Gigi Story

Dans quelques semaines, la plupart des ouvriers de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois auront quitté le site de Seine-Saint-Denis. Les chaînes se sont tues depuis bien longtemps et officiellement la dernière C3 est sortie des ateliers en octobre dernier. Game over !
Pendant plus d'un an, j'ai tenu ici la chronique de cette fermeture annoncée. Je voulais mesurer à quel point la vie d'un salarié pris dans la tourmente d'un PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) se trouve bouleversée. Comment les femmes et les hommes qui travaillaient dans cette usine allaient surmonter l'épreuve ? Résister, se résigner ou inventer d'autres solidarités ? Tous contraints d'écrire une nouvelle page de leurs vies.

L'usine fantôme

Une usine qui ferme c’est comme une usine qui ouvre ses portes, il faut une image symbolique pour sceller l’événement. Si la photo est bonne, elle montrera demain, vendredi 25 octobre, la dernière C3 sortant de la chaîne de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine Saint-Denis). Le cliché viendra rejoindre, dans l'album de famille, l'image de la première DS produite à Aulnay en 1973. Il y a quarante ans tout juste, quand l'usine de Seine Saint-Denis, encore Citroën, était vantée comme la plus moderne d'Europe.

Clap de fin

Frank alias Kash, l'ouvrier rappeur de PSA et son complice Sébastien ont franchi pour la dernière fois la grille de l'usine. Cette grille devant laquelle ils avaient tourné ce fameux clip "Ça ne peut plus durer" qui a été l'un des symboles de la colère des PSA d'Aulnay et fait le buzz sur internet.

Les premiers départs

Le 31 mai minuit, c'était la date butoir donnée par la direction de PSA aux grévistes d'Aulnay. Moyennant un bonus de 20 000 euros à ajouter aux indemnités prévues par le PSE (Plan de Sauvegarde de l'Emploi) ils pouvaient quitter l'usine sans attendre la fin de l'année. Ainsi vendredi à 14h37, une centaine d'ouvriers ont franchi pour la dernière fois la grille de l'usine à la porte numéro 3.

Fin de 18 semaines de grève

Elle avait débuté sous la neige, elle s'achève au milieu du printemps. La grève des ouvriers d'Aulnay aura donc duré quatre mois. En assemblée générale, vendredi les grévistes ont voté la suspension du mouvement. Demain matin, le travail reprendra normalement à l'usine.

Huit mois pour quitter l'usine

D'ici le 31 décembre les salariés d'Aulnay devront choisir. Une mutation dans le groupe PSA, un congé de reclassement, un emploi dans la "réindustrialisation" ou un départ à la retraite. Huit mois pour quitter l'usine, pour trouver un nouvel emploi. Tanja Sussest aimerait pouvoir aider chaque salarié à construire une solution à sa mesure. La déléguée du SIA (Syndicat Indépendant de l'Automobile) le reconnaît bien volontiers, elle joue désormais davantage un rôle d'assistante sociale que de déléguée syndicale.

En route pour Florange

Il était très tôt mercredi matin, jour du 1er mai, lorsque Franck alias Kash, l'ouvrier rapeur de PSA, a pris la route avec sa voiture et ses copains direction Florange (Moselle). Ils sont venus d'un peu partout, comme Kash pour participer au "Festival des Entreprises en lutte".

Le PSE est validé

Lundi, une dizaine de fourgons de CRS avaient pris place devant le siège de PSA, 75 avenue de la Grande Armée, mais pas le moindre manifestant à l'horizon. À l'intérieur s'est tenu toute la journée un Comité Central d’Entreprise extraordinaire chargé de valider le PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi). Même si l'avis du conseil est consultatif, tous les syndicats ont donné un avis favorable à l'exception de la CGT.