PSA Aulnay : où sont les emplois promis ?

Un site industriel peut-il avoir une seconde vie après sa fermeture ? C’était en tout cas l’engagement du groupe Peugeot-Citroën face au tollé provoqué par l’annonce de la fermeture de son site d’Aulnay (Seine-Saint-Denis) en 2012. PSA avait annoncé la création de 1 500 postes. Mais, sur place, une des seules entreprises qui se sont implantées propose des places de stationnement sur les anciens parkings de l’entreprise. Nombre d’emplois créés : cinq.

Des logements créés à la place des usines

Pour PSA, notre bilan arrive trop tôt. Les installations d’entreprises ont pris plus de temps que prévu. Et, entre-temps, le projet de Philippe Varin, l’ancien PDG du fleuron de l’automobile, a semble-t-il un peu évolué. Selon les plans, l’industrie n’occupera que 31% de la surface du terrain tout au plus. A la place, ce sont des centres commerciaux, des bureaux et surtout des logements qui pourraient voir le jour et faire gonfler la valeur du foncier. Si PSA dément toute forme de spéculation financière, l’entreprise n’a pas voulu nous donner la moindre estimation de son terrain. Selon deux spécialistes de l’immobilier que nous avons contactés, la valeur des parcelles affectées aux logements pourrait doubler.

La méthode Drahi pour emprunter 15 milliards en un clin d’œil


Le magnat des télécoms à la tête d’Altice (SFR, Numericable…) vient de mettre la main sur le cinquième câblo-opérateur américain, en empruntant 15,7 milliards d’euros. Puisque l’homme d’affaires le plus endetté de France y arrive, pourquoi pas l’œil du 20h ? Nous avons fait le test… sans grand succès.

Il y a 25 ans, Patrick Drahi était cadre chez Philips, aujourd’hui c’est la troisième fortune de France. Pour se tailler la part du lion dans le marché très concurrentiel des télécommunications, le chef d’entreprise peut compter sur les banques. Quand il achète une société, comme SFR, Patrick Drahi utilise une technique financière qui tient en trois lettres : le LBO pour Leverage Buy-Out, en français achat à effet de levier.

Le principe est simple. Patrick Drahi achète des entreprises en sortant un minimum d’argent de sa poche. Pour y parvenir, il emprunte auprès des banques puis finit par faire rembourser la dette contractée par la société tout juste acquise, en lui imposant une cure de rigueur. L’activité est risquée mais l’homme d’affaires a de quoi rassurer ses créanciers en les remboursant très vite. Comment ? En contractant de nouveaux emprunts, cette fois-ci sur les marchés financiers, auprès d’investisseurs du monde entier. Tant que Patrick Drahi aura la confiance des marchés, il n’aura pas de problèmes pour financer sa dette.

Juppé VS. Sarkozy : le match des sondages


C’est l’histoire de deux sondages, l’un donne Alain Juppé champion au premier tour de la primaire du parti Les Républicains (Ipsos pour le Point) quand l’autre (Ifop pour le Figaro) paru à quelques jours d’écart proclame Nicolas Sarkozy gagnant. Lequel faut-il croire ? En réalité, il faut être prudent avec les deux.

L’Ipsos annonce un échantillon de 7003 personnes. L’ifop en annonce 3000. Mais les sondages ne prennent en compte que les personnes certaines d’aller voter, soit 519 personnes pour le premier et 240 pour le second. Les résultats entendus dans la presse ne reposent donc que sur ces quelques centaines de personnes. Marge d'erreur

Chacune de ces études repose sur une marge d’erreur des calculs effectués. Plus les échantillons sont petits, plus les marges d’erreur augmentent. Pour le sondage Ipsos, c’est un intervalle de 4 points. Autrement dit, Nicolas Sarkozy (34% qui doit se lire comme un pourcentage qui s’inscrit dans un intervalle entre 30 et 38%) pourrait repasser devant Alain Juppé (40% qui doit se lire comme un pourcentage qui s’inscrit dans un intervalle entre 36 et 44%) au premier tour. Quant au sondage de l’Ifop, la marge d’incertitude est de 6 points et l’écart entre les deux candidats est encore plus serré. A plus d’un an des primaires, ce qu’on sait, c’est qu’on ne sait pas qui gagnera.

Les approximations des politiques sur les migrants

Que n’a-t-on pas entendu sur les migrants ces derniers jours ? Des chiffres, des mots ressassés à longueur d’émission que l’œil du 20h a passé au crible. Résultat : peu importe la couleur politique, les approximations sont de mise. En voici trois exemples.

En week-end au Touquet lors du campus des Jeunes du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy plaide pour que la France s’engage militairement en Syrie, comme lui l’avait fait en Libye en 2011. Pour appuyer son propos, l’ancien Président ose une comparaison historique : « Si nous avions laissé tomber ces jeunes libyens nous aurions fait comme à l’époque de M. Mitterrand quand 8000 musulmans en Bosnie-Herzégovine étaient massacrés. »

Ce dernier fait référence aux massacres de Srebrenica en juillet 1995 pour dénoncer l’inaction de François Mitterrand. Le socialiste a pourtant quitté le pouvoir en 1995, deux mois plus tôt.

La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal aborde la question des migrants sous l’angle du dérèglement climatique. Selon elle, « plus de la moitié des mouvements de population aujourd’hui à l’échelle de la planète sont dus au problème climatique ». Nous avons appelé le ministère de l’écologie qui nous a renvoyé vers sa source, une ONG norvégienne spécialisée sur les questions migratoires qui publie chaque année un rapport sur le nombre de déplacés dans le monde. Selon elle, le nombre de réfugiés climatiques est en hausse, mais il est aujourd’hui impossible d’affirmer que ce chiffre représente la moitié des déplacements de population dans le monde.

La dirigeante du Front national a quant à elle déclaré le 4 septembre dernier sur RTL que l’Union européenne recommandait dans les années 50 l’accueil de « 150 millions d’étrangers ». Nous avons appelé la commission européenne qui n’a pas trouvé trace d’une telle recommandation. Le chiffre sort en fait d’un rapport de l’ONU publié en 2001, consacré au problème du vieillissement mondial, sauf qu’il n’a jamais été question de recommandation. L’ONU précise d’ailleurs qu’un tel scénario serait « politiquement inacceptable » et se garde bien de toute préconisation en termes de politique migratoire. Le Front national n’a pas souhaité répondre à nos questions. On sait cependant qu’avant sa fille, Jean-Marie Le Pen utilisait déjà ce chiffre pour sa campagne présidentielle en 2002.

Paquet neutre : le vrai-faux du vrai-faux des cigarettiers

La semaine dernière les sénateurs ont reçu une plaquette pour démêler le vrai du faux sur l’efficacité du paquet neutre. Le décryptage a été réalisé par un fabricant de cigarettes, la Seita. L’Oeil du 20h s’est donc lancé le défi de faire le vrai-faux… du vrai-faux.

Le principe est simple. Prenez une citation d’un défenseur du paquet neutre, confrontez-la à une étude qui semble la contredire et collez-lui un tampon faux. Sauf que les études qui apparaissent en tout petit en bas de page n’arrivent pas forcément aux mêmes conclusions que la Seita. En outre, trois études parmi celles qui servent la démonstration ont été financées par des industriels du tabac (ici, et encore ). Pas très transparent.

Mais d’autres points que mentionne l’étude sont carrément erronés. La Seita prend l’exemple de l’Australie où le paquet neutre est en vigueur depuis le 1er décembre 2012. Les chiffres du ministère australien de la santé montrent que la consommation de tabac des 12-17 ans est repartie à la hausse. Les chiffres sont exacts, mais la Seita ne montre pas aux sénateurs le graphique en entier où l’on s’aperçoit notamment que la consommation de tabac des 18-24 ans a chuté.


Enfin, la Seita conclut que le marketing et l’aspect du paquet n’ont aucune conséquence sur l’âge de la première cigarette en s’appuyant notamment sur un rapport de l’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Nous avons contacté l’Inserm qui affirme l’opposé et recommande l’adoption du paquet neutre.

Malgré notre insistance, le cigarettier  a refusé de nous accorder un entretien. Il a simplement répondu par retour de mail être transparent sur l’origine des études en précisant que les études sont justes d’un point de vue scientifique. Question de point de vue.

La mystérieuse surcharge carburant des compagnies aériennes

Au début des années 2000, les compagnies aériennes ont créé un supplément pour compenser la flambée des cours du pétrole. Appelé YR ou YQ sur les billets d’avion, cette surcharge carburant représentait 6 euros. Aujourd’hui, ce supplément s’élève à 256 euros. Que s’est-il passé pour que cette surcharge dans le prix des billets soit multipliée par 42 ?

La surcharge d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle d’hier

Regardons le cours du pétrole. S’il connaît une augmentation parallèle à celle de la surcharge carburant jusqu’en 2011, il est désormais quasiment revenu à son niveau de 2004 alors que la surcharge carburant a explosé. En réalité, la surcharge carburant n’a plus rien à voir avec celle d’hier. Air France prend par exemple désormais en compte la correspondance, la distance parcourue, la cabine de transport (une équation mystérieuse entre le poids de l’avion et le nombre de sièges).

Peu importe le cours du pétrole donc, les grandes compagnies comme Lufthansa, Delta, ou Airfrance ont trouvé d’autres raisons d’imposer des surcharges. Cette dernière nous a par ailleurs confirmé qu’une baisse des prix n’était pas à l’ordre du jour malgré baisse du prix du pétrole.

Trip Advisor : bienvenue dans le faux restaurant de l’Œil du 20h

Le site de conseil aux voyageurs Trip Advisor est-il aussi fiable qu’il le prétend ? Avec des millions d’avis de clients d’hôtels et de restaurants du monde entier, le site web est devenu leader dans le domaine. Pour tester sa crédibilité, l’œil du 20h s’est inspiré de confrères italiens en créant son propre faux restaurant de spécialités basques : « Le Béret rouge ». Et en à peine plus de deux semaines, le « Béret rouge » est devenu le 108ème meilleur restaurant de Paris sur près de 13 500 adresses et 8ème sur un peu plus de 450 à Montmartre.

Des logiciels de filtrage qui repèrent les avis douteux

Trip Advisor déclare sur son site « utiliser des logiciels de filtrage qui repèrent les avis douteux ». Notre restaurant a pourtant réussi à grimper dans le classement à l’aide d’une cinquantaine de faux avis sans jamais se faire repérer. Mais pour le site qui référence des milliers de restaurants, ce test est dénué de sens : « le nombre de tentatives de fraudes est extrêmement réduit sur Tripadvisor. Nous utilisons des outils automatisés sophistiqués et plus de 300 spécialistes de contenu travaillent pour nous 24/24h, 7/7j ». Jusqu’à la révélation de son existence, notre restaurant était toujours à la 113ème place à Paris, ça ne devrait pas durer. On fait un pari, à la fin de ce reportage, ça devrait changer.

Qui paie les pots cassés quand les agriculteurs manifestent ?

Cet été, la colère des agriculteurs a laissé des traces. Les dégâts se chiffrent en millions d’euros. Mais qui paie la facture ? L’œil du 20H a enquêté. En Bretagne, les manifestants ont saccagé les entrées de plusieurs magasins. Chez Lidl, un employé raconte que le supermarché a pris en charge le coût des dégâts. Le vice-président du conseil départemental du Finistère, Roger Mellouet explique la procédure. Selon lui, c’est toujours le contribuable qui passe à la caisse.

Les plaintes sont adressées au ministère de l’Intérieur

Une plainte est déposée contre X, le département dépose un dossier de remboursement à la préfecture qui l’évalue et le fait remonter au ministère de l’Intérieur qui remboursera tout ou partie des dégâts. Le président de la FNSEA, Xavier déclare que les dossiers sont nombreux. Cependant ce dernier refusera de nous donner les montants remboursés. Le ministère de l’Intérieur n’a pas non plus souhaité communiquer de chiffres à ce sujet.

VIDEO. Les milliers de travailleurs au noir du ministère de la Justice

Dans l’imaginaire collectif, le travail au noir est plutôt réservé au monde du bâtiment ou de la restauration. On en trouve pourtant aussi dans les administrations les plus importantes. Parmi les collaborateurs réguliers des palais de justice, ils sont 40 000 à travailler sans être déclarés. L'Oeil du 20h revient de nouveau sur cette information révélée en mars dernier.

De l'interprète au délégué du procureur

C’est le cas notamment d'un interprète régulièrement employé par le TGI de Paris. Il n'est pas fonctionnaire et est payé en fonction des missions qui lui sont confiées. Premier problème : le ministère de la Justice lui doit 9000 euros au titre de ses missions effectuées… en 2014.

Second problème, l'interprète n'est pas déclaré. Un cas isolé ? Pas vraiment. Nous avons aussi rencontré un délégué du procureur. Cet ancien médiateur social n'est pas magistrat mais un collaborateur extérieur du ministère. Et lui non plus n’est pas déclaré. Plutôt étonnant quand on sait que le rôle d'un délégué du procureur est de faire… des rappels à la loi.

Revoir l'Oeil du 20h de mars dernier sur le cas des travailleurs illégaux au ministère de la Justice :

 

 

Ouverture le dimanche : Macron a-t-il favorisé les centres commerciaux parisiens ?

Dans certains magasins parisiens, les touristes viennent du monde entier pour consommer. Et pour qu’ils dépensent toujours plus, le gouvernement à un projet : douze zones touristiques internationales (ZTI) dans lesquelles les boutiques pourront ouvrir 7 jours sur 7 et jusqu’à minuit.

Pour tracer ces zones, Emmanuel Macron a retenu trois critères : « le rayonnement international, l’affluence exceptionnelle de touristes étrangers » et « l’importance des achats ». Parmi ces ZTI, les Champs-Elysées, Montmartre ou les Grand Boulevards ne surprennent guère. En revanche, les centres commerciaux Italie 2 et Beaugrenelle sont moins réputés pour leur affluence touristique. Les directions de ces deux galeries marchandes revendiquent 20% de clients étrangers mais ne communiquent pas sur le montant de leurs dépenses.

L’action FNAC a grimpé de 6%

Pour la mairie de Paris, Bercy a délimité des zones touristiques pour ouvrir un maximum de magasins le dimanche, ce que dément le ministre de l’Economie. Seule certitude, certains sortent gagnants de ce découpage. Toutes les FNAC parisiennes se situent notamment dans ces zones. Les investisseurs ne s’y sont pas trompés, dès l’annonce du tracé, l’action du groupe a grimpé de 6%. Le service de presse de la FNAC n’a souhaité faire aucun commentaire tant que le tracé de ces zones n’est pas définitif. A Bercy, on se défend : il ne faut voir aucun favoritisme dans le tracé de ces 12 zones.