13 Nov

Un garage solidaire pour se réinsérer dans le monde du travail

Garage solidaire

 

D’extérieur, ce garage de Guichen (Ille-et-Vilaine) est comme les autres. Mais à l’intérieur, il est totalement différent. Tous les salariés ont connu des accidents de parcours dans leur vie professionnelle.

Ce garage solidaire les emploie avec un CDD d’insertion. Parmi eux, certains partent de zéro en mécanique, mais ils sont accompagnés par Redouane. Payés au SMIC, ils fournissent un travail, à raison de 26 heures hebdomadaires les huit premiers mois, puis de 35 heures.

Pour profiter de ce dispositif, une condition : il faut avoir un projet professionnel clair en tête. « J’ai voulu me réorienter professionnellement. Je suis donc venue ici afin de pouvoir acquérir de l’expérience en mécanique et faire une formation pour pouvoir ensuite rentrer dans un garage ou dans une concession », affirme Kinnie Connan, salariée ici depuis un mois.

Accompagnement

Pour veiller à la bonne progression de l’élaboration des projets des salariés, Audrey, accompagnatrice socio-professionnelle, fait un point avec chacun d’entre eux tous les quinze jours. « Il y a deux champs. D’abord l’aspect social, c’est-à-dire des problèmes de santé, de logement, un permis. Puis l’aspect professionnel : confirmer un projet ou trouver un emploi », note-t-elle.

Mais tous ne cherchent pas à trouver un emploi dans le secteur de la réparation des automobiles. « Notre rôle n’est pas de former des mécaniciens, mais de remettre des personnes sur l’emploi. On utilise la mécanique comme support, mais c’est pour leur donner soutien et assurance sur leur projet », affirme Éric Pichon, directeur. Jason, salarié ici depuis un an et demi, confirme : « Après, on sait comment ça se passe dans les autres entreprises. Au niveau des horaires, du rythme et de l’ambiance », reconnaît-il.

Les clients aussi

La solidarité est poussée jusqu’aux clients : pour bénéficier d’une réparation ou pour acheter une voiture dans ce garage, il faut être bénéficiaire de minima sociaux (RSA, ASS, etc.). Les prix y sont en moyenne trois fois inférieurs à ceux pratiqués dans un autre atelier.

Ce garage solidaire permet donc, en plus de l’insertion, de « répondre à une demande de réparation au coût le plus bas pour une partie de la population qui n’a pas les moyens d’accéder aux services traditionnels des garages », note M. Pichon.

Au total, le garage solidaire de Guichen, qui existe depuis quatre ans, et avec celui de Carhaix (Finistère), qui fête son 10e anniversaire en novembre, emploient à eux deux 40 salariés et permettent un « fort taux de sortie », conclut le directeur.

Baptiste Galmiche