Face aux dissidences, l'UMP veut donner de la visibilité à la campagne de NKM à Paris

Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), dans le métro parisien. ( MAXPPP)

"Le Parti se renforce en s'épurant." Est-ce en s'inspirant de cette maxime léniniste que le bureau politique de l'UMP a décidé, mercredi 11 décembre, d'engager une procédure d'exclusion à l'encontre de 16 militants ? Ces trublions minaient la campagne municipale de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris. Certains sont candidats dissidents, d'autres les soutiennent.

La première étape du processus - réclamé à Copé par NKM - est une suspension des intéressé-e-s. Elles et ils ont jusqu'au 25 janvier 2014 pour rentrer dans le rang ou revenir dans le droit chemin, selon les cas, sinon la phase suivante sera l'exclusion du parti. "Ou bien les poux triompheront du socialisme, ou bien le socialiste triomphera des poux", écrivait Lénine, dans une parabole animalière.

Les personnalités visées par cette mini-purge ont une notoriété variable. Pour l'un, elle est nationale... grâce à sa filiation, pour les autres, elle est circonscrite à un cercle de spécialistes ou bien encore réduite au territoire de l'arrondissement dans lequel s'exerce leur dissidence. Sur les 16 "francs tireurs", 3 sortent du lot.

Trois "francs tireurs" sortent du lot

Connu essentiellement en raison de l'incroyable parcours judiciaire de ses parents - l'affaire des "faux électeurs" du 5e -, Dominique Tiberi prétend vouloir conserver l'arrondissement parisien dans le giron familiale. Consciente de la connotation du nom de l'impétrant, NKM ne l'a pas entendu de cette oreille, en lui préférant Florence Berthout pour conduire la droite dans le 5e.

Pour Géraldine Poirault-Gauvin, dans le 15e, la dissidence s'apparentait à un règlement de compte avec le député et maire sortant, Philippe Goujon, qui se trouve être aussi le président de la fédération de Paris de l'UMP. Quelques heures avant sa suspension-exclusion, la "rebelle" avait pris les devants, en prenant soin d'annoncer sa mise "en retrait" de l'UMP de son propre chef.

Troisième personnalité visée par cette procédure : Marie-Claire Carrère-Gée. Peut-être la plus emblématique pour NKM puisqu'elle défie l'ancienne ministre de Sarkozy dans l'arrondissement où elle se présente, le 14e. L'ancienne conseillère sociale de Chirac, habitante et élue de cet arrondissement, n'a pas digéré l'auto-parachutage de celle qui brigue la Mairie de Paris pour la droite.

Quelques arrondissements à suveiller

Le second rideau des dissidents dans le collimateur des dirigeants de l'UMP sont Michel Dumont et Christian Leroux (opposants de la maire sortante, Rachida Dati, dans le 7e), Serge Federbusch (élu du 10e), Benjamin Gros et Thomas Rebaud (trublions dans le 17e) et Ariane Cerutti (déléguée de circonscription dans le 20e).

Du 1er au 10e arrondissement, les électeurs envoient poins de 10 conseillers de Paris par secteur à l'Hôtel de Ville : de 1 pour le 1er à 7 pour le 10e. Du 11e au 20e arrondissement, chaque secteur dispose de 10 élus et plus au sein de l'assemblée parisienne : de 10 pour les 12e et 14e à 18 pour le 15e. Ce sont donc ces derniers dont la conservation ou la gain est essentielle dans la bataille de la capitale.

Dans la répartition actuelle, la droite est majoritaire dans les 1er, 5e, 6e, 7e, 8e, 15e, 16e et 17e arrondissement alors que la gauche tient de haut du pavé dans tous les autres (3e, 4e, 9e, 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 18e, 19e et 20e) et qu'une mairie, celle du 2e, est détenue par les écologistes.

Exclusions à conséquences limitées

 A cette aune, il est compréhensible et logique que l'UMP tente de dégager la voie de sa "championne" pour éviter qu'il se transforme en chemin de croix. Le pari est déjà assez périlleux comme ça pour NKM. D'autant que sa campagne, des pontes du parti le reconnaissent en privé, a un mal fou à décoller. Et l'alliance chaotique avec les deux branches centristes, UDI et Modem réunis dans l'Alternative, n'arrange rien.

Pour l'UMP, beaucoup de ces dissidents ne sont que des "Monsieur ou Madame 1%", dit Vincent Roger, l’un des quatre porte-parole de NKM, lui-même tête de liste dans le 4e. L'appréciation peut paraître un peu curieuse tant elle dévalorise la décision de mettre les dissidents au ban du parti. Et par voie de conséquence diminue d'autant l'impact positif sur les listes officielles en terme de pourcentage.

Des mises à l'écart du même type - de l'ordre de 15 à 20 - avaient été réalisées avant les municipales de 2008, rappelle l'UMP, qui court après la Mairie de Paris depuis les échecs successifs de Philippe Séguin et François de Panafieu , battus par Bertrand Delanoë (PS), en 2001 et en 2008. Cette fois-ci, NKM, ancienne maire de Longjumeau (Essonne) aura en face d'elle Anne Hidalgo (PS), première adjointe sortante.

Publié par Olivier Biffaud / Catégories : Actu

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