07 Juin

Scopitone 2018 : la programmation complète des Nuits électros dévoilée

Le festival des cultures électroniques et des arts numériques sera de retour pour une 17e édition du 19 au 23 septembre 2018 ans à Nantes. Les organisateurs viennent de lever le voile sur la programmation des Nuits électros qui se dérouleront pour leur part les 21 et 22 septembre…

Reinier Zonneveld

Laurent Garnier, Aufgang, Joris Delacroix, Christine and the Queens, C2C, Chassol, 2 Many DJ’s… Voici quelques-uns des artistes qui sont passés par le festival ces dernières années. Sa programmation à la fois exigeante et ouverte séduit les amateurs qui viennent en nombre chaque année sous les Nefs ou dans l’un des sites du festival. Ils étaient plus de 40 000 en 2017.

Cette année, la nouvelle édition du festival nous offrira un tour du monde des musiques électros avec une affiche réunissant les scènes russe, anglaise, italienne, autrichienne, hollandaise, allemande, espagnole et bien sûr française, un savant dosage de jeunes pousses et artistes confirmés, une parité respectée se félicitent les organisateurs entre artistes masculins et féminins.

Au menu de cette 17e édition : Nina Kraviz, Miss Kittin & The Hacker, Paula Temple, Luke Slater, John Talabot, Max Cooper, Rebeka Warrior – Sexy Sushi, Kiddy Smile, Madben, Romare, Dasha Rush, Vladimir Cauchemar, Reinier Zonneveld, HVOB, Agents Of Time, Kedr livanskiy, Ross From Friends, Nsdos, Irène Drésel, Sentimental Rave, ONYVAA, WWWater, Myako, Jane Fitz

Quelques premiers noms ont également été dévoilés côté perfomances et expositions tels que Hiroaki Umeda, Martin Messier & Yro, Aki Inomata, Robert Henke, Akatre…

L’ensemble de la programmation sera dévoilée le 26 juin.

Plus d’infos sur le festival ici

05 Juin

Hellfest 2018 : partagez vos rêves… et vos cauchemars

Metalleux, metalleuses, le Hellfest 13e édition débute dans quelques jours mais il hante vos nuits depuis des mois. Entre rêves et cauchemars, prenez votre plus belle plume et racontez-nous de quoi sont faites vos nuits…

Envoyez vos contributions sur l’adresse mail eric.guillaud@francetv.fr avec une photo format paysage de vous ou de ce qui peut symboliser votre rêve, nous les publierons sur nos supports web…

07 Mai

Hellfest 2018. Le groupe lorrain Redemption en invité de dernière minute

Un invité de dernière minute ? Pas tout à fait. Redemption a gagné sa place à la force de ses riffs en participant et remportant le tremplin The Voice of HellRedemption vient de la ville de Metz avec une petite particularité côté line-up. On vous dit tout ici…

Ils étaient plus de 500 au départ, il n’en reste qu’un à l’arrivée. Comme promis, les organisateurs du festival de musiques extrêmes de Clisson ont dévoilé le nom du lauréat du tremplin The Voice of Hell vendredi 4 mai. Il s’agit de Redemption. Signe particulier : le band est un duo de frangins composé de Mat, 16 ans (chant-guitare) et de Rod, 10 ans, (batterie), accompagné d’un barbu visiblement plus âgé (bassiste et accessoirement papa des deux jeunes musiciens).

« Les membres du comité Hellfest ont eu un réel coup de cœur pour ce jeune groupe à l’énergie débordante… », ont expliqué les organisateurs du festival, « Redemption reflète une image dynamique et s’imprègne totalement dans cette logique de découverte de nouveaux talents de la scène Rock/Metal en France ».

Ne vous y trompez pas, au-delà de présenter ce qu’on pourrait communément appeler une petite curiosité, le groupe originaire de Metz et fondé en 2016 joue déjà dans la cour des presque grands avec plusieurs concerts à son actif en compagnie des Dead Kennedys, Deez Nuts, Phil Campbell & The Bastard Sons, Nashville Pussy ou encore des Nantais Ultra Vomit. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’âge ne fait pas le talent. La preuve ici…

Si vous décelez un peu de Ramones, de Motörhead ou encore de Slayer dans leur musique, c’est normal, les deux jeunes enfants du rock ont été nourris sainement par leur papa. Qu’ont-ils gagné en remportant le tremplin ? Un concert de 30 minutes sur la Mainstage 2 le samedi 23 juin. Et ça, ça vaut tout l’or du monde dans le monde du metal…

Eric Guillaud

Plus d’infos sur le groupe ici

27 Avr

Exposition “David Bowie The Seventies” à Nantes, rencontre avec le photographe Gijsbert Hanekroot

Approcher David Bowie de suffisamment près pour discerner l’homme derrière l’artiste. Combien de fans en ont rêvé ? Pour le photographe néerlandais Gijsbert Hanekroot, ce rêve s’est concrétisé plusieurs fois dans les années 70. Trente de ses photographies sont exposées à Nantes jusqu’au 31 mai…

© éric guillaud

il a photographié les plus grandes stars de la musique, d’ABBA à Zappa, comme le suggère le titre d’un de ses recueils de photographies, d’ABBA à Zappa en passant par Nico, Rod Stewart, Bob Marley, Mick Jagger, Patti Smith, Kiss, Jacques Brel… et bien sûr David Bowie qu’il a rencontré plusieurs fois dans les années 70.

La suite ici

19 Avr

INTERVIEW. Cachemire, le rock’n’roll made in Nantes

Ces quatre-là ont une obsession dans la vie : le rock’n’roll ! Et de fait, Freddy, Seb, Sven et Farid n’ont pas formé Cachemire en 2012 pour nous jouer des sérénades, des cantiques ou de la musique péruvienne. Leur truc à eux, c’est l’énergie, les décibels, les riffs endiablés, les basses qui bombardent, le rock quoi, le vrai. Ils sortent leur deuxième album Qui est la punk? début mai. Signe particulier :  ils chantent en français…

© François Crampon

Ils font du rock’n’roll et chantent en français ? Oui et ça ne risque pas de changer de si tôt. C’est leur marque de fabrique. Ça tombe bien parce qu’ils ont des choses à raconter. Ils vous le prouveront dès samedi 21 avril à la Barakason à Rezé où ils donneront un concert avec Archimède, concert malheureusement complet. Mais pas d’affolement, d’autres dates se profilent notamment dans la région.

En attendant de les retrouver tous sur scène, Freddy, guitariste et chanteur, nous a accordé quelques minutes pour nous parler du groupe, de l’album, de l’actu, de la bière et même des brebis égarées…

Six ans d’existence, bientôt deux albums, pas mal de concerts, des clips survoltés, une participation exceptionnelle de Dick Rivers et Didier Wampas à l’un d’entre eux. Tout va bien pour Cachemire ?

Freddy. Tout va bien, oui… et non ! On en veut toujours plus, encore et encore mais il faut avouer que cette aventure est extrêmement riche sur tous les plans ! Cachemire est une famille et c’est le pied d’avancer avec cette équipe. Ce projet est toujours en évolution, qu’est-ce que c’est bon ! Surtout que le meilleur reste à venir avec ce nouvel album.

Justement, comment vous sentez-vous à quelques jours de la sortie de ce deuxième album ? Plutôt calme et tranquille ou complètement nervous breakdown?

Freddy. Excités, surexcités ! Nous sommes très fiers de cet album qui nous ressemble à 200%. On a mis 2 ans à l’écrire, 2 ans comme des loups en cage qui ne demandent qu’à exprimer tout ça sur scène. Si Cachemire existe, c’est surtout pour le live… repartir sur la route à la rencontre du public, on attend que ça !

Qui est la punk ? est le titre de ce deuxième album. Mais qui est la personne en photo sur la pochette ? Une punk tardivement convertie ?

Freddy. Ce n’est pas une personne mais un personnage, une icône qui symbolise une génération. Mamy Germaine est le fil conducteur de cet album : protectrice, drôle, choquante, prévenante, etc… elle regarde le monde et nous le conte. C’est notre mamy à tous !

 

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, ils sont très peu nombreux certes, vous faîte du rock’n’roll en français. Ce n’est pas un peu dépassé tout ça ?

Freddy. On fait ce que l’on aime et qui nous aiment nous suivent. Je ne pense pas qu’un style (musical, vestimentaire ou autre) soit dépassé s’il est fait avec sincérité et passion.

Quelles sont vos influences directes ?

Freddy. L’actualité… On bouffe de l’info et la musique se compose toute seule. Cela dit raisonnent dans nos têtes des titres de The Hives, des Stones, des Ramones, de Téléphone, Serges Gainsbourg, Richard Gotainer par exemple.

On dit de certaines personnes qu’il vaut mieux les avoir en photo qu’à table. Et vous ? Mieux vaut vous entendre en album qu’en concert ou l’inverse ?

Freddy. Les 2 ! Les textes en français vous imposent une bonne bière assis dans un fauteuil le livret à la main. Le son est fait pour le live ! Chaque concert est unique, j’adore l’interaction avec le public et introduire les morceaux en fonction de l’actu du moment.

On l’a entendu dans votre album précédent, on l’entend dans celui-ci, chanter en français vous permet d’aborder l’actu du monde, de dénoncer ou de réagir à certains événements. Quelle actu vous inspire, vous révolte ou vous fait marrer en ce moment ?

Freddy. La robotisation du monde liée à la politique et la religion… On (les médias) nous montre ce qui fait vendre, ça marche, ça devient presque crédible et ça fait peur ! Tous ces sujets m’inspirent, me révoltent ou me font marrer. Nous sommes plus dans le second degré que la révolution anarchique avec Cachemire mais l’humour permet de piquer des zones sensibles aussi.

On vous dit aussi brasseur, c’est quoi cette histoire ?

Freddy.  La bière se vend beaucoup plus que les CD aujourd’hui, on est d’accord ? Alors on s’est dit que ce breuvage pouvait diffuser notre musique d’une autre manière. Le streaming légal ou illégal (je ne fais pas trop de différence vu ce que les artistes gagnent financièrement) incite le public à n’écouter que LE single du groupe. C’est une culture du tube qui détruit la créativité. En achetant un pack de Fuck! Baby, 5 titres de Cachemire sont offerts. Ça permet d’en écouter plus ! On s’invite chez les gens… buveurs de bonne bière.

Cela dit , nous ne sommes pas brasseur. La brasserie Mélusine à Chambretaud le fait pour nous et le fait très bien ! Nous nous sommes liés d’amitié avec Laurent Boiteau (PDG de Mélusine) et on avance ensemble sur ce projet. Ça sera peut-être notre futur Eddy Barclay, qui sait ?

Si je vous laisse le choix entre jouer du rock’n’roll toute votre vie et tout abandonner pour élever des brebis à Notre Dame des Landes, vous choisissez quoi ?

Freddy. Elever (que dis-je ? Eduquer) des brebis et leur faire (re-faire) apprécier le rock’n’roll pour la vie.

Merci Freddy, merci Cachemire

Propos recueillis par Eric Guillaud le 18 avril 2018. Plus d’infos sur le groupe ici. Cachemire sera en concert le 21 avril à Rezé (complet), le 19 mai à Gesvres, le 26 mai à Prinquiau, le 9 juin à Mont-de-Marsan, le 16 juin à Nantes, le 23 juin à Les Moutiers, le 7 juillet à Coux-et-Bigaroque, le 14 juillet à Guérande…

06 Avr

INTERVIEW. Le groupe de reggae nantais MOJA sort son premier album

Fondé en 2013, le groupe nantais Moja sort un EP six titres en 2015 qui lui permet de se faire remarquer par le public et par la profession avec notamment une nomination aux Victoires du Reggae 2016 dans la catégorie « révélations de l’année ». Les revoici plus roots que jamais avec cette fois un album complet, One, « un voyage introspectif et conscient ». Interview…

© MOGRI

Certains ne se privent pas d’annoncer régulièrement la mort du reggae comme d’autres annoncent la mort du rock, mais c’est tout le contraire qui se passe, le reggae est une musique riche et bien vivante, la preuve elle bouge encore grâce à des groupes venus de Jamaïque bien sûr mais aussi d’ailleurs, notamment de France.

En France justement, et à Nantes plus précisément, sévit MOJA, un groupe de reggae méditatif influencé par des gens comme Burning Spear, Twinkle Brothers, Black Roots, The Wailers ou encore The Gladiators. Après un EP en 2015, les dix musiciens viennent de sortir leur premier album, One, un voyage introspectif de huit titres et deux remix dub signés Clément du sound nantais RDH HiFi. 

Pour en savoir un peu plus sur cet album, sur la culture reggae, Denis Leroy et Cathy Colin sont allés à la rencontre de Marine, aka Mamatya, la chanteuse du groupe, et ont ramené cette interview façon confession sur le canapé…

Avant de les retrouver sur la scène de Stereolux pour leur release party le 14 avril, voici déjà un avant goût de leur univers avec ce clip partagé sur les réseaux sociaux il y a quelques semaines et réalisé par David Ribault

Eric Guillaud

Plus d’infos sur le groupe ici

05 Avr

NOUVEAU FESTIVAL. Les Nuits du Bénin du 5 au 8 avril à Nantes

Expo, concerts, performances et conférences, le nouveau festival Les Nuits du Bénin débute ce soir à Nantes. Quatre jours pour découvrir les artistes qui font la culture de ce pays africain, petit par la taille mais immense notamment par son apport aux musiques actuelles…

© Axel Vanlerberghe

Tout le monde connaît Angélique Kidjo mais après ? Le Bénin, petit pays francophone d’Afrique de l’Ouest, coincé entre le Togo et le Nigéria, berceau de la culture vaudou et du funk africain offre une scène musicale exceptionnelle et pourtant souvent méconnue.

Le collectif Benin International Musical, BIM pour les intimes, piloté par le producteur français Jérôme Ettinger, a été créé dans le but de mettre en lumière cette ébullition musicale. Il sera l’invité exceptionnel de la première édition du festival Les Nuits du Bénin.

Dans le détail

Le festival débute ce jeudi soir par le concert du BIM, le « Benin International Musical », à la salle Paul Fort. Il se poursuivra le vendredi 6 avril par une conférence intitulée « Du Dahomey au Bénin », suivie d’un concert de Jimmy Belah au Pannonica. Direction le Ferrailleur le 7 avril pour une soirée autour de Samifati et Diflex, Duchesse, Hoxo & Sergent Markus ainsi que le DJ set Good Morning Africa. Enfin, des performances clôtureront le festival au Théâtre La Ruche le 8 avril.

Enfin, visible depuis le 4 et jusqu’au 23 avril au Pannonica, l’exposition « Sur la route du Benin International Musical » propose une série de photographies signées Axel Vanlerberghe retraçant le parcours du collectif.

Plus d’infos sur le festival ici

07 Mar

Disquaire Day : les amateurs de vinyles ont rendez-vous le 21 avril

Le Disquaire Day, c’est la journée internationale des disquaires indépendants, c’est aussi la fête du vinyle. Au programme de cette 8e édition, près de 200 références exclusivement vendues dans le réseau des 230 disquaires participants à l’événement…

© DR

© DR

De Aaliyah à Yes, en passant par The Stooges, The Rolling Stones, Motörhead, Katerine ou encore David Bowie, le Disquaire Day proposera très exactement 195 références à l’occasion de sa 8e édition, autant de petites pépites pour les amoureux du vinyle et plus largement des la musique, avec des inédits, des disques rares, des rééditions, des picture-discs, des coloured discs, des 45T, des Maxis ou des 33T de tous styles, de tous pays…

Du côté des scènes de musiques actuelles

Dans le détail, The Limiñanas, Grand Blanc, L’Impératrice, Theo Lawrence & The Hearts, Kyle Eastwood & Jowee Omicil, Charlotte Gainsbourg, Oumou Sangaré, Run The Jewels (parrains de l’édition 2018) représenteront les scènes de musiques actuelles.

Des valeurs sûres

Côté artistes confirmés, il y aura de l’AC/DC dans l’air mais aussi du Led Zeppelin, du Jeff Buckley, The Doors, Notorious B.I.G., NTM, Prince, Van Morrison, Tom Waits, T.Rex…

Des rencontres inédites

Cinq collaborations et rencontres inédites entre artistes prestigieux tels que Christophe, Arnaud Rebotini ou Keren Ann donneront cinq 45 Tours enregistrés en une seule prise dans les studios de Radio France et pressés instantanément grâce à la machine à graver de leur Discothèque.

Des anniversaires

Cette année, le Disquaire Day célébrera de nombreux anniversaires : le 50ème anniversaire de la disparition d’Elvis Presley, les 25 ans de Tease Me de Chaka Demus & Pliers, les 10 ans de Beats’n’Cubes d’Etienne de Crécy aux Transmusicales de Rennes, ou encore les 25 ans de la mythique bande-originale d’Opération Dragon composée par Lalo Schifrin.

Eric Guillaud

La liste complète ici

26 Fév

Rock! La passion nantaise de Laurent Charliot

On l’attendait avec impatience et curiosité depuis des mois, elle vient enfin d’ouvrir au public, l’exposition Rock! Une histoire nantaise a surpris, pour ne pas dire impressionné, ses premiers visiteurs, à commencer par les journalistes et les artistes eux-mêmes. Au départ de l’aventure, il y a un homme, Laurent Charliot, un passionné de la première heure connu sur la scène musicale nantaise pour y avoir contribué dans les années 80 avec son groupe de new wave Iena Vox mais aussi pour les multiples livres qu’il a depuis écrit sur le thème. Nous avons pu le rencontrer sur les lieux mêmes de l’exposition à quelques heures de l’ouverture au public. Interview…

© éric guillaud

© éric guillaud

Le rock, Laurent Charliot connaît ! Très bien même. Dans les années 80, « il y a un million d’années » s’amuse-t-il, il a monté son propre groupe, Iena Vox, un groupe aujourd’hui considéré comme mythique, « on dit mythique en général quand on n’a jamais été connu », et que certains d’entre vous ont peut-être (re)découvert à l’occasion d’une reformation éphémère pour Les Rockeurs ont du cœur en décembre dernier.

Si le groupe n’a pas dépassé les trois années d’existence, ni même les frontières de notre région, la passion de Laurent Charliot pour le rock est encore aujourd’hui intacte. Après plusieurs livres sur le sujet, il est aujourd’hui commissaire de l’exposition Rock! Une histoire nantaise ouverte depuis le 24 février au château de Nantes. Une exposition étonnante, foisonnante qui illustre la très grande diversité du genre. Du Floride à Stereolux, des Atomic Boys à C2C, en passant par Katerine, Dolly, Cambouis, Elmer Food Beat, Dominique A, Sexy Sushi ou encore Elephanz, Rock! Une histoire nantaise offre un voyage extraordinaire au cœur de l’histoire musicale de la capitale ligérienne. Tout un patrimoine…

Bonjour Laurent. L’exposition s’appelle Rock! Une histoire nantaise mais elle est assez universelle finalement ?

Laurent Charliot. Oui complètement. C’est l’histoire du rock en France par le prisme de la scène nantaise mais effectivement cette histoire s’est passée de la même manière un peu partout. J’ai eu l’occasion de parler de l’histoire du rock dans d’autres villes, les groupes de bal qui font des kilomètres dans leur minicar, ça s’est passé dans toutes les villes de France, les premiers groupes qui s’émancipent et commencent à faire des créations, ça s’est passé au même moment dans toutes les villes de France, un disquaire qui éduque les amateurs de musique et les musiciens, il y en a toujours eu un dans chaque ville de France. C’est ça qui est intéressant, même s’ils ne viennent pas de Nantes, les gens qui aiment la musique vont aussi s’y retrouver, c’est l’évolution de la musique dans une ville.

Je ne suis pas nantais, j’ai moins de vingt ans et je connais mal le rock, est-ce que je peux tout de même venir voir l’exposition ?

Laurent. Oui, parce que déjà c’est pour toute la famille, ce n’est pas que pour les amateurs de rock, ce n’est pas pour les vieux ou les jeunes, c’est pour tout le monde. Le but est de faire prendre conscience de choses qui se sont passées qui se passent encore aujourd’hui, de la grande diversité. Ensuite, il n’y a pas que du rock. On a appelé l’exposition rock! Une histoire nantaise parce que c’est le mot le moins imparfait pour réunir tout le monde. Mais le rock c’est quoi ? Tous les soirs, le rock mort et tous les matins il renaît. C’est plus une attitude, plus une famille musicale. Certes, on ne parle pas de variété mais on va jusqu’à Jeanne Cherhal, on ne parle pas de l’électro ou du hip hop purs mais on parle de C2C, on ne parle pas de jazz  mais on parle de Mukta…

© éric guillaud

© éric guillaud – Quatre lettres pour accueillir le visiteur

Une expo sur le rock. Quelle drôle d’idée tout de même. Comment vous est-elle venue ?

Laurent. En fait, ce sont les gens du château qui m’ont appelé. Ils voulaient faire une expo sur le rock, d’abord parce qu’on a la chance à Nantes d’avoir une scène très vivante et bien représentée au niveau national, ensuite parce que la musique fait partie du patrimoine. À Nantes, c’est plus que dans le patrimoine, c’est dans les gènes de la ville. Donc, ils voulaient retranscrire cette histoire.

Ce qui explique le lieu. Une expo au château c’est quand même curieux ?

Laurent. Oui mais quand on sait que le château de Nantes a pour vocation de mettre en valeur le patrimoine, finalement ça coule de source. Et puis c’est quand même classe, le rock au château, tu rentres par le pont-levis !

© éric guillaud

© éric guillaud – le local de répétition d’Elmer Food Beat

Que peut-on y voir et y entendre ?

Laurent. On peut y voir et entendre énormément de choses. Sans tout dévoiler, il y a une véritable scénographie, une véritable mise en scène avec des décors. On pouvait se le permettre parce que l’expo dure assez longtemps, plus de 18 mois, ce qui fait qu’on est entre le musée et l’expo, entre le permanent et le temporaire, on a pu se permettre de faire du dur, on va déambuler un peu comme chez Ikea où on passe de la cuisine à la salle de bain. Là, on va enchaîner les périodes musicales de manière chronologique mais on va se retrouver tout d’un coup chez un disquaire, dans un local de répétition, dans la chambre d’adolescent d’un musicien, on va pratiquement se retrouver dans les loges d’un artiste. Et puis bien sûr, il y a énormément de photos et de sons. Très important le son, on ne peut pas imaginer une exposition sur le rock sans le son. Je ne voulais pas de casques qui enferment le visiteur. C’est une exposition qui doit se commenter, se partager et donc on a développé un système d’écoute original, un gobelet de concert aux couleurs de l’exposition qu’on pose sur une cellule et se transforme en cornet. 120 titres à écouter, des vidéos aussi un petit partout dans l’expo. 150 points d’écoute à peu près au total.

© éric guillaud

© éric guillaud – la loge de Philippe Katerine avec les fameux sous-pulls roses

Il y a plusieurs mois, vous avez lancé une collecte d’objets liés à cette histoire auprès des Nantais. Comment s’est-elle déroulée ? Les Nantais ont-ils joué le jeu ?

Laurent. Oui très bien. J’avais deux types de collecte. La collecte chez les artistes stars, je les connais, je les ai appelés et suis allé chercher les objets chez eux. C’était réglé. Pour le reste, j’avais envie de récupérer des affiches, des disques. On a donc fait des point de collecte deux ou trois fois sur Nantes, les gens venaient déposer leurs objets. C’était drôle, certains venaient avec ce qu’ils pensaient être un trésor, un disque de Dolly que j’avais déjà 20 fois, d’autres arrivaient avec des affiches, des photos très rares, des instruments. C’est plein de petites briques cette expo, des briques qui ont permis de construire ce grand mur solide. Après, il a fallu tout noter, enregistrer, entreposer, assurer…

Est-ce qu’il y a un groupe qui vraiment symbolise à lui-seul cette histoire nantaise ? Ou une locomotive peut-être ?

Laurent. Il y a eu des locomotives, c’est certain. Il y a eu plusieurs fois des groupes qui ont donné envie de faire de la musique à d’autres. Je l’ai pas mal entendu de Tequila, des Ticket, d’EV. Ce qui est certain, c’est que depuis 1991, il y a énormément d’artistes qui pointent au top de la scène nationale. Je pense à Dolly, Elmer Food Beat, Dominique A, Philippe Katerine, Jeanne Cherhal et aujourd’hui Elelphanz, Pony Pony Run Run, C2C ou Christine and the Queens. Eux ont joué les locomotives, tiré tout le monde. Il y a aujourd’hui un label de qualité pour la scène nantaise. Ça ne veut pas dire que les groupes ne doivent pas bosser, que ça vient tout seul, non il faut du travail et du talent.

Pensez-vous qu’il y a une spécificité nantaise, une marque de  fabrique ?

Laurent. non, je pense que les médias ou toujours cherché un esprit à une ville, ça s’est fait deux ou trois fois dans l’histoire de la musique, on pense à Rennes bien sûr, tous les groupes étaient à un moment donné dans le même moule new wave mais ça n’a duré que trois ans. Depuis à Rennes, comme ailleurs, il n’y pas d’école. Il y a eu Le Havre, Rouen, Toulouse… et même Nantes à un moment quand la presse nationale a trouvé Katerine, Dominique A, Cherhal, The Little Rabbits… on parlait de nouvelle chanson française mais je pense que ce n’est pas suffisant, il y a une qualité à la nantaise mais il n’y a pas un style à la nantaise.

Vous suivez la scène nantaise depuis des années et des années, vous en avez même fait partie avec votre groupe Iena Vox dans les années 80, quels souvenirs en gardez-vous en tant que musicien ?

Laurent. C’est forcément un très beau souvenir parce qu’on idéalise toujours ces moments là où on a 20 ans. C’est un début de style de vie et puis c’était un moment, dans les années 80, où on commençait à ressentir cet esprit d’équipe dans la scène nantaise. Au tout début, quand je me suis lancé dans la musique, il y avait encore des castes, les metalleux étaient avec les metalleux, les jazzeux avec les jazzeux, les new waveux avec les new waveux… et puis petit à petit ça s’est atténué, grâce notamment à des gens et des lieux comme Michenaud Musique, un magasin d’instruments de musique qui accueillait tout le monde. On s’y retrouvait tous pour boire un coup le soir à la fermeture du magasin. Et puis il y a des souvenirs rigolos. Dominique A me confiait récemment que lorsqu’il est arrivé sur Nantes avec ses parents en 1984, il passe le premier samedi soir devant un bar, le Michelet, La Scène Michelet aujourd’hui, a entendu de la musique, est rentré, c’était un concert de Iena Vox, mon groupe. Il s’est dit : « c’est cool, j’arrive dans une ville où il y a de la new wave. c’est un fan de Joy Divison ».

© éric guillaud

© éric guillaud – une toute petite partie des albums collectés et présentés

J’imagine que vous avez dû collecter aussi pas mal d’anecdotes à l’occasion de ce travail sur l’exposition ?

Laurent. Plein. Une que j’aime bien. On parlait tout à l’heure des artistes majeurs que j’ai appelés afin de récupérer des objets, ici un disque d’or, là une victoire de la musique, un costume ou un instrument. J’appelle Dominique A, Jeanne Cherhal, pas de problème, puis Philippe Katerine à qui je demande, comme à tous les autres, s’il peut me confier quelque chose. Et Philippe me répond avec sa voix inimitable. « Tu sais Laurent, ce serait avec plaisir mais je ne garde rien, je jette tout. Moi je suis un voyageur, je déménage en permanence et je préfère voyager léger ». J’en ai parlé à son producteur et à Gaëtan Chataigner qui fait ses vidéos, il me l’ont confirmé. Lorsqu’il quitte un appartement, Philippe Katerine vide le frigo, met tout dans la poubelle en bas de l’escalier et si il y a un disque d’or qui traîne, il le dépose à côté et s’en va. Heureusement, il n’y a pas qu’un exemplaire des disques d’or et des costumes, j’ai donc pu récupérer quelques petites choses grâce à son entourage. L’esprit rock !

Merci Laurent. Propos recueillis par Eric Guillaud le 24 février 2018 Toutes les infos sur l’exposition ici et le sujet de Denis Leroy et Jean-Pierre Brénuchon là… 

21 Fév

La Nuit de l’Erdre 2018 : la programmation complète dévoilée

Inutile de le présenter, en 20 ans le festival La Nuit de l’Erdre s’est imposé dans le paysage ligérien comme l’un des événements incontournables de l’été avec toujours une affiche parfaitement équilibrée réunissant poids lourds internationaux, artistes français de renom et découvertes locales. Et cette nouvelle édition n’échappe pas à la règle. Rendez-vous du 29 juin au 1er juillet…

© DR

© DR

Jusqu’ici nous connaissions de l’affiche 2018 neuf noms et pas des moindres : Orelsan, The Hives, Justice, Asaf Avidan, alt-J, Shaka Ponk, Bernard Lavilliers, Jahneration et Vianney.

Les organisateurs annoncent aujourd’hui la suite dans un élan de générosité contrôlé.

Attachez vos ceintures, direction la billetterie la plus proche, car oui pour ses 20 ans, le festival a décidé de mettre le paquet. Viennent ainsi s’ajouter vendredi 29 juin la Québécoise Coeur de Pirate, Møme, Lyre le Temps et les Nantais Gaume et Ultra Vomit…

Le samedi 30 juin, on garde le rythme avec Nova Twins, Findlay, Chinese Man, Tramp Expérience et… et… le phénomène de pop française Therapie Taxi, oui oui, et rien que pour ça…

Ne bougez pas, ce n’est pas fini, dimanche 1er juillet débarquent Petit Biscuit, Steve’n’Seagulls et les Belges de Triggerfinger, juste histoire de faire un peu trembler la terre…

Plus d’infos sur le festival ici

Eric Guillaud