15 Jan

EXCLU. Yeggmen : le trio rock nantais sort son premier album et offre à Supersonikk une magnifique version live de You Are Lost

Ils en parlent depuis plus d’un an, autant dire qu’il est pour le moins attendu, tant par eux que par nous, le premier album des Yeggmen sera finalement dans les bacs le 19 janvier. Au menu, huit titres qui célèbrent l’union du rock, de la pop et de l’électro. À la rédaction web de France 3 Pays de la Loire, on s’est dit que ça valait bien une interview…  et même plus si affinité.

Matthias, Solfia et Fred des Yeggmen © éric guillaud

Et affinité il y eut. Non seulement, nous avons pu rencontrer Fred, Matthias et Sofia pour leur poser quelques questions mais ils ont qui plus est accepté de nous jouer live un des huit morceaux de leur premier album baptisé Together in the Fulness of a solar System, disponible le 19 janvier. Il s’agit de You Are Lost, une histoire d’amour contrariée filmée en exclu par et pour Supersonikk…

C’est dans les locaux de Trempolino à Nantes que nous avons retrouvé le trio, en pleine répétition pour la release party à venir au Bar à Sons au Pannonica. On vous les avait déjà présentés ici-même à l’occasion de la sortie de leur premier clip il y a quelques semaines. Yeggmen c’est qui c’est quoi ? Réponse ici et maintenant…

Matthias. Yeggmen, c’est un trio qui existe depuis bientôt deux ans. Un projet plus électro que notre groupe précédent I’M 7teen.

Vous venez de Paris. Pourquoi avoir choisi Nantes pour rebrancher les jacks ?

Fred. Au départ, on voulait surtout quitter Paris. Il fallait bien aller quelque part, on a entendu parler de Nantes. J’avais des copains musiciens qui vivaient là et qui m’en avaient dit le plus grand bien. Grosse énergie, scène pop assez pointue… Du coup, on a remonté le groupe sur Nantes.

Vous sortez tous les trois du conservatoire avec une formation classique. Pourquoi ce virage vers les musiques actuelles?

Fred. Parce qu’on adore tous les trois l’énergie du rock. Il y a quelque chose qui se passe sur scène et qui va bien au delà de la partition. Le rock permet d’exprimer beaucoup de choses.

Matthias. Dans le classique, il faut avant tout être un bon exécutant. Dans le rock, il faut mettre ses tripes. C’est ça qu’on aime, qui nous rassemble et qui fait que ce projet est là aujourd’hui.

J’ai lu à votre propos certaines comparaisons avec des artistes comme Ghinzu, Nick Cave, Damon Albarn ou encore Depeche Mode. Vous êtes d’accord avec ça ? Ce sont vos influences premières ?

Fred. C’est un peu plus large. En fait, si on voulait vraiment donner notre base, il faudrait prévoir une longue interview. Déjà, il y a le classique qui est toujours là. Je pense qu’on peut le retrouver dans les harmonies. J’adore Fauré par exemple. il a des démarches harmoniques qui sont hyper belles et ça, ça peut se retrouver dans n’importe quel style musical. Et puis dans le domaine de la pop, du rock et de l’électro, on aime beaucoup Liars qui est parti dans un trip très électro, on écoute aussi beaucoup de Côte ouest, de shoegaze. On pourrait ajouter Radiohead. Ce groupe a toujours été pour moi une référence en terme de compo, de son, de liberté artistique.

Matthias. On a forcément des références qui sont plus présentes que d’autres mais c’est vrai aussi qu’on est des éponges. On absorbe tout ce qu’on écoute et on le met au service de notre musique.

Sofia. Quand on compose, on ne se dit jamais qu’on va faire comme eux. On fait !

Fred. Oui, et on n’analyse pas !

Il y a un an, début 2018, vous annonciez déjà la sortie de votre album. Finalement il sort en 2019. Que s’est-il passé ?

Sofia. C’est long de faire un album. On a commencé à maquetter, à enregistrer, après on a manqué de sous, on a donc lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule., il a fallu encore mixer et masteriser. Et quand tout ça fut fait, il fallait encore préparer la sortie de l’album… C’est énormément d’étapes.

Cette fois, c’est bon. Il est sur le point de sortir. Il s’appelle Together in the Fulness of a solar System. Vous vous sentez comment ?

Fred. On fait tourner les chansons depuis un moment maintenant, on les connaît bien, très bien, mais le fait que l’album sorte concrètement est assez excitant en fait !

Huit titres, un mélange de pop et de rock sur un lit d’électro. A l’arrivée, est-ce que l’album ressemble à ce que vous imaginiez, espériez, rêviez ?

Matthias. Complètement. On est hyper satisfaits de l’album et prêts à le défendre à fond. On adore jouer ses morceaux mais on pense aussi à la suite et on a déjà pas mal de nouveaux titres en stock.

Comment naît un morceau comme You are lost ?

Fred. Pour celui-ci en particulier, il était tard, nous étions isolés dans la dernière maison du dernier hameau avant la forêt d’un trou paumé en Bourgogne et on jouait en impro…

Matthias. …et heureusement on avait laissé tourner l’enregistreur. Car le lendemain, à la réécoute, on s’est dit qu’il fallait vraiment en faire quelque chose.

Fred. À partir de l’impro, on a donc travaillé les parties et construit le morceau.

Que nous raconte ce titre et d’une façon générale que raconte l’album ?

Fred. Dans cet album, le thème de l’être aimé et perdu revient beaucoup. Le thème de la nature aussi. You Are Lost parle d’un amour avec une incapacité à le vivre dans le concret.

Premier album mais pas première scène. Où vous sentez-vous le mieux et pourquoi ?

Sofía. On aime les deux. Jouer en live, c’est tout de suite, c’est l’énergie. Le studio, on se pose, ça peut être plus artistique, on va aller plus loin que ce qu’on peut faire sur scène.

Fred. Si je devais choisir entre les deux, je choisirais la scène quand même mais c’est vrai que l’un nourrit l’autre.

Matthias. Moi, je ne suis pas toujours particulièrement à l’aise sur scène mais pourtant j’aime ça. Et c’est hyper formateur. En studio, on est plus dans notre bulle, à essayer d’aller plus loin dans les sons. Sur scène, on est tout nu et il faut apprendre à gérer cette nudité avec les gens. Ce n’est pas toujours facile pour moi. je dois être un peu maso…

Vous fêterez l’album le 19 janvier au Bar à Sons au Pannonica à Nantes. C’est un moment important pour vous je présume ? Et après ?

Fred. Assez oui. Et après on enchainera les dates. On jouera au Ferrailleur à Nantes le 31 janvier, puis dans un endroit qui s’appelle Aux Anges en Bretagne, au café de la gare à Ancenis et dans les festivals de l’été…

Yeggmen c’est pour la vie ?

Matthias. Je dirais que Yeggmen, c’est comme la vie. On ne sait pas combien de temps ça durera mais tant qu’on est là…

Merci Fred, Matthias et Sofia

Propos recueillis par Eric Guillaud et Lola Marotte le 11 janvier 2019. Plus d’infos sur le groupe Yeggmen ici

14 Jan

Purpulse : un nouveau clip pour accompagner l’album Reset

Il est de Châteaubriant et joue depuis 2014 dans la catégorie rock. Histoire d’accompagner en images la sortie de son album Reset, le trio a tourné et partagé un nouveau clip peu avant Noël. Maintenant que la dinde et les marrons sont digérés, on peut passer aux choses sérieuses. L’année 2019 sera rock et purpulsienne…

© Louise Pasquier

On efface tout et on recommence ? Non, il a beau porter le nom de Reset, ce nouvel album s’inscrit dans la continuité du précédent Red Moon Wave. Du rock sans bavure et sans esbroufe qui secoue les platines et agite les scènes d’ici et d’ailleurs. A l’occasion de la sortie de leur album, les Purpulse nous parle de ce nouveau clip tourné dans un château. Hanté ?

« Nous avions l’idée de faire un clip par nos propres moyens depuis un petit moment déjà. Nous avons donc profité d’une date de concert à Bordeaux en novembre dernier pour nous lancer dans la réalisation d’une première vidéo. Nous nous sommes arrêtés la veille du concert dans le Périgord. Le tournage s’est déroulé dans un château où nous avons filmé plusieurs plans fixes. Nous avons ensuite tous les 3 pris la caméra, à tour de rôle, pour faire des plans-séquences ».

« Toute la réalisation, le montage, les effets ont été produits par nous-mêmes et c’était très intéressant à faire. Nous allons donc réaliser d’autres vidéos dans le même esprit très rapidement pour continuer à promouvoir notre nouvel album RESET sorti le 21 décembre dernier sur toutes les plateformes de streaming (Spotify, Deezer, …) ».

Eric Guillaud

Plus d’infos sur le groupe ici. Pour découvrir Purpulse en live, direction Issé (44) le 16 mars pour la Saint Patrick , Châteaubriant (44) pour le festival de la Rue Râle les 5 & 6 avril, Lopehret, près de Brest (29) pour le festival Unis-SonS le 20 avril…

20 Déc

DÉCOUVERTE. V’Nuss, une voix soul dans un univers pop-rock

Elle a été biberonnée à la musique tous azimuts, depuis le gospel jusqu’au hip hop, en passant par le reggae, le folk, le zouk ou le RnB. Et ça se sent même si aujourd’hui Vanda-Vanessa Selmar alias V’Nuss a choisi son camp, un rock aux accents pop. La jeune femme installée à Gorges en Loire-Atlantique vient de sortir un premier album avec le groupe nantais Coloma and the K. Interview…

V’Nuss est née et a grandi sur l’île de Saint-Martin avant de rejoindre les Pays de la Loire. Depuis, la jeune-femme a multiplié les expériences musicales et affûté sa voix, une voix joliment soul qui surprend agréablement dans l’univers pop-rock qu’elle défend aujourd’hui à travers l’album So Far From the Mirror

Vous avez choisi un nom de déesse et pas n’importe lequel, V’Nuss. L’amour, c’est quelque chose que vous aimez chanter ?

V’Nuss. Le nom V’Nuss est inspiré par la contraction de mon prénom composé (Vanda-Vanessa), mais Vénus est également depuis la nuit des temps celle qui engendre les civilisations, donc donne l’image d’une femme forte, Je n’ai pas choisi ce nom pour l’amour mais plutôt pour l’image qu’il renvoie. Selon Cicéron, il existerait quatre Vénus, d’où ma diversité musicale.

Hip hop, reggae, folk, zouk, R&B… vous avez été biberonnée à tous les styles musicaux imaginables, vous avez une voix soul, mais votre premier album est plutôt teinté rock. Pourquoi ce choix ?

V’Nuss. Grâce à mes origines, j’ai été bercée par tous les styles, Saint-Martin est un vrai carrefour culturel et musical, Si aujourd’hui mon cœur penche vers le rock c’est d’une part pour me démarquer et sortir des clichés « Caraïbes = musique du soleil ou musique Caribéenne », et surtout parce qu’après m’être longtemps cherchée je me retrouve dans ce style.

Vous êtes effectivement originaire de Saint Martin, dans les Antilles. On écoute beaucoup de rock là-bas ?

V’Nuss. À St Martin/Sint Maarten, on écoute vraiment de tout même si le rock n’est pas aussi réputé qu’ic. J’ai fait mes premières découvertes grâce à des amis d’amis qui arrivaient de Métropole ou des États-Unis et grâce aussi à certaines radios (les groupes Link’n Park, Red Hot Chili Peppers …).

Le chant et les paroles c’est vous, la musique c’est Coloma and the K, un groupe nantais. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

V’Nuss. Après avoir sorti mon Ep fin 2017, j’ai eu envie de me lancer dans un nouveau projet. J’ai alors décidé de faire appel à des auteurs-compositeurs en passant une annonce sur un site de musique. Bernard Coloma, alors en quête d’une voix pour un projet identique, a répondu à mon annonce. Nous avons échangé longuement ensemble sur l’attente de chacun puis petit à petit le projet est né. Bernard est auteur-compositeur de l’album et j’en suis l’interprète. Certains textes ont dû être retravaillés par mes soins afin qu’ils me collent plus à la peau car ils étaient déjà existants et écrits pour être chantés par un homme.

Entre votre univers et celui de Bernard Coloma, ça sonnait d’emblée comme une évidence ?

V’Nuss. En effet, la plume de Bernard se situe entre le fantastique et la poésie. Et cette façon qu’il a de pouvoir parler de faits actuels de manière imagée tout en gardant une part de légèreté grâce aux couleurs de la folk, du blues et cette guitare saturée m’a tout de suite fait tilt.

Avez-vous le sentiment que cet album vous ressemble au final ?

V’Nuss. Oui, tout à fait ! Comme je le dis souvent, je suis une artiste qui ne veut pas être cataloguée, je refuse d’être mise dans une case. Je fais la musique que j’ai envie sur le moment, peu importe le style. Il s’avère que j’adore le rock car il me procure beaucoup de bien être et de lâcher prise, mais je me ne voyais pas faire un album purement axé sur le rock et j’avais envie d’y ajouter d’autres sonorités, briser un peu plus les codes.

Quelles ont pu être vos influences pour ce premier album ?

V’Nuss. Au premier abord, je ne voulais justement aucune influence. Pour se faire je m’étais mise comme dans une bulle, nous avions une ligne conductrice « 70’s rock », Mais inconsciemment j’ai pu faire ressortir quelques influences telles que Avril Lavigne à ses débuts, Skunk Anansie…

Quel album tourne en boucle sur votre platine en ce moment ?

V’Nuss. Alors, je n’écoute pas en boucle un album en particulier, J’aime plutôt découvrir les nouveaux talents de la scène émergente et peu importe le style, Mais j’ai mes petits coups de cœur comme le chanteur franco-britannique Jon Norris et ses morceaux black roses et Cigarette burn.

V’Nuss est un projet solo. Pourtant, vous avez toujours joué en groupe, hier avec Diamond’Z D.N.A et Acoustik’ment Vôtre, aujourd’hui avec Coloma and the K. Pourquoi ? C’est plus confortable, plus rassurant pour vous ?

V’Nuss. Les Diamond’z n’était pas un groupe mais un collectif pluridisciplinaire avec differentes individualités qui se complétaient. Acoustik’ment Vôtre était un duo guitare voix de reprise ou j’évoluais quand même en solo accompagné d’un musicien. Et Coloma and the K a conçu et enregistré l’album, c’est donc tout naturellement qu’il partage avec moi l’affiche sur l’album. En tout état de cause, le confort vient du fait d’être accompagnée de musiciens sur scène, ce qui me procure encore plus de plaisir. Raison pour laquelle je suis actuellement en pleine formation de mon Band.

L’album est sorti il y a quelques jours maintenant. À quoi devrait ressembler l’agenda de V’Nuss dans les semaines à venir ? Concerts, promo… ?

V’Nuss. En effet, l’album So Far From The Mirror est sorti le 23 Novembre dernier, nous sommes actuellement en pleine promo (radio…). Nous avons depuis fait quelques dates en version électro-acoustique afin de présenter l’album, d’autres dates arrivent mais nous sommes encore en pleine recherche de prestation cette fois-ci avec le groupe que nous sommes en train de monter dans le but de viser les festivals, salles de concert…

Propos recueillis par Eric Guillaud le 19 décembre 2018

Plus d’infos sur V’Nuss ici

30 Nov

People To Take Care Of : Le Lavallois Quentin Sauvé nous dévoile un second extrait de son album à sortir en février

À quelques semaines de la sortie de son premier album solo, Whatever It Take, le Lavallois Quentin Sauvé nous en offre un nouvel extrait avec le titre People To Care Of et un clip tourné au centre d’art Les 3 CHA de Châteaugiron en Ille-et-Vilaine…

© Florian Renault

De ce premier album attendu pour le 1er février et baptisé Whatever It Take, Quentin Sauvé nous en a proposé un premier extrait il y a un petit mois, un titre mélancolique et un clip bouleversant à découvrir ici. Il est de retour avec un deuxième extrait et un deuxième clip tourné dans les conditions du live. Il nous les présente maintenant…

« People To Take Care Of » est une chanson sur mes grands-parents (qui étaient également dans mon premier clip « Dead End ») et la maison de famille à la campagne dans laquelle nous avons passé beaucoup de temps ».

« Avec mon précédent projet, j’ai déjà écrit sur les gens que j’avais perdus par le passé et quand j’ai commencé à travailler sur cet album, je me suis dit que dans l’hypothèse où mes grands-parents venaient à disparaître, ce serait trop dur pour moi d’écrire sur ce sujet ».

« J’ai donc décidé de le faire tant qu’ils sont encore là, écrire de façon positive cette fois et en me disant de leur rendre plus souvent visite et de m’occuper plus d’eux ».

« À propos de la session à proprement parler, c’est la première fois que je travaille avec le collectif « Voyons Voir » qui m’a été présenté par mon ami Joris qui a enregistré et mixé la session. Je suis très content qu’ils aient trouvé cette sorte de château qui peut ressembler quelque peu à la maison de famille évoquée dans les paroles ».

Plus d’nfos sur Quentin Sauvé ici

08 Nov

Personal Jesus : quand KO KO MO reprend le tube interplanétaire de Depeche Mode

C’est l’un des titres les plus connus et les plus rock de Depeche Mode. Le célébrissime duo nantais KO KO MO en a fait une reprise survitaminée, immortalisée il y a quelques mois dans un clip tourné sur la scène du théâtre Graslin à Nantes et aujourd’hui gravée sur un 45 tours. De quoi nous redonner la foi ?

© Jean Marie JAGU

De quoi nous redonner la foi dans le rock bien sûr. Qui a osé dire qu’il était mort ? Depuis une pincée d’années maintenant, K20 à ma gauche et Warren à ma droite prouvent le contraire avec une batterie explosive, une guitare incandescente, une voix extraordinaire, une énergie de fou et un talent de dingue.

Après un premier album, Technicolor Life, beau comme un tatouage, pas loin de 150 concerts en France et autour, KO KO MO s’offre une petite récréation avec cette reprise de Personal Jesus, l’un des morceaux les plus célèbres du groupe Depeche Mode. Pour connaître le pourquoi du comment et surtout le comment du pourquoi, nous nous devions d’interroger nos deux musiciens nantais. Interview…

Personal Jesus a été repris des milliers de fois à travers la planète. C’est un succès planétaire vieux de 30 ans. Pourquoi avoir repris ce titre ?

K20. Nous n’avions pas de cover dans notre répertoire et ce titre nous tenait à cœur depuis un moment. Warren le jouait déjà en solo en intro de café concert, nous l’avons donc réarrangé tous les deux avec la patte KO KO MO.

Justement, reprendre un morceau c’est une chose mais y coller sa patte en est une autre. Est-ce que ça a été facile ?

K20. Jouer, travailler et arranger des morceaux ensemble n’a jamais été très compliqué, nous sommes très complémentaires et avons souvent les même goûts, la même approche sur les compos et arrangements donc ça va. Ce qui n’a pas été facile pour nous, c’est de se dire… « Nous allons faire Une Reprise » ??!!??

Ça n’a pas été un choix direct pour nous, ce n’est pas un truc que l’on voulait faire à la base. Le fait de faire une cover c’est super, mais pourquoi ? Tout le monde fait ça !! Mais l’idée de mettre sa touche sur une chanson ou un morceau que tout le monde connait, ça permet de faire découvrir son univers et sa singularité à travers celui ci.

Au-delà du titre Personal Jesus, que représente Depeche Mode pour vous ?

K20. Nous pensons que ce groupe est intemporel et qu’il a marqué et marquera plusieurs générations.

Le 45 tours sera bien évidemment disponible en vinyle. On connaît votre passion pour ce support. Vous en avez quoi ? plusieurs milliers ? D’où vous vient cette passion ?

K20. J’ai cette passion du vinyle depuis plusieurs années, ça a commencé en 1995 avec les vinyles de mon Papa et le virus m’est venu… J’en ai plus de 3000 aujourd’hui. Le vinyle est non seulement un disque, mais aussi un objet, une image, une pochette, une œuvre d’art quelque part.

Warren. Vers l’âge de 12 ans, j’ai demandé à mon papa d’installer la platoche qui dormait dans le grenier et, depuis, il ne se passe plus une minute sans qu’un disque tourne, sinon c’est l’angoisse. Il y a des disques qu’on peut écouter 1000 fois sans se lasser. C’est plus qu’un objet, on est carrément dans le culte.

Promo, concerts… Vous n’arrêtez pas depuis des mois pour ne pas dire des années. Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

K20. C’est vrai que nous avons la tête bien dedans depuis un moment et, qu’en plus , nous sommes dans les mixes du deuxième album. Mais nous n’allons pas nous en plaindre, c’est tellement passionnant !

C’est effectivement notre métier aujourd’hui, mais tellement enrichissant et, en plus, nous vivons dans une agréable ville qui permet de bien nous ressourcer à chaque retour de voyages ou tournées. 

Un 45 c’est très bien, un 33 c’est encore mieux, c’est pour quand le deuxième ?

K20…. Printemps 2019 🤪

Merci K20, merci Warren

Le 45 tours Personal Jesus est en vente sur le site de KO KO MO à partir du vendredi 9 novembre. Attention, seulement 500 copies disponibles.

Propos recueillis par Eric Guillaud le 07 novembre 2018

03 Nov

Dead End : le bouleversant premier clip du Lavallois Quentin Sauvé

Quentin Sauvé n’est pas vraiment un inconnu du côté de Laval. Bassiste du groupe de post-hardcore Birds in Row, il s’apprête aujourd’hui à sortir son premier album solo Whatever it Takes. Ça c’est pour le 1er février 2019. Dans l’immédiat, il nous en offre un avant-goût de toute beauté avec le titre et le clip Dead End partagés sur les réseaux sociaux et plateformes de streaming ces jours-ci…

© Florian Renault

Ceux qui le connaissent à travers les productions de Birds in Row seront forcément surpris. Par sa voix d’abord, une voix posée, claire, puissante. Par la musique ensuite. On baisse le son, on met de côté les influences punk hardcore à la Converge pour se tourner vers des sonorités plus folk convoquant Bon Iver. Par son univers, profondément mélancolique dans ce premier titre, plus lumineux nous promet-on dans les prochains. Et enfin par ce clip, une petite merveille réalisée par Ananda Safo, dans lequel Quentin a mis en scène ses propres grands-parents. Ils sont très âgés mais dégagent quelque chose de beau et profond qui doit s’appeler l’amour.

Quentin Sauvé nous explique…

« Dead End parle du plaisir de rester seul chez soi, sans voir personne. J’ai toujours su que ce serait le premier morceau de l’album. C’est une sorte d’introduction, courte et sans détour, plutôt pessimiste, mais qui sera suivie de morceaux plus lumineux. Un peu comme le mur de briques de la pochette, que l’on va démolir au fur et à mesure de l’album pour voir ce qu’il cache. Le clip est plus représentatif de l’ensemble de l’album. On y voit mes grands-parents, et des images tirées de souvenirs de famille. D’un côté, ma grand-mère, pensive, sachant la fin proche et se sentant un peu inutile, se remémore de bons moments. De l’autre, mon grand-père qui essaie de lui acheter le même bouquet de fleurs que celui de leur mariage, et qui finit par le fabriquer lui-même avec du papier. Ce sont en quelques sortes deux facettes de ma personnalité ».

Plus d’infos sur Quentin Sauvé ici

Eric Guillaud

09 Oct

DÉCOUVERTE. The Slow Sliders surfe sur la pop tranquille

Ils sont nantais d’adoption mais brestois de naissance, quatre potes qui se sont rencontrés sur les bancs de l’école et ont décidé un beau jour de se lancer dans la musique sous les couleurs de The Slow Sliders. Ils viennent de sortir leur premier album Glissade tranquille chez Kythibong. Rencontre…

© Magad’ (Gavotte Misaine)

On le compare – trop? – souvent à Mac DeMarco, la coqueluche de l’indie pop à la cool. Il y a de ça très certainement. Mais The Slow Sliders n’a pas attendu que le nom du musicien américain soit sur toutes les lèvres pour affirmer son style, tranquille.

Un rythme posé, des guitares sous effet, une voix lointaine, flottante, et des mélodies finement ciselées qui s’invitent dans votre cerveau droit pour ne plus jamais en sortir, c’est la marque de fabrique du groupe aujourd’hui installé à Nantes.

Mais ne vous fiez pas aux apparences, derrière cette nonchalance de circonstance se cachent quatre musiciens qui ne sont pas venus jusqu’ici pour faire de la figuration. En huit ans, Gwen (guitare solo), Clovis (batterie), Victor (chant et basse) et Axel (guitare rythmique) ont acquis l’expérience nécessaire pour envisager aujourd’hui de voir plus loin, tourner à l’étranger et surtout enregistrer un premier album. Il s’appelle Glissade tranquille, huit titres qui brillent par leur écriture et leur tonalité à la fois mélancolique et lumineuse.

Nous avons rencontré Gwen et Clovis par un jour un peu triste, un peu gris, pas très loin de leur studio de répétition, pas très loin non plus de la salle de concerts nantaise Stereolux où le groupe se produira le 20 octobre. Nous avons évoqué l’album, les influences du groupe, les textes, Mac DeMarco et même la chanson Yesterday. Interview ici et maintenant…

Plus d’infos sur The Slow Sliders ici

Plusieurs dates à vernir pour voir et écouter The Slow Sliders : le 18 Octobre à l’Échonova à Saint-Avé, le 19 Octobre au Portobello à Caen, le 20 Octobre à Stereolux à Nantes, le 22 Octobre à l’Expression libre à Troyes, le 23 Octobre au Point Éphémère à Paris, le 24 Octobre à Fuzz’Yon à La Roche-sur-Yon, le 26 Octobre à L’avant-Scène à Bordeaux, le 22 Décembre à l’Espace Glenmor à Carhaix…

02 Oct

She’s The One : un clip inédit des Ramones pour les 40 ans de l’album Road To Ruin

Et hop, un petit clip tout droit sorti des tiroirs de la maison de disque Rhino pour fêter comme il se doit la parution d’une édition spéciale du quatrième album des Ramones, Road To Ruin, à l’occasion de ses 40 ans. Oui, déjà ! Au programme : une version remasterisée de l’original, le mix ‘40th Anniversary Road Revisited’, un live inédit enregistré au Palladium de New York en 1979, et plein d’autres extras, rares et indispensables.

Les inconditionnels des Ramones reconnaîtront les lieux de l’enregistrement, une cave déjà utilisée pour le clip Don’t Come Close.

28 Sep

Immortels : une chanson de Dominique A sur l’album posthume d’Alain Bashung

Elle s’appelle Immortels et a été écrite par Dominique A pour Alain Bashung à l’époque de l’album Bleu Pétrole. Finalement non retenue, elle est dévoilée aujourd’hui sur les plateformes de streaming et de téléchargement en prélude à la parution en novembre de l’album posthume En Amont

© MaxPPP – Jean-Christophe Bott

« Je ne t’ai jamais dit mais nous sommes immortels / Pourquoi es-tu parti avant que je te l’apprenne ? / Le savais-tu déjà? Avais-tu deviné ? / Que des dieux se cachaient sous des faces avinées »

Troublantes, émouvantes et si belles, les paroles d’Immortels chantées par Alain Bashung prennent une autre dimension. Dominique A, qui l’avait écrite pour Alain Bashung à l’époque de l’album Bleu Pétrole, l’avait finalement reprise à son compte « pour lui donner quand même une existence », déclarait-il au journal Les Inrocks en 2009. Si l’interprétation de Dominique A était déjà un petit bijou, Bashung, on le découvre aujourd’hui, se l’était complètement appropriée au point d’en faire un joyau. « Il l’a travaillé longtemps. Pour moi, c’était la chanson de Bashung ».

L’album posthume En Amont est annoncé pour le 23 novembre chez Barclay avec dix autres titres sélectionnés par la musicienne et productrice Édith Fambuena et sa veuve Chloé Mons qui écrit : « Pour Alain, un album est un grand terrain d’aventure et d’expériences où il faut essayer, oser, se tromper, aller jusqu’au bout du doute, et parfois trouver. Des variations multiples et une tentative d’explorer l’infini à sa manière… ». Et de conclure : « En résulte un album qui lui ressemble à cent pour cent, où l’on retrouve son amour du rock’n’roll, passant entre autres par les belles et subtiles brutalités de Gene Vincent et d’Alan Vega, mais aussi son lyrisme si singulier et son amour pour la langue française qu’il aimait tant réinventer. J’espère que vous l’aimerez ». C’est bien parti pour !

Eric Guillaud

25 Sep

DÉCOUVERTE. JUMAï, le rock pour toute croyance !

Ils sont quatre, ont tous 25 ans mais déjà une belle expérience au bout des doigts, quelques concerts ici ou là, une participation au festival texan South by South West et deux EP dont le dernier, Silent Blue Day, est attendu pour le 12 octobre. Rencontre avec le groupe angevin JUMAï…

Océane au chant, Elliot à la guitare baryton, Jérémy à la guitare, Josselin à la batterie, voilà pour le line up de JUMAï, quatre fêlés de musique qui se rencontrent sur les bancs du Lycée Léonard de Vinci à Montaigu et décident de monter un groupe.

Nous sommes alors en 2016. Deux petites années plus tard, JUMAï s’est fait un nom sur la scène angevine avec un style bien à lui, de l’indie tendance « Mystic pop » qui oscille entre le calme et la tempête avec des guitares à la rage contenue, une petite touche électro et une voix féminine envoûtante aux accents mystiques.

En attendant la sortie de son deuxième EP, Silent Blue Day, le groupe vient de partager un nouveau clip sur les réseaux sociaux, Loneliness. Interview…

Jumaï, c’est qui c’est quoi ?

Océane. JUMAï, c’est 4 musiciens et amis qui ont décidé de mettre en commun leur gout pour la musique ! 

Josselin. C’est l’écho mystique de l’influence de la pop et du psyché qui résonne dans la cuve où on répète.

Vous êtes un groupe très jeune, 2 ans d’existence je crois, qui ou qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Elliot. J’ai depuis longtemps envie de faire de la musique, surtout en groupe. J’ai déjà eu plusieurs projets avant Jumaï, mais celui-ci est le plus abouti.

Josselin. J’ai toujours fait de la musique, depuis mon plus jeune âge, c’est un acte totalement nécessaire.

Océane. J’ai toujours chanté, et c’est devenu une envie plus grande que tout le reste donc je me suis dit, pourquoi pas se lancer ? 

Jouer entre amis c’est bien mais en faire profiter les autres c’est mieux. Comment abordez- vous la scène aujourd’hui ?

Océane. La scène, c’est ce que je préfère. C’est un moment unique où tu donnes tout ce que tu peux au public. Il y a des fois où ça marche et d’autres non. C’est ça qui me plait, chaque concert est différent. 

Elliot. Pour moi, la scène est un moyen d’exprimer énormément de sentiments que je ne pourrai pas partager autrement. C’est un endroit où l’on se retrouve réellement a nu devant des gens, ou l’on ne peut pas tricher.

Josselin. La scène, ce n’est pas seulement faire profiter de notre musique en live mais c’est plutôt se révéler, se montrer différent du quotidien, tout en ayant une sorte de masque, de barrière, qu’est la scène.

Vous avez un local de répétition qu’envieraient pas mal de musiciens je crois. Pouvez-vous nous en dire un mot ? A-t-il une influence sur votre son, votre univers ?

Elliot. C’est une cuve en béton armé, un sous-marin, on s’enferme dedans et soudain le monde extérieur parait extrêmement lointain.

Océane. Ce lieu a eu une énorme influence sur notre son car l’espace est grand et rond donc ça peut vite devenir un brouhaha de son. On a réussi à l’apprivoiser et on sait comment ça sonne maintenant. Si un morceau ne sonne pas bien dans la cuve, c’est qu’il n’est pas encore abouti. 

Josselin. La cuve permet déjà de tous se voir et de tous s’aligner sur un cercle et ainsi faire que chacun apporte sa pierre à la création. Ensuite, au niveau acoustique, c’est rigoureux et donc c’est d’abord un travail sur le son et l’identité qu’on veut lui donner.

Vous sortez un nouvel EP le 12 octobre. Comment abordez-vous ce moment ?

Elliot. La sortie d’un disque est toujours un processus assez long, lorsque l’on aborde sa sortie, c’est un grand moment d’impatience. 

Océane. On a hâte ! L’EP est prêt depuis quelques mois déjà, on a hâte de voir comment le public le reçoit.

Josselin. Pour ma part, l’enregistrement c’est quelque chose à inscrire dans le marbre mais de ce nouvel EP découlent aussi d’autres concerts et ce sont plutôt ces opportunités de marquer l’esprit des gens à un instant donné qui est excitant. Avec l’EP on se donne juste de nouvelles armes pour y parvenir.

On a du mal à vous catégoriser s’il fallait le faire. Comment définiriez-vous votre style ?

Josselin. Justement, ne retient-on pas mieux un groupe qui ne colle à aucune étiquette ? Si on ne peut pas nous ranger dans un style, pour moi c’est qu’on en a trouvé un unique et ça me plait.

Océane. Quand on me demande je dis qu’il y a des grosses guitares, du son électronique et une voix plutôt lyrique. Avec ça les gens peuvent imaginer ce qu’ils veulent :). 

Quelles peuvent être vos influences  ?

Océane. J’adore PJ Harvey, Fever Ray, deux artistes qui savent se renouveler à chaque fois, et qui créent un univers autour de leur musique. Pour parler pour Jérémy, je sais qu’il adore Radiohead ! 

Josselin. Elles sont variées ! Pour moi c’est les Suuns, Arcade Fire, Franz Ferdinand.

Elliot. Pour ma part je m’inspire de groupes psyché comme les Black Angels, des groupes mêlant de l’électro comme Nine Inch Nails ou les Suuns.

Que racontent vos textes ? Comment les écrivez-vous?

Océane. C’est principalement moi qui écrit, et parfois avec Jérémy. Ça raconte des expériences que l’on peut avoir dans la vie, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. J’aime bien utiliser des métaphores dans mes textes. Je les écrit souvent seule le soir, et généralement ça marche mieux quand je suis un peu triste :). 

Vous êtes allés en mars dernier au festival South by South West à Austin, Texas. Que tirez-vous de cette expérience ?

Elliot. Énormément de choses ce sont passées aux US. Le projet a énormément évolué là-bas, mais le point crucial a été la cohésion en live.

Josselin. Austin c’était cool ! Par contre même si nous étions très bien accompagnés et reçus là-bas, nous étions seuls, noyés dans une masse de groupe incalculable et de ce fait on s’est libéré de pas mal de chaines et on a beaucoup appris sur « faire le show » et pas juste jouer nos morceaux. C’était constructif et libérateur.

Océane. C’était incroyable. Ça nous a permis de nous confronter à un autre public et de jouer un maximum de fois en peu de temps. 9 fois en 6 jours. 

Au delà de l’EP, quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Océane. On travaille sur une petite tournée au mois de janvier, février. On commence aussi à préparer une deuxième tournée aux États-Unis. 

Elliot. On veut aussi s’entourer de partenaires (label, éditeur…) pour pouvoir aller plus loin. 

Josselin. Et bien sûr continuer à composer des morceaux et aller les jouer partout ! 😉

Merci Océane, Elliot, Josselin et Jérémy, merci JUMAï

Propos recueillis par Éric Guillaud. Plus d’infos sur le groupe ici