Sans frontière : L'envers du décor de Cinecittà

Autrefois considéré comme le Hollywood italien, Cinecittà n'est pas en danger comme on pourrait le penser. Au contraire, Cinecittà est belle est bien vivante et on rencontre des personnages fascinants.

A une dizaine de kilomètres seulement du centre de Rome, la ville du Cinéma, dans le quartier de Don Bosco. 70 hectares de studios et de locaux techniques, 75 kilomètres de rues. Ce petit Hollywood a été inauguré par le régime fasciste de Mussolini en 1937. Après guerre, Cinecittà est surtout devenu un endroit mythique, d'où sont sortis les plus beaux films italiens. Peu à peu, la ville du cinéma est sous la menace de fermer ses portes. Mais aujourd'hui, Cinecittà a retrouvé des couleurs puisque l'on y a tourné un des derniers James Bond, le dernier Ben-hur, des shows de télévision mais également des événements comme un défilé de mode : le dernier en date, celui de Victoria's Secret (marque de lingerie).

Aujourd'hui, les studios et les ateliers sont interdits au public. Mais il peut visiter le musée ou certains décors comme ceux des séries télé Rome ou Jérusalem.

Les décors de la série Rome

Les décors de la série Rome

L'envers du décor de la série Jérusalem.

L'envers du décor de la série Jérusalem.

Quand on a la chance d'entrer à l'intérieur de Cinecittà, on peut faire de belles rencontres. Il y a d'abord tous ces italiens qui attendent à l'entrée pour devenir célèbres, avec des séances de castings ou de la figuration. A la cafétéria, on peut croiser des comédiens. Et au détour d'une rue de cette ville dans la ville il y a des artistes, notamment Adriano De Angelis, 78 ans, sculpteur de cinéma, presque un Michel-Ange méconnu. Il a travaillé avec les plus grands cinéastes italiens et américains à partir des années 60. « Vous entrez dans ce local où l'on a entreposé de nombreuses sculptures. Beaucoup sont des copies issues des musées. D'autres ont été fabriquées spécialement pour les films ». C'est un étonnant bric-à-brac, vestige d'un nombre impressionnant de Péplum, et de films d'aventure tournés ici.

 

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Cet atelier, c'est surtout pour Adriano une affaire de famille. « Au début mon oncle travaillait dans la décoration de palais. Et puis le cinéma a démarré. Quand Cinecittà a ouvert ses portes dans les années 1936-1937, il est venu travailler ici, et nous nous sommes toujours là ». Quand on passe en revue quelques-uns de ces objets faits de plâtre ou de résine, c'est une bonne partie de l'histoire du cinéma qui défile. Celui qui a sans doute sollicité le plus Adriano, c'est un certain Federico Fellini, monstre de travail de talent. « Je me souviens que dans la nuit, il recréait, il retravaillait, il réfléchissait. Alors le lendemain, il nous faisait changer notre travail, il intervenait énormément ». Avant de nous quitter, Adriano tient à nous montrer la copie d'un Christ, utilisé dans le film La Dolce Vita, et dont il est particulièrement fier. Mais l'artiste ne croit plus aux miracles, la belle époque de Cinecittà est désormais révolue.

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La copie du Christ utilisé dans le film La Dolce Vita de Federico Fellini

 

 

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