Une - deuxième - étoile est née

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Au diable, Henri De Lesquen, et son racisme primaire, lorsqu'il encourage l'équipe croate plus "blanche" que l'équipe de France; enjoignons-le de se faire naturaliser.

Au diable, Marine Le Pen, et son hypocrisie qui a sauté aux yeux de tous. Elle est en quête d'un électorat, confondant patriotisme et nationalisme,

Que m'importe le cynisme de Philippe Poutou, incapable de laisser au peuple l'instant de bonheur,

Oui, il y a eu des incidents. Oui, un supermarché parisien a été pillé. Oui, aussi, certains ont pris des risques, bafouant les règles du Code de la Route. Et probablement d'autres choses se sont passées à travers la France. Oui, c'est dommage.

Mais en fait... Ce soir, on s'en fout. Exceptant, bien sur, ceux pour qui la fête a été gâchée par l'attitude de certains; ceux-là, oui, ont à y redire, et c'est bien normal.

Non, nous ne serons pas, individuellement, plus riches, demain matin. Non, la politique de l'exécutif ne va pas changer au lendemain d'une telle journée. Non, la courbe du chômage ne va pas s'inverser comme par magie. Les entreprises qui voulaient licencier le feront tout de même. Ce sont des scoops? Non, bien sur.

Un petit mot, tout de même, pour tous les services de secours qui auront donné, et donneront encore du temps, et de l’énergie, pour gérer l'après, une bonne partie de la nuit. Pompiers, personnels médiaux, forces de l'ordre.

Alors non, il n'y a rien à cacher. Rien.

Pour autant, je retiendrais, aujourd'hui, cette foule, rassemblée, partout en France; ces centaines de personnes réunies dans tous les cafés parisiens, deux heures avant le coup d'envoi. Des drapeaux, des t-shirt floqués de l'équipe de France, ces joues arborant du maquillage bleu blanc rouge, parfois coulant, à cause de la chaleur.

La ferveur qui a gagné cette foule au coup d'envoi. Les gens qui se sont amassés derrière les bars, débout. Et cela saute aux yeux; immédiatement. Il y a ce besoin d'être heureux. D'être ensemble. De partager cet instant qui promet, avant le coup d'envoi, d'être beau.

Mais surtout, je me souviendrais ceux que j'ai eu la chance d'accompagner. Adrienne, Audrey, Chloé, Marie-Anne, Tatiana, François et Pierre.

Cette folie qui s'est emparée des terrasses au 1er but; celui des croates, contre leur camp. Et l'égalisation de Perisic, pour la Croatie; où l'on se dit, ironiquement que, techniquement, les croates ont marqué deux fois. Et cette nouvelle clameur qui est montée après le penalty d'Antoine Griezmann. Le temps de reprendre un peu de souffle à la mi-temps. Et puis marqué les 3ème et 4ème buts français. Le 2ème but croate, sur une bourde d'Hugo Lloris n'y fera rien.

A 18h53, à Paris, c'est toute la France qui est en liesse. Ils sont... Nous sommes... CHAMPIONS DU MONDE. Les larmes de Griezmann... et la joie simple de ces "gamins" sur le terrain, dans les vestiaires... la joie du président français; et même celle de la présidente croate.

Plus près de nous, ces millions de personnes en joie. Amoureux du foot... ou pas... Femmes, hommes, vieux, jeunes... peu importe. Tout le monde était là, et tout le monde, ou presque, est heureux. On peut dire ce qu'on veut, il n'y a toujours le football qui est capable de tant de ferveur; avec tous ses défauts. Même.

Tous ceux qui ont vécu 1998 se souviennent de ce qu'ils faisaient ce jour-là, de leurs émotions.

Tous, avec une nouvelle génération qui a grandi dans le sillon des anecdotes vieilles de 20 ans, nous souviendrons de ce que nous avons fait en ce 15 juillet 2018. Après n'avoir vécus que des rassemblements populaires signes de protestation, d'unité face au terrorisme, ils auront connu un rassemblement heureux.

Profitons, tous, individuellement et ensemble, de ces liesses de bonheur, qu'une bande de gamin nous a offert, l'espace de quelques heures. Et encore un peu demain, et probablement dans les jours qui viennent.

Parce que désormais, c'est une seconde étoile qui viendra orner le maillot tricolore, sur le cœur. Celui qui a vécu tant d'émotions. De belles émotions.

En fait, très simplement: vive les bleus, Vive la France.

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