17 Jan

Shame : le futur du punk

Attention attention, toute écoute prolongée de l’album Songs of Praise du groupe anglais Shame pourrait vous provoquer quelques agacements musculaires, voire une folle envie d’en découdre avec votre arthrose. Ecartez les meubles et les enfants, un deux trois pogo…

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C’est le phénomène punk de l’année. Tout le monde en parle même le très sérieux Télérama qui évoque un album « empli d’une flamboyante énergie punk » , c’est dire ! Shame, c’est qui c’est quoi ? C’est une jeune, très jeune, bande de Londoniens, issue du quartier de Brixton pour les connaisseurs, cinq gamins de 20 ans pas plus qui ont ingurgité tout ce qui s’est fait de bien en matière de rock’n’roll pour en recracher un bel album sous les couleurs de l’excellent label américain Dead Oceans, dix titres aussi énervés qu’essentiels et une pochette décalée, tellement paisible.

Dix titres et rien à jeter avec l’eau du bain ! Song of praise se bonifie même au fil des écoutes. Rien à jeter donc et quelques morceaux comme Concrete, One Rizla, Tasteless, Donk ou Angie qui devraient permettre à Shame de rejoindre rapidement le panthéon du rock sans passer par la case « on est un groupe de jeunes qui débute et qui galère ».

Preuve en est le calendrier, pas celui offert avec le vinyle et sur lequel ont été annotés les événements marquants de l’année 2018, à savoir la date de sortie de l’album le 3 janvier et les anniversaires des cinq membres du groupe, mais le calendrier de la tournée qui débute le 16 février et va les emmener illico presto de l’autre côté de l’Atlantique pour plus d’un mois de concerts, une vingtaine en tout. Ils y croiseront des groupes qui pourraient bien être aussi le futur du rock tels que Protomartyr ou Snail Mail. Après les États-Unis, retour au bercail, enfin presque, au Royaume-Uni tout d’abord, puis en Norvège, en Autriche… et en France à Bordeaux le 17 mai, Lille le 20 mai.

Mais que raconte ce premier album qui cumule les bons points, l’énergie de la jeunesse et une certaine maturité dans les arrangements ? L’amour, la mort, les rencontres, les lieux qui les ont inspiré, Brixton bien sûr, la société, la vie quoi, leur vie, enfin le tout début de leur vie.

Côté influences musicales, certains reconnaîtront dans leur style un peu d’Oasis, un peu de Clash pour les concerts fougueux, un peu de Parquet Courts (Friction), un peu de Fall, de Stooges… et beaucoup d’eux-mêmes, de ce qu’ils ont appris en trois petites années, oui, seulement, mais trois petites années intenses, faites de répétitions dans une cave de Brixton, de concerts mémorables et de travail en studio. Pour eux, le futur c’est maintenant!

Eric Guillaud

Songs of praise (Dead Oceans)

15 Jan

Paco Tyson saison 2 les 27 et 28 avril à Nantes : la programmation complète dévoilée

Vous avez aimé la saison 1 ? Alors vous raffolerez de la saison 2. Le festival de musiques 100% électroniques Paco Tyson rempile en 2018 et vous donne rendez-vous les 27 et 28 avril autour d’une programmation à faire bouillir le dancefloor…

© Paco Tyson

© Paco Tyson

Nouveau venu dans le paysage des festivals électro nantais, après Scopitone mais avant Carpe Noctem, Paco Tyson a fait le plein dès sa première édition en 2017 en réunissant 10 000 spectateurs sur le site de la Chantrerie-Grandes Écoles à Nantes et en affichant complet sur les deux soirées. La formule du 100% électro avec une affiche mêlant artistes de renommée internationale ou nationale et jeunes pousses locales a semble-t-il conquis le public.

Trois scènes, deux soirées, un festival. L’accroche n’a pas changé pour l’édition 2018 mais l’affiche, elle, a été travaillée à la créatine. Paco Tyson bande les muscles et montre de quoi il est capable passant à une capacité de 8000 festivaliers jour.

Alors on danse ?

Noël avant l’heure, la première salve de noms, dévoilée à la mi-décembre, laissait présager le meilleur pour cette deuxième édition, avec des artistes comme Jayda G, Avalon, Dj Svetec, Mister Saturday Night, Karenn, Zoltan, MLC ou encore et surtout Laurent Garnier…

Le meilleur est largement confirmé avec les noms qui viennent aujourd’hui s’ajouter à l’affiche. Attention attention, dans le plus grand désordre se succéderont sous les chapiteaux quelques belles têtes d’affiche internationales comme le Germano-Chilien Ricardo Villalobos et l’Israëlien Vini Vici, mais aussi l’Américain Robert Hood, l’Anglais Shanti Celeste, Steffi, In Aeternam Vale, Blazy, Mad Maxx, The Braindrillerz, Enko VS Ling Ling…

Des internationaux, des nationaux, mais aussi des locaux avec Oksa, Alqa Wakké, Jef-K, Le Crabe et The Looks…

En attendant le festival…

Deux rendez-vous à retenir d’ici les 27 et 28 avril. Tout d’abord le Paco Tyson Tour se jouera en prélude au festival dans huit bars de Nantes le 20 janvier. Enfin, le tremplin Paco Tyson, une nouveauté pour cette année, se déroulera les 2 février à l’Altercafé, 22 février au Nid, 24 mars au Ferrailleur, 6 avril au Macadam, et permettra à 4 jeunes dj de la région d’ouvrir chacune des scènes pendant le festival. Merci qui ?

Eric Guillaud

Plus d’infos sur le festival ? C’est ici 

Flor del Fango : le retour du rock latino engagé

C’est rock, c’est latino, c’est engagé et follement dansant, Flor del Fango est de retour après une pause d’une quinzaine d’années. Au menu des retrouvailles : de nouvelles chansons, un nouvel album et une tournée qui commence à Nantes mercredi 17 janvier…

© Raphaël Rinaldi

© Raphaël Rinaldi

Manu Chao, Mano Negra, Parabellum, Chihuahua ou encore Les Frères Misère…, il y a un peu de tout ça dans Flor del Fango et il en serait autrement étonnant puisque ses huit musiciens sont issus de ces groupes qui ont marqué l’histoire du rock dans les années 80 par une écriture engagée.

Fondé en 1997 pendant une manifestation de soutien aux indiens du Chiapas à Paris, Flor del Fango poursuivra sa route pendant cinq ans avant de se dissoudre. Quinze ans plus tard, ils sont de retour avec la même énergie communicative, la même volonté de s’engager auprès des minorités en lutte. Interview…

Pourquoi ce retour après plus de 15 ans d’absence. vous aviez oublié d’éteindre la lumière ?

Marucha Castillo (chant lead). Ce n’est pas qu’on à oublié d’éteindre la lumière, nous l’avons laissée à l’abri. Comme une braise qui peut redevenir un brasier avec un simple souffle… Pendant ces 15 ans, une de nos plus belles flammes est partie devenir étoile dans le ciel (Sven Pohlammer, guitariste, décédé en 2014, ndlr). Nous ne nous sommes jamais vraiment séparés, la vie nous à envoyé à droite, à gauche, vivre diverses expériences avant de nous rassembler avec toujours autant de choses à se dire, à partager et a faire partager.

Si mes informations sont bonnes, le groupe s’est formé en 1997 après une soirée de soutien aux indiens du Chiapas à Paris. Qui dit indiens du Chiapas dit sous-commandant Marcos, dit Zapatisme, dit lutte contre le néolibéralisme. c’est toujours ce qui unit les différents membres du groupe aujourd’hui ?

Marucha. Initialement, ce qui nous a uni avant tout c’est la musique et l’amitié. Mais bien sûr notre positionnement social et politique a eu une énorme influence dans la création de Flor del Fango. Aujourd’hui, nous soutenons toujours le mouvement néozapatiste, ainsi que tous ceux que le système néolibéraliste opprime, vole et laisse de côté.

Il faut rappeler que vous avez tous un beau parcours de musiciens engagés derrière vous. Parabellum, Mano Negra, Chihuahua, Les Frères Misère… des noms qui parlent aux plus anciens d’entre nous comme aux plus jeunes. c’était le bon temps ?

Marucha. C’est toujours «le bon temps», les années passent, c’est certain, mais l’énergie demeure la même. le monde ne va pas mieux, les raisons de se révolter se multiplient chaque jour. C’est toujours le moment pour agir. Et aujourd’hui, la Flor réagit ! Évidemment, toutes ces belles histoires du rock alternatif français ont eu une grande importance dans nos vies respectives et dans le paysage rock hexagonal, mais aujourd’hui c’est bien avec Flor del Fango que nous voulons écrire le nouveau chapitre de notre combat musical.

Que reste-t-il de toute cette époque ?

Marucha. Nous déjà !!! Mais aussi beaucoup de groupes, de structures indépendantes qui poursuivent et améliorent ce mouvement démarré il y a longtemps. Les graines ont poussé et forment de nouveaux groupes, de nouvelles énergies.

Pas de place pour la nostalgie ?

Marucha. «Nostalgie, c’est fini», disait Sven dans une de ses chansons. Il vaut mieux agir dans le présent avec l’expérience des choses apprises par le passé mais sans s’attarder dans la mélancolie… Il reste tant à faire !

Si vous deviez retenir un titre, un seul, qui symboliserait toute cette période. lequel serait-ce ?

Marucha. Oui… Napo disait hier «Mort au vaches» de Parabellum, je pense que c’est assez représentatif de cette période alternative.

Quel regard portez-vous sur la scène rock française actuelle ? La jugez-vous suffisamment engagée ?

Marucha. Comme nous le disions plus haut, les graines du mouvement alternatif ont permis a des structures comme Rage Tour (notre tourneur) de se créer et de s’épanouir, autour d’eux comme autour d’autres structures indépendantes. De nombreux nouveaux artistes reprennent le flambeau et il faut savoir le saluer.

Évidemment, il y a aussi toute une partie de la scène rock actuelle qui n’a pas emprunté cette voie engagée, mais le contexte mondial risque fort de susciter de nouvelles vocations.

Quel disque, quel artiste, squatte votre platine en ce moment ?

Marucha. J’écoute pas mal de vieux boléros et cumbias. En ce moment, j’écoute aussi les chansons de Sven à qui je pense très fort et certains de ses cd préférés qui sont assez variés…comme Gang, Can, Robert Wyatt et Los Chungitos y Lucio Battisti… !

Vous sortez un nouvel album en mars prochain, le deuxième de Flor del Fango. Sonne-t-il comme une évidence ? Comme une suite logique ?

Marucha. En fait ce deuxième album de la Flor est la suite logique du premier. La grosse particularité de ce disque est que nous l’avons enregistré il y a 15 ans après le départ d’Ana, la première chanteuse du groupe. Nous sommes donc fiers qu’il voit enfin le jour. C’est grâce au label Sabor discos qui nous a proposé de sortir «Hekatombeando» que l’on s’est réformé. Nous tenons donc vraiment à les en remercier. Actuellement, nous travaillons avec Rage Tour qui nous soutient de façon formidable sur l’accompagnement du groupe, mais ne nous arrêtons pas là, nous avançons aussi sur la composition de nouveaux titres avec nos deux nouveaux venus, Madjid et Matu… La Flor est en marche!

Le titre Hekatombeando est une petite bombe de musique rock latino entraînante et dansante à souhait. tout y est. est-ce que ça a été facile de relancer la machine, de retrouver l’osmose, d’écrire au final 12 titres pour l’album ?

Marucha. Comme je viens de dire, les 12 titres ont été écrits et enregistrés il y a 15 ans… mais l’osmose au moment de les jouer ensemble est intact, je dirais même plus intense ! Nous sommes en route pour écrire de nouveaux morceaux plus en phase avec nos envies du moment mais l’on éprouve toujours un grand plaisir à défendre les anciens titres qui sont toujours d’actualité.

Tous les morceaux qui composent l’album sonnent latino, tous sauf deux, Dans tes bras et surtout Je laisse venir qui sonne même très parigot avec l’accordéon. Pourquoi ? Que racontent-ils ?

Marucha. On a écrit «Je laisse venir» à Paris, plus précisément à Montmartre. On exprime l’amour et la gratitude que l’on éprouve pour cette ville et particulièrement pour ces quartiers populaires qui nous ont si bien accueillis. «Dans tes bras» est une chanson écrite par Sven qui parle de la seule et unique chose qui pour moi peut nous sauver ,«nous sortir du néant» comme il dit si bien : l’amour. C’est aussi sympa pour nous de chanter en français.

En attendant la sortie de l’album, on vous attend sur scène, notamment au Ferrailleur à Nantes le 17 janvier. La scène, c’est inscrit dans votre ADN ? 

Marucha. Je ne m’y connaît pas beaucoup en ADN mais le contact avec les gens, c’est la base, les fondations de notre projet et même la raison d’exister du musicien selon moi. C’est le rapport avec le monde, cette alchimie qui crée la magie. Quand la «mayonnaise prend» ,«El Duende» sort et alors la musique peut transformer nos vies. Nous avons vraiment hâte de retrouver la scène !!!

À quoi va ressembler la vie de Flor del Fango dans les mois à venir ?

Marucha. Beaucoup d’échanges, de rigolades, mais aussi de rigueur au moment du boulot. Beaucoup de voyages, de rencontres et de partages avec toutes sortes d’artistes, de musiciens, de peintres, de poètes mais surtout avec le public qu’il nous tarde vraiment de retrouver.

 Merci Marucha, merci Flor del Fango

Plus d’infos sur le groupe ici et  

Flor del Fango sera en concert à Nantes le 17 janvier, à Saint-Brieuc le 19 janvier, à Malestroit le 20 janvier, à Vaureal le 10 février, à Clermont Ferrand le 28 avril, , à Tarbes le 5 mai, à Paris le 17 mai…

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05 Jan

Résolution 2018 : Nantes s’habille rock !

Vous aimez le rock ? Alors vous allez être servis. Nantes, ville réputée sur la scène nationale et même internationale pour avoir produit quelques beaux fleurons du genre, nous offrira dans les prochains mois deux expositions et un concert unique dédiés à son histoire…

Petit quizz : qui sont ces trois personnes ? Réponse : Dominique A, Philippe Katerine et Francoiz Breut

Petit quizz. Qui sont ces trois personnes ? Réponse : Dominique A, Philippe Katerine et Francoiz Breut il y a quelques années (photo Rock! Une histoire nantaise)

Rock ! Une histoire nantaise

En 2018, on range les richelieus et le blazer, on ressort les boots et le perfecto, l’année sera rock ou ne sera pas avec plusieurs événements à l’affiche, à commencer par une exposition exceptionnelle dont on entend parler depuis quelques temps, puisqu’un appel à contribution des Nantais a été lancé il y a plusieurs mois par son commissaire Laurent Charliot. Rock ! Une histoire nantaise, c’est son nom, sera présentée au Château des ducs de Bretagne, Musée d’histoire de Nantes, du 24 février 2018 au 10 novembre 2019, 21 mois pour (re)découvrir le rock nantais des années 1960 à nos jours.

Tri Yann, EV, Elmer Food Beat, Orange Blossom, Dominique A, Tequila, Jeanne Cherhal, Dolly, Philippe Katerine, C2C, Christine and the Queens, KO KO MO, Von Pariahs, The Little Rabbits, Lenparrot, Arnaud Fradin, Elephanz, Ultra Vomit, Pegase… connus internationalement ou localement, 300 pages ne suffiraient pas pour aligner les noms qui depuis les années 60 font vivre le rock ou d’une façon plus large les musiques actuelles dans la capitale des Pays de la Loire.

L’exposition retrace cette vitalité exceptionnelle dans un parcours divisé en neuf sections chrono-thématiques, scénographié grâce notamment aux objets, photos et autres documents prêtés par les Nantais, et mis en musique. Plus d’une centaine de titres seront disponibles à l’écoute grâce à un système auditif constitué de gobelets de festival. Une immersion jusqu’au bout des oreilles !

Rock ! Une histoire nantaise est aussi un livre de Laurent Charliot, disponible en librairie le 24 février. Après La Fabuleuse histoire du rock nantais, l’auteur nous explique dans ses pages comment la ville de Nantes est passée du statut de « belle endormie » à celui de « Nantes l’effervescente ». Nous vous en reparlerons plus en détail prochainement sur ce blog.

Rock ! Une soirée nantaise

Quoi de mieux qu’un bon concert pour aiguiser l’appétit et accompagner l’ouverture de cette exposition ? Direction Stereolux le 23 février pour un voyage dans le rock d’hier et d’aujourd’hui. Au programme, plusieurs générations de musiciens qui ont fait ou font vibrer la scène nantaise, regroupés autour de trois groupes phares de la scène actuelle, KO KO MO, 20syl & Hocus Pocus et Pégase. Des gens comme Manou et Grand Lolo d’Elmer Food Beat, Roman Gaume, Philippe Ménard de Tequila, Lenparrot, Voyov ou encore Disco Anti Napoleon se relaieront sur la scène au cours de cette soirée unique en son genre.

Rock Story : L’histoire du rock

Une autre exposition d’envergure sur l’histoire du rock, bien au-delà des frontières nantaises cette fois, se tiendra durant la foire internationale de Nantes du 7 au 16 avril 2018. Sur 1600 m2 d’espace, Rock Story : L’histoire du rock offrira un parcours scénographié chronologique et thématique, présentant les différentes facettes du rock depuis les années 50 jusqu’à nos jours, depuis ses racines country jusqu’au métal, en passant par la vague punk, le rock glam ou encore le rock psychédélique. Huit espaces, autant de périodes qui ont construit le rock. Au générique, les géants que sont les Rolling Stones, Téléphone, les Who, Led Zeppelin, Pink Floyd, Queen, Bob Dylan, Elvis, Guns n’Roses, David Bowie ou Johnny Hallyday à qui bien sûr l’exposition rendra un hommage particulier.

Eric Guillaud

Plus d’infos sur Rock ! Une histoire nantaise ici, Rock ! Une soirée nantaise , Rock Story : L’histoire du rock ici

Les Sunset

Les Sunset – groupe des années 60 (photo Rock! Une histoire nantaise)

04 Jan

BIS 2018 : La scène francophone canadienne à l’honneur pour la deuxième année

L’opération s’appelle Côte à Côte et permettra une nouvelle fois de découvrir la scène musicale francophone canadienne à l’occasion des Biennales Internationales du Spectacle qui se tiendront les 17 et 18 janvier 2018 à Nantes…

© Max-Antoine Guérin

© Max-Antoine Guérin

Deuxième rendez-vous du genre pendant les Biennales Internationales du Spectacle, Côte à Côte a pour objectif de renforcer les relations et les collaborations entre les filières canadiennes et européennes par la présence d’une délégation de plus de cinquante professionnels et une soirée de concerts ouverte aux professionnels et au public.

Trois artistes sont invités à se produire dans l’auditorium 800 de la Cité des Congrès de Nantes le 17 janvier à partir de 20h30.

Au menu…

Le duo folk guitare/contrebasse Saratoga formé en 2014 autour de Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse, originaire du Québec…

Toujours du Québec, toujours dans un style folk, quoiqu’un peu plus rock, le chanteur Émile Bilodeau, considéré comme l’un des artistes en vue de la scène musicale québécoise…

Enfin, le groupe de rock un brin déjanté Les Hôtesses d’Hilaire, du Nouveau-Brunswick. Leur dernier enregistrement lui a valu une nomination comme Album de l’année dans la catégorie «Alternatif» au gala de l’ADISQ ainsi que deux trophées à l’ECMA, célèbre gala récompensant l’industrie de la musique au Canada, dont celui pour l’Enregistrement de groupe de l’année.

Plus d’infos sur Côte à Côte 2018 ici

Le groupe nantais Orange Blossom fait un carton en Turquie grâce à la série télévisée Çukur

Il en avait mis du temps à le sortir cet album. Neuf ans. Neuf longues années. Une torture pour les nombreux fans du groupe nantais. Mais depuis, Orange Blossom n’arrête plus de courir le monde avec les onze titres qui composent le très intense « Under the Shade of violet » sorti en 2014. Ce troisième album sans frontières rebondit aujourd’hui du côté de la Turquie où le titre « Ya Sidi » fait un carton depuis son passage dans la série télévisée populaire Çukur…

© Ernest Sarino Mandap

© Ernest Sarino Mandap

Plus de trois millions de vues pour un audio posté sur YouTube en novembre 2017 par la production de la série télévisée turque Çukur. C’est énorme mais tellement mérité pour le groupe qui affiche son bonheur sur les réseaux sociaux.

Depuis plus de 20 ans maintenant, Orange Blossom nous invite au voyage avec sa musique du monde ou plus justement son électro rock oriental. Dans une interview que nous avions réalisée en 2014 au moment de la sortie du troisième album, Carlos Robles Arenas, grand fan de Joy Division et Led Zeppelin, nous expliquait ses influences, ce mélange de rock, de post punk et de musique traditionnelle, ethnique, qui est la marque d’Orange Blossom :

« J’ai très tôt été baigné dans la musique, depuis le mambo jusqu’au rock en passant par la musique mexicaine d’où je suis originaire, l’electro ou encore la salsa que j’ai découvert à Cuba quand j’étais à l’école de musique. De fait, le mélange est normal pour moi, évident (…)

Pour moi la musique, c’est quelque chose qui n’a pas besoin de longue formation, d’acquis. Tu écoutes, tu aimes ou tu n’aimes pas. Chez certains groupes, le mélange peut faire collage ou trop conceptuel. Je pense que ce n’est pas évident dans leur tête. Dans la mienne ça l’est. Lorsque je compose, je fais en sorte que ce soit sincère, le plus sincère possible ».

« Under the Shade of violet » est le nom du troisième album, onze titres aux sonorités orientales, mais pas que, et surtout une nouvelle voix, exceptionnelle, envoûtante, celle d’une jeune égyptienne de 28 ans totalement inconnue en France il y a trois ans, Hend Ahmed.

Parmi les onze titres de l’album, « Ya Sidi », un pur chef-d’oeuvre du genre à vous coller le frisson pour l’éternité. La preuve avec ce commentaire laissé par un Nantais sur le compte Facebook de Carlos Robles Arenas.

« Quand vous répétiez cette chanson au hangar Cassin, tous ceux qui travaillaient là s’arrêtaient pour tendre l’oreille. Les meuleuses, les musiques, les micros, les ordis… Tout s’arrêtait. Une chape de gravité cérémonieuse imprégnait tout le bâtiment, sans que l’on sache si c’était à cause du profond respect qu’inspire cette musique profonde et habitée, ou si c’était parce que la Grâce était arrivée là par miracle, à la porte à côté de la nôtre. Je n’en connais pas le sens des mots, mais elle fait du bien ! »

Avant Çukur, le titre « Ya Sindi » avait également été choisi comme générique de la série Marseille produite par Netflix avec Benoît Magimel et Gérard Depardieu.

Plus d’infos sur le groupe Orange Blossom ici

19 Déc

One More (Christmas) Song : Quand le groupe angevin The Blind Suns nous fait cadeau d’une chanson de Noël

Angevins jusqu’au bout des ongles, américains jusqu’au bout des médiators, les Blind Suns se font le relais de ce qui est une tradition, voire une institution, outre-Atlantique et outre-Manche, la chanson de Noël. One More (Christmas) Song a le goût du rock mais une forte odeur de sapin…

Noël 2017 sera moderne et rock ou ne sera pas. On remise le 78 tours de Tino Rossi, direction la plate-forme de streaming musical la plus proche pour écouter la nouvelle chanson des Blind Suns, One more (Christmas) song, spécialement écrite pour Noël.

Et si le son ne vous suffit pas, le groupe vous a concocté un clip de derrière les sapins avec des images de leur dernier passage à Austin, Texas, où ils ont visiblement pris leurs habitudes. Romain Lejeune, le guitariste-leader du groupe nous explique tout…

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« Depuis quelques années, on avait envie de faire une Christmas Song, plus beaucoup de groupes de Rock n’en font, alors que dans les 60’s et 70’s c’était assez courant, genre les Beatles, Les Kinks pour ne citer qu’eux. Plus récemment, The Raveonettes, un groupe dont on s’inspire beaucoup a fait une Christmas Song magnifique.

Avec notre planning toujours assez chargé, l’occasion ne s’était jamais présentée mais cet hiver, en attendant de lancer la promo de notre prochain album (sortie prévue pour avril 2018), on a pris le temps de composer ce titre spontanément. Honnêtement ça a du nous prendre une journée ou deux pour l’enregistrer. On a tout de suite été très contents du résultat ».

« On voulait ensuite habiller le titre avec des images, on a d’abord pensé se filmer en studio de répétition ou autre, quelque chose de simple, mais en fouillant sur un disque dur on a retrouvé des images filmées à Austin lors de notre tournée en mars dernier pour le festival SXSW à Austin entre autres. On aperçoit deux lieux dans le clip, un pub qui s’appelle Lala’s little nugget qui est vraiment iconique à Austin, on peut l’apercevoir dans un tas de films américains. Dans ce bar, il y a des décos de Noël toute l’année, la légende est assez tragique et dit que le fils de la famille qui tenait le bar est décédé avant Noël, et que depuis ils n’ont jamais enlevé les décorations. 

Le deuxième lieu c’est le Austin Roller Rink, une piste de patin à roulette typique des années 70 aux US, on avait jamais vu pareil endroit en France, c’était super fun.

On a tout tourné tout seuls avec une petite caméra stabilisée, et les personnes qui apparaissent dans le clip sont nos amis américains, qui nous permettent de tourner et nous développer actuellement aux US, plus qu’un clip c’est un peu une photographie de notre aventure américaine du moment. Ça restera un beau souvenir à re-regarder nostalgiquement dans quelques années ».

Plus d’infos sur The Blind Suns ici

Gamble My Love Away : le nouveau clip du Nantais Gaume tourné au cinéma Saint-Joseph de Pornic

C’est l’une des plus belles voix de la Côte ouest, une voix mais aussi un sens inné de l’écriture, de la mélodie, de l’émotion. Avec son nouveau clip Gamble My Love Away, Gaume nous embarque dans l’univers feutré d’un cinéma pour une douceur folk qui convoque autant l’intime que l’universel…

Certains d’entre-vous ont peut-être découvert son visage dans l’émission The Voice en 2014 et son prénom avec son projet initial Roman Electric Band, trois albums studio, des centaines de concerts au compteur. Mais l’auteur-compositeur et guitariste, grand fan d’Elliott Smith, s’est depuis fait un nom, Gaume, avec lequel il parcourt désormais la planète rock-folk. Gamble My Love Away est son quatrième clip, le deuxième avec Ronan Lagadec à la réalisation.

De retour d’une tournée en solo en première partie de Matmatah, Gaume a posé sa guitare quelques jours à Nantes, juste le temps de nous dire quelques mots sur ce titre et ce clip.

 

© Jean-Marie Jagu

© Jean-Marie Jagu

« Ce morceau n’est autre qu’une petite ballade acoustique que j’ai composée il y’a quelques mois. Au début, je ne pensais jamais le sortir mais plutôt le garder dans mes tiroirs à chansons, voir en recycler les idées dans d’autres titres pour plus tard…

Mais au mois de septembre, nous étions en train de maquetter des titres avec le groupe et j’avais une journée de libre en plus au studio… c’est là que je me suis décidé assez spontanément à l’enregistrer.

S’en est suivi une tournée en solo en première partie de Matmatah à travers la France en novembre et l’envie est venue de sortir ce titre de façon un peu exclusive, sans album, sans Ep, juste un titre acoustique de manière spontanée à l’image de cette chanson qui reflète un peu l’esprit solo folk de cette tournée.

Et puis j’avais ces images… ces belles images que mon grand-père a filmée en super 8 tout au long des années et des réunions familiales depuis ma naissance ! À la mort de ma grand-mère, il a offert à moi et mon frère une dizaine de DVD remplis des images qui nous concernaient, une véritable mine d’or de souvenirs !

Je m’étais toujours dit, qu’il faudrait un jour en faire un clip, que ça serait un hommage à ma grand-mère, et que ça serait vraiment cool d’appeler un jour mon grand-père pour lui dire qu’il est le réalisateur de mon prochain clip ! 

Alors on a fait un montage d’images bien choisies et on y a ajouté une petite fiction, tournée dans le cinéma Saint-Joseph de Pornic, avec le réalisateur Ronan Lagadec à la baguette magique qui s’est chargé du montage final.

Je suis très content du résultat. Ce clip reflète à la fois quelque chose de très personnel mais qui peut aussi toucher chacun de nous dans son rapport à sa propre enfance ».

Propos recueillis par Eric Guillaud

Plus d’infos sur Gaume ici

18 Déc

Interview. Les Olivensteins bougent encore !

On aurait pu les croire perdus à jamais pour le rock, disparus de tous les écrans radars pour l’éternité, fiers de ne pas avoir fait grand chose et pressés de laisser travailler la légende. Mais non, Les Olivensteins ont repris du service et sortent leur premier album 40 ans après leur apparition aussi céleste qu’éphémère…

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Jamais groupe aussi éphémère n’aura peut-être autant marqué l’histoire du rock en France. Les Olivensteins débarquent sur la scène rouennaise à la fin des années 70, en 1978 précisément. Les Dogs occupent déjà le terrain depuis quelques années, viennent de sortir deux EP et s’apprêtent à publier leur premier album, Different. Pourquoi je vous parle des Dogs ? Parce que les deux groupes sortent du même moule, du label Mélodies Massacre, label mais aussi mythique magasin de musique de la capitale normande, et que l’un et l’autre vont à leur manière laisser une empreinte indélébile sur le rock des années 80.

Avec une différence de taille tout de même, tandis que les premiers chantent en anglais, les seconds balancent des textes en français qui égratignent la bonne morale de ces années-là. Fier de ne rien faire, Euthanasie, Je hais les fils de riches… Tout y passe, la société n’a plus qu’à bien se tenir…

Entre 1978 et 1980, Les Olivensteins donnent quelques concerts qui partiront parfois en vrille et participeront à faire d’eux une légende. Reformés en 2013, il reprennent la route, font quelques dizaines de concerts un peu partout, dont un particulièrement remarqué à Nantes avec les Buzzcocks, et décident de casser leur image de groupe mythique en sortant un album, oui Les Olivensteins ont enfin leur album disponible en vinyle, comme à l’époque, mais aussi en digital et en cd.

Tout ça méritait bien une interview de Gilles Tandy, chanteur leader du groupe. Un coup de fil, quelques échanges de mail, la voici la voilà, mordante à souhait…

Mais… pourquoi donc ce retour ? Vous aviez oublié de dire au revoir vous aussi ou d’éteindre la lumière, ou peut-être de dire tout le bien que vous pensez des fils de riches ?

Gilles Tandy. Il y a quasiment cinq ans, jour pour jour, j’avais donné rendez-vous au troquet en bas de chez moi à un type qui voulait m’interviewer pour Teknikart sur mes turpitudes d’antan. Evidemment, l’article n’est jamais paru. Ce jour-là, j’en avais profité pour railler ces vieilles carnes sur le retour qui reformaient leur groupe. Le résultat étant presque toujours atroce.

Le lendemain, Romain Denis (frère de Vincent et batteur de la formation originale du groupe) nous demandait à Vincent et à moi de répondre à une sollicitation d’un de ses potes pour un one-shot prévu l’été suivant lors d’un festival à Tournan en Brie (77). Eh bien, après une courte mais mûre réflexion dont la teneur n’était pas vraiment liée à des considérations musicales, on s’est retrouvé à répéter dans un local le samedi suivant. Rien n’était prémédité et j’éprouve toujours le même scepticisme à l’égard des reformations.

Sortir un premier album 40 ans après la création du groupe, ça fait quoi ?

Gilles Tandy. Comme pour n’importe quel groupe, parvenir à sortir un album procure un immense plaisir, le reste, on s’en fout totalement. Le passé des Olivensteins n’a jamais fait partie de nos préoccupations, le but n’était ni de célébrer un jubilé ni de fêter des retrouvailles en famille.

Vous aviez disparu des écrans radars, vous faisiez quoi au juste les uns les autres ?

Gilles Tandy. Après les Olivensteins, on a continué à faire de la musique jusqu’en 96, Vincent avec les Coolies et avec Eric Tandy, moi avec les Gloires Locales puis en solo accompagné par les Dogs pour l’album « La colère Monte », Vincent et moi ensemble avec les Rythmeurs puis avec Gilles Tandy et les Rustics. Ensuite j’ai totalement arrêté, tandis que Vincent avait repris avec son groupe Bring That Noise.

De nouveaux visages ont rejoint l’aventure. Vous pouvez nous les présenter ?

GIlles Tandy. On a redémarré avec la formation originale puis Didier Perini qui jouait avec Vincent Denis dans Bring That Noise nous a rejoint à la basse début 2014, ensuite Clément Lagrega a remplacé Romain Denis quand celui-ci a arrêté ; après le  départ d’Alain Royer le 2eme guitariste – qui ne jouait pas sur le 45 tours mais qui faisait partie du combo de départ…vous suivez ?- on a évolué à quatre (vx guitare basse batterie) jusqu’à l’été dernier. Outre Didier, Vincent et moi, la nouvelle formation comprend aujourd’hui Jérôme Bordage à la batterie et France Vitet, qui nous accompagnait déjà sur plusieurs morceaux du disque, aux claviers.

Musicalement, si je vous dis que cet album s’inscrit finalement dans la continuité de votre mythique 45 tours, j’ai tout bon ?

GIlles Tandy. Je pense que tu es dans le vrai, d’ailleurs, certains titres (Catalogues, Né pour Dormir et les Fils de riche) datent de la première époque, sans avoir cherché à reprendre l’histoire là où elle s’était arrêtée. C’est dans cette direction qu’on allait avant la séparation et c’est ce qu’on a continué à faire Vincent et moi avec les Rythmeurs et avec les Rustics.

c’est devenu un repère de vieux cons. Il y a même des colloques autour du punk, certes ça permet à quelques-uns de ressortir du bois avant de plonger dans la sénilité

L’esprit punk est toujours là ?

Gilles Tandy. Ça, on n’en a absolument rien à secouer, le terme punk a été utilisé à toutes les sauces ces derniers temps pour les besoins du quarantenaire d’un truc qui abhorrait les célébrations. Aujourd’hui, c’est devenu un repère de vieux cons. Il y a même des colloques autour du punk, certes ça permet à quelques-uns de ressortir du bois avant de plonger dans la sénilité, mais entendre des universitaires déblatérer sur l’influence qu’a eu ce mouvement dans la  société, il y a de quoi pisser de rire. Laissons le punk là où il s’est arrêté, ça évitera à certains de raconter tout un tas de conneries.

Est-ce que ça a été difficile de faire cet album ?

Gilles Tandy. Lorsqu’on a repris, nous avons vite compris que les standards avaient changé. Fini le temps où après avoir enregistré une maquette, tu attendais en vain l’avis éclairé du guignol d’une maison de disque. Il était clair qu’il allait falloir se prendre en main.

On a profité des subsides générés par la compile Born Bad et par les droits de  passage de « fier » et de d’ »euthanasie » dans le film « Je suis mort mais j’ai des amis » réalisé par Guillaume et Stéphane Malandrin, ainsi que du maigre pécule qui nous restait des concerts pour faire une maquette dans un petit studio parisien, puis, une fois réuni le matériel disponible, enregistrer ces dix morceaux en cinq jours de prise ; ensuite nous avons suivi le processus qui mène à la finalisation d’un album (mixage, mastering, pochette) ; jusqu’alors nous n’avions jamais pris en charge l’intégralité de la production, ça s’est avéré un peu plus long que prévu. La plupart des groupes tend à présent vers cette forme d’artisanat. En ce qui concerne le label –toute la partie fabrication, logistique, commerciale et administrative – le choix s’est vite imposé.

On retrouve la signature d’Eric Tandy (frères de Gilles, ndrlr) sur vos paroles mais pas que. Vous en signez vous aussi, en français bien sûr. C’est essentiel pour vous ?

Gilles Tandy. Je crois que ce vieux débat est clos depuis des années, pour nous c’est une question de confort.

il me semble que Bernard Tapie qui avait une approche du business autrement plus aiguisée que la nôtre n’a sorti que deux 45 tours.  Rien n’est évident dans ce milieu.

Retour en 1978. Un 45 tours, quelques concerts, quelques bagarres…. et puis bye bye. C’était un peu dur non ?

Gilles Tandy. À deux reprises, on a eu de gros problèmes avec des videurs qui étaient le bras armé d’organisateurs malveillants, ce qui était très courant à l’époque, mais Il n’y a jamais eu de bagarre pendant les concerts des Olivensteins, tous ceux qui nous suivaient peuvent en témoigner. Pour le reste, il me semble que Bernard Tapie qui avait une approche du business autrement plus aiguisée que la nôtre n’a sorti que deux 45 tours.  Rien n’est évident dans ce milieu.

Le groupe est devenu une légende dès les années 80, un groupe dont tout le monde parlait mais que finalement peu de gens avait vu ou même entendu. C’est confortable d’être une légende ?

Gilles Tandy. Nous avons toujours trouvé ça grotesque, nous préférons concourir dans la catégorie « découverte ».

Quel(s) souvenir(s) gardez- vous de ces débuts sur les scènes rouennaises et parisiennes ?

Gilles Tandy. Tout ce qu’on a vécu durant cette période est déjà relaté dans le livret de la compile Born Bad sortie en 2011;  je ne vois pas ce que je peux rajouter de plus. Ça a été une post-adolescence plutôt heureuse, j’ai d’ailleurs connu des moments très marquants avec tous les groupes dans lesquels j’ai joué.

D’autres ont certainement vécu une effervescence similaire en d’autres lieux et à d’autres époques.

Aujourd’hui,  des mères de famille fredonnent avec nous « Patrick Henry est innocent » lorsqu’on le joue mais on ne sent pas chez elles une envie soudaine d’étrangler leur môme….

On dit que vous vous êtes splité à cause de votre nom emprunté à un médecin éminent qui luttait contre la drogue et qui n’aurait pas du tout apprécié la plaisanterie. Mais je crois savoir qu’il y avait aussi toute la polémique autour du titre très provocateur « Pétain Darlan c’était le bon temps » qui n’avait pas été compris par tous de la même manière…

Gilles Tandy. Aujourd’hui, certains se focalisent sur ce titre qu’on a finalement assez peu joué parce que jugé rapidement assez mauvais. Au départ, Eric l’avait écrit en réaction aux crétins qui arboraient des croix gammées en gueulant « Anarchy » et peut être en pensant à David Bowie débarquant dans sa Mercedes décapotable à Victoria Station au printemps 76 ; de mon côté,  je me faisais une joie de pouvoir rafraîchir la mémoire des anciens ; les anglais pratiquent souvent cette forme de second degré et de dérision dans leurs chansons, mais c’est plus compliqué à faire passer en français.

Je n’ai pas souvenir de problème particulier causé par ce morceau ;  les gens dans la salle gueulaient le refrain à tue-tête avec nous sans donner pour autant l’impression d’adhérer aux thèses de la révolution nationale – Aujourd’hui,  des mères de famille fredonnent avec nous « Patrick Henry est innocent » lorsqu’on le joue mais on ne sent pas chez elles une envie soudaine d’étrangler leur môme…. je me trompe peut être ?

A de très rares exceptions, tout le monde se marrait et chacun trouvait son compte dans ce foutage de gueule général mais c’est vrai que le contexte n’était pas le même. Il n’y a pas eu de polémique à l’époque, ce n’est que bien plus tard lorsque le climat s’est alourdi qu’il a fallu remettre les choses en place, auparavant, nous n’avions jamais eu besoin de nous lancer dans une explication de texte.

En matière de provocation, on pouvait pratiquement tout se permettre, jeter de la bidoche sur le public, chanter à la gloire d’un tueur d’enfant ou de ces deux salopards, prôner l’euthanasie pour les vieux, narguer les mecs qui partaient bosser etc… ça ne portait pas à conséquence vu que notre champ d’action se  limitait à Rouen et sa périphérie et plus tard sur une partie de la Normandie

Par contre, il est exact que l’apparition des skins et des punks à chien lors nos derniers concerts annonçait un basculement des mœurs ; ces nouveaux compagnons de route plutôt encombrants couplés avec les embrouilles causées par le toubib ne nous laissaient pas des perspectives très enthousiasmantes. On a préféré arrêter les frais.

Vous le regrettez ? Jouez-vous toujours ce titre sur scène ?

Gilles Tandy. On n’était pas devins, on ne pouvait pas imaginer en 1979 que les héritiers putatifs de ces duettistes feraient deux finales et un podium à la présidentielle et que leurs idées pourries seraient si présentes au cours des décennies suivantes. Bien entendu, on ne la joue plus, on écarte la rime facile…

Et le bon médecin, il est mort ? Aucun risque aujourd’hui ?

Gilles Tandy. On n’en sait strictement rien. Nous nous sommes bien gardés de lui poser la question.

Quand même, Rouen à cette époque, Mélodie Massacre, L’Exo 7, Les Dogs, Les Olivensteins, c’était le bon temps ? 

Gilles Tandy. Heureusement qu’il y avait tout ça sinon qu’est-ce qu’on se serait fait chier à Rouen !

si l’écoute des chansons des Olivensteins permet à certains de repousser l’arrivée d’Alzheimer, c’est tant mieux

Ça vous arrive d’être nostalgique ?

Gilles Tandy. Le rock devient une affaire de vieux, c’est indéniable et si l’écoute des chansons des Olivensteins permet à certains de repousser l’arrivée d’Alzheimer, c’est tant mieux, mais tous ces mecs qui s’épanchent sur leur jeunesse perdue, ça me gonfle prodigieusement. Je n’ai pas encore l’incontinence d’un ancien combattant, ni l’éloquence d’un conteur.

Que reste-t-il de toute cette époque ?

Gilles Tandy. Quelques paquets de disques achetés au cours ces années, bien lourds à trimbaler lors de mes déménagements successifs.

Je vous ai vu sur scène à Nantes à l’occasion de l’événement « Fils de punk » organisé pour les 40 ans du mouvement punk. J’ai été très agréablement surpris par votre concert, très carré, très pro. C’était un concert important pour vous ?

Gilles Tandy. On a une forte connexion avec cette ville. Nous y avons joué dès 1983 avec les Rythmeurs et ensuite à plusieurs reprises avec les Rustics dont deux membres-Philippe et Jean Michel Daniau (Leo Seeger) étaient nantais. Ce concert nous tenait spécialement à cœur ; aujourd’hui, ça reste pour moi un moment particulier car c’est malheureusement la dernière fois que j’ai pu croiser mon ami Vincent Twistos (guitariste des Elmer Food Beat disparu cet été).

Le public est aujourd’hui plus avisé, les nouvelles générations ont amené une technique et un savoir-faire qu’on n’avait pas à l’époque, on ne peut plus se contenter de faire n’importe quoi. Sur scène, on s’efforce d’être généreux et à l’usure, on a fini par se mettre en place musicalement, on y gagne en sérénité.

Quel regard portez-vous sur le rock aujourd’hui ?

Gilles Tandy. Je n’ai pas un avis bien tranché là-dessus et la position du vieux sage qui ramène sa fraise ne me sied pas vraiment.

Je viens d’écouter « Brutalism » l’album de Idles c’est pas mal ; le chanteur a fondu les cendres de sa maman dans un tirage limité ; voilà une pièce qui pourrait trôner dans les conventions du disque au côté du 45 t des Olivensteins.

Quels sont vos projets ?

Gilles Tandy. Continuer à en profiter. On aimerait pouvoir jouer un maximum et de préférence, dans des endroits où on n’a pas encore mis les pieds, et qui sait ne pas traîner trente-neuf ans pour enregistrer un nouvel album…

Propos recueillis par Eric Guillaud le 17 décembre 2017

Plus d’infos sur les Olivensteins ici

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17 Déc

Les Rockeurs ont du coeur 2017 : une 30e édition chaleureuse

Froid dehors, bouillant dedans. Il aura fallu un peu de courage aux quasi-deux mille personnes sagement alignées devant l’entrée de Stereolux à Nantes dès le milieu de l’après-midi. Deux bonnes heures d’attente, parfois plus, par un froid transperçant. Mais ce petit désagrément fut très vite compensé par les cinq heures de folies musicales offertes pas des rockeurs au grand coeur…

© éric guillaud

© éric guillaud

Froid, froid, froid. Une longue très longue file d’attente s’étirait tranquillement depuis l’entrée de la salle de concert jusqu’au pont Anne de Bretagne hier à 19h00, près de deux mille personnes qui tentaient de se réchauffer par tous les moyens, certains imitant dans leur posture les manchots empereur, d’autres sautillant sur place en chantant « Quand te reverrai-je ». Et les décibels balançés par le DJ d’accueil n’y changeaient pas grand chose, l’important pour tous était de se mettre au chaud, non sans avoir déposé à l’entrée de la salle Stereolux le précieux jouet acheté pour l’occasion.

Et cette année encore, tout le monde a magnifiquement joué le jeu. Peluches, poupées, boîtes de Playmobil ou de peinture… De nombreux enfants afficheront un grand sourire à Noël grâce à cette opération de solidarité lancée il y a maintenant 30 ans.

Un esprit de fête et de solidarité

Froid dehors mais chaud, très très chaud, à l’intérieur. Près de 1700 personnes ont finalement pu entrer dans Stereolux. 1700 personnes, des dizaines d’artistes, techniciens et bénévoles tous réunis dans un identique esprit de fête et de solidarité.

Les Nantais Voyou et Leo Seeger ont ouvert la soirée suivis de Moongaï et de l’extraordinaire Rover qui a fait chavirer le public avec sa voix extraordinaire de souplesse, son charisme incroyable, et un set électro inattendu et de très grande classe.

Carton plein également pour le duo Das Kinø, lui aussi nantais, qui a délivré sa pop électro sensuelle dans une salle micro archi-bondée, surprise et conquise.

Je coupe le son…

Mais le seuil de température maximal a été atteint un peu plus tard dans la soirée avec la réunion sur le même plateau de trois grandes figures de la chanson française, Dominique A, Jeanne Cherhal et l’incorrigible Phlippe Katerine.

Ensemble ou en solo, ils ont repris quelques-uns de leurs titres accompagnés par La Secte humaine, une formation puissamment rock réunissant d’anciens membres des Little Rabbits et French Cowboy.

Particulièrement attendu depuis le buzz provoqué par son passage au Tonight Show de Jimmy Fallon aux Etats-Unis, Philippe Katerine n’a pas joué Moustache mais il a embrasé la salle maxi avec notamment La Banane et Louxor j’adore repris en coeur par un public déchainé.

La Maison Tellier pour finir en beauté

Fin de soirée avec le groupe Iena Vox qui fît les belles heures de l’électro nantaise dans les années 80 et se reformait pour un concert exceptionnel ce soir, puis avec les Rouennais de La Maison Tellier qui achevaient ici-même leur tournée « Avalanche » entreprise il y a plusieurs mois.

Eric Guillaud

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