17 Déc

Découverte. Dynamite Shakers, un bon cocktail de rock garage venu de Loire-Atlantique

Du haut de leurs 18 ans, on les imaginerait facilement se trémousser sur de l’électro mais ce serait ignorer leur passion pour le rock garage. De répétitions en enregistrements lives, les Dynamite Shakers ont développé une belle énergie… et une certaine classe.

Lila-Rose, Elouan, François et Calvin des Dynamite Shakers

Too Much Class for the Neighbourhood. Il y a des chansons comme celle-ci, en l’occurrence des Dogs, qui résonnent fort dans la tête des gens élevés au rock. Et de retomber dessus à la faveur d’un scroll matinal sur les réseaux sociaux entre les baguettes et les médiateurs d’une jeune, très jeune, bande de musiciens au nom prometteur de Dynamite Shakers ne pouvait qu’éveiller la curiosité.

Enquête, contre-enquête, et voilà cette fameuse bande localisée du côté de Saint-Hilaire-de-Riez avec d’autres larcins à son actif, coupable et responsable en quelques jours d’une petite poignée de reprises du meilleur gout partagées sur les réseaux sociaux, des titres des Dogs donc mais aussi des Remains, Flamin’ Groovies, Sonics, ou encore Fleshtones. Du rock garage en 2020 ? Comment, pourquoi et pour qui ? Réponse ici et maintenant…

Salut les Dynamite Shakers. Comment allez-vous en ces temps bizarroïdes ? 

Calvin. Ça va nickel! Cette période a été décevante puisque tous les concerts ont été annulés depuis début septembre. Mais on en a profité pour bien travailler, surtout qu’il y a eu du changement dans le groupe ces derniers temps avec le départ de Valentin à la basse, remplacé par Lila.

Pour le moment, peu de gens vous connaissent. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Dynamite Shakers, c’est qui c’est quoi ?

François. Nous sommes un groupe qui reprenons et commençons à composer des morceaux dans le style garage rock. Le groupe est composé d’Elouan à la guitare et au chant lead, de Calvin à la guitare et aux choeurs, de Lila-Rose à la basse et aux choeurs et de François à la batterie et aux choeurs.

Je disais que peu de gens vous connaissent mais c’était sans compter Catherine Laboubée, la petite soeur des mythiques Dogs, et les non moins mythiques Fleshtones qui ont partagé vos vidéos sur leurs réseaux sociaux. De quoi avoir le médiateur qui enfle non ?

Lila-Rose. C’est clair qu’on était très content mais surtout très surpris qu’il y ait autant de retours, que ça soit de la part des fans, des proches ou même des groupes qu’on a repris qui ont apprécié (le bassiste des Flamin’ Groovies, le clavieriste des Remains, le batteur des Sonics…), ça nous a vraiment touché, motivé et ça nous donne confiance en ce qu’on fait.

Avec un nom pareil, vous ambitionnez de secouer très fort la scène ligérienne ? Comment l’avez-vous trouvé ce nom ?

François. Oui, on a hâte de sortir de la côte et de jouer partout dans les Pays de la Loire, on attend avec impatience que tout reparte.

Pour le nom, on avait demandé au public de notre tout premier concert de mettre des idées dans une urne et c’est Dynamite Shakers qui est resté.

Plus que des agitateurs de dynamites, on peut vous classer parmi des agitateurs de décibels. La musique pour vous c’est le rock garage, toute une époque mais pas la vôtre, comment est née cette passion ?

Elouan. Oui, nous aimons faire du bruit mais pas n’importe lequel. C’est mon père qui est fan de garage rock, de rock’n’roll, etc. Je me suis pris de passion pour ces musiques et je l’ai partagée avec les autres membres du groupe.

En quelques semaines, vous avez partagé une petite dizaine de lives, des reprises des Dogs, de The Remains, des Flamin’ Groovies, des Sonics, ou encore des Fleshtones. De quoi faire plaisir aux plus de 50 ans. Mais vos copains, ils en pensent quoi ?

Calvin. Nos copains, ça dépend. Certains s’en foutent complètement d’autres s’y intéressent un peu. C’est quelque chose qui est pour la plupart vraiment ringard. Quand on leur parle de rock, ils pensent à AC/DC ou Johnny. On espère à l’avenir plaire à des gens de notre âge en leur montrant qu’il existe autre chose.

Est-ce qu’il vous arrive d’écouter des groupes plus récents et lesquels ? 

François. Oui, Arctic Monkeys, The Libertines, Babyshambles, The Strokes, The Bobby Lees, KO KO MO, The Hives.

Quel album tourne en boucle sur votre platine en ce moment ?

Calvin. The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, de David Bowie.

Lila-Rose. Americain Beauty, de Greateful Dead.

François.  Live at Third Man Records, de The Hives.

Elouan.  Psychotic Reaction, de Count Five.

Et pour le groupe entier, ça serait le live des Sonics à Easy Street.

En parlant de platine, plutôt streaming ou vinyle ?

Calvin. Si on parle en temps d’écoute, on est carrément streaming, ça évite de se trimballer avec une grosse malle de 300 vinyles et puis ça permet d’écouter n’importe quand, n’importe où. Ce n’est pas pour autant qu’on n’écoute pas sur des platines. Après chaque répétition, on se pose et on met sur la platine des compiles, des disques qu’on chope dans la collection dispo en salle de répétition, des sons qu’on découvrirait jamais autrement. Ça peut-être du rock garage bien sur mais aussi du blues, du rockabilly, de la soul…

Des reprises c’est bien, c’est même très bien, mais des compos originales, c’est pas mal non plus. Vous en êtes où de ce côté-là ?

Lila-Rose. Justement, on commence, maintenant qu’on a une bonne base de reprises garage (auparavant nous étions axés rock’n’roll 50’s), on se concentre essentiellement sur les compositions. On n’est pas parti pour faire des morceaux de 8 minutes, on vise l’efficacité et surtout l’énergie. Et on n’a surtout pas envie de rester comme un groupe de reprises.

Vous avez fait le tour des bars et des campings de la côte ces deux derniers étés. Et demain, quels sont vos projets quand on aura définitivement anéanti ce virus pas très rock’n’roll ? Un album ? Une tournée ?

Elouan. Ces deux derniers étés passés dans les bars et campings ont été nécessaires. Cela nous a permis d’avoir un premier contact avec la scène car mettre l’ambiance et emmener le public n’était pas si simple que ce qu’on imaginait. Pour ce qui est des tournées, pour le moment rien n’est prévu mais on a hâte de pouvoir en faire. On devait jouer cet été dans un festival en Angleterre, malheureusement annulé à cause de la crise sanitaire, mais si tout se passe bien on y sera pour l’été 2021. En ce moment, on envoie nos candidatures à des festivals et des tremplins, notamment celui des iNOUïS du Printemps de Bourges. Pour ce qui est de lalbum, on aimerait bien commencer par sortir un 4 titres au printemps avec une ou deux reprises et quelques compositions.

Merci les Dynamite Shakers. Propos recueillis le 16 décembre 2020 par Eric Guillaud

Plus d’infos sur le groupe ici