Des fonctionnaires sans emploi mais toujours payés

Dans une mairie ou un conseil régional, vous pouvez perdre votre emploi, et continuer à être payé, parfois pendant des années ! Comment est-ce possible?

C’est le cas de Françoise*, ancienne employée de mairie. En 2010, son poste a été supprimé, elle s'est retrouvée sans emploi. Depuis, elle a fait quelques missions de remplacement, mais n'a jamais retrouvé de poste permanent. Pourtant, aujourd'hui elle touche encore une partie de son salaire: 1441 euros. "J'ai perdu un tiers de mon salaire, ce qui correspondait aux primes." précise-t-elle.

Tout cela est légal, l’administration lui a même donné un nom: Françoise est une fonctionnaire momentanément privée d'emploi, un statut unique à la fonction publique territoriale. Son ancienne mairie continue à payer son traitement tant qu’elle n’a pas retrouvé un nouveau poste. Obligation pour elle: prouver qu’elle recherche un emploi.
Alors, toutes ces années, elle n’est pas restée les bras croisés. L’an dernier, elle a envoyé 120 CV. "Par exemple, là c'est une candidature pour un poste de responsable administratif", dit-elle en feuilletant toutes les lettres de motivation qu'elle a précieusement gardées. "Mais, je n'ai pas été retenue. C’est humiliant. Ça me gêne d’être à la charge du contribuable."

Les collectivités n’ont pas l’obligation de recruter quelqu’un comme Françoise. Résultat: au 1er septembre dernier, ils étaient 440 fonctionnaires territoriaux dans cette situation.
Et pour certaines collectivités, ça pèse sur les finances.

A Sainte-Savine, dans l’Aube, un ancien Directeur général des services fait la une des journaux. Il y a 10 ans, le maire ne renouvelle pas son contrat mais aujourd’hui encore ce fonctionnaire coûte plus de 4000 euros chaque mois à cette commune de 10 000 habitants. Un scandale pour certains élus de l’opposition: " Pour son traitement brut et les charges sociales, la commune verse 4197,02 euros", précise Dominique Leblanc, conseiller municipal. "En 10 ans, ça fait 500 000 euros. Ça représente des emplois pour nos jeunes, pour nos anciens, pour nos associations...” "C'est ubuesque", ajoute Karl D'Hulst, lui aussi conseiller municipal.

Alors pourquoi ce fonctionnaire n’a-t-il jamais retrouvé de poste en 10 ans ? Ni lui, ni le maire n’ont souhaité nous répondre. C’est le centre de gestion du département, sorte de pôle emploi pour fonctionnaire, qui nous explique: "Cet ancien Directeur général des services fait des tas de recherches d’emplois. Sauf qu’il a un grade qui ne lui permet pas d’être recruté dans une commune de moins de 10 000 habitants. Dans le département de l’Aube, avec les établissements publics, il y a 7 collectivités qui peuvent recruter éventuellement, c’est tout". Le centre de gestion précise que le fonctionnaire a envoyé une cinquantaine de candidatures dans toute la France rien que l'année dernière.

440 fonctionnaires sans affectation, combien cela coûte-il? L’administration n’a pas fait le calcul. Seule certitude, ce sont plusieurs millions d’euros chaque année.
Pour inciter ces fonctionnaires à retrouver plus vite du travail, la loi prévoit de diminuer progressivement leur salaire. Mais obliger les collectivités à les embaucher? Là-dessus rien n’est prévu.

*Le prénom a été modifié.

Ces très chers trains que les élus veulent à tout prix

Quand un politique aime sa région il lui fait des cadeaux. Parfois ce sont des trains un train qu’il offre. Mais sont-ils rentables ?

En juin dernier, Alain Rousset le président de la région Nouvelle Aquitaine, était fier de présenter son nouveau TER entre la ville d’Oloron et le petit village de Bedous. Cette ligne a coûté 100 000 millions d’euros.

Selon les chiffres fournis par la SNCF pour le mois d’octobre, la moyenne est de 12 voyageurs par train, seulement 15% d’occupation. "C’est un gaspillage d’argent public, c’est un peu comme une mairie qui décide de construire une piscine olympique, et il y aurait deux baigneurs", s'insurge Georges Manaut, opposant au TER. Pourtant, ce problème de fréquentation était connu. En 2013, une enquête publique avait émis un avis négatif : "Ce transport ne paraît susceptible ni de générer un meilleur service public, ni une fréquentation plus importante, ni des retombées économiques ou touristiques sensibles".

Alors pourquoi le président de la région Nouvelle Aquitaine s’est-il obstiné ? "C’est tout simplement pour l’aménagement du territoire,  cette vallée se dépeuple, rouvrir une voie ferrée, c’est la dynamiser", affirme Alain Rousset.

Quelle somme les politiques sont-ils prêts à dépenser pour dynamiser une région ?

1,6 milliard d’euros, c’est le coût estimé de la ligne à grande vitesse Poitiers-Limoges.C’est un ancien élu de la région qui l'a souhaitée... le Président lui-même ! Pourtant, ce projet a été jugé "non rentable" par la Cour des comptes. Puis, le conseil d’Etat l'a définitivement enterrée : "Les inconvénients du projet l’emportaient sur ses avantages de sorte que le projet n’était pas d’utilité publique".

Pourtant François Hollande a ressuscité la ligne à grande vitesse. A Brives, le 8 octobre dernier, il relance le projet. Pourquoi le président  tient-il tant à ce train ? "C’est pour apporter une satisfaction au limousin, à la Corrèze et à cette grande région qu’est la Nouvelle Aquitaine", affirme Philippe Duron, député PS qui a émis un avis négatif dans un rapport.

Contacté l’Elysée affirme que ce n’est pas un cadeau fait à la région. Selon François Hollande, ce train permettra de la rendre plus accessible, peu importe si la ligne n’est jamais rentable.

Les logements des hôpitaux de Paris : le grand ménage s’avère compliqué !

Dans la capitale, les hôpitaux de Paris (APHP), possèdent plusieurs centaines d’appartements pour y loger ses employés. Une seul règle en vigueur : pour y habiter, il faut travailler à l’hôpital. Il y a un an, nous révélions que 524 appartements étaient occupés par des personnes qui n’avaient rien à y faire. Martin Hirsch, le patron de l’APHP, nous avait promis du changement : “est-ce que vous avez une raison valable de rester dans un logement? Si oui, vous restez. Si non, vous laissez votre logement à une infirmière.” L’ancien patron d’Emmaüs nous avait proposé de revenir pour vérifier. Nous sommes revenus vérifier !

Des locataires récalcitrants

Il y a un an, la dirigeante d’une célèbre émission de téléréalité vivait dans un immeuble de l’APHP, à deux pas des champs-élysées. On a vérifié, elle a quitté ce logement. L’assistance publique a fait respecter la règle. Dans un autre quartier, nous avions trouvé un avocat qui n’a jamais travaillé dans un hôpital. Pourtant, il vit toujours dans son logement. L’APHP tente de le faire partir, en vain. Il est titulaire d’un bail ancien, très protecteur.

Des cas comme celui-là, l’Oeil du 20h a en trouvé d’autres. Dans un immeuble du quartier huppé du VIIIème arrondissement, les appartements prennent tout l’étage, plus de 150m2. Une voisine nous le confirme : un couple vit dans un logement APHP sans jamais-y avoir travaillé. Ces locataires, nous avons réussi à les joindre, ils nous affirment n’avoir reçu aucun courrier de l’APHP.

Pourtant, des lettres, le couple en a bien reçu : trois en un an. Ils ont même été menacés d’une résiliation de bail, mais ils ne répondent pas. Et pour cause les loyers sont trois fois moins cher que dans le privé. A l’APHP, on l’avoue, certains locataires jouent la montre.

L’APHP chasse les petites retraites

L’APHP n’arrive pas à faire partir certains locataires, alors elle tente d’en faire partir d’autres qui, eux pourtant, ont le droit de rester dans leur appartement. Dans le nord de Paris, c’est le cas de Ghislaine Minbielle. Elle paye 600 euros par mois pour vivre dans 50m2 avec sa fille.

Infirmière pendant 40 ans, aujourd’hui, elle est à la retraite. L’APHP voudrait qu’elle quitte les lieux et pour ça lui impose maintenant un loyer trois fois plus cher. Impossible pour Ghislaine Minbielle qui ne dispose que d’une retraite d’un peu plus de 1800 euros.

L’APHP menace de l’expulser. Pourtant, les hôpitaux de Paris s’étaient engagés à ne pas mettre à la rue des personnes touchant de petites retraites.  Un engagement pris auprès de Pascal Cherki, député socialiste de Paris. Il s’est battu pour défendre le sort de ces retraités aux faibles revenus. “Normalement, ce n’est pas ce qui était prévu. J’ai toutes les raisons de vous croire. Je suis scandalisé”, nous explique-t-il.

A l’APHP, on assume ces procédures, mais on précise que toutes les situations sont étudiées au cas par cas. En tout cas, sur les 524 logements indûment occupés, l’APHP n’en a récupéré que 7. Alors pour le grand ménage, il faudra encore attendre un peu.

Lafarge aurait-elle financé le groupe Etat islamique ?


Peut-on faire des affaires dans un pays en guerre ? Le groupe Lafarge, le plus grand cimentier au monde, est accusé de financement de terrorisme par l'ONG Sherpa. En Syrie, l’entreprise française a fait tourner une cimenterie au risque de mettre en danger ses employés et de financer le groupe Etat islamique. Nos confrères du Monde avaient publié un premier article en juin 2016 sur les liens troubles entre le groupe Lafarge et l'organisation de l'Etat islamique, nous avons poursuivi l'enquête.

L'usine Lafarge en Syrie, c'est une cimenterie capable de produire 7000 tonnes par jour qui a coûté 600 millions d’euros.

Neuf employés kidnappés

En 2011, la guerre civile éclate dans le pays. Tour à tour, les entreprises Total, Air Liquide et le fromager Bel quittent le pays, Lafarge reste. Au fil des mois, la situation se dégrade.

Neuf employés de la cimenterie sont kidnappés. Jacob Waerness, un ancien policier du renseignement norvégien, recruté par Lafarge pour sécuriser l’usine, entre en contact avec les ravisseurs. Il craint que les employés soient exécutés. Les négociations durent trois semaines. Lafarge décide de payer pour les libérer. Plus de 200 000 euros en liquide sont versés à des milices qui disent appartenir à l'armée syrienne libre.

Jacob Waerness raconte comment il a remis l’argent aux milices : "On a fait le trajet dans le désert jusqu’à un point de rendez-vous. Il était environ minuit. J’avais un groupe de rebelles pour me protéger. On a payé la rançon pour les employés et ils ont disparu avec."


"L'entreprise voulait juste produire"

Dans l’entreprise, à l’époque, les employés ne se sentent plus en sécurité. Tout ceux que nous avons contactés en témoignent, comme Farouk : "Qu'un salarié soit kidnappé, tué ou assassiné ça n'avait aucune importance. L’entreprise voulait juste produire et que chacun soit à son poste."

En 2013, le groupe Etat islamique prend le contrôle des puits de pétrole à proximité de l’usine. Du pétrole nécessaire pour faire tourner la cimenterie. Alors l’entreprise aurait fait appel à des fournisseurs locaux, eux-mêmes en affaires avec le groupe Etat islamique.


"Ce fournisseur travaille avec l’armée islamique la plus puissante sur le terrain"

Nous nous sommes procurés un mail adressé à la direction de Lafarge en Syrie dans lequel un intermédiaire en lien avec les fournisseurs demande à être payé. Dans son message, il est particulièrement explicite : "Il manque encore 33 000 euros. Comprenez que ce fournisseur travaille avec l’armée islamique la plus puissante sur le terrain. Donc Lafarge ne devrait pas prendre cela à la légère."

Dernier élément compromettant pour Lafarge, les laissez-passer. Ils sont nécessaires pour circuler sur les routes contrôlées par le groupe Etat islamique. Des autorisations, remises au conducteurs des camions transportant le ciment de l’usine. Nous avons obtenu un de ces laissez-passer sur lequel on peut lire :

"Au nom d’Allah le miséricordieux, les frères moudjahidines sont priés de laisser passer aux barrages ce véhicule transportant du ciment de l’usine Lafarge, après accord avec l’entreprise pour le commerce de cette matière."

"La société payait des laissez-passer"

Alors, Lafarge a-t-elle directement ou indirectement payé l’organisation terroriste pour obtenir ces laissez-passer ? Selon Mohammed, ancien salarié de l’usine, cela fait peu de doute : "Oui, la société payait des laissez-passer pour que les véhicules puissent circuler. Il payait aussi afin que les employés viennent au travail et rentrent chez eux."

Septembre 2014, le groupe état islamique s’empare de l’usine. Les employés s’enfuient. Pour l'ancien responsable de la sécurité de l'usine, Jacob Waerness, l’entreprise aurait dû se retirer de Syrie plus tôt, avant l’invasion du pays par le groupe Etat islamique.

"Je pense que Lafarge en Syrie aurait dû stopper ses opérations avant ça, car nous ne pouvions pas continuer à travailler sans que cela bénéficie directement ou indirectement à des groupes islamistes radicaux”

Qu’en dit l’entreprise elle-même ? Au siège de Lafarge à Paris, avait-on connaissance de ces faits ? L’un des directeurs nous affirme que la sécurité des employés a toujours été une priorité et qu’un audit est en cours. "Traiter avec des groupes terroristes est totalement exclu, ce qu’on veut c’est faire la lumière sur cette affaire" nous a-t-il répondu. 

Aujourd’hui, la cimenterie de Lafarge en Syrie est hors service. Elle sert de base aux forces spéciales occidentales.

Primaires : le plan anti-fraude de François Fillon

Chez les soutiens de François Fillon, certains souvenirs de 2012 rendent les nuits tourmentées. La défaite de l’ancien Premier ministre dans le cadre de l’élection à la présidence de l’UMP face à Jean-François Copé a laissé des traces. Alors un plan anti-fraude a été mis en place par l’équipe du candidat pour ne pas revivre le cauchemar.

Ce plan prend la forme d’un document intitulé mémento anti-fraude. Il a été mis à disposition des militants qui surveilleront les urnes pour François Fillon. Les triches y sont listées et le document donne des conseils précis pour les éviter.

Vérifier les ongles des assesseurs

A midi, il est par exemple conseillé de ne pas quitter l’urne des yeux. Les assesseurs devront prévoir leur sandwich. La raison est clair et est écrite noire sur blanc sur le document. En 2012, selon le document, “tous les bourrages d’urne se passaient à l’heure du déjeuner”.

Deuxième conseil, les clefs de l’urne ne doivent pas être dans les mains d’une seule personne mais remises à deux assesseurs qui soutiennent deux candidats différents.

Au moment du dépouillement, l’équipe Fillon conseille aussi de vérifier les ongles de tous les assesseurs. Selon le document, certains pourraient y cacher des mines de crayon afin de “dégrader certains bulletins de vote (...) pour qu’il soit déclaré nul”. En 2012, la défaite de François Fillon à la présidence de l’UMP s’était jouée à 952 voix. On comprend mieux le traumatisme.

Tracts et prospectus électoraux : l’état voudrait bien les supprimer… mais n’y arrive pas !


A la veille des élections, fascicules, programmes des candidats sortent des imprimantes et fleurissent dans vos boîtes aux lettres. Mais ça coûte cher. Alors depuis 3 ans, l’Etat essaie de les supprimer pour les basculer sur Internet. A chaque fois il échoue. On vous explique pourquoi.

Supprimer tous ces documents, pour le gouvernement c’est d’abord faire des économies. C’est écrit noir sur blanc dans un rapport du ministère de l’intérieur : la réforme permettrait d’importantes économies budgétaires estimées à 150 millions d’euros pour l’année 2017.

Mais faire disparaître ces papiers, ça déplaît beaucoup à ceux qui les impriment. A l’Assemblée Nationale, le député David Habib est chargé de faire passer l’article de loi. En quelques semaines, il a reçu beaucoup de courriers des professionnels du papier, parfois très alarmiste.
“Nous craignons que l’article affaiblisse la démocratie et ait des conséquences économiques négatives” explique l’un d’entre eux.

Des menaces qui laissent le député un peu perplexe : “ce lobby s’est exprimé sur cette question. En évoquant les difficultés d’emploi, or moi je constate qu’il n’y a pas des élections tous les ans. Il y a heureusement des imprimeries qui subsistent même à l’absence de consultations électorales.”

Et c’est vrai : supprimer les tracts ne devrait pas mettre en péril les imprimeurs. Pour la dernière présidentielle, ils ont touché 40 millions d’euros.
Une goutte d’eau comparée aux 9 milliards générés par le secteur chaque année. Pour autant, Serge Lafaix, le patron d’un syndicat d’imprimeurs, s’est démené auprès des députés pour protéger son marché.

Au moment du vote à l’Assemblée Nationale, le lobbying s’avère assez efficace. Les députés ont étonnamment le même discours. Les élus reprennent aussi les arguments développés dans les courriers des lobbys. Comme celui de la fracture numérique, qui touche les régions privées d’Internet.

Résultat, c’est raté ! Une majorité de députés vote contre. L’article est retoqué, comme il l’avait déjà été en 2013 et en 2014. Bref l’année prochaine, les petits papiers des candidats atterriront encore dans vos boîtes aux lettres. Prenez le temps de les lire ! La France est l’un des derniers pays en Europe où c’est l’Etat qui les paye et les envoie par La Poste.

Campagne choc du FN : info ou intox ?

Ces derniers jours sur internet, on a découvert des personnages bien mystérieux. Julie l’étudiante, Pierre, l’agriculteur à la retraite et Sandra la mère célibataire. Tous les trois sont présentés de dos. Tous les trois seraient moins bien traités que les migrants accueillis en France. C’est la toute dernière campagne du Front National. Mais il n’y a pas grand-chose de vrai là-dedans.

A Lille, les migrants n’ont pas pris la chambre de Julie

Julie attend une chambre étudiante à l’université de Lille depuis deux ans. Pourquoi ? Parce que 80 migrants auraient été accueillis sur le campus universitaire. C’est ce que l’affiche laisse croire.
C’est faux ! Nous sommes allés à la fac de Lille. Parmi les étudiants il y a bien des migrants, hébergés sur le campus. Mais ils n’ont pas pris la chambre de Julie, il en reste 152 de libre ! Julie peut donc trouver un logement sur le campus de Lille !

C’est une bonne nouvelle qu’on a voulu donner à David Racheline, le directeur de campagne du Front National. Il estime qu’on cherche « la petite bête ».

Un agriculteur à la retraite ne touche donc pas moins qu’un migrant.

Sur la deuxième affiche, Pierre agriculteur à la retraite vit avec 284 euros par mois, quand les demandeurs d’asile recevraient eux 330 euros par mois.. Ca n’est pas encore vraiment juste ! 330 euros versés par l’Etat pour les demandeurs d’asile sans hébergement c’est vrai mais 284 euros de retraite pour les agriculteurs c’est incomplet. Comme tous les Français à partir de 65 ans, les agriculteurs peuvent demander l’ASPA : l’allocation de solidarité aux personnes âgées. Avec cette aide, la retraite minimum est de 800 euros et 80 centimes. Un agriculteur à la retraite ne touche donc pas moins qu’un migrant.

Dernière affiche : Sandra dort dans sa voiture avec son fils depuis 3 mois parce que les logements sociaux seraient saturés par “l’immigration incontrôlée”. Eh bien c’est faux ! Au ministère du logement, on nous confirme que les logements sociaux ne sont pas “saturés” par les migrants, parce que les personnes qui sont en situation illégale en France et qui n’ont pas de papier ne peuvent pas accéder à du logement social
Pour Sandra mère seule avec enfant, il existe aussi des hébergements d’urgence

Au fait, on a demandé au Front national de nous présenter Julie, Sandra et Pierre.Demande refusée.
Peut-être parce qu’ils n’existent pas vraiment ?

Foot : François Hollande a-t-il faussé les règles de la concurrence ?

François Hollande est un fan de football, tellement accro au point de truquer un appel d’offres privé pour sauver Canal Plus ?

L’œil du 20 heures vous raconte les coulisses de cette affaire. Nous sommes en 2014. Sur le terrain : trois joueurs : BeIN Sports. La ligue de football professionnel et Canal plus. La nouvelle chaîne sportive du Qatar rachète un grand nombre de compétitions. Elle est prête à mettre beaucoup d’argent sur la table pour diffuser les matchs du championnat de France.

La Ligue de football professionnel, et son président Frédéric Thiriez, espère bien en profiter et gagner un maximum d’argent en vendant les matchs plus chers. Et puis, il y a Canal plus qui, face au rouleau compresseur qatari, risque de tout perdre. Mais rien ne va pas se passer comme prévu.

Surprise pendant l'appel d'offres :

Au moment des enchères pour la diffusion des matchs de football, tout le monde pense que BeIN Sports va tout emporter. Mais surprise ! BeIN Sports met moins d’argent que prévu. C’est Canal + qui offre la somme la plus importante et gagne les matchs les plus prestigieux … Alors que s’est-il passé ?

François Hollande : "J'ai appelé l'émir du Qatar, je souhaite qu'il y ait partage"

La réponse se trouve peut-être dans ce livre écrit par deux journalistes. François Hollande y déclare : “J’ai appelé l’émir du Qatar, je lui ai dit : “ll y a aussi l’histoire du foot… Je souhaite qu’il y ait un partage.” François Hollande serait intervenu en personne auprès de l’émir du Qatar pour que Canal plus garde la diffusion des meilleurs moments du championnat de France.

Pour l’ancien patron de la ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez, c’est carton rouge pour le président, « c’est très grave » affirme-t-il. Il considère que la ligue de football aurait perdu dans l’affaire près de 150 millions d’euros. Selon les journalistes qui ont interviewé François Hollande, l’objectif du président semblait simple. Dans l’esprit du président, il s’agissait de sauver Canal plus et le football français, selon eux. Aujourd’hui, la ligue de football professionnel envisage de saisir la justice. Contacté, l’Elysée reconnaît que François Hollande et l’émir du Qatar s’entretiennent souvent, mais affirme qu’ils n’ont pas parlé des droits du championnat de France.

443 commissions créés par l'Etat … mais à quoi servent-elles ?

Quand on s'intéresse à certaines commissions créées par l’Etat, appelées comités Théodule, on se rend compte qu'elles ne servent pas à grand chose. En France, il y a 433 commissions au total, comme par exemple, celle dédiée aux tarifs des évaluations foncières. Elle contient 9 membres, mais ils ne se sont pas pas réunis une seule fois depuis 2013 !

Combien coûtent ces commissions ?

Par exemple la commission armées et jeunesse a coûté 102 000 euros l’année dernière. Mais à quoi sert-elle ? Certains membres ont un avis tranché : "C’est une bonne question, si vous trouvez la réponse vous m’appelez. C’est une commission qui se réunit pour réfléchir sur l’armée et la jeunesse, c’est un vieux truc présidé par un amiral ou un général. C’est vrai que ça ne sert pas à grand chose…."

Selon un arrêté de 1955, la commission doit compter au maximum 32 membres. Mais il y a 240 personnes membres au lieu de 32, ça explique peut être une partie du coût. Quant à leur travail, le responsable au ministère de la Défense nous le garantit, c’est utile pour faire le lien entre les jeunes et l’armée.

Selon le rapport officiel, il y a aussi 191 commissions qui n’ont rien coûté l’année dernière. Rien coûté… Vraiment ? "Il y a forcément un coût caché car les fonctionnaires qui participent à ces réunions font des déplacements, il y a coût indirect pour l'Etat,car les fonctionnaires, pendant qu'ils font ça ne font pas autre chose.”, s'insurge Lionel Tardy, député les Républicains."

En deux ans, le coût de ces commissions a été réduit de 33%. Mais entre celles qui ne servent à rien, et celles qui coûtent trop chères, on n’a sans doute pas fini d’entendre parler de ces comités Théodule.

Montebourg : le made in France … en Italie ?

« Le retour de la France », c’est le dernier livre d’Arnaud Montebourg. Au fil des pages, il y vante comme d’habitude le « made in France », un texte issu de son discours de candidature à Frangy-en-Bresse en août dernier. Mais ce livre est-il lui aussi fabriqué en France?

Mixeur et marinière, brosse à dents et slip, Arnaud Montebourg est devenu le VRP des produits "made in France". Mais, surprise, son dernier livre lui, comme le signalent les journalistes du Lab d’Europe 1, est imprimé en Italie !

L’éditeur Librio, filiale de Flammarion, est pourtant bien français, spécialisé dans les livres vendus 2 ou 3 euros, comme celui d’Arnaud Montebourg. Un livre confié à un imprimeur, Grafica Veneta, installé près de Venise. Pourquoi en Italie et pas en France ? Est-ce une question de coût? L’éditeur s’en défend, pour lui c’est juste une question d’organisation : “Nous sommes obligés d’avoir recours à plusieurs imprimeurs, surtout en période de rentrée littéraire où les plannings des imprimeurs français sont surchargés”, explique Gilles Haéri, le président directeur général de Flammarion.

Imprimer un livre à 3 euros, est-ce le même coût en France ou en Italie ? On a posé la question à plusieurs imprimeurs français : “Oui bien sûr, (...) ça dépend de la pagination, de la qualité du papier, il n’y a pas de problème pour faire un livre à 3 euros”, nous dit l’un d’eux.

Alors Arnaud Montebourg, le chantre du "made in France", n’aurait-il pas dû exiger que son livre soit imprimé en France ? Son directeur de campagne, François Kalfon, reconnaît une erreur, mais pas la leur. « Nous n’étions pas au courant, nous aurions dû être plus vigilants».

Et les autres candidats à l'élection présidentielle, ont-ils été plus vigilants? On a vérifié. Tous leurs livres sont imprimés en France, sauf celui du député MoDem Jean Lassalle, imprimé en Espagne.
Quant à Arnaud Montebourg, l'éditeur le promet : son prochain livre sera bien « made in France ».