Les travaux de l'historien Andrew Tallon pourraient servir à la reconstruction de Notre-Dame de Paris

Le monde entier a assisté lundi soir au violent incendie de Notre-Dame de Paris. Alors que le feu consumait le toit et renversait l'emblématique flèche centrale, il se pourrait, grâce à une technologie de pointe en matière d'imagerie en trois dimensions, que tout espoir de reconstruire la cathédrale presque à l'identique ne soit pas perdu.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les plans qui pourraient servir à la reconstruction de Notre-Dame ne se trouvent pas en France, mais dans les laboratoires d'une université américaine. Par ses travaux, l'historien de l'art Andrew Tallon contribuera certainement à restaurer la cathédrale. Ses plans ultra-précis serviront par exemple à comparer l’état de la structure avant et après la catastrophe, permettant de mettre en lumière les potentiels dégâts structurels causés par l’incendie.

Cet américain parfaitement bilingue, était marié à Marie, une française. Ensemble, le couple a eu quatre enfants. Installés dans l'état de New-York, le père de famille était professeur au Vassar College, une université privée. C'est ici qu'en 2015, ce fervent catholique et passionné d'art gothique a imaginé les premières représentations de la cathédrale en trois dimensions. Durant toutes ces années, Andrew Tallon s'est aussi battu contre un cancer du cerveau, combat qu'il a perdu il y maintenant cinq mois.

C'est grâce au travail méticuleux du professeur et de ses étudiants que chaque détail de la construction du bâtiment du XIIIe siècle a été enregistré dans des archives numériques, au moyen d'une imagerie laser en 3 Dimensions. Ces enregistrements pionnier pourraient fournir de modèle pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

Un des scanners de la cathédrale Notre-Dame de Paris réalisés par Andrew Tallon

« J'ai voulu savoir ce qu’il y avait dans la tête des constructeurs de l’époque, comprendre comment se sont élevés ces bâtiments, comment ils se tiennent structurellement », expliquait Andrew Tallon au National Geographic en 2015. « J’ai donc utilisé la technologie pour obtenir des réponses à mes questions ».

Le processus de numérisation de la cathédrale Notre-Dame d'Andrew Tallon est unique. Pendant des siècles, les seuls outils dont disposaient les experts pour mesurer les bâtiments et les structures médiévales étaient rustiques : cordes, règles, crayons et fils à plomb. Mais grâce à la technologie du XXIè siècle, l'historien a pu archiver chaque recoin de l'immense structure. 

Un des scanners de la cathédrale Notre-Dame de Paris réalisés par Andrew Tallon

Des millions de points de lumières 

Pour mettre en forme ses travaux, Andrew Tallon a enregistré des données mesurées provenant de plus de 50 endroits situés à l'intérieur et autour de la cathédrale. Au bout, des millions de points de lumière ont permis a Notre-Dame de prendre forme en 3D. Le laser, posé sur un trépied par l'historien, a balayé la zone dans toutes les directions possibles. Chaque emplacement exact a été scrupuleusement enregistré comme s'enregistres les pixels d'une photographique numérique. Ces points de lumière forment un instantané tridimensionnel de la cathédrale, et les images obtenues sont extrêmement précises. Si l'analyse est effectuée correctement, Andrew Tallon explique  qu'elle est censée être précise à 5 millimètres près.

Reconstruire à l'identique ? 

Notre-Dame de Paris peut-elle être reconstruite à l'identique grâce aux plans d'Andrew Tallon ? Mardi soir, Emmanuel Macron a insisté sur le fait que la cathédrale serait reconstruite d'ici cinq ans. Au vue de la rapidité avec laquelle le chantier aura lieu, une copie exacte semble peu probable. « Le travail manuel original est irremplaçable » explique Robert Bork, historien de l'architecture à l'Université de l'Iowa. «Lorsque vous le restaurez, ce n'est pas exactement la même chose. Vous perdez des informations : la texture, les détails, et les connaissances à acquérir en étudiant la structure ».

Andrew Tallon n'aura jamais vu ses travaux terminés, mais une chose est sûre : les plans qu'il a conçu seront d'une aide immense dans la remise en forme du monument le plus visité d'Europe 

Épisode 2 : Bernie Sanders est millionnaire

Le sénateur du Vermont Bernie Sanders, dont la levée de fonds de 18 millions de dollars a consolidé sa candidature pour l'investiture démocrate, a publié lundi 15 avril dix ans ans de déclarations de revenus. Au passage, il reconnait avoir rejoint les rangs des millionnaires, qu'il a pourtant dénoncé pendant des années.

Bernie Sanders, sénateur du Vermont, est le candidat d'opposition le plus célèbre de la primaire démocrate. Connu pour dénoncer les excès d'un système favorisant l'argent et les plus riches, millionnaires comme milliardaires, il semblerait qu'un détail de ses finances vienne ternir sa campagne anti-capitalisme.  Celui qui se revendique socialiste est récemment lui-même devenu millionnaire. Dans un papier paru dans le New York Times, le candidat finaliste des primaires démocrate de 2016 a déclaré : « J'ai écrit un best-seller. Si vous écrivez un best-seller, vous pouvez vous aussi devenir millionnaire ».

Une remarque lourde de conséquences, qui annonçait en réalité la publication de sa déclaration de revenus perçus depuis dix ans. «Nous voulions publier dix ans de déclarations de revenus. Le 15 avril 2019, nous arriverons au terme de la dixième année année, alors je pense que vous en aurez connaissance » a-t-il déclaré. Le sénateur avait été critiqué au cours de sa campagne électorale contre Hillary Clinton en 2016, qui l'avait entre autre incité à faire preuve de plus de transparence. 

« Bernie Sanders et sa femme devraient payer les taxes pré-Trump sur leurs revenus de près de 600 000 $. Il se plaint toujours des grosses réductions d'impôt, sauf lorsque cela lui est bénéfique. Ils ont fait fortune sous l'ère Trump, et tous les autres ont fait de même - c’est une bonne chose, pas une mauvaise ! »

Un livre anti-Donald Trump à l'origine de plus d'un million de dollars de gains  

Le livre à l'origine des gains de Bernie Sanders est sorti au lendemain de l'election de Donald Trump à la présidence des États-Unis :  "Notre révolution" a été publié en novembre 2016. Véritable best-seller, l'ouvrage parle de sa candidature à la présidence et du mouvement qu'il s'est efforcé de créer tout en affrontant Hillary Clinton. Le leader d'opposition à Donald Trump y développe sa vision pour une Amérique plus juste, plus progressiste, et trace un plan d'action durable en matière d'économie, d'écologie, de justice sociale et de lutte contre les discriminations.

Sanders déclarait lundi avoir touché 840 000 dollars grâce à lui en 2016 et environ 856 000 dollars en 2017. Jane Sanders indiquait à son tour qu'en 2017, elle percevait une avance de 106 000 dollars sur un livre en cours de rédaction « quant au expériences d'elle et son mari au sein de la fonction publique »

Le couple a touché un revenu brut de 561 293 dollars en 2018, selon la déclaration de revenus publiés lundi. Leurs impôts fédéraux s'élevaient à 145 840 dollars. « Ces déclarations fiscales montrent que notre famille a été chanceuse », a déclaré Bernie Sanders dans un communiqué. « Je suis très reconnaissant pour cela, car j'ai grandi dans une famille qui a connu l'insécurité économique »

Son dernier ouvrage, "D'où venons nous : deux ans dans la résistance", a été publié en novembre 2018 et décrit le plan directeur de sa campagne, au coeur de l'actuelle primaire démocrate. Bernie Sanders est entré dans la course en février.

« Bernie le fou vient d'entrer dans la course ! Je ne lui souhaite que du bien ! »

La pique à Donald Trump 

Au cours de son entretien avec le New York Times, Bernie Sanders a lancé une pique à Donald Trump. Même s'il est millionnaire, il déclare tout de même "Ne pas être un milliardaire, ne pas avoir d'investissements en Arabie Saoudite, ni où que ce soit dans le monde".

Un certain nombre de rivaux du candidat pour l'investiture démocrate, dont la sénatrice de New York Kirsten Gillibrand  la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar et le gouverneur de Washington Jay Inslee, ont déjà publié leurs déclarations de revenus de 2018

Une chose est sûre, ces derniers mois n'ont pas franchement réussi à Bernie Sanders. Le 7 janvier dernier, de vieilles histoires survenues lors de sa campagne de 2016 ont ressurgi : plusieurs femmes auraient été victimes de harcèlement sexuel, et se seraient plaintes d'iniquité salariale. L'équipe de direction aurait fermé les yeux face aux différentes allégations. Le candidat a lui affirmé qu'il n'était au courant de rien en 2016, et s'est publiquement excusé auprès des victimes. Une nouvelle campagne à suivre de près. 

Épisode 1 : Joe Biden en danger et levée de fonds exceptionnelle pour Pete Buttigieg

Le 3 novembre 2020, il se pourrait que Donald Trump cède sa place dans le bureau ovale. Pour le moment, 17 démocrates sont entrés dans la course. Qui succèdera au président le plus controversé de l'histoire des États-Unis ? Dès maintenant et jusqu'à l'élection de celui qui s'opposera à l'actuel président, retrouvez notre chronique de la primaire démocrate ! 

Joe Biden, pas encore candidat mais déjà sur la sellette 

Joe Biden, 76 ans, caracole en tête des sondages. Il est le seul politicien jugé "apte" à battre Donald Trump. Pourtant, sa participation à la primaire démocrate pourrait bien être menacée par une accusation de harcèlement sexuel. L’ancien bras-droit de Barack Obama a été accusé vendredi par Lucy Flores, 39 ans, ex-élue démocrate de l’Assemblée du Nevada, d’un baiser déplacé en 2014 lors d’un meeting de campagne. « J’ai senti Joe Biden, sorti de nulle part, mettre ses mains sur mes épaules, s’approcher très près de moi par derrière, se pencher, sentir mes cheveux et m’embrasser doucement sur le haut de la tête », a-t-elle raconté. « C’était choquant », « vous ne vous attendez pas à ce genre d’intimité de la part de quelqu’un de si puissant avec lequel vous n’avez aucune relation ».

« Au cours de nombreuses années de campagne et de vie publique, j’ai donné d’innombrables poignées de mains, accolades, expressions d’affection, de soutien et de réconfort », a réagi Joe Biden dans un communiqué. « Je ne me souviens peut-être pas de ces instants de la même manière » « Pas une seule fois - jamais - je n’ai pensé avoir agi de manière inappropriée ».

Un coup dur pour la crédibilité de sa campagne, un an après la vague lancée par le mouvement Me Too. D’autant que Joe Biden est déjà menacé par son image de « vieil homme blanc », parmi des candidats démocrates à la jeunesse et à la diversité sans précédent. Récemment, il a aussi dû s’excuser pour sa gestion controversée de l’audition parlementaire en 1991 d’Anita Hill, qui accusait un candidat à la Cour suprême de harcèlement sexuel.

La polémique pourrait avoir une incidence sur le lancement de campagne du possible candidat. Pour Bernie Sanders, « cela montre qu’il faut fondamentalement changer la culture de ce pays et créer un environnement dans lequel les femmes se sentent à l’aise et en sécurité ». Pourtant, en janvier dernier, de vieilles histoires survenues lors de la campagne Sanders de 2016 ont ressurgies : plusieurs femmes auraient été victimes de harcèlement sexuel, et se seraient plaintes d'iniquité salariale. L'équipe de direction aurait fermé les yeux face aux différentes allégations. Bernie Sanders a lui affirmé qu'il n'était au courant de rien à l'époque, et s'est publiquement excusé auprès des victimes.

Pete Buttigieg, encore inconnu il y a un mois, lève 7 millions de dollars pour sa campagne 

Pete Buttigieg, 37 ans, était encore inconnu au bataillon de la politique américaine il y a deux mois. Pourtant, il annonçait lundi avoir récolté plus de 7 millions de dollars au premier trimestre  2019 pour lancer sa campagne, une somme relativement importante pour le maire de South Bend, une petite ville de l’Indiana (Il est le plus jeune maire d'une ville des États-Unis d'au moins 100 000 habitants). 

La collecte de fonds a bondi après son passage sur CNN, plus tôt en mars : en 24 heures, le candidat recueillait 600 000 dollars. L’ancien représentant du Texas, Beto O’Rourke, avait quant à lui collecté 6,1 millions de dollars en moins de 24 heures également. Quant à Barack Obama, il avait récolté 25 millions de dollars, soit 18 millions de plus que Pete Buttigieg, au premier trimestre de sa campagne en 2007. 

Pete Buttigieg a fait de nombreuses apparitions à la télévision nationale ces dernières semaines dans le but de se faire connaître à grande échelle. Une véritable tournée promotionnelle qui a porté ses fruits : Dans l'Iowa, ses soutiens ont bondi de 1% à 11%. Selon un sondage Emerson Polling publié dimanche, il serait même passé à la troisième place des intentions de vote, derrière Joe Biden et Bernie Sanders, et devant des candidates reconnues, comme les sénatrices Kamala Harris et Elizabeth Warren. 

Celui que ses électeurs de l'Indiana surnomment « Mayor Pete » s'est marié à l'église avec son compagnon, Chasten, à l'été 2018. Il avait fait son coming-out en 2014, alors qu'il se portait candidat à sa réélection en tant que maire de South Bend. Il avait alors gagné en remportant, au passage, 80% des voix.

« Parfois lorsqu'il est sur la route et qu'il me manque, je prends simplement une grande inspiration et regarde cela pour me souvenir ce pour quoi nous faisons tout cela », Chasten Buttigieg, mari de Pete Buttigieg. 

Pete Buttigieg fait souffler un vent nouveau sur la primaire démocrate :  il souhaite que la couverture santé soit étendue à tous les Américains, est pro-syndicats, et souhaite que le système des grands électeurs à la présidentielle, jugé selon lui antidémocratique, soit aboli.

Des célébrités hollywoodiennes ont versé des millions pour faire entrer leurs enfants dans les meilleures universités

Cinquante personnalités dans six États ont été accusées mardi par le ministère américain de la Justice d'avoir participé à un important scandale d'admission dans certaines des meilleures universités américaines. Parmi elles, des actrices hollywoodiennes, des magnats de l'immobilier, des chefs d'entreprise, des entraîneurs d'élite et un créateur de mode.

Une adolescente qui ne jouait pas au football est devenue  une recrue star de l'équipe de Yale. Coût pour ses parents : 1,2 million de dollars. Un lycéen désireux de s'inscrire à l'Université de Californie du Sud a été faussement considéré comme ayant un trouble d'apprentissage, afin de pouvoir passer son test d'admission avec un surveillant complice qui s'assurerait d'obtenir le bon score. Coût pour ses parents : au moins 50 000 $. Un étudiant sans expérience en aviron a remporté une place dans une prestigieuse équipe universitaire, grâce à un cliché truqué le représentant en pleine prouesse sportive : ses parents ont viré 200 000 $ sur un compte spécial. 

Les célébrités ont versé des millions en pots-de-vin 

Les actrices Felicity Huffman (notamment reconnue pour son rôle de Lynette Scavo dans la série à succès Desperate Housewives) et Lori Loughlin font partie des dizaines de personnes inculpées par le FBI dans le cadre d'un vaste programme d'admission frauduleuse dans certaines des meilleures universités des États-Unis. Des stars hollywoodiennes, mais aussi des dirigeants d'entreprises, des magnat de l'immobilier et un créateur de mode, l'italien Mossimo Giannulli, auraient versé jusqu'à 6 millions de dollars en pots-de-vin pour que leurs enfants soient acceptés dans les universités de Yale, Stanford, Georgetown, UCLA, L'Université du Texas, L'Université de San Diego et L'Université de Wake Forest (Caroline du nord). Le prétendu stratagème, qualifié par le FBI de « conspiration nationale », permettait aux parents de payer pour que leurs enfants soient notamment présentés aux dites universités en tant que jeunes sportifs de haut niveau. Certains des prétendus athlètes ne pratiquaient même pas les sports pour lesquels ils avaient été recrutés. Certains grands coach universitaires font également partie des personnes inculpées.

Une entreprise à but "non lucratif" pour aider les stars à parvenir à leur fin 

Le réseau de corruption est né il y a déjà plusieurs années. William Rick Singer fondait alors à Newport Beach, en Californie, une société d'admission à l'université à but lucratif. The Key aurait aidé les étudiants à obtenir de meilleurs résultats aux ACT ou aux SAT, les aidant à tricher aux examens. Singer est accusé d’avoir corrompu les entraîneurs des universités, leur expliquant que le dit étudiant serai une recrue de choix pour leur équipe sportive. Forcément, William Singer et les entraîneurs savaient que l’élève en question ne pratiquait absolument pas le sport pour lequel il était recruté. Singer a accepté de plaider coupable, notamment pour racket et complot de blanchiment d’argent. Officiellement, The Key était une entreprise à but non lucrative, ce qui a permis à son patron de dissimuler la nature des paiements effectués par les parents, qui déduisaient ensuite cette somme de leur impôt sur le revenu, comme l'a déclaré le procureur américain Andrew Lelling lors d’une conférence de presse mardi matin. 

William Singer quitte le palais de justice fédéral de Boston, le 12 mars 2019

Accusations de fraude et complot 

William Singer aurait notamment photoshoppé des clichés afin de faire croire que ces élèves fortunés pratiquaient su sport à haut niveau.  La fille de l’ancien chef des opérations de Wynn Resorts, Gamal Abdelaziz, s’est par exemple présentée à l'Université de Californie du Sud comme étant un atout précieux pour l’équipe de basket de la fac. Mais une fois admise, elle n'a jamais rejoint la dite équipe.  

Les autorités ont déclaré avoir enregistré des appels téléphoniques dans lesquels Felicity Huffman et Lori Loughlin discutent de ces fraudes avec un témoin coopérant. Les deux femmes sont accusées de complot en vue de commettre une fraude. Les documents remis aux autorités indiquent que la plupart des étudiants ignoraient que le stratagème de leurs parents. Un scandale qui fait lumière sur le système universitaire américain : « Je ne suis pas convaincu que les meilleurs étudiants aillent dans les meilleures universités » déclare Scott Jaschik, rédacteur en chef chez Inside Higher Ed. 

Sommet à Hanoï : un échec relatif pour Donald Trump

Les négociations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord entre Donald Trump et Kim Jong-un se sont finalement soldées par un échec. Le sommet tant attendu s'est même achevé précipitamment. La diplomatie façon Donald Trump a-t-elle atteint ses limites ?

C'est sans un sourire que Donald Trump quitte le Vietnam, deux heures avant l'horaire prévu. La table du déjeuner entre lui et Kim Jong-un était déjà dressée ; il n'aura jamais lieu. Jeudi 28 février, pourtant, les deux chefs d'État étaient apparus complices et d'un optimisme teinté de prudence. "Ce que je pense, c'est qu'on peut avoir de bons résultats", confie le leader nord-coréen. "J'apprécie le fait qu'il n'y ait plus de tests de missiles nucléaires", assure quant à lui Donald Trump.

Mais quatre heures plus tard, à la table des négociations, les discussions s'arrêtent net. Kim Jong-un exige la levée de toutes les sanctions contre son pays avant de continuer à parler de dénucléarisation. Donald Trump refuse. "Ce fut deux jours très productifs, mais parfois, il faut savoir quitter la table", a réagi le président américain. La cérémonie de signature d'un accord était bien programmée, mais les délégations se quittent sur un échec. Il n'est pas sûr que les deux hommes se rencontrent à nouveau très bientôt. 

"La Corée du Nord n'est plus une menace directe et imminente"

Pour autant, Donald Trump n'a pas connu ces derniers jours un échec massif. Il rentre aux États-Unis en pouvant se targuer de n'avoir rien lâché, de ne pas avoir bradé les intérêts américains. "L'important pour Donald Trump est de dire : 'Regardez, la Corée du Nord a stoppé ses essais de missiles nucléaires, ce n'est plus une menace directe et imminente pour les États-Unis', et ça, c'est un succès". 

« Raciste », « escroc », « tricheur » : Michael Cohen attaque Donald Trump

Michael Cohen a été l'ami personnel et l'avocat de Donald Trump avant de le qualifier, mercredi 27 février devant des élus américains, de "raciste, d'escroc et de tricheur capable de menaces et de chantages" pour devenir président.

La violence des mots est absolument incroyable, celle des accusations aussi. Michael Cohen, l'ancien avocat de Donald Trump, a affirmé devant le Congrès que le président des États-Unis a triché avec le fisc, s'est servi de l'argent de la campagne électorale pour acheter le silence de ses anciennes maîtresses et qu'il savait à l'avance que des courriels piratés d'Hillary Clinton allaient être publiés. Michael Cohen a été condamné en 2018 à trois ans de prison pour fraude fiscale. Il assure qu'il a servi Donald Trump, qu'il a exécuté les basses œuvres du président et qu'il veut maintenant se racheter et dire toute la vérité.

Accablant, mais peu crédible

Le problème, c'est qu'il a déjà beaucoup menti à la justice et qu'il a peu de crédibilité et surtout il n'apporte pas de preuves à ce qu'il dit. Ce n'est pas sûr que ce témoignage ravageur nourrisse une action judiciaire même s'il y aura une agitation politique. Le portrait que dresse Michael Cohen de son ancien patron est accablant de reproches. Il déclare encore que Donald Trump traite les électeurs américains noirs de gens stupides et que travailler pour Donald Trump c'est mentir tous les jours, conclut Agnès Vahramian en direct de Washington.

Corée du Nord : le pari gagnant de Donald Trump ?

Donald Trump et Kim Jong-un se retrouvent pour un sommet au Vietnam. Décryptage des relations récentes entre Washington et Pyongyang.

20 heures de vol à bord d’Air Force One depuis l’Amérique pour l’un. 4 000 km de traversée en train pour l’autre. Kim Jong-un et Donald Trump se disent impatients de se retrouver au Vietnam. En huit mois, qu’est-ce qui a changé ? Un lien personnel s’est tissé. Le leader nord-coréen a écrit six lettres au locataire de la Maison-Blanche, dans lequel Kim Jong-un l’appelle "son excellence président."

Kim Jong-un joue-t-il un double jeu ?

Cet amour entre les deux hommes est-il bien raisonnable ? À Singapour, un accord de cinq paragraphes promet la dénucléarisation de la Corée du Nord. Problème : il s’agit d’une notion vague. Les essais de missiles ont bien été stoppés, mais des photos satellites récentes montrent des installations nucléaires en activité et en train de s’agrandir. Kim Jong-un joue-t-il un double jeu pour gagner du temps ? Les États-Unis n’ont obtenu, pour le moment, aucun calendrier et aucun programme de visite des installations nucléaires.

Un reportage d'Agnès Vahramian, Fabien Fougère, Charlotte Mattout et Louise Guibert 

La réputation de Nike ne tient qu'à un fil

Aux États-Unis, une chaussure Nike portée par une star du basket s'est déchirée sous les yeux de milliers de spectateurs et des caméras lors d'un match. Le lendemain, la marque enregistre un milliard de pertes en capitalisation boursière.

Une chaussure à un milliard de dollars. La salle était comble pour voir jouer Zion Williamson, meilleur espoir du basket américain. Parmi les spectateurs, Barack Obama était présent. Mais dès le début du match, le joueur prodigue s'écroule. Au ralenti, on peut apercevoir la coupable : la chaussure Nike de Zion Williamson s'est déchirée et a provoqué sa chute, lui causant une foulure au genou.

"Un petit accroc dans le monde immense de l'industrie du sport"

L'image du basketteur quittant le terrain en chaussette est ravageuse pour Nike, dont l'action chute en bourse. Le lendemain, la marque enregistre un milliard de pertes en capitalisation boursière. "À court terme, ça ne sera pas très bon pour l'image de Nike, mais l'entreprise s'en remettra sur le long terme. Ce n'est qu'un petit accroc dans le monde immense de l'industrie du sport", explique Mike Bako, directeur du service des sports du Daily National. De fait, pour les clients d'un magasin de la marque à New York (États-Unis), l'accident ne change pas grand-chose. "Mes enfants et moi on adore les produits Nike, on n’a jamais eu de problème jusqu'ici", assure un père de famille.

Aux États-Unis, les seniors continuent de travailler et parfois même jusqu'à un âge très avancé

Aux États-Unis, la part des personnes âgées dans la population active a nettement augmenté. Nos équipes sont allées leur rencontre.

Il est six heures du matin dans l’Oklahoma (États-Unis). Âgé de 81 ans, un homme s’apprête à aller travailler. "C’est de plus en plus dur d’aller travailler, mais je me force, confie Tom Coomer. Tous les matins je me lève et je me mets dans la tête que c’est jour de boulot", confie-t-il. Employé du mois dans le supermarché où il travaille, il fait un mi-temps. Son entreprise lui a offert un tabouret pour le soulager. Tom Coomer s’occupe de l’entrée du magasin. Il accueille la clientèle depuis neuf ans.

La part des personnes âgées dans la population a nettement augmenté

Aux États-Unis, les salariés comme lui touchent deux types de retraites : celle de l’État fédéral, un minimum et celles des sociétés privées dans lesquelles il a travaillé. Pour Tom Coomer, travailler est une question de survie. Dans son pays, depuis l’an 2000, la part des personnes âgées dans la population active a nettement augmenté, en particulier les plus de 80 ans. Certains secteurs de l’économie sont désormais dépendants de cette main d’œuvre.  

Un reportage d'Agnès Vahramian, Fabien Fougère, Rebecca Suner, Charlotte Mattout et Arielle Monange 

 

Découverte : une pilule contre les chagrins d'amour

Une pilule censée soigner les chagrins d'amour a été développée au Canada. En France, plusieurs médecins se sont formés pour soigner les cœurs brisés.

C'est sur les rives du Saint-Laurent au Québec, dans un hôpital, qu'Anne Lantoine est venue soigner sa peine d'amour. Elle a un rendez-vous hebdomadaire, elle doit lire une lettre qu'elle a elle-même rédigée sur les raisons de l'échec de son couple. Cette lecture sert à raviver la souffrance pour faire émerger les souvenirs douloureux.

Il efface la douleur associée au souvenir

Chaque séance est accompagnée de la prise d'un médicament, le propranolol, prescrit habituellement pour l'hypertension. Cette pilule atténue l'effet traumatisant des souvenirs. "On arrive à diminuer la force émotionnelle du souvenir tout en le conservant", explique le professeur Alain Brunet. Le principe est simple : à chaque fois que le patient revit son traumatisme, le médicament va intercepter son souvenir avant qu'il n'aille se ranger dans sa mémoire profonde, il efface ainsi la douleur associée au souvenir.

Un reportage d'Agnès Vahramian, Thomas Donzel, Rebecca Suner et Arielle Monange