Donald Trump s'attire les foudres des défenseurs des animaux et le soutien des chasseurs d'éléphants

Hier, jeudi 16 novembre, l'administration de Donald Trump a réautorisé les chasseurs américains à importer sur le territoire des trophées d'éléphants tués au Zimbabwe, lors de la chasse pour le loisir. Le U.S. Fish & Wildlife Service(USFWS) va émettre des permis autorisant l'apport de ces trophées d'éléphants abattus entre le 26 janvier 2016 et jusqu'au 31 décembre 2018.

En autorisant légalement cette mesure, Donald Trump s'attire la colère des associations de défense des animaux. Une fois encore, le président républicain confirme sa volonté de s'écarter de la lignée de ses prédécesseurs. Les autorités américaines renversent ainsi l'interdiction, imposée sous Barack Obama en 2014, d'importer notamment les défenses d'ivoire, très convoitées, des éléphants.

Cette décision avait été prise dans le but de lutter contre l'extinction de cette espèce, dont la population diminue considérablement d'année en année. Selon l'organisation Great Elephant Census, le nombre de pachydermes a chuté de 30% entre 2007 et 2014 en Afrique, avec une baisse de 6% pour le Zimbabwe.

De la chasse pour le loisir vers le braconnage ?

L'administration américaine exploite avec cette mesure un aspect de la loi américaine sur les espèces en danger (Endangered Species Act), qui stipule que l'importation de tels trophées peut être légale si la preuve est apportée que la chasse bénéficie à la conservation plus large des espèces. "La chasse pour le loisir, légale, bien encadrée, dans le cadre d'un programme, peut bénéficier à la conservation de certaines espèces en incitant les populations locales à conserver les espèces et en injectant l'argent dans la conservation", explique ainsi l'USFWS.

De son côté, l'organisme de protection des éléphants baptisé The Elephant Project, dénonce sur Twitter une dérive potentielle de cette levée de l'interdiction: "100 éléphants sont déjà tués chaque jour. Cela mènera à davantage de braconnage". Pour sa part, le centre américain pour la biodiversité a déploré qu'en autorisant l'importation "des têtes, des pieds et des queues d'éléphants morts aux Etats-Unis", Donald Trump "légalise le fait du tuer des éléphants menacés".

Les fils Trump adeptes de la chasse

Suite à l'annonce, de nombreux internautes ont évoqué une corrélation entre la décision de l'administration américaine et la passion des deux fils aînés du président, Don Jr et Eric, qui se rendent régulièrement à la chasse aux trophées en Afrique. Plusieurs photos ont été relayées sur les réseaux sociaux. Sur l'une d'elle, Donald Trump Jr brandit une queue d'éléphant dans la main, à côté de l'animal mort.

Yelen Bonhomme-Allard

Salvador : les pesticides hors la loi

Cette semaine, nous vous emmenons, au Salvador où depuis quatre ans le pays interdit l'utilisation du glyphosate, ainsi que 53 autres produits chimiques jugés dangereux pour l'homme.

Le Salvador, le plus petit État d'Amérique centrale, révolutionne son agriculture et défie les géants de l'agroalimentaire. Il a chassé les pesticides et supprimé les semences des multinationales telles que Monsanto. L'objectif du pays est de nourrir la population seulement avec du bio. Le riz, les haricots, les lentilles et le maïs sont donc cultivés sans produits chimiques.

Les anciens guérilleros apprennent alors aux paysans à se passer de pesticides. Aujourd'hui au pouvoir, ils ont interdit 70 pesticides, dont ceux de Monsanto. Manuel Abalinga, maraîcher, reconnait que sa production est moins rentable depuis qu'il cultive ses fruits avec des fertilisants naturels. Mais il espère qu'un jour, la qualité de sa production sera reconnue au détriment de sa quantité.

Le rêve d'une agriculture saine 

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Le gouvernement salvadorien aimerait que les agriculteurs bannissent définitivement les pesticides. C'est pourquoi, il leurs envoie gratuitement des sacs de graines de maïs, protégées des insectes grâce à une teinture rose. Pourtant, plusieurs paysans continuent d'utiliser les semences de Monsanto, qui rapporteraient deux fois plus d'argent et augmenteraient la taille des épis de maïs.

Aucun chiffre fiable n'existe sur le nombre d'exploitations converties au bio. Monsanto n'a pas souhaité s'exprimer sur l'interdiction de ces pesticides. Les guérilleros entament donc un long travail de conviction auprès des paysans, avant de parvenir, un jour peut-être, à une agriculture saine et autosuffisante.

Reportage d'Agnès Vahramian, Régis Massini, Andréane Williams et Niel Brandvold.

Comment les Américains se souviennent-ils de la Première Guerre mondiale ?

Le 11 novembre 2017, la France et ses alliés - dont les États-Unis - commémoraient la fin de la Première Guerre mondiale, proclamée il y a 99 ans. À l'occasion de cette date anniversaire, nos journalistes se sont envolés en direction de Kansas City, où le travail de mémoire y occupe une place primordiale.

La Première Guerre mondiale a éclaté le 28 juillet 1914. Elle a opposé les puissances européennes parmi lesquelles l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie (soutenues par la Turquie et la Bulgarie), face à la France, la Russie, la Belgique et la Grande-Bretagne (soutenues par le Japon, l'Italie, la Roumanie, le Portugal, les États-Unis, la Grèce et la Chine).

Les Américains ont pris part au conflit le 2 avril 1917. Leur intervention a permis d'apporter une aide immédiate sur les plans économique, naval et financier. Toutefois, face au faible effectif que comptait l'armée américaine - à peine 150 000 hommes - une campagne de propagande a été lancée dans le but de recruter des soldats.

Des dizaines de ces affiches de propagande sont aujourd'hui exposées dans le musée de Kansas City, consacré à ce conflit. À l'intérieur du bâtiment, un mémorial dédié aux victimes a également été érigé.

Sensibiliser la jeune génération 

Dans les établissements scolaires américains, l'enseignement de cette bataille est bien au programme, mais il n'est pas prioritaire. La Première Guerre mondiale arrive en quatrième position, après la Guerre du Viêt Nam, la Guerre de Corée et la Seconde Guerre mondiale. Au collège The Barstow School, à Kansas City, Anne Hyvrard, professeure de français, a décidé de lutter contre la banalisation des conflits, et souhaite que ses élèves prennent conscience des conséquences engendrées à la suite d'une guerre. "Les Américains n'ont jamais été occupés, c'est aussi pour cela qu'ils se rendent moins compte" analyse l'enseignante.

En un an et demi de combat (du 2 avril 1917 au 11 novembre 1918), les États-Unis ont perdu 120 000 hommes. Elle est l'une des nations les moins touchées durant ce conflit, qui fut le plus meurtrier de l'Histoire internationale.

Reportage de Jacques Cardoze, Arielle Monange et Louise Dewast.

Pourquoi certaines personnes sont-elles plus altruistes que d'autres ?

Abigail Marsh est professeur en psychologie à l'université de Georgetown, à Washington DC. Suite à une expérience personnelle survenue à l'âge de 19 ans, elle a voulu scientifiquement démontrer que certains individus sont plus aptes à secourir les autres, et reconnaissent plus facilement la détresse d'autrui. 

"Il y a un homme quelque part qui ressemble un peu à l'acteur Idris Elba, ou en tout cas cela était vrai il y a presque 20 ans. Je ne sais rien de lui à part qu'un jour, il m'a sauvé la vie en mettant la sienne en danger. Cette homme a traversé quatre voies d'autoroute en plein milieu de la nuit pour me ramener en lieu sûr, suite à un accident de voitures qui aurait pu me tuer. Pourquoi a-t-il risqué sa vie pour sauver celle d'une inconnue?" questionnait Abigail Marsh lors d'une conférence en juin 2016.

Décidée à résoudre cette problématique, cette universitaire a lancé un appel en 2010, à une catégorie de personnes extrêmement altruistes : les donneurs d'organes, et en particulier ceux du rein. Elle a réuni 19 volontaires, répartis aux quatre coins des États-Unis, ayant donné un rein à de parfaits inconnus, sans jamais les rencontrer (les donneurs aux membres de leur famille ont été exclus de l'étude).

Alors que le cerveau des candidats était passé au scanner, plusieurs expressions du visages leur ont été présentées. Les IRM montraient alors une augmentation de l'activité cérébrale lorsque des visages apeurés étaient exposés. L'amygdale de l'hémisphère droit du cerveau était 8% plus grosse que celle de la population générale. Or cette partie du cerveau est impliquée dans la détection des signaux émotionnels, notamment celui de la peur.

Face à ces résultats, l'équipe de scientifiques a conclu que ces personnes sont particulièrement sensibles à la détresse d'autrui et sont, par conséquent, plus enclines à venir en aide à leurs prochains. Plus altruistes donc. 

Vidéo réalisée par Louise Dewast, texte de Yelen Bonhomme-Allard

"Il n'y a pas de consentement à 14 ans". Sur Twitter les femmes sensibilisent l'opinion sur le consentement sexuel via #MeAt14

Roy Moore, 70 ans, magistrat ultra-conservarteur en Alabama et candidat au siège de sénateur de Washington, est accusé d'agressions sexuelles par deux femmes alors âgées de 14 à 16 ans au moment des faits. Ce scandale a fait naître un nouveau mouvement sur Twitter baptisé #MeAt14, "Moi à 14 ans". Dans la lignée de #MeToo, plusieurs Américaines ont publié des photos d'elles à l'adolescence, afin de sensibiliser l'opinion sur le consentement sexuel. Toutes soulignent leur incapacité à consentir à une relation sexuelle, en tant que mineure, avec un partenaire adulte. 

Jeudi 9 novembre, Leigh Corfman accusait Roy Moore d'attouchements sexuels dans les lignes du Washington Post. Agée de 14 ans en 1979, l'adolescente aurait été approchée par l'homme politique de 32 ans à l'époque. Quatre jours plus tard, cette fois dans le New York Times, Beverly Young Nelson l'a accusé d'avoir essayé de la violer dans une voiture après lui avoir proposé de la raccompagner à son domicile. Elle avait 16 ans à l'époque. Depuis, trois autres femmes sont sorties du silence en affirmant que Moore avait tenté de les séduire lorsqu'elles avaient entre 16 et 18 ans. Aucune n'a dénoncé de contact sexuel.

Confessions d'anonymes et de célébrités

Catherine Lawson, avocate en Caroline du Nord, est l'initiatrice de ce hashtag. Le 9 novembre dernier, elle a publié ce message sur Twitter : "Il n'y a pas de consentement à 14 ans. Pas en Alabama. Nulle part". Depuis, plusieurs célébrités à l'instar de l'actrice Alyssa Milano, ainsi que des centaines d'anonymes lui ont emboîté le pas.

"C'est moi à 14 ans, une timide et innocente dévoreuse de livres. C'est impossible qu'une enfant de 14 ans soit prête à avoir une relation sexuelle avec un homme de 32 ans" a écrit une internaute.

"Je suis au centre, pesant à peine 45 kg et le visage recouvert de boutons d'acné. Je n'étais certainement pas assez mature pour envisager une relation avec un homme de 32 ans. Ma mère ne m'aurait jamais laissé fréquenter un garçon de 18 ans !" a réagi cette Américaine.

"Voilà une page de mon journal intime où j'expliquais avoir pleuré à une boum parce que j'avais peur de danser avec des garçons. Pas assez vieille pour consentir à une relation amoureuse avec un adulte", racontait Sharah Meservy.

De son côté, Roy Moore nie l'ensemble des accusations. De nombreux républicains, y compris le chef de la majorité au Sénat, l'ont appelé à retirer sa candidature et ont menacé de l'exclure de la chambre haute s'il était élu.

Yelen Bonhomme-Allard 

Promesses, actes et flops... Bilan de Donald Trump après un an au pouvoir

Un an après son élection, dix mois après son investiture à la Maison-Blanche, quelles promesses de campagne Donald Trump a-t-il réellement tenu ?

Dates clés

8 novembre 2016 : Donald Trump, candidat républicain, bat la candidate démocrate Hillary Clinton. Il devient le 45e président des États-Unis et succède à Barack Obama.

20 janvier 2017 : Donald Trump s'installe à la Maison-Blanche et prête serment devant le Capitole à l'instar de ses prédécesseurs : "Ensemble, nous rendrons sa force à l'Amérique. Nous rendrons sa richesse à l'Amérique. Nous rendrons sa fierté à l'Amérique. Nous rendrons sa sécurité à l'Amérique. Et, oui, nous rendrons sa grandeur à l'Amérique".

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Six exemples de promesses de campagne

Eriger un mur entre les États-Unis et le Mexique : non tenue

Le 26 octobre dernier, les sociétés de construction sélectionnées ont présenté à San Diego huit prototypes de murs. Ce rempart entre les deux pays a pour but de stopper l'immigration illégale. Lors de sa course à la présidentielle, Donald Trump avait assurer que l'édification du mur serait prise en charge par le Mexique. Mais ce dernier refuse catégoriquement de payer la facture. Le coût total est évalué entre 12 et 25 milliards de dollars selon certaines estimations. Aucune date n'a été annoncée quant au début des travaux.

Annuler et supprimer Obamacare : non tenue

L'Obamacare, connu sous le nom d'Affordable Care Act, est une sécurité sociale universelle destinée aux plus pauvres. Mise en vigueur le 1er janvier 2014 sous l'administration démocrate sortante, cette couverture assure une protection médicale à 20 millions d'Américains. 

Malgré plusieurs recours devant la justice, la "Trumpcare" n'a pas réussi à évincer l'Obamacare.

Retrait des États-Unis de l'Accord de Paris : tenue

Le 1er juin dernier, l'actuel président américain a confirmé le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris. En 2015, 195 pays s'étaient engagés lors de la COP21 à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d'ici 2050. Au contraire de son prédécesseur, Donald Trump a assuré que ce retrait était dans l'intérêt du peuple et au nom de la défense des emplois américains.

En 2012 déjà, le septuagénaire affirmait que "le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois pour rendre l'industrie américaine non-compétitive".

Les États-Unis doivent patienter trois ans à compter de leur retrait effectif du traité (intervenu le 4 novembre 2016), puis respecter un préavis d'un an. Le pays sortira donc de l'accord en novembre 2020, au moment de la prochaine élection présidentielle.

Instaurer un décret anti-immigration : tenue

Dès son arrivée au pouvoir, Donald Trump a interdit l'entrée sur le territoire américain des ressortissants de pays majoritairement musulmans. La liste des pays visés par cet arrêté migratoire s'élève à huit : la Corée du Nord, le Venezuela, le Tchad, l'Iran, la Libye, la Syrie, la Somalie et le Yémen. Le Soudan, visé par la précédente ordonnance, a été retiré de la liste.

Les mesures de restriction varient selon les pays et n'ont, a priori, pas de limite dans le temps. Concernant l'interdiction dont le Venezuela est la cible, elle se limite aux membres d'une longue liste d'instances gouvernementales vénézuéliennes et à leur famille.

Engager une coopération avec la Russie : non tenue

Le 7 juillet dernier, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont entretenus en tête à tête en marge du G20 à Hambourg. "Il y a eu une alchimie positive" entre les deux dirigeants, assurait le chef de la diplomatie américaine, en faisant le compte-rendu de la rencontre. Mais les accusations d'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine pèsent dorénavant dans la balance.

Travailler pour le peuple et moins jouer au golf : non tenue

"Je travaillerai pour vous, je n'aurai pas le temps de jouer au golf" avait assuré Donald Trump lors de sa campagne présidentielle. Une promesse non tenue puisqu'il s'est exercé 61 fois à cette discipline depuis son élection. Fin août, il avait déjà pris 53 jours de vacances, contre 15 pour Barack Obama à la même période de son mandat.

Yelen Bonhomme-Allard 

Réchauffement climatique : la production de café mexicain est en péril

Cette semaine, nous vous emmenons au Mexique dans la région de Veracruz, où les agriculteurs continuent de subir les conséquences du réchauffement climatique. Le pays, troisième producteur mondial de café, a perdu 60% de sa production en cinq ans.

Dans la région de Veracruz, à 1 200 mètres d'altitude poussent les plants de café à l'ombre des ficus géants. Au moment de la récolte, les paysans cueillent les fruits les plus mûrs de couleur rouge. C'est à l'intérieur que se trouvent les grains de café. Mais en raison du changement climatique, le Mexique a perdu plus de la moitié de sa production de café en cinq ans.

Les variations météorologiques (augmentation des températures en été, et fortes pluies en hiver) sont responsables de l'apparition d'une maladie du café très connue dans le pays : la rouille. Mais cette dernière n'était jamais arrivée jusqu'à cette altitude. Elle se présente sous la forme de petites taches jaunes.

Le climat perturbe un autre élément indispensable à la production du café : les abeilles. En butinant de fleur en fleur, les abeilles permettent au café de se reproduire. Mais le nombre de ces insectes diminue considérablement, à cause des pesticides et du climat.

Des solutions face à l'urgence

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Pour palier à la perte de milliers d'hectares de café, des arbustes plus retissants sont actuellement replantés. Cette nouvelle variété est conçue par des ingénieurs agronomes français basés en Provence. Ces plants d'arabica sont des hybrides insensibles à la maladie et adapter aux changements climatiques.

Après le passage de notre équipe de journalistes, Ruben Rodriguez, un producteur de café a décidé de baptiser une parcelle de son exploitation du nom de "France 2". Une délicate attention saluée par toute la rédaction de Washington D.C.

Reportage d'Agnès Vahramian, Arielle Monange et Andréane Williams.

Zoom sur Guantánamo, le centre de détention le plus controversé et sécurisé au monde

Donald Trump a évoqué hier, la possibilité d'envoyer l'auteur de l'attentat perpétré à New York dans la prison de Guantánamo, située sur une base navale à Cuba. Cet établissement carcéral est l'un des mieux sécurisés de la planète, mais également sujet à de vives polémiques.

Ce centre de détention se trouve sur la base militaire de la baie de Guantánamo, dans le sud-est de Cuba. Il est loué depuis 1903 par le gouvernement américain au gouvernement cubain pour 4000 dollars par mois (3430 euros), selon l'AFP. Un loyer que les Cubains refuseraient de percevoir.

En réponse aux attentats du 11 septembre 2001, George W. Bush lance une "guerre contre le terrorisme". Dès lors, les États-Unis enferment à Guantánamo les détenus qualifiés de "combattants illégaux", soupçonnés d'être une menace envers la nation en raison de leur affiliation à la mouvance islamiste. Quelques 750 prisonniers originaires de 42 pays y sont enfermés à partir de janvier 2002, et ce, pour une durée illimitée. Actuellement, ils ne serraient plus que 41, considérés comme trop dangereux pour être relâchés. Les autres ont été transférés vers des prisons à l'étranger, ou bien libérés au fil des années.

Un lieu hors de tout cadre juridique

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L'intérieur d'une cellule à Guantanamo. © ICI Radio-Canada/Frédéric Arnould

L'emplacement de cette base militaire américaine sur le territoire cubain permet au gouvernement américain de ne pas soumettre les prisonniers à son système judiciaire fédéral, prenant appui sur l'extra-territorialté du lieu. Aucun droit défendu par la Constitution des États-Unis n'y est donc garanti.

Toutefois, cette prison hors de tout cadre juridique a été vivement critiquée par l'opinion publique internationale, défendant les droits de l'homme. Amnesty International affirment que les conditions de détention y seraient dégradantes et les prisonniers seraient victimes d'actes de torture physiques et psychologiques.

Une fermeture envisagée 

Manifestation à Washington contre les conditions de détention de Guantanamo.

Dès son élection en 2008, l'ancien président Barack Obama confirme sa volonté de fermer le camp de Guantánamo. Une promesse qu'il n'a pas pu tenir sous ses deux mandats. Cette fermeture engendrait des problèmes juridiques, car le Congrès bloque le transfert des détenus extra-judiciaires vers le système judiciaire fédéral américain.

Les Républicains, eux, sont en grande partie opposés à la fermeture de la prison, craignant surtout que les anciens détenus ne reviennent gonfler les rangs des organisations terroristes. Donald Trump a d'ailleurs évoqué la possibilité d'envoyer à Guantánamo Sayfullo Saipov, un Ouzbek de 29 ans arrivé aux États-Unis en 2010 et auteur de l'attentat meurtrier de New York le 31 octobre dernier. "Absolument, c’est quelque chose que j’examinerai", a répondu le locataire de la Maison-Blanche, interrogé par un journaliste. Il a également réclamé hier sur son compte Twitter que le terroriste se voit infligé la peine de mort. Celle-ci est autorisée par 31 États américains, même si tous ne l'appliquent pas.

Yelen Bonhomme-Allard

Attaque à New York : le système de la loterie critiqué par Trump sur Twitter

Hier, en milieu d'après-midi, un homme a délibérément roulé à bord de sa camionnette sur une piste cyclable de l'île de Manhattan, pendant un kilomètre. Dans sa course folle, il a mortellement fauché huit cyclistes et blessé onze personnes. Suite à cet acte terroriste, Donald Trump remet en cause le système de la loterie de la carte verte, grâce à laquelle l'assaillant avait pu s'installer aux États-Unis en 2010.

La loterie de la carte verte ("green card" en anglais) sera t-elle un jour supprimée ? Ce matin, l'actuel locataire de la Maison-Blanche a vivement condamné le système d'attribution de ce précieux sésame, à travers deux publications sur Twitter.

"Le terroriste est entré dans notre pays grâce au Programme de loterie de visas de diversité, une merveille de Chuck Schumer", a déclaré le président américain peu après 7h00. Dans son message, Donald Trump prend à partie Chuck Schumer, sénateur démocrate de l'État de New York au Congrès américain depuis 1999.

L'auteur de l'attentat de Manhattan, Sayfullo Saipov, est un ressortissant d'Ouzbékistan de 29 ans. Selon certaines sources, il serait arrivé légalement aux États-Unis en 2010, après avoir obtenu son permis de travail, depuis Tachkent, la capitale de son pays d'origine. Le président républicain a sans attendre exploité l'événement meurtrier pour dénoncer une mesure en vigueur depuis une vingtaine d'années, et depuis longtemps au coeur d'une controverse.

"Nous luttons avec force en faveur d’une immigration basée sur le mérite, (nous ne voulons) plus de systèmes démocrates à la loterie. Nous devons être BIEN PLUS fermes (et plus malins) ", a commenté Donald Trump six minutes plus tard dans un second tweet.

Face à cette attaque, Chuck Schumer a réagi dans un communiqué : "J'ai toujours cru et je continue à croire que l'immigration est une bonne chose pour l'Amérique".

50 000 chanceux par an 

Chaque année, des millions de personnes tentent leur chance à la loterie de la carte verte. Cette dernière offre la possibilité à 50 000 bénéficiaires par an - résidants à l'étranger ou aux États-Unis sous un visa - de s'installer et de travailler légalement sur le territoire américain.

Le site de la loterie 2019 fermera le mercredi 22 novembre à midi (au lieu du 7 novembre comme prévu initialement, en raison d'un problème technique). Les résultats de la DV-Lottery 2019 seront connus le 15 mai 2018 à midi (EDT).

Yelen Bonhomme-Allard

Qui sont les trois proches de Donald Trump visés par les chefs d'inculpation ?

Robert Muller, procureur spécial chargé de l'enquête sur l'ingérence de la Russie lors de la campagne présidentielle de 2016, a mis en examen trois proches de l'actuel locataire de la Maison-Blanche, lundi dernier.

Qui sont les trois hommes inculpés ?

Paul Manafort est un avocat américain, un consultant politique, mais également un célèbre lobbyiste. Il s'est récemment fait connaître pour avoir occupé durant quelques mois, le poste de directeur de compagne lors de la candidature de Donald Trump aux dernières élections présidentielles. En août 2016, Manafort a été contraint de démissionner sur fond de scandale, dans la mesure où il a été le conseiller de l'ancien président d'Ukraine, Viktor Ianoukovytch.

Auparavant, Manafort avait également travaillé aux côtés de trois anciens présidents des États-Unis, que sont Gerald Ford (1974-1977), Ronald Reagan (1981-1989) et Georges H. W Bush (1989-1993). En France, Édouard Balladur s'était offert les services de l'Américain lors de sa campagne présidentielle de 1995, où il est arrivé troisième avec 18,58% des suffrages.

Rick Gates est l'un des associés de Paul Manafort. Il a rejoint l'entreprise de lobbyiste de celui-ci au milieu des années 2000. Tous deux ont collaboré aux côtés de Trump, l'un comme directeur de campagne, l'autre en tant qu'adjoint. Suite au départ de Manafort, Gates a rapidement quitté son poste auprès du président.

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George Papadopoulos a rejoint la campagne présidentielle de Donald Trump en mars 2016 en tant que conseiller en politique étrangère. Il se serait rendu en Russie dès mars 2016 dans le but de rencontrer des agents du gouvernement russe, ainsi qu'un "professeur" qui disposait d'informations pouvant compromettre l'élection de la candidate Hillary Clinton.

Quels faits leur sont reprochés ? 

Paul Manafort et Rick Gates sont visés par douze chefs d'inculpation parmi lesquels : complot contre les États-Unis, blanchiment d'argent, fausses déclarations et non déclarations de comptes détenus à l'étranger. Les deux hommes seraient ciblés pour des activités non déclarées de lobbyistes et de consultants en faveur de l'ancien président ukrainien pro-russe, Viktor Ianoukovitch. Plus de 75 millions de dollars ont transité à l'aide de comptes offshores gérés par les deux associés. Paul Manafort est accusé d'avoir blanchi à lui seul 18 millions de dollars. Rick Gates a plaidé non-coupable et a été assigné à résidence par une juge.

George Papadopoulos a reconnu être coupable de fausses déclarations quant à ses contacts avec le gouvernement russe en 2016. Ce mensonge aurait donc entravé l'enquête du FBI portant sur une possible ingérence du gouvernement russe dans l'élection présidentielle de 2016. Afin de limiter les poursuites à son encontre, Papadopoulos aurait accepté de collaborer avec le FBI en fournissant des preuves sur l'implication de plusieurs personnes dans cette affaire.

Et Trump dans tout ça ?

Donald Trump réfute encore et toujours toute intervention russe pendant sa campagne électorale. Il l'a fait savoir, comme à son habitude, sur Twitter. "Toutes ces histoires 'russes' juste au moment où les Républicains s'attaquent à une historique baisse et réforme des impôts. Est-ce une coïncidence ? NON !" a-t-il commenté dimanche 29 octobre.

L'acte d'inculpation des trois hommes, signé par le procureur Robert Mueller, ne suggère pas de collusion entre l'équipe du candidat républicain et les autorités russes.

Yelen Bonhomme-Allard