Pourquoi "Dying Light" fait un carton

Un succès surprise. Sorti dans un relatif anonymat le 27 janvier au milieu de titres comme The Order : 1886 ou Evolve ayant bénéficié de campagnes de pub plus importantes, Dying Light a, depuis, réussi un carton dans les bacs. Ce FPS a été le jeu plus vendu sur consoles et PC en France lors des trois dernières semaines, selon les chiffres du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell) devançant des poids lourds comme Fifa 15 ou GTA V. Mieux, plus de 3,2 millions de joueurs sont devenus accrocs à Dying Light dans le monde, selon Techland. Un record pour ce studio à l’origine de la série Dead Island ou Call of Juarez. Pop Up’ se penche, un mois après sa sortie, sur les raisons de ce succès mordant.

Parce qu’il est immersif

C’est sans doute ce qu’on lui demande en premier : Dying Light fait peur. Les hurlements entendus la nuit, lorsque vous n’êtes équipé que d’une pauvre lampe torche, donnent envie de passer le pad à un(e) ami(e) pour s’épargner une crise cardiaque. Outre la musique discrète, mais réussie, et les bruitages gore, le jeu est truffé de détails qui rendent l’ambiance angoissante.

Sur PS4, par exemple, les messages reçus sur la radio du héros sont émis par le haut-parleur de la manette. Une fonctionnalité maligne, et devenue encore plus appréciable depuis qu’il est possible de passer les voix de Dying Light en anglais (le doublage français était aussi effrayant que le plus gros des zombies).

Parce que c’est un super jeu de plate-forme

Les fans de Mario et Rayman vont peut-être tiquer, mais Dying Light, en plus d’être un excellent FPS, et aussi un très bon jeu de plate-forme. Le titre de Techland fait en effet la part belle au Parkour, cette discipline sportive urbaine mise en lumière par les Yamakasi. Votre personnage est ainsi capable de courir, glisser, sauter de toit en toit, s‘accrocher au rebord d’un muret avant de se jeter dans le vide et atterrir en souplesse sur un tas d’ordures. Car lorsque l’on fait face à des hordes de zombies ou que l’on est poursuivi par une bande d’humains tout aussi assoiffés de sang alors que l’on est équipé que d’une modeste clé à molette, mieux savoir s’enfuir (ce qui arrivera très souvent au début… et la nuit).

Et grâce à une jouabilité efficace et intuitive, Dying Light fait souffler un vent d’originalité dans l’univers très stéréotypé des FPS. On se surprend ainsi à prendre autant de plaisir (et à bloquer sa respiration) après un saut compliqué entre deux bâtiments au terme d’une course folle qu’à décapiter un zombie récalcitrant.

Parce qu’il fait (bien) un peu de tout en fait

Le système de jeu combine efficacement les phases de course urbaine façon Mirror’s Edge et celles de tabassage de zombie issues du grand-frère Dead Island. S’y ajoute un côté RPG qui est loin d’être un prétexte : les armes se dégradent à vitesse grand V, et on se retrouve souvent à fouiner dans les poubelles ou les placards d’une maison abandonnée pour espérer trouver de quoi en confectionner une nouvelle, ou fabriquer un kit de soin pour tenter de survivre. Ce qui est d’ailleurs loin d’être évident lors des premières heures de jeu, lorsque l’arsenal à votre disposition se limite à un vieux tube en métal et une planche à clous, et que la plupart des compétences acquises au fil des niveaux sont encore bloquées.

Parce qu’il colle à l’esprit de "The Walking Dead"

Le succès de Dying Light s’explique aussi par ses similitudes avec la série télé américaine qui réalise des cartons d’audience depuis cinq saisons. Pas question ici de sauver le monde en zigouillant des tonnes de zombies à l’aide d’un arsenal surpuissant. Non, dans Dying Light, surtout dans la première partie du jeu, tout n’est question que de survie, comme le dirait Rick Grimes dans The Walking Dead.

Armé d’un pied de chaise ou d’un tuyau de gaz, on se retrouve plongé dans un monde inconnu où l’on tente de rester en vie en fouinant dans les coffres de voitures ou les maisons histoire de trouver de quoi se soigner ou de se défendre. Et durant les premières heures de jeu, difficile de se sentir l’âme d’un héros tant il est fréquent de prendre ses jambes à son cou face aux zombies. Pas grave, car le plaisir est ailleurs. Ici, on s’éclate quand on se sort de situations périlleuses un peu l’arrache. A l’image des personnages de The Walking Dead, il faut survivre du mieux que l’on peut dans un univers hostile qui impose une pression permanente. De quoi prolonger le plaisir procuré par la série, dont la saison 5 s’achève dimanche.

Parce qu’il est arrivé sans faire de bruit

La force du jeu tient également à son statut d’outsider. Loin du tapage médiatique d’un The Order : 1886 ou moins récemment d’un Destiny, Dying Light est arrivé sur la pointe des pieds, presque sans promotion avant sa sortie. Une manière pour les Polonais de Techland de s’affranchir des attentes, et de positionner leur produit comme une bonne surprise, relayée par un bouche-à-oreilles élogieux. Le studio annonce par ailleurs régulièrement la mise en place de contenus supplémentaires, et a décidé d’ouvrir la version PC au bidouillage des fans. Une manière de prolonger le plaisir à moindres frais.

 Jérôme Comin et Vincent Matalon

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