Cinq choses à savoir sur Philip Roth

Géant de la littérature contemporaine américaine, Philip Roth s'est éteint mardi 22 mai à l'âge de 85 ans. Il laisse derrière lui une trentaine de livres, essentiellement des romans.

1. De multiples récompenses

Souvent pressenti pour le Prix Nobel, Philip Roth ne l'a jamais remporté. L'écrivain a toutefois reçu de nombreuses autres récompenses. Parmi elles, le Pulitzer (1998) et le National Book Award (1960 et 1995).

2. Entre autobiographie et fiction

Qu'elles évoquent la bourgeoisie juive, la politique, le vieillissement ou le poids de l'Histoire, les oeuvres de Philip Roth ont presque toujours oscillé entre autobiographie et fiction.

3. Fin de carrière en 2012

Paru en 2010, Némésis est le dernier roman de Philip Roth. Deux ans plus tard, l'écrivain annonce avoir renoncé à écrire. « Je n'ai plus l'énergie pour supporter la frustration. Ecrire est une frustration quotidienne, et je ne parle pas de l'humiliation », explique-t-il alors au New York Times.

4. Un homme de contradictions

Philip Roth est le petit-fils d'immigrés juifs d'Europe de l'Est « Je n'écris pas en tant que juif, j'écris en tant qu'Américain », insistait-il. Provocateur et satirique, le romancier s'est même attiré les foudres de sa communauté. Celle-ci a jugé antisémite le roman Portnoy et son complexe, paru en 1969. Un avocat juif new-yorkais y consulte un psychanalyste afin de comprendre sa sexualité débridée.

5. Un avis tranché sur Donald Trump

En janvier 2017, Philip Roth s'est exprimé dans le New Yorker  au sujet de Donald Trump. Il dépeint le président comme un « ignorant du gouvernement, de l'histoire, de la science, de la philosophie, de l'art, incapable d'exprimer ou de reconnaître une subtilité ou une nuance » et doté d'« un vocabulaire de 77 mots ».

Carte verte: fin de la loterie, bonne ou mauvaise nouvelle ?

La semaine dernière, les résultats de la loterie de la carte verte sont tombés. Ils pourraient cependant être les derniers. Donald Trump veut mettre un terme à ce jeu de hasard qui, depuis 1995, a permis à un million de personnes d'obtenir la résidence permanente. Dans l'hexagone, les candidats hésitent entre inquiétude et espoir.

C'est une porte d'entrée vers le rêve américain. Chaque année, en octobre, les Etats-Unis organisent une loterie. Elle permet à 50 000 étrangers d'obtenir une carte verte, ou greencard, et donc la résidence permanente. Cette initiative a été lancée par le Congrès américain en 1995 afin de maintenir une diversité d'immigrants. Pour tenter sa chance, il suffit d'être né dans un pays éligible, d'avoir au moins de 18 ans, de posséder le baccalauréat ou de justifier d'une expérience professionnelle de deux ans.

En 2013, selon le gouvernement américain, les Français avaient 1,25 % de chance d'être sélectionnés. Si certains jouent inlassablement, cette année pourrait bien être la dernière. Depuis l'attentat de New-York, en octobre 2017, perpétré par un Ouzbek qui avait gagné à la loterie, Donald Trump réclame la fin de ce système. Sa suppression pourrait être soumise au vote, à la Chambre des représentants, dès le mois de juin.

Dans le Loiret, Elise Cantiran, 32 ans, ne cache pas son inquiétude. L'enseignante, qui rêve de travailler aux Etats-Unis, s'est rendue deux fois à l'université de Berkeley pour y faire des recherches. « J'aimerais que Trump ne supprime pas la loterie. C'est déjà assez compliqué... », raconte la jeune femme qui a tenté sa chance pour la première fois l'an dernier.

Amaury Suchon, 29 ans, est lui aussi professeur. « J'ai déjà passé cinq ans dans ce pays sous différents visas. Ils ne permettent pas de s'installer confortablement et par conséquent de se projeter à long terme », regrette-t-il. En attendant de pouvoir vivre aux Etats-Unis, le Français s'est établi à Toronto, au Canada. Depuis 2012, il joue à la loterie de la carte verte. Toutefois, son éventuelle suppression ne le préoccupe pas : « Ce serait dommage mais ça ne changerait pas ma vie. C'est comme au Loto... Vous ne pouvez pas compter dessus. »

Pour ceux qui sont tirés au sort, la partie est loin d'être gagnée. « Vous pouvez être sélectionné et ne jamais obtenir la carte verte. Il faut suivre la procédure en temps et en heure pour maximiser ses chances », indique Me Maud Poudat, avocate spécialisée en droit de l'immigration. « Certains sont éliminés car ils ne respectent pas les critères ou ont coché des informations fausses», confirme Me Vanessa Elmaleh. Le temps moyen d'obtention de la carte verte est généralement de six à douze mois après les résultats.

Quand mérite rime avec élite

La loterie reste un système unique, à la portée de tous : « Il y a plusieurs procédés pour obtenir une carte verte mais gagner à la loterie, c'est comme un court-circuit», explique Me Vanessa Elmaleh. Me Maud Poudat confirme : « Cette catégorie est beaucoup plus flexible .» Donald Trump, pourtant, envisage de la remplacer par une sélection au mérite. Les candidats seraient notés selon leur âge, leurs études, leur volonté d'investir ou encore leur maîtrise de l'anglais. « Les Français auraient peut-être plus de chance d'obtenir une carte de résident permanent au niveau de l'éducation moyenne et du niveau des diplômes, mais aussi de l'expérience professionnelle », analyse Me Maud Poudat.

Ce système n'a rien d'inédit. Le Canada a été le premier à instaurer un système à points. Pour être admissible à la résidence permanente, le candidat doit obtenir au minimum 67 points. Le pays accueille aussi les personnes travaillant dans des domaines nécessitant de la main-d'oeuvre. Là-bas, mérite ne rime pas avec élite. Car c'est bien là la crainte majeure chez les démocrates. Selon eux, ce projet de loi tournerait le dos à l'Histoire de l'Amérique, terre d'accueil d'immigrants.

C.L

Meghan Markle, une touche de modernité dans la famille royale

Jusqu'ici, Grace Kelly était sans doute la plus célèbre des princesses américaines. Depuis quelques mois, tous les yeux sont rivés sur une autre actrice, elle californienne : place à Meghan Markle. Samedi 19 mai, la star hollywoodienne de 36 ans épousera le prince Harry. Un vent de fraîcheur souffle sur la famille royale. Qui est la future duchesse ?

1. Féministe dès l'adolescence

Dès l'âge de 11 ans, Meghan Markle avait de fortes convictions. Choquée par une publicité sexiste de Procter & Gamble pour un liquide vaisselle, la collégienne a décidé d'écrire à plusieurs célébrités américaines telles qu'Hilary Clinton, alors Première Dame. Dans ses lettres, la jeune fille dénonçait le fait que le ménage soit assimilé aux femmes. Grâce à ces courriers, la marque a accepté de modifier la publicité. La même année, dans un programme jeunesse, Meghan a indiqué à ce sujet qu'il n'est pas « juste que les enfants grandissent en pensant que leur mère fait tout ».

2. Militante et engagée

Autrefois engagée auprès de l'ONU en tant qu'ambassadrice, Meghan Markle a affirmé dans un discours en 2015 : « Je suis fière d'être une femme et une féministe. » Elle y précise qu' « une femme est l'égale de son mari ». La Californienne a également lutté contre la pauvreté : elle a parrainé un enfant du Malawi et s'est rendue au Rwanda par le biais de l'organisation humanitaire Word Vision.

3. Un profil universitaire atypique

La fiancée d'Harry est diplômée en théâtre et relations internationales. Avant d'être actrice, et de gagner en notoriété grâce à la série Suits, Meghan Markle a travaillé à l'ambassade des Etats-Unis en Argentine.

4. Une roturière divorcée

La future duchesse bouscule les codes de la monarchie. Elle est roturière, divorcée, métisse, américaine et plus âgée qu'Harry. Des critères qui auraient pu refroidir la reine. Wallis Simpson, deux fois divorcée et mariée à Edouard VIII en 1937, n'a jamais été acceptée par la famille royale. Le roi avait alors été contraint d'abdiquer. En acceptant ce mariage, Elisabeth II assouplit les codes de la monarchie britannique.

5. Une garde-robe moderne

Si Meghan s'est doucement forgé un style de duchesse, ses tenues restent modernes. Elle apprécie les pantalons, les sacs en bandoulière ou encore les chignons déstructurés. Des choix qui contrastent avec le style plus classique de Kate Middleton.

Les Américains de plus en plus nombreux à dormir dans leur voiture

Aux Etats-Unis, de plus en plus de travailleurs sont contraints de dormir à bord de leur véhicule, faute de pouvoir se payer un logement. En Californie, certaines villes ont même décidé de laisser à disposition des parkings gratuits.

A la nuit tombée, des véhicules apparaissent comme des ombres. On ne le soupçonne pas, mais ils appartiennent à une nouvelle catégorie de la population américaine. Ceux qui vivent là sont sans adresse, mais pas sans abris. Leur abri, c'est leur véhicule. Près de 40% d'entre eux ont un emploi.

Parmi eux, nous avons rencontré Danielle, 46 ans. Elle vit à l'arrière de sa voiture, sa fille reste à l'avant. Employée de bureau à mi-temps, elle fait partie de ces salariés pauvres qui gagnent trop pour percevoir des aides. Pour s'en sortir, elle préfère investir sur de nouvelles études et économise sur son logement. Danielle a longtemps été comptable, mais a perdu son emploi, stable, en 2012. Depuis, elle est constamment sur la route. Danielle fait partie de cette catégorie de population aux Etats-Unis qui vit en marge, sans être marginale. Sans possibilités de stocker, elle se nourrit exclusivement dans les fast-foods et admet "détester ça". Aujourd'hui encore, elle passera sa journée entre son lieu de travail et l'université.

Des parkings gratuits pour dormir dans son véhicule

La Californie traverse une véritable crise du logement, les loyers flambent, mais les salaires augmentent peu. Le temps d'attente pour un logement social est de sept ans en moyenne. L'impact sur les plus fragiles est tel que les mairies réagissent. Celle de Santa Barbara, par exemple, propose des emplacements de parkings gratuits la nuit, faute de mieux.

Dale Murnane, elle, a tout perdu lorsqu'un éboulement a ravagé son quartier et sa maison, il y a six mois. Elle a longtemps été assistante dentaire. Elle avait aussi une activité de médecine douce dans sa maison, mais elle a fait faillite. "J'ai l'impression d'avoir été catapultée hors de ce monde. Je survis avec l'âme en paix, mais sans savoir où je vais", avoue-t-elle. Parmi ces sans domicile fixe, 30% ont plus de 50 ans. En principe, aux Etats-Unis, il est interdit de dormir dans son véhicule, mais le triste succès de ce programme d'aide fait déjà des émules dans d'autres villes.

Reportage de Jacques Cardoze, Thomas Donzel, Andreane Williams, Arielle Monange

Avortement au Salvador : les dérives de la loi

C'est un pays qui ne tolère pas l'avortement et le punit de 20 à 30 ans de prison: le Salvador est sans doute l'État le plus sévère au monde en la matière.

Le Salvador est un pays où l'avortement est un crime, un pays qui enferme les femmes qui y ont recours. Nous sommes à la prison de San Salvador, où nous sommes autorisés à filmer un groupe de 17 femmes. Elles ont été condamnées par la justice pour avoir tué leur enfant. Elles racontent une autre histoire. Kenia Hernandez purge une peine de 30 ans. À 18 ans, elle est enceinte de huit mois quand elle ressent de vives douleurs.

"Si quelqu'un était venu m'aider, il ne serait pas mort"

Il est 23 heures, elle est seule à la maison, elle se lève pour chercher de l'aide, sans parvenir à ouvrir la porte de chez elle, à cause de la douleur. Par téléphone, elle appelle les secours, qui n'arrivent pas. "J'ai senti que le bébé arrivait, j'ai eu peur, le bébé ne réagissait pas. Je ne savais pas quoi faire. Je me suis levée avec lui, et j'ai coupé le cordon ombilical avec un couteau".  Transportée à l'hôpital, Kenia Hernandez perd connaissance. A son réveil, elle est accusée d'avoir tué l'enfant. "Si quelqu'un était venu m'aider, il ne serait pas mort", plaide-t-elle, les larmes aux yeux. À 18 ans aussi, cette jeune femme était enceinte de quatre mois, quand elle a commencé à saigner abondamment. Elle perd l'enfant à l'hôpital. "Un médecin légiste est venu et m'a dit que j'étais accusée d'homicide aggravé, raconte Glenda Xiomara Cruz Cardoza, on m'a expliqué que j'étais arrêtée pour avoir avorté, que c'est moi qui avais provoqué l'avortement, alors que ce n'était pas vrai." La justice conclut à un avortement, pas à une fausse couche. Au procès, elle a un avocat commis d'office. Verdict : 30 ans de prison.

Reportage d'Agnès Vahramian, Clément Voyer, Andreane Williams et Arielle Monange

États-Unis : des employés en lutte pour l'augmentation du salaire minimum

Aux États-Unis, plusieurs États ont décidé d'augmenter le salaire minimum tandis que des manifestations se répandent dans tout le pays. Les employés de la restauration rapide sont les plus touchés.

La grève se manifeste dans la rue. Aux États-Unis, des salariés de la restauration protestent pour l'augmentation du salaire minimum : 7,75$ bruts de l'heure, l'équivalent de 6,40€, 30% en dessous du SMIC français. Souvent, avec ce salaire, il faut également payer une assurance maladie. Les employés de fast-foods qui manifestent demandent le double. Aujourd'hui, près de 3 millions d'Américains sont payés au minimum légal.

Les salaires sont les plus bas dans la restauration rapide, et ils stagnent. Certains experts expliquent ce phénomène par la guerre des prix qui sévit entre les concurrents. Les prix sont bas et les économies sont réalisées sur la main-d'oeuvre. Alors que des machines remplacent parfois les employés pour prendre les commandes, un robot cuisinier est actuellement à l'essai aux États-Unis.

Les transports augmentent les salaires

Si elle semble perdue dans les fast-foods, la bataille des salaires semble en passe d'être gagnée dans les transports. Dans le Kentucky, une société de fret a dû augmenter ses salaires afin d'être attractive pour faire face au manque de main-d'oeuvre, de chauffeurs, notamment. L'entreprise a augmenté de 9 centimes d'euros le kilomètre parcouru. Pour les routiers, il était temps, les augmentations se sont fait attendre. La bataille des salaires passe aussi par la loi : 16 États américains viennent d'imposer un salaire minimum de 16$ de l'heure. Mais l'augmentation du salaire minimum revient à risquer de faire fuir les entreprises. Certains patrons ont décidé de déménager après avoir fait leurs comptes. En Amérique, la bataille du salaire à 15$ de l'heure est loin d'être terminée.

Reportage d'Agnès Vahramian, Régis Massini, Laurent Desbois, Arielle Monange et Andreane Williams

Etats-Unis - Mexique : la guerre des fruits rouges

Les myrtilles et les framboises sont au cœur d'une guerre commerciale entre les États-Unis et le Mexique. Des milliards de dollars sont en jeu, le gouvernement américain dénonce le dumping de ses voisins du sud. 

Un océan de plastique dans la plaine du Jalisco au Mexique : des serres à perte de vue qui abritent le trésor de cette région : l'or est bleu, comme les myrtilles, ou de couleur rouge, comme les framboises. Le Mexique exporte chaque année 1 milliard d'euros de fruits rouges aux États-Unis. Est-il en train de condamner la production américaine de myrtilles, fraises et framboises ?

"Au Mexique, on ne gagne rien"

En Floride, côté américain, c'est la colère. "Depuis que le marché est ouvert, ils n'ont pas quelques hectares de culture, mais des milliers d'hectares. Ils ont des subventions pour créer leurs fermes, on n'a pas ça aux États-Unis", explique Carl Grooms. Les fraises de Floride sont devenues trop chères. Dans les champs, ironie de la situation, les ouvriers sont des Mexicains. Plus ils ramassent de fruits et plus ils gagnent d'argent. "Ici on est payés en dollars, au Mexique, on ne gagne rien", explique l'un d'entre eux. Avec un salaire en dollars, le coût de la main-d'œuvre est donc bien plus élevé qu'au Mexique. Selon Carl Grooms, "là-bas, ils sont payés un dixième de ce qu'on donne ici". Le producteur a déjà vendu un quart de ses terrains. Au Mexique, en dix ans, les terres consacrées à la culture des fruits rouges ont été multipliées par trois.

Reportage d'Agnès Vahramian, Laurent Desbois, Arielle Monange et Andreane Williams

États-Unis : polémique sur les enfants d’immigrés

Donald Trump a mis fin à une directive qui jusque-là permettait à des parents sans-papiers avec enfants nés sur le sol américain de ne pas être expulsés. Des familles vivent dans la crainte.

Voilà ce que redoutent des dizaines de familles aux États-Unis : que les services de l’immigration débarquent un beau matin. 211 000 expulsions ont déjà été menées depuis l’élection de Donald Trump. Un chiffre en augmentation par rapport à la période de Barack Obama. Différence notable : désormais, on n’hésite plus à séparer les familles, à qualifier les illégaux de criminels.

Vivre avec la peur

Alors pour beaucoup, les réveils sont de plus en plus difficiles depuis l’élection du nouveau président. Comme pour cette petite fille de 8 ans : "Je me sens bien avec maman, mais en même temps j’ai très peur." Elle vit la peur au ventre de se retrouver séparée de sa maman. L’une et l’autre n’ont pas le même statut : la petite, née aux États-Unis, est américaine, la mère est sans-papiers et considérée comme expulsable. Brenda est arrivée illégalement aux États-Unis il y a 23 ans. Depuis, elle travaille dans la restauration où jamais personne ne lui a jamais demandé de justifier de son statut. D’ailleurs, elle paye même chaque année ses impôts. Mais les directives Trump sur l’immigration sont implacables. Pour elle, un rêve s’écroule.

Reportage de Jacques Cardoze, Laurent Desbois, Régis Massini et Arielle Monange

Génétique : l'homme d'affaires qui voulait fabriquer des génies

En 1980, un riche homme d'affaires a mis en place une "fabrique des génies", banque de sperme où les donneurs répondent à des critères très exigeants. Plus de 200 enfants sont nés de cette expérience.

Il voulait faire naître des enfants exceptionnels qui "sauveront l'humanité". En 1980, Robert Graham, homme d'affaires fortuné, créé la première banque de sperme en Amérique, exigeant des donneurs particuliers. Au moins 130 de QI, une santé à toute épreuve, scientifique, prix Nobel : 223 enfants sont nés aux États-Unis de pères au QI exceptionnel.

Une efficacité limitée

Tout au long de sa vie, Leandra Ramm sera filmée par les télévisions américaines. Très vite naîtra chez elle une passion pour la musique. Ses parents n'adhéraient pas vraiment au programme de Robert Graham, mais l'accès à la banque était gratuit. L'homme démarchait des scientifiques par téléphone. Un Prix Nobel, physicien inventeur du transistor, accepte de faire un don. Un journaliste a rencontré des dizaines enfants issus de la "fabrique des génies", et n'a pu que constater la normalité des individus, certains brillants, d'autres moins.

Reportage d'Agnès Vahramian, Régis Massini, Andreane Williams et Louise Dewast

États-Unis : les ravages de la dépendance aux antidouleurs

Aux États-Unis, les opioïdes, puissants antidouleurs, ont rendu dépendants des milliers de patients. Le pays prend enfin conscience de leur danger, mais ils ont déjà causé d'importants dégâts.

Elles dansent après être sorties de l'enfer. Ces femmes ont pris, pendant des années, des opioïdes, médicaments contre la douleur ou, plus précisément, une drogue prescrite sur ordonnance. Ces antidouleurs très puissants sont très contrôlés en France, réservés au traitement des cancers. Aux États-Unis, ils sont très faciles d'accès. L'alerte est venue d'un policier qui a pris et diffusé la photo d'un couple en overdose dans leur voiture avec un enfant sur la banquette arrière. Ils seront sauvés mais l'Amérique comprend alors que les médicaments empoisonnent la population.

Des cliniques antidouleur

Toutes ces femmes ont obtenu leurs antidouleurs sur ordonnance. Pourquoi les médecins en prescrivent-ils autant ? Le docteur Beckett a été témoin de "la crise des opioïdes". Selon lui, l'addiction peut se produire après seulement quelques prises. Il n'a prescrit que très peu de ces médicaments. Il explique qu'en 1999, le traitement de la douleur est devenu la norme. Des dizaines de cliniques antidouleurs ouvrent alors leurs portes. Les patients prenaient une ordonnance, payaient en liquide et partaient. L'épidémie touche des hommes, des femmes, plutôt blancs et issus de la classe moyenne. Un journaliste américain s'est infiltré dans une clinique ; les ordonnances sont dictées par les patients à une secrétaire. De 2011 à 2016, les morts par overdose ont augmenté de 33% aux USA. C'est la police antidrogue qui finira par fermer des dizaines d'établissements. Les grands laboratoires pharmaceutiques ont également mené des campagnes agressives pour vendre leurs médicaments. Certains sont aujourd'hui poursuivis pour avoir minimisé les risques de dépendance. Mais il aura fallu 20 ans pour que les États-Unis déclarent la guerre aux médicaments qui tuent.

Reportage d'Agnès Vahramian, Régis Massini, Thomas Donzel, Arielle Monange et Andreane Williams