Les recettes managériales de Thierry Marx

Thierry Marx

Pionnier de la cuisine moléculaire, chef étoilé au Guide Michelin, Thierry Marx était l'invité d'honneur du dernier congrès HR. Devant un parterre de Directeurs des Ressources Humaines et de managers, Thierry Marx nous a dévoilé ses recettes managériales.

1. Créer un esprit d'équipe

Alors qu'il a accepté de reprendre le restaurant le Mandarin Oriental, Thierry Marx avoue "je n'avais pas entre les mains le plus bel établissement du monde, ni l'équipe la plus performante. Comment relever ce challenge ambitieux ? Comment m'y prendre pour figurer parmi le top 5 et être à l'équilibre dès la première année ?"
Fort de ses expériences dans l'armée et chez Les Compagnons du Devoir, Thierry Marx reprend une devise qui l'habite depuis toujours : "on est tous indépendants pour vivre mais nous sommes unis pour réussir".
Selon lui, si le leader doit montrer le chemin et expliquer pourquoi il suit ce cap, il sait aussi qu'il réussira ce challenge essentiellement grâce à ses équipes : son seul objectif est alors de "tout miser sur l'humain".
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Thierry Marx a l'idée de rassembler ses collaborateurs sur un autre terrain que celui des cuisines. Il propose, sans jamais imposer, des cours de Tai-chi-chuan à l'ensemble de ses équipes. Pratiquant les arts martiaux, Thierry Marx en connaît les vertus et leur philosophie de vie qui allient souplesse, patience, respect… Au début, il reconnaît qu'ils n'étaient que deux à s'initier à cet art. Puis, petit à petit, les autres collaborateurs ont suivi, chacun trouvant sa place et apportant sa participation à ce challenge qui chaque jour prenait forme. Thierry Marx poursuit : "ensemble, nous étions en train de créer un esprit d'équipe, une cohésion de groupe et une histoire commune."

2. Favoriser le dialogue

Pour Thierry Marx, la performance est au rendez-vous si les salariés se sentent bien à leur poste de travail. Il considère qu'un chef qui gueule est un manager qui ne sait pas déléguer car il a oublié d'expliquer et de contrôler.
Si pour Thierry Marx le discours doit être franc et direct, il en est de même pour les salariés qui travaillent avec lui. Chaque salarié connaît son métier, cette connaissance lui permet de remonter des informations, faire des propositions, et ce même à la Direction. En ce qui concerne les échanges par email Thierry Marx a une gestion très simple : les emails ne doivent pas comporter plus de 5 lignes. Dans le cas contraire, il demande à ses collaborateurs soit d'y associer une pièce jointe soit tout simplement d'abandonner l'email au profil d'un face-à-face. Thierry Marx reconnaît être sensible aux mots qui créent des maux.

3. Gérer ses émotions

Quand on relève le challenge d'ouvrir un restaurant, il est normal d'avoir peur et d'être stressé. S'il est sain de ressentir ces émotions, en tant que chef, Thierry Marx explique qu'il ne peut les afficher : les émotions sont contagieuses, par conséquent le leader se doit d'être exemplaire auprès de ses équipes. Aussi pour lui l'une des qualités indispensables à tout manager est d'avoir la capacité à reconnaître ses émotions pour mieux les canaliser et les gérer sans les transmettre systématiquement aux personnes qui travaillent avec soi.
Ces bonnes pratiquent managériales portent leur fruit car au moment de l'ouverture du restaurant le turnover n'était que de 26% ce qui est un pourcentage très faible pour une épreuve aussi stressante.

4. Transformer les échecs en opportunité

L'une des questions que vous pouvez poser à Thierry Marx est : acceptez-vous la critique ?. Il vous répondra que d'où il vient "on n'apprécie pas d'être critiqué". Alors, pour surmonter ces critiques, Thierry Marx a su adopter la bonne attitude, acquise naturellement sur un tatami : lorsqu'à l'ouverture du restaurant le premier article titrait "n'y allez pas", Thierry Marx a su saisir cette occasion pour en discuter avec ses équipes. Il a convoqué tout son personnel pour leur lire l'article et leur expliquer qu'au delà du fait que cet article pouvait être qualifié de délit de faciès puisqu'on ne leur reprochait rien, le message qu'il voulait leur faire passer était le suivant : "chaque fois qu'il y aura une critique d'un client ou d'un journaliste, nous les prendrons en considération pour analyser ce qui nous est reproché et saisirons ces remarques pour nous améliorer, changer, innover … A nous de savoir reconnaître et transformer nos erreurs en opportunités pour progresser." C'est toujours en pratiquant les arts martiaux, que Thierry Marx trouve les enseignements pour affronter les vicissitudes de la vie professionnelle

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