G7: l'Allemagne au centre du monde

Le monde a les yeux tournés vers Elmau. Et plus précisément vers son château où se tiendra le 7 et 8 juin prochain, le 41e sommet du G7. C'est dans cette ville de Bavière, au sud du pays, que les chefs d’États et de gouvernements des sept pays les plus industrialisés vont se réunir.

Autour de la table, les États-Unis, l'Angleterre, la France, le Japon, l'Italie, le Canada et bien sur l'Allemagne, pays hôte et à la tête de la présidence du G7 depuis un an.

Dans un contexte économique difficile, différents thèmes seront abordés. Notamment le conflit en Ukraine et les relations avec la Russie, le terrorisme ou encore le libre-échange. Ce sommet est également l'occasion de préparer des événements internationaux à venir comme la Conférence sur le climat, qui se tiendra à la fin de l'année à Paris.

Mais, quels que soient les sujets évoqués, des manifestants se rassemblent chaque année en marge du sommet. Et leurs critiques sont nombreuses ! Ils protestent contre la pauvreté, la guerre, le libre-échange, la destruction de l'environnement ou encore la politique migratoire. Une opposition unie en partie autour du groupe Stop G7 mais qui revêt plusieurs visages.

Qui sont ces militants anti-G7 ?

Pacifistes, activistes pro-environnement, syndicats, mouvements altermondialistes, membres de partis politiques (des Verts mais aussi d’extrême gauche), ils se sont tous donnés rendez-vous à Munich cet après-midi.

34 000 personnes dans les rues de la ville avec un seul slogan : "Stopper le TTIP - partenariat transatlantique de commerce et d'investissement - sauver le climat, combattre la pauvreté !". Au delà de ces critiques, c'est également le coût astronomique de l'événement qui est pointé du doigt : 130 millions d'euros pour deux jours de discussions ! Et des engagements souvent vite oubliés selon les militants ...

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Pour faire entendre leurs voix, les opposants au G7 se sont installés au plus près du sommet. Le tribunal administratif de Munich a en effet autorisé l'implantation d'un camp protestataire à Garmisch-Partenkirchen, la ville voisine d'Elmau. Entre 250 et 300 personnes y seraient déjà installées.

Le sommet du G7 est sous haute surveillance : 19 000 policiers sont déployés pour l'occasion et une barrière de 16 km a été construite pour tenir les manifestants à l'écart.

Les problèmes du monde selon Merkel 

Comme dans une bulle, les chefs d’États ne devraient rien voir, ni entendre, de ces protestations au cours de leurs discussions. L'évolution de l'économie et de la croissance mondiales seront passée au crible ainsi que deux sujets chers à la chancelière. Angela Merkel a en effet mis deux nouveaux thèmes à l'agenda du G7.

Tout d'abord la santé. Elle souhaite tirer les enseignements de l'épidémie d'Ebola en Afrique et  mettre en place un plan de prévention des catastrophes sanitaires. "Le G7 doit endosser la santé d'autres peuples, doit se donner les moyens de combattre les virus tropicaux et s'atteler au problème croissant de la résistance aux antibiotiques", a-t-elle déclarée.

Autre sujet important pour celle qui a été qualifiée de "femme la plus puissante du monde" : la promotion de l'indépendance des femmes. Angela Merkel souhaite que le G7 travaille sur leur formation professionnelle, notamment dans les pays en voie de développement.

Les sept puissances mondiales vont-elles avancer sur ces sujets, ou le sommet n'est-il que de l'affichage ? Pour la chancelière pas de doute, "le bien fondé du G7 n'est plus à démontrer."

 

Par Camille Wormser

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