Cachez-moi ces seins que Royal ne saurait voir ou montrez-moi cette "Dragon Lady" que l'on va adorer haïr?

BerrettaCa parait tellement gros que ça ressemble à un hoax : Le Point, repris par l'ensemble de la presse ce matin, rapporte que Ségolène Royal aurait instauré au Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie, un nouveau règlement intérieur aux accents a minima autoritaires et probablement un peu liberticides sur les bords. Il y aurait obligation martiale de se lever aussitôt que l'huissier annonce l'arrivée de la Ministre, interdiction de fumer dans la cour et le jardin du 246 boulevard Saint-Germain et d'emprunter les couloirs jouxtant la salle à manger quand Ségolène Royal y déjeune, commandement de partager son bureau avec au moins un-e collègue (sauf pour la Ministre elle-même), restriction des conditions d'utilisation de "la cabane" de l'hôtel particulier pour les chauffeurs et officiers de sécurité... Et exigence de tenue décente, impliquant le bannissement des décolletés pour les femmes!

décolleté

 

Après avoir, toujours selon le Point, refusé de répondre aux questions concernant un "règlement intérieur sur proposition des services qui est destiné à l'interne et ne donne pas lieu à commentaires externes", Madame la Ministre dément sur Twitter "la rumeur ridicule concernant l'interdiction de décolletés dans le ministère".

Malgré cela, le mal semble fait. La rumeur fait son job, celui de nous laisser croire qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Et d'inviter chacun-e à instruire tout le parcours de Ségolène Royal pour lui trouver une citation, une prise de position, une action qui viendrait confirmer qu'elle n'en est pas à son coup d'essai, ni en matière d'arbitraire, ni en matière de pudibonderie, ni peut-être même en matière de contradictions du féminisme. Berretta, le rédacteur du Point qui a sorti "l'info" (ou bien lancé la rumeur?) parle du "retour de Calamity Ségolène Royal" pour donner le la d'une sirène lancinante qui alerte en présence de toute femme de pouvoir : la "dragon lady" est dans la place! Ce contre-modèle que l'on adore haïr, vous savez, cette femme bossy qui n'est pas arrivée là par hasard et qui a du en piétiner de la couille pour accéder au pouvoir, en cacher du nichon rival pour s'imposer comme la seule femme que l'on regarde. Cette femme qui a le mérite ultime surtout de donner très peu envie aux autres femmes de lui ressembler. Des fois que, qui sait, ça leur prendrait de vouloir elles aussi, à leur tour, accéder aux responsabilités.

Ségolène Royal est peut-être autoritaire. Elle a sans doute des contradictions. Et il est possible qu'elle n'ait pas toujours fait de cadeaux aux autres femmes (et à des hommes non plus). Et après? Elles se comptent par centaines, les personnalités politiques qui sont parvenues au plus haut niveau en écartant la tendresse et en se laissant aller aux excès du pouvoir. Mais si dans les esprits, c'est "le jeu" (qui nous inspire autant de fascination que de dégoût) quand il s'agit d'hommes, c'est une sortie de terrain par carton rouge quand il s'agit de femmes. Comme Berretta, j'ai un scoop pour vous ce matin : les femmes ne sont ni meilleures ni pires que les hommes.

Publié par Marie Donzel / Catégories : Actu

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