28 Sep

Nantes. Miss Machine, l’avenir de la pop est en marche!

Elle s’appelle Eloïse Boisseau aka Miss Machine, vous ne la connaissez peut-être pas mais elle pourrait bien apporter un peu de fraîcheur à la scène nantaise et au-delà avec une pop rock savoureuse couchée depuis ce matin sur un mini-album. Interview…

© Eric Guillaud

« Plus rock que Vanessa Paradis, plus pop qu’Emmanuelle Monet ex-Dolly, voici Miss Machine, une Nantaise de 20 ans tout rond qui pourrait bien faire parler d’elle dans un très proche avenir ».

Voilà comment je présentais Miss Machine il y a pratiquement deux ans à l’occasion de la sortie de son tout premier clip De quoi j’ai l’air tourné dans un salon de coiffure nantais. Difficile de ne pas tomber sous le charme…

La suite ici

26 Juin

DÉCOUVERTE. Le mystérieux duo angevin Rouquine sort son premier single

Mais qui se cache derrière ces formes géométriques ? Un nouveau groupe dont on connaît pour l’instant le nom, Rouquine, mais absolument pas les visages. Il vient de sortir son premier single, une rêverie électro-pop baptisée Cyborg, et en promet un nouveau tous les mois à partir de septembre…

J’aurais pu en introduction vous donner le pédigré des musiciens qui composent ce nouveau groupe mais on se limitera à dire qu’il s’agit d’un duo issu d’un groupe qui a marqué la scène ligérienne et au-delà, un duo qui aime James Blake et Orelsan, Alt-J et Son Lux, Boris Vian et la poésie, l’électro et le rap, la chanson française et la pop urbaine.

Pour le reste, nos mystérieux musiciens, peut-être de vrais cyborgs, nous expliquent le comment du pourquoi de ce premier titre…

« On ne savait pas où on allait et c’est comme ça qu’on a créé Cyborg. C’est le premier de la liste. D’autres vont suivre, une fois par mois. Toute une galerie de personnages qui viennent de ce qu’on a vu, entendu et vécu. Des bandes originales, des films dont on se fait les images ».

Si on ne se touche pas, est-ce qu’on se fera moins mal, tous en bluetooth et tout sera normal

« Cyborg, ça parle de l’amour qu’on se déclare les yeux rivés sur une lumière bleue, d’un date trouvé dans le big data, du technologique qui à la fois nous relie, nous sépare et nous transforme peu à peu, nous, les humains, en autre chose. Alors, à l’heure du sans contact généralisé, on peut dire que Cyborg résonne ». 

Propos recueillis par Eric Guillaud le 19 juin 2020

Plus d’infos sur Rouquine ici

22 Juin

LANE : encore plus puissant, toujours plus mélodique, un deuxième album pour le groupe rock angevin (INTERVIEW)

Quand il y a un peu plus que du Daria, un peu plus que du Thugs, c’est qu’il y a du LANE dans l’air. Le groupe angevin vient de sortir son deuxième album, du rock taillé dans l’urgence à grands coups de riffs acérés. Branchez les guitares…

© Rémi Sourice

L’avantage avec LANE, c’est qu’on est rapidement mis au parfum. Dès les premières mesures, le groupe rappelle si besoin qu’il n’est pas là pour nous jouer une berceuse mais pour nous balancer du rock, du rock à sa façon, aussi puissant que mélodique.

Petit retour en arrière, LANE est la contraction de Love and Noise Experiment, un peu de douceur, beaucoup de fureur. LANE, c’est aussi la réunion de cinq musiciens issus pour quatre d’entre-eux de groupes qui ont marqué la scène angevine et au-delà, Pierre-Yves et Eric Sourice des Thugs, Etienne et Camille Belin de Daria. Et un petit jeune au centre, Félix Sourice, fils de Pierre-Yves qui les a rejoint comme guitariste. Une belle réunion de famille !

Fondé en 2017, un EP en 2018, un premier album en 2019, un second en 2020 baptisé Pictures of a Century, près de 80 concerts… ça va très vite pour LANE,  aussi vite que sa musique, mais aucun risque que ses musiciens se brûlent les ailes, nous confie le batteur Camille : « Il y a des gens expérimentés dans l’équipe, on fait des choix, on prend des décisions, les partenaires avec qui on bosse sont des gens sencés, on sait d’où ils viennent, ils savent d’où on vient, tout fonctionne avec bon sens ». Interview…

La suite ici

18 Juin

Hellfest from Home : Le groupe nantais Regarde les Hommes Tomber en pleine ascension

Regarde les Hommes Tomber devait se produire au Hellfest le 21 juin prochain, il donnera finalement un concert sans public dans le cadre du Hellfest from Home le 18 juin. L’occasion tout de même de découvrir en live son nouvel album Ascension sorti quelques jours avant le confinement. Interview…

© David Fits

Le Hellfest, ils connaissent et ils adorent. Alors, bien sûr, les cinq musiciens du combo de black metal nantais se faisaient une joie d’y retourner jouer une troisième fois et communier avec les fans autour de leur nouvel album que d’aucuns considèrent comme le plus puissant de leur discographie, peut-être un tournant dans une « carrière » déjà bien engagée.

Mais voilà, un satané virus en a décidé tout autrement, reléguant le célèbre festival de métal à 2021 et leur projet de tournée à la rentrée. Tony le guitariste du groupe, nous parle de tout ça et de bien plus encore…

La suite ici

09 Juin

Nouveau clip et nouvel album, le groupe nanto-parisien Dust Lovers montre les crocs

Déconfinés et prêts à vous croquer les Dust lovers ! Du moins si l’on en croit leur nouveau clip à l’esprit draculien et ce troisième album au guitares acérées baptisé Fangs, crocs en bon français. Montez le son et sortez les gousses d’ail…

Dust Lovers © Elodie Besse

Vous les avez peut-être connus sous le nom de The Texas Chainsaw Dust Lovers. Bonne nouvelle, le groupe a opté pour une formule plus directe sans changer ou si peu son style, incisif.

Huit ans d’existence, deux albums au compteur, un passage mémorable au Hellfest en 2018, un changement de line-up en 2020 et les revoilà, prêts à nous replonger dans cette atmosphère cinématographique qu’ils affectionnent tant, avec un clip entièrement tourné à Nantes et alentours. Son nom, Goldie…

Un clip mais aussi un album à paraitre le 15 juin, Fangs, 11 titres dont la moitié, et c’est une nouveauté, composée au piano et non à la guitare. Alors, forcément, les aficionados de la première heure distingueront sûrement une évolution. Pour les autres, ça reste du rock, du bon rock qui déménage et vous enlace jusqu’à l’aube. Attention à la morsure !

Eric Guillaud

Plus d’infos sur Dust Lovers ici

Nantes. Le groupe DBStraße redonne vie à Stereolux après 80 jours de silence

Si Stereolux a retrouvé du son, ce n’est pas encore pour un concert mais pour une résidence. Quatre jours durant, le groupe nantais DBStraße a peaufiné le spectacle qui accompagne son nouvel EP Amours fauvessorti début mars. Rencontre…

© Annabelle Durand

Nous les avions interviewés en 2017 à l’occasion de la sortie de leur premier EP, Initial, nous les retrouvons aujourd’hui pour le deuxième, Amours fauves, sorti quelques jours avant le confinement.

Nous les retrouvons aussi sur une scène, oui, la micro de Stereolux à Nantes où ils ont élu domicile durant quatre jours. Une résidence, une des toutes premières résidences proposées par Stereolux depuis plusieurs mois, peut-être un début de commencement de retour vers la normale pour cet espace de création et de diffusion dédié aux musiques actuelles et une belle opportunité pour le groupe. DBStraße a pu travailler sur le prochain spectacle qui accompagnera la tournée d’Amours fauves dès la rentrée, un spectacle qui fait appel à la musique mais aussi au texte et à la vidéo.

Pensé et créé à Berlin, DBStraße est un projet d’élecro-pop intimiste emmené à l’origine par Doris Abéla et Benjamin Durand, rejoints depuis par la violoncelliste Suzanne Fischer, le guitariste Julien Vinçonneau et la vidéaste Annabelle Durand. En attendant de les retrouver en concert, Benjamin évoque avec nous cette résidence, le nouveau spectacle, l’EP, Berlin, Nantes… et l’avenir du groupe.

La suite ici

05 Juin

DÉCOUVERTE. Un peu de rêve et d’innocence avec le groupe angevin Kiss Doom Fate

Il y a du rêve dans la pop de Kiss Doom Fate, du rêve et de l’innocence, de celle qui apporte un peu de légèreté, et c’est plutôt bienvenue en ces temps de pandémie, de celle aussi qui contribue à explorer sans craintes de nouveaux territoires. Innocence, c’est aussi le nom du nouveau single du duo angevin. Il sort aujourd’hui. Interview…

© Nicolas Djavanshir

Le duo Kiss Doom Fate, KDF pour les intimes et les gens pressés, est né au début de l’année 2018 du côté de la capitale angevine. Vous l’avez peut-être déjà aperçu sur une scène ici ou là, notamment en ouverture du festival Tempo Rives en 2019, et remarqué son univers singulier.

Aux machines et à la basse, Yves-Pol. Au chant, Mathilda. Le premier vient du rock, la seconde du folk. À eux deux, ils proposent aujourd’hui une musique à l’esthétique ciselée, un doux mélange des genres et d’expérimentations sonores, une pop onirique et sensuelle emmenée par la voix puissante de Mathilda.

Le duo vient de sortir un nouveau single, Innocence, l’occasion de le rencontrer et, peut-être pour vous, de le découvrir…

Bonjour Kiss Doom Fate. Comment allez-vous en ces temps étranges?

Yves-Pol. Avec le confinement, nos plans ont été complètement renversés, difficile de savoir de quoi demain sera fait. En revanche, ça n’est pas parce que les concerts live ne sont plus possibles qu’on ne peut plus proposer notre musique aux gens. Je pense que les gens ont tout autant besoin de musique qu’avant, et on fait de notre mieux avec ce qu’on sait faire !

Mathilda. C’est un temps de montagnes russes. Mais, il y a beaucoup de bonté et d’intelligence chez les gens et on a la capacité d’améliorer les choses. Et puis, la musique est là, et c’est une des choses principales auxquelles je m’accroche. Je suis attirée par l’idée que de la destruction surgit la transformation, la nouveauté. Je suis convaincu qu’il y aura plein d’opportunités à l’avenir. Il faut être prêt à les accueillir et à prendre des risques !

Kiss Doom Fate, c’est qui c’est quoi au juste ?

Yves-Pol. Ce sont deux voisins qui sont devenus amis puis partenaires de musique ! On avait des projets solo mais on a rapidement accroché et commencé à partager des idées. On a d’ailleurs fait notre tout premier concert dans l’appartement de Mathilda, avec des amis. Parfois on repense à tous les hasards qui nous ont mené jusqu’ici et on se dit qu’on aurait jamais pu prévoir ce qui allait nous arriver !

Mathilda. La scène qui me vient en tête quand je pense à nos séances de création : le son de liquides qui bouillent, des tubes aux formes étranges et de la fumée couleur néon vert et rose ! Pour moi, quand une chanson naît de notre collaboration, c’est comme une potion magique. On pourrait pourtant imaginer que travailler ensemble serait impossible. À première vue, tout nous oppose. Yves-Pol, lui, c’est les musiques électroniques, tout ce qui est gear & technique, maximaliste, frénétique. Il est très au courant des nouveautés. Je tends vers la musique folk et classique, plutôt mélodieuse, une esthétique naturelle, et un penchant pour tout ce qui est lié au Slow Movement et Deep Time (processus géologiques, par exemple). Finalement, on se complète bien !

Pourquoi ce nom ?

Mathilda. Ça vient d’une phrase d’une de nos premières chansons “spin the bottle / kiss doomed fate / send our messages over the waves”

Vous dites être un duo de fever dream pop, c’est quoi au juste la fever dream pop ?

Yves-Pol. C’est une association de mots qui nous plait : la dream-pop est un style dans lequel on nous catégorisait souvent à nos débuts. Ça ne correspondait pas trop au niveau de l’esthétique, mais on aimait beaucoup la partie “rêve”. Du coup on se l’est réapproprié en ajoutant fever dream, le rêve fiévreux.

Mathilda. La fièvre c’est inquiétant, ça cristallise les sensations, ça nous fait peur car ça indique un autre problème… on aime explorer ça.

Question incontournable, quelles sont vos influences ?

Yves-Pol. Je suis très influencé par la mouvance cyberpunk, de BladeRunner à Ghost In The Shell en passant par des œuvres moins connues comme Serial Experiment Lain. Si je dois citer des noms de musiciens qui nous inspirent, ça peut aller de Doja Cat à Grimes, Nicky Minaj, Travis Scott et bien sur des classiques du type Massive Attack, Radiohead ou MIA.

Mathilda. À l’origine de mon approche des paroles, on trouve les traditions de storytelling et de poésie de la folk traditionnelle et des années 60’s. J’aime l’écriture flux de conscience,un concept qui est aussi lié à mes intérêts pour le bouddhisme et la psychologie. Par rapport à la voix, je suis inspirée par les artistes qui explorent les multiples facettes de leur timbre et identité vocale, tout en gardant un fil conducteur, je pense notamment à Bob Dylan et Doja Cat.

Innocence est votre nouveau single à sortir le 5 juin. Fébriles ?

Yves-Pol. Toujours un peu ! C’est bizarre de sortir un single car avec tous les délais liés à la sortie, il y a un décalage entre qui on était au moment de l’écriture du morceau et qui on est maintenant. On se retrouve à promouvoir un projet qu’on aime, mais on a déjà la tête dans de nouvelles idées… C’est particulièrement vrai pour nous car, bien qu’on travaille de plus en plus en équipe avec des pros, on a fondamentalement une approche DIY, que ça soit sur la création, la production et aussi la promotion.

Mathilda. J’aime ce que nous avons concocté et j’ai hâte de le partager. De manière générale, je préfère le processus de création au produit final. C’est un long chemin qui est exaltant et parfois pénible. Ce tourbillon m’apporte beaucoup. Je garde d’ailleurs des vieilles versions de nos chansons et de nos conversations, car pour moi c’est là où je me rappelle des moments de vie les plus croustillants !

Que raconte Innocence, que racontent vos textes en général ?

Mathilda. Souvent​, ​je tourne vite la tête quand il y a une introduction dans un livre, ou un teaser pour un film car je ne veux pas être influencée. C’est pour cela que je préfère ne pas expliquer mes paroles pour laisser la place à l’interprétation.

Un mot tout de même sur l’innocence ? Que représente-t-elle pour vous ?

Mathilda. L’innocence c’est une qualité en nous qui est sauvage et souvent secrète – un mélange de légèreté, d’énergie, et de malice. Quand elle surgit, ça donne des frissons, on perçoit le temps différemment. J’ai l’impression que peu de personnes voient nos moments d’innocence car ces derniers exigent chaleur, vulnérabilité et confiance. Notre société ne favorise pas d’être à vif comme ça. C’est à oublier, à refouler. Je commence à comprendre que c’est une qualité qui peut se cultiver, tout en sachant qu’elle restera fugace.

Yves-Pol. Pour moi, l’innocence c’est presque une forme d’ignorance nécessaire. C’est quelque chose qui est fait pour être perdu à un moment du voyage, l’innocence est brève. Mais c’est dans l’ordre des choses, pas besoin de se sentir coupable : au contraire il faut l’accepter.

KDF fait pour la scène ou le studio ?

Yves-Pol. On produit tout depuis nos home studio respectifs, et j’ai un amour particulier du travail en studio. Le fait de pouvoir expérimenter, d’apprendre toujours de nouvelles choses, d’enregistrer un son puis d’en faire quelque chose qui n’a rien à voir… On a construit notre set live autour de notre album studio avec un objectif : s’éclater sur scène.

Mathilda. Les deux ! On travaille minutieusement le soundscape, les paroles et l’atmosphère de nos chansons. C’est pour ça que je recommande de les écouter dans le noir avec un bon casque afin de pouvoir s’immerger – notamment avec Old Wing, qui, pour moi, est une chanson à écouter en toute intimité. Ce que je trouve intéressant sur scène, c’est le mélange d’énergie et d’adrénaline entre le public et nous. Descendre dans la foule : c’est une sensation complètement unique.

Quel album tourne en boucle actuellement sur votre platine ?

Yves-Pol. “Nothing is true & Everything is Possible” du groupe Enter Shikari, qui mélange métal, pop et musique électronique. Ils arrivent a faire une musique unique et raffinée à partir d’une recette franchement dangereuse !

Mathilda. Je me laisse emporter par une playlist d’artistes variés. Par exemple, “L.O.V.E” de Kendrick Lamar (feat. Zacari), une des meilleures chansons que j’ai entendues depuis longtemps, grâce à l’émotion exprimée, le flow, et la production. J’écoute aussi “Apocalypse” de Cigarettes After Sex, une chanson avec un grain agréable et une atmosphère intime, et “One Step Ahead of Heartache” une chanson parfaite par la diva éternelle, Aretha Franklin.

Un single et demain, à quoi risque de ressembler votre futur proche ?

Yves-Pol. On veut continuer à explorer de nouvelles sonorités, textures, grains, à travailler ensemble et à proposer des sons avec le plus d’intensité possible. Je m’intéresse à la synthèse granulaire en ce moment qui me permet de transformer des sons banals en hurlements d’un autre monde : ça fait un cocktail redoutable avec le chant de Mathilda. Vraiment y aller à fond et faire une musique qu’on ne peut ignorer.

Mathilda. Pendant ces prochains mois, on va se focaliser sur le prochain single et pousser toujours plus loin notre esthétique en vidéo-collage. Et justement cette prochaine sortie est une composition pleine d’espoir qu’on a hâte de partager.

Merci Mathilda et Yves-Pol, merci Kiss Doom Fate. Propos recueillis le 29 mai 2020 par Eric Guillaud

Plus d’infos sur Kiss Doom Fate ici

26 Mai

DECOUVERTE. le groupe nanto-manceau CORBO met les watts avec son premier album « Héros sur mesure »

Avec ces temps bizarres, on aurait tous besoin d’un supplément de poésie. Ça tombe bien, la poésie, c’est leur affaire. Ils viennent de sortir un premier album taillé au burin et à l’amour comme ils disent, rencontre avec des CORBO qui ont plutôt bonne réputation…

© Robin Cavaillès

Pas facile de les catégoriser mais est-ce vraiment nécessaire ? Depuis 2016, les CORBO font dans la « poésie électrochoc », une formule qui a finit par s’imposer et qui leur colle finalement plutôt bien aux plumes.

Car oui, Corbo, c’est d’abord des plumes, une écriture musicale ciselée aux confins du hip hop, du rock et de la chanson française, et des textes slamés qui racontent le temps qui passe, l’amour, la vie. Le poids des mots, le choc des rimes ! Mais le mieux pour parler de tout ça, c’est encore eux. Interview…

Bonjour les Corbo. Comment allez-vous en ces temps étranges ?

Simon. Bonjour, ça va plutôt bien ! On essaie d’optimiser ce qui nous manque d’habitude et qu’on a en excès en ce moment : du temps pour créer, pour réfléchir. On en profite pour enregistrer des choses, explorer de nouvelles pistes avec notre nouveau synthé-man Jérémie Frémont, mais à distance (on vit plutôt éloignés : Nantes/Le Mans/Tours).

Nous avons également commencé une collaboration avec une manageuse bookeuse : Judith Vergnaud, rencontrée à Nantes en début d’année. On prépare le futur tranquillement avec elle, on s’organise en croisant les doigts pour pouvoir refaire des concerts au plus vite, et sortir cet Ep dans les meilleures conditions.

Enfin, coincés chez nous, on a eu l’idée d’un clip réalisé à partir d’un film de zombies (La Nuit des Morts Vivants, de Romero), qu’on a entièrement démonté/remonté et destructuré pour en fabriquer un objet surréaliste. On a tout fait à distance, ça nous a pris beaucoup de temps, mais on a adoré faire ça et on espère qu’il plaira aux gens autant qu’à nous.

Rien n’arrête la musique, pas même un mauvais virus, vous sortez votre premier EP le 22 mai. La route a été belle jusqu’ici ?

Simon. Oui, Corbo est un projet encore neuf qui a eu l’occasion de faire de belles scènes depuis le début en 2017. On avait besoin de marquer le coup et d’enregistrer cet Ep pour pouvoir avancer, comme une photo des 2/3 premières années. Il sort dans un contexte peu favorable, mais on n’y peut pas grand chose, il vivra sur scène dès que possible, et on lui fera des petits frères rapidement 😉

On l’a réalisé de manière assez artisanale, chez nous, avec l’aide de notre sondier Anthony Deneufve. On est allé chercher un peu plus loin que sur le live du côté des synthétiseurs, et on a ré-arrangé certains morceaux pour avoir un objet vraiment fini. Nous avons demandé à un graphiste nantais qui travaille souvent avec le réseau Beatbox France (Tenseï) d’établir un visuel en cohérence avec le contenu de l’Ep. On adore son travail, il vient vraiment mettre le nôtre en valeur.

Il s’appelle Héros sur mesure, « taillé au burin et à l’amour » dites-vous, un peu brutal et un peu doux en même temps ?

Simon. C’est un peu le principe… on aime beaucoup explorer cette dualité dans la musique avec Corbo, ces deux énergies opposées sont les limites, et l’oscillation de l’une à l’autre permet de rendre la musique vivante.
Cet Ep, on l’a fabriqué avec nos petites mains et nos petites oreilles, c’est aussi un peu ça le burin et l’amour ; la démarche du DIY parce qu’on n’a pas le choix, et aussi et surtout parce qu’on aime ça.

Corbo, c’est un savant mélange de rock, de hip hop, de chanson française avec des textes slamés, du beatbox, des synthés et une guitare ténor. Quelles ont pu être vos inspirations pour un tel mélange des styles ? Et de quoi nous parlent vos textes globalement ?

Simon. C’est toujours compliqué de mettre un ou des noms de styles sur ce qu’on produit, surtout quand on ne l’a pas pensé avec une étiquette, récemment on a trouvé la formule Poésie Électrochoc pour définir la musique de Corbo, ça fait une nouvelle case qui nous va bien.

On aime beaucoup la couleur d’Odezenne, l’énergie de Feu! Chatterton, un groupe de Namur qui s’appelle Glauque, Radiohead, James Blake, Ratatat, Foals, de la littérature avec Prévert, Kerouac, Bukowski, Queneau…

Les textes de l’Ep ont été écrits à partir de rêves, de souvenirs (Mets Les Watts, Jungle) ; de questionnements sur le sens de la vie, sur l’amour propre, le temps qui passe (Miroir, Les Géants) ; il y a aussi le poème de Gaston Couté qui résonne incroyablement vrai aujourd’hui à propos de la place des gens dans la société (Gueux).

La vie reprend doucement, les concerts pas vraiment, quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Simon. On va espérer très fort que 2021 ressemble le moins possible à 2020 ; et comme on est plutôt optimistes, tout ira bien.

On va répéter beaucoup, et créer de nouveaux morceaux pour refaire un disque avec une couleur probablement plus électro ; travailler en résidence pour proposer un show foufou
sans distanciation sociale avec du gros son et des queues leu leu spontanées.

Merci Corbo, merci Simon. Propos recueillis par Eric Guillaud le 24 mai 2020

Plus d’infos sur Corbo ici

12 Mai

Besoin d’air ? Le Nantais Arnaud Fradin et les Normands Hawa Sow & The Soul Seeders à portée de voix

On a pu le constater maintes fois durant ce confinement, rien ne peut arrêter la musique. Et quand un grand nom du blues français, le Nantais Arnaud Fradin, croise la voix de Hawa Sow, du projet Hawa Sow & The Soul Seeders, ça donne Yesterday, une pépite soul qui pourrait bien nous redonner le sourire…

Hawa Sow © Arnaud Rouyer

D’un côté, Hawa Sow & The Soul Seeders, un projet basé en Normandie accompagné depuis quelques années par la chanteuse Hawa Sow. De l’autre, un Nantais, une pointure dans le monde du blues et de la soul, le sieur Arnaud Fradin, aka Malted Milk.

Entre les deux, plusieurs centaines de kilomètres, plus qu’il n’en faut pour répondre aux exigences d’une distanciation sociale raisonnable en ces temps d’épidémie, mais pas assez pour interdire à ces deux-là de partager leur amour de la musique soul sur un titre, un single, baptisé Yesterday

« Ce fut pour moi… », explique Arnaud Fradin, « l’occasion de découvrir une jeune formation passionnée par la soul music comme nous avec Malted Milk  !! A leur invitation pour un titre cela m’a plu de jouer le jeux et faire ça à distance car nous n’habitons pas dans la même région. Expérience inédite pour moi  jusqu’ici mais très intéressante. Leurs compositions sont bien arrangées et interprétées.  Fier d’avoir participer à ce bel album ! « 

Arnaud Fradin et Hawa Sow – extrait du clip Yesterday

Ce nouveau single en duo est extrait d’un album à paraître le 15 mai, le premier du groupe Hawa Sow & The Soul Seeders, baptisé Make it Happen. La chanteuse Hawa Sow et le batteur-producteur-manager du groupe, Pierre Carlin, nous expliquent :

« Lors de la création de notre premier album Make It Happen, nous avons eu l’envie d’y mettre des moments de ces quatre années d’expériences. L’idée de réaliser un duo avec Arnaud Fradin est apparue comme une évidence! Nous le suivions depuis longtemps dans ces différents projets lorsque nous avons eu la chance de partager la scène avec Malted Milk le 2 décembre 2017 à l’Espace Caravelle de Meaux. Nous lui avons donc envoyé un message plein d’espoir avec nos titres et il a accepté! Nous avons choisi de reprendre le morceau Yesterday qui figure déjà sur notre EP sorti en 2017. Arnaud n’a pas fait que poser sa voix, il a aussi joué une ligne de guitare qui parcourt tout le morceau. Nous sommes très fiers de cette nouvelle version! »

Plus d’infos sur Hawa Sow & The Soul Seeders ici, sur Arnaud Fradin et Malted Milk .
.
Eric Guillaud

11 Mai

Besoin d’air(s) ? Les artistes de la scène indé du Grand Ouest reprennent des hits de la chanson française

Une compil ? Non, une méga compil, quinze titres, autant de reprises, et un clip pour fêter tout ça, c’est ce que nous offre le label nantais Pale Figure Records pour accompagner notre déconfinement…

extrait clip Mega Compil Des Tubes de Darons

Et de trois ! Nathan Leproust, le boss du label nantais Pale Figure Records, n’est pas peu fier de ce troisième volume de la Méga Compil des Tubes de Darons réunissant la crème de la scène indé du grand ouest de la France, des artistes originaires de Brest, d’Angers, de Nantes ou encore de Rennes.

« Tout a démarré l’été dernier… », nous explique Nathan Leproust, « avec un premier volume réunissant des d’artistes principalement issus de la scène nantaise, des artistes que je connais. On s’était dit qu’il serait drôle de reprendre certains titres de la chanson française, des chansons qu’on aime vraiment mais qu’on n’a pas l’habitude de jouer, des tubes mais aussi des titres plus confidentiels ».

Avec ce nouveau volume, le principe est identique. Mais les musiciens viennent de tout le grand ouest de la France. Il y a encore des Nantais bien sûr comme Trainfantome, Fairy Tales in Yoghourt mais également des Angevins comme Nerlov, La Houle ou Chahu, et des Bretons, Lesneu, Tropique noir…

« Pour tous, c’est en quelque sorte un hommage même si on reprend les morceaux à notre sauce, un hommage et une cours de récréation. Quand on travaille sur un album, c’est très réfléchi, là c’est plus libre ».

Côté reprises, les amoureux de la chanson française sont servis avec du France Gall, du Jean-Pierre Mader, du Christophe, du Aznavour et même du Joe Dassin.

Une compil… et un clip pour fêter tout ça, un clip réunissant une trentaine d’artistes autour d’une reprise d’Eddy Mitchell, La même tribu.

Eric Guillaud

La compil est en écoute et en vente ici