Zoom sur Guantánamo, le centre de détention le plus controversé et sécurisé au monde

Donald Trump a évoqué hier, la possibilité d'envoyer l'auteur de l'attentat perpétré à New York dans la prison de Guantánamo, située sur une base navale à Cuba. Cet établissement carcéral est l'un des mieux sécurisés de la planète, mais également sujet à de vives polémiques.

Ce centre de détention se trouve sur la base militaire de la baie de Guantánamo, dans le sud-est de Cuba. Il est loué depuis 1903 par le gouvernement américain au gouvernement cubain pour 4000 dollars par mois (3430 euros), selon l'AFP. Un loyer que les Cubains refuseraient de percevoir.

En réponse aux attentats du 11 septembre 2001, George W. Bush lance une "guerre contre le terrorisme". Dès lors, les États-Unis enferment à Guantánamo les détenus qualifiés de "combattants illégaux", soupçonnés d'être une menace envers la nation en raison de leur affiliation à la mouvance islamiste. Quelques 750 prisonniers originaires de 42 pays y sont enfermés à partir de janvier 2002, et ce, pour une durée illimitée. Actuellement, ils ne serraient plus que 41, considérés comme trop dangereux pour être relâchés. Les autres ont été transférés vers des prisons à l'étranger, ou bien libérés au fil des années.

Un lieu hors de tout cadre juridique

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L'intérieur d'une cellule à Guantanamo. © ICI Radio-Canada/Frédéric Arnould

L'emplacement de cette base militaire américaine sur le territoire cubain permet au gouvernement américain de ne pas soumettre les prisonniers à son système judiciaire fédéral, prenant appui sur l'extra-territorialté du lieu. Aucun droit défendu par la Constitution des États-Unis n'y est donc garanti.

Toutefois, cette prison hors de tout cadre juridique a été vivement critiquée par l'opinion publique internationale, défendant les droits de l'homme. Amnesty International affirment que les conditions de détention y seraient dégradantes et les prisonniers seraient victimes d'actes de torture physiques et psychologiques.

Une fermeture envisagée 

Manifestation à Washington contre les conditions de détention de Guantanamo.

Dès son élection en 2008, l'ancien président Barack Obama confirme sa volonté de fermer le camp de Guantánamo. Une promesse qu'il n'a pas pu tenir sous ses deux mandats. Cette fermeture engendrait des problèmes juridiques, car le Congrès bloque le transfert des détenus extra-judiciaires vers le système judiciaire fédéral américain.

Les Républicains, eux, sont en grande partie opposés à la fermeture de la prison, craignant surtout que les anciens détenus ne reviennent gonfler les rangs des organisations terroristes. Donald Trump a d'ailleurs évoqué la possibilité d'envoyer à Guantánamo Sayfullo Saipov, un Ouzbek de 29 ans arrivé aux États-Unis en 2010 et auteur de l'attentat meurtrier de New York le 31 octobre dernier. "Absolument, c’est quelque chose que j’examinerai", a répondu le locataire de la Maison-Blanche, interrogé par un journaliste. Il a également réclamé hier sur son compte Twitter que le terroriste se voit infligé la peine de mort. Celle-ci est autorisée par 31 États américains, même si tous ne l'appliquent pas.

Yelen Bonhomme-Allard

Fusillade près de Washington D.C : des élus républicains délibérément ciblés

Tôt dans la matinée, plusieurs représentants du Congrès ont été blessés par balle à Alexandria, situé à quelques kilomètres de Washington D.C. Un homme armé a fait irruption sur le terrain de baseball Eugene Simpson Stadium Park, où se trouvaient les élus républicains et a ouvert le feu. Steve Scalise, le chef du Parti Républicain à la Chambre des représentants, compte parmi les blessés.

Une "attaque délibérée". C'est le motif avancé par la police d'Alexandria, au vue des premiers éléments de l'enquête. Ce matin, vers 7h00 heure locale (13h00 en France) un homme armé d'un fusil s'est introduit sur le terrain de sport Eugene Simpson Stadium Park à Alexandria. Sur place, plusieurs membres de l'équipe républicaine de baseball du Congrès s'entraînaient en vue d'un match organisé, ce jeudi.

Le tireur a ouvert le feu, blessant cinq personnes. Parmi celles-ci, Steve Scalise, chef du Parti Républicain à la Chambre des représentants et député de la Louisiane, ainsi que deux gardes du corps et des collaborateurs parlementaires. Toutes les victimes ont été admises à l'hôpital. Steve Scalise, touché à la hanche, doit subir une opération chirurgicale mais son état est jugé stable. C'est un autre parlementaire présent sur place, Mo Brooks élu de l'Alabama, qui lui a porté les premiers secours. 

Lors de la fusillade, plusieurs dizaines de balles ont été tirées, tant de la part de l'assaillant que du côté des gardes du corps qui ont riposté. "Nos vies ont été sauvées grâce à la police du Capitol. Si elle n'avait pas été là, cela aurait été un massacre", rapportait le sénateur Rand Paul dont le témoignage confirme une scène d'extrême violence.

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Le tireur, James T. Hodgkinson, un homme âgé de 66 ans, originaire de l'Illinois, a été maitrisé et n'est plus considéré comme "une menace", selon la police d'Alexandria. Blessé par les agents de sécurité, il a également été hospitalisé. Le président Donald Trump a annoncé aux alentours de midi que l'individu était décédé des suites de ses blessures.

Républicains vs Démocrates, qui remportera le match ?

Depuis plusieurs semaines, l'équipe de baseball républicaine du Congrès s'entraînait, au petit matin, en vue de la rencontre annuelle caritative prévue ce jeudi, à Washington D.C contre l'équipe démocrate. Cet événement sportif est une tradition depuis 1909. Malgré la tragédie, le parlementaire républicain Eric Swalwell a confirmé sur le réseau social Twitter le maintien du match.

Yelen BONHOMME-ALLARD

Trump: quelles sont ses décisions les plus choquantes?

Cela fait à peine deux semaines que Donald J. Trump est président des États-Unis, et pourtant il a déjà pris une grande partie des décisions promises dans son programme. Il a entre autres signés 18 décrets et mémorandums (notes diplomatiques)...

Voici quelques décisions qui font le plus polémique: 

#1 - Il a coupé les fonds des ONG visant à  aider les femmes à  travers le monde à  se faire avorter. - Source

#2 - Le lendemain même de cette décision, il empêche les femmes Américaines d'utiliser des fonds du gouvernement ou des assurances pour se faire avorter. Coût d'un avortement : 3000 dollars. - Source

#3 - Il a annulé l'Obama Care, sans proposer d'alternative. - Source

#4 - Il a annulé le partenariat transatlantique mis en place après 7 ans de négociations sous l'administration Obama. - Source

#5 - Il coupe les fonds destinés:

  • A la lutte contre les violences faites aux femmes - Source
  • Au bureau des énergies efficaces et renouvelables - Source
  • Il a ordonné un obscurcissement des médias sur les sujets du changement climatique, de l'agriculture et de la santé (empêchant aux organisations en question de s'exprimer aux médias et de donner quelque information que ce soit. - Source

#6 - Il a suspendu l'accueil des réfugiés aux États-Unis et interdit définitivement l'entrée des Syriens. - Source


#7 - Il a instauré une taxe de 20% sur tous les produits venant du Mexique pour financer le mur - Source 


#8 - Il a instauré plusieurs "blacks sites" (également dits "sites noirs". Ce sont des prisons secrètes et clandestines de la CIA dans le monde), avec l'autorisation d'utiliser la torture comme mode d'interrogation. - Source

#9 - Il a contourné les lois de favoritisme pour engager son beau-fils en tant que conseiller pour la Maison-Blanche. - Source

#10 - Il a autorisé des pays étrangers à verser de l'argent à ses business, violant la Constitution des États-Unis- Source

#11 - Interdiction d'entrée du territoire américain pour 6 pays du Moyen-Orient: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan et Yémen pour au moins 3 moins et interdiction indéfinie pour la Syrie. -Source

#12 - Hillary Clinton a remporté le vote populaire de plus de 3 millions de voix, Trump conteste ce chiffre accusant certains Américains de s'être inscrits dans deux États différents pour voter deux fois. Cinq membres de son administration étaient enregistrés pour voter dans 2 États différents, ainsi que sa fille Ivanka Trump. - Source 
#13 - Il a fait supprimer la version hispanique du site internet de la Maison-Blanche, ainsi que la page sur les droits des homosexuels, le changement climatique et les droits civiques. - Source
Parce qu'il devient difficile de suivre ce qu'il se passe au jour le jour, l'équipe de France 2 Washington vous fera un débriefing hebdomadaire des dernières décisions de Donald J. Trump.

Clémentine Boyer Duroselle

Un pays divisé: 49% des Américains soutiennent Trump quant au décret anti-immigration

D'une simple signature, vendredi 27 janvier, le nouveau président-élu a temporairement interdit l'entrée sur le territoire américain à six pays (Iran, Irak, Soudan, Libye, Yémen et Somalie) pour 90 jours, mais il a également interdit l'entrée sur le territoire aux Syriens pour une date indéfinie.

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En l'espace de quelques heures, Trump a interdit l'accès au pays à plus de 218 millions de personnes. Cela a créé des perturbations dans les aéroports où des personnes se sont faites arrêtées à la douane.

Screen Shot 2017-01-31 at 10.01.07 PMTrès rapidement, la juge fédérale Ann Donnelly a interdit aux autorités d'expulser les ressortissants arrivés sur le territoire américain des sept pays concernés. Selon l'Huffington Post Américain, elles ont pu quitter les aéroports.

Barack Obama critique la décision de Trump

L'ancien président s'est exprimé pour la première fois depuis qu'il a quitté le Bureau ovale. C'est la première fois qu'Obama critique le nouveau président, cassant l'une des règles tacites qu'un ancien président ne devrait pas critiquer son successeur.

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Barack Obama a offert son soutien aux manifestants qui sont restés tout le weekend dans les aéroports à manifester et soutenir les réfugiés à travers le pays. Ceux qui protestent ressentent "exactement ce que l'on attend des Américains lorsque nos valeurs sont mises en enjeu." explique Kevin Lewis, le porte-parole de l'ancien président.

Screen Shot 2017-01-30 at 5.39.10 PMLorsqu'on compare les décisions de Barack Obama sur la politique étrangère et celle de Donald J. Trump, l'on comprend assez vite qu'Obama est en total désaccord avec Trump en ce qui concerne la discrimination des individus en fonction de leur religion.

Trump campe sur ça décision

Lundi 30 janvier, le nouveau président s'est défendu des attaques en justifiant son décret expliquant vouloir protéger les Américains. il a expliqué que les États-Unis allaient " continuer à être compatissants pour ceux qui vivent sous l'oppression" mais qu'il ferait cela en "protégeant nos propres citoyens and nos frontières". 

Cependant, selon un sondage Reuters/Ipsos, 49% des Américains sont d'accord avec le décret anti-immigration de Trump.

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Alors que le pays est divisé, les pays européens restent unis face au président Américain.

Mardi 31 janvier, Donald Tusk, le président du Conseil européen déclaré que l'administration Trump était "une menace" au même titre que la Russie, la Chine, l’islam radical, la guerre et le terrorisme.

"Pour la première fois de notre histoire, dans un monde de plus en plus multipolaire, tant de gens deviennent ouvertement anti-européens ou au mieux eurosceptiques. En particulier, le changement à Washington met l’Union européenne dans une situation difficile. Semblant remettre en question les 70 dernières années de la politique étrangère américaine.” s'est exprimé Donald Tusk.

Les pays européens qui ne sont pas concernés par cette interdiction d'accès du territoire Américain protestent à leur manière, faisant comprendre leur désaccord avec la politique de Donald J. Trump comme l'explique CNN, "Mettant à nu ce que beaucoup d'Européens pensent en privé et ouvrant la voie aux tensions entre les États-Unis et l'Union-Européenne."

Plus d'un million d'Anglais ont pour l'instant signé une pétition contre la visite de Donald J. Trump dans leur pays.

Au même moment, la France se positionne clairement contre les idées du président Américain et de son décret anti-immigration. Lors d'une visite à Téhéran, en Iran lundi 30 janvier, Jean Marc Ayrault a dénoncé une "situation inacceptable pour les personnes concernées"

Le ministre des affaires étrangères a également ajouté qu'il pense  "aux binationaux, franco-iraniens, irano-américains, qui sont meurtris par cette situation. C'est un choc pour eux, c'est vécu comme une blessure", lors d'une conférence à Riyad en Arabie Saoudite.

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Insistant sur le fait que la décision de Donald J. Trump est surprenante et brutale. Il a fini son discours en expliquant que la situation des réfugiés concernait tous les pays,

"L'accueil des réfugiés est un devoir de solidarité conforme à nos engagements internationaux. Et le terrorisme n'a pas de nationalité. Nous serons plus forts dans la lutte contre le terrorisme en respectant nos valeurs. Les États-Unis devraient rester fidèles à ces valeurs"

Attentats de Bruxelles: Trump et Cruz mènent la course à la récupération

Les cinq candidats toujours en course pour les présidentielles américaines n'ont pas manqué de réagir aux attentats de Bruxelles, juste avant les primaires de ce soir dans l'Arizona, l'Utah et l'Idaho.

Dans une course déjà fortement marquée par les questions de politique étrangère et de sécurité, Donald Trump et Ted Cruz ont en particulier cherché à montrer leurs muscles sécuritaires.

Trump: "Je vous l'avais dit!"

Donald Trump avait gagné 7 points dans les sondages après les attaques de Paris et San Bernardino et il s'en souvient. Le milliardaire a fait le tour des "mornings shows" américains pour défendre son programme en terme de sécurité et d'immigration.

Sur les réseaux sociaux, il utilise abondamment un extrait d'une interview donnée plus tôt cette année, ou il mentionnait Bruxelles comme un "enfer" et une cible pour le terrorisme. "Regardez cette interview donnée plus tôt cette année. J'ai eu raison encore et encore sur le terrorisme. Il est temps d'être durs!"

Le programme de Trump comprend notamment l'interdiction d'accès au territoire américaine pour les personnes de confession musulmane. Cet après-midi, il a aussi réitéré son intention de rétablir l'utilisation du waterboarding ("et plus encore") par les autorités américaines.

Cruz veut des patrouilles de police dans les quartiers musulmans

Le principal challenger de Donald Trump à l'investiture républicaine est bien décidé à ne pas le laisser gagner cette course à la récupération politique. Après une brève pensée pour les victimes, la campagne du candidat a publié un message sur Facebook qui comprend une liste de propositions musclées.

Selon lui: "Nos alliés européens voient maintenant le résultat d'un mélange toxique de migrants qui ont été infiltrés par des terroristes. [...] Nous devons immédiatement arrêter le flot des réfugiés en provenance de pays avec une forte présence de Daech. [...] Nous devons sécuriser notre frontière pour empêcher l'infiltration de terroristes. [...] Nous devons permettre aux forces de l'ordre de patrouiller et sécuriser les quartiers musulmans avant qu'ils ne se radicalisent."

Ce dernier point est une nouveauté, qualifiée de "raciste" et "islamophobe" par des associations de musulmans américains.

Sans doute pas de quoi perturber Cruz, qui hurle au "politiquement correct" à chaque critique de son programme. Son message sur Facebook s'achève par ces mots: "Les jours ou notre pays se rend volontairement à l'ennemi pour montrer que nous sommes progressistes et éclairés sont terminés. Notre pays est en jeu."

We Can No Longer Surrender to the Enemy Through Political Corr...Today radical Islamic terrorists targeted the men and women of Brussels as they went to work on a spring morning. In a series of co-ordinated attacks they murdered and maimed dozens of innocent commuters at subway stations and travelers at the airport. For the terrorists, the identities of the victims were irrelevant. They –we—are all part of an intolerable culture that they have vowed to destroy. For years, the west has tried to deny this enemy exists out of a combination of political correctness and fear. We can no longer afford either. Our European allies are now seeing what comes of a toxic mix of migrants who have been infiltrated by terrorists and isolated, radical Muslim neighborhoods. We will do what we can to help them fight this scourge, and redouble our efforts to make sure it does not happen here. We need to immediately halt the flow of refugees from countries with a significant al Qaida or ISIS presence. We need to empower law enforcement to patrol and secure Muslim neighborhoods before they become radicalized. We need to secure the southern border to prevent terrorist infiltration.And we need to execute a coherent campaign to utterly destroy ISIS. The days of the United States voluntarily surrendering to the enemy to show how progressive and enlightened we can be are at an end. Our country is at stake.

Posté par Ted Cruz sur mardi 22 mars 2016

Réactions plus modérées pour Clinton, Sanders et Kasich

Par contraste avec ses deux adversaires, la réaction de John Kasich est apparue comme une anomalie. Prenant soin de souligner que "l'Amérique n'est pas en guerre avec l'Islam", il a réservé sa seule pique à Barack Obama, appelant le président à interrompre son voyage à Cuba et à revenir à Washington ou à se rendre à Bruxelles.


Du côté démocrate, Hillary Clinton s'est dite "horrifiée" par les attaques, et appelé à un renforcement des capacités de surveillance des Etats-Unis, en collaboration avec les pays européens.

Bernie Sanders est resté plus discret, appelant à resserrer les liens entre les Etats-Unis et l'Europe face à la "barbarie" du terrorisme islamique.

Obama dévoile son plan pour fermer Guantanamo

Dans sa dernière année de mandat, Barack Obama n'a plus peur d'aller affronter le Congrès. Le président américain a présenté ce matin un plan pour fermer définitivement la célèbre prison de Guantanamo Bay. La fermeture de la prison était l'une des promesses d'Obama lors de son élection en 2008 et il aura donc fallu attendre sept ans pour que le président présente un plan concret.

L'intégralité du discours de Barack Obama sur la fermeture de Guantanamo:

On retrouve dans ce discours les grandes lignes des promesses faites par Barack Obama en 2008, sa volonté de réinventer les Etats-Unis et clore la page du 11 septembre, des années Bush, de l'Irak, de l'Afghanistan: "Le plan que nous présentons aujourd'hui n'est pas juste pour fermer Guantanamo. [...] Il s'agit de fermer un chapitre de notre Histoire." déclare le président. "Garder cette prison ouverte est contraire  nos valeurs. Elle nuit à notre place dans le monde. Elle est vue comme une tâche sur notre capacité à les plus hauts standards dans le règne de la loi."

Quels sont les détails pratiques du plan?

Pour un plan qui a demandé 7 ans de conception, il est plutôt simple. Les prisonniers les moins dangereux seront extradés vers leurs pays respectifs. Ceux qui sont considérés comme trop dangereux pour échapper à l'administration américaine seront transférés dans des prisons sur le territoire américain. Ils seront donc traités comme des prisonniers conventionnels, sans le statut d'extraterritorialité qui faisait de Guantanamo un centre de détente si secret et brutal.

Ce transfert pourrait nécessiter des aménagements de haute sécurité, pour un coût d'environ 475 millions de dollars. Mais les Etats-Unis économiseront entre 65 et 85 millions de dollars par an en frais de fonctionnement à "Gitmo".

L'héritage d'Obama vs. Le Congrès?

Ce n'est pas par manque de volonté de la présidence que ce plan à mis si longtemps à être annoncé. Depuis 7 ans, Barack Obama doit faire face à un Congrès plus ou moins hostile à l'idée. Mais maintenant qu'il n'a plus d'élection à gagner, le président peut se permettre de saisir le taureau par les cornes. Il s'agit maintenant pour lui de défendre son héritage, de devenir le président que tout le monde attendait dès 2008. "Je ne veux pas transmettre ce problème au prochain président" déclare t'il.

Mais les républicains, majoritaires au Congrès, ont déjà annoncé qu'ils s'opposeraient à ce plan. Certains états ont également rendu illégal le transfert sur leur sol de prisonniers suspectés de terrorisme. Et quand on entend leurs candidats à la présidentielle se disputer sur celui qui sera le plus rapide à réinstaurer la torture par waterboarding, on doute que cette position change.


Mais il reste une dernière carte à Obama: Le décret présidentiel. Il permettrait d'éviter un vote du Congrès, mais pourrait être annulé par le prochain président élu. Et quoi qu'il arrive, cette question fera sans doute des vagues dans la campagne présidentielle.

Alors. La fermeture de Guantanamo. Enfin? Trop tard? Jamais?

Discutez en avec nous dans les commentaires, sur Twitter et Facebook.

Trump vous a tellement waterboardé que vous êtes atteints du syndrome de Stockholm? Vous pouvez le retrouver chaque matin dans votre boîte mail, grâce à notre Newsletter.

La bataille entre Apple et le FBI pour les nuls (en informatique)

Mardi, un juge californien a ordonné à la société Apple de collaborer avec les services du FBI pour débloquer l'IPhone de l'un des deux auteurs des attaques de San Bernardino, qui ont fait 14 victimes. En réponse, le PDG d'Apple, Tim Cook, a affirmé que la firme allait tout faire pour combattre légalement cette décision "anticonstitutionnelle".

Que veut le FBI?

Depuis les attaques de San Bernardino, le FBI est en possession de l'Iphone de l'un des deux auteurs. Selon les forces de l'ordre, ce téléphone contiendrait des informations cruciales. Hélas pour les fédéraux, ils ne peuvent pas accéder au contenu à l'intérieur, car il est protégé par mot de passe.

Le FBI a donc demandé à Apple de leur apporter l'assistance technique dont ils ont besoin pour bruteforcer le téléphone et deviner son mot de passe.

"Bruteforcer" ?

La méthode la plus directe pour deviner un mot de passe: Tenter toutes les combinaisons possibles.

Sur un Iphone, les mots de passe d'accès ne sont composés que de chiffres, donc le trouver n'est l'affaire que de quelques dizaines de minutes pour un ordinateur qui peut tenter des millions de combinaisons par seconde. 0000, 0001, 0002, 0003, 0004, 0005...

Fastoche! Mais c'est quoi le problème?

Accrochez vous, ça devient compliqué! Depuis iOS 8, la protection par mot de passe se double d'un cryptage des contenus et d'un système qui efface les données du téléphone en cas de tentative d'accès extérieur. Après 10 mauvais mots de passe, tout est effacé. Et les chances pour le FBI de trouver le bon mot de passe en 10 tentatives sont infinitésimales.

Les fédéraux ont donc besoin d'Apple pour créer une nouvelle version de son logiciel d'exploitation, qui "oublie" cette importante mesure de sécurité, et l'installer sur le téléphone du terroriste. Apple est seul en mesure de le faire, car cette installation requiert des mesures de sécurité supplémentaires, qui appartiennent à la firme.

Une seconde. Pourquoi Apple ne donne pas simplement les informations contenues sur le téléphone ?

Pas si simple. La définition d'un bon cryptage, c'est que seul l'utilisateur peut y accéder.

Même le fabriquant d'un logiciel de cryptage ne peut pas décrypter ses propres outils. Le processus pour arriver à ce résultat est mathématiquement compliqué, mais cette vidéo (en anglais) vous aidera à comprendre rapidement pourquoi Youtube ne connaît pas votre mot de passe Youtube.

D'accord, mais on parle terrorisme là! National Security. Pourquoi Apple refuse de collaborer ?

Parce que ce n'est pas qu'une question de sécurité à l'échelle d'un petit IPhone. C'est aussi une question de vie privée à l'échelle globale. Dans l'ordonnance du juge californien, seul le téléphone du suspect de San Bernardino est mentionné. Officiellement, le FBI n'aurait accès qu'à ce téléphone.

Mais dans la pratique, les experts en sécurité d'Apple (et tous les autres) craignent que la création de ce système ne constitue une "backdoor" qui permette d'accéder à n'importe quel autre IPhone.

"Backdoor" ?

Une faille de sécurité intentionnelle. En théorie, une backdoor bien cachée permet à ceux qui la connaissent - par exemple la police - d'accéder à des informations qui restent chiffrées pour tout ceux qui ne connaissent pas la faille.

C'est sans risque, ça?

Non! Encore une fois, le diable est dans la pratique. Avec des milliards de dollars et la vie privée de millions de personnes en jeu, toute faille de sécurité, même cachée par un expert a des chances d'être trouvée et exploitée.

Donner l'accès à un IPhone au FBI permettrait peut-être de donner l'accès à tous les IPhones à quelqu'un d'autre. Ce qui n'empêche pas la police et les agences de renseignement (américaines et françaises) de demander régulièrement l'installations de backdoors "pour lutter contre le terrorisme".

Dans le cas de San Bernardino, le FBI soutien que cet accès ne constitue pas une "vraie" backdoor. C'est techniquement correct (the best kind of correct), car elle ne rend pas le cryptage d'Apple vulnérable. Mais Tim Cook répond: Toute technologie qui permet d'accéder à des informations privées est une backdoor de facto. Balle au centre.

Et moi, ça me concerne ?

C'est à vous de décider.

Dans une affaire comme celle-ci, il n'y a pas de tort et de raison, seulement des opinions. Êtes vous prêt à risquer la sécurité de vos informations privées, si la même brèche permet à la police de déjouer un attentat ?

D'un côté, le directeur de la NSA affirme que les attentats de Paris auraient été détectés à temps sans cryptage. De l'autre, Edward Snowden a prouvé que même un gouvernement n'était pas fiable une fois qu'il possédait les moyens d'envahir la vie privée de tout le monde.

Dites nous ce que vous en pensez. On en parlera dans les commentaires, sur Twitter et Facebook.

 

 

Vous pensiez les émissions de téléachat réservées aux produits minceur miracles et aux bijoux flashy ? Détrompez-vous : Gun TV vendra des armes à partir de janvier 2016.

Gun TV, une chaîne de téléachat consacrée aux armes, débarque sur les écrans américains

Dans un pays où l'on compte plus d'une fusillade par jour, la création de Gun TV fait grincer des dents. Comme son nom l'indique, Gun TV est une chaîne spécialisée dans la vente d'armes, de munitions et autres gilets de chasse. La chaîne doit arriver sur les écrans américains début 2016. Elle sera disponible par abonnement, via câble et satellite, selon The Guardian.

Comme sur une chaîne de shopping traditionnelle, les téléspectateurs pourront assister aux démonstrations des équipements, qu'ils pourront ensuite acheter sur internet ou par téléphone. Particularité de la chaîne : les articles ne seront pas expédiés directement au domicile des clients, mais au vendeur d'armes le plus proche, qui sera chargé de vérifier les antécédents de l'acheteur, conformément à la législation.

La chaîne se lance en plein débat sur le contrôle des armes

Alors que l'enquête sur les attentats qui ont fait 14 morts à San Bernardino mercredi est toujours en cours, et que Barack Obama appelle à renforcer le contrôle des armes à feu, l'ironie de l'annonce est mordante.

Pourtant, les fondateurs de Gun TV, un couple résidant en Californie et qui a travaillé sur d'autres émissions de téléachat par le passé, ne pensent pas que la création de la chaîne aura pour conséquence d'augmenter le nombre d'armes en circulation. "La philosophie de notre business est de répondre à une demande, pas d'en créer une", a affirmé Valerie Castle, l'une des fondatrices de Gun TV, au Desert Sun. Gun TV s'est engagée à diffuser des vidéos sur la nécessité de respecter la loi et la sécurité d'autrui. Le couple a même baptisé la société qui possède Gun TV "Social Responsibility Network" (le réseau de la responsabilité sociale).

La vidéo de présentation de Gun TV :

Les anti-armes ne sont pas de cet avis. "Tant de personnes sont tuées par les armes chaque jour aux Etats-Unis, nous devons y réfléchir sérieusement. Mon instinct me dit que [cette chaîne] est la dernière chose dont nous avons besoin", déplore Laura Cutilletta du Law Center to Prevent Gun Violence, un think-tank basé à San Francisco, contactée par un journaliste de Desert Sun. "Acheter une arme pour votre maison n'est pas une décision qui doit être prise à 3 heures du matin parce que vous regardez la télévision", a ajouté Cutilletta, faisant référence aux achats impulsifs parfois provoqué par de les programmes de téléachat.

Les Américains achètent de plus en plus d'armes

La demande d'armes est réelle aux Etats-Unis : de plus en plus d'Américains font l'acquisition d'une arme, selon les chiffres du FBI cités par le NYT. La faute, peut-être, au sentiment d'insécurité qui a envahi le pays après les récentes fusillades, et aux encouragements de certains officiels, comme ce shérif qui a conseillé à ses administrés de porter leur arme après le massacre de San Bernardino.

Les fondateurs de Gun TV ont refusé de répondre à nos questions. "Du fait des pressions inhérentes au lancement de l'affaire, ils n'ont pas le temps pour des questions ou des interviews" a indiqué leur porte-parole.

 

François Hollande en conférence de presse à la Maison blanche aux côtés de Barack Obama, le 24 novembre, pour parler du terrorisme et de l'Etat islamique. Crédit : France 2 Washington

Rencontre Hollande/Obama : pas de grande coalition avec la Russie sans transition politique en Syrie

Depuis les attentats de Paris, on avait senti une inflexion de la part de François Hollande quant à la possibilité d'une "grande coalition" avec la Russie, contre l'Etat islamique. Elle ne semble plus à l'ordre du jour.

Ce mardi, François Hollande faisait étape à Washington dans son tour du monde pour convaincre ses alliés d'intensifier la lutte contre l'Etat islamique, l'organisation terroriste responsable des attentats du 13 novembre en région parisienne. Après presque 2 heures d'entretien à la Maison blanche avec son homologue américain, François Hollande a donné une conférence de presse conjointe avec Barack Obama.

La conférence était ponctuée de moments d'hommage aux victimes des attentats du 13 novembre - dont un "Nous somme tous Français", en français dans le texte, de Barack Obama. Elle n'a débouché sur aucune nouvelle annoncePas de date de départ pour le président syrien Bachar al-Assad, dont le pays est en guerre civile depuis 4 ans. Pas d'envoi de soldats au sol, mais une "intensification des frappes" aériennes et de la collaboration des services de renseignement annoncée par François Hollande. Et surtout : pas de coalition avec la Russie si celle-ci continue à soutenir al-Assad.

Pourtant, après les attentats du 13 novembre, la France avait montré des velléités de coopération avec Moscou. La conférence a mis les choses au clair ce mardi : la "grande coalition" avec la Russie n'est pas à l'ordre du jour - sauf à ce que Moscou cesse de frapper les rebelles anti-Assad en Syrie, et accepte de concentrer sa force de frappe sur l'Etat islamique.

"Nous avons une coalition de 65 pays qui luttent activement contre l'Etat islamique depuis un moment", a déclaré le président Obama. "La Russie a une coalition de 2, l'Iran et la Russie, qui soutiennent Assad. Etant donné les capacités militaire de la Russie et son influence sur le régime d'Assad, leur coopération serait d'une aide précieuse pour résoudre la guerre civile en Russie, et nous permettrait de nous re-concentrer sur l'Etat islamique".

 

Nos correspondants Valérie Astruc et Jacques Cardoze étaient à la Maison blanche :

La rencontre entre Hollande et Obama avait lieu dans un contexte tendu : le matin-même, la Turquie avait abattu un avion militaire russe près de la frontière syrienne, invoquant une violation de son espace aérien. Les chefs d'Etat ont invoqué le manque d'informations à ce stade pour écourter leurs réponses à ce sujet. "Ma première priorité est d'éviter l'escalade" entre Moscou et Ankara, a déclaré Barack Obama. 

Le président français, qui avait accueilli à l'Elysée le premier ministre britannique David Cameron en début de semaine, poursuit son tour du monde des alliés avec une visite à Moscou jeudi. Di'ci la fin de la semaine, il aura vu les chefs d'Etat allemand, italien, canadien et chinois; ainsi que le président du Conseil européen et le premier ministre turc.

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Live Blog François Hollande en visite à Washington pour aborder la lutte contre l'Etat islamique
 

Les candidats républicains utilisent les attentats de Paris pour critiquer la politique d'Obama en matière d'accueil des migrants syriens. Crédit : CNBC

Les attentats de Paris radicalisent le débat américain sur les réfugiés

Les attentats qui ont touché Paris le 13 novembre n'ont pas épargné la vie politique américaine.

Après la découverte d'un passeport syrien, qui n'a pas été authentifié pour le moment, à proximité du corps d'un kamikaze au stade de France, et dont le titulaire aurait suivi la route des réfugiés, le débat est relancé quant à la possibilité d'une infiltration d'islamistes parmi les migrants qui fuient la guerre civile en Syrie pour se réfugier en Europe.

La présence du passeport pourrait être une manipulation de l'Etat islamique, afin de radicaliser la question des réfugiés en Europe et d'aiguiser les tensions communautaires, comme le suggère un ministre allemand. S'agit-il d'une fausse piste ? Les candidats républicains n'ont pas attendu de connaître la réponse pour réclamer la fermeture des frontières du pays aux réfugiés syriens.

Les Républicains profitent des attentats pour avancer leurs arguments

"Faire venir des gens dans ce pays, de cette partie du monde, est je pense une grave erreur", a déclaré Ben Carson. "Pourquoi n'infiltreraient-ils pas des gens dont l'idéologie est opposée à la notre ?" s'est-il demandé sur Fox News Sunday. Jeb Bush et Ted Cruz ont quant à eux plaidé pour accueillir essentiellement des Chrétiens de Syrie sur la chaîne CNN. Le magnat de l'immobilier Donald Trump, connu pour ses déclarations fracassantes, a comparé l'entrée des réfugiés à celle d'un "cheval de Troie".

Cette position n'est pas nouvelle. Les conservateurs critiquent depuis le début l'annonce de la Maison blanche, qui a promis d'accueillir 10 000 réfugiés syriens sur le territoire américain l'année prochaine. L'administration Obama avait tenu à préciser que les migrants seraient soumis à une vérification de leurs antécédents avant de passer la frontière.

Mais les attaques de Paris, largement couvertes dans les médias américains et qui ont suscité la compassion d'une grande partie de la population, ont donné des billes aux conservateurs.

Contre l'objectif d'Obama d'accueillir 10 000 réfugiés

Trois jours après les événements, au moins six gouverneurs républicains ont annoncé qu'ils refuseraient d'accueillir des réfugiés dans leurs états respectifs.

En réponse, la Maison blanche a fait savoir qu'elle ne renoncerait pas à l'objectif d'accueillir 10 000 migrants. Lors d'une conférence de presse qui ponctuait une réunion du G20 en Turquie, le président Obama s'est en particulier emporté contre la proposition de Jeb Bush de limiter l'accueil aux Chrétiens. "Ce n'est pas ça, l'Amérique", a-t-il déclaré, sans directement citer le nom de Bush, "Notre compassion n'est pas conditionnée à la réussite d'un test religieux".

Leur principal argument : il est impossible de vérifier les antécédents des migrants

Cela n'empêche pas les Républicains d'exploiter ce qui constitue selon eux un point sensible : dans le contexte de la guerre civile syrienne, il est difficile de contrôler le parcours de ses ressortissants. 

"On ne peut pas vérifier [les] antécédents [des réfugiés]", a déclaré le candidat et sénateur républicain Marco Rubio à ABC News ce week-end. "Vous ne pouvez pas passer un coup de fil et appeler la Syrie", a-t-il ajouté.

Les membres de l'administration Obama n'ignorent pas la possibilité d'une infiltration islamiste, selon The Hill. Cette année, le directeur du FBI James Comey reconnaissait face à des sénateurs que le risque zéro n'existait pas - même si l'administration est selon lui de plus en plus apte à repérer les éventuels terroristes.

Même précaution du côté d'Hillary Clinton, candidate démocrate favorite des sondages. Interrogée au lendemain des attentats de Paris, au cours du débat télévisé entre candidats démocrates, Clinton a insisté sur la nécessité de soumettre les réfugiés à un processus de vérification de leurs antécédents. Elle plaide pour accueillir 65 000 d'entre eux. Le thème du débat, censé porté sur l'économie, avait été modifié après l'annonce des attentats du 13 novembre.

Beaucoup de bruit, pour peu de réfugiés

Les parlementaires républicains ont annoncé lundi qu'ils tenteront de bloquer l'accueil des 10 000 réfugiés annoncé par l'administration Obama, en ne lui accordant pas les financements nécessaires. "Nous prenons en considération toutes les options afin de s'assurer que quelque chose comme cela [les attentats de Paris, NDLR] n'arrive pas ici en même temps que les réfugiés", a déclaré lundi le Speaker de la chambre, Paul Ryan, au micro du conservateur Bill Bennett. "Nous devons nous assurer que nous nous protégeons", a-t-il ajouté.

Même si le nombre de réfugiés syriens accueillis par les Etats-Unis atteint les 10 000 comme le souhaite Obama l'an prochain, il reste cependant négligeable comparé au nombre de migrants qui se rendent en Europe pour échapper à la guerre civile. Selon l'ONU, 95% des réfugiés syriens se trouvent dans un pays voisin du leur. Au total, plus de 4 millions de réfugiés syriens ont été recensés par l'ONU.