3 idées reçues sur l’éducation française démontées par l’OCDE

(Crédit AFP / Martin Bureau)

Cette semaine, les médias se sont emparés de la dernière publication de l’OCDE, « Regards sur l’éducation 2014 », redécouvrant pour l’occasion que les instits français sont sous-payés (alors qu’on n’arrête pas de le dire). Du coup, ils ont presque oublié de parler du reste : c’est dommage, il y avait quelques clichés à déconstruire…

Salaires des instits, l’OCDE confirme

On le crie sur tous les toits depuis des années : les instits français sont sous-payés. Sous-payés par rapport à leurs collègues étrangers (17% en-dessous de la moyenne, 54% de moins que les allemands…) mais aussi par rapport à leurs collègues du secondaire : c’est une constante dans tous les pays de l’OCDE, mais jamais en de telles proportions qu’en France, où les instits touchent 30% de moins que les profs de collège et de lycée, alors qu’ils ont le même niveau de diplôme (bac+5), ce qui n’est pas le cas dans tous les pays. Rien de neuf, cependant : toutes les études, ces dernières années, tirent régulièrement la sonnette d’alarme (voir ci-dessous). Ce n’est pas seulement le niveau de vie des instits qui est en jeu ici, mais l’avenir même d’une profession qui n’attire plus, puisqu’à niveau de diplôme équivalent, on peut gagner près de 40% de plus ailleurs…

Tout ceci, on le sait, on le répète sur ce blog depuis des années, mais rien ne change. Les médias s’émeuvent un peu puis oublient et retrouvent vite leur plume acérée envers une profession qu’elle méconnaît. Le grand public, lui, ne s’émeut plus depuis longtemps pour si peu, chacun aujourd’hui a ses problèmes de sous, et les profs restent avant tout des privilégiés corporatistes gonflés aux congés payés et qui ne font rien qu’à se plaindre, quand c’est pas la grève.

Cette semaine, France Tv Info a demandé à ses lecteurs de se prononcer sur l’opportunité d’une augmentation du salaire des instits. Malgré les chiffres-clé donnés dans l’article, qui sont autant d’arguments de plein sens en faveur d’une augmentation, malgré le lien fait entre le niveau de rémunération des profs et le niveau des élèves, les internautes qui disent « oui » sont minoritaires, avec 43,9% des 15 000 votes (« non » 41,6%, NSP 14,5%)… CQFD.

Le gouvernement, qui a compris qu’il y avait malaise, et pas qu’un peu, a créé l’an dernier pour les instits une prime (l’ISAE) sensée rattraper le décalage avec les profs de secondaire. Une initiative louable de Vincent Peillon, on ne crache pas sur 400€ (bruts) annuels, mais d’un autre côté ce geste n’a fait qu’entériner l’inégalité avec le secondaire, où la prime équivalente vaut 1200 €…

A part cette partie, minoritaire, sur les salaires, « Regards sur l’éducation 2014 » (qui fait tout de même 590 pages sur lesquelles on reviendra), vaut également pour d’autres informations qui battent en brèche les idées reçues sur l’éducation française.

1. Non, la France ne dépense pas beaucoup pour l’éducation (encore moins pour le primaire)

En ces temps de crise où les butors crient plus forts qu’à l’accoutumée, où l’on ressort volontiers des solutions de fausse évidence à des problèmes complexes et où l’on sert des clichés en guise d’analyse, le rapport de l’OCDE a le mérite de mettre les choses au clair. Vous pensiez que l’on dépense bien trop d’argent pour l’éducation, premier poste budgétaire de la nation ? Détrompez-vous. La France est en-dessous de la moyenne pour la part consacrée à l’éducation, qui représente 6% du PIB contre 6,1% en moyenne dans les pays de la l’OCDE. Pour des pays comme Israël, la Norvége ou les Etats-Unis, c'est 7% du PIB. Et, dans ce domaine aussi, la France se distingue par l’inégalité de traitement entre le primaire (le budget alloué est 20% moins important qu’ailleurs) et le secondaire (budget 20% supérieur aux autres pays pour le collège et le lycée)…

2. Oui, le temps accordé aux fondamentaux est parmi les plus élevés

En France, le temps consacré à l’enseignement du français et des maths est parmi les plus élevé de tout l’OCDE : près de 60% du temps de classe. Seuls les élèves portugais et mexicains y consacrent plus de temps. Un pays souvent vanté pour ses excellents résultats comme la Finlande n’y consacre que 40%, seulement 22% au collège (40% en France). Considérant les résultats respectifs de ces pays aux évaluations internationales, on est bien obligé de considérer que « le retour aux fondamentaux » n’est pas la solution aux difficultés rencontrées par le système éducatif français, comme on l’entend souvent. « Faire plus de français et de maths pour améliorer le niveau » n’est pas la solution, le problème est autrement plus complexe, il doit être question ici de pédagogie, de programmes, de taille des classes, de moyens, bref, il faut penser global.

3. Oui, le niveau des jeunes français est supérieur à celui de leurs aînés

Si l’on considère le taux de diplômés du supérieur, comme le fait l’OCDE, on constate que la France est de plus en plus diplômée. 43% des 25-34 ans ont un diplôme post-bac, contre seulement 20% des 55-64 ans. Bien sûr, d’aucuns diront que les diplômes ne valent plus ce qu’ils valaient, que le bac est dévalorisé donc les diplômes suivants aussi, mais il n’en reste pas moins que 40% des 25-34 ans ont un niveau de formation supérieur à celui de leurs parents, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE (32%).

Mieux, l’OCDE a soumis les différentes générations aux mêmes épreuves et le verdict est sans appel : les jeunes obtiennent des résultats bien meilleurs que les anciens. Sur l’épreuve de littéracie (capacité à comprendre un texte écrit et à en analyser les informations), les 25-34 ans sont 14% à obtenir le score maximal, contre seulement 3% des 55-64 ans. Si les premiers sont presque dans la moyenne des autres pays de l'OCDE, les seconds sont nettement en dessous.

On en vient à se demander quel aurait été le classement de la France si des évaluations internationales comme PISA avaient existé il y a quelques décennies…

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Nota : si on veut se remémorer les précédentes alertes sur le salaire des instits, il suffit de parcourir le blog :

Mars 2014 : quelques calculs établissent qu’un instit a perdu jusqu’à 1350 € de salaire depuis 2010.

Juillet 2013 : deux études, une de la DEPP et une de l’OCDE, disent déjà que les instits travaillent beaucoup et gagnent peu.

Février 2013 : un graphique américain (peut-être que le regard extérieur sera plus recevable) confirme la situation salariale des instits français (et le nombre d'heure élevé d'enseignement...).

Septembre 2012 : Regards sur l'éducation relève déjà des inégalités entre primaire et secondaire.

A lire aussi

  • SavoirPouvoir

    Bah au moins ça clou le bec à la droite et l'extrême droite, tout deux totalement incompétence quand il s'agit d'éducation pour notre prochaine génération.

    • XB

      Je n'avais pas l'impression que la gauche était compétente en terme d'éducation, sauf bien sur pour faire des réformes dont personne ne veut.

      • SavoirPouvoir

        C'est vrai que le retour de 60 000 personne dans l'éducation et le retour de la formation des enseignants, c'est pire que ce que faisait la droite.

        C'est nouveau çà.

        • XB

          60000 personnes dont on avait absolument pas besoin dans l'éducation nationale, mais qui permettent à Hollande de faire plaisir à ses bons électeurs de gauche tout en dilapidant l'argent public. Essayer de faire baisser le chômage en créant des postes de fonctionnaires c'est une veille technique des socialistes déjà employée sous Miterrand. Quand on pense que la France est déjà un des pays européen qui en a le plus... Il serait peut-être tant de regarder ce que font les Canadiens...

          • LéoFaible

            Bon, ok, on ne les embauche pas, ça fait trois milliards d'euros par an d'économisés. Ça y est ? Le budget est à l'équilibre ?

          • XB

            Ces embauche ont été faites à cause des promesses faites par Hollande durant la campagne présidentielle. Pourquoi embaucher plus de professeurs alors que le nombre d'élèves ne cesse de baisser?

          • Lucien Marboeuf

            Peut-être parce que :
            - son prédécesseur avait supprimé 80.000 postes
            - la France est un des pays où le taux d'encadrement (nombre d'élèves par prof) est le plus fort...
            Non ?

          • marboeuf

            Peut-être parce que :

            - son prédécesseur avait supprimé 80.000 postes

            - la France est un des pays où le taux d'encadrement (nombre d'élèves par prof) est le plus fort...

            Non ?

          • XB

            Pourquoi recréer des postes dont on n'a pas besoin? A part pour faire des dépenses en plus que la France ne peut pas se permettre.

          • marboeuf

            Voir ci-dessus, je viens de vous répondre...

          • instit de nice

            Qui vous a dit que nous n'avions pas besoin de professeurs? L'état passe des pubs à la tv, tellement on manque d'enseignants.
            Qui vous a dit que 60000 postes avaient été recréés? Renseignements complètement FAUX
            Tout juste 3 à 4000 postes équivalents temps plein qui ne compensent même pas l'augmentation du nombre d'élèves.

          • Fasquel

            Que ce XB est lourd... Il aurait du choisir XXL comme pseudo...

          • Fasquel

            Personnellement, j'ai 28 élèves en classe de CP... Jamais je n'ai eu de classe aussi chargée...

          • XB

            De mon temps à l'école primaire, on était 35 en classe et personne ne se plaignait.

          • yuropp

            J'ai longtemps raisonné comme toi, mais faire (un peu) de formation professionnelle m'a amené à relativiser… En fait, généraliser de la sorte est presque aussi caricatural que de raisonner en "postes" (on n'a jamais vu un "poste" apprendre les conjugaisons à un gosse… il n'y a qu'un bureaucrate, ministériel ou syndicaliste, pour croire ce genre de choses…)

          • yuropp

            les élèves et les instit ont évolué, et pas toujours en bien.

            À l'époque que tu cites, un instit pouvait compter sur une "chaîne" continue sur l'ensemble du cycle, créant des habitudes de discipline et de respect dès le CP sans discontinuer jusqu'à CM2. Ce qui libérait un maximum de temps pour l'enseignement (avec des méthodes garantissant, peu ou prou, l'acquisition des fondamentaux), en dépit de la présence que quelques multi-redoublants, (oui, je système de l'époque n'était pas si idyllique, même si on était bien loin de déverser des classes entières d'illettrés dans le secondaire…).

            De nos jours, la diversité des enfants (qui a toujours existé, quoiqu'en disent les "poissons rouges") est aggravée par les méthodes dogmatiques ; derrière les cas d'apprentissage rapide de la lecture, combien de parents ont acheté une méthode "ancienne" (regarde les chiffres des ventes, c'est impressionnant) et s'en servent, en cachette de l'instit par crainte des vengeances ? Pour un instit qui sait, sans élever la voix, garder une classe active et attentive, combien (avant ou après) hurlent sur des mouflets qui les terrorisent du haut de leurs 8 ans ?

            Instituteur, c'est une profession, et une profession, ça s'apprend. À travers des formations professionnelles. Et nom un comptage d'années après le bac. Et comme tous les métiers "manuels", ça s'apprends sur le terrain.

          • 6Wouilly44

            j'ajouterais jusquau C.E.P!........

          • Fasquel

            De votre temps, il y avait du respect pour les enseignants, aujourd'hui...

          • Fasquel

            Non, pas besoin... J'ai une collègue en arrêt maladie et personne pour la remplacer... Tout va bien !

          • XB

            Si vous voulez parler de d'absentéisme et des arrêts maladie dans la fonction publique et en particulier dans l'éducation nationale...

          • Fasquel

            C'est là que l'on peut se rendre compte que vous n'êtes pas enseignant : le taux d'absentéisme dans l'éducation nationale n'est pas pire que dans les autres branches d'activité.

      • LéoFaible

        Personne n'est compétent en matière d'éducation, ce n'est pas une question de droite ou de gauche. Les sociologues pourraient peut-être apporter un éclairage mais personne n'a jamais l'idée de leur demander leur avis.

        • yuropp

          Tiens ? Ma réponse a déplu ? Faut dire, valoriser les instit', c'était gonflé je présume… Bah… Je m'en vais mettre un +1 à XB, ça sera toujours ça

          • XB

            C'est parce que j'enseigne en université, et là aussi c'est de plus en plus compliqué. Certes, ce n'est sans doute pas pour les mêmes raisons qu'à l'école primaire.

  • Juni Palacio

    vous mélangez tout ! vous parlez de budget quand il s'agit de PIB. etc.. Ça manque totalement de rigueur ...Vous êtes bien à l'image de l'EN. Blablabla

    • marboeuf

      Vous avez raison sur le PIB (je corrige, c'est une erreur d'autant moins pardonnable que je connais parfaitement ces données depuis des années), pour le reste, ma foi, je dirais que je ne suis pas frappé par la rigueur de votre argumentaire, bien à l'image des clichés habituels sur l'EN... :)

      • Juni Palacio

        j'ai autre chose à faire pour le moment. je reviendrai plus tard. C'est un tissu d'inexactitudes, d'approximations. il n'y a pas grand chose à garder

        • Fasquel

          Faites ce que vous avez à faire et ne gardez rien. Il semble évident que vous ne connaissez rien au monde de l'enseignement. Que faites-vous sur ce blog ???

      • Juni Palacio

        Désolé pour le ton vif mais cette erreur m'a fait un peu sortir de mes gonds.
        Il y a d'autres erreurs factuelles.
        Le plus important n'est pas là. Il est dans ce que vous persistez à défendre l'indéfendable, à savoir, l'évidente médiocrité de notre système d’éducation, le plus inégalitaire de l'OCDE;
        Ce réflexe corporatiste est dramatique pour les enfants, pour le pays et pour vous. On est en France en même temps....
        Des études montrent par exemple l'excessive importance de l'administration centrale dans l'EN. Cela interpelle-t-il quelqu'un ? Non. Pourtant cette question est centrale, forcément. Elle fait peser une chape sur le système à tout point de vue. financier (énorme), pédagogique, GRH etc..
        Oserez-vous aborder cette question? j'en doute...pour milles raisons. Le confort du ronron corporatiste et geignard. la peur de se mettre à dos des collègues. etc...
        allégeons le poids de cette administration centrale pour redonner de l'autonomie aux équipes sur le terrain, aux expérimentations, adaptations. retrouvons de l'aisance financière. Bon sang sortez de vos jérémiades pour réfléchir...

        • Lucien Marboeuf

          Relisez bien le post, Juni Palacio, et dites-moi où je défends l'indéfendable... Vous ne devez pas être assidu sur ce blog, sans quoi vous sauriez que ce n'est pas vraiment le genre de la maison. Je suis le premier à dire depuis des années que le système français est inégalitaire, que l'administration centrale, comme vous l'appelez de manière très générique, est un poids pour nous qui sommes sur le terrain et qui nous débattons contre l'administratisation du métier et les aberrations venues d'en haut. Bref, je vous conseille vivement d'aller plus avant sur ce blog (il y a plus de 240 billets, vous verrez, on y aborde plein de sujets !) avant de lancer des accusations de corporatisme, de geignardise et de jérémiades (j'ai beau relire, je ne vois pas bien en quoi je me suis montré geignard, ni où sont les jérémiades ici...) ! Quant aux autres erreurs factuelles, je suis beau joueur, n'hésitez pas.

        • marboeuf

          Relisez bien le post, Juni Palacio, et dites-moi où je défends l'indéfendable... Vous ne devez pas être assidu sur ce blog, sans quoi vous sauriez que ce n'est pas vraiment le genre de la maison. Je suis le premier à dire depuis des années que le système français est inégalitaire, que l'administration centrale, comme vous l'appelez de manière très générique, est un poids pour nous qui sommes sur le terrain et qui nous débattons contre l'administratisation du métier et les aberrations venues d'en haut. Bref, je vous conseille vivement d'aller plus avant sur ce blog (il y a plus de 240 billets, vous verrez, on y aborde plein de sujets !) avant de lancer des accusations de corporatisme, de geignardise et de jérémiades (j'ai beau relire, je ne vois pas bien en quoi je me suis montré geignard, ni où sont les jérémiades ici...) ! Quant aux autres erreurs factuelles, je suis beau joueur, n'hésitez pas.

        • Fasquel

          J'aimerais bien retrouver de l'aisance financière... Mais vous êtes qui, vous ?

        • yuropp

          Il fallait bien faire quelque chose des vieux schnoks trotskistes ancien combattants de 68, tous devenus fonctionnaires…

          On les a mis là. Ils s'y sont enkystés, ils s'y sont reproduits.

          • LéoFaible

            Les soixante-huitards fonctionnaires (nés en 48), ils ont 67 ans, ils sont à la retraite, réfléchissez à ce que vous écrivez.

          • yuropp

            "Ils s'y sont reproduits"
            écrivais-je…

        • LéoFaible

          Si c'est évident, alors c'est faux.

          • yuropp

            Sophisme. Nul et non avenu

    • LéoFaible

      Merci pour cette démonstration rigoureuse blablablabla.

  • Mn_1

    Plus qu'augmenter les salaires, il faudrait surtout réduire la durée des études car Bac+5 pour un simple instit, je trouve cela beaucoup trop...

    • vero3317

      C'est vrai que le métier de professeur des écoles est simple. Nous avons tous été à l'école un jour, alors après tout apprendre aux enfants à lire, à dénombrer... ce n'est pas sorcier, même un lycéen pourrait le faire, non ? Vous vous rendez compte de ce que vous dites ??

      Bien sûr que non, vous ne vous en rendez pas compte.

      Nous n'avons pas le vie physique de personnes entre nos mains, comme les médecins, mais nous avons une responsabilité dans le futur de chacun des enfants qui nous sont confiés chaque année. Est-ce que vous diriez qu'il faut réduire la durée des études d'un médecin, d'un ingénieur ?
      Ce n'est parce que ce sont des enfants qu'ils n'ont pas le droit à un enseignement de qualité, je dirais même plus que c'est parce que nous construisons les bases de leur savoir que nous devons être bien formés et pour ça, des études supérieures assez poussées sont nécessaires, quoi que vous en pensiez ! Avoir un bac +5 me semble être une bonne chose pour ce métier, même si je déplore la forme que ces 5 années prennent.

      Cela fait 2 semaines que nous sommes rentrés, vous voulez savoir comment se passe mes journées (et encore pour info j'habite très près de mon école) : levé à 6h15-6h30, arrivée à l'école à 7h45, préparation de la classe, à 8h30 les élèves arrivent et jusqu'à 11h30, je ne me pose pas, je réponds aux sollicitations constantes des élèves, je dois trouver tous les moyens possibles pour capter leur attention, les intéresser, leur expliquer des concepts très compliqués avec des mots simples. de 11h30 à 13h30, je prends une royale 1/2 heure de pause pour manger et je corrige, les cahiers de leçon, les cahiers du jour, les cahiers d'écriture....de 13h30 à 15h45, c'est reparti avec les élèves et surtout pas question d'avoir un petit coup de mou, je ne peux pas me prendre 10 minutes de pause comme ça. Et après 15h45 vous pensez que c'est fini ? Eh bien non, il faut préparer la journée du lendemain, continuer les corrections, préparer les futures séquences pour l'apprentissage, revoir ce qu'on a fait car finalement on a découvert que quelque chose n'allait pas et qu'il faut le reprendre. On doit aussi se battre avec la photocopieuse, car la mairie à décider que les écoles n'avaient pas besoin de photocopieuses neuves et qu'elles tombent en panne tous les matins. Résultats, je ne suis pas couchée avant 00h00-1h00 du matin, je retourne à l'école le dimanche pour travailler, et lorsque je vais finir ce message, je retournerais travailler pour préparer ma semaine et enfin réussir à me coucher à 23h59. Chaque jour, je m'occupe de 23 élèves (et là j'ai de la chance), je me dois d'être à 100% pour eux, je ne peux pas m'économiser, même si je suis fatiguée par le bruit constant de la classe (essayer de demander à 23 enfants de se taire plus de 5 min, mission impossible), même si je dois sans cesse leur rappeler qu'on ne doit pas couper la parole, .... Sur chacune de ces 2 semaines, je dois environ être à 55-60h de travail et ce n'est pas fini, je gagne 1700 euros/mois, alors j'estime être mal payée pour ce boulot, si on fait le calcul, je suis proche du smic horaire ! A l'heure, je gagnais plus en étant serveuse durant mes études.

      Je commence dans cette profession, j'ai donné beaucoup pour y arriver et je suis heureuse d'être devant mes élèves chaque jour. Et ça me révolte de voir des commentaires comme le votre, réfléchissez un peu et avant de porter des jugements aussi lapidaires, documentez vous, allez faire un petit tour dans une salle de classe pour voir ce qu'est réellement ce métier, si facile à conspuer, si "avantageux", si "reconnu", que presque plus personne ne veut le faire.

      Pour l'auteur de ce blog, je vous suis depuis presque deux ans et je vous dis bravo pour ces billets !

      • stephane

        pardon mais les instits étaient recrutés après le bac et plus tard à la licence. Avoir bac +5 ne fait pas d'un prof un bon professionnel... c'est la formation qui est à revoir pas le niveau d'étude....

        • vero3317

          Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis, s'il vous plait. Je n'irai jamais dire que les instits sont moins compétents, si j'en suis arrivée là aujourd'hui c'est grâce à tous mes instituteurs et institutrices.

          Si vous me lisez bien, je dis aussi que la formation telle qu'elle est aujourd'hui est à revoir, je suis bien placée pour le savoir puisque je l'ai vécue. Mais effectivement, je pense qu'aujourd'hui 5 ans de formation après le bac sont utiles, au vu de l'évolution de la société, des enfants, des nouvelles découvertes faites en psychologie de l'enfant,.... Mais je verrais plutôt ça comme la fac de médecine (avec moins d'années d'étude), avec une année de préparation au concours, puis 4 années d'études au cours desquelles nous pourrions observer et aider des professeurs expérimentés et recevoir un enseignement théorique de qualité (quelle utopie !), puis petit à petit prendre la gestion de la classe en main toujours en présence d'un enseignant chevronné et enfin une prise en main seul de la classe. Dans ma vision, les salaires auraient été revalorisés et les MAT auraient un salaire correspondant réellement à leur investissement (et pas les pauvres primes qu'ils ont aujourd'hui), et enfin les moyens auraient été mis sur le primaire (c'est cliché mais comment bâtir une maison sans de bonnes fondations.). Comme vous pouvez le voir, je pense que les idées du CNR n'étaient pas mauvaises, on devrait s'en souvenir.

          Bien sûr c'est un rêve qui ne se réalisera pas tant que notre métier sera vu comme une bonne planque et un boulot facile par la majorité des gens et par les politiques.

        • Fasquel

          Oui, recrutés après le bac mais avec 3 années de formation professionnelle, et là on pouvait aller dans les classes et enseigner. Maintenant avoir bac + 5 ne correspond à rien dans le métier. C'est uniquement une question de statut : cadre A ou cadre B.

          • yuropp

            Mais pourquoi fonctionnaire ? Le CDI existe (et beaucoup de gens aimeraient en avoir un) et le (mauvais) prétexte des statuts rigide se sublimerait tout seul.

      • nanettebes

        Vous avez effectivement un bac+5 mais votre formation pour etre instit n'a duré qu'un an....
        Ne pensez-vous pas qu'en commencant la formation juste apres le bac, en 3-4 ans on aurait des instits avec une maitrise parfaite des programmes (et c'est pas toujours le cas pour l'orthographe de nos jours) et qui ont eu le temps de faire des stages, d'etudier differentes pedagogies, etc...
        Je pense qu'il vaut bien mieux 3-4 ans de formation au metier d'enseignant qu'un bac+4 d'histoire de l'art et une petite de formation à la va vite....

    • Fasquel

      Le simple instit que je suis vous répond que son salaire baisse régulièrement depuis de nombreuses années au vu du coût de la vie et de l'augmentation des impôts et autres cotisations. Maintenant, le bac plus 5 a été mis en oeuvre par un gouvernement socialiste pour justifier le cadre A aux instits. Lequel cadre A a été déclassé il y a peu au vu des salaires des instits. J'ai deux enfants en études supérieures (master 2 de l'édition et 5ème année de médecine) donc deux loyers supplémentaires à payer, l'un à Paris, l'autre à Lille. Mon épouse est infirmière et gagne autant que moi (2300 euros mensuel), alors je peux vous dire que j'aimerai bien que mon salaire augmente un peu !

    • yuropp

      "Simple instit", c'est un peu gonflé comme expression, non ? Voire légèrement dégeu sur les bords…

      D'une autre coté, "bac +5" est un terme dépourvu de toutes signification.

      Ce dont a besoin un instit, "simple" ou "compliqué", au delà du bac, ce n'est pas de poursuivre une formation générale qui ne lui apportera rien (quel intérêt de connaître les développement limités ou les équations de Maxwell en primaire ?). Non, ce qu'il lui faut, c'est d'une solide formation PROFESSIONNELLE.
      Peut-être la solution serait à rechercher du coté des IUT, ou l'on forme d'excellents techniciens supérieurs en 3 ans. Sans leur bourrer le mou avec de la physique quantique.

      Mais bac +0, +5 ou + 10, il est criminel de confier des enfants à des personnes qui n'ont fait que des études universitaires, ou qui n'ont reçu de vagues conseils que d'enseignants qui n'enseignent pas

      • Fasquel

        Tout à fait daccord !

  • Pierre

    When you pay peanuts you get monkeys.

  • tataro56

    je souhaite aux parents, qui critiquent tout le temps, d'être obligés un jour de faire classe eux-même. çà leur ferait "les pieds"

    • Xav

      A quoi ces parents pourraient vous dire la même chose. :) Wooooo !

    • yuropp

      Tu es instit ? Et tu considère le fait de faire classe comme une punition ?

      Mais il faut tout de suite quitter cet enfer !

  • MarJac

    Bon, OK, le salaire des instits est insuffisant et catastrophique parce qu'il les démotive et éloigne de cette profession les jeunes. Malheureusement, héritage républicain “jaurésien”, l'instit est considéré comme une mission, voire un sacerdoce et non comme un métier d'où l'indifférence de l'Institution à leur égard, ce qui l'arrange bien d'ailleurs. Lorsque cette mentalité aura évolué, peut être que ce métier sera revalorisé et rémunéré à sa juste valeur.
    D'autre part, si avant, l'instit du village était respecté comme détenteur d'un savoir à l'instar du médecin et du curé, aujourd'hui, grâce à la “décomplexion” (c'est à dire à la connerie) sarkozienne, certains “parents” s'érigent en inspecteurs sourcilleux et partisans, donnant ordres et directives d'instruction alors qu'ils ne sont pas capables d'aligner deux mots sans fautes d'orthographe (et oui, mon marqueur d'instruction !), contestant en permanence les choix et directions des professionnels et les traînant en justice au moindre pet de travers. Comment veut on qu'après ça les jeunes aient envie de s'investir dans une telle galère sous payée ? Déjà, il faudrait que ce métier soit protégé et que toute intrusion dans sa sphère de compétence soit sanctionnée avec force, bref, ré-instaurer le respect.
    Je suis toujours émerveillé de voir le travail qu'effectuent les instits dans leur classe malgré tout un tas de difficultés. Grand respect. Mais c'est vrai, ça n'augmente pas leur salaire...
    En ce qui concerne le niveau des “jeunes français”, il est forcément relatif, ne serait-ce que par rapport à “avant”. Il y a de quoi écrire une thèse sur ce sujet en fonction de l'âge, des catégorie socio-professionnelles, des époques, des sexes, etc. , etc. Toujours est-il que je suis atterré par l'ignorance de certain qui, par exemple, lorsqu'on lui demande s'il connait Jacques Brel, monument s'il en est de notre culture, voire de notre inconscient collectif et même s'il était belge le bougre, répond froidement « Qui ? »... Bon, c'est vrai, c'est à la télé mais le niveau culturel de certains (beaucoup) intervenants est proprement atterrant, à tel point qu'un site comme “Bescherelle ta mère” a vu le jour et, Dieu merci (!) a du succès en ce qui concerne l'orthographe. Pour la culture proprement dite, il y a réellement un problème.

    • yuropp

      Si la profession des instituteurs était régie par le statut des CDI (à temps partiel pour "ajuster" les horaires & congés), beaucoup de problèmes disparaîtraient d'eux même. Mais l'état n'a pas du tout envie de s'appliquer à lui même les contraintes qu'il a créé pour les employeurs "ordinaires"…

      • LéoFaible

        C'est vrai, le problème serait résolu, il n'y aurait plus du tout d'instituteurs. D'ailleurs, il n'y en a pratiquement plus car les derniers partent en retraite.

        • yuropp

          Qu'en sais tu ? Sais tu qu'il y a en France des millions de gens qui ont un CDI ? Et des millions d'autres qui rêvent d'en avoir un ?

          Et toi… Tu crache… Syndicaliste ? As tu déjà travaillé un jour (à autre chose que ta carrière…) ?
          l'égalité (entre liberté et fraternité), ça te cause ?

          Dis toi qu'avec une convention collective correcte, les enseignants n'auraient strictement rien à perdre. Par contre, les parasites qui se planquent dans le système parce qu'il est "spécifique" et opaque apparaîtraient soudain pour ce qu'ils sont : des chômeurs de luxe dissimulés en employés fictifs, vivant aux crochets des enseignants.
          Ferais-tu partie de cette population ?

  • Caroline

    Ah non , il ne faut pas toucher à la durée des études. J'étais instit, dernière année des normaliens avec deug, maintenant je suis professeure des écoles et au bout de 25 ans de carrière je ne rêve que d'une chose : quitter cette profession et avec un master ce serait peut être déjà fait ! Là on envisage qu'un enseignant doit l'être toute sa vie, quelle drôle d'idée ! De plus les études apportent connaissances et culture indispensable à un enseignant. Oui les enseignants gagnent peu et de plus ils fournissent le matériel à L'Education nationale (ordinateur perso, imprimante, encre et j'en passe, et leur bureau c'est leur domicile, dans mon école aucune salle des maitres ! J'ai acheté les livres pédagogiques indispensables et j'en passe. Je regrette de n'avoir calculer depuis le début de ma carrières les dépenses occasionnées par mon emploi). Je ne sais si les vacances c'est si attirant pour vous mais moi si j'ai l'occasion de partir, je m'en vais, les vacances rien à faire ! Eh oui si j'ai envie de geindre, je le ferais ne vous en déplaise. Je vous cède volontiers ma place car après des années où j'ai aimé ce métier, je n'en peux plus de vos attaques et de mes conditions de travail. Oui je vous laisse la place et les vacances. Pas de problèmes vous serez bien meilleurs que nous tous. Je sors de ce débat qui me donne mal au ventre.

    • yuropp

      Le fameux "statut" est décidément un piège ! Quel dommage que le gouvernement-patron se soit bricolé une petite exception maison à la législation sur la formation !
      Car au fond, c'est cela dont vous avez besoin.
      Peut-être que suivre quelques MOOCs pourrait vous sortir de l'ornière ?
      D'autant que, faut pas rêver, il sera très difficile de trouver un job salarié (beaucoup de patrons obtus n'ont toujours pas compris que maintenant, une carrière commencée tard dure jusqu'à 70 ans), ce qui signifie que vous devrez créer votre job vous même. Du coup, point positif, les diplôme n'ont plus aucune importance, seule comptent votre compétence et votre aptitude à la rentabiliser.

      Il n'est jamais trop tard pour reprendre sa liberté et sortir de la cage ou l'on crève à petit feu devant la porte ouverte. bonne chance, et haut les cœurs !

      Cela dit, les dépenses que vous évoquez se nomment "frais professionnel", et tous les salariés en ont. En principe (à moins que "le statut" ?), vous pouvez opter pour les frais réel sur votre déclaration de revenus.

  • Karl Liebknecht

    BOF, l'OCDE ne rêve que de marchandiser l'école, c'est dans ses documents de travaux : il faut libéraliser l'éducation.
    "il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce
    que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de
    fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de
    restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment
    à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la
    qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement
    obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait
    au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle
    sorte que l’on évite un mécontentement général de la population."
    (cahier n°13, p30)" http://leruisseau.iguane.org/spip.php?article11

    • Lucien Marboeuf

      Ce texte date de 2003 ! Si vous aviez lu ce qui s'est écrit durant la dernière décennie, vous sauriez que ceci est totalement obsolète, et que toutes les études de l'OCDE vont dans le sens opposé...

  • Moustique Jurassien

    Dire et soutenir que le niveau des jeunes français est supérieur à celui de leurs aînés est une vaste blague ! Avec juste le certificat d'étude, les anciens écrivaient et calculaient mieux que les jeunes d'aujourd'hui.
    Alors continuez de jouer les autruches, au moins je sais pourquoi je mets mes enfants dans le privé hors contrat.
    Car aujourd'hui :
    - il y a du soutien scolaire jusqu'à l'université
    - l'enseignement des fondamentaux est une catastrophe au niveau des résultats, que l'on préfère aujourd'hui masquer derrière une évaluation des compétences beaucoup plus floue et inadaptée que des notes
    - l'allemand est depuis quelques années enseigné sans apprentissage des déclinaisons et le niveau a chuté : rassurez-vous, on a toujours des diplômés, mais les germanophones ne les comprennent pas (véridique !)
    - le passé composé serait trop difficile pour un élève de 6ème (dixit une inspectrice du rectorat au cours d'une évaluation d'un professeur) alors qu'enfants nous connaissions et maîtrisions tous les temps de l'indicatif dès le primaire (ce qui est aussi le cas aujourd'hui de mes enfants dans une école privée hors contrat)...
    Etc.

    • Lucien Marboeuf

      Ah, ce bon vieux temps où la France savait former 100% d'élites ! 😀

    • LéoFaible

      Le niveau est un niveau moyen. Par exemple, l'illettrisme ne cesse de reculer avec le renouvellement des générations; de la même façon, le niveau moyen monte, c'est mesuré de façon peu contestable.

      L'Allemand, peu importe, on n'apprend pas une langue vivante à l'école.

      • yuropp

        "c'est mesuré de façon peu contestable"
        "on n'apprend pas une langue vivante à l'école"

        Je présume que c'est évident, et qu'alors c'est faux ?

        Au fait, si aucun ne parvient à apprendre une langue aux enfants que les parents leur confient, pourquoi recruter des professeurs de langue ? En voila, des économies, et de l'allègement d'emploi du temps !

        (les profs de langues, pas de panique, je ne crois pas un seul mot des "évidences" du zozo)

  • lyseam

    Le nombre croissant de diplômés ne peut constituer une preuve d'un niveau de savoir/connaissance etc croissant de la population.Si au final on demande 1+1=2 pour le bac, la France battra tous les records avec en plus un âge d'obtention qui descendra en flèche.

    • Lucien Marboeuf

      Argument démonté dans le post, par l'OCDE ! Les différentes générations ont été confrontées aux mêmes tests de littéracie, et les meilleurs résultats sont pour les jeunes... Il faut lire attentivement !

  • ALI

    C'est toujours mauvais quand le débat est passionnel. Commençant déjà par aimer nos enseignants. Parents et enfants doivent tous s'y mettre. Je me suis souviens d'une institutrice qui grillait toutes ses poses pour m'apprendre à compter. A cette époque les enseignants se sentaient aimés et respectés. Mais qu'est ce le respect au niveau de l'enfant et des parents de nos jours? Ont ils perdu le sens ?Apprendre ce n'est ni une question d'éducation privée ou publique. On est tous des citoyens français non? Pardonnez moi ce n'est pas sophistiqué ce que je dis mais il fallait quand même que quelqu'un en parle. Aux jeunes de bonne volonté d'approfondir !

  • Fasquel

    Tout est dit !