Il est comment ce "Assassin's Creed Syndicate" ?

Vous n’avez pas eu la chance d’aller à l’E3 pour tester Assassin’s Creed Syndicate ? Ubisoft a pensé à vous et a organisé, durant le salon de jeux vidéo de Los Angeles (Californie, Etats-Unis), un Assassin’s Creed Syndicate Tour dans sept villes européennes. Pop Up’ s’est rendu à l’événement parisien et a pu tester le jeu durant une vingtaine de minutes. Bilan croisé de nos premières impressions et de celles de quelques joueurs à l'issue de cette première prise en main.

Des innovations inspirées par l’époque

En décidant d’installer son nouvel assassin, Jacob Frye, dans le Londres de 1868 - près d’un siècle après la Révolution française du précédent opus, Unity -, Ubisoft a ouvert la brèche à de nombreuses innovations. La plus évidente est la présence d’un grappin, qui permet de passer de toit en toit. Un outil à la mode dans les jeux vidéo du moment, qu’on a beaucoup apprécié dans Dying Light et qui a fait une entrée remarquée dans le trailer de lancement de Dishonored 2. Edouard d’Alnois, chef de produit Ubisoft sur la marque Assassin’s Creed justifie cette nouveauté : "A cette époque, les rues étaient beaucoup plus larges. Ce grappin était nécessaire pour faciliter les déplacements."

Une innovation globalement saluée par tous les joueurs. "Le grappin, c’est un plus vraiment pas mal qui bénéficie d’une prise en main très intuitive", témoigne Aline, une passionnée d’histoire. Elle regrette toutefois que l’on se rapproche d’une époque qui l’intéresse moins que les précédentes.

Pourtant, situer l’histoire de Syndicate en pleine révolution industrielle offre d’autres avantages. Le héros pourra, par exemple, se déplacer en sautant sur des trains en mouvement ou encore en empruntant des bateaux à vapeur, même si cette première démo n'aura pas permis de le tester. La vraie révolution étant que, pour la première fois, le joueur aura la possibilité de prendre le contrôle de calèches qui se déplacent dans la ville.

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Enfin, dans un Londres gangrené par les gangs, il fallait revoir le système de combat. De nombreux affrontements entre bandes rivales ont été intégrés et les bagarres à mains nues mises en avant. "Plus dynamique et brutal", pour Edouard d’Alnois ou "peu intéressant et confus" pour GeeksandCom. Les avis sont partagés.

Un épisode qui renoue avec l’infiltration

Les fans sont conquis. Comme dans Unity, Syndicate renoue avec ce qui fait le sel de la franchise : l’infiltration. "Ce qui est intéressant, c’est le mode infiltration qui revient aux origines du jeu", confirme Nicolas après avoir testé cette version alpha d’Assassin’s Creed Syndicate. Cela peut paraître anecdotique mais pour activer ce mode, le haut-de-forme du héros Jacob Frye se rétractera pour laisser place à une capuche plus discrète. Un choix salué également par Aurore, qui déplorait que ce mode de jeu ait complètement disparu dans Black Flag.

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Un "Unity like" qui rassurera les fans…

"Je ne cherche pas l’innovation. Je cherche avant tout une qualité de jeu. C’est une mécanique qui marche bien et c’est ce côté confortable qui me plaît", explique Aurore, séduite par ces quelques minutes de gameplay. Fan inconditionnelle de la franchise, elle apprécie qu'il n'y ait pas de révolution entre deux opus.

David, qui avait surtout joué au premier Assassin’s Creed, avant de lâcher la saga, y est revenu avec Unity, lorsqu’il a acheté sa PS4. Il est rassuré également :"On n'est pas perdu avec les anciens épisodes." Mais, il avoue avoir renoué avec la franchise parce que l’histoire se déroulait à Paris, un décor familier qu'il souhaitait retrouver dans le jeu. Avec une histoire se déroulant dans Londres, une ville que David avoue moins connaître, il doute être autant captivé.

… et décevra les joueurs en attente de surprise

“Je me pose la question de la différence avec Unity. L’univers a l’air moins dense. J’imaginais Londres comme ça, mais je pensais qu’il y aurait plus de monde. Je m’attends à voir des différences par rapport à Paris. En particulier, à y trouver des gens plus distingués. Parce que c’est pas un grappin qui change tout", lance Paul. Une crainte partagée par beaucoup de joueurs comme David : "J’ai beaucoup aimé Unity mais je ne sais pas si j’achèterai Syndicate car j’ai peur que ce ne soit qu’une pâle copie."

Pour Nicolas, cette absence de différence majeure entre deux épisodes d’Assassin’s Creed s’explique aisément : "Les meilleurs Assassin’s Creed sont ceux avec des numéros. Le deux est mon préféré. Quand il ne s’écoule qu’un an entre chaque sortie, ça ressemble juste à un gros add-on. Rockstar [l’éditeur de Grand Theft Auto] sort un jeu tous les cinq ou six ans. Là on voit la différence." Radical, Paul estime qu’"Ubisoft devrait arrêter la licence et sortir un jeu dans trois ans en finalisant l’histoire afin de clôturer la saga en beauté." Pas sûr qu’Ubisoft l’entende de la même oreille…

Un personnage féminin qui n’intéresse que les filles

La présence d’Evie, la sœur de Jacob, que les joueurs auront le loisir de choisir (ou pas) pour réaliser les quêtes secondaires du jeu suscite des intérêts contrastés. Pour David, Paul ou encore Nicolas, cet artifice ne sert absolument à rien. "Je peux être un lutin ou un chien, je m’en fous", s’exclame David. Paul se souvient d’ailleurs avoir adoré Mirror’s Edge ou Tomb Raider, des jeux où le héros est une femme. Mais pour lui, "les doubles personnages ne servent à rien".

Pour Angélique, en revanche, l’apparition d’Evie est une excellente nouvelle. "Enfin !, s’exclame-t-elle. J’aime quand les femmes sont représentées dans l’univers des jeux vidéo." "On avait déjà joué avec une fille, Aveline, dans Assassin’s Creed Liberation sur PS Vita, se souvient pour sa part Aline. Mais le jeu était moins développé. On sentait qu’il y avait moins de travail que sur un perso masculin."

Les filles émettent toutefois quelques réserves. "On attend de voir quelle sera sa personnalité. Si elle n’est efficace qu’en infiltration et qu’elle meurt en un seul combat, on sera déçue", ajoute la jeune femme.

Moins de bugs que dans "Unity" ?

Employé chez Micromania, Nicolas a profité de cette démo pour traquer les bugs. "Il y en avait beaucoup trop dans Unity. Là, ils ont corrigé plein de trucs et les nouveaux bugs, je les ai tous trouvés. J’étais là hier, j’ai joué trois heures", annonce-t-il fièrement. Un impératif pour Ubisoft, qui ne peut pas se permettre de revivre le cauchemar de Unity. A sa sortie, le jeu avait été raillé par les joueurs en raison de bugs spectaculaires qui le rendaient injouable, rappelle L'Express. Si cette version alpha comporte quelques problèmes, notamment lors de collisions, Ubisoft a encore quelques mois pour corriger cela. Pas de raison de s'affoler pour le moment.

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Reste de nombreuses interrogations que vingt minutes d'essai ne suffisent pas à combler. Les joueurs sont unanimes, il va falloir en savoir plus sur le scénario de ce Syndicate et le charisme des nouveaux héros, Jacob et Evie Frye. Deux paramètres importants qui décideront les joueurs à investir (ou pas) dans ce nouvel épisode de la saga, qui sortira le 23 octobre sur consoles next-gen.

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