VIDEO : la violence de trois institutrices fait scandale

En Italie, les images d'une caméra cachée dans une école maternelle font scandale. On y voit trois institutrices agresser verbalement et physiquement les enfants âgés de trois à cinq ans.


Ecole : les images qui choquent l'Italie

Cette école maternelle de Vercelli, dans le nord de l'Italie, est réputée pour la qualité de sa pédagogie. Pourtant, derrière ses murs, trois institutrices faisaient régner la terreur. Cris, violence physique, elles proféraient également des menaces à leurs élèves âgés de trois à cinq ans. "Vas-y, essaye et je te tordrai le cou!", "approche toi, je vais te mettre une baffe tellement forte que tu n'auras plus de dents." La vidéo qui fait froid dans le dos montre également les institutrices encourager la violence entre les enfants. A un d'eux, une d'entre elle déclare "donne lui une claque, je t'autorise à lui en mettre une, tape bien fort".

C'est du récit d'une enfant qu'est partie l'enquête en mai. Chargée d'aller chercher son petit frère à l'école, elle a aperçu une des institutrices tirer les enfants par les cheveux et l'a raconté à sa mère. La plainte de la mère à la police fut la seule déposée. 

Pour mener l'enquête, la police avait discrètement installé 11 caméras dans les salles de classe et le réfectoire il y a six mois. Âgées d'une cinquantaine d'années, les institutrices ont été arrêtées par la police.

Les parents de l'établissement sont sous le choc. "Je ne m'étais rendu compte de rien. Dès que je l'ai su, je suis venu chercher mon fils", raconte un père. La mère d'un des enfants, bouleversée, explique "depuis une semaine mon fils refusait de venir à l'école, il était terrorisé". La directrice a réagi, se disant "abasourdie", "aucun parent ne m'avait signalé quoi que ce soit. Si les faits sont prouvés, nous nous constituerons partie civile".

Le pays s'indigne

À l'annonce de l'affaire, le pays tout entier est scandalisé. Les trois institutrices vont maintenant être entendues par les autorités, elles risquent jusqu'à dix ans de prison. Ce scandale relance un débat fréquent en Italie : en 2016, une loi avait failli être votée pour instaurer l'obligation d'installation de caméras dans les écoles, maisons de retraite et centres pour handicapés.

13 appels par jour pour des cas de maltraitance

L'association "La via dei colori" est chargée de s'occuper des victimes de maltraitance dans les écoles, centres pour handicapés et maisons de repos et de récolter les témoignages via un numéro vert. Elle reçoit en moyenne 13 appels par jour pour dénoncer des cas de mauvais traitement, environ 80% concernant des enfants de 0 à 6 ans.

Si la présidente de l'association, Ilaria Maggi, note une augmentation de la médiatisation et des dénonciations de ces cas de violence, "encore totalement absents il y a quelques années", l'omerta entre collègues reste souvent la règle. "Moins de 7% des plaintes sont déposées par les collègues des instituteurs violents. Or très souvent les structures sont très petites et il est donc impossible que les hurlements et actes de violence passent inaperçus. Le problème est que les collègues des établissements ont peur de créer le scandale. Ils préfèrent cacher les choses et s’en occuper en interne. »