sur le côté communication.

Votre release party aura lieu le 27 avril au Ferrailleur à Nantes ? Vous nous préparez des surprises ?

Tommy. Pour fêter la sortie de l’album et remercier tous ceux qui y ont contribué, on veut faire un concert unique. L’avantage du Ferrailleur, c’est qu’on pourra retransmettre l’univers de l’album sur scène. Il y aura aussi quelques invités pour apporter encore plus cet aspect unique du moment. On a hâte d’y être et on espère que le public répondra présent pour cette belle soirée en perspective.

À quoi vont ressembler les jours et semaines à venir de The Rams ?

Tommy. Pour promouvoir la sortie de notre album et le faire découvrir au plus grand nombre, nous avons quelques opérations de promotions, des showcase, etc… Mais nous sommes surtout sur une petite période de répétitions pour préparer la release party et les concerts à venir. On a hâte d’aller défendre notre album sur scène et inviter les spectateurs à entrer dans l’univers des Rams.

Merci Alex et Tommy, merci The Rams
Propos recueillis le 28 mars par Eric Guillaud. Plus d’infos sur le groupe ici. The Rams sera en concerr le 6 avril à Cholet, le 27 avril au Ferrailleur à Nantes, le 25 mai au Baroque à Nantes, le 26 mai à Montigné, le 9 juin à Pornichet, le 3 août à Dinan…

30 Mar

EXCLU. Mobil Home Schuffle, le nouveau clip des Angevins Des Lions Pour Des Lions

ils ont beau porter un nom de gros matous, les Angevins Des Lions Pour Des Lions avancent à patte de velours depuis qu’ils ont décidé de faire de la musique ensemble il y a une dizaine d’années maintenant. Et le résultat est là, une musique singulière et sans aucune frontière. Leur premier album, Derviche Safari, sort aujourd’hui, Supersonikk vous permet de découvrir en exclu lulu le clip Mobil Home Schuffle avec les explications du percussionniste Cédric MomoJee Morel…

« ls jouent du jazz comme des punks, font du rock avec la liberté du jazz, et cherchent la transe comme des fans d’électro ». Cette présentation rapide du groupe sur son compte Facebook a le mérite d’être clair, Des Lions Pour Des Lions n’appartient à aucune chapelle, a toujours refusé d’être rangé dans telle ou telle catégorie, privilégiant à chaque instant, pour chaque morceau, une ouverture musicale à 360°.

Comme ses amis félins, le quatuor angevin ne supporte pas les barrières, les codes, situant son univers musical quelque part entre Luis Mariano et Tom Waits, un terrain sans limite, une savane, assez vaste pour qu’il expérimente à son aise, qu’il explore sans cesse de nouvelles voies.

Son premier album, Derviche Safari, sort aujourd’hui. Il s’agit d’un « album-voyage-tournant », dixit Babette (sax, trombone…) « 11 titres qui ont la transe comme moteur ».

Avant de retrouver Des Lions Pour Des Lions en concert, notamment au Chabada le 3 avril pour sa release party, Supersonikk vous propose de découvrir en exclu Mobil Hhome Schuffle, un premier clip tourné en un long plan séquence. Tout de suite, les explications de Cédric MomoJee Morel…

Le Clip

« Le clip Mobil Home Shuffle vient d’une envie de mixer un morceau dub de manière analogique, à l’ancienne (comme pouvaient le faire les pères du dub King Tubby ou Lee Scratch Perry). Comme le mix sub analogique est un « one shot », il y a eu l’idée de le filmer en travelling (one shot aussi). Et comme le morceau évoque la relation au mystique, nous y avons inclus une imagerie pseudo mystique, un peu décalée ».

L’album

« Derviche Safari est un album très organique. Tous les morceaux ont été faits live (tous les musiciens jouaient ensemble), avec quelques légers rajouts par la suite. C’est une nécessité pour les Lions d’être ensemble et de jouer ensemble pour faire de la musique. D’une part pour l’aspect organique de la chose, d’autre part pour les improvisations. Si une partie des choses sont écrites, il y a aussi une bonne part de liberté à l’intérieur des morceaux.

Il y a 11 titres, 8 compositions et 3 reprises. Une de W.A.Mozart, une de H.Purcell et une dernière des Rolling Stones, un hommage à Angela Davis, une militante des droits civiques et du féminisme américain qui nous touche beaucoup. Quant aux textes de nos morceaux, ils se laissent prendre par un côté dada, entre absurde et naïf ».

Propos recueillis par Eric Guillaud le 30 mars 2018. Plus d’infos sur le groupe ici. Leurs concerts

Derviche Safari (Maaula Records)

29 Mar

BIENTÔT AU HELLFEST. Pogo Car Crash Control : un premier album aussi brutal que crucial !

Il s’est fait connaître avec un EP sorti en 2016 et un titre prometteur, Crève, le Pogo Car Crash Control est de retour sur les scènes de France et d’ailleurs pour défendre son premier album, Déprime hostile, un cocktail explosif de punk metal voué à anéantir toutes tentatives de mise en plis. Le groupe sera en juin prochain sur la Warzone, la scène punk du Hellfest. En attendant, le Pogo pose les guitares et les baguettes le temps d’une petite interview…

À les croiser dans la rue, on leur donnerait facilement le bon Dieu sans confession. Propres sur eux, polis, sympas, Olivier Pernot, Louis et Simon Péchinot, Lola Frichet, le Pogo Car Crash Control au complet, n’ont pourtant pas grand chose à voir avec des enfants de coeur aimant le silence et le recueillement.

Leur truc à eux, et à elle, c’est le punk metal, un dosage parfait à 50/50, des textes en français qui décapent et à l’arrivée, forcément, une musique qui fait dans le brutal. Mais pas que ! Leur nouvel album, Déprime Hostile, s’il fait preuve d’une énergie folle de bout en bout, dévoile aussi ici et là de petites touches subtilement mélodiques et même une ballade, oui oui, douce et tranquille. Pour en parler, Olivier, chanteur-leader du Pogo…

Bonjour Olivier, quoi de neuf depuis votre passage à Nantes en octobre dernier et notre interview sur ce même blog ? Tout va bien pour le Pogo Car Crash Control ?

Olivier. Tout se passe à merveille. L’album est sorti. Ouf ! On entame la tournée 2018 avec à nouveau un concert à Paris mais cette fois ci à la Maroquinerie le 12 avril. Sinon, quoi de neuf ? Et bien, Louis et Simon se sont fait tatoués dans les loges avant un concert à Béthune (un personnage de South Park pour Louis et un couteau pour Simon). Lola va bientôt se faire opérer des dents de sagesse. Et moi, je suis à la recherche d’un appartement. Si jamais quelqu’un veut m’héberger…

Vous nous annonciez à l’époque la sortie pour mars d’un album « plus dur (que le premier EP) avec quelques surprises dedans ». Nous y sommes, l’album est sorti et effectivement s’avère plus dur, plus animal, mais aussi avec quelques surprises musicales. Vous êtes fiers du résultat?

Olivier. C’est émouvant de tenir le vinyle dans les mains. De nombreuses années à se prendre la tête et voilà, d’un coup c’est fini… jusqu’au prochain album ! Sur le plan technique, je suis très très content du son de l’album. J’ai l’impression qu’aucun autre groupe ne sonne comme nous sur ce disque. Donc oui très fier du résultat !

Je parlais à l’époque d’une musique 50% punk, 50% metal, 100% brutale… Toujours d’accord ?

Olivier. Tout à fait d’accord.

Du brutal, de l’animal… et puis soudain des morceaux rock – presque – mainstream tels que Comment lui en vouloir ? Je Perds Mon Temps et surtout, surtout, un ovni dans votre discographie, une ballade, Insomnie, douce et mélancolique à souhait. Qu’est-ce qui vous prend ? C’est le début de la sagesse ?

Olivier. En fait je pense que nous fantasmions un album « à l’ancienne ». C’est à dire avec des rythmes nuancés, une déroulement narratif et musical. Exactement comme « Nervermind » en fait. On à toujours pensé que c’était la direction la plus audacieuse. Parce que mettre une ballade dans le disque quand tu es un groupe dit « hardcore » c’est assez courageux je trouve.

Sans prétention aucune on peut parler d’un début de sagesse mais attention on va bientôt régresser je le sens !

Quelle est l’histoire de ce titre Insomnie très différent des autres ? D’où vient-il ? Que raconte-t-il ?

Olivier. Parce que rien n’est trop cliché, je vais te dire la vérité : j’ai composé la mélodie en vacances à la mer pour la fille avec qui j’étais. Simon a écrit un texte assez personnel et voilà notre première balade était née. À vrai dire, c’est la chanson qui a été le plus dur à enregistrer. Je n’ai pas l’habitude de chanter, et je ne me considère pas tellement en tant que tel. Mais j’y suis arrivé. D’ailleurs aucun mélodine n’a été utilisé sur le disque, je tiens à le préciser ahahah…

À écouter vos albums, on pourrait penser que vous ne pouvez décemment pas donner plus sur scène. Et pourtant si, vous y parvenez. Pour vous avoir vu en concert, je peux certifier que c’est encore plus vite, plus fort, plus déjanté, que sur album. Comment tenez-vous la cadence ?

Olivier. Comment tient-on tout le concert sans tomber dans les pommes ? Je ne sais pas exactement pour chacun mais grossièrement on répète deux fois par semaines, on mange après le concert, tu peux boire une ou deux bières avant de monter sur scène histoire de te chauffer… et normalement ça le fait ! Ha oui, récemment je m’échauffe un petit peu avant parce que je me suis défoncé le dos à force de header. Mais le pire, c’est la fois où Simon a chanté à ma place parce qu’un boucher/dentiste m’a arraché une dents de sagesse en trois minutes. Personne n’a remarqué !

On vous retrouvera au Hellfest en juin prochain. C’est une date qui vous tient à coeur ?

Olivier. Clairement oui, la pression !

Un mot sur le nom de l’album, Déprime hostile, et sur l’artwork, plus de doigts tranchés mais un crâne ouvert dégoulinant de sang…  Tout est raccord ?

Olivier. Déprime Hostile, c’est l’état d’esprit qui tient tout le disque. Quand j’y pense, on aurait dû appeler notre EP Crève (nom de la dernière chanson), ça résume bien les chose aussi. C’est encore Baptiste Groazil notre fidèle illustrateur qui a fait la pochette. On adore, c’est une chance d’avoir un ami qui a autant de talent.

Dernière question, avez-vous l’impression d’avoir comblé un vide sur la scène rock française ?

Olivier. Non point du tout, il y a toujours eu des bons groupes de rock en France, il faut les chercher c’est tout !

Merci Olivier. Merci Pogo Car Crash Control.
Propos recueillis le 28 mars 2017 par Eric Guillaud. Plus d’infos sur le groupe ici. En attendant son passage au Hellfest le 24 juin, vous pourrez voir et écouter Pogo Car Crash Control le 29 mars à Toulouse, le 30 mars à Agen, le  31 mars à Paris, le 5 avril à Grenoble, le 7 avril à Bulle, le 12 avril à Paris, le 14 avril à Montpellier, le 19 avril à Rouen, le 20 avril à Rennes, le 4 mai à Laval, le 2 juin à Brest…

28 Mar

INTERVIEW EXPRESS. The Limiñanas : tournée générale de rock !

À moins de vous être mis en mode hibernation, il est absolument impossible que vous soyez passés à côté. C’est LA sensation rock de l’année, LE groupe français dont on parle partout et que nous envieraient, peut-on lire ici ou là, les Anglo-Saxons. Peut-être ! En attendant, The Limiñanas est en tournée à travers l’hexagone. Il sera notamment le 30 mars à Angers, le 20 avril à Nantes. Interview…

© Richard Bellia

On ne les arrête plus les Limiñanas ! Concerts, clips, passages télé, interviews et… un nouvel album, Shadow People, un petit bijou de dix titres qui apporte la preuve qu’on peut faire du très bon rock en France, et quel rock, « de la musique bricolée à la maison par deux fondus de garage punk des années soixante et de musique tordue française, saupoudrée d’influences catalanes et pieds-noirs espagnoles », nous déclarait Lionel Limiñana dans une interview en mai 2016

Avant le passage du groupe au Chabada à Angers le 30 mars et à Stereolux à Nantes le 20 avril, nous avons posé quelques questions à Lionel sur la montée en puissance du groupe. Premier constat, face au succès, l’homme reste humble et accessible…

Nous vous avions interviewé en mai 2016 à l’occasion d’un – excellent – concert à Nantes. J’ai comme l’impression qu’il s’est passé pas mal de choses dans votre vie d’artiste depuis ces deux petites années ?

Lionel. On a pas mal tourné et beaucoup bossé en studio. On a rencontré beaucoup de gens, voyagé et appris. Oui, ça a été deux belles années, bien remplies.

Du Figaro à Rock’n’Folk en passant par Télérama, Les Inrocks, Ouest-France, Canal+ et même France 3 Pays de la Loire, vous faites l’unanimité. C’est pas mal pour un groupe qui ne cesse de se proclamer sans ambition particulière ?

Lionel. Oui! Et  si on parle de plan de carrière, effectivement on n’en a pas. Notre seule ambition est de continuer d’enregistrer, de produire des disques. Et de maintenir le groupe live en vie, ce qui reste le plus compliqué aujourd’hui. On est dix sur la route, économiquement, humainement, en terme d’organisation, c’est une usine à gaz ! Surtout pour ce genre de musique. C’est très fragile.

Pour obtenir cette unanimité, avez-vous dû faire des concessions dans votre musique ?

Lionel. Non, on a jamais fait la moindre concession. Et Shadow People est notre album le plus raide en terme d’atmosphère et de production. On a toujours fait exactement la musique que nous voulions.

La presse unanime et les professionnels de la profession à vos pieds, Laurent Garnier qui remixe du Limiñanas, Emmanuelle Seigner qui chante sur le nouvel album, Anton Newcombe, leader du groupe de rock psychédélique The Brian Jonestown Massacre, qui apporte sa contribution, tout comme Bertrand Belin… C’est un peu le bonheur non ?

Lionel. On est parfaitement épanoui si c’est le sens de ta question! Mais je ne crois pas que qui que ce soit soit à nos pied. Ce sont des camarades que nous avons croisé en tournée la plupart du temps et avec lesquels nous sommes devenus amis.

Album, tournée, clips, promo… Vous rêvez de quoi en ce moment ? De vous retrouver chez vous tranquille cinq minutes au coin du feu ?

Lionel. Alors malheureusement on a plus de cheminée! Et non,  on est content de tourner, d’enregistrer, de voyager. C’est un choix et personne ne t’oblige à le faire. Et puis il faut arrêter de dire que c’est difficile. J’ai bossé à l’usine, dans les champs, en interim pendant longtemps. C’est là qu’il faut avoir du courage, de la volonté.

Merci Lionel, merci The Limiñanas

Propos recueillis par Eric Guillaud le 27 mars 2018. Plus d’infos sur le groupe ici.

23 Mar

Kaviar Special : le rock garage made in Rennes

Ne vous fiez surtout pas à leur patronyme, les Kaviar Special ne font pas dans les œufs d’esturgeon, encore moins dans le renseignement politique. Depuis 2013, ces quatre Rennais font du rock, rien que du rock, et ça leur réussit plutôt bien. La preuve avec ce troisième album, Vortex, un tourbillon d’énergie positive…

© Jimmy-Léveillé

Vortex : type de tourbillon dans lequel la vitesse des particules du fluide en chaque point est inversement proportionnelle à la distance entre le point et le centre du tourbillon. Voilà pour la définition du jour, vous pouvez ranger vos cahiers et sortir les guitares.

Plus légèrement parlant, Vortex est aussi le nom du nouvel album de Kaviar Special, un groupe de rock sous très bonne influence, surf, garage et psyché à volonté.

Fondé en 2013 du côté de Rennes par quatre potes amoureux de la même musique, Kaviar Special enchaîne les concerts et les albums, trois avec celui-ci, de quoi se faire rapidement un nom, un drôle de nom certes, et se retrouver à l’affiche des festivals les plus prestigieux, les Trans Musicales en 2015, Rock en Seine et les Inrocks Lab en 2016.

Qui sont-ils vraiment ? D’où viennent-ils ? Où vont-ils ? Adrien, le bassiste du groupe, nous dit tout…

Salut Adrien, que faut-il avoir mangé pour jeter son dévolu sur un nom pareil? 

Adrien. Et bien pas grand chose, rien d’illégal en tout cas si c’est la question. C’était au cours d’un repas normal, équilibré, la veille d’un concert, nous jouions pour la première fois et l’organisateur attendait le nom de ce groupe qui faisait la première partie.

On vous dit un peu givrés ? Vous confirmez ?

Adrien. Qui dit ça ? Non, c’est faux nous sommes des jeunes gens stables, dynamiques et agréables. 

Qu’est-ce qui vous pousse à vous lever le matin ?

Adrien. Le réveil.

Vous êtes de Rennes me souffle-t-on dans l’oreillette, vous auriez donc pu – dû diraient les mauvaises langues – jouer du rock celtique ou à la limite de la new wave mais vous avez choisi le rock garage. Pourquoi ?

Adrien. On est trop à l’est de la Bretagne pour jouer du rock celtique et pas assez déprimés pour faire de la new wave. Pas assez en jogging (et encore…) pour faire du rap, trop à l’ancienne pour faire de l’electro. Il ne restait plus que le rock, on a du prendre ce qui restait pour monter le boys band de nos rêves. Un peu comme ce mec maladroit que tu choisis en dernier pour faire un foot dans la cour de l’école.

J’essaye d’être rock quand je vais acheter du pain en chaussons mais c’est compliqué.

C’est quoi pour vous le rock garage ? Juste une musique ? Une attitude ? Un style de vie ? Un moyen de se faire plein d’oseille ou de rencontrer l’amour ?

Adrien. Musicalement, je dirais que c‘est une façon plus « moderne » de parler de rock’n’roll, sans tous les clichés que cela implique. Une mélange de rock 60’s, 70’s punk et psyché, démocratisé ces 10 dernières années par les groupes Oh sees, Ty Segall, Black lips. Comme beaucoup de groupes on est juste des potes qui aimons la même musique et jouer ensemble. J’essaye d’être rock quand je vais acheter du pain en chaussons mais c’est compliqué.

Il y a encore deux ans, au moment de la sortie de l’album #2, vous cherchiez du boulot pour les uns ou terminiez des études pour les autres. Vous en êtes où aujourd’hui ?

Adrien. On a la chance de vivre de notre musique depuis 2 ans maintenant. Ça change pas mal de choses, notamment le fait de ne plus avoir à refuser de dates par souci de disponibilité de chacun. De pouvoir répéter et écrire des morceaux plus souvent. C’est très confortable d’un point du vue créatif.

Vous venez de sortir un troisième album, Vortex. Comment le situeriez-vous par rapport aux deux premiers ?

Adrien. C’est dans la continuité de ma précédente réponse. Pour la première fois on a pris un peu plus notre temps pour composer et enregistrer, c’est pourquoi il est un peu plus « abouti » que les précédents. Par rapport aux deux premiers où presque tout était plaqué en une semaine, là on est allé au bout de nos idées d’arrangements et on a pris le temps d’enregistrer et de mixer ça comme on l’entendait avec Dane notre ingé son.  Il est aussi plus « psyché » que les précédents car il y a l’arrivée des claviers (Bastien) dans le groupe (avec qui on essaye de faire un maximum de dates sur la tournée). Ce qui enrichit énormément cet album.

Back to School et Bursting at the Seams ont des allures de tubes rock qui tournent dans la tête longtemps après leur écoute. Comment naît un morceau des Kaviar ?

Adrien. Ce sont deux morceaux écrits par Vincent (guitariste lead). Il n’y a pas de formule magique ni systématique mais pour ces deux-là Vincent avait maquetté une démo chez lui qu’il nous a présentée ensuite, et la sauce a pris direct. Ses démos étaient déjà bien abouties avec presque toutes les idées et la structure. Majoritairement, on fait des démos chez nous qui évoluent (plus ou moins) au moment de la présentation au groupe, mais ça nous arrive également de faire tourner des riffs en répète et de partir de cette base pour un morceau.

On devine vos influences étrangères, notamment Ty Segall, Thee Oh Sees, Black Lips, dont on parlait tout à l’heure, mais du côté des Français, vous pourriez être les enfants de qui ?

Adrien. Johnny. Paix à son âme.

Quel est l’album qui tourne en boucle sur votre platine actuellement ?

Adrien. En ce moment j’écoute « Sun restructured », un remix ultra psyché du premier album des Temples par Beyond the Wizard’s Sleeve. Ayant bien rincé l’original, je le trouve vraiment cool.

Si je vous laisse le choix entre une bonne bière et un concert sur la scène des Vieilles Charrues, vous choisissez ?

Adrien. Les deux ne sont pas incompatibles.

C’est vrai. Et votre plus beau souvenir ?

Adrien. Le Stereolux en 2015 pendant la tournée des Trans.

Votre rêve le plus fou ?

Adrien. Arriver sur scène en wingsuit au Stereolux le 18 avril prochain lors de cette soirée de dingue qui réunira Volage, Th Da Freak et Kaviar Special. Un soirée focus sur Howlin banana Records, « le label qu’il est super ».

Kaviar Special c’est pour la vie ?

Adrien. Quelqu’un s’oppose à cette union ?

Merci Adrien, merci Kaviar Special – Propos recueillis par Eric Guillaud le 20 mars 2018

Plus d’infos sur le groupe ici. Pour le voir sur scène c’est simple, Kaviar Special sera en concert à Caen le 22 mars, à Castres le 31 mars, à Biarritz le 10 avril, à Pau le 12 avril, à Toulouse le 13 avril, à Beauvais le 14 avril, à Nantes le 18 avril, à Chalon-sur-Saône le 28 avril…

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