Gigi : "Même pas peur"

Ghislaine Tormos n'est pas femme à se laisser facilement impressionner. Que son supérieur hiérarchique lui fasse comprendre à mots couverts que ce serait sûrement mieux pour son avenir de ne pas  "sortir" (entendez de ne pas manifester) n'a pas empêché Gigi d'être devant le Salon de l'auto ce mardi avec ses copains de la CGT. Bien au contraire. Que son syndicat, le SIA, n'appelle pas à manifester, elle s'en moque.

Gigi est moniteur au ferrage "une team leader" qui accompagne le travail de cinq ouvriers. Ce n'est pas un poste d'encadrement, pourtant elle fait la liaison quotidiennement entre les cadres et les ouvriers. Elle les connait par cœur les 140 ouvriers  du ferrage. C'est un peu sa famille, elle veille sur eux comme une maman. Le ferrage, c'est juste avant le montage, là où l'on assemble les caisses de voitures nues. Un secteur où les femmes se comptent sur les doigts d'une main. Gigi a su y faire sa place.

A l'usine d'Aulnay, chaque département de la production est encadré par un  directeur, un responsable des ressources humaines, un responsable de groupe (RG) et en dessous un responsable d'unité (RU). Un management omniprésent. Et en ces temps troublés, les pressions pour "conseiller" aux ouvriers de rester tranquilles ne sont pas rares. La direction annonce 1.500 mutations possibles à l'usine de Poissy pour 3.000 suppressions à Aulnay, les places seront chères. La tentation est donc forte de les réserver aux ouvriers les moins remuants.
Peu importe les pressions, Gigi était sur le pont ce matin à 9 heures, en route pour la porte de Versailles.

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