Les Américains réagissent à la rencontre entre D. Trump et V. Poutine

Le parc Lafayette devant la Maison blanche est un lieu où se retrouvent manifestants, activistes et touristes. Nous nous y sommes rendus afin de demander aux Américains ce qu’ils pensent de la rencontre entre les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine.
 Philipos Melaku-Bello et Thomas Molineaux

Philipos Melaku-Bello manifeste tous les jours devant la Maison Blanche. L’homme d’une cinquantaine d’années a installé ses quartiers généraux - une tente entourée de pancartes anti-Trump - au parc Lafayette. "Je suis ici depuis 1991! Beaucoup de présidents ont fait de mauvaises choses alors je milite contre eux. Mais Trump est de loin le pire président des Etats-Unis. Au moins, les autres connaissaient les lois de la Constitution ! Il n’a aucune expérience, un peu comme un chauffeur de taxi qui ne sait pas manier les clés pour faire démarrer sa voiture. Et des millions d’Américains ont jugé bon de lui donner les clés de la maison la plus importante des Etats-Unis, si ce n’est du monde." Depuis 2016, le manifestant a été rejoint par Thomas Molineaux, un homme d’une soixantaine d’années originaire du Maryland qui occupe la parc Lafayette uniquement sous le mandat de Trump.

Que pensez-vous de la rencontre entre les présidents Trump et Poutine, hier à Helsinki ?

Philipos Melaku-Bello : Vladimir Poutine a tellement d’années d’expérience dans la politique, qui plus est avec ses années au KGB, qu’il a facilement la main mise sur un politicien novice qui a seulement été président à peine un an et demi. D’autant plus que Trump n’avait aucune expérience politique auparavant ! Sa plus grande expérience politique avant d’être président était qu’avoir accueilli les Clinton à son mariage quelques années auparavant. Je suis donc persuadé que cette rencontre n’a apporté rien de bon pour notre pays.

Thomas Molineaux : Je pense que les deux heures de rencontre entre les deux présidents étaient une farce. J’ai du mal à concevoir que le Congrès américain et les membres de son cabinet aient autorisé cette comédie. C’est la plus grande trahison qu’il ait pu faire.

Le président Trump plaide le lapsus quant à ses affirmations sur l’ingérence des Russes dans les élections de 2016. Qu’en pensez-vous ?
Philipos Melaku-Bello : A la minute où il a compris qu’il s’était mis les Etats-Unis à dos en faisant ami-ami avec la Russie aux dépens de son propre pays, Trump a cherché un moyen de se rattraper. Au lieu d’admettre sa faute, il trouve une excuse à dormir debout. Personne n’y croit.
Allison Frayton 
Allison Frayton, 29 ans et originaire de Washington D.C., s'indigne elle-aussi de la rencontre des deux chefs d'Etat à Helsinki. "C’est une aberration ! Oui, je pense que c’est une trahison, une trahison et une comédie à la fois!" La jeune femme, qui soutient le parti démocrate depuis des années, ajoute : "On ne peut pas penser que cette relation puisse marcher. Les Russes ont toujours été, par définition, nos opposants. Nos idéologies ne concordent pas ! Que diraient nos ancêtres qui ont vécu la Guerre Froide ? Que des pires ennemis sont soudainement devenus partenaires ? Même les plus grands supporters de Trump n’y croient pas. Je pense qu’il nous a humiliés. On avait gagné la Guerre Froide et en faisant ainsi il a fait honte à notre patrie. Nous passons pour des faibles."
Mike Garlfield

Les critiques ont également émergé du côté des Républicains. Plusieurs supporters de Trump n’hésitent pas à dénoncer l’attitude du président américain. C’est le cas de Mike Garlfield, un avocat américain de 32 ans, originaire d’Atlanta, en Géorgie.

Que pensez-vous de la rencontre entre Trump et Poutine ? 

M.G: A vrai dire, j’étais plutôt enthousiaste à l’idée de cette rencontre. Nos deux pays sont rivaux depuis des années et ça a perduré même après la Guerre Froide. Ce sont les deux plus grands ennemis de l’histoire. Quand j’ai su que Trump souhaitait apaiser les relations, j’ai pensé: "Enfin un président qui prend les devants." Je n’aurais jamais pensé que ça allait être au prix d’une trahison.

Vous considérez donc Trump comme un traître...

M.G : Non je ne pense pas que ce soit un traître. Je pense qu’il a cherché à prendre la meilleure décision pour son peuple et s’est laissé aller une fois devant Poutine.

Cela a été considéré comme un acte de faiblesse. Qu’en pensez-vous?

M.G: Oui je dirais que c’est un acte de faiblesse, mais pas envers Poutine, envers lui-même. Je pense qu’il était tellement obstiné à l’idée de mettre un terme à ces rivalités qu’il a prit une mauvaise décision et qu’il va devoir trouver un moyen de se rattraper.

Steven J. McAffee

Steven J. McAffee, 43 ans et originaire de Washington D.C., est également un Républicain déçu de l’attitude du locataire de la Maison Blanche envers la Russie.

Que pensez-vous de la rencontre entre les présidents Trump et Poutine ? 

S.J.M : J’étais contre la rencontre entre les deux présidents. J’étais persuadé que cela ne pouvait aboutir à rien de bon, et j’avais raison. Trump nous a humiliés. A présent, il cherche à rattraper ses propos avec une excuse à dormir debout. Il nous prend pour des idiots. Je suis Républicain mais je ne tolère pas certaines choses. Je pense que Trump est allé trop loin et qu’il a perdu beaucoup de supporters en très peu de temps.

Vous a-t-il perdu? 

S.J.M : Pour l’instant, il est certain que je ne soutiens pas du tout la façon dont il gère la situation. Il multiplie les erreurs et mensonges. Il va en falloir beaucoup avant que je puisse à nouveau lui faire confiance.

Pensez-vous que cette erreur est fatale pour la suite de son quinquennat ? 

S.J.M : Je pense qu’il s’est mis énormément de personnes à dos. Trump est à la fois extrêmement impopulaire et très soutenu. Tout le monde a un avis tranché sur lui. En agissant ainsi, je pense qu’il est plus impopulaire que soutenu et que cela va lui jouer des tours pour les prochaines décisions qu’il aura à prendre.

Certaines personnes avancent la thèse du "kompromat", à savoir que les Russes détiennent des informations compromettantes sur le président Trump. Qu’en pensez vous ?

S.J.M : J’en ai entendu parlé. Je préfère penser que notre président n’a rien à voir avec cette histoire. Mais tout homme politique a les mains sales, d’autant plus quand c’est un homme aussi important que Trump. Ça ne m’étonnerait pas que les Russes aient des dossiers compromettants sur lui.

 

Audrey BARBIERI

Donald Trump fustigé au retour de sa rencontre avec Vladimir Poutine

"Je fais confiance à mes services, mais la dénégation de Vladimir Poutine a été très forte et très puissante." Accusée d’ingérence dans les élections présidentielles de 2016, la Russie est graciée par Donald Trump. C’est du moins ce que soutiennent de nombreux politiciens américains au lendemain de la rencontre historique entre le président américain et Vladimir Poutine. Survol des réactions les plus marquantes aux Etats-Unis.

Les démocrates face à l’attitude pro-russe de Trump

Face à l’indulgence de Trump envers Vladimir Poutine, les démocrates avancent la thèse « kompromat », soutenant que la Russie détiendrait des informations compromettantes sur le président américain. Chuck Schumer, sénateur de l’Etat de New-York, parle d’un président ayant été « irréfléchi, dangereux et faible » et avance des scénarios des plus sinistres : "Des millions d’Américains vont continuer à se demander si la seule explication possible à ce comportement dangereux est la possibilité que le président Poutine possède des informations nuisibles sur le président Trump." De même, Nancy Pelosi, chef de groupe des démocrates, parle d’un "triste jour pour l’Amérique".

Critiqué même par son camp

La décision du président peine à trouver des défenseurs même au sein de son propre parti. Parmi les Républicains, John McCain est le plus lapidaire : "La conférence de presse d'aujourd'hui à Helsinki a été l'une des représentations les plus scandaleuses d'un président américain en mémoire", a-t-il aussitôt tweeté après la conférence, rajoutant par la suite que ce dernier avait fait "le choix conscient de défendre un tyran". Arnold Schwarzenegger, acteur et ancien gouverneur, va même jusqu’à le qualifier de "chiffe molle", tandis que Paul Ryan, chef de file des républicains, rappelle au président que les deux pays sont trop opposés moralement pour pouvoir considérer la Russie comme une alliée américaine.

Les médias s’en mêlent 

De leur côté, les médias, mêmes les plus conservateurs, braquent leur plume contre Trump. Vice News ou encore CNN soutiennent la thèse du "kompromat". Fox News, pourtant réputée pour soutenir des positions politiques républicaines, va même jusqu’à titrer "Ce n’est pas une façon de gagner la guerre froide", s’opposant ouvertement à l’attitude du président.

Les services de renseignements maintiennent leur position

Malgré le soutien de Trump au président du Kremlin à peine trois jours après l’inculpation aux Etats-Unis de douze agents russes accusés d’avoir piraté des ordinateurs de responsables démocrates, les services de renseignements américains restent unanimes : la Russie a interféré dans les élections de 2016. Will Hurd, représentant républicain du Texas et ancien agent de la CIA annonce : « J’ai vu les renseignements russes manipuler beaucoup de gens dans ma carrière, je n’aurais jamais cru que le président des Etats-Unis serait l’un deux ».

Audrey BARBIERI

Siesta Beach : la plus belle plage de Floride

France 2 vous emmène découvrir Siesta Beach, la plus belle plage de Floride (États-Unis) dans le golfe du Mexique.

La plage de Siesta Beach, en Floride (États-Unis), est réputée pour la qualité de son sable fin, presque blanc. Souvent citée parmi les plus belles plages des États-Unis, cette plage, située au sud de Tampa, fait face à la mer chaude du golfe du Mexique. Ava est une des habituées de la plage. "Regarde bien ce sable. Si tu l'observes au microscope, tu seras épaté. C'est le seul endroit au monde où tu trouveras ce type de sable. Cela permet de transférer l'énergie, du sol vers le ciel", analyse cette professeure de yoga.

"Franchement, c'est le paradis"

"C'est un endroit magnifique pour le yoga, c'est très propre et très spirituel", lance l'une de ses élèves. "Je viens ici depuis neuf ans. J'ai organisé toute ma vie pour venir sur cette plage et pratiquer du yoga", explique une autre élève. Dans la journée, cette plage gratuite qui dispose aussi d'un parking gratuit fait rapidement le plein. "J'aime bien cette plage parce qu'elle est large. Même s'il y a du monde, on ne sent jamais la foule. On peut aussi marcher dans l'eau tout en ayant pied", constate un père de famille, entouré de ses deux enfants. "Franchement, c'est le paradis", s'extasie une promeneuse.

Reportage de Jacques Cardoze, Thomas Donzel et Courtney Vinopal

Brett Kavanaugh, un nouveau juge conservateur à la Cour suprême

C'est la plus haute juridiction des Etats-Unis. Au cœur de la Cour suprême, neuf sages veillent à la conformité des lois. Alors qu'Anthony Kennedy libère son siège le 31 juillet, Donald Trump vient de nommer un nouveau juge conservateur, Brett Kavanaugh.

Qui est Brett Kavanaugh ?

Brett Kavanaugh, 53 ans, siège à la Cour d'appel du District de Columbia depuis 2006. Diplômé de Yale, il a commencé sa carrière comme assistant d'Anthony Kennedy. Dans les années 1990, il a collaboré avec Kenneth Star, procureur charger d'enquêter sur le président Bill Clinton. A partir de 2001, il a occupé plusieurs postes à la Maison Blanche, sous la présidence de George W. Bush. C'est ce dernier qui l'a nommé à la Cour d'appel.

Résolument conservateur, Brett Kavanaugh est notamment opposé à la loi Obamacare. En 2012, il a également fait partie d'un panel ayant annulé une mesure de l'EPA, l'agence fédérale de protection de l'environnement, visant à réduire la pollution de l'air entre les États. Catholique pratiquant, le magistrat est bénévole au sein de sa communauté religieuse.

"C'est un juriste brillant aux écrits clairs et ciselés, considéré partout comme l'un des esprits juridiques les plus fins et les plus vifs de notre époque", a déclaré Donald Trump. Brett Kavanaugh, quinquagénaire nommé à vie, peut envisager de siéger pendant près de trois décennies. Si le choix est confirmé par le Sénat, cinq juges sur neuf seront conservateurs. Début 2017, le Président avait déjà promu un juge conservateur, Neil Gorsuch.

Le droit à l'avortement est-il en danger ?

Si Anthony Kennedy était progressiste sur des sujets comme l'avortement, Brett Kavanaugh se montre beaucoup plus conservateur. Cette année, il s'est prononcé contre l'autorisation donnée à une adolescente, entrée clandestinement aux Etats-Unis, de se faire avorter.

Contrairement à la France, le droit à l'avortement aux Etats-Unis ne repose pas sur une loi mais sur une décision de la Cour suprême de 1973, l'arrêt Roe v.Wade. Avec l'arrivée de Brett Kavanaugh, la Cour suprême pourrait se montrer beaucoup plus clémente envers les Etats qui veulent instaurer des lois restrictives contre l'avortement. Pire: la juridiction pourrait annuler l'arrêt Roe v.Wade.

Que peuvent faire les démocrates contre cette nomination ?

Cette nomination doit encore être validée par le Sénat. Pour l'heure, les Républicains y détiennent une courte majorité. Chuck Schumer, sénateur démocrate de New York, a rapidement réagi : "Je m'opposerai à la nomination du juge Kavanaugh par tous les moyens."  Les Démocrates vont sans doute tenter de retarder le vote jusqu'aux élections de mi-mandat (midterms), en novembre prochain. Et pour cause, le parti représenté à la Maison-Blanche a presque toujours perdu des élus au Congrès à mi-mandat.

En 2016, les Républicains avaient réussi à annuler la nomination du juge Merrick B. Garland, par Barack Obama. Le chef de la majorité sénatoriale, Mitch McConnell, avait alors fait savoir que le Président était trop proche de la fin de son mandat et que le peuple américain devait "avoir son mot à dire dans la sélection du prochain juge". Depuis, les Démocrates restent amers.

C.L

Le Rio Grande, un fleuve mythique à sec

Il sépare le Mexique des États-Unis : le Rio Grande, quatrième fleuve américain est menacé d'assèchement. Pour la première fois cette année, il s'est transformé en piste craquelée sur plusieurs dizaines de kilomètres dès le printemps. 

C'est une image inédite, spectaculaire : celle d'un fleuve à sec sur près de 40 kilomètres. Un lit de rivières, dans lequel les voitures avancent désormais aussi vite que sur une route de campagne. Le Rio Grande est le quatrième plus grand fleuve des États-Unis et il est en réel danger. Le rythme des sécheresses s'accélère : cette année, elle a commencé deux mois et demi avant la date habituelle. La sécheresse arrive normalement au milieu de l'été. Cette année, le sol est craquelé depuis le début du printemps.

Des chutes de neige insuffisantes

Une équipe d'ingénieurs racle les fonds des flaques d'eau qui jalonnent cette partie du Rio Grande à la recherche des poissons en train de s'asphyxier. Leur mission : sauver les espèces les plus fragiles en ne récupérant que les petits spécimens. Cela fait dix ans que Thomas Archdeacon observe le Rio Grande, un fleuve qui doucement s'assèche. Selon lui, il y a de moins en moins de neige d'année en année pour alimenter le fleuve. Le Rio Grande est en effet alimenté par l'eau qui provient des montagnes du Colorado. L'hiver dernier, il n'y a pas eu assez de chutes de neige. C'est pour cela qu'une partie est à sec. Il y avait en fait tellement peu d'eau que les hydrologues et tous ceux qui gèrent le fleuve et ses barrages ont préféré assécher cette partie pour préserver l'eau dans des endroits plus stratégiques : là où il y a des habitants et des fermes.

Reportage d'Agnès Vahramian, Fabien Fougère, Courtney Vinopal, Arielle Monange

Alexandria Ocasio-Cortez bouscule le parti démocrate

Elle pourrait être le nouveau visage de la gauche progressiste. Alexandria Ocasio-Cortez a gagné les primaires démocrates de la 14e circonscription de New York, mardi 26 juin, face à Joseph Crowley. Les médias américains s'accordent à dire que cette victoire est un coup de tonnerre. Explications.

Pourquoi cette victoire fait-elle la Une des médias ?

Avec quinze points d'avance, Alexandria Ocasio-Cortez a battu Joseph Crowley, 56 ans, un baron du parti élu depuis 1999. Ce dernier était annoncé comme le futur président de la Chambre des représentants en cas d'alternance. Au contraire, à 28 ans, Alexandria Ocasio-Cortez est novice en politique. Si elle remporte les élections de mi-mandat (midterms), en novembre prochain, elle sera aussi la plus jeune femme élue au Congrès.

Qui est Alexandria Ocasio-Cortez ?

L'activiste est née d'une mère portoricaine et d'un père du Bronx. Elle a étudié l'économie et les relations internationales à l'Université de Boston. Dans le même temps, elle a travaillé auprès du sénateur Ted Kennedy. Après ses études, Alexandria Ocasio-Cortez est retournée dans le Bronx, d'où elle est originaire. En 2008, après le décès de son père, la jeune femme a multiplié les emplois afin d'aider sa famille à lutter contre la crise financière. Il y a quelques mois, elle était encore serveuse dans un bar à cocktails de Manhattan.

Que propose-t-elle ?

La candidate démocrate a fait campagne résolument à gauche, en misant sur ses origines et sa volonté de défendre la classe ouvrière. Assurance santé pour tous, aides à l'accès à l'université, développement de l'emploi public, réforme de la justice criminelle, suppression de l'agence d'immigration : autant de propositions qui figurent dans son programme et qui ne sont pas sans rappeler celles de Bernie Sanders. Alexandria Ocasio-Cortez a d'ailleurs participé à l'organisation de sa campagne en 2016.

Et Trump alors ?

Sur Twitter, le président s'est réjoui de la défaite de Joseph Crowley : "Peut-être qu'il aurait dû être plus gentil, et plus respectueux, envers son Président."

Mauvaise nouvelle pour Donald Trump : Alexandria Ocasio-Cortez critique elle aussi sévèrement sa politique. Le 24 juin, elle s'est présenté devant un centre de détention pour enfants migrants, près de la frontière mexicaine.

C.L

États-Unis : le rêve des enfants migrants d'Amérique centrale

Des mineurs cherchent à tout prix à rentrer aux États-Unis par la frontière avec le Mexique. Ces jeunes marchent seuls sur des milliers de kilomètres, fuyant la violence et la pauvreté.

De nombreux adolescents d'Amérique centrale parcourent des centaines de kilomètres pour pouvoir traverser la frontière avec les États-Unis, en quête d'un avenir meilleur. Un adolescent de 15 ans vient du Honduras et continue son chemin sur la frontière entre le Guatemala et le Mexique. "Je n'ai pas d'argent, je n'ai mangé que des fruits depuis neuf jours", confie-t-il. Il a déjà traversé trois pays, laissant ses parents pour accomplir son rêve : aller à l'école aux États-Unis.

Un périple long pour fuir la pauvreté et la violence

Venus du Honduras, du Guatemala ou du Salvador, des milliers d'adolescents parcourent près de 5 000 kilomètres d'Amérique centrale vers la frontière américaine. Le fleuve qui sépare le Guatemala et le Mexique est un lieu de trafic. Des marchandises passent toute la journée sur des embarcations, tout comme les hommes, sous les yeux indifférents de la police. Une dizaine d'adolescents se trouvent dans un refuge pour migrants. L'un d'eux est parti du Salvador pour échapper aux gangs qui voulaient le recruter. Plus de 50 000 enfants non accompagnés sont arrêtés aux frontières américaines chaque année.

Reportage d'Agnès Vahramian, Thomas Donzel, Andreane Williams et Arielle Monange

Crèmes solaires : le cancer des coraux ?

Hawaï, aux États-Unis, a lancé un défi à l'industrie pharmaceutique pour qu'elle fabrique des crèmes solaires moins polluantes.

Hawaï est le premier territoire à bannir la vente des crèmes solaires à base de produits chimiques. Sur les plages de l'archipel du Pacifique, huit millions de baigneurs viennent chaque année avec dans leurs bagages de quoi se protéger du soleil. Mais pourquoi les crèmes solaires sont-elles dans le viseur des autorités ? Pourquoi les interdire ?

Une pellicule de crème solaire dans l'eau

À Hawaï, il faut partir avec les plongeurs pour comprendre l'urgence à protéger le corail. Tout autour de l'île, la barrière est à quelques mètres de profondeur et les coraux sont l'une des merveilles de l'archipel. On y trouve du jaune, du rouge, et des filaments de bleu... Mais le trésor d’Hawaï est en train de mourir et les coraux brunissent les uns après les autres. En cause, la crème solaire devenue un véritable polluant, qui dépose une sorte de pellicule à la surface de l'eau qui suffit à mettre en danger le corail.

Reportage d'Agnès Vahramian, Fabien Fougère et Andreane Williams

Donald Trump poursuit sa politique unilatéraliste

Mardi dernier, les Etats-Unis ont quitté le Conseil des droits de l'Homme (CDH) de l'ONU. Une décision critiquée par plusieurs de leurs alliés internationaux. Depuis son investiture, Donald Trump a déjà claqué la porte de quatre instances et accords internationaux.

Le Conseil des droits de l 'Homme de l'ONU

Alors que le mandat des Etats-Unis s'achevait en principe en 2019, la Maison Blanche s'est retirée du Conseil des droits de l'Homme (CDH) mardi 19 juin. "Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d'une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l'Homme un sujet de moquerie", a indiqué Nikki Haley, ambassadrice américaine auprès des Nations unies. Cette décision "va mettre le pays en marge des initiatives mondiales cruciales pour défendre les droits de l'homme", a réagi l'ONG Human Rights Watch.

L'administration George W. Bush avait déjà boycotté le CDH dès sa création, sans conséquence sur le fonctionnement de l'organisme. Les Etats-Unis avaient finalement rejoint le Conseil sous la présidence de Barack Obama.

Basé à Genève (Suisse), le CDH a été créé en 2006 afin de promouvoir et protéger les droits de l'Homme à travers le monde.

L'accord de Vienne sur le nucléaire iranien

En mai dernier, Donald Trump s'est retiré de l'accord de Vienne. "C’est un accord horrible qui n’aurait jamais dû être conclu", avait-il alors déclaré. Peu avant cette décision, Emmanuel Macron avait fait part de son inquiétude à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel : "Il pourrait y avoir une guerre."

Avec le départ des Etats-Unis, l'accord de Vienne se trouve fragilisé. Le président iranien Hassan Rohani a laissé entendre qu'il pourrait cesser d'appliquer les restrictions imposées à ses activités d'enrichissement d'uranium.

Cet accord a été signé en 2015 entre l'Iran et les Etats-Unis, la France, la Russie, la Grande-Bretagne, la Chine et l'Allemagne. Il prévoit une levée progressive des sanctions internationales en échange de l'arrêt de ses activités nucléaires.

L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco)

Les Etats-Unis ont quitté l'Unesco en octobre 2017, accusant l'institution d'être "anti-israélienne". En 2011, Washington avait déjà cessé sa contribution financière à la suite de l'admission de la Palestine comme membre de l'Unesco. Les conséquences restent donc essentiellement politiques. "Au moment où les conflits continuent de déchirer les sociétés à travers le monde, il est regrettable que les États-Unis se retirent", a déclaré Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco. Le retrait sera effectif le 31 décembre 2018. Le pays conservera toutefois un statut d'observateur.

Née en 1946, l'Unesco se définit comme une agence pour la paix. Cette organisation, située à Paris, consiste à favoriser le dialogue et la compréhension mutuelle entre nations.

L'Accord de Paris sur le climat

Washington s'est retiré de l'Accord de Paris sur le climat, en juin 2017. Donald Trump entend ainsi préserver l'économie américaine, en sauvant les emplois dans les industries polluantes comme le charbon. Le retrait sera effectif en novembre 2020. 

Conclu en 2015 par 195 pays, ce premier accord universel sur le climat prévoit notamment de contenir le réchauffement climatique "en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels". Les Etats-Unis sont le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre, derrière la Chine. Sans eux, les objectifs seront d'autant plus difficiles à réaliser.

C.L

Mexique : des migrants à bord du train de l'enfer

Nous avons embarqué à bord de la "bestia", un train de marchandises qui permet à des centaines de migrants de s'approcher de la frontière américaine dans des conditions extrêmement dangereuses.

Le train est surnommé "la bête". Au bout d'une gare de marchandises, le long des rails, des dizaines de personnes courent pour s'accrocher au wagon. Personne ne sait quand le train va redémarrer, il faut faire vite pour grimper et se passer les baluchons. Ce jour-là, une famille, trois enfants et un bébé. Dans les wagons se trouvent des rouleaux de ferraille, mais, trop de poussière, la famille renonce. Sans eux, mais avec beaucoup d'autres, le train démarre. Le train roule à pleine vitesse, tout déplacement est périlleux. Le voyage vers la frontière américaine durera environ vingt heures, la chaleur est accablante, le vent est sec et brûlant. Dans chaque village, des passagers montent en marche. Dans toute l'Amérique, le train est surnommé "la bête", bestia, en espagnol.

Une pratique tolérée au Mexique

Dans un passage que les migrants appellent "la jungle", il faut se coucher pour éviter les branches. La "bestia" a fait beaucoup de victimes, dont beaucoup d'amputés. Un homme embarque sur une jambe, il y a un an, le train l'a mutilé alors qu'il échappait à la police de l'immigration. Ce jour-là, les migrants ont eux-mêmes arrêté le train en détachant deux wagons. Certains voyagent depuis plusieurs mois depuis l'Amérique centrale. Le train traverse le Mexique du sud au nord. Tout le temps où nous serons sur la "bestia", nous n'avons vu aucun contrôle de police. Les migrants sont largement tolérés. La nuit tombe, le bruit des rails accompagne la fin du voyage. La frontière américaine est encore à quelques centaines de kilomètres.

Reportage d'Agnès Vahramian, Andreane Williams, Fabien Fougière, Arielle Monange