16 Sep

L’Épée en concert au festival Levitation France à Angers : rencontre avec l’un des instigateurs du groupe, Lionel des Limiñanas

Rugueux et magnétique, fiévreux et diabolique, le premier album de L’Épée sorti ces jours-ci pourrait bien faire chavirer les têtes à défaut d’en couper. L’Épée est l’une des têtes d’affiche du festival Levitation France qui se joue à Angers les 20 et 21 septembre. Interview…

L’Épée © Mehdi Benkler

« On ne fond pas une bonne épée avec du mauvais fer », écrivait l’écrivain Alexandre Pouchkine. Inutile de vous dire que cette épée-là réunit toutes les qualités à la fois du made in France et du made in America. Les Perpignanais Marie et Lionel des Limiñanas, Emmanuelle Seigner, actrice mais aussi chanteuse (notamment avec le groupe Ultra Orange), et l’Américain aujourd’hui installé à Berlin Anton Newcombe, leader du Brian Jonestown Massacre forment L’Épée, quatre amoureux de sons distordus et de rythmes hypnotiques, unis pour le meilleur, une sorte d’internationale d’un rock aiguisé et tranchant qui ne pouvait se retrouver sur disque que sous un nom venu de l’enfer, Diabolique.

Avant de retrouver le groupe pour un premier concert sur la scène du festival Levitation à Angers, le 21 septembre, nous n’avons pas résisté à la tentation de poser quelques questions à Lionel Liminana qui forme avec Marie The Limiñanas, groupe phare du rock français.

Bonjour Lionel, rassurez nous tout de suite, The Limiñanas ne va pas disparaître d’un coup d’épée ?

Lionel. Non pas du tout ! On travaille sur le prochain album des Limiñanas en ce moment. La moitié du disque est déjà maquetté. On va continuer de bosser dessus dans le tour bus. On sort aussi une B.O  en novembre, celle du film de Pierre Creton «le bel été». Un des thèmes est chanté par Étienne Daho. La chanson s’appelle «one blood circle». On a aussi réalisé le nouveau disque des Wampas l’hiver dernier à ICP/Bruxelles. 

Nous sommes rassurés. À lire les nombreux papiers parus à droite et à gauche, on ne sait plus très bien qui est à l’origine du projet. Vous, Emmanuelle ou Anton ?

Lionel. C’est Emmanuelle qui est a l’origine de ce disque. Au départ, elle est venue nous voir pour qu’on travaille sur son album solo. J’ai enregistré les maquettes dans mon garage et on est allé mixer à Berlin chez Anton, qui a eu l’idée de continuer cette chouette histoire en tant que groupe. 

L’Epée, c’est aussi un peu Bertrand Belin qui a écrit trois titres et chante sur l’un d’eux. Faut-il voir L’épée comme un super-groupe ?

Lionel. J’ai jamais aimé le concept de super groupe. Dans l’histoire de la pop, ce genre de projet aurait tendance à me faire fuir. Il s’agit souvent d’étalage de technique, de montage des maisons de disque… Là pas du tout. Anton s’était tellement investi dans la production que le fait de continuer à quatre était juste et naturel. La participation de Bertrand était évidente, on s’entend comme larron en foire et son travail est unique. On va essayer de travailler avec Bertrand sur les 20 prochains disques. J’espère qu’il sera d’accord.

D’où vient ce nom d’ailleurs, tout de même assez improbable pour un groupe de rock ?

Lionel. J’aimerai bien le savoir!! Quand Emmanuelle nous a appelés pour nous parler de l’idée de monter un groupe, j’ai trouvé ça très chouette, vraiment excitant. Ensuite, elle nous a parlé du nom qu’Anton avait proposé et j’ai d’abord cru que ce serait en anglais. «The Sword». The Sword a un côté bien Manowar/Heavy metal. Mais en français c’était surréaliste. Au bout de deux heures, en faisant la cuisine, en écoutant la radio… on s’est habitués et on a dit ok.

Il y a de la pop 60’s dans l’air, du yéyé mais pas que, il y a aussi du rock garage, du psyché et quelques petites touches venues d’ailleurs, des petites tonalités orientales, notamment sur La Brigade des maléfices ou sur On dansait avec elle, et comme toujours des clins d’œil au cinéma… Quelles ont pu être les influences majeures et communes à tous les membres de L’Epée pour l’écriture de cet album ? Le Velvet ? Mais encore ?

Lionel. Des choses classiques, comme les Stones jusqu’à «Let it Bleed», la musique primitive des Sixties, qu’elle soit française, américaine ou anglaise, Alan Vega, les Stooges, Jesus and Mary Chain, Nick Cave…Et puis le cinéma évidemment. L’idée de monter le disque comme un film a sketch, une suite de petits feuilletons… On fait ça systématiquement. C’est devenu compliqué de produire un disque sans imaginer que ce soit la B.O d’un film qui n’existe pas. Ça ouvre des tas de possibilités.

Explorer de nouveaux territoires sonores et rythmiques, expérimenter, élargir votre horizon musical…  j’imagine que c’est ce que vous recherchez avec L’Epée comme avec l’ensemble de vos collaborations (Pascal Comelade, Peter Hook…)…

Lionel. Oui. Les duos  sont très ennuyeux quand ils ne s’ouvrent pas aux autres. En travaillant avec Pascal Comelade, on a compris toutes les possibilités que le renoncement au groupe offrait. Inviter des musiciens à intervenir, des auteurs, arrangeurs, te permet de faire évoluer le disque comme autant de films par le casting, le choix des histoires, de la production…tout en gardant le contrôle. C’est sans fin.

Qu’est-ce qui tourne en ce moment sur votre platine lorsque vous avez besoin de vous changer les idées ?

Lionel. Le dernier disque de Pascal Comelade, les 45t de Los Bravos, l’album de Bertrand Belin, Tago mago de Can, la B.O de «la route de Salinas».

Un mot sur le somptueux artwork de l’album et particulièrement du vinyle. Vous avez participé à son élaboration ?

Lionel. Il s’agit d’un artiste chinois qui s’appelle Wen. C’est une connaissance d’Anton et je suis d’accord avec toi, son travail est incroyable. C est aussi lui qui s est occupé de l’artwork du maxi de «Dreams»

Vous jouez au festival Levitation France à Angers le 21 septembre. Simplement un tour de chauffe avant la tournée ou une date importante ? Que représente pour vous ce festival ?

Lionel. Ou là! Levitation c’est important! On y a déjà joué avec les Limiñanas et c’était très impressionnant. La programmation est démente, il y a beaucoup de monde et c’est un public de connaisseurs. On prend ça très au sérieux. 

Un album, une tournée. Et après ?

Lionel. Je pense qu’on va travailler sur un deuxième album. Même si on ne se l’ai pas encore dit clairement ! Je crois qu’on en a tous les quatre très envie!

Merci Lionel, merci The Limiñanas, merci L’Épée

Plus d’infos sur le groupe ici, sur le festival Levitation France

13 Sep

L’Horizon : un septième album solo pour Manu, ex-chanteuse et guitariste du groupe Dolly

Manu la Nantaise, ex-Dolly, sort aujourd’hui son septième album solo, L’Horizon, vingt morceaux qui raviront les fans de la première heure tout en explorant de nouvelles voies. Un album aux univers très variés pour regarder encore plus loin. Interview…

Manu © Thomy Keat

SI l’horizon est dans les yeux et non dans la réalité, comme l’écrit l’écrivain ivoirien Gauz, alors il est assurément dans les yeux d’Emmanuelle Monet, Manu pour les intimes, ex-membre du fameux groupe de rock Dolly qui connut le succès dans les années 1990/2000 jusqu’à la mort accidentelle de son bassiste Michaël Chamberlin en mai 2005.

Et l’horizon pour Emmanuelle, c’est aujourd’hui 20 chansons et un album, le septième de sa carrière solo, album qu’elle a réalisé quasiment seule. L’Horizon est dans les bacs depuis ce matin mais aussi sur toutes les plateformes musicales habituelles. Nous l’avons écouté et mieux encore, nous l’avons aimé. De quoi nous donner envie de lui poser quelques petites questions avant de la retrouver sur la scène de Stereolux le 11 octobre prochain.

Bonjour Manu. Dernières répétitions en juillet, premiers concerts et promo en septembre. Tu es prête ?

Manu. Oui, je suis prête. On a fait notre premier concert samedi dernier près de Toulouse lors d’un festival. Du coup, on a pu se rendre compte qu’on était bien dans notre adaptation live de cet album et qu’il avait un bon accueil du public. Ça nous a rassuré. Et puis la promo se passe elle-aussi bien, pour l’instant, il y a un bon accueil des médias. Je croise les doigts…

Combien de temps a-t-il fallu pour concrétiser ce nouvel album ?

Manu. Deux ans mais avec des petites coupures. J’ai commencé seule à essayer des choses et puis je me suis rendue compte qu’à force de rentrer dans la production, la réalisation, le mixage, je pouvais faire l’album toute seule. J’étais enfin prête!

Seule ? C’est à dire ?

Manu. C’est à dire que j’étais le capitaine du bateau. Je l’ai réalisé, enregistré, produit, mixé, à part deux ou trois morceaux qui l’ont été par Fred, mon ingé son. C’était important pour moi d’aller au bout…

Il s’appelle L’Horizon. Pourquoi ? Un besoin d’aller plus loin, d’ouvrir ton champ de vision ?

Manu. Oui, déjà cette expérience élargit mon horizon et puis j’avais envie d’amener une note un peu optimiste par rapport à ce qui se passe autour de nous, au climat ambiant et à ce qu’on va laisser à nos enfants. Parce que ce n’est pas très réjouissant ce qui se profile…

Tu penses à quoi exactement ?

Manu. À plein de choses. Le titre Entre deux eaux par exemple parle d’une façon un peu imagée du jour du dépassement, ce qu’on va laisser économiquement, sociologiquement, écologiquement, aux générations futures n’est pas très beau pour l’instant et j’espère qu’il y aura un jour un plus bel horizon…

Mais il ne s’agit pas ici d’un album engagé ?

Manu. Non, mon objectif est de glisser des petites phrases qui peuvent interpeller, qui peuvent parler. J’ai toujours mes thèmes de prédilection. L’écologie m’obsède depuis longtemps. Déjà à l’époque de Dolly, j’avais des titres comme Il était une fois qui abordaient ce thème. L’engagement n’est pas direct mais il est là quand même…

En ouverture de l’album, tu dis : Son avancée est un passage, seul mouvement, autour de rien », tu peux nous éclairer sur cette phrase pour le moins énigmatique ?

Manu. C’est toujours difficile de faire une analyse de texte. À l’école, je n’étais pas très bonne pour ça. Je pense qu’une fois que c’est dit, les gens doivent se l’approprier comme ils le veulent, comme ils le sentent. J’ai bien sûr une explication à cette phrase mais je ne veux pas la donner parce qu’elle est issue d’un rêve. Et cette phrase est un peu le fil conducteur de l’album. Elle revient assez souvent, on la retrouve même en espéranto…

Chacun y trouvera ce qu’il a envie d’y trouver en somme ?

Manu. Oui, ceux sont des mots assez forts, aussi optimistes que pessimistes. Il y a avancée, passage, mouvement et puis rien. Je ne veux pas limiter l’imagination des auditeurs potentiels de l’album…

Encore une toute dernière explication de texte, dans Regarde, le premier morceau, tu parles de trouver des réponses, de chercher un sens à tout ça. À tout ça quoi ?

 Manu. C’est pareil, c’est à prendre au sens global de la vie. On est toujours en train de se poser des questions. On passe plus de temps à se les poser qu’à trouver les réponses.

Vingt morceaux composent l’album, c’est beaucoup pour une seule femme non ?

Manu. Vingt morceaux avec les virgules. En fait, ça fait réellement 13 morceaux. J’aurais pu en avoir plus mais je me suis limitée. En même temps, ça fait déjà un peu plus d’une heure et je voulais que l’ensemble soit cohérent.

Vingt morceaux dont, tu viens de le dire, plusieurs instrumentaux très courts comme des interludes. Une façon d’expérimenter de nouveaux sons, de nouvelles voies sans – trop – désorienter les fans de la Manu ex Dolly ?

Manu. Au départ, ce sont des morceaux en chantier que je n’avais pas forcément envie de finir parce que je les aimais comme ça, courts, ou parce que je comptais les exploiter d’avantage dans le futur. Mais, c’était aussi pour faire une liaison entre les morceaux, des respirations, pour que le voyage se déroule en douceur, parce que les chansons sont différentes les unes des autres même si elles restent dans la même veine.

Effectivement, il y a sur l’album des morceaux rock, très rock, mais il y a aussi de l’électro… 

Manu. Oui, enfin, de l’électro gentillet, à ma manière, c’est le logiciel que j’utilise, Reason, qui me permet ça, il est même dédié à l’électro d’habitude. J’ai aimé torturer les sons avec ce logiciel et les incorporer dans ce que je sais faire. Et puis, chez notre bassiste, il y avait pas mal de claviers vintage qu’on a utilisés à bon escient sur certains titres. C’était important pour moi de continuer à explorer cette voie-là et d’expérimenter des choses…

30 ans de musique cette année. C’est quand même pas mal. Quel regard portes-tu sur toutes ces années ?

Manu. C’est épanouissant, c’est enrichissant c’est ma vie en fait. Je ne saurais pas quoi faire d’autre même si je ne vie plus de ma musique.

Tu ne vis plus de ta musique ?

Manu. Non, la musique ne se vend plus, les concerts sont de plus en plus difficiles à trouver… mais je continue à en faire parce que c’est vital. Et puis les 30 ans sont passés à une vitesse folle.

Si tu devais garder un souvenir de ces 30 ans ? Un souvenir, un album ou un morceau ?

Manu. Moi, c’est au jour le jour maintenant. Avant, je me projetais dans l’avenir, je n’étais déjà pas trop dans le passé. Mais maintenant, pour ma santé mentale, je vis au jour le jour. Là, je vais faire une entorse, je vais penser à demain, à la sortie de l’album. C’est l’événement le plus important pour moi à l’heure actuelle, c’est la concrétisation de tout ce dont on vient de parler. J’ai envie de le partager, j’ai hâte qu’il aille dans les oreilles des gens, que les gens m’en parlent et puis surtout qu’il soit écouté. C’est ça mon but, c’est d’être écouté par le grand nombre quand même. De nouveau. Parce qu’il y a encore beaucoup de gens qui connaissaient Dolly et qui ne savent pas que j’en suis à mon septième album. Le public n’a pas été retrouvé encore, c’est aujourd’hui très difficile de sortir son épingle du jeu en tant qu’indépendant…

Tu seras en concert à Stereolux le 11 octobre. Une date importante pour toi ? Qu’est ce que ça te fait de revenir dans cette ville qui t’a vu naître et qui a vu Dolly grandir ?

Manu. Aujourd’hui je vis entre Paris et la Vendée mais j’ai encore à Nantes ma famille, mes amis. J’aime beaucoup ma ville. Je trouve que c’est une ville qui compte culturellement en France. Dans le top du classement. Cette date du 11 octobre est très importante et, en même temps c’est ce qui fait le plus peur les dates à domicile. J’ai le trac déjà…

Le trac ? De jouer devant les gens que tu connais ?

Manu. Oui, c’est le public le plus difficile, la famille et les amis. La peur du jugement ou je ne sais quoi. Et la date parisienne, le 27 septembre, est importante aussi. Ces deux dates-là font en fait partie du concept de la Manu Party. J’y fait ma propre première partie en revisitant mon répertoire et quelques titres de Dolly avec harpe et violoncelle. Et puis en deuxième partie, on présente l’album en électrique. C’est un petit marathon, deux heures et demie à trois heures sur scène.

L’album que tu écoutes en ce moment ?

Manu. J’ai écouté l’album de Las Aves, ex-Dodoz, parce que je suis fan de ce qu’ils font. Autrement… Melody’s Echo Chamber, une musique très libre qui me parle beaucoup. Et quand je suis sur la route, qu’on écoute la radio, je shazame. C’est ainsi que j’ai découvert le groupe Quantic et son titre September blues. Un vrai coup de coeur…

Un mot sur ton tout dernier clip mis en ligne il y a quelques jours…

Manu. Nico Hitori de a fait les dessins, Nicolas Robin l’a monté, c’est un travail magnifique fait un peu dans l’urgence en attendant que les clips « officiels » arrivent. J’en suis très fière…

Merci Manu

Propos recueillis par Eric Guillaud le 12 septembre 2019. Manu sera en concert le 27 septembre à la Maroquinerie à Paris, le 11 octobre à Stereolux à Nantes

04 Sep

Nantes. Cinq questions à Catfish avant son concert au Ferrailleur le 5 septembre

Avec un nom pareil, on ne peut décemment pas s’attendre à quelque chose de lisse, les fondations musicales du duo Catfish sont de fait à chercher du côté des eaux troubles du Mississippi, entre blues et rock, un son rugueux, une guitare sous effet et une voix féline à vous envoûter une colonie de crocodiles. Interview…

© JC Polien

Amandine Guinchard et Damien Félix ont longtemps formé un duo avant de se déplacer – depuis peu – en trio. Mais leur volonté est restée identique : jouer une musique un peu sauvage, un peu domptée, un rock aux racines blues évidentes, soumise à quelques explorations sonores.

Après une tournée des festivals cet été (L’Air du temps, Cognac Blues passions, 39 août…), les Catfish débarquent au Ferrailleur à Nantes avant de prendre la route pour l’île d’Ouessant, bien décidés à vous jouer les titres de leur dernier ep, Morning moon, cinq titres gorgés d’énergie, de fuzz et de claviers Farfisa. Et ça, ça donne sacrément la pêche…

Catfish aujourd’hui, c’est qui, c’est quoi ?

 Damien Félix. Ça fait quelques années que nous tournons maintenant, nous avons fait beaucoup de choses à deux, des concerts, des voyages, des albums, vécus pas mal d’aventures. Cette année, nous avons intégré en live un troisième musicien, Mathis, aux claviers, et ça s’est fait vraiment facilement. Tout d’abord ça nous a permis de jouer les morceaux du dernier ep Morning room, qui étaient arrangés avec beaucoup de son de claviers (hammond, farfisa, ce genre de chose). Mais aussi ça étoffe notre son sur scène et les shows sont encore plus intenses, le son est puissant. Nous ne regrettons absolument pas ce choix (crucial pour un duo rodé et habitué à ça) et il faut dire que notre recrue en a sous la pédale !

En vous écoutant, on pense forcément aux Kills, aux Black Keys ou aux White Stripes, des duos comme vous avez pu l’être longtemps. Quelles pourraient être vos références communes ?

Damien. Effectivement The kills est une de nos références majeures. Les morceaux, le son, le jeu de guitare, l’attitude, tout nous plaît dans ce groupe. Les Blacks Keys et les Whites Stripes, ce sont des groupes qu’on aime mais qui sont peut être moins influents pour notre musique. Dans le camion, ce qui revient souvent et qui plaît à tout le monde c’est Alabama Shakes, Rover, Nick Cave, Balthazar…

Vous venez du blues. Selon vous, qu’en avez-vous gardé aujourd’hui ?

Damien. Ce qu’on a pioché dans le blues au départ (dans le delta blues pour être précis) c’est le dépouillement et l’émotion brute, le direct au coeur ou au foie, ça dépend. Cet aspect là, on l’a clairement gardé, même si on s’est éloigné de certains codes du blues pour aller dans un univers plus rock, voire punk sur scène.

Vous venez aussi du Jura où vous retournez régulièrement vous ressourcer. C’est nécessaire pour vous de retrouver le calme entre deux concerts, entre deux tempêtes ? 

Damien. Complètement, nous y avons un cadre de vie de fou et qui nous correspond. C’est beau, vert, calme, avec des grands paysages mais ça peut être rude, accidenté, froid et méchant 🙂

Cet endroit c’est un bon équilibre entre la vie de tournée et le retour sur soi, et ça doit forcément influencer notre écriture.

Vous serez sur la scène du Ferrailleur à Nantes le 5 septembre. Il y a quelques jours, vous étiez sur la scène du festival 39 août à domicile devant des milliers de festivaliers. Vous êtes plutôt petite ou grande salle?

Damien. Les deux, forcément! Nous avons vécu des sensations de malade devant des milliers de spectateurs en France ou à l’étranger, mais une bonne petite salle pleine à craquer et chauffée à blanc c’est tellement bon. La proximité, c’est génial, il peut se passer pleins d’échanges avec le public.

Merci Amandine, merci Damien

Propos recueillis le 4 septembre 2019 par Eric Guillaud

Catfish sera en concert au Ferrailleur à Nantes jeudi 5 septembre à 20h30. Plus d’infos sur Catfish ici

13 Août

Astronaute : un clip en apesanteur pour le groupe de rock vendéen Epsylon

Objectif Lune pour Epsylon. Après un album sorti en mars et une tournée générale de concerts un peu partout en France, le groupe vendéen nous offre un voyage au-delà de l’atmosphère, au-delà des rêves, avec ce magnifique clip tourné par Nicolas Michon et posté le 21 juillet. Et ce n’est pas un hasard

Epsylon © Jean-Marie Jagu

« Il y a 10 ans, on n’aurait jamais pensé en arriver là où on en est aujourd’hui… », nous expliquait Antonin (bassiste) dans une interview réalisée en février 2018. Près de douze ans de scène, cinq albums studio, un live, des centaines de concerts en Europe mais aussi en Chine, au Koweit ou au Kazakhstan… C’est une évidence, les six musiciens du groupe de rock celtique Epsylon sont allés bien au-delà de leurs rêves les plus fous. C’est justement le thème de ce nouveau clip, quand les rêves deviennent réalité. Cette fois c’est Manu, le guitariste, qui s’y colle, il nous l’explique le pourquoi du comment et inversement ici et maintenant…

« À l’heure de la célébration mondiale du 50e anniversaire du premier pas de l’homme sur la Lune (Apollo 11), et comme un clin d’œil, nous avons dévoilé le 21 Juillet le clip de la chanson Astronaute figurant sur l’album du même nom (sortie en mars 2019 – Arsenal Production / Coop Breizh). Nicolas Michon, chanteur du groupe a franchi le pas de la réalisation du clip en passant derrière la caméra ».

« Nous voulions par ce clip rappeler l’importance de s’accrocher à ses rêves. Tout au long de la vidéo, nous suivons les étapes marquantes d’un enfant, Tom, clin d’œil à Thomas Pesquet, qui a toujours eu dans le coin de sa tête l’idée de devenir astronaute.

Nous voulions un clip chargé d’émotion, tourné dans notre région d’origine et portant des valeurs qui nous sont chères. À l’instar du comédien dans le clip, nous avons toujours cru en nos rêves, depuis tout jeune, on peut d’ailleurs faire un parallèle avec notre rêve qui était de pouvoir vivre un jour de notre musique. Pour les acteurs, on a lancé un appel sur nos réseaux afin de s’entourer de jeunes de notre région qui ont su apporter la fraîcheur et la spontanéité que l’on recherchait pour ce clip ».

Eric Guillaud

Plus d’infos sur Epsylon ici

Pas de vacances pour Epsylon, le groupe sera en concert au festival Les Twins à La Bazoge (50) le 23 août, à Agrinight au Cloître-Pleyben (29) le 24 août, à la Fête de la Saint-Loup à Aubière (63) le 31 août, au festival Patrimoine Vivant à Château-Thierry (02) le 21 septembre, au Festi’Gartempe à Montmorillon (86) le 22 septembre, aux Celtivales à Pierrefontaine-les-Varans (25) le 26 octobre…

09 Août

Rock’Estuaire, Couvre Feu, The City Trucks Festival, Champs Libres… le modèle économique des festivals fragilisé?

En quatre ans, trois festivals de musiques actuelles ont purement et simplement disparu du paysage ligérien, un autre a rendu les décibels avant même sa première édition, tous sont aujourd’hui plus ou moins obligés de se repenser. Pourquoi, comment ? Réponses ici…

Couvre Feu 2018 / © MaxPPP – Romain Boulanger

Cest l’un des premiers festivals ligériens à avoir jeté l’éponge au cours de ces cinq dernières années, Rock’ Estuaire à Cordemais, un petit tour en 2015 et puis s’en va ! L’affiche de la deuxième édition, en 2016, promet pourtant d’être belle. Sinsemilia, Luke, Les Ramoneurs de Menhirs, Billy the Kick, Aaron ou encore Shake Shake Go doivent s’y produire mais les organisateurs annulent tout huit jours avant l’événement. En cause ? Les faibles ventes de la billetterie !

« C’est un jour difficile pour les amateurs de rock du Pays de la Loire… »,expliquent les organisateurs dans un communiqué posté le 2 juin 2016 sur leur compte Facebook. « Malgré l’élan de soutien autour du Festival Rock’Estuaire, les ventes de la billetterie ne permettent pas aujourd’hui de couvrir les frais liés à l’organisation. Nous n’avons d’autres choix que d’annuler la seconde édition de ce Festival 100% bénévoles ».

« La passion n’a pas suffi », déplorent alors les organisateurs. De passion, pourtant, Bruno Fouchard et Emmanuel Riailland n’en manquent pas, ni les dizaines de bénévoles qui se mobilisent à leurs côtés.

Malgré les années passées, Bruno Fouchard garde aujourd’hui encore une certaine amertume de cette aventure avortée. « Avec Rock’Estuaire, nous voulions proposer une offre différente avec des artistes que l’on ne retrouvait pas dans les différents autres festivals, nous voulions faire découvrir le rock à des familles. Le public d’aujourd’hui a tellement d’offres de festivals différents qu’il choisit principalement d’aller vers les gros festivals avec des artistes de renom. Le public d’aujourd’hui est difficile. Cette année, je suis allé à La Nuit de l’Erdre principalement pour Editors, je trouvais que c’était un bon choix de programmation et là seulement 100 ou 200 personnes devant la scène. Et oui, ça ne passe pas en radio ».

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16 Juin

Hellfest 2019 : cinq questions à… Lofofora

Ce n’est pas parce qu’on joue très fort qu’on a rien à dire. Connus et reconnus pour envoyer du riff et du son absolument dantesques, les Lofofora n’en sont pas moins des musiciens engagés qui dénoncent les travers de notre société via des textes taillés à l’arme lourde…

Lofofora / © Florence Schall

Trente ans, oui trente ans, trente ans à envoyer du lourd, un savant cocktail de punk et de metal passé au mixeur de l’engagement politique, voilà la recette magique de ce groupe emmené depuis le début par Reuno au chant et Phil Curty à la basse. Le Hellfest, ils connaissent pour l’avoir déjà fréquenté en 2014 mais ils y reviennent avec la niaque d’une première fois. Ne les manquez pas, vous pourriez le regretter. 

15 Juin

Hellfest 2019 : cinq questions à… Shaârghot

Vous rêviez d’un autre monde ? Ne cherchez plus, Shaârghot l’a inventé, un monde post-apocalyptique à souhait, aussi noir que désespéré, aussi métal que punk, aussi électro qu’indus, une musique qui colle au corps et à l’esprit, l’enfer dans toute sa splendeur…

Amoureux amoureuses de k-pop et autres musiques acidulées, passez votre chemin, ici tout est noir jusqu’aux visages des musiciens, c’est l’esprit du groupe parisien Shaârghot qui, dans la lignée d’un Punish Yourself ou d’un Rammstein, influences largement assumées, balance un metal indus énergique et envoûtant. Avec eux, noir c’est noir, mais avec des nuances tout de même…

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Hellfest 2019 : cinq questions à… Banane Metalik

Vous aimez le gore ? Vous aimez le rock’n’roll ? Alors vous adorerez Banane Metalik et son gore’n’roll, doux mélange d’une culture cinématographique et musicale goulûment absorbée et digérée par les cinq membres du groupe. Au programme ? Un show à vous glacer le sang pour l’éternité…

Banane Metalik n’a jamais fait dans la dentelle, plutôt dans la découpe en gros, avec des riffs lourds et sanguinolents. Sur son compte Facebook, cette bande de Rennais déclare venir de l’enfer, elle y retourne avec un concert qui s’annonce d’ores et déjà saignant… Attention aux éclaboussures !

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13 Juin

Hellfest 2019 : cinq questions à… Mass Hysteria

On le présente parfois comme un Rage Against the Machine à la française et ce n’est pas faux! Depuis plus de 25 ans maintenant, Mass Hysteria balance ses riffs enragés, ses textes engagés et son métal en fusion sur les scènes d’ici et d’ailleurs avec une certaine constance. Le Hellfest? Un graal.

© Eric Canto

Enragés et engagés, oui, anti-système, non. Et ils ne le cachent pas, les cinq musiciens de Mass Hysteria ne veulent surtout pas passer pour des donneurs de leçon, leur unique ambition est de remettre l’humain au centre de la machine. Plus de 25 ans de scène, 9 albums studio, 4 albums live, des disques d’or sur l’étagère et un passage au Hellfest en 2016 qui a mis tout le monde d’accord, Mass Hysteria revient du côté de Clisson avec Maniac, son dernier album en date, et une impétueuse envie d’embarquer dans son sillage tous les « furieux » et toutes les « furieuses » présents au Hellfest.

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23 Mai

INTERVIEW. Love, Tears & Guns : Malted Milk en plein coeur

Plus de 20 ans de scène, des centaines de concerts un peu partout en France, 7 albums et toujours la même énergie à défendre la black music avec un cocktail à base de blues, soul et funk hautement explosif, Arnaud Fradin et son groupe Malted Milk dégainent un nouvel opus, Love, Tears & Guns. Interview!

Malted Milk © Jean-Marie Jagu

Depuis 22 ans, oui presque un quart de siècle, Arnaud Fradin défriche pour nous les territoires de la musique noire américaine, d’abord en duo, ensuite en formation élargie, 7 musiciens à ce jour, 14 dans les grandes occasions.

Blues, soul ou funk, peu importe le style, tout est  – ou devient – de l’or entre les mains d’Arnaud et de sa bande de musiciens. La preuve s’il en est encore besoin avec ce nouvel album qui débarque dans les bacs le 24 mai, Love, Tears & Guns, 11 morceaux, autant de pépites à vous faire chalouper du fessier et travailler du ciboulot.

Car oui, Love, Tears & Guns affiche clairement ses prétentions, allumer le dancefloor et ouvrir des fenêtres sur notre monde avec des textes qui parlent de violence, de larmes mais aussi d’amour, des thématiques qui renvoient à la pochette de l’album signée Nakissa Ashtiani, figurant un coeur et un flingue.

Pourquoi tant de haine et d’amour ? C’est une des questions que nous avons posées à Arnaud Fradin, chanteur et guitariste, et Igor Pichon, bassiste et choriste, rencontrés à l’occasion d’un concert en soutien aux migrants le 13 mai dernier à Stereolux à Nantes. Nous avons bien évidemment parlé aussi de musique, d’influences, du label Mojo Hand Records, du monde qui nous entoure et de beaucoup d’autres choses encore. Un peu plus de 10 minutes pour tout savoir, c’est parti, c’est ici…

Eric Guillaud

Plus d’infos sur Malted Milk ici

Malted Milk sera en concert le 25 mai 16h à la FNAC de Nantes pour un showcase-dédicace, le 12 juin au New Morning à Paris pour sa release party, le 14 juillet au Cahors Blues Festival…