Dans une société américaine ravagée pas les opioïdes, Nick fête aujourd'hui ses 10 ans d'abstinence

Selon le Centre de contrôle et de préventions des maladies (CDC), plus d'un demi-million de personnes sont mortes d'overdose aux États-Unis entre 2000 et 2015. La dernière statistique officielle, menée en 2015, a chiffré à 52 404 overdoses fatales, dont 20 101 dues à des produits prescrits sur ordonnance, et 12 990 à des injections d'héroïne.

Du 17 au 23 septembre 2017, Donald Trump proclamait la semaine de sensibilisation aux opioïdes et à l'héroïne, dans le but de dénoncer ce qu'il décrit comme une "crise épidémique" sans précédent. Car ce phénomène est double. Il concerne à la fois les toxicomanes usagers de drogues dures dérivées du pavot (opium, héroïne, ou encore morphine), mais également les patients souffrant de sévères dépendances après avoir pris de façon répétée des médicaments à base d’opioïdes de synthèse, tels que des antidouleurs. Bien que l’épidémie est mondiale, elle touche sévèrement les États-Unis depuis plusieurs années, se hissant sur la première marche des causes de mortalité, devant les armes à feu et les accidents de la route.

Ancien consommateur régulier, Nick Yacoub célèbre aujourd'hui ses 10 ans d'abstinence. A travers son histoire, il se bat pour que la société prenne conscience de ce problème social, mais surtout qu'elle reconnaisse la dépendance aux drogues opioïdes comme une maladie et non comme une faiblesse honteuse.

Témoignage 

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Nick Yacoub n'a pas oublié son premier contact avec la drogue. C'était de la marijuana. Son premier joint, il l'a fumé à 10 ans, en cachette, avec son voisin de l'époque, dans la banlieue aisée de Washington. Victime d'harcèlement scolaire, le jeune garçon peine à trouver sa place. Alors, quand son camarade lui propose de sceller leur amitié autour d'un joint, Nick accepte. L'amitié et l'herbe. "Je me sentais mal et je voulais me sentir mieux. Comment pouvai-je identifier mes émotions et mon comportement à 10 ans ? Quand j'étais défoncé, je me sentais mieux. C'est tout ce qui m'importait à cet âge" se remémore Nick qui s'apprête à souffler ses trente-deux bougies dans un mois.

Au lycée, l'adolescent bascule vers une consommation quotidienne à base d'antidouleurs et de somnifères obtenus grâce à son entourage. Codéine, hydrogène, oxycodone ou bien opium. Nick ne fait pas la différence. "Mes amis avaient des prescriptions médicales pour lutter contre l'insomnie ou les douleurs. Ils me donnaient les gélules qu'ils ne voulaient pas prendre ou qu'ils avaient en trop. On s'échangeait des comprimés, c'était une sorte de petit commerce, confesse-t-il. Certains élèves volaient aussi les médicaments de leurs parents. A la fin, la substance n'avait plus aucune importance. Je voulais juste faire la fête et planer". 

Descente vers l'alcool et l'héroïne 

Nick devient populaire et se lance dans la vente de stupéfiants. Il tombe progressivement dans l'usage d'alcool et d'héroïne, classée dans la catégorie des opiacés car elle est produite à partir de l'opium. L'héroïne est l'opiacé le plus recherché car elle se procure sans ordonnance, et peut être injectée par intraveineuse, snifée ou fumée. Une fois absorbée, elle provoque de façon croissante une sensation d'apaisement, d'euphorie et enfin d'extase.

Nick est arrêté une première fois par la police à l'âge de 17 ans pour possession de drogues. Puis à une seconde reprise à 19 ans, pour vente de stupéfiants à un policier sous couverture. Et de nouveau à 21 ans. Il écope de 12 jours d'emprisonnement, où il rencontre un certain Mike, l'élément déclencheur de sa reconstruction. "Il m'a dit les mêmes choses que beaucoup de personnes auparavant, mais c'était la première fois que j'étais prêt à les entendre" reconnaît le trentenaire.

"L'addiction est une maladie"

Sous le joug d'une libération conditionnelle, Nick participe à un programme de 21 jours de traitement, adhère à un groupe de soutien et change ses fréquentations. "Durant les quatre premiers mois d'abstinence, j'ai dû lutter contre onze années de consommation de drogues, et faire le deuil de plusieurs amis qui se sont suicidés ou sont morts d'overdose. C'était une période très difficile de ma vie".

Depuis dix ans, le 22 novembre 2007 précisément, Nick a trouvé le chemin de la guérison. Il a repris ses études et a obtenu fin 2013 une licence en psychologie à l'université de Georges Mason en Virginie. Il est aujourd'hui spécialiste dans le rétablissement des troubles addictifs et vient en aide aux personnes dépendantes aux stupéfiants. "J'ai décidé de parler de ma guérison publiquement afin que la société comprenne que l'addiction est une maladie, qui peut toucher toutes les classes sociales. Cette maladie n'ira nul part tant qu'elle ne sera pas prise en change et acceptée par la société. Tout le monde peut guérir de cette accoutumance. Avec un peu d'aide, tout est possible".

Yelen Bonhomme-Allard

Donner les clés de sa maison au livreur en cas d'absence, c'est possible aux États-Unis !

Aux États-Unis, Amazon a mis en place un système permettant à ses clients de recevoir une commande pendant leur absence, en permettant au livreur d'entrer chez eux.

Depuis une semaine, le géant du commerce en ligne américain, Amazon, teste un concept novateur : livrer un colis à domicile en l'absence de ses clients. Pour bénéficier de ce service, il faut acquérir un kit d'installation d'une valeur de 900 euros, comprenant une caméra et une serrure électronique. Celle-ci s'ouvre et se ferme via un smartphone, ainsi qu'un code à 4 chiffres dont va disposer le livreur. Par sécurité, ce code n'est valable qu'une fois afin d'empêcher l'employé de revenir. La caméra, dirigée vers la porte, filme la livraison en temps réel. Le client peut ainsi suivre la scène en direct depuis son téléphone portable.

Un accès à la vie privée des consommateurs ?

Généralement déposées sur le pas de la porte, les livraisons étaient parfois dérobées, et cela coutait cher à l'entreprise. Mais cette innovation ne fait pas l'unanimité auprès des utilisateurs d'un point de vue de la sécurité. Selon certains experts, les données que pourrait collecter Amazon n'ont pas grand intérêt, le groupe étant plus intéressé par le comportement en ligne de ses clients. La société garantit qu'elle ne gardera pas les images de ses caméras, même si celles-ci seront connectées en permanence aux serveurs d'Amazon.

Reportage d'Agnès Vahramian, Arielle Monange et Andréane Williams 

New York : vivez les scènes de "Maman j'ai encore raté l'avion" pour les 25 ans du film

À l'occasion du 25e anniversaire du film "Maman j'ai encore raté l'avion" (traduit de l'anglais "Home Alone 2 : Lost in New York"), sorti aux États-Unis le 20 novembre 1992, l'hôtel Plaza à New York propose aux fans de revivre certaines scènes du film dans la peau du jeune héros, Kevin McCallister.

C'était il y a 25 ans, jour pour jour. Le deuxième volet du film "Maman jai raté l'avion" était diffusé sur les écrans américains. En cette date anniversaire, le luxueux établissement new-yorkais offre à ses clients la possibilité de vivre dans la peau de Kevin durant une journée.

Disponible du 1er décembre au 29 octobre 2018, le pack "Live like Kevin" ("Vivez comme Kevin") propose : une balade dans Central Park où se déroulera une séance photo sur le lieu de l'une des scènes, une virée en limousine à travers la ville, une montage de crème glacée à déguster gratuitement dans la chambre - à l'image de celle du personnage principal -, un sac à dos à l'effigie du film, les deux DVD et une copie de "l'édition anniversaire" en Blu-Ray. Enfin, les clients pourront s'attabler au restaurant Todd English Food Hall du Plaza, et y déguster le menu spécial années 90, composé de plats uniques. Cette expérience a tout de même un prix : 895 dollars (environ 762 euros).

Le synopsis du deuxième volet 

La famille McCallister s'apprête à passer les vacances de Noël en Floride. Les parents, Kate et Peter McCallister, font attention de ne pas oublier leur fils Kevin, comme ils l'avaient fait un an auparavant. Mais dans l'effervescence du départ, le garçon se trompe d'avion et embarque par mégarde pour New York. Grâce à la carte de crédit de son père, il visite la ville qui ne dort jamais, et séjourne au luxueux palace Plaza Hotel, situé en face de Central Park.

Les deux cambrioleurs, Harry et Marvin, capturés dans l'épisode précédent, se sont évadés de prison et tombent par hasard sur le jeune garçon. Rancuniers, ils le poursuivent à nouveau. Kevin entreprend alors de faire échouer le plan des casseurs flotteurs, renommés « les casseurs poisseux », qui est de braquer un magasin de jouets.

Yelen Bonhomme-Allard

Donald Trump s'attire les foudres des défenseurs des animaux et le soutien des chasseurs d'éléphants

Hier, jeudi 16 novembre, l'administration de Donald Trump a réautorisé les chasseurs américains à importer sur le territoire des trophées d'éléphants tués au Zimbabwe, lors de la chasse pour le loisir. Le U.S. Fish & Wildlife Service(USFWS) va émettre des permis autorisant l'apport de ces trophées d'éléphants abattus entre le 26 janvier 2016 et jusqu'au 31 décembre 2018.

En autorisant légalement cette mesure, Donald Trump s'attire la colère des associations de défense des animaux. Une fois encore, le président républicain confirme sa volonté de s'écarter de la lignée de ses prédécesseurs. Les autorités américaines renversent ainsi l'interdiction, imposée sous Barack Obama en 2014, d'importer notamment les défenses d'ivoire, très convoitées, des éléphants.

Cette décision avait été prise dans le but de lutter contre l'extinction de cette espèce, dont la population diminue considérablement d'année en année. Selon l'organisation Great Elephant Census, le nombre de pachydermes a chuté de 30% entre 2007 et 2014 en Afrique, avec une baisse de 6% pour le Zimbabwe.

De la chasse pour le loisir vers le braconnage ?

L'administration américaine exploite avec cette mesure un aspect de la loi américaine sur les espèces en danger (Endangered Species Act), qui stipule que l'importation de tels trophées peut être légale si la preuve est apportée que la chasse bénéficie à la conservation plus large des espèces. "La chasse pour le loisir, légale, bien encadrée, dans le cadre d'un programme, peut bénéficier à la conservation de certaines espèces en incitant les populations locales à conserver les espèces et en injectant l'argent dans la conservation", explique ainsi l'USFWS.

De son côté, l'organisme de protection des éléphants baptisé The Elephant Project, dénonce sur Twitter une dérive potentielle de cette levée de l'interdiction: "100 éléphants sont déjà tués chaque jour. Cela mènera à davantage de braconnage". Pour sa part, le centre américain pour la biodiversité a déploré qu'en autorisant l'importation "des têtes, des pieds et des queues d'éléphants morts aux Etats-Unis", Donald Trump "légalise le fait du tuer des éléphants menacés".

Les fils Trump adeptes de la chasse

Suite à l'annonce, de nombreux internautes ont évoqué une corrélation entre la décision de l'administration américaine et la passion des deux fils aînés du président, Don Jr et Eric, qui se rendent régulièrement à la chasse aux trophées en Afrique. Plusieurs photos ont été relayées sur les réseaux sociaux. Sur l'une d'elle, Donald Trump Jr brandit une queue d'éléphant dans la main, à côté de l'animal mort.

Finalement, sous la pression internationale, Donald Trump a fait volte-face quelques heures après son annonce, publiant un tweet dans la soirée : "Je gèle la décision sur les trophées de chasse d'éléphants le temps que je vérifie les informations sur la protection de l'espèce".

Yelen Bonhomme-Allard

Salvador : les pesticides hors la loi

Cette semaine, nous vous emmenons, au Salvador où depuis quatre ans le pays interdit l'utilisation du glyphosate, ainsi que 53 autres produits chimiques jugés dangereux pour l'homme.

Le Salvador, le plus petit État d'Amérique centrale, révolutionne son agriculture et défie les géants de l'agroalimentaire. Il a chassé les pesticides et supprimé les semences des multinationales telles que Monsanto. L'objectif du pays est de nourrir la population seulement avec du bio. Le riz, les haricots, les lentilles et le maïs sont donc cultivés sans produits chimiques.

Les anciens guérilleros apprennent alors aux paysans à se passer de pesticides. Aujourd'hui au pouvoir, ils ont interdit 70 pesticides, dont ceux de Monsanto. Manuel Abalinga, maraîcher, reconnait que sa production est moins rentable depuis qu'il cultive ses fruits avec des fertilisants naturels. Mais il espère qu'un jour, la qualité de sa production sera reconnue au détriment de sa quantité.

Le rêve d'une agriculture saine 

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Le gouvernement salvadorien aimerait que les agriculteurs bannissent définitivement les pesticides. C'est pourquoi, il leurs envoie gratuitement des sacs de graines de maïs, protégées des insectes grâce à une teinture rose. Pourtant, plusieurs paysans continuent d'utiliser les semences de Monsanto, qui rapporteraient deux fois plus d'argent et augmenteraient la taille des épis de maïs.

Aucun chiffre fiable n'existe sur le nombre d'exploitations converties au bio. Monsanto n'a pas souhaité s'exprimer sur l'interdiction de ces pesticides. Les guérilleros entament donc un long travail de conviction auprès des paysans, avant de parvenir, un jour peut-être, à une agriculture saine et autosuffisante.

Reportage d'Agnès Vahramian, Régis Massini, Andréane Williams et Niel Brandvold.

Comment les Américains se souviennent-ils de la Première Guerre mondiale ?

Le 11 novembre 2017, la France et ses alliés - dont les États-Unis - commémoraient la fin de la Première Guerre mondiale, proclamée il y a 99 ans. À l'occasion de cette date anniversaire, nos journalistes se sont envolés en direction de Kansas City, où le travail de mémoire y occupe une place primordiale.

La Première Guerre mondiale a éclaté le 28 juillet 1914. Elle a opposé les puissances européennes parmi lesquelles l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie (soutenues par la Turquie et la Bulgarie), face à la France, la Russie, la Belgique et la Grande-Bretagne (soutenues par le Japon, l'Italie, la Roumanie, le Portugal, les États-Unis, la Grèce et la Chine).

Les Américains ont pris part au conflit le 2 avril 1917. Leur intervention a permis d'apporter une aide immédiate sur les plans économique, naval et financier. Toutefois, face au faible effectif que comptait l'armée américaine - à peine 150 000 hommes - une campagne de propagande a été lancée dans le but de recruter des soldats.

Des dizaines de ces affiches de propagande sont aujourd'hui exposées dans le musée de Kansas City, consacré à ce conflit. À l'intérieur du bâtiment, un mémorial dédié aux victimes a également été érigé.

Sensibiliser la jeune génération 

Dans les établissements scolaires américains, l'enseignement de cette bataille est bien au programme, mais il n'est pas prioritaire. La Première Guerre mondiale arrive en quatrième position, après la Guerre du Viêt Nam, la Guerre de Corée et la Seconde Guerre mondiale. Au collège The Barstow School, à Kansas City, Anne Hyvrard, professeure de français, a décidé de lutter contre la banalisation des conflits, et souhaite que ses élèves prennent conscience des conséquences engendrées à la suite d'une guerre. "Les Américains n'ont jamais été occupés, c'est aussi pour cela qu'ils se rendent moins compte" analyse l'enseignante.

En un an et demi de combat (du 2 avril 1917 au 11 novembre 1918), les États-Unis ont perdu 120 000 hommes. Elle est l'une des nations les moins touchées durant ce conflit, qui fut le plus meurtrier de l'Histoire internationale.

Reportage de Jacques Cardoze, Arielle Monange et Louise Dewast.

Pourquoi certaines personnes sont-elles plus altruistes que d'autres ?

Abigail Marsh est professeur en psychologie à l'université de Georgetown, à Washington DC. Suite à une expérience personnelle survenue à l'âge de 19 ans, elle a voulu scientifiquement démontrer que certains individus sont plus aptes à secourir les autres, et reconnaissent plus facilement la détresse d'autrui. 

"Il y a un homme quelque part qui ressemble un peu à l'acteur Idris Elba, ou en tout cas cela était vrai il y a presque 20 ans. Je ne sais rien de lui à part qu'un jour, il m'a sauvé la vie en mettant la sienne en danger. Cette homme a traversé quatre voies d'autoroute en plein milieu de la nuit pour me ramener en lieu sûr, suite à un accident de voitures qui aurait pu me tuer. Pourquoi a-t-il risqué sa vie pour sauver celle d'une inconnue?" questionnait Abigail Marsh lors d'une conférence en juin 2016.

Décidée à résoudre cette problématique, cette universitaire a lancé un appel en 2010, à une catégorie de personnes extrêmement altruistes : les donneurs d'organes, et en particulier ceux du rein. Elle a réuni 19 volontaires, répartis aux quatre coins des États-Unis, ayant donné un rein à de parfaits inconnus, sans jamais les rencontrer (les donneurs aux membres de leur famille ont été exclus de l'étude).

Alors que le cerveau des candidats était passé au scanner, plusieurs expressions du visages leur ont été présentées. Les IRM montraient alors une augmentation de l'activité cérébrale lorsque des visages apeurés étaient exposés. L'amygdale de l'hémisphère droit du cerveau était 8% plus grosse que celle de la population générale. Or cette partie du cerveau est impliquée dans la détection des signaux émotionnels, notamment celui de la peur.

Face à ces résultats, l'équipe de scientifiques a conclu que ces personnes sont particulièrement sensibles à la détresse d'autrui et sont, par conséquent, plus enclines à venir en aide à leurs prochains. Plus altruistes donc. 

Vidéo réalisée par Louise Dewast, texte de Yelen Bonhomme-Allard

"Il n'y a pas de consentement à 14 ans". Sur Twitter les femmes sensibilisent l'opinion sur le consentement sexuel via #MeAt14

Roy Moore, 70 ans, magistrat ultra-conservarteur en Alabama et candidat au siège de sénateur de Washington, est accusé d'agressions sexuelles par deux femmes alors âgées de 14 à 16 ans au moment des faits. Ce scandale a fait naître un nouveau mouvement sur Twitter baptisé #MeAt14, "Moi à 14 ans". Dans la lignée de #MeToo, plusieurs Américaines ont publié des photos d'elles à l'adolescence, afin de sensibiliser l'opinion sur le consentement sexuel. Toutes soulignent leur incapacité à consentir à une relation sexuelle, en tant que mineure, avec un partenaire adulte. 

Jeudi 9 novembre, Leigh Corfman accusait Roy Moore d'attouchements sexuels dans les lignes du Washington Post. Agée de 14 ans en 1979, l'adolescente aurait été approchée par l'homme politique de 32 ans à l'époque. Quatre jours plus tard, cette fois dans le New York Times, Beverly Young Nelson l'a accusé d'avoir essayé de la violer dans une voiture après lui avoir proposé de la raccompagner à son domicile. Elle avait 16 ans à l'époque. Depuis, trois autres femmes sont sorties du silence en affirmant que Moore avait tenté de les séduire lorsqu'elles avaient entre 16 et 18 ans. Aucune n'a dénoncé de contact sexuel.

Confessions d'anonymes et de célébrités

Catherine Lawson, avocate en Caroline du Nord, est l'initiatrice de ce hashtag. Le 9 novembre dernier, elle a publié ce message sur Twitter : "Il n'y a pas de consentement à 14 ans. Pas en Alabama. Nulle part". Depuis, plusieurs célébrités à l'instar de l'actrice Alyssa Milano, ainsi que des centaines d'anonymes lui ont emboîté le pas.

"C'est moi à 14 ans, une timide et innocente dévoreuse de livres. C'est impossible qu'une enfant de 14 ans soit prête à avoir une relation sexuelle avec un homme de 32 ans" a écrit une internaute.

"Je suis au centre, pesant à peine 45 kg et le visage recouvert de boutons d'acné. Je n'étais certainement pas assez mature pour envisager une relation avec un homme de 32 ans. Ma mère ne m'aurait jamais laissé fréquenter un garçon de 18 ans !" a réagi cette Américaine.

"Voilà une page de mon journal intime où j'expliquais avoir pleuré à une boum parce que j'avais peur de danser avec des garçons. Pas assez vieille pour consentir à une relation amoureuse avec un adulte", racontait Sharah Meservy.

De son côté, Roy Moore nie l'ensemble des accusations. De nombreux républicains, y compris le chef de la majorité au Sénat, l'ont appelé à retirer sa candidature et ont menacé de l'exclure de la chambre haute s'il était élu.

Yelen Bonhomme-Allard 

Promesses, actes et flops... Bilan de Donald Trump après un an au pouvoir

Un an après son élection, dix mois après son investiture à la Maison-Blanche, quelles promesses de campagne Donald Trump a-t-il réellement tenu ?

Dates clés

8 novembre 2016 : Donald Trump, candidat républicain, bat la candidate démocrate Hillary Clinton. Il devient le 45e président des États-Unis et succède à Barack Obama.

20 janvier 2017 : Donald Trump s'installe à la Maison-Blanche et prête serment devant le Capitole à l'instar de ses prédécesseurs : "Ensemble, nous rendrons sa force à l'Amérique. Nous rendrons sa richesse à l'Amérique. Nous rendrons sa fierté à l'Amérique. Nous rendrons sa sécurité à l'Amérique. Et, oui, nous rendrons sa grandeur à l'Amérique".

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Six exemples de promesses de campagne

Eriger un mur entre les États-Unis et le Mexique : non tenue

Le 26 octobre dernier, les sociétés de construction sélectionnées ont présenté à San Diego huit prototypes de murs. Ce rempart entre les deux pays a pour but de stopper l'immigration illégale. Lors de sa course à la présidentielle, Donald Trump avait assurer que l'édification du mur serait prise en charge par le Mexique. Mais ce dernier refuse catégoriquement de payer la facture. Le coût total est évalué entre 12 et 25 milliards de dollars selon certaines estimations. Aucune date n'a été annoncée quant au début des travaux.

Annuler et supprimer Obamacare : non tenue

L'Obamacare, connu sous le nom d'Affordable Care Act, est une sécurité sociale universelle destinée aux plus pauvres. Mise en vigueur le 1er janvier 2014 sous l'administration démocrate sortante, cette couverture assure une protection médicale à 20 millions d'Américains. 

Malgré plusieurs recours devant la justice, la "Trumpcare" n'a pas réussi à évincer l'Obamacare.

Retrait des États-Unis de l'Accord de Paris : tenue

Le 1er juin dernier, l'actuel président américain a confirmé le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris. En 2015, 195 pays s'étaient engagés lors de la COP21 à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d'ici 2050. Au contraire de son prédécesseur, Donald Trump a assuré que ce retrait était dans l'intérêt du peuple et au nom de la défense des emplois américains.

En 2012 déjà, le septuagénaire affirmait que "le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois pour rendre l'industrie américaine non-compétitive".

Les États-Unis doivent patienter trois ans à compter de leur retrait effectif du traité (intervenu le 4 novembre 2016), puis respecter un préavis d'un an. Le pays sortira donc de l'accord en novembre 2020, au moment de la prochaine élection présidentielle.

Instaurer un décret anti-immigration : tenue

Dès son arrivée au pouvoir, Donald Trump a interdit l'entrée sur le territoire américain des ressortissants de pays majoritairement musulmans. La liste des pays visés par cet arrêté migratoire s'élève à huit : la Corée du Nord, le Venezuela, le Tchad, l'Iran, la Libye, la Syrie, la Somalie et le Yémen. Le Soudan, visé par la précédente ordonnance, a été retiré de la liste.

Les mesures de restriction varient selon les pays et n'ont, a priori, pas de limite dans le temps. Concernant l'interdiction dont le Venezuela est la cible, elle se limite aux membres d'une longue liste d'instances gouvernementales vénézuéliennes et à leur famille.

Engager une coopération avec la Russie : non tenue

Le 7 juillet dernier, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont entretenus en tête à tête en marge du G20 à Hambourg. "Il y a eu une alchimie positive" entre les deux dirigeants, assurait le chef de la diplomatie américaine, en faisant le compte-rendu de la rencontre. Mais les accusations d'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine pèsent dorénavant dans la balance.

Travailler pour le peuple et moins jouer au golf : non tenue

"Je travaillerai pour vous, je n'aurai pas le temps de jouer au golf" avait assuré Donald Trump lors de sa campagne présidentielle. Une promesse non tenue puisqu'il s'est exercé 61 fois à cette discipline depuis son élection. Fin août, il avait déjà pris 53 jours de vacances, contre 15 pour Barack Obama à la même période de son mandat.

Yelen Bonhomme-Allard 

Réchauffement climatique : la production de café mexicain est en péril

Cette semaine, nous vous emmenons au Mexique dans la région de Veracruz, où les agriculteurs continuent de subir les conséquences du réchauffement climatique. Le pays, troisième producteur mondial de café, a perdu 60% de sa production en cinq ans.

Dans la région de Veracruz, à 1 200 mètres d'altitude poussent les plants de café à l'ombre des ficus géants. Au moment de la récolte, les paysans cueillent les fruits les plus mûrs de couleur rouge. C'est à l'intérieur que se trouvent les grains de café. Mais en raison du changement climatique, le Mexique a perdu plus de la moitié de sa production de café en cinq ans.

Les variations météorologiques (augmentation des températures en été, et fortes pluies en hiver) sont responsables de l'apparition d'une maladie du café très connue dans le pays : la rouille. Mais cette dernière n'était jamais arrivée jusqu'à cette altitude. Elle se présente sous la forme de petites taches jaunes.

Le climat perturbe un autre élément indispensable à la production du café : les abeilles. En butinant de fleur en fleur, les abeilles permettent au café de se reproduire. Mais le nombre de ces insectes diminue considérablement, à cause des pesticides et du climat.

Des solutions face à l'urgence

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Pour palier à la perte de milliers d'hectares de café, des arbustes plus retissants sont actuellement replantés. Cette nouvelle variété est conçue par des ingénieurs agronomes français basés en Provence. Ces plants d'arabica sont des hybrides insensibles à la maladie et adapter aux changements climatiques.

Après le passage de notre équipe de journalistes, Ruben Rodriguez, un producteur de café a décidé de baptiser une parcelle de son exploitation du nom de "France 2". Une délicate attention saluée par toute la rédaction de Washington D.C.

Reportage d'Agnès Vahramian, Arielle Monange et Andréane Williams.