16 Juin

Hellfest 2019 : cinq questions à… Lofofora

Ce n’est pas parce qu’on joue très fort qu’on a rien à dire. Connus et reconnus pour envoyer du riff et du son absolument dantesques, les Lofofora n’en sont pas moins des musiciens engagés qui dénoncent les travers de notre société via des textes taillés à l’arme lourde…

Lofofora / © Florence Schall

Trente ans, oui trente ans, trente ans à envoyer du lourd, un savant cocktail de punk et de metal passé au mixeur de l’engagement politique, voilà la recette magique de ce groupe emmené depuis le début par Reuno au chant et Phil Curty à la basse. Le Hellfest, ils connaissent pour l’avoir déjà fréquenté en 2014 mais ils y reviennent avec la niaque d’une première fois. Ne les manquez pas, vous pourriez le regretter. 

15 Juin

Hellfest 2019 : cinq questions à… Shaârghot

Vous rêviez d’un autre monde ? Ne cherchez plus, Shaârghot l’a inventé, un monde post-apocalyptique à souhait, aussi noir que désespéré, aussi métal que punk, aussi électro qu’indus, une musique qui colle au corps et à l’esprit, l’enfer dans toute sa splendeur…

Amoureux amoureuses de k-pop et autres musiques acidulées, passez votre chemin, ici tout est noir jusqu’aux visages des musiciens, c’est l’esprit du groupe parisien Shaârghot qui, dans la lignée d’un Punish Yourself ou d’un Rammstein, influences largement assumées, balance un metal indus énergique et envoûtant. Avec eux, noir c’est noir, mais avec des nuances tout de même…

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Hellfest 2019 : cinq questions à… Banane Metalik

Vous aimez le gore ? Vous aimez le rock’n’roll ? Alors vous adorerez Banane Metalik et son gore’n’roll, doux mélange d’une culture cinématographique et musicale goulûment absorbée et digérée par les cinq membres du groupe. Au programme ? Un show à vous glacer le sang pour l’éternité…

Banane Metalik n’a jamais fait dans la dentelle, plutôt dans la découpe en gros, avec des riffs lourds et sanguinolents. Sur son compte Facebook, cette bande de Rennais déclare venir de l’enfer, elle y retourne avec un concert qui s’annonce d’ores et déjà saignant… Attention aux éclaboussures !

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13 Juin

Hellfest 2019 : cinq questions à… Mass Hysteria

On le présente parfois comme un Rage Against the Machine à la française et ce n’est pas faux! Depuis plus de 25 ans maintenant, Mass Hysteria balance ses riffs enragés, ses textes engagés et son métal en fusion sur les scènes d’ici et d’ailleurs avec une certaine constance. Le Hellfest? Un graal.

© Eric Canto

Enragés et engagés, oui, anti-système, non. Et ils ne le cachent pas, les cinq musiciens de Mass Hysteria ne veulent surtout pas passer pour des donneurs de leçon, leur unique ambition est de remettre l’humain au centre de la machine. Plus de 25 ans de scène, 9 albums studio, 4 albums live, des disques d’or sur l’étagère et un passage au Hellfest en 2016 qui a mis tout le monde d’accord, Mass Hysteria revient du côté de Clisson avec Maniac, son dernier album en date, et une impétueuse envie d’embarquer dans son sillage tous les « furieux » et toutes les « furieuses » présents au Hellfest.

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23 Mai

INTERVIEW. Love, Tears & Guns : Malted Milk en plein coeur

Plus de 20 ans de scène, des centaines de concerts un peu partout en France, 7 albums et toujours la même énergie à défendre la black music avec un cocktail à base de blues, soul et funk hautement explosif, Arnaud Fradin et son groupe Malted Milk dégainent un nouvel opus, Love, Tears & Guns. Interview!

Malted Milk © Jean-Marie Jagu

Depuis 22 ans, oui presque un quart de siècle, Arnaud Fradin défriche pour nous les territoires de la musique noire américaine, d’abord en duo, ensuite en formation élargie, 7 musiciens à ce jour, 14 dans les grandes occasions.

Blues, soul ou funk, peu importe le style, tout est  – ou devient – de l’or entre les mains d’Arnaud et de sa bande de musiciens. La preuve s’il en est encore besoin avec ce nouvel album qui débarque dans les bacs le 24 mai, Love, Tears & Guns, 11 morceaux, autant de pépites à vous faire chalouper du fessier et travailler du ciboulot.

Car oui, Love, Tears & Guns affiche clairement ses prétentions, allumer le dancefloor et ouvrir des fenêtres sur notre monde avec des textes qui parlent de violence, de larmes mais aussi d’amour, des thématiques qui renvoient à la pochette de l’album signée Nakissa Ashtiani, figurant un coeur et un flingue.

Pourquoi tant de haine et d’amour ? C’est une des questions que nous avons posées à Arnaud Fradin, chanteur et guitariste, et Igor Pichon, bassiste et choriste, rencontrés à l’occasion d’un concert en soutien aux migrants le 13 mai dernier à Stereolux à Nantes. Nous avons bien évidemment parlé aussi de musique, d’influences, du label Mojo Hand Records, du monde qui nous entoure et de beaucoup d’autres choses encore. Un peu plus de 10 minutes pour tout savoir, c’est parti, c’est ici…

Eric Guillaud

Plus d’infos sur Malted Milk ici

Malted Milk sera en concert le 25 mai 16h à la FNAC de Nantes pour un showcase-dédicace, le 12 juin au New Morning à Paris pour sa release party, le 14 juillet au Cahors Blues Festival…

29 Mar

EXCLU. Une session live de KO KO MO pour France 3 Pays de la Loire

À l’occasion de la sortie de son deuxième album, le duo nantais met le feu sur le web de France 3 Pays de la Loire avec une version live exclusive du premier single Self Love Age. En bonus, une interview de Warren et K20…

Warren et K20 / © Jean-Marie Jagu

Ça a chauffé dur ce jour-là sur la scène du Black Shelter à Carquefou. Un seul groupe à jouer, un seul titre à enregistrer, mais une énergie de dingue, une avalanche sonore de tous les instants, une occupation spatiale totale, KO KO MO jouait Self Love Age en live et en exclu pour Supersonikk, le blog de France 3  Pays de la Loire dédié à l’actualité musicale. Et ça donne ça…

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28 Mar

Lemon Twins de KO KO MO, les coulisses d’une pochette signée Jean-Marie Jagu et Marie Piriou

Jamais une pochette d’album n’aura dégagé autant d’énergie, du jaune partout, des citrons par centaines, jusque dans le titre, et le duo KO KO MO au milieu de tout ça. Le photographe Jean-Marie Jagu et la graphiste Marie Piriou nous racontent les coulisses de cette création…

Jean-Marie Jagu et Marie Piriou © Jean-Marie Jagu

Au risque de vous paraître d’un autre siècle, ce qui est de toute façon vrai, je vais vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent connaître, un temps où la musique s’écoutait exclusivement sur un support disque, vinyle ou CD.

Aucun fichier numérique à l’époque, aucune plateforme de téléchargement ou d’écoute en streaming, les albums étaient aussi des objets et souvent de beaux objets, aux pochettes rivalisant de créativité et participant clairement a l’image et au succès des groupes. Chacun de nous se souviendra de la pochette de l’album Sgt Pepper and the Lonely Hearts Club Band » des Beatles, assurément l’une des plus célèbres.

Avec le retour des vinyles, l’intérêt pour le bel ouvrage renaît. Dans le jargon artistique, on appelle ça l’artwork. De par leur métier, le photographe Jean-Marie Jagu et la graphiste Marie Piriou y sont particulièrement sensibles. C’est d’ailleurs Marie qui a réalisé la pochette du premier album des KO KO MO, c’est encore elle qui signe la pochette du deuxième, Lemon Twins, avec la collaboration de Jean-Marie, connu sur la place de Nantes et au-delà pour ces photos de concert.

Comment en vient-on à imaginer une piscine de citrons dans laquelle seraient plongés deux musiciens qui ne manquent pourtant pas d’énergie ? C’est ce que nous avons demandé, entre autres, à Marie et Jean-Marie ici et maintenant…

Eric Guillaud

Le nouvel album, Lemon Twins sera disponible dans les bacs et sur toutes les plateformes habituelles le 29 mars. À cette occasion, découvrez Warren et K20, les KO KO MO au complet, en interview et en live sur nos antennes web, à partir de 10h, et télé, dans le journal de 19h.

08 Mar

ENTRETIEN. Back in Beat, un nouvel album pour Elmer Food Beat en avril

Le printemps sera chaud et l’été, bouillant. Inutile de consulter une carte météo pour s’en convaincre, non, la hausse des températures viendra cette fois des bacs de nos disquaires préférés. Responsable et coupable, le groupe Elmer Food Beat qui sort un nouvel album. Son nom: Back In Beat. Un seul mot d’ordre : le rock’n’roll. Et un peu les filles aussi…

Elmer Food Beat @Shelly Webster

On ne les changera pas nos Elmer Food Beat. Trente-trois ans qu’ils nous chantent la vie, l’amour, les filles – mais pas que – sur des airs de rock’n’roll à danser jusqu’au bout de la nuit. Et ils en ont fait danser du monde, plus de 1000 concerts à ce jour, cinq albums au compteur, sans compter celui à venir en avril, Back in Beat, et une pelletée de tubes à tomber à genoux et demander pardon pour tant de bonheur.

Car oui, Elmer Food Beat, c’est le bonheur pour tous et pour toutes. Le bonheur de partager une certaine idée du rock’n’roll. Mais au fait c’est quoi pour eux le rock’n’roll ? Réponse ici et maintenant…

On nous a prévenu, et j’ai pu le vérifier sur quelques morceaux, Elmer fait un retour au rock’n’roll, le vrai, avec des gros sons de guitares, des rifs à tous les étages, des chœurs qui font wouhouwouhou tendance Beach Boys et un chant qui vire sur le collectif. Mais c’est quoi le rock’n’roll aujourd’hui ? Un truc de vieux, comme dirait ma fille de 13 ans ?

Vincent. Pas du tout un truc de vieux ; c’est l’essence, l’origine… C’est l’énergie. C’est la base. Regardez KO KO MO vous trouvez ça ringard vous ? Tu peux dire à ta fille d’aller ranger sa chambre !!!

Lolo. Une musique plus ancienne que l’electro / zouc / rap certainement, une musique inventée bien avant la tablette numérique où le portable téléphonique et qui à tout autant révolutionné son monde ;  ni une musique de vieux ni une musique pour les vieux, le rock’n‘roll est intemporel désormais. Si tu tapes du pied et si ta tête se balance d’avant en arrière sans pouvoir s’arrêter, c’est probablement que tu es en train d’en écouter, le rock’n’roll aujourd’hui représente toujours ce qu’il a été depuis ses débuts, un souffle de liberté toujours utile pour emmerder ses voisins…

Manou. Rock’n’roll is not dead

Regardez KO KO MO vous trouvez ça ringard vous ? Tu peux dire à ta fille d’aller ranger sa chambre !!!

Et c’est quoi être rock’n’roll finalement ? C’est dormir toute la journée, tout remettre à demain, tomber du haut d’un cocotier, comme vous le chantez dans le potentiel tube de l’été ça c’est rock ?

Lolo. Tomber du haut d’un cocotier, ça, Keith Richards s’en est chargé ; pour le reste être Rock’n’roll aujourd’hui, c’est se sentir libre et aimer une musique jouée par des humains pour des humains… et bien sûr mille autres choses, le sujet est tellement vaste…

Vincent. C’est tout ça … C’est trouver important des choses qui ne le sont pas pour tout le monde. C’est bien sûr la musique, mais aussi faire passer la musique dans sa vie avant pas mal de trucs futiles. C’est un mode de vie, une façon de penser ou mieux une façon de ne pas penser 😉

Manou. Ouais et partir pour des concerts.

Un nouvel album donc, avec une pochette qui fait référence au Back in Black d’AC/DC sorti en 1980. Pourquoi ce choix ?

Manou. Pour le clin d’oeil à AC/DC, puisqu’on a décidé de mettre le volume des amplis à 11.

Vincent. Évidemment parce que c’est une de nos influences, c’est les booms quand on était gamins et pas encore musiciens. On faisait du Air Guitare avec les copains. Et puis la pochette est noire …

Lolo. Ça évoque un retour au travail, un nouveau projet après ce qui nous est arrivé. Comme Bon Scott en son temps, Twistos n’aurait pas voulu que la machine s’arrête, il a tellement contribué au succès et à la réussite du groupe et avait un tel plaisir à partager ce mode de vie avec ses copains qu’après son départ il aurait été plus difficile pour nous d’arrêter que de continuer. Cet album lui est dédié.

Twistos, si tu n’aimes pas cet album frappe un coup …… j’ai rien entendu , je pense qu’il l’aime

Twistos est bien sûr toujours dans vos / nos cœurs, dans vos / nos pensées. Pensez-vous qu’il aurait aimé cet album ?

Lolo. Twistos, si tu n’aimes pas cet album frappe un coup …… j’ai rien entendu , je pense qu’il l’aime 😉

Vincent. Certainement ! Le groupe tendait depuis quelques temps déjà vers une musique plus rock. Twistos a toujours été plus Pop, mais l’influence de Lolo le chatouillait depuis un moment 😉

Manou. Bien sûr, il est d’ailleurs présent (les chœurs de Lucille c’est lui) et deux titres ont été faits à partir de bouts de textes de lui.

On y parle de filles, notamment d’une certaine Lucille, mais encore ?

Vincent. On parle aussi de l’amour des filles, du respect, des crétins qui ne les respectent pas, des machos, des mythos et de rock bien sûr.

Manou. On y parle d’amour, de rencontres, de flirts, de nuits trop courtes, de mythomanes, de rock, de vieux beau, de guitare, de la dame qui dit non, de la petite chatte Sidonie, de DSK…

Lolo. Il y a Vanessa, Valérie, Coralie, Amélie, Sidonie plus un tas d’autres filles dont nous n’avions pas les prénoms, désolé, et bien sûr toujours des garçons qui les convoitent, les désirent, les inventent et les imaginent…

Comment s’est déroulée l’écriture de cet album ? Qui a signé les morceaux ? Comment s’est décidée cette option chant collectif beaucoup plus prononcé ?

Lolo. Il fallait tout d’abord respecter l’esprit d’Elmer et la mémoire de Twistos, il a d’ailleurs contribué à cet album grâce à des notes que nous avons pu récupérer grâce à ses enfants ; Kelu ( son frère d’arme à l’époque ) à co-écrit un morceau avec lui et nous a écrit «  quand la dame » …. Cette notion de chant collectif est en réalité un retour aux sources d’Elmer, des doubles voix pour l’harmonie et des chœurs pour en remettre une couche ont toujours été la marque de fabrique du groupe…

Vincent. C’est Lolo qui a repris les commandes suite à la disparition de Twistos. Il avait déjà fait des titres sur l’album précédent. Il avait plein de choses dans ses tiroirs… Certains morceaux ont été bricolés par Kelu et Lolo à partir d’idées inachevées de Twistos.

Quelles ont pu être vos influences pour cet album ?

Lolo. Les influences très diverses vont des Ramones à Chuck Berry en passant par les Beatles, les Stones, les Beach Boys, AC/DC etc etc etc. Que des jeunes premiers ;-)… eux mêmes influencés par d’autres… c’est le serpent qui se mord la queue… Plus sérieusement, nous sommes bien évidemment influencés par un tas de choses mais c’est sans calcul que nous nous laissons porter par la musique d’Elmer …..

Vincent. Une vraie volonté de faire plus rock. Que ça ressemble plus à ce qu’on fait sur scène.

L’album sort le 19 avril. Et après ?

Manou. Et après c’est le 20…

Lolo. Nous serons sur les routes de France et de Navarre pendant les mois qui arrivent, le leitmotiv d’Elmer à toujours été «  heureux sur scène », nous vous invitons donc à venir partager notre bonheur au détour d’un chemin de traverse… (tiens, ça me rappelle quelqu’un…)

Vincent. Y’a le 20 Avril, le 21 Avril, le 23, le 24, etc …Plus sérieusement, c’est tournée pendant au moins 2 ans peut être 3, selon la durée de vie de l’album. De belles dates : La Cigale Paris, peut être mieux encore en 2020. Certainement des voyages dans les Iles et beaucoup de soirées très chaudes partout en France . Venez nous voir, on boira un verre !!!

Merci Elmer Food Beat.

Propos recueillis par Eric Guillaud le 8 mars 2019. Plus d’infos sur Elmer ici. Toutes les dates de la tournée là

01 Mar

Label, album, single, clip… la belle actualité du Nantais Nathan Leproust aka Teenage Bed

Libre, intimiste, mélancolique, expérimental, l’univers folk de Nathan Leproust, aka Teenage Bed, est unique dans le paysage musical nantais. Sa musique ne s’entend pas, elle s’écoute, elle se mérite presque, ne révélant son véritable caractère qu’après plusieurs écoutes. Le songwriter vient de lancer un nouveau label, un nouveau single, un nouveau clip, et s’apprête à sortir un album en compagnie de l’artiste américain Shelf Life. Interview…

Nathan Leproust © Stephanie Fisher

Tu viens de lancer un nouveau label Pale Figure, pourquoi ce nom ? Et pour quoi faire ?

Nathan Leproust. J’ai toujours plein d’idées et d’envies, que ce soit en terme de clips, projets, créations, dates à mettre en place… J’aime bien organiser les choses et j’avais envie d’avoir les mains libres. Monter un label est arrivé comme une évidence il y a quelques mois et pour moi ça redonne un peu de sens à la notion d’indépendance. Curieusement, le nom est venu avant le projet. Et j’en suis bien content parce que c’est toujours difficile de trouver le nom parfait. Pale Figure, ça se dit en anglais comme en français et plus ça va plus je suis attaché à redonner une place au français dans ce que je fais donc c’est bien. En plus, ça commençait à me faire trop mal au cœur de voir ma mère galérer à prononcer le nom de mes projets en anglais.

Ça commençait à me faire trop mal au cœur de voir ma mère galérer à prononcer le nom de mes projets en anglais.

Le premier projet à sortir sous ce label s’appelle Fairy Tales in Yoghourt. Peux-tu nous le présenter ?

Nathan. C’est le projet de Benoit (Classe Mannequin, Bantam Lyons, Trainfantome,…) et tout bon Nantais fan de musique indé l’aura vu sur scène plusieurs fois avec un projet ou un autre. Fairy Tales c’est son projet le plus intimiste et proche de sa composition pure. Forcément, ça me parle. C’est des mélodies douces mais percutantes, une tension très classe entre de la technique musicale et une certaine simplicité dans la manière de la délivrer. C’est un des premiers projets nantais que j’ai connus en arrivant il y a 7 ans. On avait fait une vidéo acoustique réalisée par Steve Marchesse à l’époque et j’en garde un souvenir vif. Quand il m’a parlé du fait qu’il allait sortir un EP, je lui ai tout de suite proposé. Il a un album génial en gestation depuis des années. J’espère qu’il le sortira un jour (Vas-y Benoit bordel!!!)

En quoi consistera précisément ton job ?

Nathan. Pour l’instant, je suis tout seul. L’idée c’est de valoriser les projets sur les médias, éventuellement trouver des dates, créer des connexions, éditer des K7, proposer des outils de com… L’idée, c’est de partir des projets et de les pousser comme je peux. Là, je suis concentré sur les deux premières sorties mais j’ai un ou deux autres trucs sur le feu.

Tu es toi-même musicien. Avec ton projet Teenage Bed, tu t’apprêtes à sortir sous ton label un album réalisé avec un Américain de Philadelphie, Shelf Life. Qui est-ce ? Comment l’as-tu rencontré ?

Nathan. C’est une histoire un peu folle. Je suis parti en voyage aux États-Unis à la fin de l’année 2018. J’avais contacté ce type à Philadelphie parce que j’écoutais sa musique et qu’elle me parlait beaucoup. Il m’a répondu et on avait convenu que ce serait cool de boire une bière comme je passais par là-bas. J’ai fini par passer tout une soirée chez lui à parler musique et à se faire écouter des démos. On s’est directement super bien entendu. C’est un gars super. J’étais sensé rester un jour et deux semaines plus tard j’avais passé Thanksgiving avec lui, appris deux ou trois trucs sur le football américain, enregistré un album et partagé un dîner avec Alex G, une de mes grosses influences. Merci Philly.

On se retrouvait le soir à boire des coups dans le bar du coin et à faire connaissance. Un beau jour on s’est rendu compte qu’on avait un album

Comment en vient-on à décider d’écrire un album à quatre mains ? Comment et où s’est déroulé l’enregistrement ?

Nathan. On n’a pas vraiment décidé. Scott est quelqu’un de très prolifique. Il a sorti 4 albums rien que sur 2018. C’est aussi ce que j’admire chez lui. Pour le coup, j’écris aussi assez vite et c’est pour ça qu’on s’est bien entendu je pense. On aime capter les chansons quand elles sont encore fraîches. Son studio est dans sa cave. À partir de là tout s’est enchaîné rapidement. On a spontanément bossé sur un morceau le deuxième jour puis un autre le lendemain… Et ainsi de suite. Au bout d’une semaine on s’est rendu compte qu’on avait quatre morceaux quasi-finis alors on a poussé le processus. On se retrouvait le soir à boire des coups dans le bar du coin et à faire connaissance. Un beau jour on s’est rendu compte qu’on avait un album.

On te sent très heureux de cette expérience et du résultat. À deux, on est quelqu’un d’autre, comme tu le chantes dans le single Rendezvous ?

Nathan. Oui, il y a de ça. Scott et moi étions à différents moments musicaux et humains et nos routes se sont croisées dans un timing presque parfait. On s’est beaucoup apporté l’un et l’autre. Je me sens chanceux et c’est important de célébrer sa chance une fois de temps en temps. Concernant cette phrase, elle a forcément un écho particulier par rapport à cette collaboration mais c’est aussi un clin d’œil à Abby la copine de Scott avec qui j’ai aussi beaucoup partagé. On discutait à 3 heures du matin sur les choses de la vie et de l’amour et je me suis souvenu d’une phrase que m’avait dit ma mère ‘A deux on est quelqu’un d’autre. Oui, mais lequel?’. Abby m’a dit que je devrais la mettre en musique. J’en ai eu l’occasion le lendemain.

Je pense qu’on révolutionnera jamais les accords par contre il y aura toujours des moyens nouveaux de s’exprimer dans le grain de son.

On ne peut pas dire que ta musique soit mainstream. On pourrait même parfois la qualifier d’expérimentale, en tout cas d’intimiste. Comment la qualifies-tu toi-même ? Et quelles peuvent être tes influences ?

Nathan. J’aime la chanson et ce qu’on appelle le songwriting. L’art de faire danser un propos avec des accords et des rythmiques c’est ce qui m’intéresse que ce soit dans la pop, le rock, le folk ou même le rap. Mon voyage sur la côte Est des États-Unis n’était pas anodin, je me sens très proche d’une certaine scène musicale de là-bas et je suis aussi très attaché à la démarche d’enregistrement. En fait, j’aime beaucoup les musiciens qui composent, chantent et enregistrent eux-mêmes parce que ça touche à une certaine pureté du propos artistique global et même si le résultat n’est pas parfait, il n’en est que plus humain. Dans cette tradition, je pourrais citer The Microphones, Coma Cinema, (Sandy) Alex G ou même Elliott smith. Je pense qu’on révolutionnera jamais les accords par contre il y aura toujours des moyens nouveaux de s’exprimer dans le grain de son.

Où pourra-t-on découvrir en live ce projet transatlantique ?

Nathan. Je suis actuellement en train de nous organiser une tournée en France début mai. Je peux déjà vous dire qu’on sera à l’Ère de Rien le 28 avril après midi au manoir du Parc de la Morinière sur des sessions semi-acoustiques. Si tout va bien, on fera quelques dates en ‘full band’ avec basse et batterie pour défendre l’album à travers la France.

Album, label mais aussi festival, tu fais partie de l’organisation de L’Ère de rien dont tu parles justement, festival qui se jouera cette année les 27 et 28 avril à Rezé. Un groupe à conseiller ?

Nathan. Avec toutes ces histoires, je suis fatalement moins impliqué dans l’organisation cette année mais l’équipe est en train de faire un travail de fou pour cette édition. À commencer par le magnifique teaser qui est, je pense, le plus réussi depuis le début de l’aventure. Côté programmation, si je devais ne citer qu’un groupe, je citerais sans doute Puma Blue. Je garde un très gros souvenir de sa prestation en live et je sais déjà que ça va marquer les esprits.

Merci Nathan. Propos recueillis par Eric Guillaud le 28 février 2019. Plus d’infos sur Teenage Bed ici, sur le label Pale Figure là

L’album Shelf Life X Teenage Bed sera disponible le 15 mars

13 Fév

Gaume : interview et session acoustique à l’occasion de la sortie de l’album Square One

Même s’il n’a pas toujours résidé dans la région, Roman Gaume est devenu une véritable figure de la scène rock nantaise, hier avec son groupe Roman Electric Band, aujourd’hui avec son projet solo baptisé Gaume tout simplement. Le musicien vient de sortir un nouvel album Square One. L’occasion rêvée de le rencontrer…

Gaume © Jean-Marie Jagu

Roman Gaume est un rockeur, aucun doute là-dessus, mais de ces rockeurs au grand cœur et au sourire généreux, toujours de bonne humeur, toujours enthousiaste même lorsqu’il s’agit d’assurer pour France 3 Pays de la Loire, au pied levé s’il vous plait, l’interview en anglais d’un groupe programmé à La Nuit de l’Erdre. C’était en juillet dernier. Le groupe en question s’appelait The Hives. Par chance, Roman, qui était lui-aussi programmé dans ce festival, en est un grand admirateur.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas, traducteur-interprète n’est pas son métier, Roman est un musicien, un sacré musicien qui aime depuis toujours faire sonner les mélodies comme celle-ci, Cast Your Shadow On My Wall, jouée en acoustique rien que pour nous sur la scène de la Distillery du Black Shelter à Carquefou…

Quatre albums au compteur avec son premier groupe Roman Electric Band, une participation remarquée à la saison 3 de The Voice, beaucoup de concerts à travers l’Europe et une belle échappée en solo depuis 2016 sous le nom de Gaume.

Dans ce premier album sous pavillon Gaume, Square One, le musicien nantais laisse parler son cœur et ses tripes, alignant treize morceaux aux mélodies entêtantes, aux rythmes tantôt très rock’n’roll, tantôt plus proches de la balade folk. Un vrai univers de songwriter à la Elliott Smith, sa référence, qu’il partage avec ses musiciens, Vincent Duval à la basse, Charly Delille à la batterie et Victor Vasselin à la guitare électrique.

D’Elliott Smith, de l’album Square One, de compos au p’tit déj, de la release party prévue le 2 mars à Stereolux à Nantes…, il en est question dans l’interview qu’il nous a accordée, toujours à la Distillery du Black Shelter. Pourquoi ici ?

« On a pas mal rendu hommage aux lieux qui ferment ces derniers temps, comme le Dynamo. Je voulais rendre hommage aux lieux qui ouvrent… ».

Eric Guillaud

Merci à Roman Gaume, merci à Vincent, Charly, et Victor, merci au Black Shelter de nous avoir accueillis pour cette session acoustique. Release party le 2 mars à Stereolux à Nantes. Plus d’infos sur Gaume ici.