01 Oct

LA JEUNESSE : UN TALENT D’AVANCE…

« La jeunesse n’est qu’un mot »

Pierre Bourdieu

Nils, Emil et Élise

Le 13 septembre dernier, j’ai eu l’honneur de faire partie du jury de Talents d’avance. Un tremplin dont la principale fonction est d’assurer la promotion des pratiques artistiques amateurs des Girondins de moins de 25 ans. Après la musique et la danse, c’est la création audiovisuelle et cinématographique que ce concours départemental mettait en lumière. 

La cérémonie de remise des prix a eu lieu dans le cadre des « Vendanges de Malagar », en ouverture de la 4ème édition du festival des « Monuments du Cinéma ».

Le jury était composé d’élus du Département et de professionnels de l’audiovisuel. Parmi eux, j’ai rencontré une personne incroyablement passionnée, Fabien Gorgeart. Réalisateur et auteur de « Diane a les épaules », il a, en plus d’assurer son rôle de jury, présenté avec ferveur le long métrage « Baisers volés » de François Truffaut, dont la diffusion clôturait la soirée. Une personnalité intrigante qui aura sûrement suscitée de l’admiration et de l’envie chez les jeunes candidats du tremplin.

Les postulants ont disposé d’un mois pour réaliser un court métrage de 4’30 sur le thème « Avoir 20 ans » et avec la contrainte « Les monuments ».

Elise Sintot, à 23 ans, a remporté le grand prix, ainsi que le prix du public. Rencontre…

On ne voyageait pas comme vous voyagez maintenant. Mme Vatin, 93 ans.

1) pourquoi avoir répondu à ce tremplin ?

Nous avons participé à ce concours pour gagner en autonomie et en qualité. Les prix de ce concours correspondaient à du matériel de tournage. Comme beaucoup d’autres qui commencent à faire des films, nous n’avons pas beaucoup de moyens. Nous devons toujours demander du matériel à droite et à gauche pour pouvoir réaliser nos films. Avec ce nouveau matériel, il nous sera beaucoup plus facile de mener à bien nos projets. Ce matériel sera utilisé par notre association. Elle est composée de trois jeunes réalisateurs qui unissent leurs expériences et leurs rapports au monde. Nous travaillons à trois sur tous nos projets pour mixer au mieux nos différents styles et obtenir un résultat riche d’un recul et d’une patte propre à Parlay Films. 

2) Quelle a été ta démarche quand tu as eu connaissance du sujet et de la contrainte ?

Elise : Lorsque j’ai eu connaissance du sujet, je me suis très vite tournée vers Mme Vatin qui est la personnalité central du film. Par rapport au thème « Avoir 20 ans », je ne voulais pas parler des personnes de mon âge. Nous n’avons que peu de recul sur cette période de la vie puisque nous sommes en plein dedans ! Mme Vatin était parfaite pour parler de cet âge avec sagesse. Après m’être tournée vers elle, nous avons cherché ensemble un sujet en lien avec la contrainte « Monument ». C’est alors que nous avons parlé du cinéma le Francais où elle allait voir religieusement les films « Connaissance de monde ». J’ai ensuite parlé de ce sujet aux garçons qui m’ont aidé à peaufiner l’idée et à réaliser ce projet. 

3) En tant que jury, un plan nous a beaucoup marqué. Celui de Mme Va, dans son fauteuil roulant, de dos, devant l’écran sur lequel est projeté la montée des escaliers du cinéma Le français. Peux-tu nous parler de ta démarche cinématographique ?

La démarche cinématographique a beaucoup évolué ! A l’origine, Mme Vatin devait être dans sa chambre et aller dans la salle de projection. Mais au fur et à mesure du montage, nous avons épuré le film pour l’amener à la forme qu’il a aujourd’hui. Il était pour nous plus intéressant qu’elle rentre dans le vif du sujet lorsque les images qu’elle regarde l’amènent à l’intérieur du cinéma plutôt qu’en entrant dans la salle de projection.

4) Quels sont vos films fétiches à tous les 3 ?

Nils : Mes films de références sont ceux de Patricio Guzman, Wim Wenders ou Werner Herzog, avec des titres comme la « Nostalgie de la Lumière », « Le Sel de la Terre » ou « Petit Dieter doit voler ».

Emil : « Road To Paloma » de Jason Momoa. Ce film réalisé avec un petit budget et une petite équipe d’amis est très inspirant. Je suis fasciné par le fait qu’on puisse faire un tel film avec si peu de moyens. 

– Elise : « Il était une fois dans l’ouest » de Sergio Leone. C’est très classique mais, à chaque fois, ce film m’impressionne par sa maitrise. La narration ne passe que par l’image et le son. Les dialogues n’ont aucune utilité informative, ils ne servent qu’à apporter, par une succession de phrases chocs, l’humour du film.

5) Qu’est-ce que ce prix va t’amener ? Comment envisages-tu l’avenir ? As-tu d’autres projets ?

Ce prix va nous apporter une plus grande faciliter pour mener à bien nos projets. A l’avenir, nous souhaitons continuer à faire des films de plus en plus longs et ambitieux. Emil s’intéresse beaucoup à l’histoire de la piraterie et souhaiterait réaliser un documentaire à ce sujet. Nils se sent concerné par l’histoire des îles de Kiribati qui vont bientôt disparaitre face au réchauffement climatique et à la montée des océans. Il est en train d’écrire un projet autour de ce sujet. Quand à moi, je souhaiterais continuer dans le prolongement de ce film. À savoir, réaliser un film sur l’une des aides soignantes qui travaille dans l’EHPAD où réside Mme Vatin et qui, par le dessin, ferait revivre les histoires des résidents.

6) Qu’est-ce qui vous fait vibrer dans l’idée de faire du cinéma ?

Nous sommes tous les trois, passionnés d’humains et de hasard. Pour mener à bien nos projets, nous passons beaucoup de temps avec les personnes que nous filmons. Nous vivons avec eux. Nous sommes donc sans cesse en train d’apprendre à leur contact. Cependant, les promesses d’un projet documentaire ne sont pas toujours tenus. Parfois elles disparaissent mais, elles sont aussi souvent surpassées. Ce sont ces surprises que nous apprécions.

23 Avr

Arrêt des tournages de fictions // Cinéma et visibilité des compétences régionales

[FIN DES TOURNAGES DE FICTIONS EN NOUVELLE-AQUITAINE // FABRIQUÉES PAR FRANCE TÉLÉVISIONS]

On faisait travailler 250 intermittents à l’année sur ces fictions… des films qui seront sûrement tournés en région parisienne -si ils restent dans le privé- ou dans l’axe Lille-Marseille -si ils sont fabriqués par France Télé-.

2019 sonnera donc l’heure de vérité quant à l’avenir de ces co-productions entre les Moyens Internes de Fabrication de FTV et les productions privées… 

// Papier publié l’an dernier //

Depuis la création de la nouvelle grande région (Nouvelle-Aquitaine), les professionnels de l’audiovisuel ont décidé de se fédérer et de créer un réseau actif sur le territoire.

« Un sourire malgré toi » Copyright photo Juliette Alhéritière

Je poste régulièrement des annonces de casting. Cela s’explique par un engouement, des producteurs et réalisateurs de films pour notre région.

Diverses explications à cet enthousiasme : la météo, bien sûr, mais aussi la diversité des décors, avec notamment l’architecture bordelaise, souvent utilisée pour se substituer à Paris. Les pavés citadins, la côte atlantique, ainsi que les châteaux plaisent aux faiseurs d’histoires…

En 2017, le département de la Gironde a accueilli 354 jours de tournage : des courts-métrages, des longs-métrages, de la fiction télévisuelle (France Télévisions, Canal + etc).

Marie RATEAU du bureau d’accueil des tournages en Gironde, annonce une année 2018, excellente.

D’habitude, les tournages débutent avec les beaux jours. Cette année, cela a commencé beaucoup plus tôt. On pense bien sûr à Guillaume Canet qui, en ce moment, tourne au Cap ferret la suite «Les petits mouchoirs», le tournage a débuté en mars.

Cet intérêt pour la Gironde, et plus largement la région, a poussé les professionnels du secteur à s’organiser pour valoriser l’offre conséquente de techniciens et de productions et appuyer leur visibilité.

Ainsi plusieurs associations ont vu le jour :

  • Calippso regroupant les techniciens de post-production (dont je fais partie),
  • le groupe Fiction,
  • et la Peña représentant les producteurs néo-aquitains.

Ces regroupements participent grandement à l’envie de tourner dans notre région !

Une inquiétude plane malgré tout sur ce tableau idyllique…

Un certain nombre d’intermittents spécialisés, font leurs heures grâce aux tournages des fictions co-produites par France Télévisions. Les réductions de budget demandées par le gouvernement à l’audiovisuel public ont pour conséquence une réforme de la filière production. Ainsi, nous constatons une baisse des tournages en région.

La Nouvelle-aquitaine accueillera, pour France Télévisions, 6 téléfilms cette année. Jusqu’à l’an dernier, France Télévisions en tournaient et post-produisaient 8…

2019 sonnera donc l’heure de vérité quant à l’avenir de ces co-productions entre les Moyens Internes de Fabrication de FTV et les productions privées !

Si ces derniers venaient à disparaitre complètement, les techniciens iraient chercher du travail ailleurs… Ce qui seraient extrêmement dommageable pour la qualité du tissu d’emploi régional !

Point positif et enthousiasmant : la fiction télévisuelle sur France Télévisions ne s’est jamais aussi bien portée.

Pour valeur d’exemple, la série Capitaine Marleau, tournée en Dordogne l’an passé, a fait une audience record la semaine dernière ! Tout comme la série Mongeville ou encore, l’unitaire Né sous silence dont je vous ai parlé, dans un post précédent.

Souhaitons donc, que l’intérêt des cinéastes pour notre région, garde sa fraîcheur… que les intermittents restent en Nouvelle-Aquitaine, et continuent à mettre en valeur notre territoire !

« Un sourire malgré toi » Copyright photo Juliette Alhéritière

 

13 Mar

4ème édition du festival MUSICAL ÉCRAN

La musique, pour ceux qui me connaissent, c’est une passion. Alors, quand elle se mêle à mon moyen d’expression, le cinéma, on peut parler d’exaltation !

Ce festival, je le fréquente depuis le début pour diverses raisons : un des mes films documentaires (« Que ta volonté soit fête ») a été projeté à l’Utopia lors de la seconde édition, et j’ai eu le privilège de faire partie du jury l’an dernier…

Les organisateurs sont autres que l’association Bordeaux Rock dont un des membres (Richard Berthou, pour ne pas le nommer) a fait la lumière sur mon court métrage (« Un sourire malgré toi »). C’est un peu la famille.

Je ne peux qu’admirer leur pugnacité à se battre pour défendre ce beau projet et vous inciter à vous y rendre et à être curieux de cette programmation d’une facture originale et qualitative ! Émotion, sensation, découverte, les mots pour décrire leurs choix de films sont illimités et les risques pris, à la hauteur de leur ambition.

Le cinéma musical est peu représenté par les distributeurs et il est même difficile de voir certains d’entre eux… Alors foncez !

plus d’infos sur : www.bordeauxrock.com

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TARIFS et ADRESSES

EN LIGNE

Préventes disponibles sur www.bordeauxrock.com pour tous les films. Tarif : 7€, (hors séance spéciale). Pass complet festival : 39€

CINÉMA UTOPIA 

Préventes au cinéma 10 jours avant les projections pour Liberation Day, Never Stop : une musique qui résiste, Faithfull, concert de Pastors of Muppets + We Are X.

Pour les autres films, tickets en vente le jour de la projection.

5 Place Camille Jullian, Bordeaux (arrêts de tram «Sainte-Catherine» ou «Hôtel de ville»)
Tél : 05 56 52 00 03

www.cinemas-utopia.org/bordeaux

1 carnet 10 tickets : 50 €
1 séance film tarif normal : 7 €

COUR MABLY

Soirées DJ-set, entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles, buvette et petite restauration sur place.

3, rue Mably, Bordeaux
(arrêt de tram «Grand Théâtre»)

BIBLIOTHÈQUE MÉRIADECK

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

85 Cours Maréchal Juin à Bordeaux (arrêt de tram «Palais de Justice»)

INSTITUT CERVANTES

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

57 Cours de l’Intendance à Bordeaux (arrêt de tram «Gambetta»)

UNIVERSITÉ BORDEAUX VICTOIRE

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

3 ter Place de la Victoire Amphithéâtre PITRES

(arrêt de tram «Victoire»)

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