[Opinion] Trump face au Congrès: plus présidentiel et discours bien orchestré par son service de presse

L'atmosphère politique est électrique en ce moment à Washington DC, autrefois ville joyeuse où galas et soirées mondaines faisaient partie du charme de la ville.

 La couverture du Time de la semaine du 13 février 2017. Trump en plein milieu d'une tempête politique. "Nothing to see here" (Rien à voir ici).


La couverture du Time de la semaine du 13 février 2017. Trump en plein milieu d'une tempête politique. "Nothing to see here" (Rien à voir ici).

Donald J. Trump est arrivé au pouvoir le 20 janvier dernier, et depuis, la ville retient son souffle en attendant le prochain dérapage. Il se met à dos les médias - pardon, il insulte les journalistes - et crée des tensions au sein même de son administration et du Congrès, pourtant républicain.
Le nouveau Président élu a tout misé sur son discours d'hier soir, mardi 28 février, face au Congrès. Comme chaque année, le Président s'est exprimé devant les deux chambres réunies dans le cadre d'une session commune ("joint session") durant laquelle le Président a dévoilé ses projets pour l'année à venir.

C'est un passage obligé pour le Président qui espère unifier le pays et avoir l'accord du Congrès pour de nouveaux budgetsde nouvelles propositions de lois et autres décisions budgétaires. Il a donc tout intérêt à faire preuve de diplomatie. Une condition remplie par Trump qui a évité tout débordement en soignant son ton présidentiel. 

Discours du Président Trump le 28 février 2017.

Pendant plus d'une heure, nous avons eu droit à un mélange de discours de campagne, d'approximations, d'exagérations, d'affirmations péremptoires et hors de contexte. Cependant, impossible de lui reprocher de ne pas avoir cherché à provoquer et d'avoir soigné son langage.
Combien de sites internet ont-ils déjà écrit des articles sur "les fact checking"? "Cqu'il faut retenir de son discours"? "Les cinq phrases les plus marquantes"... Mais de nombreux articles ont déjà résumé, revu et corrigé le discours des dizaines de fois pour nous. 

Cette couverture médiatique semble avoir omis un des éléments clés de l'événement d'hier soir: le rôle du service de presse de la Maison Blanche lors du discours de Donald J. Trump.

Comme toujours, les journalistes de Washington reçoivent les discours, ou du moins les grandes phrases d'un discours du président, quelques heures avant le début de l'allocution. C'était aussi le cas avec Barack Obama. Cela permet aux journalistes de travailler plus rapidement et de publier leurs articles à la seconde où le discours se termine. Jusqu'ici, rien d'anormal.
Cependant, alors que nous étions tout ouïe, regardant ce discours tout en twittant les remarques du Président, il était impossible de ne pas se rendre compte qu'à la fin de chaque idée ou thème expliqué et présenté au Congrès, nous (journalistes) recevions à l'instant même un email du service de presse de la Maison Blanche résumant ce que le Président venait de dire.

Ces emails démontraient en quoi Donald J. Trump avait raison, pourquoi il devait s'occuper de ce pays abîmé par l'ancien Président, donnant par là même des informations nouvelles, que les journalistes pouvaient alors tout de suite utiliser pour écrire leurs articles.

Cela est arrivé à neuf reprises en moins d'une heure de discours. Recevoir tant d'emails du service presse n'a jusqu'ici rien de nouveau, mais le contenu de ces emails étaient pour le moins déconcertant.

A leur lecture, il apparaît très clairement que la Maison Blanche s'attend à ce que nous utilisions ces informations, comme l'on donne du pain aux oiseaux. Le service de presse nous mâche donc le travail afin que nous (journalistes) ne pouvions pas inventer des informations et alimenter nos articles de "fake news" dont l'administration Trump se plaint régulièrement.

Cependant lorsque l'on compare les emails du service de presse de la Maison Blanche aux articles fact checking du New York Times (ennemi public numéro un de Donald J. Trump) et de l'agence de presse Associated Press, certaines informations diffèrent.

L'un des premiers emails que nous recevons résume ce que le Président Trump a accompli lors de ses 40 premiers jours à la Maison Blanche. Cet email, envoyé pendant le discours, vient du service de Presse. Il est écrit " FOR IMMEDIATE RELEASE" (pour diffusion immédiate) en haut de l'email, comprenez: les journalistes peuvent utiliser et publier ces informations. Serait-ce une stratégie de la Maison Blanche pour que les journalistes écrivent des articles en faveur du président? Il semble que nous n'écrivons que des articles négatifs sur le président, nous sommes "les ennemis du peuple", comme il l'explique dans un tweet vendredi 24 février dernier.

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Il devient logique pour la Maison Blanche de nous envoyer des emails nous rappelant toutes les bonnes choses que Trump a déjà accomplies, lorsque nous, reporters à Washington DC, n'écrivons que mensonges et sommes "d'ennemis pour le peuple américain" dans un tweet le 17 février dernier. 

Cela n'a pas empêché les journalistes de médias reconnus tels que le New York Times, le Washington post, et Associated Press, entre autres, de faire leurs propres analyses, c'est-à-dire des "fact checking", un nouveau genre d'article devenu incontournable. Autant vous dire que le Président est loin d'être exemplaire. (Voir liens au début de l'article.)

Des journalistes dans la salle de presse de la Maison Blanche, après l'exclusion de plusieurs médias d'un point presse du porte-parole de la présidence, le 24 février 2017, à Washington. (YURI GRIPAS / REUTERS)

Des journalistes dans la salle de presse de la Maison Blanche, après l'exclusion de plusieurs médias d'un point presse du porte-parole de la présidence, le 24 février 2017, à Washington. (YURI GRIPAS / REUTERS)

Alors qu'il y a quelques mois, les journalistes et la Maison Blanche travaillaient ensemble pour respecter au maximum le premier amendement (liberté de la presse), cherchant à améliorer les relations entre les deux en permanence, nous sommes maintenant devenus les parias, des menteurs à qui il ne faut pas parler, nous interdisant même l'accès à la conférence de presse quotidienne, qui était devenu l'un des symboles de la démocratie et de la liberté de la presse. C'est donc sans surprise qu'après de longues recherches, nous n'avons pas trouvé de médias influents utilisant les informations données par la Maison Blanche.

Reporters sans frontières, article complet: https://rsf.org/fr/actualites/les-etats-unis-la-41eme-place-du-classement-mondial-de-la-liberte-de-la-presse

Reporters sans frontières, article complet: https://rsf.org/fr/actualites/les-etats-unis-la-41eme-place-du-classement-mondial-de-la-liberte-de-la-presse

Bien essayé, mais les journalistes ont choisi leur camp et gardent leur indépendance.

Emails venant du service de presse de la Maison Blanche pendant le discours de Donald J. Trump au Congrès. 28/02/2017. Cliquez ici

 

Clémentine Boyer Duroselle

 

Eviter Trump pendant une semaine ou comment tirer les leçons d'une overdose médiatique

Farhad Manjoo, journaliste au New York Times, s'est lancé un défi de taille: ne pas entendre parler de Donald J. Trump dans les médias pendant une semaine. "Je voulais voir ce que je pourrais apprendre sur les médias modernes en y observant l'omniprésence de M. Trump," raconte-t-il dans un article publié le 22 février.

"Inévitable"

Ce qui devait d'abord ressembler à un défi personnel pour ce journaliste passionné s'est transformé en une tâche presque impossible dans la pratique, tant le 45ème président des Etats-Unis est partout. "D'une certaine manière, mon expérience a échoué: je ne pouvais quasiment pas trouver d'article sans Trump," reconnait Manjoo.

Selon lui, la couverture médiatique du businessman devenu président a atteint des niveaux sans précédent. En cause: Trump, évidemment, mais aussi les réseaux sociaux et le comportement des médias.

"Je me suis demandé si nous n'étions pas en train de surdoser Trump, à l'exclusion de tout le reste," remettant en question son propre comportement. Une réflexion qui avait déjà émergé durant la campagne présidentielle puisque cette attention médiatique lui avait largement servi de publicité gratuite.

Donald J. Trump est dans tous les journaux, qu'ils soient politiques ou pas. Pour le journaliste, Trump n'est plus seulement le message, il est devenu le moyen par lequel toutes les histoires sont racontées. Il est devenu "inévitable".

Point commun entre Amazon, le Bachelor et la NBA

Afin d'éviter d'avoir à faire au locataire de la Maison Blanche, Farhad Manjoo s'est tourné vers des sites internationaux comme la BBC ainsi que des sites spécialisés, tout en continuant de consulter les réseaux sociaux. Mais, même en utilisant ces plateformes, difficile d'échapper au businessman. "Et sa présence ne s'arrête pas à l'actualité".

Du Bachelor à Amazon - qui lui suggère l'achat de papier hygiénique à l'effigie de Donald Trump pour la Saint-Valentin - en passant par la série The Big Bang Theory, les Grammys, les Golden Globes, le Super Bowl et la NBA, rien ne lui résiste. Seuls Instagram et Snapchat semblent plus imperméables aux aventures du milliardaire.

La personne la plus "connue" de l'histoire?

Mark Wilson:Getty Images

Photographes rassemblés autour de Jeff Sessions et Charles E. Grassley le 29 novembre au Capitole. Mark Wilson/ Getty Images. 

Selon Farhad Manjoo, "il est probable que personne n'ait été aussi connu que M. Trump aujourd'hui". Si cette affirmation est difficile à prouver, la comparaison de quelques chiffres permet néanmoins au journaliste du Times de parvenir à un résultat presque inquiétant: la couverture médiatique de Trump dépasse à elle seule d'environ 1000 dollars celle des 1000 personnes les plus connues rassemblées.

Un volume insoutenable

Bien que reconnaissant qu'il est essentiel de traiter en profondeur les actions de la nouvelle administration, l'article pointe du doigt l'amplification créée par l'écosystème médiatique: "Trump ne représente pas 90% de ce qui est important dans le monde". D'autant plus qu'il n'est président que depuis un mois.

Un rythme qui parait donc difficilement tenable pendant le reste du mandat selon le journaliste, qui pense que la scène médiatique ne doit surtout pas se cantonner à un seul sujet.

"Les journaux des Première et Deuxième Guerres Mondiales étaient remplis de sujets n'ayant pas trait à la guerre. Les journaux d'aujourd'hui comprennent eux aussi de nombreux articles qui ne sont pas reliés à Trump, mais beaucoup d'entre nous ne lisent plus les journaux. Nous lisons Facebook, nous regardons la télé, et là, M. Trump est ce dont tout le monde parle, en excluant presque tout le reste."

Eviter Trump pendant une semaine c'est donc réaliser l'overdose du personnage dans les médias et se rendre compte de l'urgence d'un changement de son traitement médiatique. Dans un contexte de rejet des médias et d'attaques constantes envers les journalistes, les pratiques journalistiques sont plus que jamais scrutées. 

La surpopulation carcérale favorise les disparités dans le système judiciaire

Les États-Unis sont les leaders mondiaux de l'incarcération et le nombre de prisonniers a explosé depuis les années 1970.
Un quart des détenus dans le monde se trouve aux États-Unis, qui représente seulement 5% de la population mondiale. Sur un total de 10,2 millions de détenus à travers le monde, les États-Unis en comptent 2,2 millions. La Chine est deuxième dans le classement des pays qui comptent le plus de détenus avec 1,6 million, la Russie est troisième.

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Pourquoi y a-t-il une soudaine hausse de la population carcérale?

Dans les années 70, le gouvernement a decidé de renforcer les lois sur les crimes dans le pays . La definition de "crime" aux États-Unis est différente de celle que l'on a en France.

Pour les Américains, un crime peut être un assasinat, une fusillage, mais aussi des dealers de drogues pris en flagrant délit, des consommateurs de drogues, des conducteurs alcoolisés, des infractions, des vols, des viols, des maltraitances, etc.

Le terme "crime" est finalement assez vague, dans les années les 70 les Etats et les législateurs ont passé certaines mesures pour renforcer les peines de prisons: toutes les personnes ayant commis des "crimes" recevait une peine de prison, d'où la soudaine augmentation de la population carcérale.

Source: International Centre for Prison Studies

Source: International Centre for Prison Studies

En plus de cette nouvelle loi, les Etats-unis restent le pays avec le plus haut taux de criminalité parmi les pays développés. Certaines organisations accusent le lobbying des armes (NRA), tandis que d'autres accusent le gouvernement qui volontairement, ne manifeste aucune réaction.

En 2012 le Congressional Research Serviceestimé qu'il y avait 310 millions de revolvers dans le pays, 114 millions d'armes de points, 110 millions  carabines et 86 millions fusils de chasse. Soit un total de 620 millions armes à feu dans un pays qui compte environ 322 millions d'habitants. Il y a plus d'armes que d'habitants aux Etats-Unis, serait-ce la réelle cause d'une surpopulation carcérale?

Source: OECD http://www.oecd-ilibrary.org/economics/how-was-life/homicide-rates-in-selected-countries-1820s-2000s_9789264214262-table51-en

Source: OECD
http://www.oecd-ilibrary.org/economics/how-was-life/homicide-rates-in-selected-countries-1820s-2000s_9789264214262-table51-en

Avec une telle hausse, quels moyens ont trouvé les États-Unis pour accueillir les nouveaux détenus dans les prisons, déjà en surpopulation à l'epoque?

Source: UNODC, Small Arms Survey via The Guardian

Source: UNODC, Small Arms Survey via The Guardian

Peu de changements ont été réalisés ces dernières décennies pour s'accomoder à la surpolulation carcérale. Certaines prisons on été construites, certaines rénovées, mais le problème persiste: les prisonniers servent également des peines plus longues qu'avant, créant cette situation de surpopulation. 

Chart credit: National Research Council

Chart credit: National Research Council

Des hommes d'affaires, et des hommes de pouvoirs à Wall Street construisent des prisons privées et font payer un loyer au gouvernement Américain pour accueillir de nouveaux prisonniers.

Les prisons fédérales, dites maintenant prisons publiques et les prisons privées sont bien différentes. Les prisons fédérales sont en mauvais état, les prisonniers sont regroupés dans des dortoires qui ressemblent à des gymnases par manque de place tandis que les prisons privées sont bien plus modernes et comfortables.

Prison publique en Californie

Prison publique en Californie

Entretenir des prisons et des prisonniers coûte cher. Dans un pays capitaliste comme les Etats-unis les hommes d'affaires trouvent toujours de nouveaux moyens de se faire de l'argent et les prisons sont devenues des investissements pour eux.

Les prisons privées font des detenus un business ou des esclaves

C'est ainsi que l'on se retrouve avec des prisons où les detenus peuvent payer un certain prix pour avoir une chambre privée, une télévison, un téléphone  portable, un ordinateur, le droit de sortir de leur cellules lorsqu'ils le souhaitent et autres libertés; on oublierait presque qu'ils sont en prisons. Les Américains appelent cela des prisons "pay-to-stay" (payer pour rester).

Cependant, certaines prisons privées sont réservées à une population plus pauvre et sont également devenues de vrais camps de travail où les peines de prisons sont allongées pour que les propriétaires des prisons de fassent plus d'argent.

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Ce genre de prisons privées réservées aux plus aisés créent par de riches hommes d'affaires acceuillent régulierement des célébrités, des confrères de Wall Street et autres personnalités ayant les moyens de s'offrir ce genre de luxe.

Une disparité dans le systeme judiciaire

Le journaliste Matt Clarke explique sur le site internet Prisonlegalnews.com  que la justice américaine est une justice à deux vitesses: une pour les riches et une pour les pauvres; "il y a deux systeme judiciaires, l'un pour les riches, célèbres et influents criminels et un pour tous les autres" , écrit-il.

Ce problème est encore plus rependu en Californie, dans l'aglomeration d'Orange Counties, ou quatorze prisons ( Alhambra, Anaheim, Burbank, Culver City, Fullerton, Glendale, Hermosa Beach, Huntington Beach, La Verne, Montebello, Pasadena, San Gabriel Valley, Santa Ana, Seal Beach, South Bay et Torrance) offrent à leurs detenues des pay-to-stay dignes d'hôtels 5 étoiles dont le prix va jusqu'à $200 par night.  Le journalists Matt Clarke explique également que la sentence de ces prisonniers ressemble plus à des vacances qu'à une punition.

Ces prisons font également certaines faveurs à des célébrités, ayant main-prise sur les peines des prisonniers. La derniere célébrité qui avait fait le buzz à cause de ces traitements de faveur était Nichole Richie en 2007 lorsqu'elle avait été relâchée de prison après  seulement 82 minutes passées derrière les barreaux . L'actrice Lindsay Lohan a vecu le même genre d'experience; elle avait seulement passé un jour en prison.

Les prisons privées gardent les bénéfices pour eux et le gouvernement ferme les yeux parce qu'ils ont besoin de ce genre de prisons. Un système corrumpu où les plus fortunés ont le dernier mot.

Clémentine Boyer Duroselle

Trump n’est président que depuis un mois et l’électorat américain a rarement été aussi polarisé

Donald J. Trump a réuni la presse jeudi 16 février afin d’annoncer la nomination de son nouveau ministre du travail, Alexander Costa. En réalité, l'exercice ressemblait d'avantage à une attaque envers la presse. Une attaque qui en dit long sur les frustrations de premières semaines plutôt décevantes. Les débuts sont difficiles pour le milliardaire, et la publication d’une enquête du Pew Research Center ne va pas le rassurer.

 

Hasard du calendrier, le Pew Research Center avait choisi le 16 février pour publier une étude sur la popularité du président après quatre semaines à la tête du pays. Conduite par des chercheurs de l’Université de Princeton, cette étude se fonde sur les réponses de 1503 adultes américains interrogés entre le 7 et le 12 février. C’est avant tout la polarisation de l’électorat qui en ressort, puisqu’elle atteint des niveaux rarement égalés lors des précédentes administrations.

 

Mécontentement et avis tranchés

Les premières impressions sur le président et son début de mandat sont majoritairement négatives. Seulement 39% des personnes interrogées approuvent l’action de Donald J. Trump à la tête de l'Etat, quand elles sont 56% à la désapprouver et 6% à ne pas se prononcer.

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Seulement 39% des individus interrogés approuvent l'action de Trump. Un taux historiquement bas. Pew Research Center. 

Mais c’est un autre aspect des résultats qui caractérise encore mieux l’état d’esprit des américains : l’intensité de l'opinion des individus interrogés. Ils ne sont ainsi pas moins de 75% à exprimer un avis tranché, qu’il soit positif ou pas, sur Trump, démontrant ainsi sa capacité à ne laisser personne, ou presque, indifférent.

Le nombre d’opinions très négatives atteint des records pour un début de présidence. Le taux de « désapprobation forte » – strong disapproval – dépasse celui atteint par Obama durant l’ensemble sa présidence. Même George W. Bush a dû attendre la fin de son mandat, en décembre 2008, pour atteindre ce niveau.

 

Une polarisation jamais vue depuis 30 ans

Seulement 8% des américains démocrates ou à tendance démocrate approuvent l’action de Donald J. Trump durant ce premier mois. Selon le Pew Research Center, il s’agit ainsi du « taux d’approbation de l’opposition le plus bas pour un nouveau président en trois décennies, et de loin ».

Du côté des républicains et assimilés, 84% se disent satisfaits de la performance de leur nouveau président. Ce chiffre, en plus d’être, lui, dans les normes, témoigne de la polarisation des citoyens américains. C’est l’ensemble de la société américaine qui se fracture profondément autour d’un Donald Trump qui cristallise les tensions entre les deux camps.

Le principal intéressé se défend d’alimenter les divisions, « ce n’est pas Donald Trump qui a divisé le pays, nous vivions déjà dans un pays divisé », a-t-il déclaré hier lors de sa fameuse conférence de presse. Les chiffres de cette enquête sont cependant loin de lui donner raison. Les décrets signés à la hâte et les positions de la nouvelle Administration n’ont pas permis de recoller les morceaux d’une Amérique déchirée lors de la campagne électorale.

 

Une capacité à tenir ses promesses saluée

Le président réussit tout de même à marquer quelques points quand il s'agit de... tenir ses promesses. Soixante pourcent des individus interrogés saluent la capacité de Trump à honorer ses engagements, un score supérieur à ses prédécesseurs. L'homme d'affaires avait en effet choisi de mettre en application un certain nombre de ses promesses de campagne dès la première semaine en signant de nombreux décrets.

 

Une meilleure perception de l’état de l’économie… et de la diversité

Ils sont 42% à considérer que les conditions économiques sont « excellentes ou bonnes », un taux qui a augmenté de 11 points en deux mois. Cette augmentation est due en large partie au changement d’opinion des républicains qui sont désormais 40% à percevoir les conditions économiques positivement – contre 14% en décembre.

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64% des personnes interrogées pensent que la diversité ethnique profite aux Etats-Unis. Pew Research Center

En outre, les américains sont plus nombreux à penser que la diversité ethnique profite au pays : 64% partagent cette opinion alors qu’ils n’étaient que 56% en août. Un chiffre rassurant dans une atmosphère anxiogène pour les immigrés, alors que s’organisait hier la « journée sans immigrés ».

Victoria David

[Vidéo] Les entreprises Américaines relocalisent leurs production dans le pays

Plus des deux tiers des entreprises Américaines se relocalisent sur les terres de l'oncle Sam depuis 2012 selon le magazine Financial Times.

Ces sociétés trouvent plusieurs bonnes raisons de déménager leurs usines aux Etats-Unis; déduction d'impôts proposées par l'ancien président Barack Obamamain-d'oeuvre plus qualifiée, machines à la pointe de la haute technologie, et le choix des clients d'acheter de plus en plus local, quitte à y mettre le prix.

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Cette vague de relocalisation a débuté bien avant que Donald J. Trump ait décidé que les entreprises américaines devraient produire dans le pays, sous peine d'amende. Pendant ce temps-làDonald J. Trump et sa fille Ivanka Trump continuent de produire leurs produits en dehors des États-Unis.

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Depuis 2012, 65% des entreprises ont commencé à relocaliser leur production aux États-Unis, dont 28% d'entre elles qui avaient des usines en Chine.

Le nouveau président Américain a promis lors de sa campagne de punir les grandes entreprises américaines qui produiraient à l'étranger, en les attaquant directement sur twitter. Parmi les plus célèbres, il y a FordGénéral Motors et Apple.

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Notre équipe de France 2 Washington est allée à la rencontre de ces patrons qui ont choisi de se relocaliser aux États-Unis, et cela n'a aucun rapport avec la nouvelle politique de Donald J. Trump.

 


BLOG - RELOCALISATION by ftv-geopolis

Un reportage signé Jacques Cardoze, Laurent Desbois, Andréane Williams et Arielle Monange

Clémentine Boyer Duroselle

Retour sur le palmarès des Grammy Awards 2017

La 59ème cérémonie des Grammy Awards a eu lieu dimanche soir, au Staples Center de Los Angeles (Californie) et a encensé la chanteuse Britannique Adèle.

Chaque année, les plus grandes stars de la musique se rassemblent pour la remise de prix la plus renommée de l'industrie musicale américaine. Les 84 différentes catégories de prix représentées ne sont pas toutes remises en direct, le temps accordé aux prix eux-mêmes est réduit chaque année pour laisser plus de temps pour les performances des artistes.

Voir la liste des gagnants pour les 84 catégories.

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grande gagnante avec, entre autres, le Grammy de la chanson de l'année et celui de l'enregistrement de l'année pour sa chanson Hello, et le Grammy du meilleur album de l'année pour son album "25"Adèle remporte au total cinq des prix les plus convoités.

Beyoncé boudée

La star américaine a été injustement représentée lors de la cérémonie, comme chaque année, affirme le site internet américain Vox, " Beyoncé était encore une fois exclue des quatre grandes catégories des Grammy Awards, malgré la création d'une oeuvre d'art incroyable", écrit la journaliste Kelsey McKinney, faisant référence au dernier album de la chanteuse, "lemonade".

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Des fans de Beyoncé, ainsi que certains médias Américains crient au racisme. Le site internet Buzzfeed déclare que l'album de Beyoncé était " non seulement le pionnier d'un nouveau genre d'album visuel, mais il a également été largement considéré comme une défense féministe et l'émancipation des femmes noires, il est aussi une déclaration puissante du mouvement #BlackLivesMatter."

Buzzfeed affirme également que les artistes noirs américains ont depuis toujours été délaissés par les Grammy Awards: " et il ne peut pas non plus être ignoré que les artistes noirs ont été systématiquement négligé dans les principales catégories Grammys depuis que le début de l'histoire des Grammy Awards".

Beyoncé a néanmoins empoché le prix du meilleur vidéo-clip pour sa chanson "formation", puis celui du meilleur album « urbain », la chanteuse a également signé la performance la plus éblouissante de la soirée.

Des messages politiques

La soirée des Grammy Awards a débuté avec un défilé de célébrités sur le tapis rouge, alors que la majorité des stars hollywoodiennes se sont publiquement opposées au président américain Donald J. Trump, la chanteuse Joy Villa est arrivée vêtue d'une robe à la gloire de ce dernier et de son fameux slogan de campagne "Make America Great Again" (rendre à l'Amérique sGrandeur).
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Le groupe de rap A Tribe Called Quest quant à lui, a indirectement fait référence à Trump en le nommant de "Président Agent Orange". Lors de leur prestation, les membres ont fait de nombreuses références au président Américain, au mur qu'il veut faire faire construire à la frontière avec le Mexique et au racisme de ce dernier, clôturant leur prestation par le cri "Résistez! résistez!".
Clémentine Boyer Duroselle

La première semaine de Trump à la Maison-Blanche: des prises de décisions déjà controversées

Cela fait une semaine que Donald J. Trump est président, et contrairement à ce que l'opinion publique pensait: oui, il est réellement en train de mettre en place ses promesses de campagne.

Trump signe un nouveau décret presque toute les heures, prenant des décisions ayant un effet immédiat sur le pays.

Un décret est ce que les Américains appellent "executive order". Il fait partie de l'article II de la Constitution Américaine donnant au président le pouvoir exécutif. Ce pourvoir est maintenant entre les mains Donald J. Trump, il peut donc prendre des decisions rapidement et sans avoir besoin detre approuvé par le congres. Par exemple, un 'executive order' peut être signé pour envoyer des soldats à la guerre puisque le president est également le commandant en chef des armees.

Voici notre récapitulatif des décisions les plus importantes que le nouveau président élu a pris cette semaine.

La construction du mur entre les Etats-Unis et le Mexique

C'est l'une de ses plus grandes promesses de campagne, contrustruire un mur séparant totalement les deux pays. Cela pourrait débuter tres rapidement, dès que le congres qpprouve le budget. selon Le president cela couterai 20 milliards de dollars.

Paul Ryan, membre du parti républicain et president de la Chambre des representants a expliqué en début de semaine que le congres financerait cette construsttion au maximum de 14 milliards de dollars. Plus de 5000 agents de patrouille à la frontire devront etre embauché, un coût qui n'est pas prévu par YTrump ou le Congres.

Donald J. Trump veut que le Mexique paye pour ce mur, ce que le president mexicqn, Enrique Peña Nieto refuse. Il a d'ailleurs annoncé jeudi 26 janvier  qu'il avait annulé son voyage officiel aux États-Unis et s'attendait à recevoir plus de "respect" de la part du president Américain. Il devait rencontrer Trump mardi 31 janvier, Les deux parties se retrouvent en total désaccord quant à la construction du mur entre les deux pays.
Le président Mexicain a expliqué à maintes reprises que le Mexique ne payerait pas pour ce mur, ce que Trump refuse d'accepter.

 

L'expulsion d'immigrants illégaux et la fin des villes sanctuaires.

Les "sanctuary cities" reprsentent un ensemble de villes aux Etats-Unis qui protegent des immigrants sans papiers. Les Etats ont des droits féréraux qui les autorisent à prendre ce genre de decisionq  sans avoir besoin detre approuvé par le president ou le congres.

Plus d'une trentaines de villes sont considérées comme des villes sanctuaires, dont New York City, Washington DC, Los Angeles, Chicago, Détroit, Miami etc. (Voir liste complete des villes sanctuaires). Donald J. Trump a pris la décision d'annuler toute subvention fédérqle pour ces villes sanctuaires. En soi, il ne veut plus que les sans papiers vivant dans ces villes soient protegé d'une eventuelle expulsion.

Ce décret demande egalement aux agences fédérales de commencer l'expulsion des sans papiers, en commencant par ceux etant reconnu coupable ou accusé d'un crime, ayant commi une infraction ou ayant abusé d'un programme d'aide sociale. Pour cela, il faudra employer 10 000 nouveaux agents du bureau des douanes et de l'immigradtion. Des embauches qui n'ont pas été prévues dans le budguet innitial.

 

Révisier la reglementation des industries

Donald J. Trump a écrit un memorandum - différent du décret (note officielle) - à Wilbur Ross, le Secretaire Américain au commerce lui ordonnant de commencer une révision de la reglementations pour les industriels Américains dans le but de leur faciliter et d'accelerer les processus federaux reglementqires, c'est à dire: leur permetttre de fazire plus dargent, plus rapidement, et avec moins de supervision. 

Les Pipelines

Trump a signé mardi 24 janvier un décret pour relancer les projets d'oléducs (également dit pipelines) Keystone XL et Dakota Access dont les constructions avaient été gelées osus l'administration d'Obama. Le nouvequ président-élu a également choisi Scott Pruitt, un climato-sceptique, pour être à la tête de l'Agence de Protection Gouvernementale. 

Le droit à l'avortement

Le Président Trump à signé un décret interdisant toute assistance fédérale pour financer les aides à l'avortement à l'international (United Nations). Donald Trump avait promis dans son programme qu'il interdirait l'avortement dans les 100 premiers jours de son mandat. Un premier pas vers l'interdiction de l'avortement dans le pays.

Il avait d'abord expliqué en mars 2016 que les femmes qui y auraient recours recevraient une "forme de punition", avant de revenir sur ses mots et d'expliquer que les médecins effectuant une I.V.G. seraient sanctionnés.

Le Vice-président pqrticipe en ce moment meme à la manifestation pro-life "March for life" à Washington.
Alors que cette manifestation fait penser à la "Women's March" de samedi 21 janvier, cela n'a rien à voir.
Cette marche dans les rues de la capitale existe depuis 44 ans, à la date de la décision de la Cour Suprême de légaliser l'avortement (1973).

La fin des embauches dans les agences fédérales

Donald J. Trump a donné l'ordre de geler les embauches du personnel dans les agences federales pour les postes qui sont en ce moment vacants. Cette decision n'inclut pas le personnel militaire.

Les Etats-unis quittent l'Accord de Partenariat Transatlantique

Le "Trans-Pacific Partnership Agreement ", également connu son le nom de TPP aux etats-Unis est un traité de libre-échange entre les régions de l'Asie, des Amériaues et du Pacifique. Lundi 23 janvier, Trump s'est désengagé de ce traité, signé il y a moins d'un an par l'ancien Président Barack Obama.

 

Clementine Boyer Duroselle

Trump relance la construction d'un oléoduc contesté dans le Dakota du Nord

Deux semaines après la signature d'un décret encourageant sa réalisation par Donald J. Trump, l'oléoduc tant contesté du Dakota du Nord va pouvoir être terminé... à moins qu'une bataille judiciaire vienne encore une fois modifier les plans du nouveau Président.

1900 kilomètres et 3,8 milliards de dollars

En 2014, l’entreprise Energy Transfer Partners rend publics les plans de son projet d’oléoduc reliant le Dakota du Nord à l’Illinois.

Longue de 1900 kilomètres, traversant quatre états - outre le Dakota du Nord et l’Illinois, l'oléoduc passe par le Dakota du Sud et l’Iowa -, la structure représente un coût total d'environ 3,8 milliards de dollars.

Le but ? Relier le Dakota du Nord, où se trouvent le gaz et le pétrole de schiste, à un centre de distribution dans l’Illinois afin de réduire les coûts de transport et concurrencer les entreprises canadiennes du secteur. Energy Transfer Partners met également en avant la création d'emplois suscitée par une construction d'une telle ampleur.

Risques de pollution 

Mais les voix se sont vite élevées contre ce projet, notamment celles de membres de la tribu Sioux de Standing Rock. Cette dernière, comptant près de 10 000 membres et établie entre le Dakota du Nord et le Dakota du Sud, dénonce le risque de pollution du lac Oahe, sa principale source d’approvisionnement en eau, ainsi que le fait qu'il passe sur des lieux sacrés où sont enterrés de nombreux ancêtres. Plus largement, les activistes dénoncent l'impact environnemental d’une telle infrastructure dont le but premier est d'utiliser des énergies fossiles - contribuant au réchauffement climatique.

Une contestation devenue virale  

En avril 2016, LaDonna Brave Bull Allard, l'aînée de la tribu, rejoint son campement, déterminée à occuper le territoire menacé par l'oléoduc. Alors que le début des travaux est imminent, elle appelle à l'aide sur Facebook en juillet. Des dizaines puis des centaines de manifestants se joignent à elle. Parmi eux, de nombreux membres d'autres tribus amérindiennes, solidaires de Standing Rock.

C’est en septembre que la contestation prend un tournant médiatique et devient virale sur les réseaux sociaux. Alors que le chantier atteint une partie de la terre sacrée, certains manifestants décident de franchir la zone de construction. Ils sont repoussés par des agents de sécurité qui gazent les manifestants et utilisent des chiens d’attaque. Filmé puis mis en ligne, l'incident ne fait que renforcer le mécontentement. La contestation grossit, les manifestants se rassemblent à travers le pays et défilent dans plusieurs états.

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Manifestation contre l'oléoduc à St Paul, Minnesota, le 13 septembre 2016. Fibonacci Blue. 

À Standing Rock, des arrestations massives de manifestants ont lieu en octobre avant que la police n'utilise des canons à eau – par des températures négatives – fin novembre. Au fil des mois, certains membres de la tribu se lassent cependant de cette mobilisation de grande ampleur.

Reuters, Jason, 2 novembre 2016

La police repousse les manifestants sur le site de Standing Rock le 2 novembre 2016. REUTERS/ Jason

Le 4 décembre, sous l’administration Obama, le Corps des Ingénieurs de l’Armée américaine refuse de donner l’autorisation de construction sous la rivière du Missouri, empêchant ainsi le projet d'arriver à son terme. L’administration Obama recommande par ailleurs d’étudier un tracé alternatif, ce qui permet d'apaiser momentanément les tensions.

L’administration Trump donne finalement son feu vert

Un repos qui sera de courte durée. A contre-courant des positions de la précédente administration, Donald J. Trump, nouvellement investi, s'empresse de signer un décret demandant l'accélération de la construction de cet oléoduc. Deux semaines plus tard, le mardi 7 février, le Corps des Ingénieurs donne son autorisation. L’entreprise va pouvoir terminer de construire l’oléoduc en passant sous le lac en question.

Trevor Brine, CBC

David Archambault II, chef de la tribu Sioux Standing Rock. Trevor Brine, CBC. 

Le chef de Standing Rock, David Archambault II, avait justement rendez-vous à la Maison Blanche ce mardi afin de poursuivre les discussions avec la Maison Blanche. Il a cependant appris à son arrivée à l’aéroport que l'on ne l'avait pas attendu pour prendre une décision. « J’ai l’impression que l’on m’a manqué de respect, » a-t-il confié au Washington Post.  

La promesse d'une bataille judiciaire

La tribu a par la suite fait part de ses intentions d’entamer un combat judiciaire. Elle a déposé une demande dans un tribunal fédéral le 9 février afin de faire cesser la construction. Selon elle, la procédure d’étude de l’impact environnemental de l'oléoduc n’a pas été conduite à son terme.

M. Archambault a demandé aux manifestants de ne pas se rendre à Standing Rock mais de faire connaître leur cause auprès de leurs parlementaires respectifs. Certains sont cependant déjà retournés sur le site où ils ont de nouveau eu à faire à la police. La chambre des représentants du Dakota du Nord a, dans le même temps, voté quatre lois anti-manifestants.

La nouvelle administration se penche déjà sur un autre oléoduc, le Keystone XL, qui devrait s’étendre sur plus de 1900 kilomètres, traverser six états et coûter huit milliards de dollars. Barack Obama avait rejeté le projet en novembre 2015 pour des motifs environnementaux.

Les décrets signés par Donald Trump donnent un nouvel élan au Keystone XL et en disent long sur les positions du nouveau Président sur les problématiques environnementales.

 

Victoria David

Trump: quelles sont ses décisions les plus choquantes?

Cela fait à peine deux semaines que Donald J. Trump est président des États-Unis, et pourtant il a déjà pris une grande partie des décisions promises dans son programme. Il a entre autres signés 18 décrets et mémorandums (notes diplomatiques)...

Voici quelques décisions qui font le plus polémique: 

#1 - Il a coupé les fonds des ONG visant à  aider les femmes à  travers le monde à  se faire avorter. - Source

#2 - Le lendemain même de cette décision, il empêche les femmes Américaines d'utiliser des fonds du gouvernement ou des assurances pour se faire avorter. Coût d'un avortement : 3000 dollars. - Source

#3 - Il a annulé l'Obama Care, sans proposer d'alternative. - Source

#4 - Il a annulé le partenariat transatlantique mis en place après 7 ans de négociations sous l'administration Obama. - Source

#5 - Il coupe les fonds destinés:

  • A la lutte contre les violences faites aux femmes - Source
  • Au bureau des énergies efficaces et renouvelables - Source
  • Il a ordonné un obscurcissement des médias sur les sujets du changement climatique, de l'agriculture et de la santé (empêchant aux organisations en question de s'exprimer aux médias et de donner quelque information que ce soit. - Source

#6 - Il a suspendu l'accueil des réfugiés aux États-Unis et interdit définitivement l'entrée des Syriens. - Source


#7 - Il a instauré une taxe de 20% sur tous les produits venant du Mexique pour financer le mur - Source 


#8 - Il a instauré plusieurs "blacks sites" (également dits "sites noirs". Ce sont des prisons secrètes et clandestines de la CIA dans le monde), avec l'autorisation d'utiliser la torture comme mode d'interrogation. - Source

#9 - Il a contourné les lois de favoritisme pour engager son beau-fils en tant que conseiller pour la Maison-Blanche. - Source

#10 - Il a autorisé des pays étrangers à verser de l'argent à ses business, violant la Constitution des États-Unis- Source

#11 - Interdiction d'entrée du territoire américain pour 6 pays du Moyen-Orient: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan et Yémen pour au moins 3 moins et interdiction indéfinie pour la Syrie. -Source

#12 - Hillary Clinton a remporté le vote populaire de plus de 3 millions de voix, Trump conteste ce chiffre accusant certains Américains de s'être inscrits dans deux États différents pour voter deux fois. Cinq membres de son administration étaient enregistrés pour voter dans 2 États différents, ainsi que sa fille Ivanka Trump. - Source 
#13 - Il a fait supprimer la version hispanique du site internet de la Maison-Blanche, ainsi que la page sur les droits des homosexuels, le changement climatique et les droits civiques. - Source
Parce qu'il devient difficile de suivre ce qu'il se passe au jour le jour, l'équipe de France 2 Washington vous fera un débriefing hebdomadaire des dernières décisions de Donald J. Trump.

Clémentine Boyer Duroselle

Un pays divisé: 49% des Américains soutiennent Trump quant au décret anti-immigration

D'une simple signature, vendredi 27 janvier, le nouveau président-élu a temporairement interdit l'entrée sur le territoire américain à six pays (Iran, Irak, Soudan, Libye, Yémen et Somalie) pour 90 jours, mais il a également interdit l'entrée sur le territoire aux Syriens pour une date indéfinie.

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En l'espace de quelques heures, Trump a interdit l'accès au pays à plus de 218 millions de personnes. Cela a créé des perturbations dans les aéroports où des personnes se sont faites arrêtées à la douane.

Screen Shot 2017-01-31 at 10.01.07 PMTrès rapidement, la juge fédérale Ann Donnelly a interdit aux autorités d'expulser les ressortissants arrivés sur le territoire américain des sept pays concernés. Selon l'Huffington Post Américain, elles ont pu quitter les aéroports.

Barack Obama critique la décision de Trump

L'ancien président s'est exprimé pour la première fois depuis qu'il a quitté le Bureau ovale. C'est la première fois qu'Obama critique le nouveau président, cassant l'une des règles tacites qu'un ancien président ne devrait pas critiquer son successeur.

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Barack Obama a offert son soutien aux manifestants qui sont restés tout le weekend dans les aéroports à manifester et soutenir les réfugiés à travers le pays. Ceux qui protestent ressentent "exactement ce que l'on attend des Américains lorsque nos valeurs sont mises en enjeu." explique Kevin Lewis, le porte-parole de l'ancien président.

Screen Shot 2017-01-30 at 5.39.10 PMLorsqu'on compare les décisions de Barack Obama sur la politique étrangère et celle de Donald J. Trump, l'on comprend assez vite qu'Obama est en total désaccord avec Trump en ce qui concerne la discrimination des individus en fonction de leur religion.

Trump campe sur ça décision

Lundi 30 janvier, le nouveau président s'est défendu des attaques en justifiant son décret expliquant vouloir protéger les Américains. il a expliqué que les États-Unis allaient " continuer à être compatissants pour ceux qui vivent sous l'oppression" mais qu'il ferait cela en "protégeant nos propres citoyens and nos frontières". 

Cependant, selon un sondage Reuters/Ipsos, 49% des Américains sont d'accord avec le décret anti-immigration de Trump.

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Alors que le pays est divisé, les pays européens restent unis face au président Américain.

Mardi 31 janvier, Donald Tusk, le président du Conseil européen déclaré que l'administration Trump était "une menace" au même titre que la Russie, la Chine, l’islam radical, la guerre et le terrorisme.

"Pour la première fois de notre histoire, dans un monde de plus en plus multipolaire, tant de gens deviennent ouvertement anti-européens ou au mieux eurosceptiques. En particulier, le changement à Washington met l’Union européenne dans une situation difficile. Semblant remettre en question les 70 dernières années de la politique étrangère américaine.” s'est exprimé Donald Tusk.

Les pays européens qui ne sont pas concernés par cette interdiction d'accès du territoire Américain protestent à leur manière, faisant comprendre leur désaccord avec la politique de Donald J. Trump comme l'explique CNN, "Mettant à nu ce que beaucoup d'Européens pensent en privé et ouvrant la voie aux tensions entre les États-Unis et l'Union-Européenne."

Plus d'un million d'Anglais ont pour l'instant signé une pétition contre la visite de Donald J. Trump dans leur pays.

Au même moment, la France se positionne clairement contre les idées du président Américain et de son décret anti-immigration. Lors d'une visite à Téhéran, en Iran lundi 30 janvier, Jean Marc Ayrault a dénoncé une "situation inacceptable pour les personnes concernées"

Le ministre des affaires étrangères a également ajouté qu'il pense  "aux binationaux, franco-iraniens, irano-américains, qui sont meurtris par cette situation. C'est un choc pour eux, c'est vécu comme une blessure", lors d'une conférence à Riyad en Arabie Saoudite.

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Insistant sur le fait que la décision de Donald J. Trump est surprenante et brutale. Il a fini son discours en expliquant que la situation des réfugiés concernait tous les pays,

"L'accueil des réfugiés est un devoir de solidarité conforme à nos engagements internationaux. Et le terrorisme n'a pas de nationalité. Nous serons plus forts dans la lutte contre le terrorisme en respectant nos valeurs. Les États-Unis devraient rester fidèles à ces valeurs"