26 Fév

Rock! La passion nantaise de Laurent Charliot

On l’attendait avec impatience et curiosité depuis des mois, elle vient enfin d’ouvrir au public, l’exposition Rock! Une histoire nantaise a surpris, pour ne pas dire impressionné, ses premiers visiteurs, à commencer par les journalistes et les artistes eux-mêmes. Au départ de l’aventure, il y a un homme, Laurent Charliot, un passionné de la première heure connu sur la scène musicale nantaise pour y avoir contribué dans les années 80 avec son groupe de new wave Iena Vox mais aussi pour les multiples livres qu’il a depuis écrit sur le thème. Nous avons pu le rencontrer sur les lieux mêmes de l’exposition à quelques heures de l’ouverture au public. Interview…

© éric guillaud

© éric guillaud

Le rock, Laurent Charliot connaît ! Très bien même. Dans les années 80, « il y a un million d’années » s’amuse-t-il, il a monté son propre groupe, Iena Vox, un groupe aujourd’hui considéré comme mythique, « on dit mythique en général quand on n’a jamais été connu », et que certains d’entre vous ont peut-être (re)découvert à l’occasion d’une reformation éphémère pour Les Rockeurs ont du cœur en décembre dernier.

Si le groupe n’a pas dépassé les trois années d’existence, ni même les frontières de notre région, la passion de Laurent Charliot pour le rock est encore aujourd’hui intacte. Après plusieurs livres sur le sujet, il est aujourd’hui commissaire de l’exposition Rock! Une histoire nantaise ouverte depuis le 24 février au château de Nantes. Une exposition étonnante, foisonnante qui illustre la très grande diversité du genre. Du Floride à Stereolux, des Atomic Boys à C2C, en passant par Katerine, Dolly, Cambouis, Elmer Food Beat, Dominique A, Sexy Sushi ou encore Elephanz, Rock! Une histoire nantaise offre un voyage extraordinaire au cœur de l’histoire musicale de la capitale ligérienne. Tout un patrimoine…

Bonjour Laurent. L’exposition s’appelle Rock! Une histoire nantaise mais elle est assez universelle finalement ?

Laurent Charliot. Oui complètement. C’est l’histoire du rock en France par le prisme de la scène nantaise mais effectivement cette histoire s’est passée de la même manière un peu partout. J’ai eu l’occasion de parler de l’histoire du rock dans d’autres villes, les groupes de bal qui font des kilomètres dans leur minicar, ça s’est passé dans toutes les villes de France, les premiers groupes qui s’émancipent et commencent à faire des créations, ça s’est passé au même moment dans toutes les villes de France, un disquaire qui éduque les amateurs de musique et les musiciens, il y en a toujours eu un dans chaque ville de France. C’est ça qui est intéressant, même s’ils ne viennent pas de Nantes, les gens qui aiment la musique vont aussi s’y retrouver, c’est l’évolution de la musique dans une ville.

Je ne suis pas nantais, j’ai moins de vingt ans et je connais mal le rock, est-ce que je peux tout de même venir voir l’exposition ?

Laurent. Oui, parce que déjà c’est pour toute la famille, ce n’est pas que pour les amateurs de rock, ce n’est pas pour les vieux ou les jeunes, c’est pour tout le monde. Le but est de faire prendre conscience de choses qui se sont passées qui se passent encore aujourd’hui, de la grande diversité. Ensuite, il n’y a pas que du rock. On a appelé l’exposition rock! Une histoire nantaise parce que c’est le mot le moins imparfait pour réunir tout le monde. Mais le rock c’est quoi ? Tous les soirs, le rock mort et tous les matins il renaît. C’est plus une attitude, plus une famille musicale. Certes, on ne parle pas de variété mais on va jusqu’à Jeanne Cherhal, on ne parle pas de l’électro ou du hip hop purs mais on parle de C2C, on ne parle pas de jazz  mais on parle de Mukta…

© éric guillaud

© éric guillaud – Quatre lettres pour accueillir le visiteur

Une expo sur le rock. Quelle drôle d’idée tout de même. Comment vous est-elle venue ?

Laurent. En fait, ce sont les gens du château qui m’ont appelé. Ils voulaient faire une expo sur le rock, d’abord parce qu’on a la chance à Nantes d’avoir une scène très vivante et bien représentée au niveau national, ensuite parce que la musique fait partie du patrimoine. À Nantes, c’est plus que dans le patrimoine, c’est dans les gènes de la ville. Donc, ils voulaient retranscrire cette histoire.

Ce qui explique le lieu. Une expo au château c’est quand même curieux ?

Laurent. Oui mais quand on sait que le château de Nantes a pour vocation de mettre en valeur le patrimoine, finalement ça coule de source. Et puis c’est quand même classe, le rock au château, tu rentres par le pont-levis !

© éric guillaud

© éric guillaud – le local de répétition d’Elmer Food Beat

Que peut-on y voir et y entendre ?

Laurent. On peut y voir et entendre énormément de choses. Sans tout dévoiler, il y a une véritable scénographie, une véritable mise en scène avec des décors. On pouvait se le permettre parce que l’expo dure assez longtemps, plus de 18 mois, ce qui fait qu’on est entre le musée et l’expo, entre le permanent et le temporaire, on a pu se permettre de faire du dur, on va déambuler un peu comme chez Ikea où on passe de la cuisine à la salle de bain. Là, on va enchaîner les périodes musicales de manière chronologique mais on va se retrouver tout d’un coup chez un disquaire, dans un local de répétition, dans la chambre d’adolescent d’un musicien, on va pratiquement se retrouver dans les loges d’un artiste. Et puis bien sûr, il y a énormément de photos et de sons. Très important le son, on ne peut pas imaginer une exposition sur le rock sans le son. Je ne voulais pas de casques qui enferment le visiteur. C’est une exposition qui doit se commenter, se partager et donc on a développé un système d’écoute original, un gobelet de concert aux couleurs de l’exposition qu’on pose sur une cellule et se transforme en cornet. 120 titres à écouter, des vidéos aussi un petit partout dans l’expo. 150 points d’écoute à peu près au total.

© éric guillaud

© éric guillaud – la loge de Philippe Katerine avec les fameux sous-pulls roses

Il y a plusieurs mois, vous avez lancé une collecte d’objets liés à cette histoire auprès des Nantais. Comment s’est-elle déroulée ? Les Nantais ont-ils joué le jeu ?

Laurent. Oui très bien. J’avais deux types de collecte. La collecte chez les artistes stars, je les connais, je les ai appelés et suis allé chercher les objets chez eux. C’était réglé. Pour le reste, j’avais envie de récupérer des affiches, des disques. On a donc fait des point de collecte deux ou trois fois sur Nantes, les gens venaient déposer leurs objets. C’était drôle, certains venaient avec ce qu’ils pensaient être un trésor, un disque de Dolly que j’avais déjà 20 fois, d’autres arrivaient avec des affiches, des photos très rares, des instruments. C’est plein de petites briques cette expo, des briques qui ont permis de construire ce grand mur solide. Après, il a fallu tout noter, enregistrer, entreposer, assurer…

Est-ce qu’il y a un groupe qui vraiment symbolise à lui-seul cette histoire nantaise ? Ou une locomotive peut-être ?

Laurent. Il y a eu des locomotives, c’est certain. Il y a eu plusieurs fois des groupes qui ont donné envie de faire de la musique à d’autres. Je l’ai pas mal entendu de Tequila, des Ticket, d’EV. Ce qui est certain, c’est que depuis 1991, il y a énormément d’artistes qui pointent au top de la scène nationale. Je pense à Dolly, Elmer Food Beat, Dominique A, Philippe Katerine, Jeanne Cherhal et aujourd’hui Elelphanz, Pony Pony Run Run, C2C ou Christine and the Queens. Eux ont joué les locomotives, tiré tout le monde. Il y a aujourd’hui un label de qualité pour la scène nantaise. Ça ne veut pas dire que les groupes ne doivent pas bosser, que ça vient tout seul, non il faut du travail et du talent.

Pensez-vous qu’il y a une spécificité nantaise, une marque de  fabrique ?

Laurent. non, je pense que les médias ou toujours cherché un esprit à une ville, ça s’est fait deux ou trois fois dans l’histoire de la musique, on pense à Rennes bien sûr, tous les groupes étaient à un moment donné dans le même moule new wave mais ça n’a duré que trois ans. Depuis à Rennes, comme ailleurs, il n’y pas d’école. Il y a eu Le Havre, Rouen, Toulouse… et même Nantes à un moment quand la presse nationale a trouvé Katerine, Dominique A, Cherhal, The Little Rabbits… on parlait de nouvelle chanson française mais je pense que ce n’est pas suffisant, il y a une qualité à la nantaise mais il n’y a pas un style à la nantaise.

Vous suivez la scène nantaise depuis des années et des années, vous en avez même fait partie avec votre groupe Iena Vox dans les années 80, quels souvenirs en gardez-vous en tant que musicien ?

Laurent. C’est forcément un très beau souvenir parce qu’on idéalise toujours ces moments là où on a 20 ans. C’est un début de style de vie et puis c’était un moment, dans les années 80, où on commençait à ressentir cet esprit d’équipe dans la scène nantaise. Au tout début, quand je me suis lancé dans la musique, il y avait encore des castes, les metalleux étaient avec les metalleux, les jazzeux avec les jazzeux, les new waveux avec les new waveux… et puis petit à petit ça s’est atténué, grâce notamment à des gens et des lieux comme Michenaud Musique, un magasin d’instruments de musique qui accueillait tout le monde. On s’y retrouvait tous pour boire un coup le soir à la fermeture du magasin. Et puis il y a des souvenirs rigolos. Dominique A me confiait récemment que lorsqu’il est arrivé sur Nantes avec ses parents en 1984, il passe le premier samedi soir devant un bar, le Michelet, La Scène Michelet aujourd’hui, a entendu de la musique, est rentré, c’était un concert de Iena Vox, mon groupe. Il s’est dit : « c’est cool, j’arrive dans une ville où il y a de la new wave. c’est un fan de Joy Divison ».

© éric guillaud

© éric guillaud – une toute petite partie des albums collectés et présentés

J’imagine que vous avez dû collecter aussi pas mal d’anecdotes à l’occasion de ce travail sur l’exposition ?

Laurent. Plein. Une que j’aime bien. On parlait tout à l’heure des artistes majeurs que j’ai appelés afin de récupérer des objets, ici un disque d’or, là une victoire de la musique, un costume ou un instrument. J’appelle Dominique A, Jeanne Cherhal, pas de problème, puis Philippe Katerine à qui je demande, comme à tous les autres, s’il peut me confier quelque chose. Et Philippe me répond avec sa voix inimitable. « Tu sais Laurent, ce serait avec plaisir mais je ne garde rien, je jette tout. Moi je suis un voyageur, je déménage en permanence et je préfère voyager léger ». J’en ai parlé à son producteur et à Gaëtan Chataigner qui fait ses vidéos, il me l’ont confirmé. Lorsqu’il quitte un appartement, Philippe Katerine vide le frigo, met tout dans la poubelle en bas de l’escalier et si il y a un disque d’or qui traîne, il le dépose à côté et s’en va. Heureusement, il n’y a pas qu’un exemplaire des disques d’or et des costumes, j’ai donc pu récupérer quelques petites choses grâce à son entourage. L’esprit rock !

Merci Laurent. Propos recueillis par Eric Guillaud le 24 février 2018 Toutes les infos sur l’exposition ici et le sujet de Denis Leroy et Jean-Pierre Brénuchon là… 

22 Fév

INTERVIEW. Tokyo, Séoul, Nantes… le duo KO KO MO toujours prêt pour le rock

Ils débarquent tout juste d’une mini tournée en Asie, Tokyo, Séoul, Pyeongchang en une petite semaine, de quoi se faire plein de nouveaux amis et revenir complètement jetlagués. Pas le temps cependant de se plaindre, K20 et Warren des KO KO MO seront sur la scène de Stereolux dès vendredi 23 février, un concert un peu particulier en ouverture de l’exposition « Rock! Une histoire nantaise »…

© Jean-Marie Jagu

© Jean-Marie Jagu

Depuis la sortie de leur album Technicolor Life, ils sont partout, infatigables, passionnés, aimants et aimés, supportés par un nombre toujours croissant de fans, les KO KO MO n’en finissent plus de porter haut les couleurs du rock sur les scènes de France et d’ailleurs. À peine revenus d’Asie, ils enchaînent avec le concert exceptionnel célébrant l’inauguration de la non moins exceptionnelle exposition Rock! Une histoire nantaise dont on vous parlait ici il y a quelques jours. Bien sûr, ils ne seront pas seuls sur la scène de Stereolux, il s’agit d’une soirée intergénérationnelle avec une multitude d’artistes sous le patronage de trois chefs de familles: 20syl & Hocus Pocus, Pégase et donc KO KO MO. L’occasion de poser quelques petites questions à K20 des KO KO MO…

Bonjour K20, vous revenez d’une tournée en Asie. C’était comment ?

K20. Première date pour nous à Tokyo au Japon, showcase important pour la suite de notre histoire et futures tournées Asiatiques. Puis Séoul en Corée Du Sud pour partager la scène du Club Sharp avec 2 groupes Coréens, puis les dates improbables à Pyeongchang dans l’est de la Corée Du Sud pour les JO 2018.

Ce sont des moments de vie incroyables, intenses, surprenants, plein de surprises et surtout de belles rencontres. Que dire de plus que les voyages nous font vivre des choses merveilleuses et renforcent notre duo déjà bien soudé.

On a pu suivre vos déplacements en photo sur votre compte Facebook. Toujours l’idée du partage ?

K20. Nous trouvons ça très important et respectueux pour la famille, les proches et les fans de partager nos tournées et notre actualité. L’avantage des réseaux sociaux aujourd’hui. Quelques photos + nos plannings journaliers, nos aventures et mésaventures aussi.

Vous parlez sur votre compte Facebook d’une date importante pour la suite de notre histoire en Asie au club Kinoto. En quoi était-elle importante ?

K20. Nous avons depuis 2 ans une belle relation avec le public asiatique (Chine, Indonésie, Corée Du Sud…). Le Japon était une première pour nous…  Cette date était importante car c’était un showcase devant des programmateurs importants pour la suite de notre histoire en Asie. À suivre…

Pas le temps de souffler, vous serez sur la scène de Stereolux vendredi pour un concert un peu particulier qui inaugure l’exposition « Rock! Une histoire nantaise ». Et vous ne serez pas seuls, vous avez invité quelques personnalités du rock nantais à vous rejoindre sur scène. Peut-on avoir quelques noms et savoir pourquoi vous les avez choisis ?

K20. Un peu jetlagués certes, mais nous n’allons pas nous plaindre. Nous vivons tellement de belles choses. Effectivement, une belle soirée familiale s’annonce pour vendredi, nous avons invité des belles figures nantaises soit mais surtout des ami(e)s et talentueux artistes. Nous n’allons pas tout vous dire, car il n’y aurait plus de surprises. Nous représentons la famille « Rock » soit, mais vu nos invité(e)s, cela promet un beau voyage musical assez éclectique.

Qu’est-ce qu’on pourra entendre ? Des morceaux de votre répertoire ? Des reprises ?

K20. Le but pour nous est d’avoir une base KO KO MO tout en mettant en avant nos invité(e)s avec un répertoire nantais.

Vous appartenez à la dernière génération ou presque du rock nantais ? Quels sont les groupes qui vous ont marqué et peut-être même incité à jouer de la musique ?

K20. Warren et moi n’avons pas grandi avec les mêmes références musicales vu notre différence d’âge, mais cela n’empêche pas d’avoir beaucoup de références communes aujourd’hui comme Radiohead, Led Zeppellin, Black Keys, Jack White…

Est-ce qu’il y a selon vous un jeu rock « à la nantaise » ou du moins un esprit rock nantais ?

K20. Nous ne voyons pas cela comme ça, il y a pour sûr un sacré vivier de musiciens, artistes à Nantes. Le bon esprit nantais est bien évidemment présent et existant. 

On dit que Nantes a une image très rock en France, le ressentez-vous ainsi dans vos déplacements ?

K20. Pas forcément « Rock »… Certes, nous remarquons que Nantes à une belle et bonne image artistique, en dehors de l’éléphant (sourire). Des noms comme Hocus Pocus, Malted Milk, C2C, Von Pariahs… et maintenant KO KO MO (sourire) ressortent souvent. Mais qu’est-ce que ça veut dire « Rock » aujourd’hui ?

Vous rappelez-vous de votre premier concert nantais en tant que spectateur ?

K20. Pour ma part, j’ai des souvenirs de Tri Yann et Gilles Servat. Pour Warren, c’est Philippe Ménard et Gaby Blues Band.

Depuis la sortie de votre album, vous n’arrêtez plus. Tournée, clips, télés… c’est quoi la prochaine étape ?

K20. Jocker + surpriseS…

Merci K20, merci KO KO MO

Propos recueillis par Eric Guillaud le 21 février 2018. Plus d’infos sur le groupe ici, sur le concert « Rock! Une soirée nantaise » 

21 Fév

La Nuit de l’Erdre 2018 : la programmation complète dévoilée

Inutile de le présenter, en 20 ans le festival La Nuit de l’Erdre s’est imposé dans le paysage ligérien comme l’un des événements incontournables de l’été avec toujours une affiche parfaitement équilibrée réunissant poids lourds internationaux, artistes français de renom et découvertes locales. Et cette nouvelle édition n’échappe pas à la règle. Rendez-vous du 29 juin au 1er juillet…

© DR

© DR

Jusqu’ici nous connaissions de l’affiche 2018 neuf noms et pas des moindres : Orelsan, The Hives, Justice, Asaf Avidan, alt-J, Shaka Ponk, Bernard Lavilliers, Jahneration et Vianney.

Les organisateurs annoncent aujourd’hui la suite dans un élan de générosité contrôlé.

Attachez vos ceintures, direction la billetterie la plus proche, car oui pour ses 20 ans, le festival a décidé de mettre le paquet. Viennent ainsi s’ajouter vendredi 29 juin la Québécoise Coeur de Pirate, Møme, Lyre le Temps et les Nantais Gaume et Ultra Vomit…

Le samedi 30 juin, on garde le rythme avec Nova Twins, Findlay, Chinese Man, Tramp Expérience et… et… le phénomène de pop française Therapie Taxi, oui oui, et rien que pour ça…

Ne bougez pas, ce n’est pas fini, dimanche 1er juillet débarquent Petit Biscuit, Steve’n’Seagulls et les Belges de Triggerfinger, juste histoire de faire un peu trembler la terre…

Plus d’infos sur le festival ici

Eric Guillaud

16 Fév

INTERVIEW. Le groupe de rock celtique Epsylon fête ses 10 ans avec un album live

Il a joué en Chine, au Koweït, au Kazakhstan, un peu partout en Europe, mais c’est à la maison, en Vendée, qu’il a enregistré son nouvel album, comme un retour aux sources, un clin d’œil à ses dix premières années d’existence. Des centaines de concerts, quatre albums studio et aujourd’hui un live, ça roule pour Epsylon…

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Prenez un peu de rock, un poil de folk, une bonne dose de pop, saupoudrez le tout d’ambiances celtiques et vous obtiendrez l’univers d’Epsylon, une musique élaborée minutieusement concerts après concerts depuis 10 ans. Car oui, Epsylon est né et a grandi sur scène en apprenant à dompter l’énergie et libérer l’émotion. Après des centaines de concerts sur la planète rock, quatre albums studio, le groupe sort aujourd’hui un live enregistré en avril 2017 à Fuzz’Yon à La Roche-sur-Yon. Rencontre avec Antonin, le bassiste du groupe, qui nous parle de l’album, du groupe, des influences…

Une bonne dizaine d’années d’existence, des centaines de concerts, quatre albums studio… et aujourd’hui un live. Pourquoi ?

Antonin (bassiste). Parce que beaucoup de gens nous le demandaient et aussi parce qu’il y’a très longtemps que l’on en avait envie sans jamais oser pour tout un tas de raisons. Mais il y a eu un moment, après notre tournée des clubs en Mars / Avril 2017 où l’on s’est senti assez affuté pour le faire et on s’est dit que c’était le bon moment. 

Ce live a été enregistré à Fuzz’Yon, sur vos terres. C’était important pour vous ?

Antonin. Important, oui et non… Simplement cela nous a paru évident de faire ça en Vendée, à la maison. C’était une façon de remercier un peu les personnes qui ont commencé à croire en nous lors de nos débuts sur les scènes locales et de partager avec eux ce momentLe public nous l’a bien rendu car la salle du Fuzz’Yon affichait complète, on a même refusé du monde… 

Antonin. Oui ce n’était pas facile et c’est bien pour ça que l’on a mis 18 titres. On ne pouvait pas en mettre plus sur le cd…On voulait également que ce soit fidèle à ce que l’on jouait sur scène depuis un an. 

De ces 18 morceaux, lequel est le plus proche de l’esprit Epsylon ? Et pourquoi ?

Antonin. Notre style a toujours évolué au fil des années… Les débuts étaient plus « rock-festif » alors qu’aujourd’hui nous sommes plutôt « pop-rock » mais avec toujours cette couleur un peu celtique du début. A l’heure actuelle, c’est peut être le morceau Requiem qui résume le mieux l’univers d’Epsylon depuis 10 ans, il synthétise bien cette évolution.

Quand vous regardez toutes ces années parcourues, qu’est-ce que vous vous dites ? Que le groupe Epsylon est une sacrée belle aventure ?

Antonin. Oui c’est évident… Il y a 10 ans, on n’aurait jamais pensé en arriver là où on en est aujourd’hui, ni même que ça devienne notre métier et ce n’est pas fini… Comme dans toutes les vies des groupes, il y a des hauts et des bas, des coups de gueule et des moments d’euphorie, des membres qui changent. Comme au bout du compte il ne reste que les bons moments, on peut dire que oui c’est vraiment une belle aventure ce groupe.

On a l’impression que vous êtes un peu à la marge de la scène locale, c’est une volonté, un accident ?

Antonin. Ça doit être une impression, parce que nous, on ne se trouve pas en marge plus que ça, ou alors on est en marge avec un tas d’autre groupe dans notre veine… On est juste dans le circuit des groupes indépendants mais comme beaucoup.

Vous avez deux particularités, vous chantez en français et vous utilisez des instruments traditionnels. Ce n’est pas un frein pour se développer aujourd’hui et peut-être aller voir au-delà des frontières de notre petit pays ?

Antonin. Si nous en sommes arrivés là aujourd’hui, c’est peut être justement parce que l’on a ces particularités. On a trouvé, nous semble-t-il, un juste mélange entre le rock et les instruments dits « trads », et peut être que le fait d’être un peu différent, fait justement que l’on se démarque un peu plus… Pour le développement à l’étranger, nous avons la chance de faire des concerts partout en France mais aussi un peu partout en Europe, en Angleterre, Suisse, Allemagne nous avons également fait 4 tournées en Chine dont une cinquantaine de concerts, des tournées au Koweït, au Kazakhstan où nous retournons en mars d’ailleurs … et jusque là, le fait de chanter en français n’a jamais été un frein. La musique est universelle et on s’en rend d’autant plus compte lorsque l’on joue à l’étranger.

Quel est le musicien, le groupe ou l’album qui vous a décidé à monter un groupe et monter sur scène ?

Antonin. Il y en a tellement… la liste est longue et c’est trop difficile d’en choisir un.

Quelles sont vos influences majeures ?

Antonin. Dans le groupe, on a tous des influences assez différentes, mais globalement c’est le rock, la pop, le folk et la musique trad. Dans nos compositions, c’est justement ce que l’on essaye de mettre en équilibre et qui fait le son d’Epsylon.

Un live… et après ?

Antonin. Un cinquième album studio pour le début d’année prochaine, et beaucoup d’autres concerts.

Merci Antonin, merci Epsylon. Propos recueillis par Eric Guillaud le 14 février 2018

Plus d’infos sur Epsylon ici et . Le groupe sera en concert le 16 février au Nid à Nantes (complet), le 17 février à Luçon, le 17 mars aux Herbiers, le 25 avril à Fessenheim, le 26 avril à Andiau, le 27 avril à Sierre, le 28 avril à Montivilliers, le 5 mai à Le Croisic, le 11 mai à Brétignolles-sur-Mer, le 24 mai à Paris, le 25 mai à Valentigney…

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15 Fév

Les Z’Eclectiques collection hiver du 15 au 17 février dans trois villes du Maine-et-Loire

Trois soirs, trois villes, trois salles et trois ambiances, le festival Les Z’Eclectiques vous invite à découvrir sa nouvelle collection hiver du jeudi 15 au samedi 17 février…

© Gregg Bréhin

© Gregg Bréhin

Il n’y a pas de saison pour aimer la musique. Que ce soit le printemps, l’été, l’automne ou même l’hiver, les Z’Eclectiques ne loupent pas une occasion pour nous faire découvrir des artistes nationaux ou locaux taillés pour la scène.

La collection hiver commence jeudi 15 février au Chabada à Angers avec La Jungle, Deux Boules Vanille et Lysistrata, trois jeunes (à peine 20 ans) excités du rock originaires de Saintes et qui dégomment tout sur leur passage. Dans la rubrique Centres d’intérêt de leur profil Facebook, ils ont indiqué : Not Phil Collins. Dans celle de leurs influences : Eric Cantona. Tout est dit, ou presque, car Lysistrata est avant tout un groupe de scène à découvrir sur scène…

Une petite nuit de repos bien mérité et direction l’espace L.S Senghor à Le May-sur-Èvre vendredi 16 février pour une soirée pop autour de la Nancéenne Laura Cahen et du Nantais Lenparrot, transfuge du groupe Rhum for Pauline, propriétaire d’une belle collection de chansons intimistes mais jamais tristes…

 

Un peu de musique et le temps passe forcément trop vite, nous voilà rendus au dernier jour, samedi 17 février, l’affaire se joue cette fois au Jardin de Verre à Cholet et réunit sur le même plateau Chaton, Lonepsi et celui qu’on considère comme la révélation 2018, Eddy de Pretto. Malheureusement, ce concert est complet, full, completo, komplett, 完成…

Plus d’infos sur Les Z’Eclectiques ? C’est ici

Hellfest, Poupet, À Tout Bout d’Champ, Les Nuits courtes… primés aux Festivals Awards

Pour la cinquième année consécutive, les Festivals Awards ont décerné leurs prix récompensant les meilleurs festivals de musiques actuelles. Le Hellfest repasse devant Les Vielles Charrues dans la catégorie du meilleur grand festival. Quatre autres rendez-vous ligériens sont également primés…

© MaxPPP - Franck Dubray

© MaxPPP – Franck Dubray

Depuis 2013, les Festivals Awards récompensent les meilleurs festivals français de musiques actuelles à travers une dizaine de catégories. Cette année, 90 000 personnes ont voté parmi 204 rendez-vous…

La suite ici

12 Fév

From Grey : le premier album du duo nantais Ronan K

Ils s’appellent Stéven et Ronan et forment le duo nantais Ronan K, un nom que certains d’entre vous ont peut-être déjà aperçu sur une pochette d’album. C’était en 2015 pour l’EP Another Cloud. Les revoici avec cette fois un album complet. Son nom, From Grey, neuf ballades folk aériennes qui nous parlent de la vie avec parfois mélancolie. Interview…

© Jean-Pierre Menard

© Jean-Pierre Menard

Ronan K, c’est qui c’est quoi en quelques mots ?

Nous sommes Stéven et Ronan, un duo folk nantais. Nous jouons ensemble depuis trois ans et la sortie d’un premier EP (Another Cloud, 2015). Nous produisons un folk aux accents blues, rock et électriques. Rusticité et modernité est une alliance que nous nous efforçons de mettre en oeuvre de la plus belle des manières avec beaucoup de rythme et d’énergie sur scène.

Votre premier album From Grey vient de sortir. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette étape ?

Avec beaucoup de fierté d’abord car nous avons travaillé pendant deux ans sur ce projet, à composer et enregistrer dans le studio de Stéven, le Lonesome Studio à Blain. Ensuite beaucoup d’excitation avec la perspective de le défendre un maximum sur scène cette année et enfin beaucoup de confiance grâce aux nombreux retours positifs que nous recevons sur notre album.

Que représente ce premier album pour vous ?

L’aboutissement de nombreux mois de travail et une vitrine pour notre musique. Il est composé de neuf morceaux, ce qui peut paraître peu pour certains mais c’est en réalité un condensé très compact de ce que nous avons souhaité offrir au public, dans sa forme la plus travaillée. Ces chansons sont sur l’album car nous les aimons et que nous avons voulu les présenter aux auditeurs de la meilleure manière possible.

Vous êtes passé par un site de financement participatif. Est-ce un passage obligé aujourd’hui pour tous les groupes qui veulent se lancer dans l’aventure?

Pas forcément mais cela peut faciliter les choses dans le cas d’une autoproduction comme la nôtre. Après, évidemment, il faut que la musique proposée plaise un minimum aux gens pour mener à bien ce genre de collecte. C’est aussi ce qui est intéressant car c’est une sélection, une validation directement par les auditeurs. Ils t’envoient un message clair : « ok, c’est cool ce que vous faites, je pré-commande votre disque et comme ça grâce à moi il devient réalité ! » Ce type de soutien n’a clairement pas de prix. C’est très grisant. Nous avons énormément de reconnaissance pour les gens qui nous ont permis de réussir cette collecte et c’est pourquoi nous avons tout fait pour, hormis les contreparties qu’ils ont reçues (goodies, tee-shirts, places de concert, etc.), leur proposer le plus bel objet possible pour ce qui est de l’album physique. Maintenant, si un jour une maison de disque vient nous chercher, nous n’aurons peut-être plus besoin de mettre en place ce genre de financement. Toujours est-il que c’est une très belle expérience.

Du banjo, de l’harmonica, de la guitare slide, aucun doute, on est dans un registre folk plutôt traditionnel. De quoi se retrouver propulsé dès la première écoute au cœur de l’Amérique profonde. Comment deux musiciens nantais en viennent-ils à jouer ce style de musique ?

Tout cela est une histoire de goût musicaux, d’influences. Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avons pu les mettre en commun et mettre à profit nos différentes appétences comme autant d’atouts pour enrichir notre musique.

Quelles ont pu être vos influences directes pour l’album ?

Nous avons chacun composé des morceaux de l’album donc nos influences sont diverses. Cela peut aller de Dylan à Nick Cave en passant par Johnny Cash entre autres mais surtout en essayant de faire notre propre sauce.

https://youtu.be/g77wH68dFC8

L’album s’appelle From Grey. Qui est ce Grey qui donne aussi son nom à la deuxième chanson ?

« Grey » est traité comme une personne dans ce titre mais c’est en réalité de la ville de Brest qu’il est question. Nous sommes tous les deux nés en Bretagne et cette chanson a pour thème la nostalgie, le rapport à l’enfance, le souvenir. Ces notions sont souvent en rapport avec des lieux. « Grey » en est un. Nous sommes tous le résultat de notre passé et des ses multiples facettes, c’est pourquoi l’album s’appelle ainsi.

D’une façon plus générale, que racontent vos textes ?

Nous parlons de vie, de mort, de nostalgie donc, mais nous racontons aussi des histoires, des légendes. La fiction prend une place importante, plus que l’autobiographie.

Quel album tourne en boucle en ce moment sur votre platine ?

Les Black Lips pour Stéven et Leif Vollebekk pour Ronan.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

De trouver un tourneur, car nous sommes actuellement en pleine recherche, et de jouer notre album partout pour un public plus grand chaque jour !

Merci Stéven et Ronan, merci Ronan K

Plus d’infos sur le groupe ici

Ronan K sera en concert le 23 février à Chateaubriant, le 16 mars à Rennes…

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09 Fév

Hellfest 2018 : les jeux sont faits!

On vous en parlait ici-même il y a une quinzaine de jours, avec 153 groupes alignés sur l’affiche, le Hellfest n’avait à priori pas dévoilé toutes ses cartes, quelques noms manquaient forcément à l’appel. C’est chose réglée depuis ce matin avec l’annonce de six nouveaux noms. Au final, 159 groupes se partageront les six scènes du festival en juin…

https://youtu.be/5RHIs1hMXZg

On avait beau compter et recompter les noms dévoilés par le Hellfest le 13 décembre dernier, le compte n’y était pas. 153 groupes sur l’affiche 2018 contre 158 en 2017 et autant les années précédentes, il manquait forcément quelques noms.

Ils sont finalement tombés ce matin. Six noms viennent compléter l’affiche, deux groupes français, Celeste et Breed Machine, deux groupes allemands, Kadavar et Lucifer, un groupe américain de filles L7 et le groupe anglais Napalm Death.

Dans la foulée, le Hellfest annonçait l’ouverture ce jour de la vente des pass à la journée…

 

29 Jan

Ride : le nouveau clip du groupe angevin The Blind Suns

On vous a présenté leur clip de Noël il y a quelques semaines, les revoici avec Ride, une magnifique balade à moto immortalisée par Benoît Aubert dans une ambiance digne des films fantastiques et SF des années 80.

The Blind Suns sont originaires d’Angers, jouent un rock psyché surf porté par la délicieuse voix de Dorota Kuszewska et les guitares de Romain Lejeune, deux musiciens hyper talentueux et boulimiques de travail qu’on a déjà pu croiser précédemment dans la formation Scarlet. Leur album sort le 20 avril. On vous en reparle d’ici là…

Plus d’infos sur le groupe The Blind Suns ici

28 Jan

Hellfest : un train pour l’enfer

Un train privatisé pour les métalleux bordelais, c’est la dernière trouvaille de l’équipe du Hellfest annoncée ce week-end en attendant des nouvelles du festival en lui-même et la divulgation de nouveaux noms…

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Le Hellfest affiche complet depuis des mois maintenant mais voici peut-être l’occasion de décrocher l’un des fameux pass 3 jours. En collaboration avec la SNCF Intercités, le Hellfest privatise en effet une rame de train pour les amoureux du métal. 299 euros le pass et l’aller retour aux départ de Bordeaux.

« À cette occasion, nous privatiserons spécialement une rame de train remplie uniquement de festivaliers… », précisent les organisateurs sur leur page Facebook, « Nous aurons l’opportunité de savourer l’ambiance tant appréciée du festival lors d’un voyage communautaire où tous les voyageurs partagent le même but : se rendre au HELLFEST ! Une grande première en terme d’expérience et de rencontre, mais également en terme de service puisque le train ne fera pas arrêt à Nantes mais viendra déposer nos festivaliers directement en gare de Clisson !

Nous prévoyons une équipe d’accompagnateurs sur-motivés pour accueillir nos festivaliers en gare de Bordeaux et les accompagner tout au long de leur voyage ! Nous ne manquerons pas de leur distribuer cadeaux et surprises et bien plus encore ! Nous invitons d’ailleurs tous les festivaliers à bord de s’équiper d’enceintes portables pour inonder toute la rame de décibels « métalliques » de leur choix ! Le train est à eux ! »

200 places sont disponibles annoncent les organisateurs du Hellfest ? Ouverture de la réservation aujourd’hui à 13h13 sur la plateforme Digitick. INFOLINE SNCF : gwenaelle.aragou@sncf.fr

Eric Guillaud