© FRANCOIS GUILLOT / AFP

Les homos, ces parents qui ne seront "ni meilleurs, ni pire" que "les gens normaux"

Le discours date d'il y a un mois, mais c'est maintenant, après les slogans de la 'Manif pour tous' de dimanche, qu'ils raisonnent le mieux. Le 13 décembre, la philosophe Elisabeth Badinter a pris la parole en commission des lois pour défendre le mariage et l'adoption pour les couples homos, "des couples qui ne seront ni meilleurs, ni pire que les autres".

Deux jours après la manif des opposants à la loi, je suis encore stupéfaite par leur raisonnement, par l'emploi du terme "normal". "Les gens normaux d'abord", disent-ils. Quand on fréquente un peu les services sociaux, on s'étrangle d'horreur en voyant ce sont sont capables les "gens normaux". Et puis, ces "gens normaux", c'est exactement ceux qui m'ont expliqué comment je devais faire, les petits plats qu'ils préparent à leurs têtes (souvent) blondes, le temps partiel que les mamans prennent pour amener leurs enfants aux activités extra-scolaires. Ils pensent que la maman et le papa ont un rôle différent et surtout, toujours le même. Alors, comme Elisabeth Badinter, je voudrais leur faire passer un message qui est aussi valable pour eux :

 "Ce n'est pas parce qu'on devient mère ou père qu'on devient bon parent. Ce n'est pas parce qu'on a mis au monde un enfant qu'on est dotée de l'hormone de l'instinct maternel. Et ce qui est vrai de la mère est également du père. (...) La parentalité hétérosexuelle n'est pas la panacée à travers le monde. Pourtant nul ne pense à demander des comptes à des futurs parents hétérosexuels. Combien d'enfants naissent encore par accident ou pour se conformer à un modèle social ? (...) C'est aussi l'honneur d'une démocratie de ne demander pas des comptes aux individus sur leur vie intime et de ne pas imposer je ne sais quel modèle parental. C'est pourquoi je pense que ce principe doit s'appliquer à tous."

La vidéo sur la PMA et la GPA citée à la fin est visible ici.

Sinon, j'avais rencontré un couple de papas et raconté leur expérience ici.

(c) Classic Pin-Up Photography

Cette minuscule main qui saisit le doigt d'un adulte en pleine césarienne

Avouez, la photo est complètement folle. En pleine césarienne, celui qui n'est même pas un nouveau-né attrape le doigt du chirurgien. Un geste inné mais qu'on a rarement l'occasion d'immortaliser à un moment pareil. Je pourrais faire des allusions à Alien, et m'arrêter sur l'étrangeté du cliché, mais la force de la photo est telle que je remise mon cynisme, tout comme le gentil collègue qui me l'a fait découvrir, spécialiste du genre.

L'histoire est racontée par le DailyMail et j'espère qu'on n'apprendra pas qu'il s'agit d'une photo truquée. Randy Atkins, le papa, est l'auteur de cette première photo de Nevaeh, aujourd'hui âgée de 11 semaines, troisième d'une fratrie qui grandit dans l'Arizona.

La maman, Alicia Atkins, a posté le cliché la semaine dernière sur son site de photos professionnel. L'engouement est immédiat, la photo est likée plus de 3000 fois et partagée plus de 1700 fois. Elle devient le premier phénomène viral de l'année. Sur sa page pro, l'heureuse maman remercie les internautes pour leur enthousiasme et annonce qu'elle multiplie les émissions et les interviews. Dans les commentaires, on lui annonce des articles jusqu'en Argentine. Et un petit post de blog en France...

Un précédent : "La main de l'espoir"

Alors, fake ou pas ? Fake, me dit une lectrice, une photo un peu similaire mais plus gore a été publiée en 1999. On y voit une autre petite main tenue par un doigt d'adulte. La photo sanglante (ici, mais âmes sensibles s'abstenir) avait été prise lors d'une opération du fœtus à 21 semaines. Appelée La main de l'espoir, elle avait beaucoup été instrumentalisée par les pro-life, raconte Doctissimo. La main minuscule est soutenue plus qu'elle n’agrippe le doigt.

Pour moi, cette seconde photo atteste que le cliché d'Alicia Atkins pourrait être vrai. Si un fœtus de 21 semaines est capable de sortir son bras de l'utérus de cette façon, je peux croire qu'un nourrisson de 36 semaines agrippe un doigt à sa sortie. L'image, reste, quoi qu'il en soit, fascinante.

Les mensonges de Noël

C'est aussi ça la magie de Noël.

Mensonge n°1

Oui, c'est pas bien d'instrumentaliser les personnages imaginaires. Mais essayez de donner une cuillère de Celestène à ma fille avant de me jeter la pierre.

Mensonge n°2

Où l'on découvre que le père Noël a lui aussi du mal avec le clavier de son iPhone (Il faut lire 'je n'ai pas pu amener' et non 'je n'ai pas ou amener'). Et que le coffre de la voiture était trop petit pour la maison de poupée.