© Yana Paskova / Washington Post

Donald Trump s'attire les foudres des défenseurs des animaux et le soutien des chasseurs d'éléphants

Hier, jeudi 16 novembre, l'administration de Donald Trump a réautorisé les chasseurs américains à importer sur le territoire des trophées d'éléphants tués au Zimbabwe, lors de la chasse pour le loisir. Le U.S. Fish & Wildlife Service(USFWS) va émettre des permis autorisant l'apport de ces trophées d'éléphants abattus entre le 26 janvier 2016 et jusqu'au 31 décembre 2018.

En autorisant légalement cette mesure, Donald Trump s'attire la colère des associations de défense des animaux. Une fois encore, le président républicain confirme sa volonté de s'écarter de la lignée de ses prédécesseurs. Les autorités américaines renversent ainsi l'interdiction, imposée sous Barack Obama en 2014, d'importer notamment les défenses d'ivoire, très convoitées, des éléphants.

Cette décision avait été prise dans le but de lutter contre l'extinction de cette espèce, dont la population diminue considérablement d'année en année. Selon l'organisation Great Elephant Census, le nombre de pachydermes a chuté de 30% entre 2007 et 2014 en Afrique, avec une baisse de 6% pour le Zimbabwe.

De la chasse pour le loisir vers le braconnage ?

L'administration américaine exploite avec cette mesure un aspect de la loi américaine sur les espèces en danger (Endangered Species Act), qui stipule que l'importation de tels trophées peut être légale si la preuve est apportée que la chasse bénéficie à la conservation plus large des espèces. "La chasse pour le loisir, légale, bien encadrée, dans le cadre d'un programme, peut bénéficier à la conservation de certaines espèces en incitant les populations locales à conserver les espèces et en injectant l'argent dans la conservation", explique ainsi l'USFWS.

De son côté, l'organisme de protection des éléphants baptisé The Elephant Project, dénonce sur Twitter une dérive potentielle de cette levée de l'interdiction: "100 éléphants sont déjà tués chaque jour. Cela mènera à davantage de braconnage". Pour sa part, le centre américain pour la biodiversité a déploré qu'en autorisant l'importation "des têtes, des pieds et des queues d'éléphants morts aux Etats-Unis", Donald Trump "légalise le fait du tuer des éléphants menacés".

Les fils Trump adeptes de la chasse

Suite à l'annonce, de nombreux internautes ont évoqué une corrélation entre la décision de l'administration américaine et la passion des deux fils aînés du président, Don Jr et Eric, qui se rendent régulièrement à la chasse aux trophées en Afrique. Plusieurs photos ont été relayées sur les réseaux sociaux. Sur l'une d'elle, Donald Trump Jr brandit une queue d'éléphant dans la main, à côté de l'animal mort.

Yelen Bonhomme-Allard

"Il n'y a pas de consentement à 14 ans". Sur Twitter les femmes sensibilisent l'opinion sur le consentement sexuel via #MeAt14

Roy Moore, 70 ans, magistrat ultra-conservarteur en Alabama et candidat au siège de sénateur de Washington, est accusé d'agressions sexuelles par deux femmes alors âgées de 14 à 16 ans au moment des faits. Ce scandale a fait naître un nouveau mouvement sur Twitter baptisé #MeAt14, "Moi à 14 ans". Dans la lignée de #MeToo, plusieurs Américaines ont publié des photos d'elles à l'adolescence, afin de sensibiliser l'opinion sur le consentement sexuel. Toutes soulignent leur incapacité à consentir à une relation sexuelle, en tant que mineure, avec un partenaire adulte. 

Jeudi 9 novembre, Leigh Corfman accusait Roy Moore d'attouchements sexuels dans les lignes du Washington Post. Agée de 14 ans en 1979, l'adolescente aurait été approchée par l'homme politique de 32 ans à l'époque. Quatre jours plus tard, cette fois dans le New York Times, Beverly Young Nelson l'a accusé d'avoir essayé de la violer dans une voiture après lui avoir proposé de la raccompagner à son domicile. Elle avait 16 ans à l'époque. Depuis, trois autres femmes sont sorties du silence en affirmant que Moore avait tenté de les séduire lorsqu'elles avaient entre 16 et 18 ans. Aucune n'a dénoncé de contact sexuel.

Confessions d'anonymes et de célébrités

Catherine Lawson, avocate en Caroline du Nord, est l'initiatrice de ce hashtag. Le 9 novembre dernier, elle a publié ce message sur Twitter : "Il n'y a pas de consentement à 14 ans. Pas en Alabama. Nulle part". Depuis, plusieurs célébrités à l'instar de l'actrice Alyssa Milano, ainsi que des centaines d'anonymes lui ont emboîté le pas.

"C'est moi à 14 ans, une timide et innocente dévoreuse de livres. C'est impossible qu'une enfant de 14 ans soit prête à avoir une relation sexuelle avec un homme de 32 ans" a écrit une internaute.

"Je suis au centre, pesant à peine 45 kg et le visage recouvert de boutons d'acné. Je n'étais certainement pas assez mature pour envisager une relation avec un homme de 32 ans. Ma mère ne m'aurait jamais laissé fréquenter un garçon de 18 ans !" a réagi cette Américaine.

"Voilà une page de mon journal intime où j'expliquais avoir pleuré à une boum parce que j'avais peur de danser avec des garçons. Pas assez vieille pour consentir à une relation amoureuse avec un adulte", racontait Sharah Meservy.

De son côté, Roy Moore nie l'ensemble des accusations. De nombreux républicains, y compris le chef de la majorité au Sénat, l'ont appelé à retirer sa candidature et ont menacé de l'exclure de la chambre haute s'il était élu.

Yelen Bonhomme-Allard 

Promesses, actes et flops... Bilan de Donald Trump après un an au pouvoir

Un an après son élection, dix mois après son investiture à la Maison-Blanche, quelles promesses de campagne Donald Trump a-t-il réellement tenu ?

Dates clés

8 novembre 2016 : Donald Trump, candidat républicain, bat la candidate démocrate Hillary Clinton. Il devient le 45e président des États-Unis et succède à Barack Obama.

20 janvier 2017 : Donald Trump s'installe à la Maison-Blanche et prête serment devant le Capitole à l'instar de ses prédécesseurs : "Ensemble, nous rendrons sa force à l'Amérique. Nous rendrons sa richesse à l'Amérique. Nous rendrons sa fierté à l'Amérique. Nous rendrons sa sécurité à l'Amérique. Et, oui, nous rendrons sa grandeur à l'Amérique".

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Six exemples de promesses de campagne

Eriger un mur entre les États-Unis et le Mexique : non tenue

Le 26 octobre dernier, les sociétés de construction sélectionnées ont présenté à San Diego huit prototypes de murs. Ce rempart entre les deux pays a pour but de stopper l'immigration illégale. Lors de sa course à la présidentielle, Donald Trump avait assurer que l'édification du mur serait prise en charge par le Mexique. Mais ce dernier refuse catégoriquement de payer la facture. Le coût total est évalué entre 12 et 25 milliards de dollars selon certaines estimations. Aucune date n'a été annoncée quant au début des travaux.

Annuler et supprimer Obamacare : non tenue

L'Obamacare, connu sous le nom d'Affordable Care Act, est une sécurité sociale universelle destinée aux plus pauvres. Mise en vigueur le 1er janvier 2014 sous l'administration démocrate sortante, cette couverture assure une protection médicale à 20 millions d'Américains. 

Malgré plusieurs recours devant la justice, la "Trumpcare" n'a pas réussi à évincer l'Obamacare.

Retrait des États-Unis de l'Accord de Paris : tenue

Le 1er juin dernier, l'actuel président américain a confirmé le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris. En 2015, 195 pays s'étaient engagés lors de la COP21 à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d'ici 2050. Au contraire de son prédécesseur, Donald Trump a assuré que ce retrait était dans l'intérêt du peuple et au nom de la défense des emplois américains.

En 2012 déjà, le septuagénaire affirmait que "le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois pour rendre l'industrie américaine non-compétitive".

Les États-Unis doivent patienter trois ans à compter de leur retrait effectif du traité (intervenu le 4 novembre 2016), puis respecter un préavis d'un an. Le pays sortira donc de l'accord en novembre 2020, au moment de la prochaine élection présidentielle.

Instaurer un décret anti-immigration : tenue

Dès son arrivée au pouvoir, Donald Trump a interdit l'entrée sur le territoire américain des ressortissants de pays majoritairement musulmans. La liste des pays visés par cet arrêté migratoire s'élève à huit : la Corée du Nord, le Venezuela, le Tchad, l'Iran, la Libye, la Syrie, la Somalie et le Yémen. Le Soudan, visé par la précédente ordonnance, a été retiré de la liste.

Les mesures de restriction varient selon les pays et n'ont, a priori, pas de limite dans le temps. Concernant l'interdiction dont le Venezuela est la cible, elle se limite aux membres d'une longue liste d'instances gouvernementales vénézuéliennes et à leur famille.

Engager une coopération avec la Russie : non tenue

Le 7 juillet dernier, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont entretenus en tête à tête en marge du G20 à Hambourg. "Il y a eu une alchimie positive" entre les deux dirigeants, assurait le chef de la diplomatie américaine, en faisant le compte-rendu de la rencontre. Mais les accusations d'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine pèsent dorénavant dans la balance.

Travailler pour le peuple et moins jouer au golf : non tenue

"Je travaillerai pour vous, je n'aurai pas le temps de jouer au golf" avait assuré Donald Trump lors de sa campagne présidentielle. Une promesse non tenue puisqu'il s'est exercé 61 fois à cette discipline depuis son élection. Fin août, il avait déjà pris 53 jours de vacances, contre 15 pour Barack Obama à la même période de son mandat.

Yelen Bonhomme-Allard 

Qui sont les trois proches de Donald Trump visés par les chefs d'inculpation ?

Robert Muller, procureur spécial chargé de l'enquête sur l'ingérence de la Russie lors de la campagne présidentielle de 2016, a mis en examen trois proches de l'actuel locataire de la Maison-Blanche, lundi dernier.

Qui sont les trois hommes inculpés ?

Paul Manafort est un avocat américain, un consultant politique, mais également un célèbre lobbyiste. Il s'est récemment fait connaître pour avoir occupé durant quelques mois, le poste de directeur de compagne lors de la candidature de Donald Trump aux dernières élections présidentielles. En août 2016, Manafort a été contraint de démissionner sur fond de scandale, dans la mesure où il a été le conseiller de l'ancien président d'Ukraine, Viktor Ianoukovytch.

Auparavant, Manafort avait également travaillé aux côtés de trois anciens présidents des États-Unis, que sont Gerald Ford (1974-1977), Ronald Reagan (1981-1989) et Georges H. W Bush (1989-1993). En France, Édouard Balladur s'était offert les services de l'Américain lors de sa campagne présidentielle de 1995, où il est arrivé troisième avec 18,58% des suffrages.

Rick Gates est l'un des associés de Paul Manafort. Il a rejoint l'entreprise de lobbyiste de celui-ci au milieu des années 2000. Tous deux ont collaboré aux côtés de Trump, l'un comme directeur de campagne, l'autre en tant qu'adjoint. Suite au départ de Manafort, Gates a rapidement quitté son poste auprès du président.

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George Papadopoulos a rejoint la campagne présidentielle de Donald Trump en mars 2016 en tant que conseiller en politique étrangère. Il se serait rendu en Russie dès mars 2016 dans le but de rencontrer des agents du gouvernement russe, ainsi qu'un "professeur" qui disposait d'informations pouvant compromettre l'élection de la candidate Hillary Clinton.

Quels faits leur sont reprochés ? 

Paul Manafort et Rick Gates sont visés par douze chefs d'inculpation parmi lesquels : complot contre les États-Unis, blanchiment d'argent, fausses déclarations et non déclarations de comptes détenus à l'étranger. Les deux hommes seraient ciblés pour des activités non déclarées de lobbyistes et de consultants en faveur de l'ancien président ukrainien pro-russe, Viktor Ianoukovitch. Plus de 75 millions de dollars ont transité à l'aide de comptes offshores gérés par les deux associés. Paul Manafort est accusé d'avoir blanchi à lui seul 18 millions de dollars. Rick Gates a plaidé non-coupable et a été assigné à résidence par une juge.

George Papadopoulos a reconnu être coupable de fausses déclarations quant à ses contacts avec le gouvernement russe en 2016. Ce mensonge aurait donc entravé l'enquête du FBI portant sur une possible ingérence du gouvernement russe dans l'élection présidentielle de 2016. Afin de limiter les poursuites à son encontre, Papadopoulos aurait accepté de collaborer avec le FBI en fournissant des preuves sur l'implication de plusieurs personnes dans cette affaire.

Et Trump dans tout ça ?

Donald Trump réfute encore et toujours toute intervention russe pendant sa campagne électorale. Il l'a fait savoir, comme à son habitude, sur Twitter. "Toutes ces histoires 'russes' juste au moment où les Républicains s'attaquent à une historique baisse et réforme des impôts. Est-ce une coïncidence ? NON !" a-t-il commenté dimanche 29 octobre.

L'acte d'inculpation des trois hommes, signé par le procureur Robert Mueller, ne suggère pas de collusion entre l'équipe du candidat républicain et les autorités russes.

Yelen Bonhomme-Allard

Donald Trump, l'homme qui change d'avis plus vite que son ombre

Samedi dernier, une jeune femme est décédée lors d'une manifestation à Charlottesville (Virginie) opposant des suprémacistes blancs et des militants antiracistes. Les réactions contradictoires de Donald Trump quant à ces violences ont indigné l'Amérique. Retour sur quatre jours de déclarations incohérentes.  

Acte 1 : Samedi 12 août, Donald Trump évoque évasivement les violences à Charlottesville

Donald Trump prend la parole pour la première fois le samedi 12 août, jour des affrontements à Charlottesville. À ce moment là, il est encore dans son golf de Bedminster dans le New Jersey, où il passe ses vacances. Pendant son allocution, le président condamne les actes de brutalité, sans toutefois désigner explicitement les agresseurs : "Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces excès de haine, d'intolérance et de violence venus de tous les côtés, de tous les côtés !"

Il ignore par la suite les questions des journalistes lui demandant s’il dénonce aussi l’idéologie nationaliste. Cette déclaration teintée d'indulgence à l'égard des mouvements extrémistes a laissé des milliers d'Américains confus. Ces derniers déplorent l'absence de prise de position stricte par le président.

Acte 2 : Lundi 14 août, Donald Trump condamne fermement le racisme

Lundi 14 août, face aux nombreuses critiques, Donald Trump quitte alors précipitamment sa propriété dans le New Jersey pour regagner la Maison-Blanche, située à Washington D.C. Devant les caméras, il change alors de ton blâmant avec autorité les actes racistes des groupes d'extrême droite. "Le racisme c'est le mal. Et ceux qui déchaînent la violence en son nom sont des criminels, des voyous y compris le Ku Klux Klan, les néonazis, les suprémacistes blancs et autres groupes haineux qui s'opposent à tout ce qui nous est cher en tant qu'Américains" a-t-il affirmé.

Acte 3 : Mardi 15 août, Donald Trump fait volte-face en accusant les deux camps de militants 

Mardi 15 août, Donald Trump donne une conférence de presse depuis la Trump Tower à New York. Il revient alors sur les heurts qui ont éclaté à Charlottesville : "Vous aviez un groupe d’un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l’autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire sauf moi". Dans son discours, le président américain renvoie alors dos à dos les suprémacistes blancs et les antiracistes, avant de prendre à partie les journalistes : "Je pense qu'il y a des torts des deux côtés. J'en ai aucun doute et vous non plus". 

Trop, c'est trop

Ses propos sont jugés inacceptables par les soutiens de Donald Trump et les réactions en cascade ne se font pas attendre. Huit de ses conseillers économiques et grands patrons ont annoncé leur démission. Parmi eux, Brian Krzanich, directeur général des puces informatiques Intel, Kevin Plank, fondateur de l'équipementier sportif Under Armour, et enfin Kenneth Frazier, patron du géant pharmaceutique Merck & Co.

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Dans cette affaire, le locataire de la Maison-Blanche peut compter sur un fidèle appui : David Duke. L'ancien responsable du Ku Klux Klan a salué le "courage" du président américain qui s'en est, selon lui, pris au "terrorisme gauchiste"

Yelen Bonhomme-Allard

De gauche à droite : Michelle Obama, Laura Bush, Hillary Clinton, Barbara Bush, et Rosalynn Carter, le 25 avril 2013 à Dallas (Texas). © Lawrence Jackson

Le statut institutionnalisé de la Première dame aux États-Unis

En France, Emmanuel Macron souhaite accorder un statut légal à sa femme Brigitte Macron. Quelle est la place de la Première dame aux États-Unis ? 

À l'origine, le terme "First Lady" (Première dame en français) concernait uniquement la femme du président des États-Unis, qui assumait un rôle protocolaire aux côtés de son conjoint. Bien qu'il ne soit pas inscrit dans la Constitution, ce statut est plus institutionnalisé qu'en France. Au pays de l'Oncle Sam, dans une société où les valeurs chrétiennes sont très importantes, l'image de la famille traditionnelle prime. Ainsi, lors des apparitions publiques du président, les Américains apprécient qu'il soit entouré de sa femme et de leurs enfants.

Depuis la loi du 2 novembre 1978, entrée en vigueur sous la présidence de Jimmy Carter, l'épouse du chef d'État ne perçoit pas de salaire. Cette dernière est avant tout l'hôtesse de la Maison-Blanche. Un bureau lui est mis à disposition afin de recevoir son équipe de conseillers. Elle possède également un compte Twitter, sous le pseudonyme FLOTUS "First Lady of the United States".

Lorsque son mari accède au pouvoir, la First Lady a l'obligation de cesser ses activités professionnelles afin de se consacrer à des actions caritatives ou humanitaires.

Retour sur l'engagement des quatre dernières First Ladies américaines 

Melania Trump, l'effacée

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Avant d'épouser Donald Trump le 22 janvier 2005, Melania Trump était mannequin pour plusieurs grandes maisons de haute couture. Depuis 2006, elle consacre la totalité de son temps à l'éducation de leur fils, Barron. Interrogée par le New York Times, pendant la campagne électorale de son mari, sur son rôle en tant que potentielle First Lady, elle avait déclaré vouloir s'engager contre la cybercriminalité. Mais depuis son entrée à la Maison-Blanche, il y a 7 mois, Melania se fait très discrète.

Son statut de Première dame est en quelque sorte substitué par sa belle-fille Ivanka Trump. Cette dernière apparaît régulièrement aux côtés de son père lors d'événements officiels, tels que les visites du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, et de la Chancelière allemande, Angela Merkel. 

Michelle Obama, la militante

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Michelle Obama, quant à elle, a été l'une des First Ladies les plus impliquées dans l'Histoire de la Maison-Blanche par son engagement au sein de la vie politique et de la société américaine. Diplômée de la faculté de droit d'Harvard, spécialité marketing et propriété intellectuelle, l'ancienne First Lady a lutté contre l'obésité infantile et s'est battue en faveur de l'éducation durant les deux mandats du président sortant, Barack Obama. En tant que Première dame, elle avait créé la campagne Let's Move dans le but de promouvoir, chez les jeunes, la nécessité d'une alimentation équilibrée accompagnée d'une pratique sportive. 

Laura Bush, la féministe

U.S. first lady Laura Bush pauses before a speech at the World Economic Forum on Saturday, May 21, 2005, in Southern Shuneh, Jordan. (AP Photo/Evan Vucci)

Laura Bush, femme de George W. Bush et belle-fille de Georges H. W. Bush (président des Etats-Unis de 1989 à 1993), a été la Première dame du pays de 2001 à 2009. Cette ancienne institutrice avait à coeur de promouvoir le droit des femmes en Afghanistan ainsi que l'accès à l'éducation pour les enfants défavorisés. En hommage à sa mère, qui a survécu à un cancer, elle soutenait la lutte contre les maladies cardiaques chez les femmes. En mai 2005, elle a également effectué un voyage au Moyen-Orient en tant qu'ambassadrice de la paix.

Hillary Clinton, la politique

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Lors de son premier mandat entre 1992 et 1996, Bill Clinton avait confié à sa femme Hillary la mission de réfléchir sur le système de santé américain. Cette tentative s'était cependant soldée par un échec en 1994, lui enlevant toute crédibilité. Une partie de la population américaine pensait que la First Lady s'impliquait trop dans la politique de son mari. Par la suite, elle a continué de défendre son projet d'amélioration du système de santé américain par le biais de campagnes de vaccinations obligatoires pour les enfants. En 2016, elle a été candidate à l'élection présidentielle américaine pour le Parti des Démocrates. Si elle avait été élue, son mari, Bill Clinton, serait alors devenu le premier First Gentleman de la Maison-Blanche. 

Yelen BONHOMME-ALLARD

 

"Les Américains ressentent désormais les effets du changement climatique"

Le New York Times a obtenu une copie d'un rapport fédéral démontrant l'impact des activités humaines sur le climat. L'étude, publiée sur le site du quotidien américain hier, n'a toujours pas été approuvée par l'administration Trump et contredit la position de la Maison-Blanche sur les changements climatiques. 

Les températures moyennes aux Etats-Unis ont augmenté rapidement et de manière importante depuis 1980. Ces dernières décennies auraient d'ailleurs été les plus chaudes depuis 1500 ans. C'est ce que souligne un rapport fédéral sur le changement climatique réalisé par des scientifiques américains de treize agences environnementales. "Les Américains ressentent dès à présent les effets du changement climatique", rapporte l'étude de 500 pages.

"Les preuves d'un éventuel changement climatique se multiplient, venant du haut de l'atmosphère jusqu'aux profondeurs des océans", note le rapport. Les auteurs de ce projet précisent que des milliers de recherches, conduites par des centaines de scientifiques, ont relevé des changements climatiques sur la terre et dans l'air. "De nombreuses preuves démontrent que les activités humaines, en particulier les émissions de gaz à effet de serre, sont les principaux responsables des récents changements climatiques observés", expliquent les spécialistes américains dans leur rapport.

Une administration américaine climatosceptique 

D'après le New York Times, ce document "contredit directement ce qui est soutenu par le président Trump et les membres de son cabinet qui affirment que la contribution humaine au changement climatique est incertaine, et que la possibilité de prévoir ses effets est limitée."

Ce rapport, intégré à l'évaluation nationale sur le climat aux Etats-Unis, est réalisé tous les quatre ans. "Ce rapport est important parce qu'il est réalisé à la demande du Congrès. J'espère qu'il sera approuvé", indique Jim Kossin, un des auteurs du rapport et membre du National Centers for Environnemental Information (NCEI). 

Le professeur en Géosciences et Affaires Internationales à la prestigieuse université de Princeton, Michael Oppenheimer, se montre plus pessimiste. "J'ai le pressentiment que l'administration Trump fera fi du rapport et je doute qu'il puisse affecter sa position sur les changements climatiques", confie-t-il.

La semaine dernière, le gouvernement américain avait confirmé par écrit auprès de l'ONU sa volonté de se retirer de l'accord de Paris* sur le climat. Il a toutefois précisé que le pays continuerait à participer aux négociations internationales. Donald Trump honorait ainsi l'une de ses promesses électorales, en retirant les Etats-Unis de ce traité signé en décembre 2015 par 195 pays à Paris.

Aliénor Vinçotte

*L'accord de Paris visait à engager les pays du monde entier vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour limiter le réchauffement climatique à moins de deux degrés Celsius.

John Kelly, celui qui va (peut-être) remettre de l'ordre à la Maison-Blanche

Donald Trump a nommé, vendredi dernier, John Kelly au poste de secrétaire général de la Maison-Blanche. L'ancien ministre à la Sécurité intérieure remplace Reince Priebus limogé quelques jours auparavant par le président. Dès sa prise de fonctions, John Kelly, ancien général dans la Marine de 67 ans, a montré sa volonté de mettre de l'ordre au sein de la Maison-Blanche. 

Le feuilleton politique continue dans le Bureau Ovale. Dès sa prise de fonctions, le nouveau secrétaire général de Trump a démontré qu'il savait gérer la situation en obtenant le renvoi d'Anthony Scaramucci. Le sulfureux ex-nouveau directeur de la communication de la Maison-Blanche n'aura survécu que 10 jours au sein de l'administration de Trump.

Le renvoi de Scaramucci, première décision majeure de Kelly

Anthony Scaramucci avait choqué l'opinion publique jeudi dernier, avec la publication dans le New Yorker d'une retranscription de sa conversation avec un journaliste du magazine, Ryan Lizza, dans laquelle il n'hésitait pas à s'en prendre aux collaborateurs du président américain. Il a ainsi traité au passage Reince Priebus de "paranoïaque schizophrène" et insulté Steve Bannon (conseiller de Trump) dans un langage d'une rare vulgarité.

En obtenant le renvoi de Scaramucci comme première décision majeure, l'ancien général semble vouloir démontrer être le seul à pouvoir mettre de l'ordre à la Maison-Blanche. Selon l'analyse du New Yorker, John Kelly a su gagner la confiance du milliardaire républicain durant son bref mandat comme ministre de la Sécurité intérieure, en le persuadant par exemple d'utiliser des moyens technologiques de surveillance plutôt que de construire un mur à la frontière avec le Mexique.

"Nous venons de faire prêter serment au général Kelly. Il fera un travail spectaculaire, je n'ai aucun doute, en tant que secrétaire général", a déclaré le président à l'issue de la prestation de serment. "Ce qu'il a accompli en matière de sécurité intérieure a brisé les records, si vous regardez la frontière, si vous regardez les résultats extraordinaires que nous avons obtenus", a-t-il ajouté.

Une position précaire selon les analystes  

Jusqu'à présent, John Kelly incarnait avant tout la politique migratoire renforcée, voulue par le président républicain. Il a travaillé sur de nombreux sujets emblématiques, comme la lutte contre les clandestins, le projet d'interdiction d'entrée aux Etats-Unis de ressortissants de six pays à majorité musulmane et l'engagement à construire un mur le long de la frontière avec le Mexique.

Plusieurs observateurs croient que toutefois que le nouveau secrétaire général n'est pas à l'abri d'un échec. "Kelly, un général à la retraite, n'a pas les compétences nécessaires pour cette position de pouvoir, qui est un poste politique et non pas une position de direction et de commandement", explique le journaliste Albert R. Hunt dans le Chicago Tribune

Aliénor Vinçotte

John McCain, un électron libre au sein du parti des Républicains

Entré au Congrès américain en 1982, fils et petit-fils d'amiraux, John McCain, 80 ans, est devenu au fil des années un visage incontournable dans le paysage politique américain. En 2008, cet ancien pilote, prisonnier de guerre pendant 5 ans et demi au Vietnam, où il a été torturé, s'était même porté candidat à la Maison-Blanche face à Barack Obama. Ce sénateur de l'Arizona - aux 2,3 millions de followers sur Twitter - est décrit comme inclassable politiquement. Portrait.

"Nous ne sommes pas les subordonnés du Président. Nous sommes ses égaux." Le retour du sénateur républicain dans le monde politique, le visage marqué par une cicatrice au-dessus de l'arcade sourcillière due à une opération du cerveau, n'est pas passé inaperçu. Mardi 25 juillet, dans un discours prononcé devant le Sénat, John McCain a adressé un message sévère à ses collègues parlementaires, leur rappelant les textes fondateurs de la démocratie. Dénonçant l'attitude de certains sénateurs, pour lesquels "le fait de gagner" en politique est devenu plus important que l'esprit de coopération, il a invité les membres du Congrès à revenir au respect de chacun.

Un républicain appartenant à l'aile gauche du parti

Contrairement aux membres de son propre camp, John McCain est plus modéré, soucieux d'entretenir de bonnes relations avec le parti inverse. Dans le camp des Démocrates, le sénateur républicain suscite le respect. "Il n'y a personne au Sénat comme John McCain", a confié à l'AFP, Chris Murphy, le sénateur démocrate du Connecticut.

"L'un des éléments-clés nécessaires pour bâtir la confiance avec mes collègues a été de tenir ma parole, déclarait le vieux sénateur à l'AFP en 2013. Dans la tradition de Ronald Reagan et Tip O'Neil (ancien président démocrate de la Chambre des représentants, ndlr), je suis prêt à faire des compromis sans trahir mes principes". Ce républicain se présente ainsi comme un "conservateur reaganien", à l'image de cette icône de la droite qui avait su conquérir une partie d'indépendants.

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Pilote de la Marine pendant 22 ans, ce républicain est devenu sénateur par accident. Il aurait dû être amiral, comme l'a été son père et son grand-père avant lui. Possédant son propre siège depuis plus de 30 ans, ce franc-tireur de la politique "a su se bâtir une réputation qui va bien au-delà des couloirs du Capitole", comme le souligne le site Quartz. Au Congrès, il a même été surnommé "la tornade blanche", en allusion à son habitude de défier la Maison-Blanche sur les sujets les plus sensibles. Comme la question de la torture ou celle du réchauffement climatique.

Bien que Républicain, il milite activement pour que les Etats-Unis prennent conscience de la nécessité de changer d'attitude à l'égard de l'environnement et limitent les émissions de gaz à effet de serre. Les années passées dans un camp de prisonnier au Vietnam lui ont appris les erreurs que les Américains ne devaient pas faire : "John McCain a écrit sur les tortures qu'il a subies dans les geôles vietnamiennes, ainsi que sur l'isolement et la dépression qu'il a vécus", rappelle Quartz. De cette expérience découle en 2005 un projet de loi bannissant tout recours à la torture.

L'anti-conformiste républicain (maverick, en anglais), aliéné par une partie de l'électorat conservateur

Pourtant, il n'a rien d'un gauchiste. John McCain s'est prononcé contre l'avortement et le mariage des couples homosexuels. Mais, pour beaucoup de ses amis conservateurs, il n'est Républicain que de nom seulement. Leur collègue n'est qu'un original à leurs yeux. Son indépendance d'esprit lui vaut des critiques sévères de la part des membres de son propre camp.

Les raisons ? Le sénateur avait soutenu un projet de légalisation des immigrés clandestins, un comble pour le Parti républicain. Il avait également voté deux fois contre les réductions fiscales offertes par l'ancien président George W. Bush, avant d'accepter de les titulariser. Un geste qui avait été peu apprécié chez les conservateurs "fiscaux". Et, sur les questions morales, les conservateurs lui en ont voulu d'avoir refusé d'amender la Constitution pour interdire les mariages homosexuels et d'avoir apporté son soutien à la recherche sur les cellules souches d'embryon.

Pendant la campagne républicaine de 2008, en course vers la Maison-Blanche, John McCain avait été déclaré vainqueur dans la moitié des Etats américains, dont New-York et la Californie. Une victoire qui n'avait pas fait l'unanimité chez les Républicains. Rush Limbaugh, animateur de radio connu pour ses positions conservatrices, très écouté par la frange la plus conservatrice de l'opinion, avait mis en garde les auditeurs : "S'il est choisi, il détruira le Parti républicain, ce sera la fin."

La bête noire de Donald Trump 

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John McCain et Donald Trump. © Politico.

Le blog FiveThirtyEight, hébergé par le New York Times, décrit John McCain "comme une épine dans le pied du locataire de la Maison-Blanche." De fait, le sénateur d'Arizona s'est distingué pendant la campagne électorale de 2016 par ses critiques contre Donald Trump. Notamment lors de la polémique sur les parents musulmans d'un soldat américain, tué en Irak en 2004. "Il est temps pour Donald Trump de donner l'exemple à notre pays et au Parti républicain. Bien que le parti l'ait nommé, cela ne lui donne pas le droit de diffamer les meilleurs d'entre nous", avait alors déclaré le sénateur républicain. Des critiques qui ont continué, même après l'accession du candidat républicain au poste de chef d'Etat. Le New York Times a même titré un de ses articles en février 2017, en le nommant "critique en chef de l'administration Trump".

Depuis l'élection du milliardaire comme président, John McCain joue le rôle de "secrétaire d'Etat de l'ombre", comme le qualifie Quartz. En siégeant à la commission des forces armées du Sénat, il a acquis une position qui lui a permis d'être au fait sur les questions de défense et de politique étrangère. Depuis l'arrivée de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, les relations entre les Etats-Unis et ses principaux alliés se sont quelques peu dégradées. Le vieux sénateur fait figure de diplomate sur la scène internationale en tentant de limiter le plus possible les dégâts laissés par le nouveau président américain et son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson.

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John McCain, sénateur républicain de l'Etat d'Arizona. © Politico

Un exemple. En février 2017, McCain a dû rassurer le premier ministre australien, malmené par Trump lors d'un entretien téléphonique officiel, l'assurant de la solidité de l'alliance américano-australienne. Une autre fois, alors que le président américain remettait en question l'OTAN, il avait "rassuré les partenaires européens sur les 'valeurs universelles' de l'alliance Atlantique".

"McCain ne se contente pas de diverger avec Trump sur les questions de politiques étrangères, il a aussi appelé à la création d'une commission spéciale du Congrès pour enquêter sur les liens entre Trump et la Russie et a exhorté les journalistes à poursuivre leurs investigations sur le sujet", souligne le blog FiveThirthyEight.

Décrit comme un iconoclaste ou homme aigri, il a même été récemment qualifié de "bourru" par le locataire de la Maison-Blanche. Mais John McCain semble s'en moquer. Les relations entre les deux hommes n'ont jamais été au bon point. En 2014 déjà, Trump avait lancé au sujet du sénateur : "C'est parce qu'il a été capturé que c'est un héros de guerre. Moi j'aime les gens qui n'ont pas été capturés."

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Capture d'écran d'une vidéo montrant John McCain au Sénat en train de voter "non" pour l'abrogation partielle de l'Obamacare, vendredi 28 juillet.

Vendredi 28 juillet, il a une fois de plus attiré l'attention sur sa personne et attiré les foudres de son propre camp. Il a en effet voté contre l'abrogation partielle de l'Obamacare, le fameux système de santé, portant ainsi un coup dur au président américain. En apportant sa voix aux côtés des Démocrates, il a montré une fois de plus son indépendance d'esprit et sa fidélité envers ses convictions.

 

Aliénor Vinçotte

Republican Presidential candidate Donald Trump reacts as he speaks at the 2015 FreedomFest in Las Vegas, Nevada July 11, 2015. REUTERS/L.E. Baskow/Las Vegas Sun - RTX1K10O

Le débat sur la santé mentale de Donald Trump repart de plus belle

Ils sont nombreux à être convaincus de l'instabilité psychique du président américain et à vouloir le démontrer. Mais tous les professionnels de santé sont tenus de garder leur avis sur ce sujet. D'autres, à l'inverse, pensent qu'il est leur devoir d'alerter l'opinion publique sur le danger que représente l'état de santé mentale de Donald Trump. 

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Le sénateur démocrate, Jack Reeds, et la sénatrice républicaine, Susan Collins

C'est une conversation privée entre deux sénateurs américains, dévoilée par le Washington Post mardi 25 juillet, qui remet le sujet sur la table. A l'issue d'une séance au Sénat américain, le Démocrate Jack Reeds et la Républicaine Susan Collins, évoquent leurs inquiétudes sur la santé mentale du président. Des propos cités dans le cadre d'une conversation privée, mais enregistrés par leur micro resté ouvert. "Je pense qu'il est fou, et je ne le dis pas à la légère, comme s'il était juste un peu cinglé", confie le sénateur démocrate à sa collègue. "Je suis inquiète", renchérit cette dernière.

Il faut dire que l'attitude du président américain suscite des questions, notamment ses tweets matinaux - souvent incompréhensibles, parfois même illustrés d'insultes - la façon systématique avec laquelle il résume chaque information en fake news et enfin son attitude décalée. Un comportement loin de l'image mesurée d'un chef d'Etat.

"Un narcissisme malveillant" 

Ce débat autour de la stabilité psychique de Donald Trump reste présent depuis les débuts de la campagne présidentielle. En décembre dernier, dans une lettre rendue publique par le Huffington Post, trois éminents universitaires en psychiatrie avaient décidé de prendre les devants pour alerter Barack Obama. Les Dr. Judith Herman, Nanette Gartrell et Dee Mosbacher se sont accordées pour dénoncer les symptômes du président : "la grandiloquence, l'impulsion, l'hypersensibilité aux affronts et aux critiques, et une apparente incapacité à distinguer fantasme et réalité".

Petit à petit, les spécialistes sortent de leur réserve. Ainsi, en avril dernier, des universitaires ont organisé à Yale une conférence avec pour sujet l'état mental du président des Etats-Unis. Ils en sont arrivés à la conclusion que le milliardaire serait atteint d'un "narcissisme malveillant", de troubles de la personnalité avec des tendances asociales et paranoïaques. "Je pense que c'est notre devoir d'alerter", confiait le psychiatre Jerrold Post, basé à Bethesda dans le Maryland, dans un article du New Yorker publié en mai dernier.  

La fameuse règle du "Goldwater" 

Au sein du milieu de la psychanalyse américaine, émettre des avis quant à la santé mentale du président suscite une controverse. Car, depuis 53 ans, les professionnels de la santé sont priés d'observer une règle informelle, dite "Goldwater". Celle-ci leur interdit de s'exprimer sur la santé mentale d'une personne publique, sans son consentement.

Il faut remonter à 1964 pour comprendre l'origine de cette règle. Le magazine Fact avait publié un numéro spécial intitulé "L'inconscient du candidat républicain" en référence à Barry Goldwater. Des centaines de psychanalystes avaient alors répondu à un sondage sur les aptitudes du candidat à l'élection présidentielle et ont déclaré qu'il n'était "psychologiquement pas apte" à assumer la fonction présidentielle. Un procès a été intenté contre le magazine, condamné pour diffamation. Conséquence : l'Association de psychiatrie américaine (A.P.A) élabore la règle de Goldwater en 1973 instaurant le respect du secret médical, et interdit ainsi à tous ses membres de réaliser le diagnostic d'une personne non examinée. Cette association américaine comprend plus de 37 000 membres depuis le XIXème siècle.

Vers la suppression du tabou ?

Pourtant, ces derniers mois, plusieurs professionnels de santé n'ont pas hésité à s'affranchir de cette règle informelle, pour étudier le sujet à titre personnel ou en petit comité. Au début du mois de juillet, l'association l'American Psychoanalytic Association a décidé qu'il était temps de trancher sur le sujet de la santé mentale de Donald Trump. L'organisation donne ainsi la parole à ses 3 500 membres, qui peuvent désormais commenter la santé mentale de personnalités politiques et apporter diverses analyses.

Toutefois, sur Twitter, l'Association de psychiatrie américaine a fait savoir que la "règle de Goldwater" reste maintenue.

Une pétition lancée en ligne pour la destitution de Trump 

Sur Change.org le psychothérapeute John Gartner, de l'université John Hopkins, dans l'Etat du Maryland, a lancé une pétition avec l'association 'Duty to Warn' pour en appeler à la destitution du président américain. En quatre mois, la requête accumule déjà plus de 58 000 signatures.

Aliénor Vinçotte