Cinq choses à savoir avant d'aller voir "Mad Max : Fury Road"

Paré au démarrage. Après des mois d'attente entretenue par des teasers de plus en plus fous et excitants, Mad Max Fury : Road sort en salle jeudi 14 mai en France. Projeté lors du festival de Cannes au sein de la sélection officielle, mais hors compétition, ce nouvel épisode de la saga mythique réalisée par l'Australien Georges Miller dans les années 1980 s'annonce comme l'un des films les plus excitants de l'année.

Avant de mettre le contact et d'appuyer sur l'accélérateur, Pop Up' vous livre cinq choses à savoir sur ce film.

1Ça a longtemps été un film maudit

Dix-sept ans. Cela fait dix-sept années que Mad Max : Fury Road trotte dans la tête de George Miller. En 1998, alors qu'il s'apprête à traverser une rue de Los Angeles, le réalisateur australien a soudain l'idée, et l'envie, de faire un nouveau Mad Max. Il est à peine au milieu de la route qu'il a déjà une ébauche de scénario. Mais arrivé sur le trottoir, il abandonne son projet, se disant qu'après trois films, il a fait le tour de la question. Mais la graine est plantée et va grandir dans son esprit.

Une année plus tard, alors qu'il se trouve dans un avion au-dessus du Pacifique, l'idée germe et George Miller tient son synopsis : une histoire où les Marauders ne se battent plus pour de l'essence, comme dans Mad Max 2, mais pour des êtres humains. Tout est prêt en 2001 pour que le tournage débute en Australie, mais le film est une victime collatérale du 11-Septembre. "Le dollar américain s'est effondré face au dollar australien, et notre budget a explosé", raconte George Miller, qui décide alors de réaliser Happy Feet. Le projet Mad Max est mis en veille, mais le casting s'étoffe. Enfin, presque. Mel Gibson est d'abord envisagé pour reprendre le rôle de Max. Problème, l'acteur accumule les ennuis avec l'alcool, la police, son ex-femme et finit même par se mettre hors-jeu à Hollywood lorsqu'il prononce des propos antisémites, en 2006. Les studios décident alors de miser sur un jeune acteur qui monte : Heath Ledger. Mauvaise pioche, le mythique interprète du Joker dans The Dark Knight meurt en 2008 d'une overdose de médicaments.

En 2010, après l'arrivée de Tom Hardy dans le rôle de Max (alors que les noms de Sam Worthington et... Paul Walker étaient annoncés), tout est enfin prêt. L'équipe du film se prépare à rejoindre l'outback australien pour commencer à tourner. Le hic : un déluge s'abat sur les lieux du tournage pour la première fois depuis plusieurs années, transformant ainsi les paysages désertiques en territoires verdoyants. La décision est alors prise de tourner le film en Namibie et les premières séquences sont filmées, enfin, à l'été 2012.

2George Miller a tourné ses cascades "à l'ancienne"

Old school. Si le réalisateur australien de 71 ans n'a rien contre les nouvelles technologies - après avoir réalisé Happy Feet, il avait même un temps envisagé de réaliser entièrement son nouveau Mad Max en images de synthèse - il a préféré se passer des fonds verts et autres effets spéciaux numériques pour miser sur un tournage à l'ancienne. "Le premier jour du tournage, après le premier plan, j'ai dit "Coupez !" et, bon sang, c'était là. Rien à retravailler, le plan était fait, dans la boîte, a expliqué George Miller à Première. L'animation, c'est comme évoluer dans le brouillard et voir les choses au ralenti. Sur du live action, ce qu'il faut filmer est là, devant toi, tu dois avoir les sens en éveil pour ne pas rater le truc à l'instant où il se produit. C'est comme une partie de foot ou une bataille à mort, tu n'as plus le temps de penser, tu n'es plus que réflexe. Par moments, l'intellect intervient, mais c'est l'instinct qui domine (...) J'ai fait beaucoup de CGI (Computer-Generated Imagery) ces dernières années, mais tout ce que vous avez vu dans la bande-annonce est du vrai."

Comme on peut le voir dans cette vidéo qui compile les making-of de scènes de cascades, le réalisateur n'hésite pas à mettre ses acteurs dans des situations périlleuses en limitant au maximum les fonds verts.

3Tom Hardy et Charlize Theron ont vécu un enfer durant le tournage

Si se passer des effets spéciaux numériques permet de rendre le film plus réaliste, cela représente aussi un sacré défi physique pour les acteurs. Mad Max, "c'était du heavy metal sous un soleil de plomb, des traumatismes, des accidents de voitures avec des tonneaux... Tout n'était que métal, résume Tom Hardy dans Mirror (en anglais). Tu te retrouves sur des câbles avec peu d'habits, accroché à un harnais. Et dans une chaleur moite, il faut sauter, et essayer de rebondir en s'écrasant sur du métal, tous les jours durant six mois. J'ai eu l'impression d'être roué de coups. Sérieusement, c'était très dur." 

FURY ROAD

Même son de cloche du côté de Charlize Theron, qui reconnaît avoir vécu un enfer durant le tournage. "On s'est méchamment frittés [avec Tom Hardy], oui. Et le reste du temps, lui et George [Miller] s'engueulaient, a-t-elle reconnu chez Yahoo Celebrity. C'était à cause de l'isolement, et le fait d'être coincé pendant tout le tournage. On a tourné un film de guerre sur un camion à toute vitesse - il n'y avait que très peu de fond vert. C'était comme un voyage familial qui n'allait nulle part. On ne faisait que rouler vers le néant, de quoi devenir dingue parfois."

Des propos que ne dément pas George Miller, surtout quand il évoque l'une des scènes du film où Tom Hardy est accroché à une perche installée sur un véhicule lancé à vive allure. "Je n'aurais jamais cru que l'on soit capable de réaliser cette scène pour de vrai, confesse le réalisateur. Si quelque chose avait mal tourné, cela aurait été horrible...” Mais pas de quoi effrayer Tom Hardy, qui estime que cela doit faire partie de son jeu d'acteur. "Tout fait mal, donc si vous vous faites mal aux burnes quand vous atterrissez sur l'arrière d'un camion, il faut le jouer, explique-t-il au magazine SFX. C'est ce qu'aurait fait Harrison Ford ou Mel Gibson."

4Un film qui a de la suite dans les idées

George Miller en garde sous le pied. A l'image de la première trilogie, débutée en 1979 avec Mad Max, suivi deux ans plus tard par Mad Max 2 : Le Défi et Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (1985), Mad Max : Fury Road pourrait bien être le premier épisode d'une nouvelle série. Tom Hardy a, en effet, expliqué, dans une interview accordée à Esquire, qu'il avait signé un contrat pour participer à trois éventuels nouveaux films de la saga. "Tout est lié aux chiffres [du box-office] et à la façon dont les choses sont perçues. C'est un business", a expliqué l'acteur britannique. Et quand on connaît la productivité de George Miller, il y a fort à parier que l'on va rapidement avoir des nouvelles de Max.

5Les critiques donnent une furieuse envie d'aller au ciné

Une claque qui colle le spectateur à son siège. Les premières critiques du film diffusées depuis lundi sont dithyrambiques. "En mariant la frénésie mordante de Terry Gilliam à la grandeur explosive de James Cameron, George Miller a concocté l'une des actions soutenues les plus grisantes jamais capturées par les caméras", assure Time Out. 

En France, l'accueil est tout aussi chaleureux. Didier Allouch, le correspondant cinéma à Hollywood pour Canal+, reprend à son compte dans un tweet une analyse réalisée par Variety. "'Mad Max : Fury Road fait passer Fast and Furious pur un cours de conduite'. Tellement vrai..."

Pour 20 Minutes, "Mad Max : Fury Road, c'est de la balle (de fusil) qui fait vibrer pendant deux heures de folie furieuse dont on ressort avec la gorge aussi sèche que si on avait pris place à bord du convoi que défendent Tom Hardy et Charlize Theron." Le film a même divisé la rédaction de Télérama, qui a publié une double critique. Si l'un des journalistes dénonce "un film écologiste qui a tout d'un Paris-Dakar en costumes", son collègue juge, lui, que "ce cinéma amoureux de tous les imaginaires a plus de charme et de caractère que bien des blockbusters."

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