21 Jan

Eugenia : le deuxième bébé du trio rock nantais Nursery attendu pour le 31 janvier

Il ne pèse pas lourd, ne pleure jamais, risque pourtant de faire du bruit, Eugenia est le nouveau bébé du groupe nantais Nursery. Il est attendu pour le 31 janvier et devrait combler de bonheur les amoureux du rock. En attendant le faire-part, on vous offre déjà l’interview des parents…

Paul, Jean et Julien – Nursery © France 3 – Eric Guillaud

Un disque, finalement, c’est comme un enfant, il faut le porter pendant des mois, souffrir un peu pour lui donner vie, le nourrir et l’accompagner pendant des années. Celui-ci s’appelle Eugenia. C’est le deuxième de Nursery, groupe nantais formé en 2014 autour de Paul Gressien (batterie et chant), Julien Dumeige (guitare et chœurs) et Jean Duteil (basse et chœurs).

Eugenia, c’est onze titres qui secouent pas mal, de la musique toxic-pop comme notre trio aime la définir sur son compte Facebook, comprenez du rock parfois brutal et sombre, avec des guitares acérées, une basse qui tabasse, une batterie sous tension et des mélodies biberonées à la pop histoire de lier le tout. Pour en parler, rendez-vous était pris avec Paul, Julien et Jean dans un de leurs repaires favoris quelque-part dans le centre-ville de Nantes. Interview...

Nursery, c’est qui, c’est quoi ?

Paul. Nursery, c’est quand on est tous les trois ensemble et qu’on fait du bruit avec les instruments. On essaie de faire des chansons à notre sauce, ce n’est pas très très contrôlable, on essaie de rester sur un fil quelque part entre la pop et le plus bizarre qui secoue un peu.

Pourquoi ce nom ? 

Paul. On voulait quelque chose à la fois d’enfantin et clinique. Nursery, c’est la chambre d’enfant et en même temps l’infirmerie…

Pourtant, vous ne faites clairement pas de la musique pour les crèches ?

Julien. On a malgré tout régulièrement un public d’enfants qui danse devant la scène.

Paul. Oui, et on fait ça un peu comme des gosses aussi.

Vous dites être un trio de toxic-pop. Ça fait peur, c’est quoi au juste la toxic-pop ?

Jean. C’est parti d’une blague. Comme il faut toujours mettre un style sur les affiches, on a essayé de trouver autre chose que le banal pop rock. Et comme on avait la volonté de faire quelque chose d’un peu dark et beau à la fois, toxic et pop collaient bien.

Une musique tendue et des mélodies très travaillées. C’est votre marque de fabrique ?

Paul. Oui, au chant, je tiens à une mélodie qui soit « chantable ». Côté musique, c’est effectivement un peu tendu parce qu’en concert on aime ça…

Eugenia est votre deuxième album. Il sort le 31 janvier. Fébriles ? Inquiets ? Tout simplement heureux ?

Jean. Soulagé. On a fait un premier album il y a maintenant trois ans, on a pas mal tourné avec, ça nous a donc demandé du temps pour composer et sortir celui-ci. Un peu soulagé, donc, et hâte de voir les retours.

Paul. Et c’est la première fois que France 3 nous interviewe, alors déjà on a réussi ça… (rires)

Porn Life en est le 1er extrait de l’album, que raconte-t-il ?

Paul. C’est l’histoire d’un type qui doit faire le sale boulot, qui doit se salir les mains. Ce n’est pas très précis, c’est même un peu flou…

Question incontournable, les influences ? Wire, Pixies mais encore ? Sonic Youth peut-être ?

Paul. Pixies, oui, on s’est accordé là-dessus, Wire beaucoup au début et ça reste toujours notre repaire. Sonic Youth, personnellement, je n’ai jamais écouté.

Julien. Oui, je vois le lien que tu peux faire mais non nous ne sommes pas très Sonic Youth. J’aime bien certains morceaux mais je n’ai jamais creusé plus que ça.

Paul. Les Beatles

Jean. On a tous des influences diverses mais, oui, on se retrouve sur les Beatles, Wire, Pixies… Après, chacun amène son grain de sel.

Un mot sur la pochette de votre album. Comment avez-vous choisi cette photo ?

Paul. C’est une photo de Julien. On a voulu la faire nous-mêmes cette pochette, cette photo s’est imposée.

Julien. C’est une photo que j’ai prise il y a quelques années du côté du Mont-Saint-Michel. On s’est dit que ça collait plutôt bien avec l’esprit de l’album.

Avec une froideur clinique…

Julien. Oui, les poubelles donnent ce côté froid mais il  y a aussi un coucher de soleil romantique…

L’album sort chez Kythibong, pourquoi ce choix ?

Paul. ça s’est fait naturellement. On a rencontré les gens du label au moment de la sortie du premier album qu’on avait fait seuls… Et on est très heureux.

Quel regard portez-vous sur la scène locale ?

Paul. Humainement, on aime un peu tout le monde, Musicalement, ça dépend de chacun de nous. Mais globalement, toute la scène locale est plutôt chouette, on a partagé l’affiche avec pas mal de groupes?

Jean. Ils ne sont pas de la région mais on aime beaucoup La Honte de Rennes, Les Potagers nature de Bordeaux, Chocolat Billy, Api Uiz…

Quel album tourne en boucle sur vos platines actuellement ?

Julien. Je n’ai pas été obsédé par un album dernièrement. C’est d’ailleurs assez angoissant de ne pas avoir une obsession pour la musique. J’écoute souvent Daniel Johnston qui est mort il n’y a pas très longtemps.

Jean. Moi, je n’écoute pas trop d’albums en entier. Je fonctionne par titres. En ce moment, je navigue entre le noise des années 90 genre Bästard ou Deity Guns et le hip hop un peu underground de Ghostmane, du rap très noir…

Paul. J’écoute beaucoup Koonda Holaa, un Tchèque qui écume l’Europe avec une bonne musique de voyage intelligente et sensible. J’écoute aussi beaucoup Taxi Girl. Je n’ai malheureusement pas l’album donc je l’écoute sur YouTube. Si quelqu’un en possède un exemplaire, je veux bien lui acheter…

On vous souhaite quoi pour 2020 ?

Jean. Une bonne santé, des concerts, des rencontres, que le disque plaise, que tout se passe bien…

Paul. Et de nouvelles chansons…

Merci Paul, Jean et Julien, merci Nursery

Propos recueillis le 14 janvier 2020. Plus d’infos sur Nursery ici. Le groupe sera en concert le 30 janvier à Angoulême, le 31 janvier au Pannonica pour sa release party, le 1er février au Zinor, le 13 février au Fury Bar à Rouen, le 14 février à La Malterie à Lille, le 15 février aux Instants chavirés à Montreuil, le 7 mars à Stereolux à Nantes en première partie de Vox Low, le 28 mars à Warsaw en Pologne, le 12 avril au Palma festival à Caen, le 25 avril au Jardin moderne à Rennes…

17 Jan

En concert à Nantes. Octave Noire, la belle promesse de la pop française

Ce sera à n’en pas douter l’un des moments forts du nouveau festival nantais baptisé BISE, le concert d’Octave Noire le 22 janvier nous permettra de découvrir l’une des révélations de la scène pop électro venue nous présenter son deuxième album, Monolithe. Interview…

Octave Noire © Fabien Tijou

« Los Angeles, entre promesse et doute », chante-t-il sur son dernier single sorti en novembre. Aucun doute en tout cas de ce côté-ci de l’Atlantique, Octave Noire est bien la promesse pop que l’on attendait tous et toutes en ce début d’année. Son premier album, Néon, sur lequel se trouvaient déjà deux petites pépites voyageuses, Un Nouveau monde et Belém Belém, nous laissait présager le meilleur. Il est là ce meilleur, avec Los Angeles, premier extrait d’un album à paraître le 14 février et baptisé Monolithe.

Octave Noire, c’est le projet de Patrick Moriceau. Un parcours atypique, depuis Bouaké en Côté d’Ivoire jusqu’à Paris, une initiation musicale passant par la flûte à bec, le djembé et le piano, une passion très tôt pour les synthés et les sons, quelques années en musicologie, deux albums d’indielectro sous un autre pseudo, pas mal de compositions pour d’autres artistes avant que lui-même s’accepte finalement en chanteur. En 2017, c’est l’écriture de son premier album, Néon, son premier succès avec Un Nouveau monde, pas mal de concerts ici ou là… et puis retour au studio pour Monolithe, un petit bijou d’électro-pop à la fois mélancolique et lumineuse. De quoi titiller notre curiosité. Octave Noire, qui est-il, d’où vient-il ? Réponse ici et maintenant…

Pourquoi Octave noire ?

Je souhaitais que mon pseudo soit évocateur dès la première fois qu’on l’entend. Je voulais mélanger les sens. La vue avec la couleur, ou non couleur « noire », et l’ouïe, avec l’octave. J’aime le principe de la synesthésie, c’est à dire la communication entre les sens. Une couleur qui appelle un goût, un son qui évoque une matière.

Monolithe est votre deuxième album. Vous vous sentez comment à la veille de sa sortie ? Plus léger, plus confiant qu’au moment du premier ?

Heureux ! Je suis très serein à la veille de sa naissance. J’ai pris le temps nécessaire pour le composer, l’arranger. C’est une suite logique de Néon, il est son petit frère. Ils se ressemblent mais ont chacun leur personnalité propre. J’en suis fier. J’ai très envie de le partager sur scène. Donc oui, léger et confiant.

Si je classe Monolithe dans ma discothèque aux côtés des albums de Gainsbourg, Tellier et Chamfort, ça vous convient ?

Non seulement ça me convient, mais je dirais que je me sens très honoré. Ce sont de vraies références pour moi, depuis longtemps. Je remarque que les arrangements sont très importants dans leurs chansons. C’est là où je prends le plus de plaisir. L’utilisation des cordes notamment. Pour ces raisons, je me sens proche d’eux. Certainement le besoin de maîtriser au maximum la production.

Belém dans le premier album, Los Angeles dans le deuxième, c’est quoi au juste la musique pour vous, la quête d’un nouveau monde ?

C’est avant tout la liberté. C’est un jeu aussi. Un jeu dont j’invente les règles. C’est un champ de liberté énorme. Quand je compose, je crée un monde, ses personnages, son climat, sa temporalité etc… C’est aussi pour ça que j’apprécie les synthétiseurs. Ils permettent d’ouvrir le champ des possibles avec leurs sonorités futuristes. Donc, oui, peut être pas un nouveau monde, mais certainement un autre monde.

Premier single de ce nouvel album, le magnifique Los Angeles. Comment naît une chanson comme celle-ci ? Et que raconte-t-elle ?

L’album était presque fini, mais je sentais qu’il manquait un titre. C’est comme cela que je me suis remis au travail. J’avais le thème musical depuis quelques temps, mais je n’arrivais pas à le développer. Puis à force de chercher, je crée la musique et les arrangements. C’est à ce moment là que je fais appel à mon ami Frédéric Louis, auteur, avec qui je travaille depuis longtemps. Je le fais venir dans mon studio, branche le micro, et lui demande de faire une impro afin de trouver la mélodie du chant, et peut être une esquisse de paroles. Dès la première prise, il chante « Los Angeeeles » avec la mélodie que vous connaissez. Nous avions le thème de la chanson. Puis je me suis souvenu d’un voyage que j’avais fait dans cette ville. J’y avais rencontré un jeune français, barman, venu à Hollywood pour tenter sa chance en tant qu’acteur. C’est lui qui m’a donné l’idée de parler, à travers cette ville, de tous ces gens qui quittent leur pays, leur vie, pour un avenir meilleur.

C’est très universel. C’est une ville qui attire. Une ville lumineuse pour certains destins, mais sombre pour d’autres.

Trois clips à ce jour, trois clips réalisés par Gaëtan Châtaigner. Incontournable ?

Pour moi, oui. Gaëtan a tout de suite été sensible à ma musique. Il était présent à notre tout premier concert à Quimper. Je connaissais son travail notamment à travers les clips qu’il a fait pour son compère Philippe Katerine, ou Francis et ses peintres. Quand il m’a proposé de réaliser mon 1er clip pour nouveau monde, j’étais très fier.

Il a su comprendre ce que raconte ma musique, au delà des mots. Les ambiances, les atmosphères. Sur Los Angeles, il a su saisir mes envies, comprendre la musique, tout en ajoutant son grain de folie. C’était parfait.

Gaëtan Chataigner à la réalisation du clip, Eric Pifeteau en chef décorateur et acteur, Dominique A en invité sur le morceau J’ai Choisi, et Yotanka en label, c’est une histoire un peu nantaise tout ça, une histoire de famille ?

Oui 🙂 Certainement un retour aux sources inconscient. En effet, il se trouve que mon nom de famille vient de la région nantaise, alors que je n’y ai plus de famille directe. C’était mon destin. On n’y échappe pas. Et je dois dire qu’on s’y sent très bien.

Dominique A mais aussi ARM, Mesparrow en invités sur ce deuxième album… Un besoin de vous entourer ?

De m’entourer de gens que j’apprécie. Avant d’être Octave Noire, je faisais de la musique sous d’autres pseudos. Je ne chantais pas du tout, mais je faisais appel à des chanteurs ou chanteuses pour mes compositions. C’est une démarche de producteur, que l’on trouve beaucoup dans les musiques électroniques. C’est un peu un retour à cette manière de travailler.

Ces invités amènent l’album vers d’autres univers. Ce sont des fenêtres qui s’ouvrent, d’autres couleurs. Par exemple, Avant d’envoyer la chanson J’ai choisi à Dominique A, je la chantais moi-même, en mode maquette. Je l’aimais bien comme ça. Quand Dominique A a enregistré la même chanson avec sa voix, elle avait d’un coup presque un autre sens, alors qu’il y avait les mêmes mots, les même notes. Son interprétation a donné une nouvelle dimension à la chanson, et ça, c’est précieux.

Quel est l’album qui tourne actuellement en boucle sur votre platine ?

Je n’écoute pas vraiment d’album en boucle, mais je me suis surpris hier à réécouter avec grand plaisir Stupéflip et Justice. Je dois être dans une période radicale lo-fi sale gosse 🙂

À quoi pourrait ressembler le proche avenir d’Octave noire ?

Des concerts, des voyages, du gros son, des synthés qui s’entassent dans mon studio, un superbe concert au café de la danse le 25 mars, et un 3e album à l’horizon.

Merci Patrick, merci Octave Noire

En concert à Nantes le 22 janvier, Tourcoing le 20 février, Quimper le 7 mars, Magny-le-Hongre le 13 mars, Angers le 20 mars, au Café de la danse à Paris le 25 mars…

Plus d’infos sur Octave Noire ici

07 Jan

Découverte : quand les musiciens de Lame signent un hymne rock pour Nantes

Ils auraient pu chanter New York, Los Angeles, Paris ou même Toulouse, ô Toulouse, mais ils ont choisi Nantes parce qu’ils y sont nés et qu’ils y vivent encore aujourd’hui. Et ça tombe plutôt bien, entre le rock et Nantes, il y a comme une histoire d’amour qui rime avec toujours…

Lame © Ylho

Il y a du Strokes dans l’air et on ne va pas s’en plaindre. Depuis 2017, Lame ratisse les scènes musicale des Pays de la Loire avec un rock énergique et mélodique qui rappelle les heures glorieuses du célèbre groupe new-yorkais. Après un EP en 2019, Lame prend de bonnes résolutions pour 2020, rejoint le dispositif d’accompagnement MAD (Musique A Découvrir) de Trempolino et partage sur les réseaux une chanson-hommage à Nantes, un véritable hymne à écouter en boucle. Étienne Sauvage, leader, chanteur et guitariste du groupe nous dit tout et même plus…

« Nantes est un hymne à notre ville, parce que c’est dans cette ville qu’on s’est rencontré tous les quatre et que Lame est né. J’ai pensé la chanson comme un hommage paradoxal, ironique, où je m’amuse par exemple de l’attractivité nouvelle de la ville et de ses conséquences : croissance, gentrification etc. Mais Nantes, c’est surtout une chanson taillée pour la scène, un refrain accrocheur qui invite à se réunir et que le public peut facilement reprendre en chœur. C’est un morceau qui permet une certaine communion avec notre public.

Étrangement, Nantes est née à New-York lors d’un voyage. La mélodie m’est venue d’un bloc, en arpentant les rues de la ville, la tête en l’air, les yeux rivés sur les gratte-ciels. Ce n’est qu’un an plus tard que l’air m’est revenu en mémoire et que j’ai attaqué l’écriture. Plutôt que d’écrire sur New-York, l’idée s’est vite imposée d’évoquer plutôt une ville que je connais bien mieux et qui a davantage de résonances personnelles. J’ai donc simplement intitulé la chanson Nantes. La référence à New-York, on l’a gardée avec le groupe en donnant une note un peu strokesienne à l’arrangement ».

Plus d’infos sur Lame ici

21 Nov

DÉCOUVERTE. L’artiste nantais Fairy Tales In Yoghourt sort une compile sur K7

À l’heure où beaucoup de mélomanes redécouvrent les vertus du disque vinyle, certains vont encore plus loin dans le retour aux sources avec des enregistrements sur K7, c’est le cas de Fairy Tales In Yoghourt, projet nantais qui mérite une écoute attentive en mode magnétique comme en numérique…

© Seb Krzyzanovski

Pour tous ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la scène nantaise, Benoît Guchet n’est pas vraiment un inconnu. Classe Mannequin, Bantam Lyons, Trainfantôme, le musicien a officié dans pas mal de groupes tout en lançant il y a une dizaine d’années son projet le plus personnel, le plus intime, Fairy Tales in Yoghourt.

Au programme : « des mélodies douces mais percutantes, une tension très classe entre technique musicale et simplicité dans la manière de la délivrer ». Celui qui parle ainsi de Fairy Tales in Yoghourt s’appelle Nathan Leproust, aka Teenage Bed, à la tête du label nantais Pale Figure Records qui vient de sortir une cassette audio, oui oui ça s’appelle comme ça, une K7 si vous préférez, compilant le meilleur des créations de Benoît Guchet, avec quelques pépites que j’adore comme Beavers, Jet House Gore ou encore The Films and the Songs of the Seas.

Pourquoi une compile sur un format oublié de tous ou presque ? C’est l’une des questions que nous avons posées à Benoît Guchet. Interview…

Fairy Tales In Yoghourt, c’est qui c’est quoi ?

Benoît Guchet. Fairy Tales in Yoghourt, c’est un homme qui s’appelle Benoît et qui joue des chansons tout seul, et ce depuis une grosse décade.

D’où vient ce nom improbable ? D’un contes de fée ?

Benoît Guchet. Il vient tout droit d’une époque reculée où mes morceaux n’avaient pas de textes. Le yahourt, c’est le nom de cet anglais factice qu’on chante quand on ne connait pas les paroles d’une chanson, par exemple. Les contes de fées, ce sont de belles histoires. Des contes de fées en yahourt, ça correspond donc à de belles histoires très bien narrées, mais qui n’ont strictement aucun sens. C’est aussi le plus mauvais nom du monde, puisque qu’il est trop long et que personne ne le comprend ; ce qui n’est pas pour me déplaire.

Si vous deviez présenter votre musique en quelques mots…

Benoît Guchet. C’est de la pop en petit comité, mélangée à de l’expérimentation de chambre à coucher

Vous sortez en 2019 une compile de vos productions. Votre discographie est si conséquente ?

Benoît Guchet. Non. C’est la raison pour laquelle elle tient en une cassette de 30 minutes ; et encore, il y a un inédit !

Une compile disponible en numérique et… en K7 sur le label Pale Figure Records. Pourquoi ce choix ?

Benoît Guchet. Le choix de départ était de ressortir mon premier disque, qui était enregistré avec les moyens du bord. Le son « basse fidélité » de la cassette me semblait donc un choix idéal pour souligner ce côté artisanal. Et puis la cassette est un objet simple et beau, et à vrai dire un son qui me plait ! Elle a l’avantage de faire passer la production au second plan et on n’écoute plus que les chansons.

Merci Benoît

Propos recueillis par Eric Guillaud le 20 novembre 2019

Plus d’infos sur Fairy Tales in Yoghourt ici. L’artiste est en concert ce jeudi 21 novembre au Lieu Unique en compagnie des Américains de The Gotobeds

05 Nov

Découverte. Soja Triani, le nouveau son de l’électro-pop

Le premier vient de la scène métal, le second, de l’ambient, Amaury Sauvé et Tom Beaudouin ont aujourd’hui décidé d’unir leur talent et leur passion au service du projet d’électro-pop nanto-lavallois Soja Triani, véritable laboratoire sonore qui sort son premier album Nouvelles vendredi 8 novembre. Interview…

Soja Triani © Florian Renault

Non, ils ne sont pas italiens, mais ligériens. Non, ils ne travaillent pas pour l’industrie agro-alimentaire, ils sont musiciens. Alors, pourquoi un nom pareil me direz-vous ? C’est bien évidemment la première question que nous avons posée à Amaury Sauvé et Tom Beaudouin, deux musiciens confirmés, respectivement issus de la scène metal (As We Draw) et de la scène ambient (Fragments), aujourd’hui réunis pour le meilleur de l’electro-pop sous les couleurs du « laboratoire sonore » Soja Triani.

Un nom étrange pour une musique singulière, surprenante, raffinée, aux arrangements subtils, aux paroles en français. Les influences sont à chercher du côté de la pop expérimentale, de la pop française, de l’indie rock mais aussi de la comédie musicale tendance Michel Legrand. Repéré par La Souterraine (labo d’observation de l’underground musical français), accompagné par la salle de musique actuelle 6par4, Soja Triani sort un premier album vendredi 8 novembre. Il s’appelle Nouvelles. Mais avant ça, Amaury et Tom répondent à nos questions. C’est ici et maintenant !

Soja Triani. Mais d’où vient ce nom étrange ?

Tom. À la base, c’est parti d’une blague, d’un mauvais jeu de mot entre un guitar hero des années 80 (Joe Sotriani, ndlr) et le soja. Puis finalement, on s’est pris au jeu. On aime la sonorité presque italienne de ce nom. Soja Triani pourrait être un personnage, une ville imaginaire, à chacun de se l’imaginer comme il veut.

Vous venez d’univers très différents l’un et l’autre, Amaury du côté obscur du metal, Tom du côté plus lumineux de la pop et de l’ambient. Vous étiez vraiment faits pour vous rencontrer ?

Tom. On s’est rencontré pendant l’enregistrement chez Amaury du premier album de Fragments (projet ambient dans lequel je joue). Tout de suite, on a super accroché. On se retrouvait autour des synthés, d’artistes comme Son Lux ou Rival Consoles. Et puis, j’ai rencontré la scène lavalloise, As We Draw, le groupe incroyable d’Amaury et de son frère Quentin.

Amaury. Il fallait absolument se réserver une session studio pour avoir l’occasion d’expérimenter tous les deux.

Vous vous présentez comme un laboratoire sonore. Comment s’opère l’alchimie entre vous, comment s’élabore votre univers ?

Tom. Je ramène toujours une base plus ou moins élaborée, avec souvent une partie du texte écrit. Ensuite, on compose les morceaux à quatre mains, généralement Amaury les basses et batteries, moi les guitares, voix, synthés…Mais il n’y a pas de règle. On essaye en tout cas de tout articuler autour du texte. On aime beaucoup jouer avec les textures sonores et le sound design pour coller au mieux à l’univers d’une chanson. Comme on se retrouve le plus souvent dans un studio d’enregistrement professionnel, on a directement les outils sous la main pour expérimenter et creuser les sonorités.

Vous avez sorti un premier single le 4 octobre dernier, baptisé Le Futur. Que raconte-t-il ?

Tom. Le Futur raconte un futur proche où tout se serait pété la gueule, mais où les gens continueraient d’avoir un discours hyper-positif et confiant vis à vis du progrès technologique. Une vision assez cynique de l’humanité dans une chanson pop finalement assez lumineuse et qui peut sembler à première vue plus légère que son contenu ne l’est en réalité. En tout cas, on voulait appuyer ce genre de contraste.

Que racontent vos textes plus généralement ?

Tom. L’idée est de raconter des histoires, des petites fictions. Dans chaque morceau, on suit un personnage. Le thème du voyage revient régulièrement, on essaye d’avoir un ton un peu nostalgique.

Au jeu des influences musicales, on peut deviner ici ou là du Etienne Daho, du Dominique A, du Flavien Berger… Mais encore ?

Tom. Effectivement, personnellement, j’assume complètement ces influences françaises. Je pourrais ajouter Jean-Louis Murat, François & the Atlas Mountain, Albin de la Simone ..

Amaury. Pour ma part; je n’ai pas une grande culture musicale concernant l’univers chanson Française. Je connais évidemment les références que tu cites mais je ne les ai jamais écoutées assez attentivement pour pouvoir les considérer comme m’influençant dans ma façon de composer et/ou d’apprécier la musique. Cependant je reconnais qu’il y a des ressemblances fortes et ça me convient. Mais de façon générale on se sent tous les deux plus proche de la musique anglo-saxonne : Atom for Peace, Son Lux, Sohn, James Blake…

Dans votre façon de chanter Tom, on entend du Michel Legrand, de la comédie musicale ? C’est un univers que vous connaissez ? Que vous appréciez ?

Tom. Mes parents nous ont montré assez tôt Les Demoiselles de Rochefort, Peau d’Âne. On ressortait souvent les cassettes avec mes sœurs donc oui peut être, sûrement, que ça a influencé ma façon de chanter en français, j’aime le côté frais, spontané, des chansons de Legrand. Et bien sûr, les mélodies et harmonies chez lui sont justes fabuleuses.

Votre premier album Nouvelles sera hébergé par La Souterraine. C’est un choix, le fruit du hasard ? 

Amaury. On avait au commencement du projet, envoyé un morceau à la Souterraine, « Bunker », qui avait figuré sur une de leur compilation. On a continué à leur envoyer des morceaux régulièrement. On sort Nouvelles en autoproduction et la Souterraine hébergera les 7 titres sur leur bandcamp.

Vous faites partie du dispositif d’accompagnement cinqtrois qui aide les musiciens en Mayenne. Que vous a-t-il apporté concrètement dans votre parcours ?

Tom. Plein de choses ! Ça nous a permis de concrétiser le projet sur scène. À la base, Soja Triani était un projet de studio. On a pu bénéficier de résidences au 6par4, de formations, on a été programmé aux 3 Éléphants… On est en contact quasi-permanent avec Charlène qui s’occupe du dispositif. C’est hyper agréable de bénéficier d’un accompagnement comme celui-ci, à la carte, à l’écoute de nos besoins, de nos questions.

Un album et demain, à quoi risque de ressembler votre futur proche ?

Tom. On a quelques dates autour de la sortie à Paris, Limoges, St Nazaire. Notre première mini « tournée » ! D’autres concerts devraient arriver en janvier 2020. On retourne aussi à The Apiary, le studio d’Amaury, dès décembre. De nouveaux morceaux sont en route.

Merci Amaury, merci Tom. Propos recueillis par Eric Guillaud le 4 novembre 2019 

Plus d’infos sur Soja Triani ici. Le groupe sera en concert à Paris le 7/11, à Limoges le 8/11 et au Kiosq à Saint-Nazaire le 9/11, au Ferrailleur à Nantes le 18/01…

15 Oct

COUP DE COEUR. Bandit Bandit en liberté inconditionnelle

Non, Bandit Bandit n’a rien braqué du tout si ce n’est le rock et ce pour le bien de l’humanité. Le duo originaire de Lyon et Montpellier vient de sortir son premier EP et est actuellement en cavale dans notre région pour deux dates, le 15 octobre à Angers, le 16 octobre à Nantes…

Bandit Bandit © Jamie Noise

Fermez les fenêtres, il y a du stoner dans l’air ! Et un déluge de décibels en prévision. Le duo Bandit Bandit, inconnu jusqu’à vendredi dernier, du moins sous nos latitudes ligériennes, vient de sortir un premier EP digital qui pourrait bien les propulser dans le cercle des meilleurs groupes actuels de rock’n’roll français aux côtés des Limiñanas, JC Satan, MNNQNS, Johnny mafia et autres Last Train (en interview ici) avec qui, d’ailleurs, il partagera la scène de Stereolux mercredi 16 octobre.

Bandit Bandit sorti de nulle part ? Pas tout à fait. Bandit Bandit, c’est un peu comme si les Kadavar avaient rencontré les Limiñanas sur Tinder. Vous gardez Tinder, vous remplacez Kadavar et Limiñanas par Maeva et Hugo, vous agitez le tout et vous obtenez un duo, quatuor sur scène, explosif, aux sonorités lourdes, aux mélodies entêtantes, aux atmosphères excitantes. On adore. C’est notre coup de coeur du moment ! Interview…

Bandit Bandit, qu’est ce que vous avez braqué pour mériter ce nom ?

Nos cœurs mutuellement et là on vient braquer vos oreilles.

On ne vous connaissait pas jusqu’ici, du moins sous nos latitudes ligériennes, vous sortez de prison ? Plus sérieusement Bandit Bandit c’est qui c’est quoi ?

Bandit bandit, c’est la rencontre de deux personnes : Maeva et Hugo, un début de relation houleux, un goût certain pour le vice, une passion commune pour la musique, elles décident de former un groupe en se disant que ça allait être une « belle mauvaise idée ». Bandit Bandit est né, et c’est du Rock sombre et psyché, chanté pour la plupart des titres en Français.

On dit que vous vous êtes rencontrés sur Tinder. C’est vrai ?

Bien sûr, et on imaginait surtout pas que quelque chose de sérieux et puissant allait se faire par la suite. On est lié par quelque chose d’indescriptible.

Vous venez de sortir un premier EP 5 titres. On pense à Kadavar, aux Limiñanas et à plein de petite autres choses tout aussi passionnantes. Quels ont été vos albums de chevet ces derniers mois ?

Intéressante ta comparaison, ce sont des artistes que l’on aime bien mais qui ne nous ont pas directement inspiré, on a un côté stoner (Kadavar) et psyché frenchy (Limiñanas) c’est évident.
Pour l’écriture de l’Ep, on n’a pas spécialement eu d’album de chevet, ce sont des influences digérées et donc pleins pleins d’albums ont dû nous inspirer indirectement, on écoute énormément de choses tous les deux.
Mais si il faut citer des artistes précis, on va partager nos coup de cœur de la scène rock française car elle est vraiment excitante: MNNQNS, Psychotic Monks, Last Train, Wild Fox, Théo Lawrence, Lysistrata, Johnny Mafia…Et tant d’autres.

L’EP est sorti uniquement en digital. C’est une provocation ? Une punition pour les amoureux du bon son ?

Patience … Nous avons une platine à la maison 😉

Vous vous êtes échappés – provisoirement – de Lyon pour la région ligérienne, un concert à Angers le 15 octobre puis à Nantes le 16 octobre. Que vous inspirent ces lieux ?

Alors Le jokers pub, c’est LE café/concert du coin, si tu joues dans un groupe et que tu tournes un peu, tu as obligatoirement entendu parler de cet endroit, et ce genre d’endroit est d’une importance capitale pour la découverte des artistes de demain, donc force et respect à eux, à leur programmation et du coup, à leur courage.
Et à Nantes donc c’est dans une smac au Stereolux, une salle bien plus grande, on ouvre pour nos amis de Last Train, la date est complète, donc là clairement ça va être la guerre, on a si hâte.

Bandit Bandit, c’est pour perpète ?

On s’appelle Bandit Bandit pas Voyant Voyant haha. En tout cas, tout ne tient qu’à un fil, c’est ça qui est excitant, et pour le moment tout est parfait.

Merci Maeva et Hugo. Merci Bandit Bandit. Propos recueillis par Eric Guillaud le 15 octobre 2019

Plus d’infos sur Bandit Bandit ici. Le groupe sera en concert le 15/10 à Angers, le 16/10 à Nantes, le 5/12 à Rennes dans le cadre des Bars en Trans

14 Oct

INTERVIEW. Last Train à vive allure !

Aucune erreur d’aiguillage pour ces quatre Mulhousiens qui depuis une douzaine d’années développent un univers musical à l’énergie rock survitaminée. Ils seront en concert à Stereolux à Nantes le 16 octobre, au Chabada à Angers le 31 octobre et au Mans le 9 novembre dans le cadre du Bebop Festival. Interview…

© Boby Allin

Plus de trois cents concerts au compteur, deux albums, des premières parties de rêve, des tournées un peu partout à travers la planète, la création du festival La Messe de minuit, des activités de chef d’entreprise ici ou là et des projets un peu partout, les quatre jeunes garçons de Last Train, même pas un siècle à eux-tous, ont su conserver l’énergie de leurs débuts tout en emmagasinant la nécessaire expérience de la vie.

Résultat des courses, The Big Picture, leur nouvel opus sorti en septembre, est une belle leçon de rock’n’roll à la sauvagerie délicatement domptée. Avant leur concert mercredi 16 octobre à Stereolux à Nantes, nous avons souhaité leur poser quelques questions. Pour les réponses, c’est Jean-Noël Scherrer, chanteur et guitariste du groupe, qui s’y est collé…

Concerts, albums, entreprises… Vous n’avez pas peur de vieillir prématurément ?

Jean-Noël Scherrer. A notre âge, on a la chance de dire qu’on grandit plus qu’on ne vieillit, cette idée me plaît. J’ai toujours eu des amis et collègues plus âgés que moi, le fait d’être très jeune à toujours été une frustration, alors j’aime le fait de savoir que ça avance, qu’on gagne en expérience, qu’on apprends des choses et qu’on a déjà fait beaucoup de choses dans notre courte vie. On est peut-être passé rapidement sur nos années d’insouciances, mais d’une certaine manière c’est pour le mieux.

On a encore des choses à se prouver, des rêves à atteindre, avec un tel bagage à un si jeune âge ?

Jean-Noël. Toujours plus ! Il faut toujours placer la barre plus haut. Se mettre des objectifs c’est bien mais c’est à double tranchant : qu’est-ce que ce qu’il se passe le jour où tu réalises ton rêve ? C’est pour ça que l’on préfère réfléchir step by step, et voir chaque événement comme une nouvelle étape.

Vous avez commencé il y a une dizaine d’années, vous aviez donc, quoi, 12 ans ? Comment, tout d’un coup, se dit-on : allez, montons un groupe…

Jean-Noël. On aimait tous déjà beaucoup la musique à l’époque, on en consommait beaucoup, on échangeait nos découvertes. Antoine faisait de la batterie depuis un moment déjà, moi j’avais fait du piano, je faisais de la guitare. On s’est rencontrés et appréciés grâce à la musique, c’est le centre de notre amitié, depuis toujours.

Ça vous parait déjà loin tout ça ou vous n’avez rien vu passer ?

Jean-Noël. Beaucoup de gens disent que c’est allé vite pour nous, et que nous sommes jeunes et qu’il reste beaucoup à faire. Dans un sens c’est vrai. Mais quand je me remémore d’où l’on vient… et tout ce par quoi nous avons dû passer…. Le chemin était long, et ça a pris un temps fou. Je vais avoir 25 ans le mois prochain, et j’aurais passé plus de temps sur Terre à jouer avec mes trois meilleurs amis, que sans. Dans un sens, c’est un peu fou.

Vous venez de sortir votre deuxième album, The Big Picture. Pourquoi ce nom ?

Jean-Noël. L’album est une vision d’ensemble sur ce qu’est Last Train aujourd’hui. Qui nous sommes en tant qu’êtres humains et en tant que musiciens. Tout vient du titre du même nom, qui était lui-même un constat global d’une situation. Et puis finalement on s’est rendu compte qu’il correspondait bien à l’intégralité du disque. C’est un second chapitre.

C’est aussi le nom d’un des dix titres de l’album. Un titre au format hors norme de plus de 10 minutes. Pourquoi ce choix ?

Jean-Noël.  En 2019, prendre le temps est devenu un luxe. Tout nous pousse à faire les choses rapidement, et de plus en plus vite. Je m’en rends compte tous les jours, et subis ces travers-là dans mes propres sociétés où j’exige une certaine efficacité et un certain rendement. Cependant, on ne laissera rien ni personne remettre en question notre éthique créative. On aime les morceaux longs, où l’on peut construire, dé-construire, prendre le temps de jouer avec une émotion et aller au fond de celle-ci. The Big Picture en est un bon exemple.

Vous dites que c’est le titre qui représente le mieux l’album et vous-même. En quoi ?

Jean-Noël. Pour ces deux dernières raisons justement : il n’y a rien de plus honnête que cette chanson. C’est simplement une mise à nu de 10 minutes et quelques.

C’est enfin un clip qui a nécessité un travail monstrueux au niveau de la mise en images…

Jean-Noël. En effet, Julien notre guitariste réalise de nombreux clips, que ce soit pour Last Train ou pour d’autres groupes, il est de plus en plus sollicité et c’est génial de constater à quel point il progresse. Il est talentueux et j’aime savoir que chacun des membres du groupe développe des projets à côté du groupe. En une dizaine de jours seulement, il a dû se lancer dans un travail d’archives insensé (près de 40 heures de rush de vidéos sur les dix dernières années) pour en retirer l’essence et raconter une histoire qui est la nôtre. Je suis super fier du résultat. Ces images sur cette chanson, c’est très précieux pour nous.

On sent une petite note Oasis dès le premier morceau. Mais encore ? Quelles ont pu être les influences pour ce deuxième album ?

Jean-Noël. Le disque est rock et on doit effectivement y trouver des influences qui sont évidentes pour des amateurs de rock. Ceci étant dit, nous écoutons des choses bien différentes dans la vie de tous les jours. On n’arrête pas d’écouter des musiques de films, du néo-classisque, du classique, de la pop, du hip-hop, etc. La plupart des morceaux de l’album ont été composés au piano avant d’être mis en commun dans un local de répétition. Les influences vont donc de Queens of the Stone Age à Lana Del Rey, autant si pas moins que d’Olafur Arnalds à Howard Shore.

Un album très rock, peut-être un peu moins sauvage que le premier, mais aussi des titres très mélodiques comme Right Where We Belong. Comment est né ce titre et que raconte-t-il ?

Jean-Noël. Lors de l’écriture de l’album, certains sujets étaient omni-présents et sont devenus conflictuels au sein même d’une même chanson. « Right Where We Belong » fait partie de ces morceaux double sens. Il parle principalement de se battre pour ce auquel on croit et pour ceux qui comptent.

Un mot sur la très belle pochette…

Jean-Noël. Merci beaucoup. C’est une photo du très talentueux Rémi Gettliffe, qui est avant tout notre réal en studio, c’est le cinquième membre de Last Train, notre grand frère. Il a construit White Bat Recorders de ses mains, un magnifique studio en Alsace où règne le bon goût et où l’on trouve des réponses à ses questions. Il faut aussi préciser que c’est un formidable bassiste, compositeur, photographe et qu’il est le merveilleux papa des deux enfants les plus adorables au monde.

C’est la deuxième fois que vous jouez à Stereolux à Nantes. Que vous inspire cette ville, ce lieu ?

Jean-Noël.  La ville de Nantes nous a toujours accueillis à bras ouverts. Du premier concert au Ferrailleur jusqu’à la grande scène des Nuits de l’Erdre, c’était toujours de merveilleux souvenirs. On parle encore régulièrement de notre dernier Stereolux il y a deux ans maintenant, on a plus que hâte d’y retourner.

Merci Jean-Noël, merci Last Train. Propos recueillis par Eric Guillaud le 11 octobre 2019

Plus d’infos sur Last Train ici. Le groupe sera en concert à Rennes le 15/10, à Nantes le 16/10, à Angers le 31/10, au Mans le 9/11… 

03 Oct

Rencontre avec les MNNQNS avant leur concert à la Barakason à Rezé le 10 octobre

C’est un peu la nouvelle coqueluche du rock hexagonal, celui par qui on jure le renouveau du genre même si pour sa part il assure plutôt jouer dans la cour de la pop. Le groupe MNNQNS sera sur la scène de la Barakason à Rezé le 10 octobre. Mais avant ça, il répond à nos questions ici et maintenant. Branchez les guitares…

© Sarah Bastin

Six lettres, pas de voyelles, de quoi en perdre son alphabet latin. Mais ne les croyez pas fâchés avec les voyelles, les MNNQNS sont du genre malins. Dans une interview il y a maintenant trois ans, toujours disponible ici, le chanteur Adrian nous confiait qu’ils avaient choisi ce nom parce que « c’était un peu la seule manière de ne pas tomber dans les abysses d’internet. Avec le nom complet (Mannequins), impossible d’être trouvé sur aucun moteur de recherche, ça n’est donc pas un choix trendy douteux mais bel et bien un truc nécessaire pour la survie du groupe ».

Et de fait, le groupe n’a ni sombré dans les abysses d’internet, ni sombré dans celles du rock made in France. Trois ans après son premier passage à Nantes, MNNQNS est de retour avec une longue expérience de la scène en poche mais aussi l’apprentissage du premier album. Ça vous change un groupe ! Rencontre avec le leader du groupe Adrian plus vieux de trois ans…

Salut les MNNQNS, je vous avais interviewé en octobre 2016 à l’occasion de votre passage au Café du Cinéma à Nantes. C’était il y a trois ans pour nous… un siècle pour vous ?

Adrian. En effet ! Je me souviens de ce concert, on avait fait pas mal n’importe quoi, non ? On avait une grande passion pour s’auto-saboter à l’époque.

si on ne fait pas un nouveau morceau tous les trois jours on a des attaques de tremblements

Deux EP, un album, plusieurs clips, une tournée des festivals, des concerts à n’en plus finir, une presse nationale dithyrambique… Tout a changé autour de vous. Et vous, vous avez changé ?

Adrian. Mon foie a changé de couleur, c’est certain.

Depuis deux ans, vous travaillez sur votre premier album. Il est sorti, il est beau, il est chaud. Comment vivez-vous cette nouvelle étape ?

Adrian. Je devrais sûrement te dire qu’on est émus, blabla, mais la vérité c’est qu’on bosse sur le deuxième depuis quelques mois déjà et qu’on veut passer à la suite le plus vite possible. On travaille de manière industrielle, si on ne fait pas un nouveau morceau tous les trois jours on a des attaques de tremblements.

Vous parlez de votre album comme d’une « créature étrange » dans un post Facebook. Comment le voyez-vous véritablement, en cohérence avec la musique que vous faites depuis le début ?

Adrian. Oui, pour moi on a toujours été un groupe pop qui pioche dans les outils du rock et de ses sous-genres plus underground. Là, le format fait qu’on a eu le temps de s’attacher à cet album, puis de le détester, l’aimer à nouveau. Malgré tout ça, j’ai quand même la sensation que c’est la première sortie dont on est vraiment fiers.

le classic rock, celui qui met des vestes en cuir, mange des gros steaks et fait de la moto. C’est pas forcément nul, mais c’est de la musique de musée maintenant

Il s’appelle Body negative. Pourquoi ce titre ?

Adrian. Pendant un trajet en van, on est tombés sur le hashtag « Body Positive » sur les réseaux, qui est censé t’encourager à aller vers l’acceptation de soi et apprendre à aimer son propre corps. Un truc très bien sur le papier mais qui a ses failles si tu creuses, bref, on s’en foutait d’en faire la critique, on s’est surtout dit qu’au vu des sévices que tu infliges à ton corps sur la route, l’inverse correspondait super bien à notre mode de vie.

Douze morceaux qu’on peut ranger dans la catégorie rock. Vous dites pourtant fuir le « rock à papa » dans une interview aux Inrocks. Mais c’est quoi pour vous le « rock à papa » ?

Adrian. C’est le classic rock, celui qui met des vestes en cuir, mange des gros steaks et fait de la moto. C’est pas forcément nul, mais c’est de la musique de musée maintenant.

Certains disent effectivement le rock mort et enterré. Pourtant, vous-même, Last Train, Pogo Car Crash Control, The Liminanas… et tant d’autres ne sont-ils pas la preuve du contraire et qui plus-est la preuve d’une grande diversité ?

Adrian. Oui, il y a clairement un truc qui arrive. Qu’on appelle ça du rock ou quoi que ce soit d’autre, beaucoup de groupes français cool émergent en ce moment, on peut aussi citer T/O, Servo, Rendez Vous, The Psychotic Monks, Unschooling…

Des morceaux rock mais des touches très pop aussi… Quelles ont pu être les influences récentes du groupe ?

Adrian. Nine Inch Nails, Einstürzende Neubauten, Throbbing Gristle, Machine Girl…des choses plus axées sur l’experimentation ou l’électronique. Et puis Oasis aussi, on ne va pas se mentir.

Vous avez beaucoup tourné ces dernières années, c’est comment la vie des MNNQNS sur la route ? Rock’n’roll ?

Adrian. On est encore en vie pour le moment, je croise les doigts. La teuf est une passion, c’est indéniable, mais il va falloir qu’on fasse des efforts pour assurer maintenant que nous sommes des professionnels de la musique rock (merci l’Etat Français si tu lis ces lignes).

Le concert du 3 octobre à La Maroquinerie à Paris est une date très importante pour vous, elle est d’ailleurs marquée en rouge sur votre agenda. Et celui de Rezé qui se jouera dans la foulée le 10, comment le voyez-vous ?

Adrian. Ça fait longtemps qu’on n’est pas venus dans le coin donc on a tout aussi hâte !

Merci Adrian. Propos recueillis par Eric Guillaud le 25 septembre 2019

Plus d’infos sur MNNQNS ici, sur le concert là

20 Sep

Spectacle Radio UK On The Rocks : le rock britannique déferle sur Saint-Sébastien-sur-Loire le 27 septembre

On le savait incollable sur le rock nantais, on le découvre fin connaisseur et ultra-passionné du rock d’outre-Manche, Laurent Charliot débarque à l’Escall à Saint-Sébastien-sur-Loire avec le spectacle musical Radio UK On The Rocks, un superbe voyage dans l’histoire du rock britannique, des Kinks à Oasis, de Led Zeppelin à Muse. Interview…

Laurent Charliot on air © Michaël Foucault

Tout ceux qui ont navigué dans le rock nantais ou s’y sont intéressés un tant soit peu connaissent Laurent Charliot. Un temps musicien, auteur de plusieurs livres sur le sujet, conférencier, commissaire d’exposition (l’expo Rock! Une histoire nantaise c’est lui !), Laurent Charliot est un véritable expert en la matière. Depuis des années, pas un riff, pas un album, pas une anecdote n’échappent à sa vigilance.

Cette fois, Laurent Charliot est sur la scène en compagnie de huit musiciens, un spectacle unique en son genre dont la troisième saison a déjà été jouée devant plus de 60 000 personnes.

Nous l’avons rencontré dans un bistrot nantais, en compagnie d’Arnaud Gourvez, guitariste et chanteur du groupe. Ensemble, ils nous présentent le spectacle qui sera joué le 27 septembre à Saint-Sébastien-sur-Loire…

Bonjour Laurent, bonjour Arnaud, alors ce projet s’appelle… ?

Laurent Charliot. Radio UK On The Rocks

Et il existe depuis… ?

Arnaud Gourvez. Depuis 2015, avec une première au Ferrailleur sous un format simple. Au tout début, c’était un projet purement musical, on voulait créer une sorte d’anthologie du rock britannique. Puis, par le biais de connaissances, nous avons rencontré Laurent et l’idée d’en faire autre chose qu’un simple concert est né. C’est devenu un spectacle parce qu’il y a une trame derrière qui est un peu la trame Radio Caroline, une trame un peu plus narrative qui explique les origines des chansons, les arcanes de tout ça et les liens qui peuvent exister entre les influences des uns et des autres, entre un Oasis et un Bowie. Ce fond fait que ce n’est plus simplement une succession de hits.

Laurent Charliot. Le public comprend très rapidement qu’on va l’emmener dans une émission de radio. J’ai mon set radio, mes platines, j’ai mes disques, j’ai mon micro, j’ai mon « on air » qui s’allume lorsque je prends la parole. Au départ j’avais des scrupules à monopoliser, à faire des textes longs entre chaque morceau, j’avais un peu peur de casser l’ambiance mais on s’est vite aperçus que ça fonctionnait très bien, à tel point que j’ai finalement rallongé mes textes en finissant à chaque fois par : « On l’écoute, c’est maintenant et c’est sur Radio UK on the rocks… »

Et là c’est le groupe qui joue?

Laurent Charliot. Oui, exactement, c’est le groupe qui joue. Moi je reste sur scène mais je ne suis plus dans la lumière. Je suis le sélecteur, l’ambianceur, j’écoute les disques suivants, je bouge comme un gars qui vit pleinement son émission. Et derrière, il y a un quatuor rock, Arnaud Gourvez à la guitare et au chant, Franck le Ray à la basse et au chant, Tof Rossini à la batterie, Fred Hervieu aux claviers et choeurs, donc une formule classique de rock à laquelle on a ajouté depuis un an maintenant un quatuor à cordes dont les quatre membres sont issus de l’Orchestre National des Pays de la Loire.

Arnaud Gourvez. On est sur un répertoire qui va des années 60 à aujourd’hui, qui va des Beatles à Muse, Et sans quatuor à cordes, il était difficile de reprendre certains morceaux comme Live and Let Die par exemple. Ce quatuor nous permet de faire la différence au sein des tès nombreux cover band (groupes de reprises, ndlr).

C’est une belle formation…

Arnaud Gourvez. On est neuf sur scène et 4 en coulisse parce qu’on a un régisseur…

Laurent Charliot. oui, un régisseur qui a été le régisseur de pas mal de groupes, il l’a été de M, il l’est actuellement d’Elmer Food Beat, on a un ingénieur son aussi, Jeff Morreau, qui a été le premier producteur de Christine and the Queens, on a Fabienne aux lumières qui a tourné avec énormément de groupes et actuellement avec Merzhin… On a une vraie dream team, une dream team de Nantais…

Arnaud Gourvez. Tout à fait, c’est un spectacle de Nantais. On est tous du coin, on se voit, on travaille ensemble, on répète ensemble, on boit des coups ensemble parfois, l’idée était de faire un spectacle généreux avec une belle complicité sur scène. Que ce ne soit pas uniquement un spectacle mécanique, que les spectateurs sentent qu’il y a de l’humain derrière tout ça.

Que reprenez vous exactement ?

Arnaud Gourvez. Le rock britannique. Avec dans l’ordre, les Beatles, les Stones, les Who, les Kinks, Clash, Deep Purple Led Zepellin, U2, Supertramp, Cure, Pink Floyd, The Verve, Oasis, Blur, Depeche Mode, Cold Play, Muse… que des grands noms, que des morceaux que tout le monde connaît.

Laurent Charliot. Avec une particularité pour cette troisième saison, les morceaux sont liés entre eux, un par la présence de cordes, deux par des histoires de plagiat, de scandales, de procès. Je pense à The Verve notamment et à cette petite partie de morceau emprunté aux Stones pour le titre « Bitter Sweet Symphony ». Les musiciens de The Verve avaient demandé l’autorisation aux Stones et avaient même signé un contrat…

Arnaud Gourvez. Ils se sont mis d’accord sur 50/50 mais le morceau a tellement bien marché que la maison des Stones les a rappelé en les sommant de retirer les disques des bacs ou de leur donner 100% des bénefs. Résultat, pendant 22 ans, The Verve n’a rien touché sur ce morceau…

Toutes ces histoires rendent le rock passionnant. Comment les déniche-t-on ?

Laurent Charliot. On est passionné de rock britannique, on connaît beaucoup de ces anecdotes. Et puis on compulse, on cherche, on fait des recoupements…

Votre prochain spectacle aura lieu à Saint-Sébastien-sur-Loire le 27 septembre…

Laurent Charliot. Oui à l’Escall.

Arnaud Gourvez. Une salle qui a une histoire elle-aussi. Elle a notamment accueilli Oasis et Blur. On va profiter du spectacle pour rappeler que cette salle a vécu les grandes heures de la britpop.

Il reste des places ?

Laurent Charliot. Oui mais plus pour très longtemps. 800 des 1100 places que compte la salle ont déjà été réservées à ce jour. Nous sommes ravis!

Merci Laurent, merci Arnaud. Propos recueillis par Eric Guillaud le 16 septembre 2019. Plus d’infos sur le groupe et le spectacle ici

19 Sep

A Little Affair : le dernier clip du Nantais Gaume dévoilé en exclu sur Supersonikk

Après plusieurs dates en festival cet été et avant une tournée dans le sud de la France et à l’étranger, notamment aux États-Unis, Gaume était de retour sur Nantes ces jours-ci, le temps de partager le clip du single A Little Affair, extrait de son album Square One, et de nous en dire deux mots…

Gaume © Jean-Marie Jagu

Mais ? Ce n’est pas du rock diront les puristes en la matière ou du moins ceux qui prétendent l’être. Non, c’est de la pop, une ballade pop. Et alors ? Rien de déshonorant, Gaume a toujours eu un faible pour les deux au point de tout mélanger façon shaker et de jouer d’un style ou de l’autre avec le même talent, la même implication. « il n’y a rien de plus chi… qu’un disque rock sans un peu de pop ». Et vice-versa !

Et si son dernier album en date, Square One, est bien un album rock, le titre A Little Affair en est assurément la petite douceur.

Que raconte-il ? Une histoire d’amour ? « Oui, c’est une histoire d’amour, un amour caché, une liaison secrète, a little affair quoi, un truc qui rend malade avec ses mensonges, ses crises existentielles… ». 

Honey wish i missed you just a little bit less i can’t function and my head is a mess / Honey wished i missed you just a little bit less, i can’t help it, i confess

« Pour le clip, je voulais quelque chose de simple, très simple, basé sur l’esthétique et non sur un scénario. Il n’y a pas d’histoire, pas d’acteurs, pas de décor à part une plante verte et un Pickle Patt (projecteurs, ndlr). Il a été réalisé par Jérémy Bleunven de Abyss Media et enregistré à l’usine Tribu créative à Boufféré en Vendée ».

Avec deux invités, Louise Robard, la chanteuse du groupe Cut The Alligator, et Julien Carton, claviériste de Matmatah, un clip simple, épuré, avec un subtil jeu d’ombres et de lumières. Attention, son écoute prolongée peut vous coller le frisson pour l’éternité et peut-être bien au-delà.

Eric Guillaud

Plus d’infos sur Gaume ici