09 Avr

L’Ère de rien , un festival qui ne manque pas d’airs

Pour sa septième édition, le festival L’Ère de Rien reprend ses marques sur les bords de la Sèvre à Rezé et vous attend de pied ferme les 20 et 21 avril pour deux soirées de concerts autour de la nouvelle scène rock. Pas de grosses pointures à tiroir caisse ici mais des jeunes pousses montantes qui ne sont jamais avares en décibels et en énergie…

Le groupe suédois Francobollo

Pour faire un bon festival, il faut quoi ? Des artistes, c’est la base, un bon chapiteau, c’est plus confort, de quoi se restaurer et boire un verre… ou deux… mais pas plus promis juré, de quoi faire un peur de tri comme à la maison, une équipe de bénévoles très très dévouée, une scénographie pour les yeux et du bon matos sono pour les petites oreilles. Et bien, vous savez quoi ? Il y a tout ça au festival L’Ère de rien, tout ça et bien plus encore…

On y a déjà entendu…

Vous voulez des noms ? En voilà… BRNS, Blaenavon, By The Sea, C Duncan, Childhood, Cosmo Pyke, Farao, FYFE, Francis Lung, Gengahr, Half Moon Run, Hein Cooper… on reprend son souffle… Holy Esque, Hyphen Hyphen, Hold your Horses, Isaac Gracie, Jerkcurb, Jonathan Boulet, Liss, Loyle Carner, Marika Hackman, Mermonte, Mozes and the Firstborn, Nilufer Yanya, Only Real, Palace, Pixx, Rat Boy, Requin Chagrin, Splashh, Spring King, The Big Moon, The Dodos, Twin Peaks, Trudy and the Romance… se sont succédé sur la scène du festival. 

On n’y a jamais entendu mais ça ne va pas tarder…

Douze groupes viendront faire briller leurs décibels dans la nuit rezéenne, douze groupes, pas mal d’anglais comme Sorry, Sports Team, Lauren Auder, The Magic Gang, Benny Mails ou encore Westerman et ses délicates folk songs…

Des Anglais mais aussi des Australiens, Vacations, des Norvégiens, Boy Pablo, et des Suédois, oui, les groupe s’appelle Francobollo et ça donne ça…

Côté français, deux noms sont à l’affiche cette année, La Houle d’Angers et Vain, des nanto-bresto-rennais…

Musique mais aussi arts graphiques

La musique c’est bien, c’est même très bien mais le graphisme c’est pas mal non plus. Alors les deux ensemble, au même endroit et au même moment, ça ressemble au bonheur. Comme chaque année, le festival invitera une sélection d’artistes graphiques, Novland, Mona Menuau Meslier, Chantal Frontale, Paul Northe…

Un festival à prix libre

Ça ne veut pas dire qu’ici on rase gratis, qu’on y arrive les mains dans les poches et les poches vides. Ce système permet au festival de rester accessible à tous mais sa programmation, son existence même, dépendent bien évidemment de ses recettes de billetterie. À vous de voir en votre âme et conscience.

Une équipe de bénévoles passionnés

On termine avec le teaser du festival tourné à proximité du site, léger et drôle, c’est la signature de l’équipe de ce rendez-vous aujourd’hui incontournable pour tous les amateurs de rock.

Eric Guillaud

Plus d’infos sur le festival ici

05 Avr

NOUVEAU FESTIVAL. Les Nuits du Bénin du 5 au 8 avril à Nantes

Expo, concerts, performances et conférences, le nouveau festival Les Nuits du Bénin débute ce soir à Nantes. Quatre jours pour découvrir les artistes qui font la culture de ce pays africain, petit par la taille mais immense notamment par son apport aux musiques actuelles…

© Axel Vanlerberghe

Tout le monde connaît Angélique Kidjo mais après ? Le Bénin, petit pays francophone d’Afrique de l’Ouest, coincé entre le Togo et le Nigéria, berceau de la culture vaudou et du funk africain offre une scène musicale exceptionnelle et pourtant souvent méconnue.

Le collectif Benin International Musical, BIM pour les intimes, piloté par le producteur français Jérôme Ettinger, a été créé dans le but de mettre en lumière cette ébullition musicale. Il sera l’invité exceptionnel de la première édition du festival Les Nuits du Bénin.

Dans le détail

Le festival débute ce jeudi soir par le concert du BIM, le « Benin International Musical », à la salle Paul Fort. Il se poursuivra le vendredi 6 avril par une conférence intitulée « Du Dahomey au Bénin », suivie d’un concert de Jimmy Belah au Pannonica. Direction le Ferrailleur le 7 avril pour une soirée autour de Samifati et Diflex, Duchesse, Hoxo & Sergent Markus ainsi que le DJ set Good Morning Africa. Enfin, des performances clôtureront le festival au Théâtre La Ruche le 8 avril.

Enfin, visible depuis le 4 et jusqu’au 23 avril au Pannonica, l’exposition « Sur la route du Benin International Musical » propose une série de photographies signées Axel Vanlerberghe retraçant le parcours du collectif.

Plus d’infos sur le festival ici

28 Mar

INTERVIEW EXPRESS. The Limiñanas : tournée générale de rock !

À moins de vous être mis en mode hibernation, il est absolument impossible que vous soyez passés à côté. C’est LA sensation rock de l’année, LE groupe français dont on parle partout et que nous envieraient, peut-on lire ici ou là, les Anglo-Saxons. Peut-être ! En attendant, The Limiñanas est en tournée à travers l’hexagone. Il sera notamment le 30 mars à Angers, le 20 avril à Nantes. Interview…

© Richard Bellia

On ne les arrête plus les Limiñanas ! Concerts, clips, passages télé, interviews et… un nouvel album, Shadow People, un petit bijou de dix titres qui apporte la preuve qu’on peut faire du très bon rock en France, et quel rock, « de la musique bricolée à la maison par deux fondus de garage punk des années soixante et de musique tordue française, saupoudrée d’influences catalanes et pieds-noirs espagnoles », nous déclarait Lionel Limiñana dans une interview en mai 2016

Avant le passage du groupe au Chabada à Angers le 30 mars et à Stereolux à Nantes le 20 avril, nous avons posé quelques questions à Lionel sur la montée en puissance du groupe. Premier constat, face au succès, l’homme reste humble et accessible…

Nous vous avions interviewé en mai 2016 à l’occasion d’un – excellent – concert à Nantes. J’ai comme l’impression qu’il s’est passé pas mal de choses dans votre vie d’artiste depuis ces deux petites années ?

Lionel. On a pas mal tourné et beaucoup bossé en studio. On a rencontré beaucoup de gens, voyagé et appris. Oui, ça a été deux belles années, bien remplies.

Du Figaro à Rock’n’Folk en passant par Télérama, Les Inrocks, Ouest-France, Canal+ et même France 3 Pays de la Loire, vous faites l’unanimité. C’est pas mal pour un groupe qui ne cesse de se proclamer sans ambition particulière ?

Lionel. Oui! Et  si on parle de plan de carrière, effectivement on n’en a pas. Notre seule ambition est de continuer d’enregistrer, de produire des disques. Et de maintenir le groupe live en vie, ce qui reste le plus compliqué aujourd’hui. On est dix sur la route, économiquement, humainement, en terme d’organisation, c’est une usine à gaz ! Surtout pour ce genre de musique. C’est très fragile.

Pour obtenir cette unanimité, avez-vous dû faire des concessions dans votre musique ?

Lionel. Non, on a jamais fait la moindre concession. Et Shadow People est notre album le plus raide en terme d’atmosphère et de production. On a toujours fait exactement la musique que nous voulions.

La presse unanime et les professionnels de la profession à vos pieds, Laurent Garnier qui remixe du Limiñanas, Emmanuelle Seigner qui chante sur le nouvel album, Anton Newcombe, leader du groupe de rock psychédélique The Brian Jonestown Massacre, qui apporte sa contribution, tout comme Bertrand Belin… C’est un peu le bonheur non ?

Lionel. On est parfaitement épanoui si c’est le sens de ta question! Mais je ne crois pas que qui que ce soit soit à nos pied. Ce sont des camarades que nous avons croisé en tournée la plupart du temps et avec lesquels nous sommes devenus amis.

Album, tournée, clips, promo… Vous rêvez de quoi en ce moment ? De vous retrouver chez vous tranquille cinq minutes au coin du feu ?

Lionel. Alors malheureusement on a plus de cheminée! Et non,  on est content de tourner, d’enregistrer, de voyager. C’est un choix et personne ne t’oblige à le faire. Et puis il faut arrêter de dire que c’est difficile. J’ai bossé à l’usine, dans les champs, en interim pendant longtemps. C’est là qu’il faut avoir du courage, de la volonté.

Merci Lionel, merci The Limiñanas

Propos recueillis par Eric Guillaud le 27 mars 2018. Plus d’infos sur le groupe ici.

02 Mar

Afrodite et Degree iNOUïS du Printemps de Bourges Pays de la Loire 2018

La sélection des iNOUïs 2018 a été dévoilée hier par Trempolino. Après Voyov et Inüit, c’est au tour de Degree et Afrodite de défendre les couleurs des Pays de la Loire au Printemps de Bourges qui se jouera du 24 au 29 avril…

Afrodite

Afrodite

On les appelait autrefois les Découvertes du Printemps de Bourges, on parle aujourd’hui des iNOUïs du Printemps de Bourges. Un changement de nom qui intervient en 2012 mais ne modifie en rien l’objectif de ce dispositif : révéler au public, aux programmateurs, aux journalistes et globalement aux passionnés de musique les nouveaux talents français.

Beaucoup de groupes ou artistes ont bénéficié de ce dispositif de repérage et d’accompagnement. En vrac et dans le plus grand désordre, on peut citer François and The Atlas Mountains, Fauve, Concrete Knives, Skip the Use, Juliette… ou encore Feu! Chatterton. Et côté Pays de la Loire, Disco Anti Napoleon, Von Pariahs, Hocus Pocus, Elmer Food Beat, Thylacine, i.s.l.a., Jumo, Bantam Lyons, San Carol, Jeanne Cherhal… et l’an passé Voyov et Inüit.

Deux projets ont été sélectionnés cette année. Qui sont-ils, d’où viennent-ils ? Réponse maintenant…

Degree est un musicien nantais qui n’a pas encore passer le cap des 20 ans. Il se dit inspiré par Bon Iver, Chet Faker ou James Blake, cultivant « la mélancolie au travers d’arrangements mixant sonorités digitales et organiques ». Résultat : un électro-folk ouaté!

À la fois groove, soul, hip hop, afrohouse, la musique d’Afrodite nous embarque pour un voyage musical d’une très grande richesse. Afrodite est un duo formé il y a peu par la chanteuse Audrey Lopes qu’on peut régulièrement entendre sur les scènes nantaises et la Rennaise Maclarnaque qui navigue entre mix, compositions et beatmaking.

Degree et Afrodite joueront le 26 avril à 12h30 au 22 à Bourges en compagnie de Flèche Love, Edgär, Juicy et KROY. Mais avant cela, ils seront en showcase public à Trempolino à Nantes le 19 avril.

Eric Guillaud

22 Fév

INTERVIEW. Tokyo, Séoul, Nantes… le duo KO KO MO toujours prêt pour le rock

Ils débarquent tout juste d’une mini tournée en Asie, Tokyo, Séoul, Pyeongchang en une petite semaine, de quoi se faire plein de nouveaux amis et revenir complètement jetlagués. Pas le temps cependant de se plaindre, K20 et Warren des KO KO MO seront sur la scène de Stereolux dès vendredi 23 février, un concert un peu particulier en ouverture de l’exposition « Rock! Une histoire nantaise »…

© Jean-Marie Jagu

© Jean-Marie Jagu

Depuis la sortie de leur album Technicolor Life, ils sont partout, infatigables, passionnés, aimants et aimés, supportés par un nombre toujours croissant de fans, les KO KO MO n’en finissent plus de porter haut les couleurs du rock sur les scènes de France et d’ailleurs. À peine revenus d’Asie, ils enchaînent avec le concert exceptionnel célébrant l’inauguration de la non moins exceptionnelle exposition Rock! Une histoire nantaise dont on vous parlait ici il y a quelques jours. Bien sûr, ils ne seront pas seuls sur la scène de Stereolux, il s’agit d’une soirée intergénérationnelle avec une multitude d’artistes sous le patronage de trois chefs de familles: 20syl & Hocus Pocus, Pégase et donc KO KO MO. L’occasion de poser quelques petites questions à K20 des KO KO MO…

Bonjour K20, vous revenez d’une tournée en Asie. C’était comment ?

K20. Première date pour nous à Tokyo au Japon, showcase important pour la suite de notre histoire et futures tournées Asiatiques. Puis Séoul en Corée Du Sud pour partager la scène du Club Sharp avec 2 groupes Coréens, puis les dates improbables à Pyeongchang dans l’est de la Corée Du Sud pour les JO 2018.

Ce sont des moments de vie incroyables, intenses, surprenants, plein de surprises et surtout de belles rencontres. Que dire de plus que les voyages nous font vivre des choses merveilleuses et renforcent notre duo déjà bien soudé.

On a pu suivre vos déplacements en photo sur votre compte Facebook. Toujours l’idée du partage ?

K20. Nous trouvons ça très important et respectueux pour la famille, les proches et les fans de partager nos tournées et notre actualité. L’avantage des réseaux sociaux aujourd’hui. Quelques photos + nos plannings journaliers, nos aventures et mésaventures aussi.

Vous parlez sur votre compte Facebook d’une date importante pour la suite de notre histoire en Asie au club Kinoto. En quoi était-elle importante ?

K20. Nous avons depuis 2 ans une belle relation avec le public asiatique (Chine, Indonésie, Corée Du Sud…). Le Japon était une première pour nous…  Cette date était importante car c’était un showcase devant des programmateurs importants pour la suite de notre histoire en Asie. À suivre…

Pas le temps de souffler, vous serez sur la scène de Stereolux vendredi pour un concert un peu particulier qui inaugure l’exposition « Rock! Une histoire nantaise ». Et vous ne serez pas seuls, vous avez invité quelques personnalités du rock nantais à vous rejoindre sur scène. Peut-on avoir quelques noms et savoir pourquoi vous les avez choisis ?

K20. Un peu jetlagués certes, mais nous n’allons pas nous plaindre. Nous vivons tellement de belles choses. Effectivement, une belle soirée familiale s’annonce pour vendredi, nous avons invité des belles figures nantaises soit mais surtout des ami(e)s et talentueux artistes. Nous n’allons pas tout vous dire, car il n’y aurait plus de surprises. Nous représentons la famille « Rock » soit, mais vu nos invité(e)s, cela promet un beau voyage musical assez éclectique.

Qu’est-ce qu’on pourra entendre ? Des morceaux de votre répertoire ? Des reprises ?

K20. Le but pour nous est d’avoir une base KO KO MO tout en mettant en avant nos invité(e)s avec un répertoire nantais.

Vous appartenez à la dernière génération ou presque du rock nantais ? Quels sont les groupes qui vous ont marqué et peut-être même incité à jouer de la musique ?

K20. Warren et moi n’avons pas grandi avec les mêmes références musicales vu notre différence d’âge, mais cela n’empêche pas d’avoir beaucoup de références communes aujourd’hui comme Radiohead, Led Zeppellin, Black Keys, Jack White…

Est-ce qu’il y a selon vous un jeu rock « à la nantaise » ou du moins un esprit rock nantais ?

K20. Nous ne voyons pas cela comme ça, il y a pour sûr un sacré vivier de musiciens, artistes à Nantes. Le bon esprit nantais est bien évidemment présent et existant. 

On dit que Nantes a une image très rock en France, le ressentez-vous ainsi dans vos déplacements ?

K20. Pas forcément « Rock »… Certes, nous remarquons que Nantes à une belle et bonne image artistique, en dehors de l’éléphant (sourire). Des noms comme Hocus Pocus, Malted Milk, C2C, Von Pariahs… et maintenant KO KO MO (sourire) ressortent souvent. Mais qu’est-ce que ça veut dire « Rock » aujourd’hui ?

Vous rappelez-vous de votre premier concert nantais en tant que spectateur ?

K20. Pour ma part, j’ai des souvenirs de Tri Yann et Gilles Servat. Pour Warren, c’est Philippe Ménard et Gaby Blues Band.

Depuis la sortie de votre album, vous n’arrêtez plus. Tournée, clips, télés… c’est quoi la prochaine étape ?

K20. Jocker + surpriseS…

Merci K20, merci KO KO MO

Propos recueillis par Eric Guillaud le 21 février 2018. Plus d’infos sur le groupe ici, sur le concert « Rock! Une soirée nantaise » 

22 Jan

La Nuit de l’Erdre fête ses 20 ans à Stereolux à Nantes le 26 janvier

En 20 ans de service, le festival La Nuit de l’Erdre s’est imposé dans le paysage ligérien comme l’un des rendez-vous incontournables de l’été avec à chaque fois une affiche réunissant poids lourds internationaux, artistes français de renom et découvertes locales. Vendredi 26 janvier, le festival pose sa sono à Stereolux à Nantes où il soufflera ses bougies en très bonne compagnie…

© Pierre Wetzel

© Pierre Wetzel – Dätcha Mandala

Souvent complet, jamais à court d’idées pour renouveler chaque année une affiche vouée à attirer un public de tous les âges et de tous les milieux, le festival La Nuit de l’Erdre vous donne rendez-vous cette année du 29 juin au 1er juillet autour des artistes Orelsan, The Hives, Justice, Asaf Avidan, alt-J, Shaka Ponk, Bernard Lavilliers ou encore Vianney.

Le 29 juin, c’est un peu loin mais le 26 janvier c’est maintenant. Le festival investira les deux salles de Stereolux pour fêter dignement ses 20 ans avec là encore une affiche savoureuse. Dans la salle micro se succéderont Chanson d’occasion, Douchka et Dätcha Mandala. Du côté de la salle maxi, vous pourrez voir et entendre Lyre le Temps, Mai Lan et Dirty South Crew.

Electro, pop, rock, chanson française… la soirée sera à l’image du festival, éclectique et festive.

Eric Guillaud

Plus d’infos ici

15 Jan

Flor del Fango : le retour du rock latino engagé

C’est rock, c’est latino, c’est engagé et follement dansant, Flor del Fango est de retour après une pause d’une quinzaine d’années. Au menu des retrouvailles : de nouvelles chansons, un nouvel album et une tournée qui commence à Nantes mercredi 17 janvier…

© Raphaël Rinaldi

© Raphaël Rinaldi

Manu Chao, Mano Negra, Parabellum, Chihuahua ou encore Les Frères Misère…, il y a un peu de tout ça dans Flor del Fango et il en serait autrement étonnant puisque ses huit musiciens sont issus de ces groupes qui ont marqué l’histoire du rock dans les années 80 par une écriture engagée.

Fondé en 1997 pendant une manifestation de soutien aux indiens du Chiapas à Paris, Flor del Fango poursuivra sa route pendant cinq ans avant de se dissoudre. Quinze ans plus tard, ils sont de retour avec la même énergie communicative, la même volonté de s’engager auprès des minorités en lutte. Interview…

Pourquoi ce retour après plus de 15 ans d’absence. vous aviez oublié d’éteindre la lumière ?

Marucha Castillo (chant lead). Ce n’est pas qu’on à oublié d’éteindre la lumière, nous l’avons laissée à l’abri. Comme une braise qui peut redevenir un brasier avec un simple souffle… Pendant ces 15 ans, une de nos plus belles flammes est partie devenir étoile dans le ciel (Sven Pohlammer, guitariste, décédé en 2014, ndlr). Nous ne nous sommes jamais vraiment séparés, la vie nous à envoyé à droite, à gauche, vivre diverses expériences avant de nous rassembler avec toujours autant de choses à se dire, à partager et a faire partager.

Si mes informations sont bonnes, le groupe s’est formé en 1997 après une soirée de soutien aux indiens du Chiapas à Paris. Qui dit indiens du Chiapas dit sous-commandant Marcos, dit Zapatisme, dit lutte contre le néolibéralisme. c’est toujours ce qui unit les différents membres du groupe aujourd’hui ?

Marucha. Initialement, ce qui nous a uni avant tout c’est la musique et l’amitié. Mais bien sûr notre positionnement social et politique a eu une énorme influence dans la création de Flor del Fango. Aujourd’hui, nous soutenons toujours le mouvement néozapatiste, ainsi que tous ceux que le système néolibéraliste opprime, vole et laisse de côté.

Il faut rappeler que vous avez tous un beau parcours de musiciens engagés derrière vous. Parabellum, Mano Negra, Chihuahua, Les Frères Misère… des noms qui parlent aux plus anciens d’entre nous comme aux plus jeunes. c’était le bon temps ?

Marucha. C’est toujours «le bon temps», les années passent, c’est certain, mais l’énergie demeure la même. le monde ne va pas mieux, les raisons de se révolter se multiplient chaque jour. C’est toujours le moment pour agir. Et aujourd’hui, la Flor réagit ! Évidemment, toutes ces belles histoires du rock alternatif français ont eu une grande importance dans nos vies respectives et dans le paysage rock hexagonal, mais aujourd’hui c’est bien avec Flor del Fango que nous voulons écrire le nouveau chapitre de notre combat musical.

Que reste-t-il de toute cette époque ?

Marucha. Nous déjà !!! Mais aussi beaucoup de groupes, de structures indépendantes qui poursuivent et améliorent ce mouvement démarré il y a longtemps. Les graines ont poussé et forment de nouveaux groupes, de nouvelles énergies.

Pas de place pour la nostalgie ?

Marucha. «Nostalgie, c’est fini», disait Sven dans une de ses chansons. Il vaut mieux agir dans le présent avec l’expérience des choses apprises par le passé mais sans s’attarder dans la mélancolie… Il reste tant à faire !

Si vous deviez retenir un titre, un seul, qui symboliserait toute cette période. lequel serait-ce ?

Marucha. Oui… Napo disait hier «Mort au vaches» de Parabellum, je pense que c’est assez représentatif de cette période alternative.

Quel regard portez-vous sur la scène rock française actuelle ? La jugez-vous suffisamment engagée ?

Marucha. Comme nous le disions plus haut, les graines du mouvement alternatif ont permis a des structures comme Rage Tour (notre tourneur) de se créer et de s’épanouir, autour d’eux comme autour d’autres structures indépendantes. De nombreux nouveaux artistes reprennent le flambeau et il faut savoir le saluer.

Évidemment, il y a aussi toute une partie de la scène rock actuelle qui n’a pas emprunté cette voie engagée, mais le contexte mondial risque fort de susciter de nouvelles vocations.

Quel disque, quel artiste, squatte votre platine en ce moment ?

Marucha. J’écoute pas mal de vieux boléros et cumbias. En ce moment, j’écoute aussi les chansons de Sven à qui je pense très fort et certains de ses cd préférés qui sont assez variés…comme Gang, Can, Robert Wyatt et Los Chungitos y Lucio Battisti… !

Vous sortez un nouvel album en mars prochain, le deuxième de Flor del Fango. Sonne-t-il comme une évidence ? Comme une suite logique ?

Marucha. En fait ce deuxième album de la Flor est la suite logique du premier. La grosse particularité de ce disque est que nous l’avons enregistré il y a 15 ans après le départ d’Ana, la première chanteuse du groupe. Nous sommes donc fiers qu’il voit enfin le jour. C’est grâce au label Sabor discos qui nous a proposé de sortir «Hekatombeando» que l’on s’est réformé. Nous tenons donc vraiment à les en remercier. Actuellement, nous travaillons avec Rage Tour qui nous soutient de façon formidable sur l’accompagnement du groupe, mais ne nous arrêtons pas là, nous avançons aussi sur la composition de nouveaux titres avec nos deux nouveaux venus, Madjid et Matu… La Flor est en marche!

Le titre Hekatombeando est une petite bombe de musique rock latino entraînante et dansante à souhait. tout y est. est-ce que ça a été facile de relancer la machine, de retrouver l’osmose, d’écrire au final 12 titres pour l’album ?

Marucha. Comme je viens de dire, les 12 titres ont été écrits et enregistrés il y a 15 ans… mais l’osmose au moment de les jouer ensemble est intact, je dirais même plus intense ! Nous sommes en route pour écrire de nouveaux morceaux plus en phase avec nos envies du moment mais l’on éprouve toujours un grand plaisir à défendre les anciens titres qui sont toujours d’actualité.

Tous les morceaux qui composent l’album sonnent latino, tous sauf deux, Dans tes bras et surtout Je laisse venir qui sonne même très parigot avec l’accordéon. Pourquoi ? Que racontent-ils ?

Marucha. On a écrit «Je laisse venir» à Paris, plus précisément à Montmartre. On exprime l’amour et la gratitude que l’on éprouve pour cette ville et particulièrement pour ces quartiers populaires qui nous ont si bien accueillis. «Dans tes bras» est une chanson écrite par Sven qui parle de la seule et unique chose qui pour moi peut nous sauver ,«nous sortir du néant» comme il dit si bien : l’amour. C’est aussi sympa pour nous de chanter en français.

En attendant la sortie de l’album, on vous attend sur scène, notamment au Ferrailleur à Nantes le 17 janvier. La scène, c’est inscrit dans votre ADN ? 

Marucha. Je ne m’y connaît pas beaucoup en ADN mais le contact avec les gens, c’est la base, les fondations de notre projet et même la raison d’exister du musicien selon moi. C’est le rapport avec le monde, cette alchimie qui crée la magie. Quand la «mayonnaise prend» ,«El Duende» sort et alors la musique peut transformer nos vies. Nous avons vraiment hâte de retrouver la scène !!!

À quoi va ressembler la vie de Flor del Fango dans les mois à venir ?

Marucha. Beaucoup d’échanges, de rigolades, mais aussi de rigueur au moment du boulot. Beaucoup de voyages, de rencontres et de partages avec toutes sortes d’artistes, de musiciens, de peintres, de poètes mais surtout avec le public qu’il nous tarde vraiment de retrouver.

 Merci Marucha, merci Flor del Fango

Plus d’infos sur le groupe ici et  

Flor del Fango sera en concert à Nantes le 17 janvier, à Saint-Brieuc le 19 janvier, à Malestroit le 20 janvier, à Vaureal le 10 février, à Clermont Ferrand le 28 avril, , à Tarbes le 5 mai, à Paris le 17 mai…

19905068_412983219096896_2141180115592561848_n

05 Jan

Résolution 2018 : Nantes s’habille rock !

Vous aimez le rock ? Alors vous allez être servis. Nantes, ville réputée sur la scène nationale et même internationale pour avoir produit quelques beaux fleurons du genre, nous offrira dans les prochains mois deux expositions et un concert unique dédiés à son histoire…

Petit quizz : qui sont ces trois personnes ? Réponse : Dominique A, Philippe Katerine et Francoiz Breut

Petit quizz. Qui sont ces trois personnes ? Réponse : Dominique A, Philippe Katerine et Francoiz Breut il y a quelques années (photo Rock! Une histoire nantaise)

Rock ! Une histoire nantaise

En 2018, on range les richelieus et le blazer, on ressort les boots et le perfecto, l’année sera rock ou ne sera pas avec plusieurs événements à l’affiche, à commencer par une exposition exceptionnelle dont on entend parler depuis quelques temps, puisqu’un appel à contribution des Nantais a été lancé il y a plusieurs mois par son commissaire Laurent Charliot. Rock ! Une histoire nantaise, c’est son nom, sera présentée au Château des ducs de Bretagne, Musée d’histoire de Nantes, du 24 février 2018 au 10 novembre 2019, 21 mois pour (re)découvrir le rock nantais des années 1960 à nos jours.

Tri Yann, EV, Elmer Food Beat, Orange Blossom, Dominique A, Tequila, Jeanne Cherhal, Dolly, Philippe Katerine, C2C, Christine and the Queens, KO KO MO, Von Pariahs, The Little Rabbits, Lenparrot, Arnaud Fradin, Elephanz, Ultra Vomit, Pegase… connus internationalement ou localement, 300 pages ne suffiraient pas pour aligner les noms qui depuis les années 60 font vivre le rock ou d’une façon plus large les musiques actuelles dans la capitale des Pays de la Loire.

L’exposition retrace cette vitalité exceptionnelle dans un parcours divisé en neuf sections chrono-thématiques, scénographié grâce notamment aux objets, photos et autres documents prêtés par les Nantais, et mis en musique. Plus d’une centaine de titres seront disponibles à l’écoute grâce à un système auditif constitué de gobelets de festival. Une immersion jusqu’au bout des oreilles !

Rock ! Une histoire nantaise est aussi un livre de Laurent Charliot, disponible en librairie le 24 février. Après La Fabuleuse histoire du rock nantais, l’auteur nous explique dans ses pages comment la ville de Nantes est passée du statut de « belle endormie » à celui de « Nantes l’effervescente ». Nous vous en reparlerons plus en détail prochainement sur ce blog.

Rock ! Une soirée nantaise

Quoi de mieux qu’un bon concert pour aiguiser l’appétit et accompagner l’ouverture de cette exposition ? Direction Stereolux le 23 février pour un voyage dans le rock d’hier et d’aujourd’hui. Au programme, plusieurs générations de musiciens qui ont fait ou font vibrer la scène nantaise, regroupés autour de trois groupes phares de la scène actuelle, KO KO MO, 20syl & Hocus Pocus et Pégase. Des gens comme Manou et Grand Lolo d’Elmer Food Beat, Roman Gaume, Philippe Ménard de Tequila, Lenparrot, Voyov ou encore Disco Anti Napoleon se relaieront sur la scène au cours de cette soirée unique en son genre.

Rock Story : L’histoire du rock

Une autre exposition d’envergure sur l’histoire du rock, bien au-delà des frontières nantaises cette fois, se tiendra durant la foire internationale de Nantes du 7 au 16 avril 2018. Sur 1600 m2 d’espace, Rock Story : L’histoire du rock offrira un parcours scénographié chronologique et thématique, présentant les différentes facettes du rock depuis les années 50 jusqu’à nos jours, depuis ses racines country jusqu’au métal, en passant par la vague punk, le rock glam ou encore le rock psychédélique. Huit espaces, autant de périodes qui ont construit le rock. Au générique, les géants que sont les Rolling Stones, Téléphone, les Who, Led Zeppelin, Pink Floyd, Queen, Bob Dylan, Elvis, Guns n’Roses, David Bowie ou Johnny Hallyday à qui bien sûr l’exposition rendra un hommage particulier.

Eric Guillaud

Plus d’infos sur Rock ! Une histoire nantaise ici, Rock ! Une soirée nantaise , Rock Story : L’histoire du rock ici

Les Sunset

Les Sunset – groupe des années 60 (photo Rock! Une histoire nantaise)

04 Jan

BIS 2018 : La scène francophone canadienne à l’honneur pour la deuxième année

L’opération s’appelle Côte à Côte et permettra une nouvelle fois de découvrir la scène musicale francophone canadienne à l’occasion des Biennales Internationales du Spectacle qui se tiendront les 17 et 18 janvier 2018 à Nantes…

© Max-Antoine Guérin

© Max-Antoine Guérin

Deuxième rendez-vous du genre pendant les Biennales Internationales du Spectacle, Côte à Côte a pour objectif de renforcer les relations et les collaborations entre les filières canadiennes et européennes par la présence d’une délégation de plus de cinquante professionnels et une soirée de concerts ouverte aux professionnels et au public.

Trois artistes sont invités à se produire dans l’auditorium 800 de la Cité des Congrès de Nantes le 17 janvier à partir de 20h30.

Au menu…

Le duo folk guitare/contrebasse Saratoga formé en 2014 autour de Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse, originaire du Québec…

Toujours du Québec, toujours dans un style folk, quoiqu’un peu plus rock, le chanteur Émile Bilodeau, considéré comme l’un des artistes en vue de la scène musicale québécoise…

Enfin, le groupe de rock un brin déjanté Les Hôtesses d’Hilaire, du Nouveau-Brunswick. Leur dernier enregistrement lui a valu une nomination comme Album de l’année dans la catégorie «Alternatif» au gala de l’ADISQ ainsi que deux trophées à l’ECMA, célèbre gala récompensant l’industrie de la musique au Canada, dont celui pour l’Enregistrement de groupe de l’année.

Plus d’infos sur Côte à Côte 2018 ici

Le groupe nantais Orange Blossom fait un carton en Turquie grâce à la série télévisée Çukur

Il en avait mis du temps à le sortir cet album. Neuf ans. Neuf longues années. Une torture pour les nombreux fans du groupe nantais. Mais depuis, Orange Blossom n’arrête plus de courir le monde avec les onze titres qui composent le très intense « Under the Shade of violet » sorti en 2014. Ce troisième album sans frontières rebondit aujourd’hui du côté de la Turquie où le titre « Ya Sidi » fait un carton depuis son passage dans la série télévisée populaire Çukur…

© Ernest Sarino Mandap

© Ernest Sarino Mandap

Plus de trois millions de vues pour un audio posté sur YouTube en novembre 2017 par la production de la série télévisée turque Çukur. C’est énorme mais tellement mérité pour le groupe qui affiche son bonheur sur les réseaux sociaux.

Depuis plus de 20 ans maintenant, Orange Blossom nous invite au voyage avec sa musique du monde ou plus justement son électro rock oriental. Dans une interview que nous avions réalisée en 2014 au moment de la sortie du troisième album, Carlos Robles Arenas, grand fan de Joy Division et Led Zeppelin, nous expliquait ses influences, ce mélange de rock, de post punk et de musique traditionnelle, ethnique, qui est la marque d’Orange Blossom :

« J’ai très tôt été baigné dans la musique, depuis le mambo jusqu’au rock en passant par la musique mexicaine d’où je suis originaire, l’electro ou encore la salsa que j’ai découvert à Cuba quand j’étais à l’école de musique. De fait, le mélange est normal pour moi, évident (…)

Pour moi la musique, c’est quelque chose qui n’a pas besoin de longue formation, d’acquis. Tu écoutes, tu aimes ou tu n’aimes pas. Chez certains groupes, le mélange peut faire collage ou trop conceptuel. Je pense que ce n’est pas évident dans leur tête. Dans la mienne ça l’est. Lorsque je compose, je fais en sorte que ce soit sincère, le plus sincère possible ».

« Under the Shade of violet » est le nom du troisième album, onze titres aux sonorités orientales, mais pas que, et surtout une nouvelle voix, exceptionnelle, envoûtante, celle d’une jeune égyptienne de 28 ans totalement inconnue en France il y a trois ans, Hend Ahmed.

Parmi les onze titres de l’album, « Ya Sidi », un pur chef-d’oeuvre du genre à vous coller le frisson pour l’éternité. La preuve avec ce commentaire laissé par un Nantais sur le compte Facebook de Carlos Robles Arenas.

« Quand vous répétiez cette chanson au hangar Cassin, tous ceux qui travaillaient là s’arrêtaient pour tendre l’oreille. Les meuleuses, les musiques, les micros, les ordis… Tout s’arrêtait. Une chape de gravité cérémonieuse imprégnait tout le bâtiment, sans que l’on sache si c’était à cause du profond respect qu’inspire cette musique profonde et habitée, ou si c’était parce que la Grâce était arrivée là par miracle, à la porte à côté de la nôtre. Je n’en connais pas le sens des mots, mais elle fait du bien ! »

Avant Çukur, le titre « Ya Sindi » avait également été choisi comme générique de la série Marseille produite par Netflix avec Benoît Magimel et Gérard Depardieu.

Plus d’infos sur le groupe Orange Blossom ici