09 Déc

Rencontre avec le duo de musique pop électronique Dampa à l’occasion de la sortie de son nouvel EP, Le Tunnel

Au bout d’un tunnel, il y a la lumière, toujours. Et cette lumière en ce sombre mois de décembre pourrait être incarnée par Dampa, un duo d’électro bien dans sa peau, bien dans sa pop. Interview…

Dampa © F3 / Eric Guillaud

Angeline et Victor, même les prénoms s’accordent parfaitement, Angeline et Victor, donc, forment Dampa, un duo d’électro-pop né à La Rochelle, aujourd’hui installé à Nantes. Une bonne nouvelle pour la scène musicale locale, une bonne nouvelle pour nos oreilles vagabondes !

Tous les projets ont une histoire, celle de Dampa oscille entre l’ombre et la lumière, le clair et l’obscur, des moments de grâce, des moments difficiles, des tunnels, avec au bout la lumière. Son nouvel EP en indique la direction, la sortie, et marque peut-être le début de quelque chose…

Le Tunnel est le nom de l’EP, c’est aussi le nom d’un clip ou plus exactement d’un court-métrage de 11 minutes, un road-trip à la mise en images soignée, embarqué par une musique hypnotique, de quoi nous laisser définitivement sous le charme.

Et nous donner envie de rencontrer Angeline et Victor. Rendez-vous leur est donné du côté de la brasserie La Cigale à Nantes, un petit café et c’est parti pour un long échange au cours duquel on parle de marchés aux crevettes en Thaïlande, de Pokemon, oui oui, mais aussi et surtout de musique…

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08 Oct

En Vendée, à Saint-Hilaire-de-Riez : la belle ascension du groupe de rock Dynamite Shakers

En quelques mois, quelques vidéos sur YouTube et quelques concerts, les Dynamite Shakers sont devenus la coqueluche du rock garage en Pays de la Loire et même au-delà avec une reconnaissance directement venue de New-York et des légendaires Fleshtones. Retrouvailles…

© Olivier Davy

Nous les avions découverts il y a bientôt un an et interviewés dans la foulée, les Dynamite shakers ont traversé la pandémie, les confinements, les couvre-feux et autres joyeusetés du moment sans jamais perdre de vue ce qui les anime, à savoir le rock garage.

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04 Oct

Découverte. La chanteuse-compositrice Arianna Monteverdi entre folk intimiste et rock indé

Elle a un nom et un prénom à jouer de la musique baroque quelque part dans un palais vénitien mais elle fait de la guitare sous le ciel nantais, Arianna Monteverdi vient de sortir un nouvel album intitulé Multiple, comme le champ des possibles. Interview…

©F3 / Eric Guillaud

Elle est d’origine parisienne, a grandi à La Rochelle, vécu en Écosse et en Rhône-Alpes, avant de poser ses valises et ses flight cases à Nantes, Arianna Monteverdi a toujours aimé bouger, elle a toujours aimé la musique aussi, le piano très tôt, dès 6 ans, la guitare plus tard. Arianna vient de sortir son troisième disque, un EP cinq titres qui délaisse le folk pour le rock.

Nous l’avons rencontrée dans un lieu ouvert à tous les vents de la culture, le LU à Nantes. Il est onze heures, l’endroit vient d’ouvrir. Quelques étudiants en visite sur le site, quelques consommateurs au bar, c’est le grand calme, un café et c’est parti…

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05 Mai

Nouvel album des Nantais Mad Foxes : il y a comme du post-punk frais dans l’air !

Ils auraient pu se sentir frustrés, jeter baguettes et médiators dans la Loire, rendre l’âme à qui elle appartient mais non, la pandémie n’a pas empêché notre trio de scène nantais de poursuivre son chemin et de jeter les bases d’un son puissant et sans frontière. Sur album. Interview…

F3 – Eric Guillaud

Tous ceux qui le connaissent un tant soit peu savent que Mad Foxes est avant tout un groupe de live qui a fait ses armes et développé une identité sur les scènes d’ici et d’ailleurs. Alors, bien sûr, se retrouver dans l’impossibilité de jouer devant un public pendant des mois n’était pas franchement prévu à son agenda.

Mais les longs mois de silence forcé n’ont pas empêché Lucas, Elie et Antoine de travailler, répéter et nous offrir au final un album au son énorme baptisé Ashamed, 11 titres qui devraient nous sortir définitivement de la torpeur pandémique et nous faire rêver un peu plus du retour des concerts.

Pour en parler, direction les Nefs de l’île de Nantes, à deux pas de la fameuse salle de concerts Stereolux, où j’ai rendez-vous avec Lucas, le chanteur et guitariste du groupe. Il pleut et il fait froid ce jour-là, très froid, Et comme si ça ne suffisait pas, il y aura pendant tout notre entretien comme un bruit de marteaux-piqueurs permanent en fond sonore. Une partie des Nefs est en travaux. Pas franchement l’idéal pour discuter musique, mélodies, son… mais on s’en contentera en attendant la réouverture de nos lieux de vie habituels.

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24 Fév

Sang Froid : la cold wave nantaise qui va nous réchauffer

Difficile de trouver un bon côté à cette crise sanitaire qui interdit concerts et festivals depuis des mois. Et pourtant, c’est bien à elle que l’on doit Sang Froid, un projet de cold wave né sur les cendres de la tournée du groupe metal Regarde les Hommes Tomber…

L’été 2020 s’annonçait chargé, à commencer par un passage au Hellfest histoire de présenter le nouvel album du groupe. Et puis patatras… le coronavirus, les règles de distanciation, les annulations de festivals, les fermetures de salles de concerts… Regarde les Hommes Tomber, comme tous les groupes d’ici et d’ailleurs, raccroche provisoirement ses instruments. 

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23 Fév

Nantes. Le duo électropop Videoclub en pleines Euphories

Des millions de vues sur YouToube, des concerts à guichets fermés et un premier album signé chez une majeur : en deux ans, le duo nantais Videoclub s’est imposé dans le paysage musical avec une électropop taillée dans les années 80. Branchez les platines…

Matthieu et Adèle © Julie Reynaud

Ils ont à peine vingt ans, autant dire toute la vie devant eux. Et ils la croquent cette vie, à pleines dents. Eux, c’est Adèle et Matthieu du groupe Videoclub. Il y a deux ans, ils lançaient leur projet musical et postaient leur premier clip sur Youtube, Amour plastique. Bingo : le clip enregistre des millions de vues, 59 à ce jour, et très rapidement naît l’envie d’un album. Il vient de sortir.  En pleine période de covid, il y a comme de l’euphorie dans l’air.

Euphories, c’est justement le nom de cet album. Treize titres nourris aux années 80, une époque que le duo n’a bien évidemment pas connu mais dont ils apprécient fortement la culture. Pas de nostalgie pour autant, plutôt une base musicale et visuelle pour s’adresser aux jeunes de leur génération. Et ça matche !

Au saut du lit ou presque mais pas en pyjama, nous avons retrouvé Adèle en visio pour une interview que voici…

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10 Fév

Découverte. Un premier album pour le groupe angevin You Know The Way

À chacun son chemin ! Celui emprunté par le combo angevin You Know the Way nous ramène à l’époque de la cold wave avec une touche pop revendiquée. Synthés sous tension, mélodies entêtantes, textes introspectifs, son premier album s’appelle Live in Dark Romance. Parce que la vie n’est pas toujours lumineuse… 

You Know The Way © Céline Gerbaud

Sortir un album, qui plus-est un premier album, en pleine pandémie, revient un peu à partir à la pêche en pleine tempête. Avec le risque de ne rien attraper dans les filets. Mais pour les quatre musiciens qui forment le combo You Know the Way depuis 2018, le moment est largement venu de partager leur univers… et de combattre avec leurs armes cette période anxiogène.

Leurs armes justement, Sébastien Magnette est à la basse et au chant, Lionel Pécot à la guitare, aux synthés et samples, Nicolas Rougier à la batterie et Fantin Louis à la guitare rythmique, voilà pour les présentations. L’album s’appelle Live in Dark Romance, 12 titres emmenés par le puissant single Get out qui leur a permis de travailler avec le grand producteur anglais, John Fryer. Sébastien Magnette nous raconte cette collaboration et bien plus encore, ici et maintenant, interview…

You Know the Way, pourquoi ce nom ? De quel chemin parlez-vous ? 

Sébastien Magnette. En faisant sa propre introspection, chacun sait où il doit aller, quel est son chemin de vie. Sera-t-il différent s’il prend à droite ou à gauche ? D’où le nom You Know The Way…

Votre album est sorti fin novembre. Heureux ?

Sébastien Magnette. Oui, très fiers d’autant plus en ces moments « perturbés ». Malheureusement, la scène n’est pas pour tout de suite. Chaque jour voit ses nouvelles contraintes. Mais on reste confiant et surtout on ne voulait pas attendre plus longtemps pour sortir notre album même si ce n’est pas la meilleure période.

Cet album s’appelle Live in Dark Romance. Pourquoi ce nom ?

Sébastien Magnette. Live In Dark Romance, c’est ce que j’ai vécu ces dernières années. Cet album parle de ça, de choses personnelles. J’ai besoin quand je m’adresse au public que ça vienne des tripes, de connaître mon sujet, de raconter des histoires que j’ai vécues. Encore une fois, tout est question d’expérience propre. Du jour au lendemain, chacun de nous peut voir sa vie changer complètement de direction et au final basculer dans une certaine « dark romance ».

Pas facile je suppose de vivre cette sortie d’album sans pouvoir le défendre sur scène ?

Sébastien Magnette. Non, en effet ce n’est pas facile et c’est d’autant plus de travail pour se faire entendre. Nous avons hâte de pouvoir rejouer car nous pourrons enfin défendre l’album et surtout nous faire entendre sur une scène et partager notre ferveur avec le public, ce qui est essentiel pour un groupe.

À écouter l’album, on aurait pu classer le groupe dans la cold wave mais vous dites jouer de la « pop wave pas clean ». C’est à dire ?

Sébastien Magnette. C’est vrai qu’on a des influences cold wave mais notre musique est assez dansante, elle à un côté pop en même temps alors pop wave nous semble être un bon compromis. Quant au « pas clean », c’est du côté des textes que ça se passe.

Justement, parlons textes. Que racontent It’s killing time et The Black Bridge qui ont tout de singles parfaits. Que racontent vos textes d’une manière générale ?

Sébastien Magnette. It’s Killing Time aborde le sujet du « je ne me sens pas bien où que j’aille et j’aimerais bien trouver un endroit tranquille où je pourrai me poser ». Quant à The Black Bridge, c’est l’histoire de ces filles assez court-vêtues que j’ai souvent observées en attendant un train. Elles viennent apporter un peu de réconfort à des hommes en manque de sentiments dans des rues dont elles ignorent le nom. Souvent, cela se passe sous le pont noir. Sinon, nos textes parlent beaucoup de la complexité des rapports entre les hommes et les femmes.

Quelles sont vos influences majeures ?

Sébastien Magnette. Chacun à ses influences dans You Know The Way. Lio va plus écouter du punk, Nico est plus rock stoner et Fantin, psyché. Quant à moi, je suis plutôt cold wave, new wave, post punk.

Quels sont les albums qui tournent en boucle sur votre platine en ce moment ?

Sébastien Magnette. En ce moment, c’est Long life de Structures, Pictures of a century de LANE ou The Big Pictures de Last Train que je remercie chaleureusement d’avoir sorti mon fils des griffes de Maître Gims. Depuis qu’il a découvert Last Train il a quitté le côté obscur de la force et s’est même mis à fond à la guitare. Merci les gars, vous m’avez sauvé la vie, lol !

Quel regard portez-vous sur la scène locale ?

Sébastien Magnette. J’avoue ne pas avoir trop de recul. Mais de ce que je peux entendre, c’est bien trop souvent les mêmes groupes avec toujours les mêmes musiciens qui sont mis en avant par les scènes de musique actuelles d’Angers. Donc rien de nouveau qui sort des enceintes. Du coup, le public passe à côté de groupes talentueux et c’est bien dommage…

Vous avez travaillé avec le célèbre producteur John Fryer (Depeche Mode, N.I.N, Lacuna Coil The Cure) sur le titre Get Out. Comment l’avez-vous rencontré et que retenez-vous de cette expérience ? 

Sébastien Magnette. C’est grâce à sa femme Anna que nous l’avons rencontré. Elle avait laissé un commentaire sur une photo de mon chat sur Instagram, un sphinx. De fil en aiguille, nous en sommes venus à discuter musique. Elle m’a appris que son mari était producteur et m’a donné son contact. J’ai envoyé le titre Get Out à John et il m’a répondu « How I can mixe for us ». John est quelqu’un de très abordable, il a compris tout de suite ce que l’on attendait et ce fut une chouette expérience pour nous de travailler avec une pointure comme lui.

Un mot sur la pochette de l’album…

Sébastien Magnette. Cette photo vient d’une amie photographe qui a habité longtemps à Dubaï, c’est la passerelle de l’hôtel Shangri-La. L’artwork a été fait par Nathan Balcon, un jeune web designer.

2020, année à bannir. 2021, année à bénir ? Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Sébastien Magnette. Je crois que cela va surtout dépendre des décisions prises en haut lieu et dont nous sommes tous tributaires. Il faut espérer que les dates déjà prévues puissent se faire, que les bars et autres salles puissent rouvrir et permettre à chacun de pouvoir s’exprimer. On en a besoin et c’est pour cela qu’on fait de la musique, rencontrer des gens, boire un coup et échanger après le concert. Je ne parle même pas des festivals locaux, avec des groupes émergents, des petits budgets, qui fonctionnent uniquement sur du bénévolat… On reste très sceptique quant à l’année 2021 malheureusement. Malgré tout cela, malgré le contexte quelque peu morose, on reste motivé par le monde du spectacle et de la culture qui est un pilier de notre société et qu’il faut soutenir à tout prix.

Propos recueillis le 23 janvier par Eric Guillaud

Plus d’infos sur You Know the Way ici

pochette de l’album / photo : Virginie Touchard – artwork : Nathan Balcon

05 Jan

Dorrr, la pop angevine pour repartir du bon pied et de la bonne oreille en 2021 (INTERVIEW)

Besoin d’un peu de légèreté pour cette nouvelle année ? Vœu exaucé, voici Dorrr, un projet né sur la route entre deux concerts du groupe de rock angevin The Blind Suns. Au menu ? De la pop effervescente. Synthés pour tou.te.s…

© Marion Fort

Ce visage vous est familier ? Logique ! Avec Scarlett puis The Blind Suns, Dorota a embrasé toutes les scènes angevines et au-delà. Bien au-delà même. Ainsi, lorsque nous l’avons interviewée en mars dernier, juste avant le confinement, Dorota et Romain, son compagnon de scène, revenaient précipitamment des États-Unis, plus précisément du Texas où ils devaient se produire.

Après des années en groupe, Dorota lance en 2021 son projet solo, Dorrr comme le diminutif de Dorota, un projet solo mais bien entouré puisque Romain Lejeune, même s’il est ici plus en retrait, fait partie de l’aventure. Moins rock, plus pop, plus aérien, plus lumineux, avec une bonne couche de synthés et des mélodies entraînantes, dansantes, comme celle-ci, The Future is now, oui c’est maintenant…

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11 Déc

Cabadzi : deux nouveaux singles et deux clips en attendant l’album… et les concerts

Il avait fait sensation il y a un peu plus de trois ans avec un album dédié à l’univers du réalisateur Bertrand Blier, le duo nantais Cabadzi est de retour avec deux clips et bientôt un album baptisé Bürrhus en référence au grand psychologue et penseur américain Burrhus Frederic Skinner…

Vous ne connaissez pas Burrhus Frederic Skinner ? Je vous rassure, vous n’êtes pas seul(e) dans ce cas. L’avantage avec le duo nantais Cabadzi, c’est qu’on apprend des choses en même temps qu’on se divertit…

Que dit Wikipédia sur l’homme ? Qu’il s’agit d’un psychologue et penseur américain, un penseur influent du behaviorisme, fortement influencé par les travaux d’Ivan Pavlov et ceux du premier comportementaliste John Watson.

Bon ok ! Mais que vient faire cet homme dans ce cinquième album des Cabadzi qu’on nous annonce pour février 2021 et dont les deux clips fraîchement diffusés, Cabane et Mélanco, nous donnent un avant goût ? C’est ce que nous avons demandé à Olivier Garnier et Victorien Bitaudeau, membres éminents du duo Cabadzi…

Comment en êtes-vous venus à vous intéresser à ce psychologue et à ses recherches ?

C’est en cherchant à comprendre pourquoi les réseaux sociaux sont si addictifs que l’on est très vite tombé sur les expériences du comportementaliste B.F Skinner. C’est un peu le point de départ et de référence de toutes les analyses à ce propos.

Nombreux sont ceux qui connaissent Bertrand Blier, auquel était dédié votre précédent album, mais Burrhus Frederic Skinner, peu, très peu, le connaissent. vous en êtes conscients ? Ce n’est peut-être pas très vendeur…

Ce projet est très différent de l’album X Blier, il s’est d’ailleurs fait à l’inverse. Nous ne sommes pas partis de B.F Skinner pour écrire ce disque comme on l’avait fait avec Blier. C’est juste qu’au début de la création, on avait 3/4 morceaux et tous évoquaient de près ou de loin les conséquences psychologiques d’un monde où la représentation de soi-même sur les réseaux est la norme. S’apercevant de ça, on a creusé et on s’est intéressé sérieusement au sujet.

Concrètement, en quoi l’album est-il influencé par cet homme ?

C’est beaucoup plus un clin d’oeil qu’une influence. Et il suffit de se balader dans la rue pour voir comment nous sommes tous obnubilés par notre smartphone comme le sont les pigeons par les graines dans l’expérience de B.F. Skinner. L’image est la même. Apprendre en plus que toutes les applis d’aujourd’hui se réfèrent aux travaux de ce chercheur lors de leur conception ajoute pas mal d’ironie à la chose.

Cette addiction aux réseaux sociaux, vous en souffrez vous-même ?

Dire qu’on en souffre serait exagéré, mais on le sait tous, ces applis nous font sans cesse osciller entre bonheur et tristesse. Elles nous fatiguent tout autant qu’elles nous aident. Elles prennent clairement trop de place et il est difficile de s’en défaire. C’est sûrement ce sentiment sinusoïdal qui est désagréable.

Vous n’avez jamais fait dans le feel good mais on a le sentiment que vos chansons sont de plus en plus noires ? La société actuelle vous fait peur?

Bizarrement, on n’a jamais la volonté de faire noir. On se laisse guider par ce qui vient, la seule chose qui nous anime, c’est de créer un truc vraiment personnel, composer une musique, écrire un texte que nous seuls pouvons faire. C’est simplement la façon dont on envisage la musique : on ne la voit beaucoup plus comme une émotion introspective qu’un divertissement.

Comment voyez-vous ce monde d’après qu’on nous promet différent et meilleur ?

On se méfie beaucoup du « c’était mieux avant » donc on aurait tendance à dire que l’on est optimistes. Ça dépend vraiment de ce qu’on regarde. On peut voir Bolsonaro, Zemmour ou Trump, on peut aussi voir Greta, Black Lives Matter ou #MeToo. C’est d’ailleurs sûrement ça le monde de demain : une polarisation des idéaux… et le danger qui va avec.

Comment vivez-vous cette période étrange pour ne pas dire anxiogène de pandémie ?

Comme tout le monde, anxiogène c’est le bon mot. Historique également, mais une anti-Histoire : celle où il ne se passe rien. C’est ça le plus étrange : en faire le moins possible pour s’en sortir au plus vite. L’exact contraire de ce qu’on nous apprend depuis tout petit.

Ces deux premiers clips sont signés Marian Landriève avec qui vous avez déjà travaillé, un spécialiste des effets spéciaux. La réalisation est très soignée mais elle n’a pas dû être de tout repos. Pouvez-vous nous raconter un peu comment tout ça s’est déroulé ?

On a une vraie passion pour l’image et depuis notre rencontre avec Marian, on a l’impression que tout est plus facile, on se comprend bien. Le procédé est toujours le même : des journées entières à écrire le plus précisément possible des images et ensuite, tout faire pour les réaliser, même si ça paraît impossible sur le papier. Pour Cabane par exemple, on a passé une semaine à fabriquer une vraie cabane ainsi que tout un procédé pour la faire « voler » dans les airs, tout ça pour 15 secondes de plan :). Ça nous amuse beaucoup en fait, c’est une récréation.

À chaque fois que je vous écoute, que je découvre un nouveau titre, je me pose toujours la même question. Comment pourrait-on définir votre style musical ? Où vous caser en somme ?

On aimerait bien le savoir aussi, on n’y réfléchit jamais franchement. Le seul truc qu’on sait, c’est qu’on est passionné par le rap, le hip hop, depuis des années, donc c’est ce qu’on a l’impression de faire. En tout cas, ce genre autorise tout alors c’est sûrement ça qui nous va le mieux.

Que peut-on vous souhaiter pour 2021 ?

Des concerts ?

Merci Olivier et Victorien. Merci Cabadzi

Propos recueillis par Eric Guillaud le 4 décembre 2020. Plus d’infos sur Cabadzi ici