La cigarette, c’est cher, ça tue et on continue !

Le gouvernement tente de modérer notre consommation de clopes... Pour cela, il emploie plusieurs techniques, notamment la hausse du prix des paquets (augmentation de 20 centimes cette semaine) ou bien les packaging de l'horreur. Mais quelle est l'influence réelle de ces différentes mesures de dissuasion sur nos habitudes ? Quelques lois du comportement nous aideront à y voir plus clair.

Concernant les tarifs, leur hausse est tellement progressive qu'elle ne suffit pas à générer l'arrêt du tabac. Par un phénomène d'habituation, le consommateur oublie rapidement les augmentations dont les paliers sont très faibles : il gueule un peu au début, mais finit en général par reprendre sa consommation habituelle. De toute façon, pour le fumeur, l'addiction est telle que l'arrêt du tabac lui est beaucoup plus coûteux qu’une majoration du prix de quelques dizaines de centimes. Par comparaison, rappelez-vous les fois où vous avez parcouru 10 km en voiture simplement pour trouver un tabac ouvert... Alors ce n'est pas une augmentation de 20 centimes qui risque de faire effet. Bon, oui, d'accord, une telle mesure pourrait être l'occasion pour certains fumeurs de se dire "oh, et puis si j'essayais d'arrêter ? c'est vrai quoi, ça commence à faire cher !...". Certains essaieront donc d'arrêter... mais parmi ceux-ci, une partie reprendra la cigarette, tandis qu’une autre trouvera des comportements alternatifs (comme la cigarette électronique), alors qu’une minorité décrochera vraiment. Même si le gouvernement fixait le tarif du paquet à 30 euros, les gens arrêteraient de fumer un temps... et d'autres comportements émergeraient peut-être : braquage des buralistes, contrebande, etc. Bref, les gens continueraient à fumer.

Autre mesure de dissuasion, les messages et photos à caractère informatif nous rappelant que "fumer tue" et de surcroît, dans d'atroces souffrances. En gros, le gouvernement mise sur la menace d'une mort atroce pour modifier les comportements des fumeurs. Mais techniquement, cette mesure ne peut être efficace, pour deux raisons. D'une part, l'impact des messages perd progressivement de sa force avec le temps (toujours l'habituation du stimulus) : au début, on est choqué par les images, puis le gars avec son goitre purulent ou la fille et ses dents pourries nous font bien marrer. D'autre part, la menace de mort n'est jamais mise à exécution : les conséquences catastrophiques promises par les messages ("fumer tue") n'arrivant jamais, l'organisme finit par ne plus s'y attendre. Ainsi, pour que le packaging morbide des paquets de clope nous fasse vraiment arrêter de fumer, il faudrait que, de temps en temps, le fumeur décède...

Bref, d'un point de vu comportemental, ces deux mesures sont très limitées. L'option raisonnable semble être actuellement la cigarette électronique : santé préservée à moindre coût et sans effort puisque le comportement addictif reste inchangé.

 

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