Absentéisme : l'Italie traque les travailleurs fantômes

En Italie, la chasse aux cancres est déclarée. Multipliant les caméras de surveillance dans les administrations depuis quelques années, le gouvernement a décidé de mettre la main sur les salariés qu’il considère comme "paresseux". Dans les faits, il s’agit des employés qui, une fois arrivés au bureau, glissent le badge de leurs collègues ou le leur, avant de rentrer vaquer à leurs occupations ; qui pour aller faire ses courses, qui pour aller faire du canoë… "ou encore pour aller voir sa maîtresse ", déplore Oreste Florenzano, le directeur de l’hôpital de Salerne.

Autrefois modèle d’oisiveté, son CHU est aujourd’hui le fer de lance des remèdes contre l’absentéisme grimpant de l’Italie. En imposant à ses employés de déclarer leur présence avec leur empreinte digitale, il a ainsi fait chuter le nombre de fannulloni – les "bons à rien" en italiens – de 800 suspects à 0.

Pas de quoi faire de l’ombre à la petite ville de San Remo qui détient toujours la palme de l’absentéisme. En 2015, l’opération "Stakhanov" est un véritable coup d’éclat ; la moitié des employés de la mairie – soit 271 personnes ! – sont repérées par les caméras pour fraude sur les horaires. "San Remo est un exemple emblématique du pire de la situation italienne. Il a fallu que la police judiciaire intervienne pour découvrir que la moitié des employés de la ville n’allaient pas travailler" s’alarme l’avocat Pietro Ichino, pour qui le problème est culturel et profondément ancré dans les mœurs de l’Italie.

Si la plupart des salariés dits "paresseux" échappent à la justice, quelques dizaines d’autres sont toutefois sanctionnés chaque année. Ils sont alors soit licenciés, soit placés en arrêt domiciliaire. Ce qui les contraint à rester chez eux… à ne rien faire.

L'info en + : la France n'est pas en reste, puisque l'absentéisme au travail a un coût de 107 milliards d'euros par an. Tous secteurs confondus, elle est avec l'Italie en tête de peloton des pays européens où l'on pose le plus d'arrêts maladie. Un Français pose en moyenne 16,6 jours d’arrêt de travail par an ; pas de quoi détrôner les Italiens et leurs 19 jours d'arrêt annuels.

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