21 Jan

Découverte. L’univers magnétique et électronique du Nantais Sébastien Guérive

Après 20 ans de projets musicaux divers et variés, le Nantais Sébastien Guérive a décidé de se recentrer et d’assumer pleinement ses choix dans un album pensé comme une bande originale de film. L’album sort en mars, le premier single sera disponible ce vendredi 22 janvier accompagné d’un clip magnifiquement hypnotique. Rencontre…

Sébastien Guérive en studio

Sébastien, peux-tu te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Sébastien Guérive. Je suis un compositeur nantais depuis plus de 20 ans à travers différentes formes artistiques. J’ai monté différents projets musicaux, dont  La Pensée Errante, Io’n, Da Sweep. Issu de la musique classique et contemporaine, je me suis intéressé très vite à la musique électronique, à la recherche d’un équilibre entre ces univers.

Omega Point est ton premier album, du moins sous le nom de Sébastien Guérive. Il sort le 19 mars prochain. Comment le présenterais-tu ?

Sébastien Guérive. Lorsque j’ai décidé de sortir cet album sous mon nom, il était important pour moi d’assumer ma singularité artistique que j’ai façonnée durant toutes ces années. Il s’agit d’un album où l’on retrouve de l’ambient, du sound design et de l’electronica. J’ai souhaité utiliser des synthétiseurs analogiques afin d’obtenir des timbres instrumentaux et des niveaux d’expressivité aussi riches que clefs des instruments acoustiques. 

Les albums instrumentaux sont aujourd’hui très rares. Pourquoi ce choix?
 
Sébastien Guérive. Il est vrai que dans le paysage français peu d’artistes sortent des albums instrumentaux car ce type d’esthétique est plus difficile à défendre en France. Maintenant au niveau international on retrouve plus facilement des albums instrumentaux. J’ai fait ce choix, car j’ai voulu donner à cet album l’esprit d’une bande-son de film. Celle que j’aimerais un jour composer 🙂
Quelles sont ou quelles ont pu être tes influences majeures ?
 
Sébastien Guérive. Dans les artistes qui m’influencent actuellement, je citerais :  Jóhann Jóhannsson, Nils Frahm, Ben Frost et Rival Consoles.
 
On rapproche ton travail sur la musique à celui d’un plasticien. Tu considères la musique comme un art visuel ?
 
Sébastien Guérive. Pour moi, la musique peut être assimilée aux arts plastiques, elle peut sculpter les sons au même titre qu’un plasticien. Je considère que la musique instrumentale est le partenaire idéal pour s’associer à l’image.
 
Un premier single sort ce vendredi, il s’appelle Omega II et est accompagné d’un clip réalisé par Thomas Blanchard, un clip hypnotique, expérimental, étrange, comme ta musique. Un mariage parfait ?
 
Sébastien Guérive. Je souhaitais pour le clip Omega II un univers d’images organiques et chorégraphiques, dont le sujet est la métamorphose. Le travail de Thomas étant de longue date consacré à la macro remplissait totalement la partie organique et son idée d’images stroboscopiques sur la danseuse à permis de traiter l’aspect chorégraphique. Nous espérons avoir trouvé le bon écho visuel à ce single et nous présenterons également ces images sous forme d’exposition.

Propos recueillis par Eric Guillaud le 20 janvier 2021

Plus d’infos sur Sébastien Guérive ici. Sortie de l’album le 19 mars en vinyle et en digital (Atypeek Music)

05 Jan

Dorrr, la pop angevine pour repartir du bon pied et de la bonne oreille en 2021 (INTERVIEW)

Besoin d’un peu de légèreté pour cette nouvelle année ? Vœu exaucé, voici Dorrr, un projet né sur la route entre deux concerts du groupe de rock angevin The Blind Suns. Au menu ? De la pop effervescente. Synthés pour tou.te.s…

© Marion Fort

Ce visage vous est familier ? Logique ! Avec Scarlett puis The Blind Suns, Dorota a embrasé toutes les scènes angevines et au-delà. Bien au-delà même. Ainsi, lorsque nous l’avons interviewée en mars dernier, juste avant le confinement, Dorota et Romain, son compagnon de scène, revenaient précipitamment des États-Unis, plus précisément du Texas où ils devaient se produire.

Après des années en groupe, Dorota lance en 2021 son projet solo, Dorrr comme le diminutif de Dorota, un projet solo mais bien entouré puisque Romain Lejeune, même s’il est ici plus en retrait, fait partie de l’aventure. Moins rock, plus pop, plus aérien, plus lumineux, avec une bonne couche de synthés et des mélodies entraînantes, dansantes, comme celle-ci, The Future is now, oui c’est maintenant…

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11 Déc

Cabadzi : deux nouveaux singles et deux clips en attendant l’album… et les concerts

Il avait fait sensation il y a un peu plus de trois ans avec un album dédié à l’univers du réalisateur Bertrand Blier, le duo nantais Cabadzi est de retour avec deux clips et bientôt un album baptisé Bürrhus en référence au grand psychologue et penseur américain Burrhus Frederic Skinner…

Vous ne connaissez pas Burrhus Frederic Skinner ? Je vous rassure, vous n’êtes pas seul(e) dans ce cas. L’avantage avec le duo nantais Cabadzi, c’est qu’on apprend des choses en même temps qu’on se divertit…

Que dit Wikipédia sur l’homme ? Qu’il s’agit d’un psychologue et penseur américain, un penseur influent du behaviorisme, fortement influencé par les travaux d’Ivan Pavlov et ceux du premier comportementaliste John Watson.

Bon ok ! Mais que vient faire cet homme dans ce cinquième album des Cabadzi qu’on nous annonce pour février 2021 et dont les deux clips fraîchement diffusés, Cabane et Mélanco, nous donnent un avant goût ? C’est ce que nous avons demandé à Olivier Garnier et Victorien Bitaudeau, membres éminents du duo Cabadzi…

Comment en êtes-vous venus à vous intéresser à ce psychologue et à ses recherches ?

C’est en cherchant à comprendre pourquoi les réseaux sociaux sont si addictifs que l’on est très vite tombé sur les expériences du comportementaliste B.F Skinner. C’est un peu le point de départ et de référence de toutes les analyses à ce propos.

Nombreux sont ceux qui connaissent Bertrand Blier, auquel était dédié votre précédent album, mais Burrhus Frederic Skinner, peu, très peu, le connaissent. vous en êtes conscients ? Ce n’est peut-être pas très vendeur…

Ce projet est très différent de l’album X Blier, il s’est d’ailleurs fait à l’inverse. Nous ne sommes pas partis de B.F Skinner pour écrire ce disque comme on l’avait fait avec Blier. C’est juste qu’au début de la création, on avait 3/4 morceaux et tous évoquaient de près ou de loin les conséquences psychologiques d’un monde où la représentation de soi-même sur les réseaux est la norme. S’apercevant de ça, on a creusé et on s’est intéressé sérieusement au sujet.

Concrètement, en quoi l’album est-il influencé par cet homme ?

C’est beaucoup plus un clin d’oeil qu’une influence. Et il suffit de se balader dans la rue pour voir comment nous sommes tous obnubilés par notre smartphone comme le sont les pigeons par les graines dans l’expérience de B.F. Skinner. L’image est la même. Apprendre en plus que toutes les applis d’aujourd’hui se réfèrent aux travaux de ce chercheur lors de leur conception ajoute pas mal d’ironie à la chose.

Cette addiction aux réseaux sociaux, vous en souffrez vous-même ?

Dire qu’on en souffre serait exagéré, mais on le sait tous, ces applis nous font sans cesse osciller entre bonheur et tristesse. Elles nous fatiguent tout autant qu’elles nous aident. Elles prennent clairement trop de place et il est difficile de s’en défaire. C’est sûrement ce sentiment sinusoïdal qui est désagréable.

Vous n’avez jamais fait dans le feel good mais on a le sentiment que vos chansons sont de plus en plus noires ? La société actuelle vous fait peur?

Bizarrement, on n’a jamais la volonté de faire noir. On se laisse guider par ce qui vient, la seule chose qui nous anime, c’est de créer un truc vraiment personnel, composer une musique, écrire un texte que nous seuls pouvons faire. C’est simplement la façon dont on envisage la musique : on ne la voit beaucoup plus comme une émotion introspective qu’un divertissement.

Comment voyez-vous ce monde d’après qu’on nous promet différent et meilleur ?

On se méfie beaucoup du « c’était mieux avant » donc on aurait tendance à dire que l’on est optimistes. Ça dépend vraiment de ce qu’on regarde. On peut voir Bolsonaro, Zemmour ou Trump, on peut aussi voir Greta, Black Lives Matter ou #MeToo. C’est d’ailleurs sûrement ça le monde de demain : une polarisation des idéaux… et le danger qui va avec.

Comment vivez-vous cette période étrange pour ne pas dire anxiogène de pandémie ?

Comme tout le monde, anxiogène c’est le bon mot. Historique également, mais une anti-Histoire : celle où il ne se passe rien. C’est ça le plus étrange : en faire le moins possible pour s’en sortir au plus vite. L’exact contraire de ce qu’on nous apprend depuis tout petit.

Ces deux premiers clips sont signés Marian Landriève avec qui vous avez déjà travaillé, un spécialiste des effets spéciaux. La réalisation est très soignée mais elle n’a pas dû être de tout repos. Pouvez-vous nous raconter un peu comment tout ça s’est déroulé ?

On a une vraie passion pour l’image et depuis notre rencontre avec Marian, on a l’impression que tout est plus facile, on se comprend bien. Le procédé est toujours le même : des journées entières à écrire le plus précisément possible des images et ensuite, tout faire pour les réaliser, même si ça paraît impossible sur le papier. Pour Cabane par exemple, on a passé une semaine à fabriquer une vraie cabane ainsi que tout un procédé pour la faire « voler » dans les airs, tout ça pour 15 secondes de plan :). Ça nous amuse beaucoup en fait, c’est une récréation.

À chaque fois que je vous écoute, que je découvre un nouveau titre, je me pose toujours la même question. Comment pourrait-on définir votre style musical ? Où vous caser en somme ?

On aimerait bien le savoir aussi, on n’y réfléchit jamais franchement. Le seul truc qu’on sait, c’est qu’on est passionné par le rap, le hip hop, depuis des années, donc c’est ce qu’on a l’impression de faire. En tout cas, ce genre autorise tout alors c’est sûrement ça qui nous va le mieux.

Que peut-on vous souhaiter pour 2021 ?

Des concerts ?

Merci Olivier et Victorien. Merci Cabadzi

Propos recueillis par Eric Guillaud le 4 décembre 2020. Plus d’infos sur Cabadzi ici

27 Nov

Hurricane : nouvel EP et nouveau clip pour le duo nantais Parrad

Sérieux coup de vent sur la scène nantaise ce week-end avec la sortie du nouvel EP du duo électro Parrad rejoint le temps d’un titre et d’un clip par un autre duo, les rockeurs de KO KO MO…

© Annabelle Podgornii

Avec un nom pareil, on ne pouvait décemment s’attendre à une comptine pour enfants sages et de fait Hurricane, extrait du nouvel EP éponyme déménage, décoiffe diraient les Nantais habitués aux perturbations maritimes.

Il faut dire que pour ce titre, le duo électro, qui réunit Atom de C2C et Gwen Delabar, a invité le duo rock KO KO MO qui ne s’est pas laissé prier et n’a bien évidemment pas gardé les mains et les médiateurs dans les poches. Quand la pop électronique croise la puissance rock, ça donne ça…

À l’image du clip accompagnant le premier EP de Parrad, Hurricane a été tourné à Tokyo par le photographe Glashier et son collectif When You Hear The Warning avec au menu de magnifiques paysages urbains et quelques belles envolées chorégraphiques.

Et l’album ? Il est annoncé pour le printemps prochain.

Eric Guillaud

Plus d’infos sur Parrad ici, sur KO KO MO

10 Nov

Les Rockeurs ont du coeur : pas de concert cette année mais un disque et des jouets par milliers

Dans le monde d’avant, quand on pouvait sortir en tribu et assister à des concerts, la soirée des Rockeurs ont du Coeur était le rendez-vous annuel pour se faire du bien et faire du bien aux autres. Face au virus, pas de concert cette année mais les rockeurs nantais n’ont pas jeté leur dernier riff…

© Jean-Marie Jagu

La suite ici

06 Nov

Hommage de Dominique A à Philippe Pascal : un livre et sa bande-son

Dominique A rend hommage au chanteur rennais Philippe Pascal (Marquis de Sade, Marc Seberg), décédé il y a un peu plus d’un an. Un livre relate des échanges jusqu’à la veille de sa mort avec celui qui fut pour lui une référence. Il sort aussi un album avec une reprise de Philippe Pascal.

Dominique A à La Trinquette, lieu de son premier concert à Rennes • © Bruno Van Wassenhove/France Télévisions

Dominique A vous le dirait lui-même, il n’était pas un proche de Philippe Pascal. Oui, il l’admirait, quand la voix du chanteur résonnait à Rennes et au-delà des murs de la ville rock du début des années 80. Oui, il l’a croisé au cours de sa propre carrière, mais ce qui suffirait à certains pour s’attribuer les plus intimes affinités, ne suscite que respect et pudeur chez Dominique A.

Un papier d’Eric Pinault

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28 Sep

Nantes. Miss Machine, l’avenir de la pop est en marche!

Elle s’appelle Eloïse Boisseau aka Miss Machine, vous ne la connaissez peut-être pas mais elle pourrait bien apporter un peu de fraîcheur à la scène nantaise et au-delà avec une pop rock savoureuse couchée depuis ce matin sur un mini-album. Interview…

© Eric Guillaud

« Plus rock que Vanessa Paradis, plus pop qu’Emmanuelle Monet ex-Dolly, voici Miss Machine, une Nantaise de 20 ans tout rond qui pourrait bien faire parler d’elle dans un très proche avenir ».

Voilà comment je présentais Miss Machine il y a pratiquement deux ans à l’occasion de la sortie de son tout premier clip De quoi j’ai l’air tourné dans un salon de coiffure nantais. Difficile de ne pas tomber sous le charme…

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26 Juin

DÉCOUVERTE. Le mystérieux duo angevin Rouquine sort son premier single

Mais qui se cache derrière ces formes géométriques ? Un nouveau groupe dont on connaît pour l’instant le nom, Rouquine, mais absolument pas les visages. Il vient de sortir son premier single, une rêverie électro-pop baptisée Cyborg, et en promet un nouveau tous les mois à partir de septembre…

J’aurais pu en introduction vous donner le pédigré des musiciens qui composent ce nouveau groupe mais on se limitera à dire qu’il s’agit d’un duo issu d’un groupe qui a marqué la scène ligérienne et au-delà, un duo qui aime James Blake et Orelsan, Alt-J et Son Lux, Boris Vian et la poésie, l’électro et le rap, la chanson française et la pop urbaine.

Pour le reste, nos mystérieux musiciens, peut-être de vrais cyborgs, nous expliquent le comment du pourquoi de ce premier titre…

« On ne savait pas où on allait et c’est comme ça qu’on a créé Cyborg. C’est le premier de la liste. D’autres vont suivre, une fois par mois. Toute une galerie de personnages qui viennent de ce qu’on a vu, entendu et vécu. Des bandes originales, des films dont on se fait les images ».

Si on ne se touche pas, est-ce qu’on se fera moins mal, tous en bluetooth et tout sera normal

« Cyborg, ça parle de l’amour qu’on se déclare les yeux rivés sur une lumière bleue, d’un date trouvé dans le big data, du technologique qui à la fois nous relie, nous sépare et nous transforme peu à peu, nous, les humains, en autre chose. Alors, à l’heure du sans contact généralisé, on peut dire que Cyborg résonne ». 

Propos recueillis par Eric Guillaud le 19 juin 2020

Plus d’infos sur Rouquine ici

22 Juin

LANE : encore plus puissant, toujours plus mélodique, un deuxième album pour le groupe rock angevin (INTERVIEW)

Quand il y a un peu plus que du Daria, un peu plus que du Thugs, c’est qu’il y a du LANE dans l’air. Le groupe angevin vient de sortir son deuxième album, du rock taillé dans l’urgence à grands coups de riffs acérés. Branchez les guitares…

© Rémi Sourice

L’avantage avec LANE, c’est qu’on est rapidement mis au parfum. Dès les premières mesures, le groupe rappelle si besoin qu’il n’est pas là pour nous jouer une berceuse mais pour nous balancer du rock, du rock à sa façon, aussi puissant que mélodique.

Petit retour en arrière, LANE est la contraction de Love and Noise Experiment, un peu de douceur, beaucoup de fureur. LANE, c’est aussi la réunion de cinq musiciens issus pour quatre d’entre-eux de groupes qui ont marqué la scène angevine et au-delà, Pierre-Yves et Eric Sourice des Thugs, Etienne et Camille Belin de Daria. Et un petit jeune au centre, Félix Sourice, fils de Pierre-Yves qui les a rejoint comme guitariste. Une belle réunion de famille !

Fondé en 2017, un EP en 2018, un premier album en 2019, un second en 2020 baptisé Pictures of a Century, près de 80 concerts… ça va très vite pour LANE,  aussi vite que sa musique, mais aucun risque que ses musiciens se brûlent les ailes, nous confie le batteur Camille : « Il y a des gens expérimentés dans l’équipe, on fait des choix, on prend des décisions, les partenaires avec qui on bosse sont des gens sencés, on sait d’où ils viennent, ils savent d’où on vient, tout fonctionne avec bon sens ». Interview…

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