Les retraites des députés moins avantageuses qu’avant. Vraiment ?

A l’assemblée nationale, il y a un sujet sensible, épidermique, la retraite des députés ; “C’est un sujet qui ne me concerne pas” , élude Bernard Accoyer, député LR, de Haute-Savoie. “Allez vous faire foutre”, s’insurge Jacques Myard, député LR des Yvelines. Mais pourquoi tant de haine ? Les députés affirment avoir fait des efforts pour réduire les avantages de leurs retraites. Vraiment ?

Les députés ont réformé leur système de retraites en 2010. Mais elle reste toujours très avantageuse. La durée et le taux de cotisation sont plus favorables que ceux du régime général. Un parlementaire cotise 31 ans pour avoir une retraite à taux plein. Quand le salarié, lui, doit cotiser plus de 40 ans. Le député Alain Chrétien a accepté de nous dire ce qu’il touchera à sa retraite, grâce à ce nouveau système, s’il ne faisait qu’un mandat. Il a demandé à l’assemblée nationale de faire le calcul : “Au bout de 5 ans de cotisations, je vais toucher 1000 euros de retraite, alors que certains français vont travailler 40 ans, pour toucher ces 1000 euros de retraite. Donc il y a une vraie différence”

Mais de combien, la différence, exactement? Antoine Bozio, économiste spécialiste des politiques publiques, l’a calculée pour nous. Comparons avec une retraite dans le privé, à salaire égal, un peu plus de 7000 euros bruts, sur 5 ans de cotisations. Que toucherait le salarié ? 542 bruts, c’est deux fois moins que le député. L’explication ? C’est l’employeur, l’assemblée nationale, qui cotise plus pour la retraite du député, que ne le fait une entreprise pour son salarié.

Certains députés sont encore plus avantagés

Près d’un 1 député sur 10 bénéficie encore de l’ancien régime. La réforme n’est pas rétroactive. René Dosière, député PS de l’Aisne, par exemple. Il aura une retraite à taux plein, en ayant cotisé seulement pendant 22,5 ans. Il touchera une retraite de... 6329 euros brut ! Tout à fait normal, selon lui : “Il a fallu que je consente des sacrifices importants pour être parlementaire. Et donc il est tout à fait légitime qu’à ce titre là je puisse avoir cette retraite”. 

Et pour défendre leur régime de retraite, les députés à droite comme à gauche multiplient les arguments : “Nous les 35 heures, on les fait en deux jours”, se justifie Patrick Ollier, député LR des Hauts-de-Seine. Pour Razzy Hammadi, député PS de Seine-Saint-Denis : “député, c’est pas un boulot”. Quant à Thierry Mariani, député LR des Français de l’étranger : “Si c’est un régime totalement comme les autres, vous n'aurez que des fonctionnaires comme députés”. Ce régime spécial des retraites risque d’être avantageux encore longtemps. Ce sont les députés qui fixent leurs propres règles.

 

Quand le service public pioche dans notre porte-monnaie !

Quand on appelle la CAF : c’est 6 centimes la minute et les minutes d’attentes sont longues. Une question à l’assurance maladie ? 6 centimes aussi ! Et personne pour le mentionner ! Alors que c’est obligatoire.
Et à l’hôpital public, c’est la même chose, il faut souvent payer pour appeler et pour être appelé.

Tout le monde paye et l’hôpital fait des économies

Prenez le CHU de Clermont-Ferrand. Pour ouvrir sa ligne de téléphone le patient doit payer 4 euros. Il paye aussi 1 euro 20 pour une heure. Pas donné le téléphone à l’hôpital public! Il est payant dans les 32 CHU de France!

Aux hospices civils de Lyon, c’est le cas depuis 2012. Un patient que nous avons rencontré paye 7 euros pour une heure de communication depuis sa chambre. C’est bien plus cher qu’un appel local. Et si quelqu’un de l’extérieur, un membre de sa famille, un ami, veut le contacter, c’est 15 centimes par minute ! Tout le monde paye. Le patient et le proche.

L’hôpital sous-traite ses services téléphoniques à des entreprises privées

Depuis quelques années, pour faire des économies, les hôpitaux se sont débarrassés de leurs standardistes. Ils confient les services téléphoniques à des entreprises privées. Il y en a une dizaine en France, qui gèrent les téléphones mais aussi la télévision et internet. HoistGroup par exemple dégage un chiffre d’affaire de 13 millions d’euros par an. L’hôpital y gagne un service géré par des professionnels, sans rien débourser ! Ils sont payés par les numéros surtaxés ! Et c’est légal !

Depuis dix ans : rien ne change

La loi est très claire ! Seuls deux numéros du service public sont gratuits : le samu social 115 et l’enfance en danger 119. Le sénateur de l’Aude Roland Courteau a bien essayé, depuis dix ans, de rendre gratuits tous les services sociaux. La CAF, l’assurance maladie … Dix ans de luttes, de lettres, de pétitions, d’amendements, des rendez-vous à Matignon. Rien n’y fait ! Contactés,les services de marisol tourraine l’affirment : ils appellent les hôpitaux publics à ne pas recourir aux numéros surtaxés. Ils se sont peut-être trompés de numéros ?!

Gouvernance des grandes entreprises: où sont les femmes ?

 

C'est la loi Copé-Zimmerman qui le dit : depuis le 1er janvier 2017, il doit y avoir au moins 40% de femmes dans les conseils d'administration et de surveillance des grandes entreprises françaises ! La loi est-elle respectée ? L’œil du 20h a fait les comptes!

Ça nous a pris un peu de temps mais nous avons interrogé toutes les grandes entreprises françaises concernées par cette loi ! 118 exactement ! D’après nos calculs, 4 entreprises sur 10 ne sont pas encore en règle! BIC par exemple : 30% de femmes au conseil d’administration ! JCDecaux, le spécialiste du mobilier urbain : 25%. Carrefour : 23% seulement.

La loi a pourtant été votée en 2011 ! Alors pourquoi six ans après, le compte n’y est pas ? Pour Marc Sanglé-Ferrière, directeur général du cabinet Russell Reynolds France, chargé de recruter de futures administratrices, ce ne sont pourtant pas les profils qui manquent : "On n’a pas enregistré de difficultés particulières dans un secteur ou un autre. A chaque fois que nous avons cherché à recruter une administratrice avec un profil particulier nous l’avons trouvé”.

Alors où est le problème ? Chez Genfit, société biopharmaceutique, il y a 20% de femmes au Conseil de surveillance. Pour le patron, il faut du temps pour changer les mentalités: "Ce n’est pas facile dans ce milieu là, je ne dis pas que c’est impossible, mais ce n’est pas facile. Malheureusement je pense que l’industrie pharmaceutique est peut-être traditionnellement un peu machiste".

Pour d’autres, changer les têtes, ça se fait étape par étape. La société Innate Pharma, installée à Marseille, compte 2 femmes sur 7 membres dans son Conseil de surveillance. Son patron explique renouveler les membres à mesure que les mandats arrivent à échéance: "il est hors de question de proposer à un administrateur qui fait bien son travail de partir", dit-il.

Toutes ces entreprises ont jusqu’à leur prochaine assemblée générale pour se mettre en règle. Et toutes nous affirment qu’elles le feront.
Malgré ces retardataires, la loi a permis des avancées : en 2014, seules 8% des grandes entreprises françaises comptaient 40% de femmes dans leur conseil, elles sont plus d’une sur deux aujourd’hui, d'après le dernier rapport du Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise.

Comité exécutif: encore peu de femmes !

Problème : là où il n’y a pas de loi, il y a beaucoup moins de femmes. Par exemple dans les comités exécutifs, la direction des entreprises, on y trouve très souvent que des hommes!
Chez Capgemini par exemple, leader en informatique, l’entreprise affirme, sur son site internet, vouloir “promouvoir les femmes (...) et accroître leur visibilité à tous les niveaux de l’entreprise". Pourtant sur 22 membres, on ne trouve que 2 femmes au comité exécutif. Chez Lagardère, l’entreprise de média, on veille aussi à " la promotion de la place des femmes au sein de l'entreprise", mais il n'y a pas une femme au comité exécutif. La banque BNP Paribas : une seule femme pour 17 hommes. Mais promis, pour Barbara Levéel, la responsable en charge de la diversité, un jour ça va changer: "On aura une partie des membres du comité exécutif qui partira à la retraite. Alors nous ne privilégierons pas uniquement les femmes, car on ne fait pas de concession sur les compétences, mais on s'assurera qu'il y ait des candidatures féminines".

L’année dernière, d'après le cabinet Russell Reynolds, dans les comités exécutifs des grosses entreprises, il n’y avait que 13% de femmes!

Ils sont candidats à l'élection présidentielle mais aussi députés : arrivent-ils à faire les deux ?


Ils sont députés et rêvent d’accéder à la Présidence de la République. Mais sont-ils tous assidus à leur tâche ? L’Oeil du 20h a compté les présences et surtout, les absences.

Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Yannick Jadot, Michèle Alliot-Marie et Vincent Peillon sont députés européens. Dans les commissions où sont écrits les textes de loi, nos députés candidats sont-ils présents ? Nous avons récupéré les procès-verbaux de ces réunions. Voici le résultat.

Le plus assidu est Yannick Jadot avec 70% de présence. Viennent ensuite, Michèle Alliot-Marie à 63% et Vincent Peillon avec 48% de présence. Pour le candidat écologiste, assister aux commissions, c'est tout simplement faire son travail : "A partir du moment où vous ne venez pas à Bruxelles dans les commissions,  vous ne bossez pas c’est tout. Cela veut dire que vous n’impactez aucune des décisions européennes."

"Je viens pour les débats qui concernent la spécialité qui est la mienne"

Qu’en dit l'ancien ministre socialiste, Vincent Peillon, présent une fois sur deux en commission ? "Quand il y a un débat sur la Chine ou le Chili je ne suis pas le spécialiste. Donc je viens pour les débats qui concernent la spécialité qui est la mienne depuis des années. De temps en temps, il faut être spécialiste des questions pour bien les traiter."

12% de présence pour Jean-Luc Mélenchon

Mais il y a encore plus absent. Marine Le Pen avec 36% de présence en commission. Elle nous a écrit ceci : "La statistique de présence que vous avez établie est une donnée bien trop partielle pour avoir du sens."

Quant à Jean-Luc Mélenchon, avec seulement 12% de présence, il affirme avoir mieux à faire : "Si je n’y suis pas, c’est parce que je suis quelque part qui me paraît plus utile, c’est ma conception du rôle c’est à dire dans une manifestation, en train de faire des conférences, de faire mon devoir de lanceur d’alerte."

Un secrétaire est toujours là pour pointer les présents et les absents

Et à l’Assemblée nationale alors ? Nos députés candidats font-ils mieux ? Pas vraiment. De Benoît Hamon avec 37% de présence en commission jusqu’à Jean Lassalle avec seulement 15%. Quelques élus mettent en doute ces statistiques mais à l’Assemblée nationale, on explique qu’un secrétaire est toujours là pour pointer les présents et les absents.

Le député des Pyrénées Atlantiques, Jean Lassalle est le moins présent des candidats. Comment explique-t-il ses 85% d’absence ? "Ça surprendra, j’assume mais je fais autre chose aussi et j’ai été élu et réélu". Il reste 5 mois à nos candidats députés pour améliorer leurs statistiques. Mais avec la campagne, ce ne sera peut-être pas leur priorité.

Si vous croyez aux horoscopes, ne lisez pas la suite...


Le matin au bureau, des millions de Français ont le même rituel : lire les horoscopes. Mais comment sont-ils fabriqués ? Vous croyez que des voyants lisent les astres pendant des heures ? La réalité est bien différente et vous n’imaginez pas à quel point...

Des astrologues qui écrivent en fonction des astres, ça existe. Christine Haas sur RTL ou Jean-Yves Espié dans Télé 7 jours. Puis il y a les autres …  Par exemple, le journal 20 minutes est lu par plus de 4 millions de personnes chaque jour. Dans le quotidien, il y a un horoscope non signé qui réserve quelques surprises. Yohan Van Santen, un informaticien l’a étudié dans le détail. Il a voulu démontrer à sa mère, adepte d’astrologie, que tout ça, ça ne vaut pas grand chose. Alors il a analysé 4 ans d’horoscopes publiés par le journal. 1000 au total. Et il a découvert des répétitions. Des phrases qui reviennent plusieurs fois sous des signes différents. Comme celle-ci revenue 20 fois en 4 ans :

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Et parfois, ce sont des blocs entier qui sont repris. Il y a tout simplement du copié collé ! Comme l’expliquer ? C’est en fait une entreprise spécialisée dans le divertissement qui fabrique les horoscopes de 20 minutes. Un employé pioche dans une base de données, des phrases où il y en a des centaines. Tout ça se ferait au hasard.  Le responsable avoue qu'il y a du copié collé d'horoscopes : “Effectivement des journées peuvent se recouper, il y a 365 jours dans l'année, qui sont à peu près les mêmes et quel que soit le signe qu’on peut avoir ”, tente de se justifier Franck Tuil, responsable du contenu de Cellfish.

Encore plus étonnant, des horoscopes seraient parfois inventés. Astro Center est un des poids lourd du marché. Nous avons contacté une ancienne employée qui écrivait des horoscopes. Elle n’y connaissait rien : “Je m’inspirais de ma vie de tous les jours, voilà j’écrivais comme ça. Pour rendre ça un peu plus crédible, parfois je mettais : la conjonction entre Mars et Vénus en Neptune, voilà”. Contactée, l’entreprise précise que ses rédacteurs d’horoscopes sont bien formés par des experts en astrologie.

Alors vous y croyez toujours aux horoscopes ? Parce que nous, notre rituel du matin, n’aura plus vraiment la même saveur.

L’hélicoptère de l’armée… qui ne vole pas beaucoup !

Le NH90, le dernier né des hélicoptères militaire français… au Mali, ou en pleine mer... il rend ses pilotes euphoriques: « c’est que du bonheur constant » selon ce capitaine de l’armée de terre.

Du bonheur ? pas vraiment. Plus de 60 % de ces appareils sont cloués au sol, au garage. L’Oeil du 20h a enquêté sur cet hélicoptère qui bat de l’aile.

Ce fameux appareil, on a essayé de le filmer. De la base navale de Brest, à NHI, le constructeur, en passant par le ministère de la Défense, l’armée n’a pas usurpé son surnom de Grande Muette. Alors quel est le problème avec cet hélicoptère qui coûte 28 millions d’euros l’unité ?

Il y a d’abord comme un petit grain de sable… Le NH90 est bourré d’électronique. Et il supporte mal la poussière du Mali.

A l’assemblée nationale, François Cornut-Gentille est spécialiste des questions de défense. Selon lui, l’appareil n’est pas très adapté au désert.
Mais il y a pire, presque absurde. Devinez quoi ! Cet hélicoptère, utilisé par la Marine, est allergique à l’eau de mer !

Nous avons joint un mécanicien en charge des réparations. Selon lui, cet appareil s’userait 2 fois plus vite que les autres.

“Il n’y a pas de produits limitant la corrosion à la fabrication. Il y a eu des défauts de conception des pièces pour éviter que l’eau de mer rentre dans la machine. Ca a mal été étanchéifié en fait. ”

Enfin quand il faut le réparer, cela prend une éternité ! En moyenne, pour une heure de vol, il faudrait jusqu’à 20h de maintenance. La raison ? Les pièce détachées. Très difficiles à obtenir. Le constructeur a vendu cet hélicoptère à 13 pays différents. Et ses clients passeraient avant l’armée française, moins exigeante avec son fournisseur.

« Les australiens par exemple, ils sont chouchoutés par rapport à nous. Pour eux, les pièces détachées sont deux fois moins chères et livrées deux fois plus vite » nous raconte un pilote.

Bref le NH90 n’est pas vraiment “ que du bonheur constant en fait” !

Du côté du constructeur, on précise qu’un plan d’action spécifique a été lancé pour régler le problème. Espérons que cela suffise à faire redécoller tous les hélicoptères.

La fin des retraites chapeaux ? Pas vraiment !

Sur les feuilles de salaires des grands patrons, il y a une ligne en plus : la retraite chapeau. Une retraite complémentaire pour les grands dirigeants, à qui l’entreprise verse des milliers d’euros chaque mois quand ils quittent l’entreprise. Parfois ça fait un sacré chapeau !

Un code de bonne conduite : pas obligatoire !

Pour limiter les abus, le MEDEF a édité un code de bonne conduite. Sauf qu’il n’est pas obligatoire. Pas encore. Une directive européenne rend les retraites chapeaux illégales, les entreprises françaises ont jusqu’en 2018 pour s’y conformer. Le code du MEDEF a été créé en 2013, après la polémique de la retraite chapeau de Philippe Varin, l’ex-PDG de PSA. Il devait toucher 21 millions d’euros alors que le groupe était au plus mal.

Les retraites chapeaux compensées par des revenus supplémentaires

Alors, de grandes entreprises ont bien supprimé les retraites chapeaux, mais elles les ont compensé par des revenus supplémentaires ! Prenons l’industriel Schneider Electric / le chimiste Arkema et Pernod Ricard. Nous avons épluché leurs bilans annuels. Ils sont tellement complexes qu’on s’est adressé à un spécialiste : Charles Pinel.

Le PDG de Schneider Electric double son salaire

Pour Schneider Electric son PDG Jean-Pascal Tricoire, adieu la retraite chapeau. A la place, l’année dernière : Quatre millions trois cents mille euros de plus avec des actions gratuites. Et quatre cents quatorze mille quatre cents vingt euros, ajouté à son salaire. Au total, dix millions quatre cents quarante quatre mille six cent soixante deux euros. Presque deux fois sa rémunération de 2014 !

Chez Arkema : la retraite chapeau de Thierry Le Hénaff a été supprimée en mars. L’année prochaine, sa rémunération devrait atteindre deux millions quatre cents mille euros. Ce serait environ cinq cent-cinquante-cinq-mille euros en plus qu’en 2015 !

Quant à Alexandre Ricard, l’année prochaine il devrait gagner deux millions d’euros.10 % de plus qu’en 2015. Ces deux entreprises nous affirment que ces revenus supplémentaires financeront la retraite de leurs dirigeants et que ce système serait moins avantageux pour eux. Une avocate spécialiste des retraites nous affirme pourtant le contraire. Selon elle, mieux vaut toucher sa retraite chapeau maintenant, plutôt que de l’attendre pendant des années.

Alors, ces hausses de salaires, sont-elles conformes au code de bonne conduite ou pas ? Réponse du MEDEF : nous avons d’autres priorités ! En cette fin d’année le patronat est sans doute sur les chapeaux de roues.

Quand le gouvernement dévoie la loi Macron !


L'OEIL DU 20H 14/12/2016 par Damien_Brunon
Le notariat en France, c’est un beau gâteau avec une règle : chaque notaire a droit à une part. La loi Macron prévoyait qu’il y ait plus de notaires pour se partager le gâteau. Le gouvernement en a décidé autrement. Certains notaires auront le droit à deux parts.

Des tirages au sort initialement réservés aux jeunes notaires...

Jean-Charles Persico, notaire de formation, est devenu agent immobilier depuis trois ans. Pas possible pour lui de devenir notaire car dans le monde des notaires les places sont limitées et très chères. Alors a 47 ans, le jurassien comptait beaucoup sur la loi Macron pour enfin ouvrir son étude. Il avait même déjà trouvé un local.

Mais ce rêve pourrait ne jamais se réaliser. Pourtant, une place pour Jean-Charles, il devait y en avoir une. Il y a deux ans, Emmanuel Macron rêvait de faire voler en éclat le monopole des notaires et d’introduire de la concurrence.

Le moyen : créer 1.000 nouveaux offices attribués par tirage au sort et réservés à de nouveaux notaires.

… Finalement dévoyés

En tout cas c’était le principe. Au dernier moment, un décret a tout remis en cause. Les notaires déjà installés pourront, eux aussi, participer au tirage au sort. Résultat : moins de chance pour les nouveaux notaires, comme Jean-Charles, d’obtenir un office notarial.

C’est d’ailleurs ce qui vient de lui arriver. Le tirage au sort a déjà eu lieu dans une zone où il a candidaté. Et il n’a pas été retenu. Jean-Charles Persico n’a donc pas eu sa part de gâteau, quand certains notaires installés pourront en avoir deux.

Tout le monde se dédouane

Comment en est-on arrivé là ? Même les députés qui ont préparé la loi n’y comprennent plus rien. Alors qui est responsable ? Pour Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la justice, ce n’est pas de sa faute. A Bercy, on dit n’y être pour rien. Et l’entourage d’Emmanuel Macron confirme que ce n’est pas ce qui était prévu.

Les bouteilles de lait … pas recyclables !

Ça ne vous a peut-être pas sauté aux yeux mais dans vos rayons de supermarché, il y a une nouvelle bouteille de lait : plus brillante, elle se vend déjà par millions. Problème: à l’heure où l’on cherche à tout recycler, elle, elle n’est pas recyclable !

Contrairement à l’ancienne, plus connue en plastique PEHD, la nouvelle en PET opaque est plus brillante, elle n’a plus d’opercule en aluminium ! Et contrairement à l’ancienne, recyclable, la nouvelle, avec son plastique blanc à l'extérieur, gris à l'intérieur, pose problème !
En premier lieu, aux recycleurs qui ne savent plus quoi en faire ! Dans l’usine France Plastiques Recyclage à Limay, les bouteilles en plastique sont triées : on en fait de petites billes pour créer de nouvelles bouteilles ou des fibres vestimentaires. Mais nos nouvelles bouteilles de lait, en plastique PET opaque, elles, prennent un tout autre chemin : « Le PET opaque tombe aux déchets, il va aller à l’incinération ou à la décharge », explique Frédéric Bonamy, le directeur d’exploitation.
Difficile à recycler, quel est le problème? "Pour fabriquer de la bouteille transparente, j’ai besoin d’avoir une bouteille claire, bleue. Et la bouteille de lait va me faire un produit laiteux non conforme pour mon client. Et dans la fibre vestimentaire, ça fait une fibre cassante » précise-t-il.

Comment en est-on arrivé là? Nous sommes allés poser la question à celui qui l’a commercialisée en premier : Emmanuel Vasseneix, le patron de la laiterie Saint-Denis-de-l’hôtel. Pour lui, cette bouteille est une idée révolutionnaire, elle n’offre que des avantages. D’abord pour le client, elle est plus pratique : « on ferme la bouteille avec un bouchon aseptique, sans opercule », explique-t-il. Et surtout des avantages pour lui : il utilise moins de matière première et en plus elle est 20% moins chère!
Au moment où il lance sa bouteille, il sait que son plastique PET opaque peut être recyclé mais seulement en petite quantité! C’est précisé dans un rapport du Comité technique pour le recyclage des emballages plastiques (COTREP) qui date de 2013. Mais le rapport précise : “En revanche, il n’existe pas à ce jour, ni en France ni en Europe, de débouché spécifique pour le PET opaque seul ou en forte proportion”

Mais ça n’a pas arrêté Emmanuel Vasseneix. Aujourd’hui, lui comme beaucoup d’autres utilisent de plus en plus ce nouveau plastique. Alors pourquoi en trois ans n’a-t-on pas imaginé une filière de recyclage spécifique pour ce matériau ? Nous avons posé la question à Eco-emballages, chargé d’organiser le recyclage. Son responsable reconnait avoir été un peu dépassé: «Le progrès va vite et parfois on se retrouve, comme c'est le cas aujourd'hui, avec le développement d'avec un produit qui est un peu plus rapide que ce qu’on pensait, je le reconnais tout à fait, et pour lequel nous n’avons pas encore aujourd’hui toutes les solutions. Mais nous y travaillons.»
Et le temps presse. D’après les représentants de l’emballage, 100% des bouteilles de lait pourraient être fabriquées avec ce nouveau plastique d’ici 5 à 10 ans.

Pour aller plus loin: rapport COTREP 2015 et cahier des charges éco-emballages 2016

L'argent de l'Union européenne a-t-il été détourné par les europhobes de UKIP ?


Dans l’Union européenne, certains partis politiques jouent double jeu. Prenez les indépendantistes britanniques de UKIP, son leader Nigel Farage a fait campagne pour quitter l’Europe. Mais avec quel argent ? Celui du constribuable européen. Et ça c’est illégal.

A Bruxelles, l’Union européenne fait vivre la démocratie. Elle distribue des subventions aux formations politiques européennes. Mais pas à n’importe quelle condition, il y a une règle, pas de financement pour les partis nationaux. 

“Les fonds des partis politiques au niveau européen (...) ne peuvent être utilisés pour le financement direct ou indirect (...) des partis nationaux ou de candidats nationaux”

C’est bien là qu’est le problème. Nigel Farage, Paul Nutall, Roger Helmer appartiennent tous au parti indépendantiste britannique, l'UKIP, lui-même membre de l’ADDE, l’Alliance pour la démocratie directe en Europe. Celle-ci a reçu plus de 800 000 euros du Parlement européen mais elle en a reversé près de 450 000 aux Anglais de UKIP. Et ça c'est interdit.

Des sondages nationaux en Angleterre

L’eurodéputé (UKIP) Roger Helmer conteste les accusations avec beaucoup d’aplomb: "Nous rejetons les allégations de fraude. Cet argent a été correctement dépensé selon les règles du Parlement, il a été dépensé exactement de la même manière que les autres groupes politiques."

Roger Helmer le nie, mais l’argent a bien servi à faire des sondages nationaux en Angleterre pendant le référendum pour quitter l’Union européenne, le Brexit. Dans un de ces sondages, UKIP pose une question très explicite aux Anglais : "Quelles sont selon vous les meilleures raisons pour quitter l’Union européenne ? " Réponse, un meilleur contrôle des frontières. Et devinez quoi ? Cet argument, les députés pro-Brexit l’ont souvent utilisé lors du référendum.

Pour l’administration du Parlement européen, la preuve est incontestable. Les règles n’ont pas été respectées. Sur les 500 000 euros dans le viseur du Parlement, rien n’a encore été remboursé. Pas sûr que l’Union européenne retrouve un jour son argent.