En une du Wall Street Journal : "Obama vise à rassurer une nation tendue"

Revue de presse : la majorité des Américains favorable à une intervention militaire contre Daech, Obama ne rassure pas les Américains

Au lendemain d'un discours solennel prononcé par Barack Obama sur le sujet, la menace terroriste sur le territoire américain est à la une des médias :

Obama tente de rassurer la nation face au risque terroriste, mais échoue, selon un sondage

Quelques jours après l'attaque de San Bernardino en Californie, saluée (mais pas revendiquée) par le groupe djihadiste Etat islamique, le président Obama a tenu à s'exprimer sur la menace terroriste et la sécurité des Américains dans un discours solennel, dimanche soir. "Nous détruirons l'Etat islamique", a-t-il déclaré depuis le bureau ovale (son bureau officiel à la Maison blanche).

Barack Obama a confirmé que San Bernardino était bien une attaque terroriste. Mais il n'a pas proposé de nouvelle stratégie pour démettre l'Etat islamique. Pas question de se lancer dans une guerre coûteuse, a dit le président en substance. Les Etats-Unis se concentrent donc sur la traque des terroristes, la formation de combattants irakiens et syriens, les frappes aériennes et les opérations spéciales en Syrie.

Après le discours, un sondage a montré que plus de 60% des Américains désapprouvent la statégie d'Obama contre l'Etat islamique. Ils sont 61% à craindre une attaque terroriste sur le territoire dans les prochaines semaines.

NYT : Obama sur la menace terroriste : "nous la surmonteront" (anglais)

La majorité des Américains en faveur d'une opération militaire en Syrie et en Irak contre l'Etat islamique

Les Américains sont de plus en plus nombreux à soutenir une opération militaire contre Daech. Selon un sondage de CNN/ORC, conduit ce dimanche, 53% des Américains se disent en faveur de l'envoi de troupes en Irak et en Syrie, pour contrer l'Etat islamique. C'est 7 points de plus qu'il y a un mois, avant l'attaque terroriste de San Bernardino, qui a fait 14 morts la semaine dernière.

Les Républicains sont les plus friands d'une action militaire (75%, contre 39% parmi les Démocrates).

CNN : Sondage : La plupart des Américains disent vouloir envoyer des troupes sur le terrain pour combattre l'Etat islamique (anglais)

La Cour Suprême ne se prononcera pas sur la légalité des armes d'assaut aux Etats-Unis

Ce dimanche, Barack Obama a plaidé pour renforcer les contrôles sur les acheteurs d'armes d' "assaut" puissantes, comme celles qu'ont utilisées les assaillants de San Bernardino. Quatre des armés utilisées par les assaillants avaient été acquises légalement. Au lendemain de cet appel solennel, la Cour Suprême a fait savoir qu'elle ne se prononcerait pas sur la vente de ces armes. 

La Cour avait été sollicitée sur l'interdiction des armes d'assaut adoptée la ville d'Highland Park, près de Chicago. Deux juges avaient plaidé pour que la Cour rende cette interdiction illégale, invoquant une violation du Deuxième amendement de la constitution américaine, qui garantit aux citoyens américains le droit de porter une arme. Ils n'ont pas été entendus. Highland Park pourra donc maintenir l'interdiction de ces armes, tout comme 7 états américains qui l'ont adoptée (le Maryland, la Californie, le Connecticut, Hawaii, le Massachusetts, le New Jersey et l'état de New York).

Washington Post : La Cour suprême ne se prononcera pas sur les lois qui interdisent les armes d'assaut (anglais)

La guerre contre l'Etat islamique est devenue LE sujet central de la campagne pour la présidentielle 2016

Après les attentats qui ont frappé la région parisienne le 13 novembre, revendiqués par l'Etat islamique, et l'attaque de San Bernardino, la guerre contre le groupe terroriste a surpassé les autres sujets - notamment le climat ou l'économie - au centre de la scène politique américaine.

Le Washington Post analyse les profondes divisions entre Démocrates et Républicains sur la stratégie à adopter pour contrer l'organisation djihadiste. Selon les Républicains, l'attaque de San Bernardino est la preuve de l'échec de la stratégie antiterroriste de Barack Obama, qui aurait sous-estimé la menace. Pour Thanksgiving, le président avait affirmé dans un discours qu'aucune menace terroriste crédible ne pesait sur le territoire américain.

Washington Post : Comment la guerre contre l'Etat islamique est devenue le sujet central de la campagne 2016 (anglais)

La fusillade a éclaté mercredi à San Bernardino, en Californie, non loin de Los Angeles. On compte au moins 14 morts. Les motifs des tueurs restent inconnus.

Revue de presse : terrorisme ou différend professionnel, aucune piste n'est écartée après la fusillade de San Bernardino

Tous les jours de la semaine, retrouvez notre revue de presse américaine

Fusillade de San Bernardino : un couple de suspects tué, les motivations des tueurs en question

Ce mercredi, 14 personnes sont mortes et 17 ont été blessées au cours d'une fusillade qui a duré plusieurs minutes dans un centre de services sociaux à San Bernardino, en Californie.

Deux suspects ont été tués par la police. Barack Obama a affirmé que les motifs des tueurs étaient inconnus. Terrorisme ou différent professionnel, aucune piste n'est écartée par le FBI, en charge de l'enquête, selon le président.

La fusillade suscite un débat aux Etats-Unis sur la définition de "terrorisme", un terme qui n'est généralement pas employé lorsqu'il s'agit d'un massacre perpétré par un loup solitaire.

Les suspects, un couple de 28 et 27 ans, avaient confié la garde de leur petite-fille à sa grand-mère, prétextant un rendez-vous chez le médecin. Ils portaient des tenues paramilitaires et étaient équipés de fusils d'assaut. Leurs motivations exactes restent inconnues. L'homme, Syed Rizwan Farook, était un employé des services sociaux. Ce citoyen américain avait participé à la fête de Noël du centre social où a eu lieu la fusillade, et avait claqué la porte après une dispute sur place. 

Les fusillades sont récurrentes aux Etats-Unis : on en décompte en moyenne une par jour. Mais celle-ci diffère, de par le nombre d'assaillants (en général, il s'agit d'auteurs solitaires) et de par leur préparation "comme s'ils étaient en mission", selon le chef de la police locale.

NYT : Le couple était resté discret sur ses projets de fusillade à San Bernardino (anglais)

Plus de "master" à Harvard

Les gérants des résidences étudiantes de la prestigieuse université se cherchent un nouveau nom. Traditionnellement baptisés "house masters", leur titre n'a pas survécu aux doléances des activistes anti-racisme, après de longues discussions pour déterminer si le terme "master" évoquait l'esclavage.

Ces derniers mois, les manifestations anti-racistes inspirées par le mouvement "Black Lives Matter" ("La vie des noirs compte") se sont multipliées sur les campus américains.

Washington Post : Les "house masters" de l'université d'Harvard seront rebaptisés pour ne plus faire référence à l'esclavage (anglais)

Le candidat républicain Ted Cruz publie 15 heures de vidéos bizarres sur Youtube

L'été dernier, le personnel de campagne de Ted Cruz a publié plus d'une douzaine d'heures de vidéos sur Youtube, dont des rushes qui n'ont pas été édités. Résultat : des vidéos plutôt bizarres du sénateur du Texas en plein tournage.

Ces vidéos sont révélatrices d'un aspect important de la politique américaine : l'existence des PAC (Political Action Committees, ou Comités d'Action Politique en français, des organisations privées qui financent des campagnes publicitaires en faveur de candidats). Les règles électorales interdisent en effet aux candidats à la Maison blanche de coordonner directement leurs actions avec leurs PAC.

Les candidats, explique le NY Mag, publient donc parfois les rushes de leur publicité de campagne sur Youtube, de sorte que les PAC puissent les utiliser dans leurs spots publicitaires.

NY Mag : 15 heures de vidéos bizarres avec Ted Cruz publiées sur Youtube (anglais)

De nouveaux membres de la FIFA inquiétés par la justice

La justice américaine enquête sur une large affaire de corruption à la Fédération Internationale de Football. Plus d'une douzaine de personnes devraient être inculpées. Les autorités suisses viennent d'interpeller plusieurs personnes, en collaboration avec leurs homologues américaines.

NYT : Corruption à la FIFA : des membres de la hiérarchie arrêtés à l'aube dans un hôtel de Zurich (anglais)

Et si vous n'avez rien compris à l'enquête sur le scandale de corruption de la FIFA, lisez ce résumé du New York Times (anglais).

 

La vidéo montre un jeune noir de 17 ans, Laquan McDonald, abattu par un policier alors qu'il marchait, visiblement sans avoir une attitude menaçante. Elle a été publiée par la police de Chicago.

Revue de presse : une vidéo montre un jeune Noir abattu par un policier, des insignes nazis dans le métro de NY

Tous les jours de la semaine, retrouvez la revue de presse américaine en 5 infos :

Manifestations à Chicago après la publication d'une vidéo montrant un Noir de 17 ans abattu par un policier

La vidéo publiée mardi par la police de Chicago montre un jeune homme s'écrouler, mort, sur le tarmac, après avoir été abattu par un policier qui visiblement s'acharne sur l'homme à terre. Il s'agit de Laquan McDonald, 17 ans, noir, qui a succombé sous les balles de l'officier Jason Van Dyke l'année dernière. Ce dernier est accusé de meurtre au premier degré. Il aurait tiré 16 fois sur la victime, qui portait un couteau mais n'aurait pas adopté une attitude menaçante envers les policiers, selon les témoins. L'officier affirme quant à lui avoir eu peur pour sa sécurité et celles de ses collègues.

C'est la justice qui a ordonné de rendre la vidéo publique, à la demande d'un journaliste. Attention, ces images peuvent choquer :

Les manifestations font écho à celles qui ont récemment secoué Minneapolis, Ferguson (où le jeune noir Michael Brown a été tué par un policier l'année dernière) ou Baltimore (où Freddie Gray, 25 ans, est mort des suites de son arrestation musclée cette année), mais sont moins violentes, selon le New York Times. 

La vidéo a été publiée dans un contexte de tensions raciales exacerbées, notamment dans le milieu universitaire. Les étudiants inspirés du mouvement antiraciste "Black Lives Matter" ont récemment dénoncé l'inaction des autorités face au racisme sur plusieurs campus américains.

A New York, un enfant abandonné dans une crèche de Noël

Le nourrisson, âgé de quelques heures, a été retrouvé en bonne santé dans une église du Queens. Une vidéo montre sa mère qui abandonne l'enfant, dont le cordon ombilical n'avait pas été coupé. Il a été retrouvé par un agent d'entretien qui arrangeait la crèche.

L'état de New York autorise les parents à abandonner leurs enfants dans certains endroits, dont les hôpitaux ou les églises, à condition d'informer quelqu'un de la présence de l'enfant. Ce n'était pas le cas ici, rappelle le NYT.

Les affiches de la série "Man in the High Castle", arborant des symboles nazis, retirées du métro de NY

"Man in the High Castle", la nouvelle série d'Amazon décrit un univers parallèle, dans lequel Hitler gagne la Seconde guerre mondiale. Les Etats-Unis sont alors divisés en deux territoires, l'un occupé par les Nazis, l'autre par le Japon.

Les publicités qui faisaient sa promotion dans le métro de New York montraient le symbole d'un aigle impérial évoquant le nazisme, ainsi que le drapeau arboré par le Japon pendant la Seconde guerre mondiale, tous deux légèrement modifiés. Pas de quoi satisfaire le maire de la ville Bill de Blasio, qui a qualifié les affiches d' "irresponsables" et d'"offensantes" pour les vétérans et les survivants de l'Holocaust. Après plusieurs plaintes, elles seront retirées par Amazon.

L'exode de Thanksgiving malgré les craintes d'attentats

Près de 50 millions d'Américains seront sur les routes - en voiture, avion, bus ou train - pour le long week-end de Thanksgiving. Ils profitent de prix du carburant historiquement bas.

L'exode de Thanksgiving ne sera visiblement pas remis en cause par le risque d'attentat signalé par le département d'Etat américain (équivalent du ministère des affaires étrangères). En début de semaine, celui-ci mettait en garde les Américains qui prévoient de voyager. "Les informations disponibles suggèrent qu'ISIL (aussi connu sous de nom de Daech), Al-Qaïda, Boko Haram et d'autre groupes terroristes continuent de planifier des attaques terroristes dans plusieurs régions"indique le site du département d'Etat.

"Airbnbsex" : La plateforme de réservation Airbnb utilisée comme site de rencontre

Business Insider a rencontré des utilisateurs d'Airbnb, un site qui permet de réserver le logement d'un particulier, qui s'en servent comme d'un site de rencontre. Le site, créé en 2008 par une société de San Francisco, propose à ses membres d'afficher leur photo pour mieux connaître celui qui loue ou propose la chambre. Certains en profitent pour choisir des potentielles rencontres.

Dans la majorité des cas, la pratique est consensuelle, selon BI, "mais un petit nombre d'incident suggèrent que la plateforme pourrait être exploitée par les loueurs", qui dans certains cas imposent à leurs "invités" de dormir dans leur propre chambre, voire leur propre lit.

Le système d'évaluation des utilisateurs par les utilisateurs (qui laissent des commentaires sur les loueurs) est voué à empêcher ce genre de dérives.

A.N.

Florent Groberg, 32 ans, originaire de Poissy, a reçu la plus haute distinction militaire de l'armée américaine. Crédit : J.D. Leipold

L'Amérique célèbre un héros d'origine française : le soldat Florent Groberg

Son visage était partout cette semaine, y compris en une du Wall Street Journal. Florent Groberg, 32 ans, originaire de Poissy, a reçu la Médaille d'honneur, la plus haute distinction de l'armée américaine, des mains du président Obama. Les images de la cérémonie :


Posté dans la province afghane de Kuna en août 2012, "Flo a fait quelque chose d'extraordinaire", a déclaré le président lors de la cérémonie : repousser un kamikaze qui s'apprêtait à lancer une attaque-suicide. Chargé de la sécurité d'un haut-gradé, Florent Groberg aperçoit un homme qui s'approche. Sa veste semble dissimuler un objet lourd. "Il [l'a] attrapé le gilet et l'a sans cesse repoussé (...) Durant ces quelques secondes, il a eu l'instinct et le courage de faire ce qui devait être fait", a ajouté Obama. Le capitaine est rapidement rejoint par un autre membre de l'US Army. Ensemble, "ils ont repoussé [l'assaillant] avec tant de force qu'il est tombé sur sa poitrine. A ce moment, la bombe a explosé", a poursuivi Barack Obama.

Florent Groberg est projeté à 10 mètres. Il reste au sol, inconscient. Lorsqu'il se réveille, sa jambe est gravement blessée, son fémur est apparent.

Quatre soldats sont morts dans l'attaque. Le bilan aurait pu être bien plus lourd sans l'intervention du capitaine et du sergent.

Depuis, Florent Groberg a été opéré à 33 reprises. Il peut aujourd'hui marcher, malgré des douleurs intenses. Il repousse l'éventualité d'une amputation au jour où il pourra enfiler une jambe bionique. "Il ne court pas, mais il fait beaucoup de CrossFit [un genre de fitness intense, NDLR, à découvrir ici]. Je ne voudrais pas le défier au CrossFit", a plaisanté le président Obama.

Valérie Astruc, Régis Massini et Sabrina Buckwalter l'ont rencontré avant la cérémonie :

Florent Groberg est né à Poissy mais a quitté la France à l'âge de 11 ans. Il est devenu américain, la nationalité de son père, en 2001, à l'âge de 18 ans. Depuis, il a toujours rêvé d'une carrière militaire - qui a pris fin pour lui avec l'attentat d'août 2012. 

Un homme en cuisine, un spécimen rare ? Crédit : katiebordner

La "Journée nationale des hommes aux fourneaux", symptôme des inégalités hommes/femmes devant les tâches ménagères

Célébrée le premier jeudi de novembre, la Journée nationale des hommes aux fourneaux est une invention canadienne récemment importée aux Etats-Unis. Partie d'une blague, son succès montre qu'hommes et femmes sont encore loin d'être égaux devant les tâches ménagères aux Etats-Unis.

"Aujourd'hui, c'est la journée nationale des hommes aux fourneaux", apprenait-on ce jeudi dans la revue de presse du New York Times.

Pourtant, le "National Men Make Dinner Day" n'est pas un jour férié aux Etats-Unis. C'est l'invention de Sandy Sharkey, une canadienne d'une cinquantaine d'années. En 2001, elle imagine cette journée nationale pour "qu'au moins une fois pas an, ce soit mon mari qui cuisine". Le résultat, un saumon poché, est un désastre : le saumon brûle, et le four avec lui, nous a raconté Sandy Sharkey par email.

Elle crée alors un site internet. Le "National Men Make Dinner Day" est né. L'idée séduit rapidement les restaurants et l'industrie agro-alimentaire, mais aussi le public féminin et "les hommes qui ont le sens de l'humour", selon Sandy Sharkey. La "Journée des hommes aux fourneaux" a également conquis les médias américains.

La popularité du concept aux Etats-Unis montre surtout que le partage des tâches ménagères entre hommes et femmes n'est toujours pas équitable.

En moyenne, une femme américaine passe 37 minutes par jour à cuisiner, contre 17 minutes pour un homme.

Au total, les Américaines consacrent 2h10 aux tâches ménagères, contre 1h22 pour un Américain  :

Sauf pour ce qui est du bricolage et du jardinage, les femmes sont celles qui travaillent le plus au foyer, qu'il s'agissent de faire la lessive ou de nettoyer la maison.

Mais les femmes ne se contentent pas des tâches ménagères : elles sont également de plus en plus nombreuses à occuper un emploi. Résultat : les Etats-Unis comptent de moins en moins de femmes au foyer et de plus en plus d'enfants élevés par 2 parents qui travaillent. La moitié des enfants qui vivent avec leurs 2 parents ont des parents qui travaillent tous les deux à plein temps, selon une récente étude du Pew Research Center. Et ce sont toujours les mères qui assurent le plus de tâches à la maison.

Pour autant, la créatrice du "National Men Make Dinner Day" Sandy Sharkey met de côté tout militantisme. "Tout ça c'est juste pour s'amuser, sur le thème de l'homme qui ne cuisine pas mais qui se met derrière les fourneaux une fois par an !".

Dans le film "Demolition man", sorti en 1993, le personnage incarné par Sylvester Stallone se réveille dans le futur après avoir été cryogénisé. Science-fiction ou futur de l'humanité ?

La cryogénisation pour l'immortalité, une réalité aux Etats-Unis

Le cancer a emporté Kim Suozzi à l'âge de 23 ans. Mais Kim est partie avec un espoir : celui de revivre un jour, grâce à la cryogénisation de son cerveau.

Kim Suozzi, décédée d'une tumeur du cerveau en janvier 2013, était étudiante en neuroscience. Pas de quoi financer la conservation de son cerveau, pour 80 000 dollars (plus de 70 000 euros). Alors, elle a fait appel aux dons des internautes - avec succès : le cerveau de l'étudiante est désormais conservé par Alcor, un organisme qui se dit à but non lucratif, en Arizona.

La cryogénisation est une pratique marginale en Amérique. Mais au moins 4 organismes proposent ce service. Jacques Cardoze, Laurent Desbois et Fabien Ortiz se sont rendus dans l'un d'entre eux, le Cryonics Institute, dans le Michigan, qui se présente comme une organisation à but non lucratif :

Pour aller plus loin : la cryogénisation en 5 questions

1Combien ça coûte ?

Le Cryonics Institute propose la cryogénisation du corps à partir de 28 000 dollars (environ 25 000 euros). La somme n'inclut pas les coûts de transport de votre corps après la mort.

Chez Alcor, il faudra débourser 80 000 dollars (72 000 euros) pour conserver votre cerveau uniquement, comme Kim Suozzi, et 200 000 dollars (180 000 euros) pour le corps entier. L'organisme propose notamment de financer l'opération en contractant une assurance-vie qui bénéficiera à Alcor.

2Comment ça marche ?

Selon Alcor, le corps doit être placé dans un bain de glace juste après la mort. Le battement du coeur doit être maintenu artificiellement pour que le cerveau soit toujours irrigués de sang, jusqu'à ce qu'une machine prenne le relai. Le sang est ensuite remplacé par un liquide antigel. La solution empêche la formation de cristaux de glace, qui peuvent endommager les cellules.

Le corps du patient est ensuite refroidi, en quelques heures, grâce à un gaz, l'azote, jusqu'à - 125 degrés, un processus appelé la "vitrification".

Progressivement, dans les deux semaines qui suivent, la température du corps est refroidie jusqu'à - 196 degrés. Le patient est alors stocké dans de l'azote liquide.

Il doit ensuite être dûment surveillé pour éviter toute fracturation du corps, courante lorsqu'on refroidit de larges objets.

3Les corps sont-ils congelés ?

Non : malgré le froid, il ne s'agit pas d'une congélation, puisqu'il n'y a pas de glace. La vitrification est un procédé qui remplace au moins 60% de l'eau des cellules par une solution synthétique. Au lieu de geler, les molécules sont ralenties jusqu'à être complètement immobilisées, à - 124 degrés, selon le site d'Alcor.

4Quand pourra-t-on réveiller les cryogénisés ?

En réalité, il n'existe aucune certitude que ces corps ou ces cerveaux pourront être "réveillés" un jour - ou s'ils seront les mêmes personnes.

On sait déjà cryogéniser les ovocytes (cellules sexuelles féminines) - une pratique remboursée pour les employées des géants américains de la tech comme Facebook ou Apple, trop occupées pour avoir des enfants pendant leurs années fertiles. Mais on ne sait pas ce qui ressortira de la cryogénisation d'un corps entier - et notamment d'un cerveau, composé de milliards de cellules, les neurones, qui sont reliés par de précieuses connexions, les synapses. Quels sont les dommages qu'aura subi le cerveau au cours du procédé de vitrification ?

Alcor le reconnaît : "la plupart des experts, quel que soit leur domaine de prédilection, diront qu'ils ne connaissent aucune preuve que la cryogénisation peu fonctionner". L'organisme compare le procédé au voyage dans l'espace, qu'on pensait impossible à une époque.

Ce qu'espère Alcor, c'est qu'un jour ses clients pourront être réveillés et "réparés" par la médecine, qui aura évolué entretemps. Dans le cas de Kim Suozzi, il s'agira de traiter le cancer du cerveau qui a causé sa mort. 

5Si on ne les réveille pas, pourra-t-on utiliser les informations contenues dans notre cerveau pour fabriquer un autre "soi" ?

D'autres scientifiques spécialistes du cerveau espèrent recréer la conscience humaine sur un ordinateur à partir des informations contenues dans le cerveau cryogénisé : la carte de synapses qui relient les neurones, appelée le "connectome".

Une hypothèse qu'a rejetée le scientifique Michael Hendricks, spécialiste du cerveau, après la publication d'un long article sur l'histoire de Kim Suozzi dans le NYT. "La science nous apprend qu'une carte des connexions [du cerveau] ne suffit pas à simuler, ni encore moins dupliquer, un système nerveux", a-t-il écrit dans une tribune pour le MIT Technology Review. "Premièrement, quelles sont les informations qui sont nécessaires pour dupliquer un esprit humain ? Deuxièmement, les méthodes de congélation actuelles et à venir pourront-elles conserver ces informations, et comment ces informations seront-elles récupérées ? Troisièmement, et de la manière la plus contre-intuitive, une simulation serait-elle vraiment 'vous'?"

Le camp nazi Siegfried à Yaphank. Crédit : FBI. Source : Long Island History Journal

Près de New York, les habitants d'une ex-communauté nazie doivent prouver leur origine allemande

Dans une ancienne communauté nazie, à une centaine de kilomètres de la ville de New York, un héritage nazi subsiste depuis la fin de la Seconde Mondiale : l'un des quartiers de Yaphank exige toujours de ses habitants qu'ils prouvent leur origine germanique, raconte le New York Times.

Un ancien camp d'été pro-nazi

Tout commence en 1936 avec la fondation du German American Bund, une organisation pro-nazie qui regroupe des Américains d'origine allemande. L'association, d'envergure nationale, crée une branche dans le petit village de Yaphank, sur l'île de Long Island, dans l'état de New York. Non loin de Manhattan, les petites maisons de Yaphank accueillent les centaines de participants du Camp Siegfried, un camp d'été pro-nazi. Les rues sont baptisées du nom de dignitaires national-socialistes, dont Adolph Hitler et Joseph Goebbels.

Le camp Siegfried. Crédit : Miller. Source : Long Island History Journal

Le camp Siegfried. Crédit : Miller. Source : Long Island History Journal

Après la Seconde guerre mondiale et la chute d'Hitler, le nazisme perd de nombreux adeptes aux Etats-Unis. Le fondateur du German American Bund, Fritz Julius Kuhn, est exilé en Allemagne. Finies les parades de chemises noires. Les rues de Yaphank sont re-baptisées et les svastikas et autres symboles nazis disparaissent.

Des propriétaires "d'origine allemande" uniquement

Mais un héritage subsiste : la branche locale du German American Bund s'est transformée en Ligue d'occupation germano-américaine, qui reste propriétaire des terrains sur lesquels étaient organisés les camps d'été nazis. Le règlement de la Ligue exige que les propriétaires de la cinquantaine de maisons situées sur ses terrains soient d'origine allemande. Résultat : les 45 familles de la communauté sont quasiment tous blancs, selon le NYT. Les noms à consonance germanique "tels que Miethe et Korneffel" y sont également nombreux.

Le portail de la Ligue d'occupation germano-américaine. Source : Long Island History Journal

Vendre sa maison : un casse-tête

L'une de ces familles, les Kneer, d'origine allemande, raconte que lors de l'achat de leur maison en 1998, la mère de Patricia Flynn-Kneer a été interrogée en allemand par la Ligue - une manière de vérifier leurs origines allemandes. Au moment d'emménager, le couple accepte les règles dictées par la Ligue.

Mais après 8 ans à Yaphank, ils décident de vendre la maison pour un logement plus spacieux. Pour cela, ils doivent respecter le règlement écrit de la Ligue, qui possède le terrain sur lequel vivent les Kneer. Problème ? Cela suppose de trouver un nouveau propriétaire d'origine allemande, selon eux.

En effet, la Ligue interdit d'afficher un sigle "à vendre" sur la maison, ou de passer par une petite annonce publique. La vente doit être publiée uniquement auprès des membres de la Ligue et de leurs amis. En vente depuis 2006, la maison des Kneer n'a toujours pas trouvé preneur. La faute, selon ces derniers, à cette règle, qui permettrait de contrôler l'origine ethnique des habitants. Le couple dénonce une pratique discriminatoire et a entamé une action en justice ce mois-ci.

Des règles désuettes

Le président de la Ligue dément toute discrimination sur la base de l'origine, tout en admettant que cela a pu avoir lieu par le passé. Les règles garantissant l'origine germanique des habitants sont selon lui "désuettes". Les habitants interrogés par le Times confirment : les plus jeunes d'entre eux, dont les époux et épouses des membres de la Ligue, sont "d'origine italienne, irlandaise et juive". Les résidents interrogés affirment aussi que la petite communauté n'a plus rien de nationaliste, et n'organise aucun événement lié à l'Allemagne - si ce n'est l'Oktoberfest.

Le cliché de l'Oktoberfest

Pour ceux qui ne connaîtraient pas : le cliché de l'Oktoberfest

Selon l'un d'entre eux, les nouveaux habitants sont de plus en plus nombreux par rapport à la nouvelle génération (d'origine allemande). Ils seront bientôt en supériorité numérique.

"On se sent comme des animaux en cage"

Pour autant, les Kneer continuent leur combat pour l'abrogation des règles héritées des Nazis pour pouvoir vendre leur maison. "On se sent comme des animaux en cage ici", a déclaré Philip Kneer au Times. "C'est terrible pour tout le monde - pour les enfants, pour nous, et même pour nos chiens". Comme preuve que rien n'a changé depuis les années noires de Yaphank, le couple brandit une photographie récente, prise au QG de la communauté. Elle montrerait un médaillon nazi sur un drapeau allemand.

Regardez le reportage réalisé par la branche new-yorkaise de CBS :

Crédit : cgroh

Barbie se rachète une image féministe

La poupée Barbie est régulièrement critiquée pour son sexisme. On lui reproche de projeter une image stéréotypée de la femme dans l'esprit des petites filles. En cause : sa silhouette irréaliste (qui ne pourrait même pas contenir les organes d'une femme) et ses petits pieds modelés pour porter des talons hauts.

Née pour les talons hauts ! Crédit : Ima museum

Née pour les talons hauts ! Crédit : Ima museum

L'année dernière, un livre édité par Mattel, la société américaine qui produit Barbie, avait créé le scandale. Ironiquement intitulé "Barbie: je peux être une ingénieure informatique", l'ouvrage illustrait une Barbie qui demande continuellement l'aide de ses amis garçons pour créer des programmes informatiques. Accusé de perpétuer les clichés sur les femmes et la technologie, Mattel a rapidement annoncé son retrait de la vente.

Le livre, publié en 2010, montre une Barbie dépendante des garçons pour utiliser un ordinateur.

Le livre, publié en 2010, montre une Barbie dépendante des garçons pour utiliser un ordinateur.

Crédit : Jason Freeny - http://www.moistproduction.com/Menu/index.html

Les organes d'une femme ne tiendraient pas dans une barbie. Crédit : Jason Freeny - http://www.moistproduction.com/Menu/index.html

Pas étonnant, donc que Barbie souhaite redorer son blason. Dans sa nouvelle publicité, des petites filles s'imaginent coach pour une équipe de foot masculine, vétérinaire ou encore archéologue. En clair : les filles sont capables d'accomplir autant que les garçons. La vidéo est intitulée "imagine les possibilités" :

"C'est bien d'encourager les filles à s'imaginer avoir une vie professionnelle excitante", écrit Hanna Kozlowska de Quartz. "Mais doit-ont aussi les encourager à s'imaginer le faire avec un corps anatomiquement irréaliste ? Avec une silhouette qui n'est pas assez large pour contenir les organes d'une femme ? Et des pieds qui sont moulés pour porter des mini-hauts talons ?"

Un peu de féminisme aiderait-il à rebooster les ventes de Barbie, qui ont chuté de 20% au deuxième trimestre 2015 ?

Cette petite fille de 10 ans a été adoptée une première fois, mais sa famille d'accueil recourt à une agence pour la faire "ré-adopter". (Nous avons volontairement caché son visage)

Des petites annonces pour céder un enfant : c'est possible aux Etats-Unis

ENFANT DISPONIBLE. "Jackson est né en Europe de l'est et vient d'avoir 11 ans. Il a grandi dans un orphelinat bien équipé, jusqu'à son adoption à l'âge de 9 ans (...). Ses parents adoptifs ont tous deux des vies professionnelles très chargées et aimeraient pouvoir lui consacrer plus de temps. (...) Il est bon à l'école, surtout en maths. Des professionnels ont certifié qu'il n'était atteint ni d'asthme ni du syndrome d'alcoolisme foetal. (...) Socialement, Jackson s'entend avec ses camarades. Il est invité aux fêtes de ses amis."

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La description de Jackson sur la page Facebook de Second Chance Adoptions.

"Il y a des coûts associés à cette adoption. Pour les familles qui ont droit au crédit d'impôt adoption, ces coûts devraient être couverts entièrement."

Ceci n'a rien d'une blague. Jackson est l'un des enfants proposés à la "ré-adoption" sur la page Facebook de Second Chance Adoptions.

Aux Etats-Unis, des centaines d'enfants sont "disponibles" sur internet, façon Leboncoin, avec description et photos. Ils ont été adoptés une première fois, mais leurs familles d'adoption ne souhaitent plus s'occuper d'eux. On appelle cela le "rehoming", un terme généralement utilisé par les refuges pour animaux. Et c'est parfaitement légal.

Certains orphelins, handicapés ou difficiles, ont particulèrement de mal à trouver une famille pour de bon. Les plus chanceux d'entre eux sont ré-adoptés par des familles d'adoption "de seconde" main. Parmi elles, Brian et Shannon Carroll. Ce couple très religieux a adopté six enfants en trois ans. Ils racontent leur histoire sur un blog.

"Une famille imparfaite répond au voeu parfait de Dieu", selon le blog des Carroll

France 2 a rencontré la famille Carroll pour un reportage sur la ré-adoption aux Etats-Unis :

Un reportage de Valérie Astruc, Régis Massini, Sabrina Buckwalter et Arielle Monange

La frappe sur pneu, un exercice de crossfit. Crédit : lululemon athletica

De la souffrance et du muscle : le crossfit, version hardcore de la salle de muscu

Le crossfit, abréviation de cross fitness, est né aux Etats-Unis dans les années 70, pays où les "gym" (salles de musculation) sont certainement les plus nombreuses au monde - y compris dans les lycées et les universités.

C'est une version hardcore de la musculation traditionnelle, un entraînement physique extrême, dont les adeptes "préfèrent des exercices éreintants, qui se rapprochent du châtiment corporel, à des exercices plus faciles et confortables", écrit Heather Havrilesky, chroniqueuse pour le New York Magazine"Pourquoi ne pas souffrir et suer tous ensemble, en groupe (...) ? Et pourquoi ne pas se faire crier dessus pendant [que nous souffrons] ?", ironise-t-elle.

Crédit : Rose Physical Therapy Group

Crédit : Rose Physical Therapy Group

Elle résume ainsi les différences entre la salle de sport "traditionnelle" et la salle de crossfit : un esprit de groupe et un dépassement des limites physiques.

Voici des extraits d'un manifeste que l'on retrouve sur de plusieurs sites de crossfit, intitulé "Eux [les salles de musculation] contre nous [les crossfitteurs]" :

Ils s'entraînent avec la télé en fond, qui diffuse CNN ou Kelly Clarkson. Nous nous entraînons pendant que d'autres membres nous encouragent.

Ils ont des machines cardio qui vous disent que nous allez trop vite. Nous avons des coachs qui vous disent que vous n'allez pas assez vite.

Ils ont des miroirs. Nous avons des coachs qui vous disent que vous avez besoin de retrouver la forme.

Ils ne s'entraînent vraiment que pendant 20 minutes, sur une session totale de 2 heures. Nous avons un vrai entraînement de 2 heures en l'espace de 20 minutes.

Ils s'entraînent pour leur physique. Nous nous entraînons pour la vie.

Fabien Ortiz, Laurent Desbois et Samah Soula vous font découvrir en images le sport américain qui a relégué les adeptes de la salle de muscu au rang d'amateurs :