20 Nov

Plus rock, plus assumé, le Degree nouveau est arrivé (INTERVIEW)

Confiné, déconfiné, reconfiné, mais au travail, l’artiste nantais Degree est de retour avec un nouveau single, un nouveau clip et de nouvelles sonorités. Rencontre…

extrait du clip Part of it

Nous l’avions croisé en 2018 (interview à retrouver ici) le projet n’avait alors que trois ans d’âge et lui-même 19 ans mais le Nantais affichait déjà une belle maturité musicale qui lui assurait, prédisait-on sans trop de risque, un bel avenir. L’avenir est là, Grégoire Dugast, alias Degree, revient avec un nouveau single qui marque une étape décisive dans sa jeune carrière avant la sortie d’un prochain album.

Repéré en 2016 par la radio KRCW de Los Angeles, sélection 2018 des Inouïs du Printemps de Bourges, du Fnac Live et des Inrocks Lab, Degree sort dans la foulée un premier EP co-réalisé avec 20syl, son oncle. Nous sommes en février 2020, la pandémie interrompt toute velléité de concerts mais Degree reprend sa plume et sa guitare pour composer à nouveau.

Part of it est le nom de son nouveau single, un nom anglais pour un titre chanté en partie en français et évoquant l’amour, la famille, les non-dits, les silences. Interview…

Nous t’avons rencontré en 2018, tu revenais de Bourges et te trouvais confronté à des choix décisifs qui allaient selon tes propos t’engager sur plusieurs années. As-tu réussi à faire ces choix, et les bons choix ?

Degree. Ces choix étaient ceux de l’entourage comme du son. Qui choisir pour avancer ? Quel son me définit et vers où aller ? Qu’ai-je à dire ? Au final, je ne peux pas savoir si les choix que j’ai fait sont les bons choix ou du moins je le verrai sur la durée mais je suis allé vers ce qui me correspondait le plus. Après un an d’expérimentation musicale, je suis fier de la musique que j’ai réalisé en équipe et j’ai conscience des thématiques qui me touchent et inspire mes compositions.

En deux ans, il peut se passer pas mal de choses pour un artiste. Concerts, rencontres, album… et pandémie. Comment as-tu vécu tout ça?

Degree. Deux ans c’est énorme et ça passe si vite en même temps. Pendant cette période, j’ai tout d’abord beaucoup remis en question ma musique, pourquoi j’en faisais et comment je m’exprimais. En parallèle, j’ai sorti mon premier EP Draw to an end qui marque mes débuts, l’aboutissement de mes premières compostions comme la fin d’une première exploration. Ces tracks m’ont permises de mettre en place un set que j’ai pu jouer en live, c’était que des premières pour moi, différents publiques, différentes scènes et conditions. J’ai appris à apprivoiser la scène jusqu’au moment de défendre mes tracks après la sortie de l’EP en mars 2020, c’est à ce moment que les choses ont changé pour le live.

C’est frustrant de se sentir bloqué dans le développement d’un projet, cependant ce sentiment a évolué grâce à mon équipe. Cela faisait un an que je travaillais avec 2 producteurs, Simon Quénéa et Pierre Cheguillaume (membres du groupe INUIT). Pour nous, au final, ce sentiment s’est transformé en une plus grande motivation dans la réalisation de nouvelles tracks. À la sortie de la première quarantaine on a alors directement embrayé sur mon premier album alors qu’on possédait une cinquantaine de maquettes.

Avec ce nouveau single, Part of It, on a le sentiment que tu as pris un virage à 180° et que, peut-être, tu t’es trouvé ? Que s’est -il passé ?

Degree. Ce premier morceau vient trancher avec ce que j’ai pu proposer dans mon EP, c’est vrai. Mon travail se retrouvait souvent dans les mêmes sonorités et avancer en groupe m’a permis de développer l’univers de mes morceaux de manières plus distinctes. Part of it puise dans la pop, dans la culture anglaise. Ce track ne doit pas être considéré comme le seul son que je fais, comme « ma nouvelle sonorité » mais comme un pas plus assuré vers une musique sincère qui s’affranchit des étiquettes.

Tu chantes en français pour la première fois je crois. C’est aussi un gros changement…

Degree. Dans mon premier EP j’ai expérimenté le français à travers Feu et un peu dans Forgetting. Pour autant, je me cachais dans des métaphores et des idées assez vagues. Je n’étais pas encore sur de moi.

Lors de la composition de Part of it, j’ai tout d’abord écrit en anglais par habitude et pour éviter de me bloquer dans l’expression de ce que je ressentais. Cela me permettait de garder une distance avec le texte. Au fur et à mesure de ma prise de conscience sur l’importance d’en faire un titre français à refrain anglais j’ai eu la chance de rencontrer une artiste/auteure très talentueuse, Zaho de Sagazan. Ensemble on a pu aboutir à un texte qui exprimait simplement ce qui me pesait et que j’avais besoin de délivrer. Travailler avec elle m’a donné une vraie confiance en moi par rapport à mon écriture et un échange, une assurance, sur ce qui était dit et comment il était exprimé.

Ce titre parle de la famille et d’amour ou plutôt du manque d’amour. Tu peux préciser ?

Degree. Ce titre parle d’amour dans une famille, la volonté d’être uni, la peur de blesser, de déstabiliser et le sentiment d’appartenance. C’est un titre qui résonne avec des expériences vécues. J’ai pu critiquer plus jeune les non-dits familiaux, ces silences qui pèsent, les sujets sur lesquels on évite de poser des questions. Cependant, lorsque je me suis retrouvé à cacher mon petit ami à ma famille par peur d’incompréhension et de rejet, je faisais moi-même alors partie des silences, non-dits et sujets à éviter.

Part of it commence par la prise de confiance que j’ai eu ces derniers temps vis à vis de certains membres de ma famille. J’y peins par la suite la présentation de mon copain et les doutes qui accompagnent celle-ci. Le refrain, lui, exprime mon sentiment d’appartenance à un groupe que je critique mais dont je fais également partie.

Pourquoi ce nom, Part of it ?

Degree. Part of It signifie « (faire) partie de ça ». Ce titre fait tout d’abord référence au sentiment d’appartenance à la famille et aux défauts que je critique dans cette chanson. Part of It est utilisé aussi pour désigner mon copain que j’invite à faire partie de ma famille « now you’re part of it too »/« maintenant tu en fais partie aussi ».

Nouveau single, nouveau son… et des collaborations avec Inüit pour la compo, Stan Neff pour le mixe et Louis Lekien pour le clip. Une belle équipe qui te suivra sur l’album à venir ?

Degree. Exactement, le son sera réalisé par la même équipe. Travailler ensemble devenait comme logique, instinctif. Zaho de Sagazan m’a accompagné dans l’écriture de plusieurs textes et elle-même travaillant avec des membres d’INUIT nous commençons à former un cocon nantais aux allures de famille. Stan Neff a été une révélation sur le projet, on a fait un premier test mixage et ça nous a paru comme une évidence. C’est un honneur d’avoir pu travailler avec Louis Lekien pour le clip et il est possible que notre collaboration ne s’arrête pas à Part of it

Aussi, la cover de Part of it est réalisée par Rachel Demetz, artiste barcelonaise. Ensemble, nous travaillons sur le développement image de l’album afin d’approfondir mes propos à travers une recherche graphique.

Part of it est le premier single de ce futur album. Faut-il s’attendre à quelque chose de globalement indie pop ?

Degree. J’ai toujours eu des difficultés à identifier mon projet avec des étiquettes. Mon album sera plus assumé, sincère et contrasté que ce que j’ai pu faire auparavant. Il peut être considéré comme pop par ses sujets et la structure de mes morceaux. L’impulsivité de la réal, le son plus garage, underground anglais, peut lui se lier à un univers plus rock. L’album touche ainsi autant à de l’électro, de la folk que du rock. Si cela est considéré comme de l’indie pop alors cette étiquette me correspond bien.

Merci Grégoire, merci Degree. Propos recueillis par Eric Guillaud le 13 novembre 2020. Plus d’infos sur Degree ici

13 Nov

Les Amours impossibles : nouveau single et nouveau clip pour le groupe nantais DBStraße (INTERVIEW)

En ces temps de ralentissement global pour cause de pandémie, il est bon de constater que les artistes ne manquent pas malgré tout d’inspiration, de mots, de musique et d’images pour nous parler des choses de la vie. Ainsi en va-t-il pour le groupe nantais DBStraße et son nouveau clip à découvrir ici et maintenant. Attention, frissons!

DBStraße en résidence à Stereolux en juin dernier © Annabelle Durand

Nous les avions rencontrés en juin dernier, une interview à retrouver ici-même, à peine sortis du confinement, Doris Abéla, Benjamin Durand, Suzanne Fischer, Julien Vinçonneau et la vidéaste Annabelle Durand, les DBStraße au grand complet, rejoignaient Stereolux, l’espace de création et de diffusion dédié aux musiques actuelles bien connu des Nantais, pour une résidence autour de leur nouveau spectacle Amours fauves du nom de leur deuxième EP.

Nous les retrouvons aujourd’hui à l’occasion de la sortie de ce nouveau single clipé par Annabelle Durand, comme un hommage au cinéma à l’ombre de Romy Schneider et Michel Piccoli. Explications…

Les Amours impossibles est un clin d’oeil, plus encore une référence directe à La Chanson d’Hélène de Philippe Sarde. Ça ne va peut-être pas causer aux plus jeunes d’entre nous mais les plus anciens comme moi ont les poils qui se hérissent à son écoute. Pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec cette chanson ?

Annabelle. Il faut bien garder à l’esprit que ce morceau fait partie d’une histoire plus globale. Le projet de DBStrasse c’est un concert-concept autour d’une histoire d’amour, avec ses bonheurs et ses frasques… Les Amours Impossibles, c’est un chapitre parmi d’autres, une scène du film…
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Benjamin. J’ai chanté cette chanson, il y a trois quatre ans avec un projet swing reprenant quelques airs français parmi les plus connus. J’ai ensuite vu le film (Les Choses de la vie, ndlr) et j’ai vraiment aimé cette idée fixe et obsessionnelle de l’accident de voiture. Une histoire d’amour qu’on découvre à mesure que sa fin approche Dans notre spectacle « Amours Fauves », c’est le moment des regrets : les amants se sont faits trop de mal pour pouvoir s’aimer encore, et pourtant… « Les amours impossibles » évoque ce sentiment mitigé. J’ai emprunté le début à La Chanson d’Hélène, « Ce soir nous sommes septembre… » et j’ai fait varier le thème jusqu’au mois de décembre.
Le cinéma fait partie de votre ADN, on l’entend avec cette chanson, on le voit aussi avec ce clip très cinématographique réalisé par Annabelle Durand. Comment se sont déroulés son écriture et son tournage ? Au final, répond-il à vos attentes ?

Annabelle. L’écriture s’est faite assez vite, comme à chaque fois. Les chansons de DBStrasse sont très évocatrices et les images arrivent rapidement. Le tournage a été dense et froid en février dans les ateliers Magellan. J’aime faire des temps de tournage longs pour que tout le monde soit bien immergé dans l’ambiance. C’est toujours très intense, et une expérience collective forte sur le plan humain aussi. 

Philippe Arbert nous a été d’une aide précieuse pour les lumières. C’était important pour chaque tableau. Le clip a sa propre histoire, sa propre narration illustrée avec le danseur, Sofian Jouini. Il n’est pas question de ce personnage dans la chanson, c’est pourtant le fil conducteur du clip. Car c’est aussi ça ce projet, plusieurs niveaux de lectures entre les textes, la musique et la vidéo.
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Benjamin & Doris.  Annabelle s’est chargée du script: un mécanicien (Sofian Jouini), repense, revit, cette histoire d’amour impossible… Est-ce la sienne, celle de Michel et Romy dans le film ? Celle de DBStrasse ? Tout se mélange dans la tête du personnage central. Le tournage s’est déroulé en une seule longue journée : installation, répétition in situ le jour, tournage la nuit dans ce décor froid et industriel. Nous avions une super équipe : Jauris Maignan à la post-prod, Abigaël Briand au cadre et Philippe Arbert à la lumière plateau. Et oui, nous sommes très heureux.ses du résultat !
Au casting, il y a vous, Doris et Benjamin, même si vous faites une courte apparition, il y a surtout Sofian Jouini, danseur chorégraphe. Pouvez-vous nous le présenter ?
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Annabelle. Un danseur sensible, enthousiaste et inspiré.
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Benjamin & Doris. Nous avons rencontré Sofian sur son spectacle solo « Natures ». On a énormément aimé sa démarche faite d’incarnations, de métamorphoses, une présence animale sur scène qui questionne notre environnement, notre rapport à la société. On a commencé par faire quelques répétitions avec lui, danser ensemble et travailler un autre axe de notre spectacle. Très vite est venue l’idée de faire un clip. Sofian a pris part à l’écriture en proposant sa vision des corps en mouvement, son approche chorégraphique.
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Vous étiez en juin dernier en résidence à Stereolux pour préparer votre nouveau spectacle. Vous auriez dû le jouer cet automne. Ce ne sera finalement pas le cas. Peut-être en 2021. Comment vivez-vous cette période ?
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Annabelle. Le premier confinement a été annoncé juste après la sortie du premier EP, ça coupe l’élan c’est certain. Beaucoup de frustration, surtout après une semaine à Stereolux en juin, où l’envie brûle de voir une salle comble….
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Benjamin & Doris. Effectivement, comme beaucoup d’artistes, l’élan a été un peu coupé mais pas l’envie. On travaille actuellement sur des contenus vidéos, une nouvelle identité instagram et plus généralement on tente de raconter l’histoire des Amours Fauves autrement. Les concerts reviendront en 2021 !
Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?
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Annabelle. La ré-ouverture des salles, c’est essentiel.
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Benjamin & Doris. Un dîner avec Michel et Romy ; ou alors que Godard veuille bien réaliser notre prochain clip 🙂

Merci Annabelle, Benjamin et Doris, merci DBStraße. Propos recueillis par Eric Guillaud le 10 novembre 2020. Plus d’infos sur le groupe ici

06 Nov

Hommage de Dominique A à Philippe Pascal : un livre et sa bande-son

Dominique A rend hommage au chanteur rennais Philippe Pascal (Marquis de Sade, Marc Seberg), décédé il y a un peu plus d’un an. Un livre relate des échanges jusqu’à la veille de sa mort avec celui qui fut pour lui une référence. Il sort aussi un album avec une reprise de Philippe Pascal.

Dominique A à La Trinquette, lieu de son premier concert à Rennes • © Bruno Van Wassenhove/France Télévisions

Dominique A vous le dirait lui-même, il n’était pas un proche de Philippe Pascal. Oui, il l’admirait, quand la voix du chanteur résonnait à Rennes et au-delà des murs de la ville rock du début des années 80. Oui, il l’a croisé au cours de sa propre carrière, mais ce qui suffirait à certains pour s’attribuer les plus intimes affinités, ne suscite que respect et pudeur chez Dominique A.

Un papier d’Eric Pinault

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30 Sep

Chemical love : le premier clip du groupe nantais Amy Lee & The Loco Project Band

Après avoir flirté avec le folk à ses débuts, Amy Lee & The Loco Project Band a rebranché les guitares pour un deuxième album beaucoup plus électrique, beaucoup plus rock. En attendant de le découvrir au printemps 2021, voici le premier single clipé par l’illustrateur Maxime Brugnon, Chemical Love...

© extrait clip Chemical Love

Amy Lee & The Loco Project Band, c’est d’abord un nom, Amy Lee pour le côté féminin, le côté sensible assumé, même si le groupe est purement masculin. Et The Loco Project Band pour le côté musical, peut-être des influences blues ou soul souterraines. C’est surtout un nom qui brouille les pistes, reconnaissent les garçons, un nom qui ne les enferme pas dans un style. D’ailleurs, après avoir donné dans le folk, Amy Lee & The Loco Project Band a ressorti les guitares électriques pour un premier EP baptisé The Summer Session, livré en février 2020, et surtout un prochain album qui sera plus lourd, plus agressif, avec tout de même des incursions du côté de la pop et des musiques urbaines. Six titres ont déjà été enregistrés, six autres devraient l’être très prochainement, huit formeront l’objet final…

En attendant, le groupe dévoile son premier single et son premier clip, un clip réalisé en mode dessin animé par l’illustrateur nantais Maxime Brugnon. Jérémy Grollier, chanteur et guitariste, nous explique tout ça et le reste…

« Le titre Chemical Love a été écrit il y a quelques temps maintenant. Il évoque une passion destructrice d’une personne envers une autre avec à la fois le plaisir et le chaos que ça peut procurer. On a travaillé le titre en deux parties. une première plutôt mélodique et une seconde complètement instrumentale, chacune des deux phases musicales évoquant tantôt l’un ou l’autre des sentiments ». 

« Étant fan du travail de Maxime Brugnon, je lui avais demandé de dessiner la pochette du premier album qui était très réussie et c’est tout naturellement qu’on lui a demandé s’il s’essaierait au dessin animé. L’idée du clip animé nous est venue de faire une sorte de voyage dans la tête du héros. Cela nous permettait de ne pas être limité en termes d’imagination, ni de se heurter à des limites techniques… Il a donc fait une première esquisse de 40 secondes sur une démo qu’on avait enregistré à la maison. En voyant les 40 premières secondes, on a décidé de rentrer au studio (au Garage Hermétique) et de produire le titre plus sérieusement. Quelques jours plus tard, on décidait finalement de partir sur un album et de confier la réalisation visuelle des autres titres à Maxime. Il travaille actuellement sur un deuxième clip et l’album devrait voir le jour au printemps 2021 »

Plus d’infos sur Amy Lee & The Loco Project Band ici

28 Sep

Nantes. Miss Machine, l’avenir de la pop est en marche!

Elle s’appelle Eloïse Boisseau aka Miss Machine, vous ne la connaissez peut-être pas mais elle pourrait bien apporter un peu de fraîcheur à la scène nantaise et au-delà avec une pop rock savoureuse couchée depuis ce matin sur un mini-album. Interview…

© Eric Guillaud

« Plus rock que Vanessa Paradis, plus pop qu’Emmanuelle Monet ex-Dolly, voici Miss Machine, une Nantaise de 20 ans tout rond qui pourrait bien faire parler d’elle dans un très proche avenir ».

Voilà comment je présentais Miss Machine il y a pratiquement deux ans à l’occasion de la sortie de son tout premier clip De quoi j’ai l’air tourné dans un salon de coiffure nantais. Difficile de ne pas tomber sous le charme…

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09 Juin

Nantes. Le groupe DBStraße redonne vie à Stereolux après 80 jours de silence

Si Stereolux a retrouvé du son, ce n’est pas encore pour un concert mais pour une résidence. Quatre jours durant, le groupe nantais DBStraße a peaufiné le spectacle qui accompagne son nouvel EP Amours fauvessorti début mars. Rencontre…

© Annabelle Durand

Nous les avions interviewés en 2017 à l’occasion de la sortie de leur premier EP, Initial, nous les retrouvons aujourd’hui pour le deuxième, Amours fauves, sorti quelques jours avant le confinement.

Nous les retrouvons aussi sur une scène, oui, la micro de Stereolux à Nantes où ils ont élu domicile durant quatre jours. Une résidence, une des toutes premières résidences proposées par Stereolux depuis plusieurs mois, peut-être un début de commencement de retour vers la normale pour cet espace de création et de diffusion dédié aux musiques actuelles et une belle opportunité pour le groupe. DBStraße a pu travailler sur le prochain spectacle qui accompagnera la tournée d’Amours fauves dès la rentrée, un spectacle qui fait appel à la musique mais aussi au texte et à la vidéo.

Pensé et créé à Berlin, DBStraße est un projet d’élecro-pop intimiste emmené à l’origine par Doris Abéla et Benjamin Durand, rejoints depuis par la violoncelliste Suzanne Fischer, le guitariste Julien Vinçonneau et la vidéaste Annabelle Durand. En attendant de les retrouver en concert, Benjamin évoque avec nous cette résidence, le nouveau spectacle, l’EP, Berlin, Nantes… et l’avenir du groupe.

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05 Juin

DÉCOUVERTE. Un peu de rêve et d’innocence avec le groupe angevin Kiss Doom Fate

Il y a du rêve dans la pop de Kiss Doom Fate, du rêve et de l’innocence, de celle qui apporte un peu de légèreté, et c’est plutôt bienvenue en ces temps de pandémie, de celle aussi qui contribue à explorer sans craintes de nouveaux territoires. Innocence, c’est aussi le nom du nouveau single du duo angevin. Il sort aujourd’hui. Interview…

© Nicolas Djavanshir

Le duo Kiss Doom Fate, KDF pour les intimes et les gens pressés, est né au début de l’année 2018 du côté de la capitale angevine. Vous l’avez peut-être déjà aperçu sur une scène ici ou là, notamment en ouverture du festival Tempo Rives en 2019, et remarqué son univers singulier.

Aux machines et à la basse, Yves-Pol. Au chant, Mathilda. Le premier vient du rock, la seconde du folk. À eux deux, ils proposent aujourd’hui une musique à l’esthétique ciselée, un doux mélange des genres et d’expérimentations sonores, une pop onirique et sensuelle emmenée par la voix puissante de Mathilda.

Le duo vient de sortir un nouveau single, Innocence, l’occasion de le rencontrer et, peut-être pour vous, de le découvrir…

Bonjour Kiss Doom Fate. Comment allez-vous en ces temps étranges?

Yves-Pol. Avec le confinement, nos plans ont été complètement renversés, difficile de savoir de quoi demain sera fait. En revanche, ça n’est pas parce que les concerts live ne sont plus possibles qu’on ne peut plus proposer notre musique aux gens. Je pense que les gens ont tout autant besoin de musique qu’avant, et on fait de notre mieux avec ce qu’on sait faire !

Mathilda. C’est un temps de montagnes russes. Mais, il y a beaucoup de bonté et d’intelligence chez les gens et on a la capacité d’améliorer les choses. Et puis, la musique est là, et c’est une des choses principales auxquelles je m’accroche. Je suis attirée par l’idée que de la destruction surgit la transformation, la nouveauté. Je suis convaincu qu’il y aura plein d’opportunités à l’avenir. Il faut être prêt à les accueillir et à prendre des risques !

Kiss Doom Fate, c’est qui c’est quoi au juste ?

Yves-Pol. Ce sont deux voisins qui sont devenus amis puis partenaires de musique ! On avait des projets solo mais on a rapidement accroché et commencé à partager des idées. On a d’ailleurs fait notre tout premier concert dans l’appartement de Mathilda, avec des amis. Parfois on repense à tous les hasards qui nous ont mené jusqu’ici et on se dit qu’on aurait jamais pu prévoir ce qui allait nous arriver !

Mathilda. La scène qui me vient en tête quand je pense à nos séances de création : le son de liquides qui bouillent, des tubes aux formes étranges et de la fumée couleur néon vert et rose ! Pour moi, quand une chanson naît de notre collaboration, c’est comme une potion magique. On pourrait pourtant imaginer que travailler ensemble serait impossible. À première vue, tout nous oppose. Yves-Pol, lui, c’est les musiques électroniques, tout ce qui est gear & technique, maximaliste, frénétique. Il est très au courant des nouveautés. Je tends vers la musique folk et classique, plutôt mélodieuse, une esthétique naturelle, et un penchant pour tout ce qui est lié au Slow Movement et Deep Time (processus géologiques, par exemple). Finalement, on se complète bien !

Pourquoi ce nom ?

Mathilda. Ça vient d’une phrase d’une de nos premières chansons “spin the bottle / kiss doomed fate / send our messages over the waves”

Vous dites être un duo de fever dream pop, c’est quoi au juste la fever dream pop ?

Yves-Pol. C’est une association de mots qui nous plait : la dream-pop est un style dans lequel on nous catégorisait souvent à nos débuts. Ça ne correspondait pas trop au niveau de l’esthétique, mais on aimait beaucoup la partie “rêve”. Du coup on se l’est réapproprié en ajoutant fever dream, le rêve fiévreux.

Mathilda. La fièvre c’est inquiétant, ça cristallise les sensations, ça nous fait peur car ça indique un autre problème… on aime explorer ça.

Question incontournable, quelles sont vos influences ?

Yves-Pol. Je suis très influencé par la mouvance cyberpunk, de BladeRunner à Ghost In The Shell en passant par des œuvres moins connues comme Serial Experiment Lain. Si je dois citer des noms de musiciens qui nous inspirent, ça peut aller de Doja Cat à Grimes, Nicky Minaj, Travis Scott et bien sur des classiques du type Massive Attack, Radiohead ou MIA.

Mathilda. À l’origine de mon approche des paroles, on trouve les traditions de storytelling et de poésie de la folk traditionnelle et des années 60’s. J’aime l’écriture flux de conscience,un concept qui est aussi lié à mes intérêts pour le bouddhisme et la psychologie. Par rapport à la voix, je suis inspirée par les artistes qui explorent les multiples facettes de leur timbre et identité vocale, tout en gardant un fil conducteur, je pense notamment à Bob Dylan et Doja Cat.

Innocence est votre nouveau single à sortir le 5 juin. Fébriles ?

Yves-Pol. Toujours un peu ! C’est bizarre de sortir un single car avec tous les délais liés à la sortie, il y a un décalage entre qui on était au moment de l’écriture du morceau et qui on est maintenant. On se retrouve à promouvoir un projet qu’on aime, mais on a déjà la tête dans de nouvelles idées… C’est particulièrement vrai pour nous car, bien qu’on travaille de plus en plus en équipe avec des pros, on a fondamentalement une approche DIY, que ça soit sur la création, la production et aussi la promotion.

Mathilda. J’aime ce que nous avons concocté et j’ai hâte de le partager. De manière générale, je préfère le processus de création au produit final. C’est un long chemin qui est exaltant et parfois pénible. Ce tourbillon m’apporte beaucoup. Je garde d’ailleurs des vieilles versions de nos chansons et de nos conversations, car pour moi c’est là où je me rappelle des moments de vie les plus croustillants !

Que raconte Innocence, que racontent vos textes en général ?

Mathilda. Souvent​, ​je tourne vite la tête quand il y a une introduction dans un livre, ou un teaser pour un film car je ne veux pas être influencée. C’est pour cela que je préfère ne pas expliquer mes paroles pour laisser la place à l’interprétation.

Un mot tout de même sur l’innocence ? Que représente-t-elle pour vous ?

Mathilda. L’innocence c’est une qualité en nous qui est sauvage et souvent secrète – un mélange de légèreté, d’énergie, et de malice. Quand elle surgit, ça donne des frissons, on perçoit le temps différemment. J’ai l’impression que peu de personnes voient nos moments d’innocence car ces derniers exigent chaleur, vulnérabilité et confiance. Notre société ne favorise pas d’être à vif comme ça. C’est à oublier, à refouler. Je commence à comprendre que c’est une qualité qui peut se cultiver, tout en sachant qu’elle restera fugace.

Yves-Pol. Pour moi, l’innocence c’est presque une forme d’ignorance nécessaire. C’est quelque chose qui est fait pour être perdu à un moment du voyage, l’innocence est brève. Mais c’est dans l’ordre des choses, pas besoin de se sentir coupable : au contraire il faut l’accepter.

KDF fait pour la scène ou le studio ?

Yves-Pol. On produit tout depuis nos home studio respectifs, et j’ai un amour particulier du travail en studio. Le fait de pouvoir expérimenter, d’apprendre toujours de nouvelles choses, d’enregistrer un son puis d’en faire quelque chose qui n’a rien à voir… On a construit notre set live autour de notre album studio avec un objectif : s’éclater sur scène.

Mathilda. Les deux ! On travaille minutieusement le soundscape, les paroles et l’atmosphère de nos chansons. C’est pour ça que je recommande de les écouter dans le noir avec un bon casque afin de pouvoir s’immerger – notamment avec Old Wing, qui, pour moi, est une chanson à écouter en toute intimité. Ce que je trouve intéressant sur scène, c’est le mélange d’énergie et d’adrénaline entre le public et nous. Descendre dans la foule : c’est une sensation complètement unique.

Quel album tourne en boucle actuellement sur votre platine ?

Yves-Pol. “Nothing is true & Everything is Possible” du groupe Enter Shikari, qui mélange métal, pop et musique électronique. Ils arrivent a faire une musique unique et raffinée à partir d’une recette franchement dangereuse !

Mathilda. Je me laisse emporter par une playlist d’artistes variés. Par exemple, “L.O.V.E” de Kendrick Lamar (feat. Zacari), une des meilleures chansons que j’ai entendues depuis longtemps, grâce à l’émotion exprimée, le flow, et la production. J’écoute aussi “Apocalypse” de Cigarettes After Sex, une chanson avec un grain agréable et une atmosphère intime, et “One Step Ahead of Heartache” une chanson parfaite par la diva éternelle, Aretha Franklin.

Un single et demain, à quoi risque de ressembler votre futur proche ?

Yves-Pol. On veut continuer à explorer de nouvelles sonorités, textures, grains, à travailler ensemble et à proposer des sons avec le plus d’intensité possible. Je m’intéresse à la synthèse granulaire en ce moment qui me permet de transformer des sons banals en hurlements d’un autre monde : ça fait un cocktail redoutable avec le chant de Mathilda. Vraiment y aller à fond et faire une musique qu’on ne peut ignorer.

Mathilda. Pendant ces prochains mois, on va se focaliser sur le prochain single et pousser toujours plus loin notre esthétique en vidéo-collage. Et justement cette prochaine sortie est une composition pleine d’espoir qu’on a hâte de partager.

Merci Mathilda et Yves-Pol, merci Kiss Doom Fate. Propos recueillis le 29 mai 2020 par Eric Guillaud

Plus d’infos sur Kiss Doom Fate ici

26 Mai

DECOUVERTE. le groupe nanto-manceau CORBO met les watts avec son premier album « Héros sur mesure »

Avec ces temps bizarres, on aurait tous besoin d’un supplément de poésie. Ça tombe bien, la poésie, c’est leur affaire. Ils viennent de sortir un premier album taillé au burin et à l’amour comme ils disent, rencontre avec des CORBO qui ont plutôt bonne réputation…

© Robin Cavaillès

Pas facile de les catégoriser mais est-ce vraiment nécessaire ? Depuis 2016, les CORBO font dans la « poésie électrochoc », une formule qui a finit par s’imposer et qui leur colle finalement plutôt bien aux plumes.

Car oui, Corbo, c’est d’abord des plumes, une écriture musicale ciselée aux confins du hip hop, du rock et de la chanson française, et des textes slamés qui racontent le temps qui passe, l’amour, la vie. Le poids des mots, le choc des rimes ! Mais le mieux pour parler de tout ça, c’est encore eux. Interview…

Bonjour les Corbo. Comment allez-vous en ces temps étranges ?

Simon. Bonjour, ça va plutôt bien ! On essaie d’optimiser ce qui nous manque d’habitude et qu’on a en excès en ce moment : du temps pour créer, pour réfléchir. On en profite pour enregistrer des choses, explorer de nouvelles pistes avec notre nouveau synthé-man Jérémie Frémont, mais à distance (on vit plutôt éloignés : Nantes/Le Mans/Tours).

Nous avons également commencé une collaboration avec une manageuse bookeuse : Judith Vergnaud, rencontrée à Nantes en début d’année. On prépare le futur tranquillement avec elle, on s’organise en croisant les doigts pour pouvoir refaire des concerts au plus vite, et sortir cet Ep dans les meilleures conditions.

Enfin, coincés chez nous, on a eu l’idée d’un clip réalisé à partir d’un film de zombies (La Nuit des Morts Vivants, de Romero), qu’on a entièrement démonté/remonté et destructuré pour en fabriquer un objet surréaliste. On a tout fait à distance, ça nous a pris beaucoup de temps, mais on a adoré faire ça et on espère qu’il plaira aux gens autant qu’à nous.

Rien n’arrête la musique, pas même un mauvais virus, vous sortez votre premier EP le 22 mai. La route a été belle jusqu’ici ?

Simon. Oui, Corbo est un projet encore neuf qui a eu l’occasion de faire de belles scènes depuis le début en 2017. On avait besoin de marquer le coup et d’enregistrer cet Ep pour pouvoir avancer, comme une photo des 2/3 premières années. Il sort dans un contexte peu favorable, mais on n’y peut pas grand chose, il vivra sur scène dès que possible, et on lui fera des petits frères rapidement 😉

On l’a réalisé de manière assez artisanale, chez nous, avec l’aide de notre sondier Anthony Deneufve. On est allé chercher un peu plus loin que sur le live du côté des synthétiseurs, et on a ré-arrangé certains morceaux pour avoir un objet vraiment fini. Nous avons demandé à un graphiste nantais qui travaille souvent avec le réseau Beatbox France (Tenseï) d’établir un visuel en cohérence avec le contenu de l’Ep. On adore son travail, il vient vraiment mettre le nôtre en valeur.

Il s’appelle Héros sur mesure, « taillé au burin et à l’amour » dites-vous, un peu brutal et un peu doux en même temps ?

Simon. C’est un peu le principe… on aime beaucoup explorer cette dualité dans la musique avec Corbo, ces deux énergies opposées sont les limites, et l’oscillation de l’une à l’autre permet de rendre la musique vivante.
Cet Ep, on l’a fabriqué avec nos petites mains et nos petites oreilles, c’est aussi un peu ça le burin et l’amour ; la démarche du DIY parce qu’on n’a pas le choix, et aussi et surtout parce qu’on aime ça.

Corbo, c’est un savant mélange de rock, de hip hop, de chanson française avec des textes slamés, du beatbox, des synthés et une guitare ténor. Quelles ont pu être vos inspirations pour un tel mélange des styles ? Et de quoi nous parlent vos textes globalement ?

Simon. C’est toujours compliqué de mettre un ou des noms de styles sur ce qu’on produit, surtout quand on ne l’a pas pensé avec une étiquette, récemment on a trouvé la formule Poésie Électrochoc pour définir la musique de Corbo, ça fait une nouvelle case qui nous va bien.

On aime beaucoup la couleur d’Odezenne, l’énergie de Feu! Chatterton, un groupe de Namur qui s’appelle Glauque, Radiohead, James Blake, Ratatat, Foals, de la littérature avec Prévert, Kerouac, Bukowski, Queneau…

Les textes de l’Ep ont été écrits à partir de rêves, de souvenirs (Mets Les Watts, Jungle) ; de questionnements sur le sens de la vie, sur l’amour propre, le temps qui passe (Miroir, Les Géants) ; il y a aussi le poème de Gaston Couté qui résonne incroyablement vrai aujourd’hui à propos de la place des gens dans la société (Gueux).

La vie reprend doucement, les concerts pas vraiment, quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Simon. On va espérer très fort que 2021 ressemble le moins possible à 2020 ; et comme on est plutôt optimistes, tout ira bien.

On va répéter beaucoup, et créer de nouveaux morceaux pour refaire un disque avec une couleur probablement plus électro ; travailler en résidence pour proposer un show foufou
sans distanciation sociale avec du gros son et des queues leu leu spontanées.

Merci Corbo, merci Simon. Propos recueillis par Eric Guillaud le 24 mai 2020

Plus d’infos sur Corbo ici

05 Mai

Besoin d’air ? Le duo nantais Das Kinø confiné pour mieux renaître

Il avait pratiquement disparu des écrans radar depuis plusieurs mois MAIS le duo le plus sexy de la planète électro pop nantaise fait un retour remarqué en cette période de confinement avec un nouveau single et un enregistrement live. De quoi patienter jusqu’au retour des beaux jours…

© Sonia Belfer

Une belle aventure. Ce sont les mots qui viennent immédiatement à l’esprit en regardant le parcours de Léa et David, transfuges du combo rock DTwice, aujourd’hui réunis sous le nom de Das Kinø choisi en référence à la scène électronique allemande qui a influencé en son temps des artistes aussi majeurs que David Bowie ou Depeche Mode, choisi aussi en référence au cinéma. Oui, la musique de Das Kinø est une musique de film, capable de nous embarquer dans des histoires en cinemascope…

La suite ici

14 Fév

Nantes. 20syl de C2C : il y a une vie après les Victoires de la musique

Ce soir, c’est plateau repas devant la TV sur France 2 avec les Victoires de la musique. Cette année, le Vendéen Philippe Katerine devrait animer le show, nommé dans 3 catégories. En 2013 : les Victoires de la musique avaient couronné des artistes nantais : Dominique A et surtout, le groupe C2C avec 4 trophées remportés ! Une consécration…

© Mathieu Le Dude

Oui, ce fut bien une consécration pour ces 4 copains du lycée, issus de la culture hip-hop, qui faisaient de la musique ensemble depuis le début des années 90. Aujourd’hui, le collectif n’existe plus en tant que tel mais tous poursuivent leurs propres projets musicaux. 7 ans après cette soirée parisienne mémorable rencontre avec l’un des membres : 20syl.

Et où trouver un musicien sinon dans son studio de musique ? Sylvain Richard, alias 20syl, nous reçoit tranquille en chaussons dans son antre jouxtant sa maison près de Nantes. C’est précisément dans ce studio qu’ont été enregistrées à partir de 2010 les 14 compos de Tetr4 (ou Tetra), l’album phénomène écoulé à plus de 200 000 exemplaires.

Dans l’interview qui suit, l’artiste nous raconte la genèse du projet C2C connu d’abord comme un collectif plusieurs fois récompensé sur des compétitions internationales de DJ. Il nous détaille la manière de travailler ensemble aussi bien les morceaux, les clips que les concerts, de véritables shows faisant la part belle aux interactions entre les platines et les platines. L’épopée les fera voyager à travers le monde, de leur tournée marathon dans tous les Zénith remplis à ras bord, en passant par les plus grands festivals français jusqu’à celui de Coachella dans le désert californien. Pas loin de 200 dates en tout. C2C aura tout donné jusqu’à sa mise en sommeil programmée en 2015. L’idée d’une reformation est toujours dans l’air mais pas avant 2022 au moins, pour les 10 ans de l’album pourquoi pas.

Interview Denis Leroy

Mais que sont devenus les C2C ?

Rassurez-vous, les quasi-quarantenaires n’ont pas pris leur retraite et vont sortir différents EPs et albums en 2020 :

20syl a toujours autant de casquettes ou de bonnets, cela dépend des jours. Après avoir relancé Hocus Pocus le groupe de rap de ses débuts à travers une grande tournée des festivals en 2019, il garde un œil sur son autre formation : le duo de rap franco-américain AllttA. En ce début d’année, le voici qui peaufine en studio la partie sonore d’une création d’art visuel. Nom de code (provisoire) : 36, un projet concocté avec les motion designers nantais de Nope autour des lettres de l’alphabet. A surveiller sur les plateformes musicales et les réseaux sociaux à sa sortie au printemps prochain. Par ailleurs, il sortira un album solo en fin d’année.

Greem qui a participé à la reformation d’Hocus Pocus a 2 projets à son actif, Alligatorz et Grand Turn

Atom travaille depuis un moment en duo sur Parrad…

Pfel donne de ses nouvelles à travers Aedan…

Denis Leroy