Un professeur des écoles a perdu jusqu’à 1350 € de salaire depuis 2010

(Crédit Cédric Joubert / AFP)

Ce mardi 18 mars la fonction publique sera en grève, donc. Pour les salaires, l’emploi, pour la défense du service public, contre la politique d’austérité du gouvernement.

Une grève de plus, entend-on déjà, une grève qui a peu de chance d’être vraiment suivie. A l’heure où le gouvernement cherche à faire 50 milliards d’économies (sans franchement trouver), peu après que le ministre Peillon a lancé l’idée de geler l’avancement des fonctionnaires (bombe rapidement désamorcée par Ayrault), cette grève va sembler à beaucoup incongrue, voire à côté de la plaque. Sans doute l’est-elle, même si on peut lire ici ou que la politique d’austérité n’est plus ce qu’elle était.

Personnellement je ne ferai pas grève, ayant notamment décidé une fois pour toutes que je ne voulais pas m’entendre dire que je fais grève pour ma pomme, même si début 2014 mon salaire a baissé de 10 €, une fois de plus.

Le pouvoir d’achat des profs baisse depuis 1981

On ne va pas jouer les pleureuses, il y a évidemment plus à plaindre que les enseignants, mais cette grève de la fonction publique est l’occasion de rappeler quelques petites choses, histoire de comprendre l’état d’esprit des profs.

- entre 1981 et 2004, le baisse du pouvoir d’achat des profs est de l’ordre de 20% d’après l’économiste Robert Gary-Bobo, qui estime que « pour que les enseignants retrouvent, sur leur cycle de carrière, les mêmes espérances de gains que leurs aînés, recrutés en 1981, il faudrait revaloriser les salaires d’au moins 40 % » ; dans le primaire, la création du corps des professeurs des écoles compense pour partie (mais il reste aujourd’hui encore pas mal d’instituteurs…)

- le pouvoir d’achat des profs français a baissé de près de 10% entre 2000 et 2010 (source OCDE) ; sur cette période, seuls les enseignants japonais, et à un moindre degré les Suisses, ont connu pareil sort (mais leur salaire reste très supérieur à celui des français)

- en moyenne dans l’OCDE, les profs des autres pays ont été augmentés de près de 20% sur cette période ; les profs français restent donc parmi les moins bien payés des pays de l’OCDE, au niveau de pays comme la Grèce ou la Slovénie (où le niveau de vie général est bien moins élevé).

Depuis 2010 : ça continue, encore et encore

Depuis 2010 et le gel du point d’indice pour les fonctionnaires, le salaire baisse régulièrement car les prélèvements, eux, augmentent. Certains fonctionnaires bénéficient d’un treizième mois ou de primes, mais les instits n’ont rien, ou plutôt n’avaient rien : ils touchent cette année pour la première fois une prime de 400 € bruts (contre plus de 1200 € dans le secondaire). Cependant cette prime est loin de couvrir la baisse de salaire enregistrée entre 2010 et 2014… Voici l’évolution du traitement d’un professeur des écoles (zone 1 d’indemnité de résidence) depuis le gel du point d’indice à 4,63 € bruts mensuels. A titre indicatif, l’échelon 7 représente environ 10 à 12 ans de carrière.

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La dernière colonne indique ce qu’un professeur des écoles, si les salaires étaient restés au niveau de ceux de 2010, aurait touché en plus sur la période 2010 – 2014. Un professeur au 11ème échelon a donc perdu plus de 1100 € nets depuis 2010. Parmi les profs des écoles, les mieux payés sont les 2% qui parviennent au "hors classe" : un prof qui serait au 7ème et dernier échelon du hors classe aurait touché 1347,96 € nets en plus si les salaires n’avaient pas bougé depuis 2010.

Il faut donc bien comprendre une chose : gel du point d’indice ne signifie pas gel des salaires, mais baisse des salaires.

 

Par ailleurs, il n’a échappé à personne que l’inflation n’a pas fait de pause depuis 2010 :

En 2010, +1,7%

En 2011, +2,1%

En 2012, +2,0%

En 2013, +0,7%

Au total, +6,6 % sur cette période : ce qui valait 100 € en 2010 en valait 106,65 € fin 2013.

Il ne reste plus qu’à croiser les courbes descendantes des salaires avec celles montantes du coût de la vie, et on comprendra pourquoi les enseignants trouvent que leur pouvoir d’achat s’effrite depuis maintenant plus de trois décennies et ont le sentiment, avec leurs salaires gelés depuis 4 ans, de participer à l’effort national…

 

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  • Bertrand Saoudi
  • amandree0

    Quand on fait grève "pour sa pomme" on le fait surtout pour l'ensemble de la profession à laquelle on appartient.
    Pourquoi espérer des changements ou une inversion de la tendance si on ne s'y investit pas ? Laisser faire les autres à sa place ?
    Je préfère être actrice que spectatrice....
    Tout est question de point de vue.

    • marboeuf

      Tout est question de point de vue, en effet, cher amandree... Je respecte votre position d'actrice, ne m'enlevez pas la mienne (avec d'autres armes...).

      • Calou

        Bonjour cher Marboeuf,

        Puis-je savoir pourquoi deux de mes trois commentaires précédents n'apparaissent pas, une demi-heure après leur publication? Faut-il un délai ? La forme posait-elle problème ? Ou bien était-ce le contenu ?

  • Christophe06

    Le salaire moyen des enseignants en France est en effet problématique par rapport à la moyenne des pays dit "riches" et notamment la plupart de nos voisins. Mais qu'en est t il des heures hebdomadaires, des vacances scolaires? La France investit beaucoup dans l'éducation, mais la qualité et les résultats baissent! Il faut remettre à plat le système sans tabou, dans l'intérêt de tous!

    • marboeuf

      Les heures, le travail annuel ?
      Un instit français doit 936 heures de service annuelles, dont 864 heures de classe (hors corrections, préparation, rendez-vous avec les parents, préparation de kermesse, montage de projets, etc.). La moyenne dans les pays de l'OCDE est 790 heures. La moyenne est de 23 h 30 de classe hebdomadaire en primaire (24 h en France).
      Le nombre de jours de classe est désormais, avec la semaine de 4,5 jours, de 180 par an, la moyenne dans les pays de l'OCDE étant de 187 jours de classe.

      • Christophe06

        Alors la réforme organisée par notre actuel ministre semble tout à fait juste. Cependant votre réponse m'a interloqué; les profs ou instits en France seraient moins bien payés et travailleraient (ou travailleront) autant que chez nos voisins?! Quelle injustice! J'ai alors creusé la question. D'abord, j'ai en effet retrouvé les chiffres que vous mentionnez, mais l'égalité sur le temps de travail ne vaut que pour les instits pas pour le secondaire (1er & 2nd cycles) où les heures demandées sont inférieures. Ensuite, à nbre d'élèves équivalents (vs Allemagne & UK) , le budget de l'éducation en France est en valeur +70% supérieur (All & UK étant proches) à 85 M€. Le nombre d'enseignants est > de +20% à l'Allemagne (+70% vs UK qui compense en partie par des assist d'educ.) et le nb d'école en France est > de + 50%! Enfin, c'est aussi le personnel administratif qui est largement supérieur à nos deux chers voisins (+100%)!
        Le système actuel ne fonctionne plus : coûts excessifs, enseignants démotivés, personnel plétorique... il faut remettre à plat tout le système en toute objectivité, sans être partisan et dans l'intérêt général. Moins de personnel, plus d'heures et une rémunération beaucoup plus importante pour les enseignants afin de revaloriser un métier que j'admire et qui si important!

        • Calou

          Cher Christophe,

          Je n'ai pas bien compris en quoi la réforme actuelle du ministre va dans un sens "juste" puisque ni les heures de service officielles ni les horaires hebdomadaires de travail des élèves n'ont été modifiées... Mais peut-être dites vous ça pour les jours de classe dans l'année... qui ne posent pas réellement problème aux enseignants à partir du moment où l'on revalorise clairement leur profession, leur salaire et leurs conditions de travail d'une part et si on ne soumet pas l'école de la République à une cure d'austérité d'autre part ! Or, c'est tout l'inverse. Les profs n'ont pas eu la remise en plat qu'ils attendaient. Ils n'ont eu qu'une dégradation supplémentaire du service public qu'ils soutiennent à bout de bras sous le poids non pas d'une administration pléthorique mais d'une hiérarchie bureaucratique et déconnectée de toute réalité.

          Il ne faut donc pas s'étonner qu'ils résistent. Les professeurs sont aussi des salariés, cadres de la fonction publique, et aucun cadre ne remercierait son employeur d'être plus présent sur son temps de travail, d'avoir des frais de garde d'enfant et de déplacements supplémentaires tout en ayant son salaire gelé depuis 4 ans.

          Si le système actuel ne fonctionne plus, cher Nicolas, c'est avant tout parce que les politiques d'économie budgétaires incessantes de ces 20 dernières années dans tous les services publics (et que vous continuez à défendre, visiblement) ainsi que l'immense flot d'argent détourné pour les actionnaires dans les entreprises ont fait exploser les inégalités sociales. Ces inégalités se reportent dans l'école publique où les résultats sont en chute libre (si l'on admet que les indicateurs choisis soient les bons), comme toutes les études le montrent, dans les milieux populaires (les élites sociales continuant de progresser).

          Je suis juste prof, pas magicien. Et quand dans ma classe des enfants n'arrivent pas à se concentrer parce qu'ils n'ont pas mangé à leur faim les dernières 24 heures, excusez-moi, mais j'ai du mal à penser que c'est de ma faute ni même celle de leurs parents.

          Vous parlez des enseignants démotivés? Dans vos recherches vous trouverez sûrement que les enseignants sont parmi les professions les plus touchées par les maladies socio-professionnelles, parmi lesquelles le "burn out", dont les symptômes sont des troubles musculo-squelettiques, des dépressions et... une baisse sensible de la motivation au travail. Et si ce qui est décrit comme un mal inhérent à la fonction publique n'était en réalité que le symptôme ? Traitez correctement vos salariés et ils auront plus de chance d'être efficaces. Demandez leur toujours plus sans leur donner les moyens de réussir et ils feront à juste titre comme tout le monde : ils se protègeront. Le travail n'est pas fait pour souffrir mais pour vivre mieux.

          Alors personnel plétorique ? Mon oeil ! Avec une moyenne de 25 élèves en ZEP que pouvez vous attendre de plus d'un professeur ? Quant à vos chiffres qui nous comparent à l'Angleterre et l'Allemagne (qui ne sont pas non plus des modèles de réussite éducative d'après les rapports PISA, il ne faudrait pas l'oublier...) ils sont à prendre avec des pincettes car, comme vous le dites vous mêmes, il y a une foule de personnels très différents qui gravitent autour de ceux qui sont comptabilisés officiellement parmi les fonctionnaires d'état. J'imagine qu'il faudrait aussi avoir les chiffres de ceux qui sont des fonctionnaires territoriaux dans le service d'éducation de ces pays pour avoir une vraie idée des différences entre eux et la France. En attendant, en Finlande (qui elle est en réussite), les classes dépassent rarement les 20 élèves et la difficulté scolaire est prise en charge par des assistants... On est bien loin de la France, qui vient de sacrifier ses RASED sur l'autel des économies que vous appelez de vos voeux.

          Enfin, l'objectivité n'existe pas en matière d'éducation (et dans toute activité humaine du reste). C'est au contraire un sujet éminemment politique et les différents gouvernements l'ont d'ailleurs très bien compris depuis longtemps, même s'ils appellent sans cesse les citoyens à "ne pas être partisan", "dans l'intérêt des enfants", bien sûr... Il FAUT au contraire être partisan ! Se mêler du débat, exiger une école égalitaire qui a les moyens de fonctionner, bien loin de l'école à deux vitesses qui se dessine peu à peu au fur et à mesure que sévissent les "économies" directement reversées aux actionnaires dans le cadre des "pactes de responsabilité" et autres sournoiseries ultra-libérales. C'est la seule voie qui défende l'intérêt collectif.

          Cordialement

          • Christophe06

            bonjour Calou,
            je peux comprendre votre point de vue, mais pas le coté partisan. La poiltique n'a pas sa place selon moi dans l'éducation nationale même si depuis longtemps notre système fonctionne ainsi (et c'est peut être une des raisons de sa dégradation). Ce qui doit prévaloir est la qualité de l'enseignement donné aux enfants dans notre pays.

            Je commencerai par répéter que le travail d'enseignant est un travail que j'admire et qui est fondamental. Je suis père de trois enfants en bas âge et je souhaite pour eux un enseignement de qualité sans pour autant devoir les inscrire dans des écoles élitistes ou de ce type.
            Vous évoquez de nombreux sujets, je vais commencer par les comparaisons : je compare notre pays à l'Allemagne et à l'UK car nos pays ont le même nombre d'élèves, une culture proche et une richesse équivalente (même si l'Allemagne se détache). Ils n'ont pas d'excellents résultats mais pas moins bons que les notres alors que nous dépensons beaucoup plus. Le personnel administratif chez nous est pléthorique (je persiste désolé), et le nombre d'enseignants plus élevé (idem pour le nb d'écoles). Même s'il faut être prudent avec les chiffres, nous avons 8 élève pour 1 personne de l'éducation (13 en Allemagne), je ne compare pas avec l'UK l'écart est plus élevé; Ceci est factuel.

            Vous parlez de la Finlande, système qualifié de "meilleur au monde" et très égalitaire. Dans les années 70, son système était aussi en forte dégradation, la Finlande a alors décidé de réformer en profondeur son système; une réforme de cette ampleur en France serait impossible actuellement. La petite réforme de Mr Peillon qui pour rappel est seulement un retour au rythme de 2008 supprimé par Mr Darcos prend une ampleur phénoménale... et alors que tous les experts de l'enfance expliquent que cette réforme est fondamentale.
            Enfin vous parlez des ZEP; c'est un très bon exemple; pourquoi chez nous ce sont les enseignants en début de carrière qui doivent y excercer? la Finlande par exemple investit beaucoup plus dans les établissements difficiles, et incite ses enseignants les plus expérimentés à y travailler!
            Notre sytème dépense mal, ne rémunère pas assez ses enseignants (notamment les meilleurs) dont le rôle et l'autorité sont dévalorisés. L'argent part dans des couches administratives improductives, est dilluée dans un nombre trop important d'agents.
            Le système doit être réformé en profondeur et se focaliser sur la revalorisation du métier d'enseignant. Cela passe par une rationnalisation importante des effectifs de l'administration, de ses outils de travail et par une revalorisation salariale.
            C'est la seule voie possible, la situation de la France n'est plus celle d'il y a trente ans. Il faut pour cela du courage politique chez nos dirigeants et des agents de l'éducation nationale pragmatiques et prêts à accepter des réformes.
            Ch

          • Nicolas B.

            Face à une bête antienne de droite, répondre tout ça, quel courage Calou !

        • Lucien Marboeuf

          Oui, cela vaut pour les instits (ceci est un blog d'instit, cela ne vous avait pas échappé).
          La comparaison avec l'Allemagne est en effet intéressante. Attention cependant à ne pas se focaliser sur la seule Allemagne, à relativiser l'écart d'investissement (l'éducation représente 6,3% du PIB en France, soit la moyenne de l'OCDE, et 5,3% en Allemagne) mais aussi à prendre en compte les différences culturelles. Ainsi, comme vous le notez, l'Allemagne se distingue par une concentration des élèves au sein de très gros groupes scolaires, contrairement à la France où les écoles et établissements scolaires sont plus nombreux et rassemblent moins d'élèves. Cela entraîne des frais bien plus importants. L'une des évolutions possibles est de regrouper les écoles afin de faire des économies.
          Quant au nombre d'enseignants, ma foi là aussi il faut faire attention. Je vous renvoie au taux d'encadrement (nombre d'élèves par adulte) : en 2011, le nombre d'élèves par enseignant en primaire était de 18,4 en France, contre 16,3 en Allemagne (et 15,4 en moyenne dans l'OCDE). Cela s'inverse dans le secondaire.

    • Elhansali

      On fait 864 heures par an 100 heures de plus que les Allemands et 150 de plus que les Finlandais. Pour un salaire de 30 à 50 pourcents inférieur. Les finlandais ont 3 mois de vacances....

  • nanettebes

    En tant que parent d’élève, très agacées par les multiples gréves futiles qu'on a eu ces dernières années (même pour les rythmes scolaires, les gréves a répétitions annoncées au bout de 3 jours ne semblaient vraiment pas constructives)
    Eh bien pour les salaires, je vous soutiens completement! Quand on paie mal les gens, on est obligé de recruter ceux qui veulent bien venir! Et c'est pas toujours les meilleulrs... On a ce qu'on paie quoi...
    Ceux qui sont la depuis longtemps (a une époque ou il y avait une vraie selection à l'entrée) sont demotivés par un pouvoir d'achat qui ne cesse de baisser...
    Bref, je suis sure qu'avec des salaires correct et le sentiment de reconnaissance qui va avec, on aurait un école beaucoup plus performante!

    • Calou

      Cher Nanettebes,
      D'abord merci pour ta lucidité. Très souvent, les parents qui ont un professeur dans leur entourage (et qui voient combien il bosse pour des conditions de vie parfois très modestes dans certains départements où la vie est très chère) tiennent un tout autre discours que le français moyen qui se laisse berné par la propagande anti-fonctionnaire de ces vingt dernières années. Fillon disait en 1995, à l'aube des attaques : "Le problème avec les services publics français, c'est qu'ils fonctionnent bien".
      Nous avons néanmoins un point de désaccord. Les grèves sur les rythmes étaient directement liées à ce que nous avons dénoncé hier : l'austérité. Les 3 piliers de l'austérité sont : 1) Désengagement de l'état (et c'est le cas avec le transfert des responsabilités de l'état vers les communes) 2) Retrait des moyens pour le fonctionnement du service public (et c'est le cas car le pacte de responsabilité fera peser sur les communes les "économies", communes responsables des Projets Educatifs Territoriaux...) 3) Privatisation des services publics (et c'est le cas avec l'accord de 14 millions d'euros entre l'Etat et Total pour que la multinationale s'occupe des rythmes scolaires).
      La réforme des rythmes est donc un autre moyen de vendre l'école de la République, à laquelle tu sembles attachée. Et heureusement que quelques syndicats minoritaires ont poussé (difficilement) à ce que les gros se bougent pour s'y opposer. Cette complicité des gros syndicats avec le ministère de l'Education Nationale a donné la stratégie inefficace de grève "perlée" que tu as très justement dénoncée.
      Respectueusement

      • nanettebes

        Je pense juste que quand on recrute des gens c'est une question d'offre et de demande : Si on veut qqun qui a une orthographe correct, des connaissances de base solides, un peu de pédagogie quand meme et le sens des responsabilités (on leur confie nos enfants) faut etre pret à payer.
        Mes enfants adorent les nouveaux rythmes, que je vienne les chercher le mercredi, les activites qu'ils y font (sport, travaux manuels mais aussi mythologie grecque qui a declenché une vraie passion chez l'ainé, et en moyens ca demande 3 bouts de ficelles!) alors oui, les autres greves "dans l'interet des enfants" mais surtout pour arreter de venir bosser le mercredi matin elles m'ont exaspérées!

        • Calou

          Cher Nanette,

          Tes enfants se satisfont du nouveau rythme, je te crois, mais ce n'est pas l'écho que j'ai dans d'autres villes, de la part des parents. Ceci dit, je pense que ton avis et ceux des autres parents ne se contredisent pas : le gros problème de cette réforme, c'est justement les inégalités qui vont s'accroitre (parce qu'elles existent déjà) sur le territoire français en terme d'offre éducative : lorsque tu donnes plus de pouvoir au financeur (en l'occurrence la Mairie), tu lui donnes plus de possibilité de faire "bien" ou "mal". Je ne pense pas que trois bouts de ficelles suffisent aux enfants. En terme d'activité sûrement, mais pas en terme d'encadrement. Sinon tu te contredirais avec ce que tu disais avant... Car il faut aussi des animateurs formés, en nombre suffisant (alors que le taux d'encadrement a été revu à la baisse spécifiquement pour cette réforme) et bien payés pour leur offrir les moments riches que tu décris.

          Je suis très heureux pour tes enfants et pour tous ceux qui bénéficient de projets comme ceux de ta Mairie. En revanche, pour mes élèves des quartiers Nords de Marseille, déjà laissés pour compte avant la réforme, tu admettras que je ne partage pas ta réjouissance et que ma colère (et donc ma participation aux grèves) soit saine et dans "l'intérêt des enfants", intention que tu sembles railler, ce qui est blessant (surtout après avoir perdu l'équivalent de deux semaines de salaire au total).
          Par ailleurs, le bien être de tes enfants ne règle pas les problèmes que j'ai énoncé, en particulier la privatisation de l'éducation publique. J'y ajouterai, puisque tu entres dans le détail des APC, que dans de nombreuses communes, les locaux ne sont tout simplement pas adaptés et posent de réels problèmes de partage des locaux comme des directeurs d'école de la région parisienne, pourtant favorables à priori à la réforme, n'ont pas tardé à le dénoncer après quelques semaines de fonctionnement.
          Cordialement

  • sissi52

    Et combien ont perdu les salariés du privé??....Juste leur travail pour beaucoup!!!
    Qu'on arrête de plaindre les fonctionnaires.

    • Calou

      Cher sissi52,
      Permets-moi de te dire que tu n'as rien compris au mouvement de grève du 18 mars. Il ne s'agit pas de plaindre les fonctionnaires. Il s'agit de leur rendre ce à quoi ils ont droit, comme n'importe quel salarié. A savoir : un salaire à hauteur de leurs qualifications et de leurs responsabilités.
      Les fonctionnaires du public, qui ont effectivement (et heureusement pour toute la société !) la sécurité de l'emploi, ont un peu plus de marges de manœuvre pour défiler ce mardi aux côtés des salariés du privé. Tous dénonçaient les mêmes choses : la politique d'austérité, qui nous dresse les uns contre les autres et répand à chaque milliard d'euros soi-disant "économisés" (pour être en réalité donnés aux actionnaires) un peu plus de misère dans les classes populaires. Je te renvoie au cercle vicieux que je décris dans ma réponse à Isochor.
      Cordialement

  • isochore

    Les enseignants seraient-ils les seuls concernés? Salariés du privé, retraités, tout autant touchés! Solidarité, connaissez-vous?

    • Calou

      Cher isochore,
      Non, tu as raison, les enseignants ne sont pas les seuls concernés. C'est d'ailleurs bien pour ça que la dernière grève était interprofessionnelle, ce qui est une forme de solidarité.
      Cette journée de grève dénonçait en particulier le pacte de responsabilité, qui annonce l'aggravation de la récession et de la montée du chômage pour aller engraisser un peu plus les actionnaires et les grands patrons du CAC40, qui n'en arrêtent plus de se poiler avec ce gouvernement.
      Avec les Accords Nationaux Interprofessionnels et la réforme des retraites, cette politique budgétaire va réduire encore plus le pouvoir d'achat de TOUS les français. Et des Français qui ont moins de pouvoir d'achat, ça veut dire qu'ils consomment moins. Et des gens qui consomment moins, ce sont des gens qui ne font pas produire les entreprises. Et des entreprises qui ne produisent pas, ce sont des entreprises qui n'embauchent pas. Cercle vicieux d'une politique ultralibérale imposée par une finance irresponsable et une classe politique complice.
      La solidarité consiste donc à dire ce qui a été communiqué par les syndicats lors de la dernière grève : augmentation des salaires POUR TOUS. Et la solidarité n'est certainement pas ce que tu tentes de faire : opposer salariés du public et du privé, comme si les uns profitaient du malheur des autres.
      Cordialement.

      • Nicolas B.

        Il ne s'agit pas du pouvoir d'achat des Français, mais des gens en France. C'est différent.

      • Cecilia Niourk

        Le problème du salaire des professeurs en France est avant
        tout celui de ceux qui ont le statut d'agrégé qui leur permette gagne 25 % de plus de
        salaires alors qu'ils font 25 % d'heures en moins. Source : http://www.juristique.org/fonction-publique.
        En effet, ceux-ci ont des diplômes supérieurs, mais rien qui justifie de tels
        écarts et qui tendance à s'accélérer au fil de la carrière professionnelle. Je suis
        professeur et je suis tous les jours confrontés à cette injustice.

        • Calou

          Je ne suis pas trop partisan du système des agrégés mais de là à en faire LE problème... je ne te suis pas ! Ce serait considérer que c'est juste une répartition entre travailleurs qui pose problème alors que
          c'est en réalité la répartition des richesses entre classes (dominants et dominés) qui est LE problème.

          Que des collègues gagnent plus que moi en travaillant moins, ça ne me dérange pas. Tant mieux pour eux ! Je ne suis pas envieux du salaire des autres et de plus si je le souhaite j'ai tout simplement la liberté de passer ce concours moi aussi.

          Si je pensais comme toi, ce serait un peu dans la même logique que ceux qui crachent sur les profs à cause de leurs vacances et de leurs soi-disants "privilèges"... Si tu les veux, ces privilèges, passe le concours ! Quelque chose qui a été gagné par le travail n'est pas un privilège, du moment que les critères de sélection ne sont pas arbitraires.

          Je serais plus critique en revanche sur le fait que ce
          système ne s'applique qu'au Second degré. Il y a là une injustice flagrante pour les enseignants du Premier degré. Mais là encore, ce n'est pas ce qui explique les salaires misérables des profs en rapport à leur qualification.

        • Nicolas B.

          Si demain les profs agrégés travaillent plus pour gagner moins, sans que rien ne change pour toi, tu seras plus heureuse ?

  • Passievident

    Compte tenu des absences pour grève, pour congés, pour maladie, formation, ils sont surpayés.

    • amandree0

      Absence pour grève : non payée. De mémoire quatre jours en tout et pour tout depuis la rentrée 2013 (et peu les ont tous fait).

      Absence pour formation (très très rare sur le temps scolaire dans le premier degré) : sur ordre de mission de l'employeur.

      Absence pour maladie : statistiquement pas plus que dans les autres professions et sur justificatif (comme ailleurs). Par contre, quand un enseignant est absent, qu'il n'est pas remplacé (il y a de moins en moins de remplaçants) ça se voit beaucoup plus facilement que dans un bureau ! Peu de congés si on considère que l'enseignant de primaire est constamment confronté aux épidémies de maladies respiratoires et gastriques de ses élèves ainsi qu'aux très désagréables poux, galle......

    • Calou

      Cher Passievident, avec un pseudo comme le tien, on devrait pourtant faire preuve de davantage de nuances. A moins que tu ne t'appliques le devoir de réfléchir avant de parler que pour les petites affaires te concernant ?
      Les "absences pour grève", dois je te le rappeler, ne sont pas des absences rémunérées. Pour un professeur des écoles, c'est une perte de salaire de 70€ net par journée de grève. On est donc loin d'une absence pour paresse qui ferait qu'ils sont au final surpayés. Les professeurs qui font grève y réfléchissent (parfois même trop à mon goût) à deux fois avant de se déclarer gréviste.
      Dans les congés, tu mets sans doute un peu tout dans le même panier. Les vacances scolaires? Non seulement leur salaire de 10 mois a été annualisé dès après la Seconde Guerre Mondiale sur douze mois mais en plus les enseignants travaillent en moyenne 42 heures par semaine selon toutes les études (24h devant élèves, 3h en Activités Pédagogiques Complémentaires, formations et réunions OBLIGATOIRES, le reste en temps de surveillance, de préparation, de correction, de paperasseries souvent inutiles et de rencontres avec les parents) ce qui correspond donc, en somme, à des RTT dans les grandes entreprises. Quant aux autres congés (enfant malade, maternité...) ils ne sont guère plus favorables que dans les grandes entreprises du privé qui les négocient dans le cadre de la loi par des conventions collectives.
      Tu parles de formation, je t'ai répondu dans l'argument précédent. Lorsqu'une formation supplémentaire est imposée par les supérieurs hiérarchiques, il me paraît tout à fait normal qu'elle soit prise sur le temps de présence devant élève, puisque ce sont les seules heures restantes. A moins que ce ne soit comptabilisé en heures supplémentaires, mais l'employeur s'y refuse.
      Alors, si les professeurs sont assurément mieux rémunérés que le smicard ou le contrat aidé (qu'il faut défendre aussi), ils ne sont certainement pas surpayés. Et compte tenu du haut niveau de responsabilité que représente leur métier (la gestion quotidienne de 20 à 30 vies d'enfants), il me paraît tout à fait normal qu'ils exigent une meilleure reconnaissance salariale, d'autant qu'ils font partie des moins bien payés d'Europe.
      Tu vois, les choses ne sont pas si évidentes que tes déclarations à l'emporte-pièce.
      Cordialement

      • Nicolas B.

        Et c'est pire que ça.

        Dans la fonction publique la jurisprudence scandaleuse du Conseil d'État fait perdre 4 jours de salaire quand tu fais grève 2 jours un vendredi et un lundi. Alors que dans le privé dans ce cas on perd seulement 2 jours de salaire.

    • Nicolas B.

      Quand on est absent pour formation, on est présent… en formation ! On n'est pas en vacances.

    • Nicolas B.

      Tu fais quel métier ?

  • Bruno Derutte

    d'où la tentation du service minimum...

  • Calou

    Cher Flo,

    Nous ne nous plaignons pas, cher Flo. Nous exigeons que soit reconnu à sa juste valeur le métier que nous faisons. Nous sommes hautement qualifiés (bien que très mal formés) ce qui a nécessité de nombreux sacrifices dans nos années d'étude. Nous avons de lourdes responsabilités (de 20 à 30 vies d'enfants, dont il faut assurer la sécurité et le développement). Et nous avons une charge de travail colossale, largement sous-évaluée par la plupart de nos concitoyens qui ne voient que les vacances et nos heures de présence devant élèves (alors que la moyenne de travail par semaine est de 42 heures). Donc, oui, nous demandons que soit reconnu notre travail à sa juste valeur. Rien de plus. Je ne me plains pas. J'exige ce à quoi j'ai droit.

    Enseignant, je n'en suis pas moins solidaire avec les salariés du privé, qui ont d'ailleurs bien intérêt à ce que nos salaires ne soient pas gelés, parce que nous consommons leurs services et leurs produits. Et les conditions que tu dénonces sont toutes aussi inacceptables. Etais-tu à leurs côtés hier pour dénoncer le pacte de responsabilité qui va appauvrir encore un peu plus la population? Moi j'y étais.
    Faire grève pendant les vacances ? La bonne affaire pour l'employeur ! Sais-tu ce qu'est une grève? Une journée de salaire perdue (70 euros en début de carrière) ! Alors comment peux-tu croire que nous la fassions par paresse ou pour empêcher nos élèves d'apprendre ? Si nous la faisons, c'est parce que nous y sommes obligés, pour nous faire entendre de notre employeur !
    Etre prof, c'est aimer partager son savoir, effectivement et même bien plus (éduquer, inventer, former, écouter...). Mais ce n'est qu'un métier. Lorsque nous rentrons chez nous, nous nous efforçons de reprendre notre vie normale (ce qui n'est pas toujours simple vu la masse de travail!). Nous avons une vie de famille et des dettes à payer, comme toi. Nous avons donc aussi le droit au salaire que nous méritons. Et ça ne nous empêche pas de voir et de soutenir ceux qui ne sont pas profs. Leurs enfants sont dans nos classes et souffrent bien souvent de ce que leurs parents ne peuvent pas leur offrir. Alors garde tes clichés pour toi.

    Cordialement

    • flo

      ta un salaire de (1800 ) minimum net, moi c'est mon brut, tu fais sois disant 42h par semaines, moi j en fais entre 50 et 55, je suis cuisinier,j ai des horaires merdiques, des heures que je ne compte pas car sinon je met en faillite mon patron, alors pourquoi te plainds tu? j'en fais 10 fois plus que toi par an pour un salaire moindre! mais moi je fais pas chiez le monde a faire greve et encore moins les gosses! tu parles de tes droits ? tu as le droit et le DEVOIR d'apprendre a nos jeune ce que tu dois leur apprendre et non leur apprendre a se plaindre ou a essuyer tes problemes sur leurs temps! le pacte de responsabilité? pourquoi j irai dans vos manif a 3euros? sa sert a quoi? a gueuler comme des merdes et a passer son temps a se plaindre comme un enfants au lieu de bosser? desoler sa m'interesse pas! surtout que vous gueuler en disant etre contre, mais y en a t'il au moins un qui propose mieux? NON , personne propose mais beaucoup dise non! moi je dis que ceux qui passe leur temps a gueuler au lieu de chercher ou de proposer des solutions, ils devraient un peu fermer leurs gueules juste pour voir si la france se porterais pas mieux !!!

      • Calou

        Cher Flo,
        Beaucoup d'agressivité dans ta réponse mais je passe
        outre. Tu n'es pas mon ennemi : mon ennemi, c'est la classe d'en haut qui nous divise et qui nous fait comparer sans cesse celui qui a le plus gros (salaire,
        bien sûr) pour mieux dissimuler le fait que les leurs sont indécents et absolument injustifiés.
        1800 euros, minimum, net, c'est effectivement à peu près ce que je touche mais tu te répètes, l'ami et tes arguments tournent en rond. Je te le redis donc : pour un cadre, c'est insuffisant. Compare le salaire des enseignants, qui sont des cadres, plutôt à ceux des cadres du privé. Car ton salaire d'employé n'est pas comparable au mien : tu n'as pas les mêmes fonctions et responsabilités, pas la même durée de formation obligatoire et quant à la pénibilité, c'est quelque chose de très subjectif (envie de prendre ma classe dans une ZEP à + de 25 élèves? Chiche...). Alors je ne vais pas jouer à ce petit jeu de comparaison de celui qui a la moins grosse (rémunération), puisque de toutes les manières, je ne ferais que me répéter. On va plutôt parler de ta situation.

        Je sais que ton métier est pénible est très injustement rémunéré pour être issu moi-même d'un milieu populaire où on était davantage artisan et femme de ménage que prof. Il m'est même arrivé d'aller sur des chantiers pour me faire quatre sous quand j'étais ado. Mais ça ne veut pas dire que tous les autres métiers sont une sinécure. Il n'y a pas que la pénibilité physique à prendre en compte, il y a aussi la pénibilité morale et les profs y sont particulièrement exposés.

        D'une manière générale, on peut même dire que ce sont tous les salaires des travailleurs qui sont injustement rémunérés. Certains ont encore la possibilité d'ouvrir leur gueule (pour combien de temps?) parce qu'ils ont une sécurité de l'emploi et des syndicats plus ou moins puissants. D'autres, comme toi, n'ont pas cette chance puisque soit ils bossent dans une PME où il faut travailler sans relâche pour survivre, soit dans une grosse boîte où ils sont corvéables à merci à cause du chômage et de la précarité de leurs contrats.

        Comment pourrais-tu mettre en faillite ton patron? Réfléchis deux secondes. Sans toi, même si tu ne travaillais que deux heures, ton patron aurait deux heures de revenus en moins. Tu ne coûtes pas à ton patron, c'est lui qui te coûte parce que tu ne gagnes pas en salaire la valeur de ce que tu produis. Donc : soit tu es dans une petite entreprise où il faut se serrer les coudes avec ton patron, ce qui me paraît sain et normal (surtout que la plupart du temps, ils ne gagnent pas beaucoup plus que leurs employés). Soit tu es victime d'un type qui te fait croire des conneries pour mieux t'exploiter.

        C'est tout à fait ton droit de te taire lorsque tu es victime d'une injustice car la grève n'est pas un devoir. Mais en revanche, c'est un droit et, moi qui ne supporte pas de me faire prendre pour un con, je l'utilise. En plus, mon rôle n'est surtout pas de préparer mes élèves à devenir à leur tour des victimes qui "apprendraient à se taire", comme tu le souhaites. Au contraire, j'espère bien qu'avec tout ce que je leur apprends (parce que je remplis mes devoirs de fonctionnaire, pas besoin que tu me demandes de le faire, je suis assez responsable, merci), ils auront de quoi foutre un coup de pied au cul à ceux qui les exploitent. Et le moyen le plus pacifique reste la grève. Sinon c'est une émeute et il en sort généralement peu de bonnes choses, le savais-tu?

        Tu sembles avoir bien intégré, finalement, le discours de la classe dominante. En bons maîtres, ils t'ont appris que réclamer ce qui t'es dû, ce n'est pas bien. Ils t'ont même fait croire que ça fait du tort à tout le monde (ton entreprise, la société, et même la France !) lorsque tu oses demander une augmentation de salaire ou de meilleures conditions de travail. Alors qu'en réalité, c'est leur égoïsme qui nous conduit à tous ces problèmes : l'argent dont on a besoin existe bel et bien, ton salaire et le mien pourraient être à la hauteur de notre travail mais une poignée de parasites se le partagent entre eux. C'est exactement ce qu'il se passe avec le pacte de responsabilité. Informe-toi et tu verras que tu auras envie de le combattre toi aussi.

        Moi, je pourrais m'en foutre : j'ai la sécurité de l'emploi et un salaire qui me permet de vivre déjà correctement. Je peux me permettre quelques jours de grève avec du salaire en moins. Mais toi, tu seras le premier à perdre ton job lorsque, pour faire des économies dans leur budget, les gens ne viendront plus manger dans ton restaurant à cause de ces cadeaux aux plus puissants...

        Le pire là-dedans, c'est que l'école française est sans doute pour quelque chose dans la construction de ta pensée soumise : parce que des gens comme toi estimaient qu'à l'école, on devait apprendre à se taire. Au nom de mes prédécesseurs, je te demande pardon pour avoir fait de toi le défenseur du système qui te rend chaque jour plus esclave.

        • Aurélie San Michele

          Nous sommes bien d'accord. Pour être cuisinier il faut un CAP... Pour être Professeur des écoles il faut un Master 2 (Bac +5). Nous n'avons d'ailleurs pas le même langage et je ne fais pas de fautes d'orthographe. Je ne vous tutoie pas non plus. Je ne dénigre pas votre métier, chacun a une valeur. Cependant, lorsque l'on a travaillé autant à l'école, on peut estimer la valeur d'un emploi. De plus, 1800 euros ce n'est pas deux fois le SMIC."le Smic mensuel atteignait en 2013 : 1 430,22 euros brut." et il a encore augmenté (CF Journal du net). Personnellement avec 6 ans d'ancienneté je commence à peine à toucher 1800 net. (2100 brut). Et notre mutuelle est vraiment mauvaise (Cela compte! Quand je travaillais dans le privé, ma mutuelle était bien meilleure et mon employeur participait contrairement à l'Education Nationale). Que l'on aime ou non son métier, que l'on y consacre plus ou moins de temps personnel, cela ne change rien : un diplôme est une reconnaissance qui doit être rémunérée à sa juste valeur. Dans le privé les compétences et la motivation permettent de gagner davantage. Si vous travaillez dur et êtes motivé à travailler dans de meilleurs restaurants vous pouvez gagner plus. Pas dans le public...
          Enfin, j'estime également que nous avons une sacrée responsabilité : nous avons en charge les futurs citoyens de demain. Que va-t-il se passer si l'Education Nationale embauche des étudiants de moins en moins bien formés et de piètre "qualité"? Un salaire si peu attractif n'attire plus les BAC +5 justement, alors le seuil d'accessibilité à la profession baisse encore et encore. Il n'y a même plus de notes éliminatoires ( Enfin si, le zéro!), donc on peut devenir enseignant avec un 2 sur 20 en français ou en maths au concours depuis 2 ans! C'est dramatique. Il est tant de rendre ce métier plus attractif.
          Je suis désolée monsieur, un cuisinier n'a pas tant de responsabilité et n'a pas fait tant d'études. Il faut des cuisiniers et j'adore aller au restaurant, mais nos métiers ne sont pas comparables. Ce n'est aucunement pour vous blesser, c'est une réalité. Cordialement.

        • Nicolas B.

          Et après on va encore dire que l'Éduc' Nat' est un repaire de gauchistes. 😀

        • Nicolas B.

          Il est bien ce Calou ! :-)

      • Nicolas B.

        Flo, tu es la preuve que les fonctionnaires ont raison de manifester pour ne pas arriver à ta situation.

      • Elhansali

        Purée mais tu es cuisinier, tu n'as pas la responsabilité d'apprentissage de 30 enfants!!! Compare ce qui est comparable.

  • Christophe62

    Vous avez raison de vous exprimer, chère Flo, et je pense que vous avez vous-même été une victime des grèves des enseignants. Il suffit de lire vos pensées et d'observer un peu l'écart que vous faites avec les normes orthographiques et grammaticales pour s'en convaincre.

    Quant au partage du savoir, il serait certainement bien plus performant si la nation française avait un peu plus de considération pour ses enseignants ; ce qui, de toute évidence, n'est pas (n'est plus) le cas aujourd'hui.

    Enfin, si les jérémiades des professeurs vous sont insupportables, nul ne vous oblige à les lire.

    • flo

      oui christophe,en meme temps je vous retourne votre reponse, qui est un peu stupide, si les avis contraire au votre ne vous plaisent pas vous etes pas obliger de les lires! et en meme temps vous avez raison je fais pleins de fautes de francais, mais c'est surement comme vous le dites a cause de mon prof qui etait tout le temps en greve! et avant de dire que les profs ne sont plus respecter, regarder ce que beaucoup font (ou pas) il y a de tres bon prof qui aides beaucoups de jeunes, et qui meme eux trouve que faire greve gene le programme scolaire, car ils ne peuvent pas rattraper le retard si ils baclent pas leurs travails! donc ils font passer les enfants avant leurs interets personnel! parfois faut savoir arreter de chialer pour faire avancer les choses, apprenner l'histoire,vous qui etes profs, vous devriez savoir plus que d'autre que les greves ne regles rien.....

  • lyseam

    "1350 euros depuis 2010 "

    un peu d'info alors devant tant de larmes :

    12 prof des écoles (sur 4 ans) financent le salaire mensuel net (de l'ordre de 1350 euros) d'un prof dit vacataire ou ou délégué ou auxiliaire débutant du secondaire à temps plein sur 1 an.....de ceux qui vont combler les zones abandonnées citadines ZEP ou rurales.

    :-) ou :-( ?

    • Lucien Marboeuf

      1. Où voyez vous des larmes ?
      2. Si je vous suis bien, la condition déplorable des seconds devrait rendre coupable les premiers et justifier leur baisse de salaire ???

  • Elhansali

    Cela fait 8 ans que je suis prof et je gagne 1797 euros net avant impot sur le revenu en ile de France. On devient des enseignants roumains sous payés..Pas plus qu'un chef de rayon à Carrefour.

    • Nicolas B.

      Je trouve cela correct, comme salaire.

  • Shékiina

    Les profs sont mal payés pour ce qu'ils font : transmettre le savoir. C'est vraiment dommage.