Stromboli, le feu d'artifice permanent

Ses moments de répit ne font jamais long feu ; les Strombolani ne s'en alarment plus. Depuis l'Antiquité, les éruptions du Stromboli constituent pour les insulaires éoliens le ronronnement ininterrompu d'un volcan de compagnie dont on ne redoute plus vraiment le danger. Iddu - le sobriquet local pour "Lui" - projette ses scories et ses bombes de laves toutes les dix minutes. Les touristes, invités à rester à plusieurs centaines de mètres de là, admirent le spectacle incandescent dans l'érubescence du soleil couchant.

Loin du souffle brusque et des grondements de la Sommité de l'île, les habitants se souviennent. En 2002, quelques jours après Noël, une émission de lave entraîne l’écroulement catastrophique d’une partie du volcan. En déboulant dans la mer, les débris déclenchent un tsunami qui ravage les côtes de l'île. Si de redoutables et impressionnantes explosions ont rythmé la décennie suivante, il faut attendre 2019 pour que les randonnées au sommet du cratère soient interdites. Au coeur de l'été, un randonneur est tué lors d'une double-éruption retentissante dont le panache de fumée haut de deux mètres marque les esprits, ainsi que les réseaux sociaux. De quoi maintenir l'éminent toit de lave sicilien parmi les volcans les plus actifs d'Europe. Reportage de Stéphanie Perez et Florence Crimon.

L'info en + : c'est après le film "Stromboli terra di Dio", classique du néoréalisme italien réalisé en 1949 par Roberto Rossellini, que le volcan éponyme crée un engouement touristique progressif, celui dont l'île vit aujourd'hui. Auparavant, Jules Verne y a également situé une partie de son "Voyage au centre de la Terre" paru en 1864.

Anne Donadini