#MakeDonaldDrumpfAgain: Trump contre le reste du monde

Tout le monde se tourne contre Donald Trump, et il n'hésite jamais à répondre. Crédit : Mike Licht

Est-il vraiment honorable de se moquer de quelqu'un à cause du nom de famille allemand de ses ancêtres? En temps normal, non. C'est mal. Mais quand il s'agit de Donald Trump et que le nom en question est "Drumpf", les utilisateurs de Twitter (et l'auteur de ce blog) n'ont aucune pitié.

#MakeDonaldDrumpfAgain

C'est l'humoriste britannique John Oliver, présentateur de l'émission d'HBO "Last Week Tonight" qui a ouvert le feu. Silencieux sur le phénomène Trump depuis plusieurs mois car, comme il l'explique lui-même "à chaque fois que l'on mentionne son nom à voix haute, Trump a un puissant orgasme", Oliver s'est attaqué au magnat de l'immobilier dans un long éditorial, sans retenir ses coups.

Mais surtout, Oliver s'attaque à la "marque" Trump. Un nom qui est devenu synonyme de succès et de richesse aux Etats-Unis. Et l'humoriste de proposer que l'on revienne au nom flamand des ancêtres de Donald Trump: "Drumpf" - "un nom qui évoque le son d'un pigeon qui s'écrase contre une vitre".

Twitter s'est rallié derrière le hashtag #MakeDonaldDrumpfAgain (une parodie de #MakeAmericaGreatAgain), le deuxième plus utilisé sur le réseau social aujourd'hui. Last Week Tonight a également créé le site web "Make Donald Drumpf", qui propose de "Drumpfer" toutes les mentions au Donald d'une page web.

Gawker: Le robot fasciste

Le prix du trolling anti-Trump le plus sophistiqué revient à Gawker et à son "bot Mussolini". En décembre dernier, les journalistes du site d'information ont codé un bot Twitter - pas vraiment dissimulé par le nom: "@Ilduce2016" - avec le but spécifique d'envoyer des citations de Benito Mussolini à Donald Trump.

Et ce week-end, Donald en a retweeté une: "Il vaut mieux vivre un jour comme un lion que 100 ans comme un mouton"
- Benito Mussolini.

Le "leeder" qu'il nous faut

On doit cette vidéo à Jimmy Kimmel, du Jimmy Kimmel Live sur ABC. A partir d'une phrase de Trump après sa victoire en Caroline du Sud ("on a gagné chez les gens peu éduqués. J'adore les gens peu éduqués!"), les équipes de Kimmel ont réalisé un faux clip de campagne, bourré de fautes d'orthographe et de références absurdes.

Un signe favorable pour Trump?

Derrière l'humour, ces attaques reflètent bien une tendance qui a émergé ces dernières semaines. Aux Etats-Unis, Donald Trump n'a plus le monopole des attaques ad hominem. Que ce soit dans les médias, chez les démocrates ou les républicains, il en est maintenant l'une des cibles principales.

Ses adversaires politiques s'y sont mis avec vigueur lors du dernier débat, et les discours de Marco Rubio - pour ne citer que lui- ressemblent maintenant à des chapelets d'injures et de sous-entendus dirigés contre Trump: "Vous savez ce qu'on dit d'un homme qui a de petits mains?" (Il veut dire qu'il a un petit pénis. La politique a son meilleur niveau.)


D'une certaine manière, Donald Trump a défini le ton de cette campagne. Plutôt que de s'élever au niveau attendu d'une course présidentielle, il est parvenu à abaisser le reste du débat politique jusqu'à lui. La politique américaine est désormais plus polarisée que jamais entre Trump et le reste du monde.

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