16 Fév

INTERVIEW. Le groupe de rock celtique Epsylon fête ses 10 ans avec un album live

Il a joué en Chine, au Koweït, au Kazakhstan, un peu partout en Europe, mais c’est à la maison, en Vendée, qu’il a enregistré son nouvel album, comme un retour aux sources, un clin d’œil à ses dix premières années d’existence. Des centaines de concerts, quatre albums studio et aujourd’hui un live, ça roule pour Epsylon…

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Prenez un peu de rock, un poil de folk, une bonne dose de pop, saupoudrez le tout d’ambiances celtiques et vous obtiendrez l’univers d’Epsylon, une musique élaborée minutieusement concerts après concerts depuis 10 ans. Car oui, Epsylon est né et a grandi sur scène en apprenant à dompter l’énergie et libérer l’émotion. Après des centaines de concerts sur la planète rock, quatre albums studio, le groupe sort aujourd’hui un live enregistré en avril 2017 à Fuzz’Yon à La Roche-sur-Yon. Rencontre avec Antonin, le bassiste du groupe, qui nous parle de l’album, du groupe, des influences…

Une bonne dizaine d’années d’existence, des centaines de concerts, quatre albums studio… et aujourd’hui un live. Pourquoi ?

Antonin (bassiste). Parce que beaucoup de gens nous le demandaient et aussi parce qu’il y’a très longtemps que l’on en avait envie sans jamais oser pour tout un tas de raisons. Mais il y a eu un moment, après notre tournée des clubs en Mars / Avril 2017 où l’on s’est senti assez affuté pour le faire et on s’est dit que c’était le bon moment. 

Ce live a été enregistré à Fuzz’Yon, sur vos terres. C’était important pour vous ?

Antonin. Important, oui et non… Simplement cela nous a paru évident de faire ça en Vendée, à la maison. C’était une façon de remercier un peu les personnes qui ont commencé à croire en nous lors de nos débuts sur les scènes locales et de partager avec eux ce momentLe public nous l’a bien rendu car la salle du Fuzz’Yon affichait complète, on a même refusé du monde… 

Antonin. Oui ce n’était pas facile et c’est bien pour ça que l’on a mis 18 titres. On ne pouvait pas en mettre plus sur le cd…On voulait également que ce soit fidèle à ce que l’on jouait sur scène depuis un an. 

De ces 18 morceaux, lequel est le plus proche de l’esprit Epsylon ? Et pourquoi ?

Antonin. Notre style a toujours évolué au fil des années… Les débuts étaient plus « rock-festif » alors qu’aujourd’hui nous sommes plutôt « pop-rock » mais avec toujours cette couleur un peu celtique du début. A l’heure actuelle, c’est peut être le morceau Requiem qui résume le mieux l’univers d’Epsylon depuis 10 ans, il synthétise bien cette évolution.

Quand vous regardez toutes ces années parcourues, qu’est-ce que vous vous dites ? Que le groupe Epsylon est une sacrée belle aventure ?

Antonin. Oui c’est évident… Il y a 10 ans, on n’aurait jamais pensé en arriver là où on en est aujourd’hui, ni même que ça devienne notre métier et ce n’est pas fini… Comme dans toutes les vies des groupes, il y a des hauts et des bas, des coups de gueule et des moments d’euphorie, des membres qui changent. Comme au bout du compte il ne reste que les bons moments, on peut dire que oui c’est vraiment une belle aventure ce groupe.

On a l’impression que vous êtes un peu à la marge de la scène locale, c’est une volonté, un accident ?

Antonin. Ça doit être une impression, parce que nous, on ne se trouve pas en marge plus que ça, ou alors on est en marge avec un tas d’autre groupe dans notre veine… On est juste dans le circuit des groupes indépendants mais comme beaucoup.

Vous avez deux particularités, vous chantez en français et vous utilisez des instruments traditionnels. Ce n’est pas un frein pour se développer aujourd’hui et peut-être aller voir au-delà des frontières de notre petit pays ?

Antonin. Si nous en sommes arrivés là aujourd’hui, c’est peut être justement parce que l’on a ces particularités. On a trouvé, nous semble-t-il, un juste mélange entre le rock et les instruments dits « trads », et peut être que le fait d’être un peu différent, fait justement que l’on se démarque un peu plus… Pour le développement à l’étranger, nous avons la chance de faire des concerts partout en France mais aussi un peu partout en Europe, en Angleterre, Suisse, Allemagne nous avons également fait 4 tournées en Chine dont une cinquantaine de concerts, des tournées au Koweït, au Kazakhstan où nous retournons en mars d’ailleurs … et jusque là, le fait de chanter en français n’a jamais été un frein. La musique est universelle et on s’en rend d’autant plus compte lorsque l’on joue à l’étranger.

Quel est le musicien, le groupe ou l’album qui vous a décidé à monter un groupe et monter sur scène ?

Antonin. Il y en a tellement… la liste est longue et c’est trop difficile d’en choisir un.

Quelles sont vos influences majeures ?

Antonin. Dans le groupe, on a tous des influences assez différentes, mais globalement c’est le rock, la pop, le folk et la musique trad. Dans nos compositions, c’est justement ce que l’on essaye de mettre en équilibre et qui fait le son d’Epsylon.

Un live… et après ?

Antonin. Un cinquième album studio pour le début d’année prochaine, et beaucoup d’autres concerts.

Merci Antonin, merci Epsylon. Propos recueillis par Eric Guillaud le 14 février 2018

Plus d’infos sur Epsylon ici et . Le groupe sera en concert le 16 février au Nid à Nantes (complet), le 17 février à Luçon, le 17 mars aux Herbiers, le 25 avril à Fessenheim, le 26 avril à Andiau, le 27 avril à Sierre, le 28 avril à Montivilliers, le 5 mai à Le Croisic, le 11 mai à Brétignolles-sur-Mer, le 24 mai à Paris, le 25 mai à Valentigney…

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12 Fév

From Grey : le premier album du duo nantais Ronan K

Ils s’appellent Stéven et Ronan et forment le duo nantais Ronan K, un nom que certains d’entre vous ont peut-être déjà aperçu sur une pochette d’album. C’était en 2015 pour l’EP Another Cloud. Les revoici avec cette fois un album complet. Son nom, From Grey, neuf ballades folk aériennes qui nous parlent de la vie avec parfois mélancolie. Interview…

© Jean-Pierre Menard

© Jean-Pierre Menard

Ronan K, c’est qui c’est quoi en quelques mots ?

Nous sommes Stéven et Ronan, un duo folk nantais. Nous jouons ensemble depuis trois ans et la sortie d’un premier EP (Another Cloud, 2015). Nous produisons un folk aux accents blues, rock et électriques. Rusticité et modernité est une alliance que nous nous efforçons de mettre en oeuvre de la plus belle des manières avec beaucoup de rythme et d’énergie sur scène.

Votre premier album From Grey vient de sortir. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette étape ?

Avec beaucoup de fierté d’abord car nous avons travaillé pendant deux ans sur ce projet, à composer et enregistrer dans le studio de Stéven, le Lonesome Studio à Blain. Ensuite beaucoup d’excitation avec la perspective de le défendre un maximum sur scène cette année et enfin beaucoup de confiance grâce aux nombreux retours positifs que nous recevons sur notre album.

Que représente ce premier album pour vous ?

L’aboutissement de nombreux mois de travail et une vitrine pour notre musique. Il est composé de neuf morceaux, ce qui peut paraître peu pour certains mais c’est en réalité un condensé très compact de ce que nous avons souhaité offrir au public, dans sa forme la plus travaillée. Ces chansons sont sur l’album car nous les aimons et que nous avons voulu les présenter aux auditeurs de la meilleure manière possible.

Vous êtes passé par un site de financement participatif. Est-ce un passage obligé aujourd’hui pour tous les groupes qui veulent se lancer dans l’aventure?

Pas forcément mais cela peut faciliter les choses dans le cas d’une autoproduction comme la nôtre. Après, évidemment, il faut que la musique proposée plaise un minimum aux gens pour mener à bien ce genre de collecte. C’est aussi ce qui est intéressant car c’est une sélection, une validation directement par les auditeurs. Ils t’envoient un message clair : « ok, c’est cool ce que vous faites, je pré-commande votre disque et comme ça grâce à moi il devient réalité ! » Ce type de soutien n’a clairement pas de prix. C’est très grisant. Nous avons énormément de reconnaissance pour les gens qui nous ont permis de réussir cette collecte et c’est pourquoi nous avons tout fait pour, hormis les contreparties qu’ils ont reçues (goodies, tee-shirts, places de concert, etc.), leur proposer le plus bel objet possible pour ce qui est de l’album physique. Maintenant, si un jour une maison de disque vient nous chercher, nous n’aurons peut-être plus besoin de mettre en place ce genre de financement. Toujours est-il que c’est une très belle expérience.

Du banjo, de l’harmonica, de la guitare slide, aucun doute, on est dans un registre folk plutôt traditionnel. De quoi se retrouver propulsé dès la première écoute au cœur de l’Amérique profonde. Comment deux musiciens nantais en viennent-ils à jouer ce style de musique ?

Tout cela est une histoire de goût musicaux, d’influences. Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avons pu les mettre en commun et mettre à profit nos différentes appétences comme autant d’atouts pour enrichir notre musique.

Quelles ont pu être vos influences directes pour l’album ?

Nous avons chacun composé des morceaux de l’album donc nos influences sont diverses. Cela peut aller de Dylan à Nick Cave en passant par Johnny Cash entre autres mais surtout en essayant de faire notre propre sauce.

L’album s’appelle From Grey. Qui est ce Grey qui donne aussi son nom à la deuxième chanson ?

« Grey » est traité comme une personne dans ce titre mais c’est en réalité de la ville de Brest qu’il est question. Nous sommes tous les deux nés en Bretagne et cette chanson a pour thème la nostalgie, le rapport à l’enfance, le souvenir. Ces notions sont souvent en rapport avec des lieux. « Grey » en est un. Nous sommes tous le résultat de notre passé et des ses multiples facettes, c’est pourquoi l’album s’appelle ainsi.

D’une façon plus générale, que racontent vos textes ?

Nous parlons de vie, de mort, de nostalgie donc, mais nous racontons aussi des histoires, des légendes. La fiction prend une place importante, plus que l’autobiographie.

Quel album tourne en boucle en ce moment sur votre platine ?

Les Black Lips pour Stéven et Leif Vollebekk pour Ronan.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

De trouver un tourneur, car nous sommes actuellement en pleine recherche, et de jouer notre album partout pour un public plus grand chaque jour !

Merci Stéven et Ronan, merci Ronan K

Plus d’infos sur le groupe ici

Ronan K sera en concert le 23 février à Chateaubriant, le 16 mars à Rennes…

RonanK_FromGrey _©_Elise_Hautbois

25 Jan

INTERVIEW : Moon Gogo, laboratoire de plaisir

C’est l’un des projets les plus singuliers et les plus audacieux de la scène nantaise, un mariage qu’on pourrait juger contre nature et pourtant. Entre le rock de Federico Pellegrini et la musique traditionnelle de la Coréenne E’Joung-Ju, entre la guitare et la voix de l’un et le geomungo de l’autre, c’est une affaire qui roule jusque dans leur nom : Moon Gogo. La preuve, ils viennent de mettre au monde un beau bébé, le deuxième en trois ans, il s’appelle Joy, trois lettres de bonheur…

Oh là là ! Mais que nous fait Federico Pellegrini, ont pu se demander un temps ses admirateurs ? De la musique du monde ? Du trad ? Non non, l’ex-chanteur guitariste de Little Rabbits et toujours French Cowboy n’a pas entamé une reconversion, aucunement renié ses origines, pas plus cherché à enfouir ses influences. Moon Gogo est l’histoire d’une rencontre, certes inattendue, avec la Coréenne E’Joung-Ju, et d’une exploration musicale sans retenue qui peut élargir notre horizon à tous. Après International, Joy sort le 26 janvier en version cd et digital. Interview…

© Moon Gogo

© Moon Gogo

On a découvert votre projet Moon Gogo en 2015 avec un premier album intitulé International. Pour tous ceux qui vous connaissaient du moins musicalement, ça a été une sacrée surprise. Qu’est-ce qui vous a pris ? Un besoin urgent de changement ? Une envie d’explorer de nouveaux territoires ?

Federico Pellegrini. Rien de tout ça, c’est une collaboration que nous a proposée Pierre Orefice qui nous connaissait individuellement, pour un évènement unique, et une fois lancés, on a décidé de continuer. Après, une sacrée surprise, je ne me rends pas compte. Je n’ai pas l’impression que ça ait totalement bouleversé ma façon d’écrire, ça emmène ailleurs bien sûr, à cause du geomungo et de l’univers traditionnel dont est issue Joung Ju, mais au final, les chansons restent des chansons, dans un format assez convenu. Disons qu’il faut ajuster l’angle d’attaque, mais en fin de compte, ce sont des chansons qu’on peut fredonner.

Je ne suis absolument pas un expert en matière de musique traditionnelle, j’en écoute très peu et je n’ai jamais eu ce fantasme de mélange des genres.

L’alliance entre vous et E’Joung-Ju était-elle si évidente que ça ? Comment se sont déroulées vos premières répétitions ?

Federico. Pour Pierre Orefice oui. Quand il a entendu Joung Ju pour la première fois, il s’est dit, tiens, c’est du blues qu’elle nous fait avec son instrument. Pour moi, beaucoup moins. Je ne suis absolument pas un expert en matière de musique traditionnelle, j’en écoute très peu et je n’ai jamais eu ce fantasme de mélange des genres. D’autant plus que je ne suis vraiment pas le bon numéro quand il s’agit d’accompagner qui que ce soit. J’ai un niveau de guitare (et je ne parle pas du clavier), très limité, disons qu’il se limite à se mettre au service de mon song writing, c’est surtout ça qui m’intéresse, je travaille toujours sur peu d’accords, et mon expression est finalement très codifiée et basique, mais c’est ce qui me plait justement, un cadre restrictif. Donc, les premières répétitions, on a pataugé jusqu’à ce que j’ai l’idée de brancher mon looper sur le geomungo, ce qui a permis de faire une boucle de basse, et de réduire le champ des possibles. Tout à coup, j’étais dans mon jardin.

Sur votre compte Facebook, vous parlez à propos de votre répertoire d’une musique de chambre pas très bien rangée. Qu’est-ce que vous entendez par là ?

Federico. C’est une formule trouvée par Laurent Mareschal, du label, très juste à mon goût. Personnellement, j’y vois une musique planante, un peu contemplative, mais avec un diable toujours prêt à sortir de la boite. Genre méfions-nous de l’eau qui dort.

Je crois savoir que vous êtes ou vous avez été un grand fan de Violent Femmes. En quoi ce groupe a t-il pu marquer votre façon de composer et de jouer ?

Federico. Oui, je le suis toujours même si j’écoute beaucoup moins aujourd’hui, mais je me suis construit là-dessus, entre autres, donc forcément, inutile de réécouter à outrance, ça fait partie de mon patrimoine, de ma palette. Je crois que la musique qu’on écoute, disons entre 13 et 25 ans, constitue le socle à partir duquel on va inventer plus tard, le fondement, je ne dis pas qu’on ne peut pas faire quelques escapades mais bon, c’est l’ossature, ça fait partie de, on est marqué à vie. Parce qu’il y a de la nostalgie dans la musique, comme dans la vie, donc forcément, on en revient toujours à sa jeunesse.

Plus largement, quels groupes vous ont inspiré dans votre vie de musicien et peut-être plus précisément pour le projet Moon Gogo ?

Federico. Pour le projet Moon Gogo en particulier, tout et rien. Rien, parce que le geomungo se suffit à lui même pour le côté pittoresque et unique en son genre, tout parce qu’à partir de ce postulat, tout est ouvert. Après, quoique je fasse, je me nourris de tout ce que j’entends, écoute, ai écouté, mais en bloc, comme une grosse benne de matière première. A quinze ans, on plagie, à 50, on ne sait même plus plagier. La musique que je fabrique ne ressemble pas tellement à celle que j’écoute, je trouve les autres souvent plus talentueux.

Quand je mets un vinyle sur la platine, je peux l’écouter pendant des mois, juste retourner la face.

Quel album tourne en boucle sur votre platine actuellement ?

Federico. Les albums qui tournent en boucle, c’est vraiment mon truc. Quand je mets un vinyle sur la platine, je peux l’écouter pendant des mois, juste retourner la face. Dernièrement, c’était Sleaford Mods, celui d’avant, c’était Jay Z. ..

Hier International, aujourd’hui Joy, qu’est-ce qui s’est passé entre les deux albums ?

Federico. Pas mal de concerts. Les Transmusicales par exemple, un gros soutien de Jean-Louis Brossard, soutien qui me tient à coeur tellement je considère le bonhomme. Lévitation aussi, à Angers. Plutôt chouette de se retrouver dans un festival psychédélique, c’est justement la place de Moon Gogo, même si sur le papier, les programmateurs peuvent en douter. Disons qu’on est passé d’intimiste à un peu plus hargneux, un peu plus rentre-dedans. Disons qu’on jongle entre les deux. Et puis l’écriture du deuxième disque, très chronophage.

Aujourd’hui, je trouve qu’il faut un peu se forcer pour être joyeux, parce que le monde ne l’est pas. Ça rit jaune. Ça laisse sceptique

Pourquoi ce titre Joy, joie en bon français ? C’est l’expérience Moon Gogo qui vous met dans un état de plénitude  ?

Federico. Non, joie, c’est un pied de nez. Déjà, c’est le titre d’un des morceaux, c’est un petit mot, trois lettres, ça peut fédérer. Personnellement, je l’entends comme Joie malgré tout. Aujourd’hui, je trouve qu’il faut un peu se forcer pour être joyeux, parce que le monde ne l’est pas. Ça rit jaune. Ça laisse sceptique. Et puis surtout, dans le morceau Joy, c’est plutôt un appel à ce qu’elle revienne, cette joie, on ne sait pas trop où elle est partie, si elle profite encore à quelqu’un.

On dit qu’un deuxième album est toujours plus difficile à réaliser, est-ce que ça a été le cas pour vous ?

Federico. Je dirais que les deux ont pris leur temps. Pour le deuxième, j’avais des envies de live, d’épure, ça a été le cas sur quelques morceaux, disons qu’on a changé de cap plusieurs fois. Ça reste deux instruments, deux façons de faire, aux antipodes, trouver le terrain commun prend parfois du temps, après, le temps, c’est rien, on peut le prendre, ça n’est pas un handicap, il y a tellement de champs possibles, Moon Gogo c’est un laboratoire. D’un côté, j’ai tendance à marcher plutôt à l’instinct, de l’autre, Joung Ju vient des musiques savantes, elle a tout un bagage. Il faut jongler.

Qu’est ce qu’on peut vous souhaiter pour les mois à venir ?

Federico. Je ne sais pas trop. Être vivant, en bonne santé, c’est bien ça. Comme on dit, la santé avant tout et pour le reste, quand le bâtiment va, tout va.

Merci Federico, merci Moon Gogo

Interview réalisée le 25 janvier 2018 – Eric Guillaud. Plus d’infos sur Moon Gogo ici et

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17 Jan

Shame : le futur punk

Attention attention, toute écoute prolongée de l’album Songs of Praise du groupe anglais Shame pourrait vous provoquer quelques agacements musculaires, voire une folle envie d’en découdre avec votre arthrose. Ecartez les meubles et les enfants, un deux trois pogo…

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C’est le phénomène punk de l’année. Tout le monde en parle même le très sérieux Télérama qui évoque un album « empli d’une flamboyante énergie punk » , c’est dire ! Shame, c’est qui c’est quoi ? C’est une jeune, très jeune, bande de Londoniens, issue du quartier de Brixton pour les connaisseurs, cinq gamins de 20 ans pas plus qui ont ingurgité tout ce qui s’est fait de bien en matière de rock’n’roll pour en recracher un bel album sous les couleurs de l’excellent label américain Dead Oceans, dix titres aussi énervés qu’essentiels et une pochette décalée, tellement paisible.

Dix titres et rien à jeter avec l’eau du bain ! Song of praise se bonifie même au fil des écoutes. Rien à jeter donc et quelques morceaux comme Concrete, One Rizla, Tasteless, Donk ou Angie qui devraient permettre à Shame de rejoindre rapidement le panthéon du rock sans passer par la case « on est un groupe de jeunes qui débute et qui galère ».

Preuve en est le calendrier, pas celui offert avec le vinyle et sur lequel ont été annotés les événements marquants de l’année 2018, à savoir la date de sortie de l’album le 3 janvier et les anniversaires des cinq membres du groupe, mais le calendrier de la tournée qui débute le 16 février et va les emmener illico presto de l’autre côté de l’Atlantique pour plus d’un mois de concerts, une vingtaine en tout. Ils y croiseront des groupes qui pourraient bien être aussi le futur du rock tels que Protomartyr ou Snail Mail. Après les États-Unis, retour au bercail, enfin presque, au Royaume-Uni tout d’abord, puis en Norvège, en Autriche… et en France à Bordeaux le 17 mai, Lille le 20 mai.

Mais que raconte ce premier album qui cumule les bons points, l’énergie de la jeunesse et une certaine maturité dans les arrangements ? L’amour, la mort, les rencontres, les lieux qui les ont inspiré, Brixton bien sûr, la société, la vie quoi, leur vie, enfin le tout début de leur vie.

Côté influences musicales, certains reconnaîtront dans leur style un peu d’Oasis, un peu de Clash pour les concerts fougueux, un peu de Parquet Courts (Friction), un peu de Fall, de Stooges… et beaucoup d’eux-mêmes, de ce qu’ils ont appris en trois petites années, oui, seulement, mais trois petites années intenses, faites de répétitions dans une cave de Brixton, de concerts mémorables et de travail en studio. Pour eux, le futur c’est maintenant!

Eric Guillaud

Songs of praise (Dead Oceans)

18 Déc

Interview. Les Olivensteins bougent encore !

On aurait pu les croire perdus à jamais pour le rock, disparus de tous les écrans radars pour l’éternité, fiers de ne pas avoir fait grand chose et pressés de laisser travailler la légende. Mais non, Les Olivensteins ont repris du service et sortent leur premier album 40 ans après leur apparition aussi céleste qu’éphémère…

Olivensteins 2018. 8bis

Jamais groupe aussi éphémère n’aura peut-être autant marqué l’histoire du rock en France. Les Olivensteins débarquent sur la scène rouennaise à la fin des années 70, en 1978 précisément. Les Dogs occupent déjà le terrain depuis quelques années, viennent de sortir deux EP et s’apprêtent à publier leur premier album, Different. Pourquoi je vous parle des Dogs ? Parce que les deux groupes sortent du même moule, du label Mélodies Massacre, label mais aussi mythique magasin de musique de la capitale normande, et que l’un et l’autre vont à leur manière laisser une empreinte indélébile sur le rock des années 80.

Avec une différence de taille tout de même, tandis que les premiers chantent en anglais, les seconds balancent des textes en français qui égratignent la bonne morale de ces années-là. Fier de ne rien faire, Euthanasie, Je hais les fils de riches… Tout y passe, la société n’a plus qu’à bien se tenir…

Entre 1978 et 1980, Les Olivensteins donnent quelques concerts qui partiront parfois en vrille et participeront à faire d’eux une légende. Reformés en 2013, il reprennent la route, font quelques dizaines de concerts un peu partout, dont un particulièrement remarqué à Nantes avec les Buzzcocks, et décident de casser leur image de groupe mythique en sortant un album, oui Les Olivensteins ont enfin leur album disponible en vinyle, comme à l’époque, mais aussi en digital et en cd.

Tout ça méritait bien une interview de Gilles Tandy, chanteur leader du groupe. Un coup de fil, quelques échanges de mail, la voici la voilà, mordante à souhait…

Mais… pourquoi donc ce retour ? Vous aviez oublié de dire au revoir vous aussi ou d’éteindre la lumière, ou peut-être de dire tout le bien que vous pensez des fils de riches ?

Gilles Tandy. Il y a quasiment cinq ans, jour pour jour, j’avais donné rendez-vous au troquet en bas de chez moi à un type qui voulait m’interviewer pour Teknikart sur mes turpitudes d’antan. Evidemment, l’article n’est jamais paru. Ce jour-là, j’en avais profité pour railler ces vieilles carnes sur le retour qui reformaient leur groupe. Le résultat étant presque toujours atroce.

Le lendemain, Romain Denis (frère de Vincent et batteur de la formation originale du groupe) nous demandait à Vincent et à moi de répondre à une sollicitation d’un de ses potes pour un one-shot prévu l’été suivant lors d’un festival à Tournan en Brie (77). Eh bien, après une courte mais mûre réflexion dont la teneur n’était pas vraiment liée à des considérations musicales, on s’est retrouvé à répéter dans un local le samedi suivant. Rien n’était prémédité et j’éprouve toujours le même scepticisme à l’égard des reformations.

Sortir un premier album 40 ans après la création du groupe, ça fait quoi ?

Gilles Tandy. Comme pour n’importe quel groupe, parvenir à sortir un album procure un immense plaisir, le reste, on s’en fout totalement. Le passé des Olivensteins n’a jamais fait partie de nos préoccupations, le but n’était ni de célébrer un jubilé ni de fêter des retrouvailles en famille.

Vous aviez disparu des écrans radars, vous faisiez quoi au juste les uns les autres ?

Gilles Tandy. Après les Olivensteins, on a continué à faire de la musique jusqu’en 96, Vincent avec les Coolies et avec Eric Tandy, moi avec les Gloires Locales puis en solo accompagné par les Dogs pour l’album « La colère Monte », Vincent et moi ensemble avec les Rythmeurs puis avec Gilles Tandy et les Rustics. Ensuite j’ai totalement arrêté, tandis que Vincent avait repris avec son groupe Bring That Noise.

De nouveaux visages ont rejoint l’aventure. Vous pouvez nous les présenter ?

GIlles Tandy. On a redémarré avec la formation originale puis Didier Perini qui jouait avec Vincent Denis dans Bring That Noise nous a rejoint à la basse début 2014, ensuite Clément Lagrega a remplacé Romain Denis quand celui-ci a arrêté ; après le  départ d’Alain Royer le 2eme guitariste – qui ne jouait pas sur le 45 tours mais qui faisait partie du combo de départ…vous suivez ?- on a évolué à quatre (vx guitare basse batterie) jusqu’à l’été dernier. Outre Didier, Vincent et moi, la nouvelle formation comprend aujourd’hui Jérôme Bordage à la batterie et France Vitet, qui nous accompagnait déjà sur plusieurs morceaux du disque, aux claviers.

Musicalement, si je vous dis que cet album s’inscrit finalement dans la continuité de votre mythique 45 tours, j’ai tout bon ?

GIlles Tandy. Je pense que tu es dans le vrai, d’ailleurs, certains titres (Catalogues, Né pour Dormir et les Fils de riche) datent de la première époque, sans avoir cherché à reprendre l’histoire là où elle s’était arrêtée. C’est dans cette direction qu’on allait avant la séparation et c’est ce qu’on a continué à faire Vincent et moi avec les Rythmeurs et avec les Rustics.

c’est devenu un repère de vieux cons. Il y a même des colloques autour du punk, certes ça permet à quelques-uns de ressortir du bois avant de plonger dans la sénilité

L’esprit punk est toujours là ?

Gilles Tandy. Ça, on n’en a absolument rien à secouer, le terme punk a été utilisé à toutes les sauces ces derniers temps pour les besoins du quarantenaire d’un truc qui abhorrait les célébrations. Aujourd’hui, c’est devenu un repère de vieux cons. Il y a même des colloques autour du punk, certes ça permet à quelques-uns de ressortir du bois avant de plonger dans la sénilité, mais entendre des universitaires déblatérer sur l’influence qu’a eu ce mouvement dans la  société, il y a de quoi pisser de rire. Laissons le punk là où il s’est arrêté, ça évitera à certains de raconter tout un tas de conneries.

Est-ce que ça a été difficile de faire cet album ?

Gilles Tandy. Lorsqu’on a repris, nous avons vite compris que les standards avaient changé. Fini le temps où après avoir enregistré une maquette, tu attendais en vain l’avis éclairé du guignol d’une maison de disque. Il était clair qu’il allait falloir se prendre en main.

On a profité des subsides générés par la compile Born Bad et par les droits de  passage de « fier » et de d’ »euthanasie » dans le film « Je suis mort mais j’ai des amis » réalisé par Guillaume et Stéphane Malandrin, ainsi que du maigre pécule qui nous restait des concerts pour faire une maquette dans un petit studio parisien, puis, une fois réuni le matériel disponible, enregistrer ces dix morceaux en cinq jours de prise ; ensuite nous avons suivi le processus qui mène à la finalisation d’un album (mixage, mastering, pochette) ; jusqu’alors nous n’avions jamais pris en charge l’intégralité de la production, ça s’est avéré un peu plus long que prévu. La plupart des groupes tend à présent vers cette forme d’artisanat. En ce qui concerne le label –toute la partie fabrication, logistique, commerciale et administrative – le choix s’est vite imposé.

On retrouve la signature d’Eric Tandy (frères de Gilles, ndrlr) sur vos paroles mais pas que. Vous en signez vous aussi, en français bien sûr. C’est essentiel pour vous ?

Gilles Tandy. Je crois que ce vieux débat est clos depuis des années, pour nous c’est une question de confort.

il me semble que Bernard Tapie qui avait une approche du business autrement plus aiguisée que la nôtre n’a sorti que deux 45 tours.  Rien n’est évident dans ce milieu.

Retour en 1978. Un 45 tours, quelques concerts, quelques bagarres…. et puis bye bye. C’était un peu dur non ?

Gilles Tandy. À deux reprises, on a eu de gros problèmes avec des videurs qui étaient le bras armé d’organisateurs malveillants, ce qui était très courant à l’époque, mais Il n’y a jamais eu de bagarre pendant les concerts des Olivensteins, tous ceux qui nous suivaient peuvent en témoigner. Pour le reste, il me semble que Bernard Tapie qui avait une approche du business autrement plus aiguisée que la nôtre n’a sorti que deux 45 tours.  Rien n’est évident dans ce milieu.

Le groupe est devenu une légende dès les années 80, un groupe dont tout le monde parlait mais que finalement peu de gens avait vu ou même entendu. C’est confortable d’être une légende ?

Gilles Tandy. Nous avons toujours trouvé ça grotesque, nous préférons concourir dans la catégorie « découverte ».

Quel(s) souvenir(s) gardez- vous de ces débuts sur les scènes rouennaises et parisiennes ?

Gilles Tandy. Tout ce qu’on a vécu durant cette période est déjà relaté dans le livret de la compile Born Bad sortie en 2011;  je ne vois pas ce que je peux rajouter de plus. Ça a été une post-adolescence plutôt heureuse, j’ai d’ailleurs connu des moments très marquants avec tous les groupes dans lesquels j’ai joué.

D’autres ont certainement vécu une effervescence similaire en d’autres lieux et à d’autres époques.

Aujourd’hui,  des mères de famille fredonnent avec nous « Patrick Henry est innocent » lorsqu’on le joue mais on ne sent pas chez elles une envie soudaine d’étrangler leur môme….

On dit que vous vous êtes splité à cause de votre nom emprunté à un médecin éminent qui luttait contre la drogue et qui n’aurait pas du tout apprécié la plaisanterie. Mais je crois savoir qu’il y avait aussi toute la polémique autour du titre très provocateur « Pétain Darlan c’était le bon temps » qui n’avait pas été compris par tous de la même manière…

Gilles Tandy. Aujourd’hui, certains se focalisent sur ce titre qu’on a finalement assez peu joué parce que jugé rapidement assez mauvais. Au départ, Eric l’avait écrit en réaction aux crétins qui arboraient des croix gammées en gueulant « Anarchy » et peut être en pensant à David Bowie débarquant dans sa Mercedes décapotable à Victoria Station au printemps 76 ; de mon côté,  je me faisais une joie de pouvoir rafraîchir la mémoire des anciens ; les anglais pratiquent souvent cette forme de second degré et de dérision dans leurs chansons, mais c’est plus compliqué à faire passer en français.

Je n’ai pas souvenir de problème particulier causé par ce morceau ;  les gens dans la salle gueulaient le refrain à tue-tête avec nous sans donner pour autant l’impression d’adhérer aux thèses de la révolution nationale – Aujourd’hui,  des mères de famille fredonnent avec nous « Patrick Henry est innocent » lorsqu’on le joue mais on ne sent pas chez elles une envie soudaine d’étrangler leur môme…. je me trompe peut être ?

A de très rares exceptions, tout le monde se marrait et chacun trouvait son compte dans ce foutage de gueule général mais c’est vrai que le contexte n’était pas le même. Il n’y a pas eu de polémique à l’époque, ce n’est que bien plus tard lorsque le climat s’est alourdi qu’il a fallu remettre les choses en place, auparavant, nous n’avions jamais eu besoin de nous lancer dans une explication de texte.

En matière de provocation, on pouvait pratiquement tout se permettre, jeter de la bidoche sur le public, chanter à la gloire d’un tueur d’enfant ou de ces deux salopards, prôner l’euthanasie pour les vieux, narguer les mecs qui partaient bosser etc… ça ne portait pas à conséquence vu que notre champ d’action se  limitait à Rouen et sa périphérie et plus tard sur une partie de la Normandie

Par contre, il est exact que l’apparition des skins et des punks à chien lors nos derniers concerts annonçait un basculement des mœurs ; ces nouveaux compagnons de route plutôt encombrants couplés avec les embrouilles causées par le toubib ne nous laissaient pas des perspectives très enthousiasmantes. On a préféré arrêter les frais.

Vous le regrettez ? Jouez-vous toujours ce titre sur scène ?

Gilles Tandy. On n’était pas devins, on ne pouvait pas imaginer en 1979 que les héritiers putatifs de ces duettistes feraient deux finales et un podium à la présidentielle et que leurs idées pourries seraient si présentes au cours des décennies suivantes. Bien entendu, on ne la joue plus, on écarte la rime facile…

Et le bon médecin, il est mort ? Aucun risque aujourd’hui ?

Gilles Tandy. On n’en sait strictement rien. Nous nous sommes bien gardés de lui poser la question.

Quand même, Rouen à cette époque, Mélodie Massacre, L’Exo 7, Les Dogs, Les Olivensteins, c’était le bon temps ? 

Gilles Tandy. Heureusement qu’il y avait tout ça sinon qu’est-ce qu’on se serait fait chier à Rouen !

si l’écoute des chansons des Olivensteins permet à certains de repousser l’arrivée d’Alzheimer, c’est tant mieux

Ça vous arrive d’être nostalgique ?

Gilles Tandy. Le rock devient une affaire de vieux, c’est indéniable et si l’écoute des chansons des Olivensteins permet à certains de repousser l’arrivée d’Alzheimer, c’est tant mieux, mais tous ces mecs qui s’épanchent sur leur jeunesse perdue, ça me gonfle prodigieusement. Je n’ai pas encore l’incontinence d’un ancien combattant, ni l’éloquence d’un conteur.

Que reste-t-il de toute cette époque ?

Gilles Tandy. Quelques paquets de disques achetés au cours ces années, bien lourds à trimbaler lors de mes déménagements successifs.

Je vous ai vu sur scène à Nantes à l’occasion de l’événement « Fils de punk » organisé pour les 40 ans du mouvement punk. J’ai été très agréablement surpris par votre concert, très carré, très pro. C’était un concert important pour vous ?

Gilles Tandy. On a une forte connexion avec cette ville. Nous y avons joué dès 1983 avec les Rythmeurs et ensuite à plusieurs reprises avec les Rustics dont deux membres-Philippe et Jean Michel Daniau (Leo Seeger) étaient nantais. Ce concert nous tenait spécialement à cœur ; aujourd’hui, ça reste pour moi un moment particulier car c’est malheureusement la dernière fois que j’ai pu croiser mon ami Vincent Twistos (guitariste des Elmer Food Beat disparu cet été).

Le public est aujourd’hui plus avisé, les nouvelles générations ont amené une technique et un savoir-faire qu’on n’avait pas à l’époque, on ne peut plus se contenter de faire n’importe quoi. Sur scène, on s’efforce d’être généreux et à l’usure, on a fini par se mettre en place musicalement, on y gagne en sérénité.

Quel regard portez-vous sur le rock aujourd’hui ?

Gilles Tandy. Je n’ai pas un avis bien tranché là-dessus et la position du vieux sage qui ramène sa fraise ne me sied pas vraiment.

Je viens d’écouter « Brutalism » l’album de Idles c’est pas mal ; le chanteur a fondu les cendres de sa maman dans un tirage limité ; voilà une pièce qui pourrait trôner dans les conventions du disque au côté du 45 t des Olivensteins.

Quels sont vos projets ?

Gilles Tandy. Continuer à en profiter. On aimerait pouvoir jouer un maximum et de préférence, dans des endroits où on n’a pas encore mis les pieds, et qui sait ne pas traîner trente-neuf ans pour enregistrer un nouvel album…

Propos recueillis par Eric Guillaud le 17 décembre 2017

Plus d’infos sur les Olivensteins ici

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08 Déc

VedeTT : un nouvel EP dans le tambour

Ça roule pour VedeTT. Le groupe angevin, projet de Florent Vincelot aka Nerlov, sort cette semaine un nouvel EP, ainsi qu’un clip, et vous invite à le retrouver sur scène au Joker’s Pub à Angers dimanche 10 décembre…

© JÇrìme Sevrette

© JÇrìme Sevrette

Non, VedeTT n’a rien à voir avec la célèbre marque de machines à laver, encore moins avec la bière belge, VedeTT c’est le nom d’une formation angevine qui malgré un changement de line-up quasi-perpétuel s’est imposée sur la scène angevine et au delà avec un style bien à elle, une pop planante et raffinée, parfois chantée en français, beaucoup en anglais.

Nous avions interviewé Nerlov à l’occasion de son concert au festival Levitation France à Angers en septembre dernier, il nous expliquait alors ce qu’était VedeTT en ces quelques mots :

« C’est de la musique globalement rock… Ça passe par pas mal de choses différentes et ça évolue à chaque fois. Le premier album « Tuer les gens » est un peu new wave, un peu 80’s, un peu mélancolique… ».

À ceux qui pensaient trouver chez lui des influences Daho, Nerlov rétorquait : « Etienne Daho, je ne connais pas bien… Il parait qu’il faut que j’écoute les premiers albums pour comprendre la référence ».

« Pour faire simple, le groupe que j’ai le plus écouté et dont je m’inspire en grande partie pour ce projet, c’est Radiohead, mais ça y ressemble pas vraiment… Tant mieux. La base de VedeTT, c’est : « Le bad, la tension et le côté planant »… Ce qui m’inspire, c’est plutôt tout ce qui nous entoure que juste quelques groupes… Ça peut faire branleur/écorché/Raphaël de dire ça, mais c’est vraiment le cas ! »

Peut-être Nerlov les a-t-il finalement écoutés ces premiers albums de Daho, peut-être a-t-il plus vraisemblablement continué à écouter Radiohead, quoiqu’il en soit, ce nouvel EP qui sort le 8 décembre affiche de belles couleurs pop et indie. Losing All, c’est son nom, permet à VedeTT d’explorer de nouvelles voies, plus énergiques et dansantes avec It Seems To Be Natural, nonchalantes et élégamment jazzy avec Eyes. Ajoutez Losing All et  Get Off The Road qu’accompagne un clip très sombre, très inquiétant, et vous obtiendrez un EP qui tient sacrément bien la route.

Eric Guillaud 

Plus d’infos sur VedeTT ici. Le groupe sera en concert le 10.12 à Angers, le 11.12 à Paris, le 14.12 à Nyon, le 15.12 à Bulle, le 16.12 à Saint Gallen…

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30 Nov

INTERVIEW. Dix questions à After the Bees avant sa release party le 7 décembre à Stereolux

Il y a un mois sortait Let’s Rise, le premier album du duo folk nantais After the Bees. À quelques jours de la release party à Stereolux à Nantes, le 7 décembre, nous avons voulu savoir comment Cécile et Alexandra avaient vécu toute cette période. Rencontres, influences, travail sur la scénographie… elles nous disent tout ici et maintenant.

© Jean-Marie Jagu

© Jean-Marie Jagu

Votre premier album, Let’s Rise!, est sorti il y a maintenant un mois. Comment vous sentez-vous ?

Cécile. Nous sommes très contentes, parce qu’il a un bel accueil, et aussi parce qu’on va fêter cette sortie d’album dans de belles salles : La Luciole à Alençon le 2 décembre et Stereolux à Nantes le 7 décembre. La « release party » à Nantes nous fait d’autant plus plaisir que nos amis Mathias Delplanque, Nathalie Bernardini, Stéphane Babiaud et Céline Challet participent à cette soirée, pour la plupart en jouant des arrangements spéciaux sur nos morceaux!

J’imagine que la période a été particulièrement féconde en émotions et en rencontres de tous types. S’il fallait en retenir une, quelle serait-elle ? Et pourquoi ?

Cécile. After the Bees est un projet qui favorise les rencontres improbables, les lieux atypiques, les situations extraordinaires. Depuis que nous tournons ensemble, c’est un peu notre quotidien. Pour ne citer qu’un moment : le soir de la sortie de l’album, certaines personnes nous ont chanté des titres, parce qu’ils les avaient écoutés et aimés. Ça fait tout drôle, d’un coup le morceau appartient à tout le monde… C’est super émouvant.

Ce n’est jamais parfait un album. Il y a toujours quelques chose qui chagrine. On se dit qu’on aurait dû faire ceci ou cela autrement… C’est votre cas ? Avec le recul, il y a des choses que vous souhaiteriez changer ?

Cécile. Nous avons suivi chaque étape avec minutie. Nous voulions avoir du plaisir à l’écouter et à le faire écouter. La pochette aussi, réalisée par Coralie Marie sur une illustration d’Elise Roy, est vraiment belle, ça nous fait plaisir de présenter un bel objet! Bien sûr, dans un projet comme une réalisation d’album il y a des embûches. C’est une aventure qui a débuté il y a presque deux ans, alors sur une longue période, il y a des hauts et des bas, c’est bien normal! Nous apprenons de tout cela, nous ferons différemment pour le prochain, certainement…

On se nourrit toujours des anciens. Quelles ont pu être vos influences pour ce disque ?

Cécile. On se nourrit des anciens, et des nouveaux aussi. Souvent on cite Neil Young, référence aux cheveux blancs dont l’incroyable modernité musicale nous bouscule toujours. Nous avons toutes les deux écouté PJ Harvey en boucle dans notre chambre d’ado, aussi. Mais les sons qui nous attirent aujourd’hui sont des voix et des ambiances sonores comme ALT J, Half Moon Run, Moddi, My Brightest Diamond, Asgeir, Low Roar, Sigur Rós…

Quel album tourne en boucle chez vous en ce moment ?

Cécile. Là tout de suite, c’est un titre qui tourne : « Ego Song » de Chien Fantôme…

Quel est le dernier concert qui vous a bouleversé ?

Cécile. PJ Harvey à la Route du Rock, c’était fantastique!

Pensez-vous que le duo que vous formez Alexandra et Cécile est la bonne combinaison pour After the Bees ?

Cécile. Nous avons encore beaucoup d’envies de compositions ensemble, ce n’est que le début, on espère! On commence à expérimenter des sons avec notre collaborateur Christophe Sartori. Pour l’instant, on ne sait pas où ça va nous mener… On n’est pas à l’abri de voir la famille s’agrandir!

Un concert d’After the Bees c’est aussi une scénographie, une immersion dans des images. Pouvez-vous en dire un mot de ce spectacle qui accompagne l’album?

Cécile. On a envie que l’univers s’étende. On a envie de partager cette sensation qui nous parcourt quand on compose, souvent dans des endroits reculés, près de la nature. La scénographie vient d’un tableau du plasticien italien Claudio Palmieri : « Fluorescenza ». Nous voulions intégrer le tableau, en faire notre scénographie. Nous voulions capturer des images des lieux de résidences de composition et les utiliser comme lumière projetée sur nous pour fabriquer une lumière organique, mouvante. Christophe Sartori nous a accompagnées dans cette création, d’abord sur la scénographie et puis sur le mapping vidéo. On a demandé à Xavier Cailleau (les films du Dissident) de tourner les images. Et puis on a eu l’aide d’Anne-Cécile Gauthier, pour la cohérence visuelle, et c’est aujourd’hui l’éclairagiste et vidéaste Emmanuel Larue qui pilote tout cela.

Vous serez sur la scène de Stereolux le 7 décembre pour votre release party. Que représente cette soirée pour vous ?

Cécile. Nous sommes nantaises. C’est donc une grande fête que cette date du 7 décembre. On a hâte de présenter le nouvel album à ceux qui ne l’ont pas encore écouté, on a hâte de montrer ce qu’on est aujourd’hui sur scène. On a hâte de partager, ça va être chouette!

On me dit qu’il y aura des invités et des surprises. On peut en savoir un peu plus?

Cécile. Mathias Delplanque ouvrira la soirée. C’est un bidouilleur de sons dont l’univers est étonnant. C’est beau. Nous avons depuis longtemps cherché à travailler ensemble sans trouver le temps. C’est chose faite! Il interviendra sur l’un de nos morceaux!

Nathalie Bernardini, chanteuse et guitariste, intervient sur les albums d’Orange Blossom depuis longtemps. Elle a également joué en duo avec Alexandra au tout début du projet After The Bees. Nous avions envie d’essayer de faire sonner trois voix de femmes ensemble sur quelques morceaux. Et ça fonctionne plutôt bien…

Stéphane Babiaud est un ami musicien de longue date. Nous avons foulé les bancs du conservatoire ensemble, étant ados! Nous avions très envie de collaborer, de mélanger des univers. Et là aussi ça nous plaît bien…

Céline Challet alias Rose Boy est la complice musicale d’Alexandra depuis toujours. Elles ont joué ensemble dans Darling. Artiste multiple, elle compose aujourd’hui pour la scène dans le Groupe Fluo, entre autres… C’était donc évident qu’elle devait venir jouer avec nous. Elle terminera la soirée par un DJ set préparé pour l’occasion…

Merci Cécile et Alexandra

Plus d’infos sur After the Bees ici et  

After the Bees sera en concert le 2 décembre à La Luciole à Alençon, le 7 décembre à Stereolux à Nantes

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15 Nov

INTERVIEW. Un CD, un DVD et une BD pour les 30 ans de scène d’Elmer Food Beat

Vous allez me dire que ça fait bientôt deux ans qu’ils fêtent leurs trente ans de scène. Et vous avez entièrement raison. Mais les Elmer Food Beat ne s’en lassent pas de fêter les bonnes choses, nous non plus. Tout avait commencé avec l’album studio « À Poil les filles » sorti début 2016, les revoici avec un « Live en public avec des gens devant » en CD et DVD mais aussi avec une BD, oui oui, une BD un peu cochonne réunissant cinq histoires tirées de leurs chansons. Quand les Elmer Food Beat inventent l’actualité permanente…

© Jardin d'images

© Jardin d’images

Un album studio, une tournée interminable à travers l’hexagone, un concert de fou aux Nefs en juin 2016 et aujourd’hui un album live CD et DVD ainsi qu’une BD, c’est l’apothéose de pratiquement deux années de célébration marquées aussi, malheureusement par la disparition de Twistos.

« Nous n’avons pas songé à arrêter. Pour lui, pour continuer son oeuvre et son message de légèreté… », nous a confié Manou dans cette interview…

Trente ans de scène, c’est beaucoup et peu à la fois. Est-ce que vous avez réalisé tout ce dont vous rêviez ?

Manou. Presque tout. Il ne reste plus qu’à faire la première partie des Beatles. Ecrire une chanson avec Calogéro pour Johnny. Faire un duo avec Lady Gaga. Et jouer à Barcelone.

Si on vous donnait la possibilité de recommencer votre vie artistique à zéro, vous feriez quoi ?

Exactement la même chose, mais avec les organes de John, Paul et Rocco en plus.

Lors de ce fameux concert aux Nefs, le 11 juin 2016, vous êtes montés sur scène avec la musique de la série télévisée Happy days, c’était un jour particulièrement heureux pour vous ?

À chaque fois que l’on monte sur scène c’est un jour heureux pour nous.

On a une pensée bien évidemment pour Twistos qui était encore de ce monde à l’époque. On le voit jouer, chanter. Et puis… cette putain de maladie. Comment rester léger après ça ? Vous avez pensé arrêter ?

Non, nous n’avons pas songé à arrêter. Pour lui, pour continuer son oeuvre et son message de légèreté.

On le voit sur les images du DVD, il y a avait des gens devant la scène, des vrais gens, plein même, c’est d’ailleurs marqué sur la pochette de l’album, « avec des gens devant ». Vous les avez payés ?

Ça nous a coûté un bras, mais ça en valait la peine. Ils ont bien crié et applaudi, c’était beau…

Des punks, des ordinaires, des jeunes, des vieux, des gens seuls, des familles, des hommes, des femmes, plein de femmes, de très jolies femmes… c’est tout ça le public d’Elmer Food Beat ?

Oui exactement, c’est tout ça et bien d’autres encore. Surtout les belles filles.

Ça vous fait toujours chaud au cœur de voir cette belle popularité après 30 ans de scène ou vous êtes complètement blasés ?

Je crois même qu’on savoure davantage aujourd’hui, avec le recul, avec l’expérience. On se rend compte qu’on a une chance unique de vivre ça encore et toujours. Et d’autant plus avec le départ de notre pote, on se dit qu’on doit en profiter encore davantage.

Un album studio, une tournée, un concert exceptionnel aux Nefs, un live en CD-DVD et même une BD. On ne risque pas de l’oublier cet anniversaire. Si vous deviez en garder un souvenir, ce serait qui ou quoi ?

Un souvenir en particulier, je ne sais pas. Peut-être un concert d’exception à la Cigale le 4 juin 2016, vraiment un concert de folie, avec un des plus beaux rappels qu’on n’ai jamais eu. Et notre dernier concert avec Twistos à La Turballe le 24 juin 2017…

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On parlait de la BD à l’instant, est-ce que votre personnage de scène ne vient pas un peu de cet univers-là ?

Tout à fait Elmer Food Beat est vraiment un groupe directement issu de l’univers BD et également dessins animées à la Tex Avery.

Qu’est-ce qui vous a le plus influencé finalement dans votre parcours ?

Les Beatles, les Ramones, Coluche, Gotlib, Charles Bronson et Clint Eastwood.

À la fin du concert, vous affirmez que vous ferez encore plein de disques dans les trente prochaines années. Promis, juré ?

Promis, juré, craché…

Merci Manou, merci Elmer Food Beat. Propos recueillis le 14 novembre 2017 par Eric Guillaud

Manou et Grand Lolo seront en dédicaces à la Fnac de Nantes mercredi 15 novembre à 15h et au Salon international du disque à Rezé le 26 novembre à partir de 14h.

Plus d’infos sur Elmer Food Beat ici

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11 Nov

Space is the Place, le nouvel album intersidéral des Rennais Strup

Space Techno Rock Ultimate Project, Strup pour les intimes, est de retour sur notre bonne vieille Terre avec un album aux ambiances spatiales tamisées…

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Ne vous fiez surtout pas à la photo, les Strup peuvent avoir l’air étranges comme ça, de quoi les imaginer importés d’une planète lointaine mais non, ils appartiennent bien à notre monde, ils sont même rennais c’est dire, et balancent un rock galactique à faire rougir les étoiles.

L’album Space is the Place vient de sortir, dix morceaux pour embarquer avec eux dans un voyage spatial, attention à la marche, attention aux turbulences,vous entrez dans une autre dimension…

L’album Space is the Place est disponible sur toutes les bonnes plateformes de téléchargement.

Plus d’infos sur le groupe ici

09 Nov

Hellfest 2017 : le live de Trust disponible en CD et DVD

Imaginez la France sans Trust, ce serait un peu comme l’Angleterre sans les Rolling Stones, insensé. Alors, le retour d’une légende comme elle sur le devant de la scène méritait bien un CD et un DVD en live. C’est chose faite et pas n’importe comment puisque le concert enregistré n’est autre que celui donné au Hellfest à Clisson le 17 juin 2017…

© éric guillaud

© éric guillaud – Bernie et Norbert sur la scène du Hellfest

Bon Ok , ce n’est pas la première fois qu’ils nous font le coup du retour mais cette fois-ci semble la bonne. La preuve, depuis bientôt un an, le groupe n’a quasiment pas lâché la scène, baladant sa rage un peu partout en France et autour, de festivals en festivals, de concerts en concerts, de Genève à Paris, de Montpellier à Landerneau, en passant en juin dernier par Clisson et son fameux festival de musiques extrêmes.

Pour cette gloire du métal français des années 70/80, à l’époque on parlait de hard rock, le Hellfest était un passage obligé pour ce retour ne soit un énième retour sans lendemain. Il n’y avait jamais mis les pieds malgré ses récentes reformations, notamment entre 2006 et 2011, et il s’en souviendra, nous nous en souviendrons aussi, longtemps.

© éric guillaud

© éric guillaud – Bernie sous son bob fleuri

Un concert d’une heure sous un soleil de plomb et une chaleur étouffante. Mais cela n’a pas empêché le groupe de faire monter la température de quelques degrés supplémentaires avec ses tubes intergalactiques « Marche ou crève » ou « Au nom de la race » et les nouveaux qui figureront sur le prochain album studio du groupe, « L’Archange » et « Démocrassie ». Dans la foule, des cinquantenaires aux anges de retrouver un groupe qui a bercé ou agité leur jeunesse, des plus jeunes aussi qui découvraient la puissance des textes profondément engagés voire enragés de Bernie et les riffs acérés de Norbert le guitariste emblématique du groupe.

© éric guillaud

© éric guillaud – Nono sous le soleil exactement

Et à la fin ce cette quasi-heure de concert, l’hymne de toute une génération, attendue par quelques dizaines de milliers de festivaliers « Antisocial »…

Antisocial, tu perds ton sang froid / Repense à toutes ces années de service / Antisocial, bientôt les années de sévices / Enfin le temps perdu qu’on ne rattrape plus…

Au programme du CD et du DVD, l’intégralité du concert et un bonus, le duo entre Trust et le groupe américain Anthrax sur « Antisocial ». Un beau cadeau pour outs les amoureux du groupe, un concert qui avait marqué les esprits.

En attendant l’album studio – « plus punk que jamais » selon Bernie – annoncé pour la fin de l’année, Trust poursuit sa tournée « Au nom de la rage ». Il sera à Paris les 9 et 10 novembre à Loriol le 18 novembre à Perpignan le 19 novembre, à Ramonville le 21 novembre, à Valence le 22 novembre, à Saint-Herblain le 23 novembre, à Longuenesse le 25 novembre… Toutes les dates ici

Eric Guillaud

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