Plus d'un demi-siècle après sa mort, John Kennedy est encore présent dans les mémoires

Cette semaine nous vous emmenons sur les traces de John Fitzgerald Kennedy, devenu une icône source de glamour et d'intrigue. Il est le deuxième président le plus apprécié de l'histoire des États-Unis, derrière Abraham Lincoln.

John Fitzgerald Kennedy, également connu par ses initiales JFK, est né le 29 mai 1917 à Brookline (Massachusetts) et a été assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas (Texas). Il est le second d'une famille de neuf enfants. Entré en fonction à la Maison-Blanche le 20 janvier 1961 à l'âge de 43 ans, il est le 35e président des États-Unis mais aussi le plus jeune président élu dans l'histoire du pays. Après seulement trois ans à la tête du pouvoir, JFK a été tué par balles, en service, sous les yeux de sa femme.

Marié à Jacqueline Bouvier le 12 septembre 1953, JFK deviendra le père d'une fille Caroline en 1957 et d'un garçon John en 1960. Deux autres enfants, Arabella mort-née (1956) ainsi que Patrick naît prématurément et mort deux jours plus tard (1963) reposent au cimetière National d'Arlington, dans la balnlieue de Washington D.C, auprès du couple.

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John Fitzgerald Kennedy a marqué l'histoire du pays par sa gestion de la crise des missiles de Cuba, son autorisation du débarquement de la baie des Cochons, son engagement dans le cadre de la course à l'espace, son opposition à la construction du mur de Berlin et enfin sa politique d'égalité entre les personnes blanches et celles de couleurs. Il aurait eu 100 ans en mai 2017.

Reportage de Jacques Cardoze, Régis Massini, Louise Dewast et Arielle Monange

Donald Trump pousse la chansonnette dans une parodie du tube "Despacito"

Depuis sa mise en ligne, le tube planétaire "Despacito" aux paroles très sensuelles, inspire les internautes les plus créatifs aux quatre coins du monde. Il y a une semaine, un youtubeur marocain a posté une parodie de Donald Trump, interprétant la chanson. Un pastiche visionné plus de 600 000 fois.

Le remix est hilarant. Durant 1'13 minute, le youtubeur marocain, Zakaria Chaouch, alias Maestro Ziikos a rassemblé plusieurs déclarations publiques du président américain, lors de ses déplacements aux États-Unis et en Europe, comme lors de son élocution à Varsovie, première étape de sa tournée européenne à l'occasion du G20. 

Une fois les images assemblées, l'artiste marocain de 26 ans a ajusté les expressions du visage de Donald Trump sur la bande musicale, donnant l'illusion qu'il interprète lui-même le morceau. Une composition pour le moins très réussie !

Publiée le 15 juillet, la parodie a été vue plus de 600 000 fois sur la plateforme d'écoutes YouTube. "J'ai reçu beaucoup de suggestions de Donald Trump chantant 'Despacito', a déclaré Zakaria Chaouch dans un commentaire sur ses pages Youtube et Facebook. Au début, je me suis dit 'Non, c'est impossible', mais quelques semaines plus tard, j'ai pensé 'Tente'. Voici le résultat, j'espère que vous allez l'aimer".

Sur sa chaîne de vidéos, le youtubeur n'en est pas à son premier coup d'essai. En février dernier, il avait atteint les 8 millions de vues grâce à sa reprise de "Shape of You" d'Ed Sheeran, par l'ancien président Barack Obama.

La planète danse au rythme des sonorités latines

Qu'on l'aime ou non, la chanson est sur toutes les lèvres. Interprété par le Portoricain Luis Fonsi, en featuring avec le rappeur Daddy Yankee, "Despacito" (Doucement en français) est devenu le titre de l'été le plus écouté en streaming depuis mercredi 19 juillet, a annoncé le label Universal Music Latin Entertainment. Classé numéro un dans 45 pays, le morceau connaît un succès international historique.

Avec 4,6 milliards d'écoutes sur les plateformes d'écoutes en ligne - à savoir Spotify, Weezer, Apple Music, Amazon Unlimited ou encore YouTube - le hit a ainsi pris la première marche du podium, détrônant "Sorry" de Justin Bieber. Le chanteur canadien n'a pourtant aucune honte à avoir puisque son titre cumule 4,38 milliards d'écoutes.

Yelen BONHOMME-ALLARD

 

À la découverte de Georgetown, quartier historique de Washington D.C

Georgetown est une ancienne ville portuaire construire durant la première moitié du XVIIIe siècle. Elle a été fondée en 1751 par George Beall et George Gordon sous le nom de Town of George. George étant aussi le prénom du roi d'Angleterre de l'époque, George II, un doute persiste quant à l'origine du nom de la ville. Située à la limite du Potomac, la ville a rapidement prospéré grâce à son port, favorable au commerce du tabac. Aujourd'hui, Georgetown est l'un des quartiers les plus branchés de la capitale.

  • M Street

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Connu pour ses nombreux magasins, Georgetown est un quartier incontournable pour les accros du shopping. Tout au long de l'avenue, les enseignes nationales - voire internationales - côtoient les petites boutiques de créateurs. Vêtements et chaussures paradent dans les vitrines au gré des saisons et des collections.

  • Georgetown Cupcake 

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Saveurs chocolat, caramel, carotte ou noix-de-coco, il y en a pour tous les goûts. Chaque cupcake revêt un chapeau de crème colorée, avec de nombreux éléments de décoration (paillettes, fleurs, coeurs ou guimauve arc-en-ciel). Difficile de ne pas y succomber mais... armez-vous de patience ! Du matin au soir, la pâtisserie ne désemplit pas et la file d'attente est souvent longue, très longue.

  • "The Exorcist" Steps 

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Situés au 3600 Prospect St NW, à Washington D.C, ces escaliers sont devenus célèbres depuis la sortie du film d'horreur l'Exorciste en 1973. Dans le long métrage, le Père Damien Karras, possédé par le démon, a dévalé les 75 marches avant de trouver la mort en contrebas.

Aujourd'hui, l'emplacement est devenu le terrain de jeu des sportifs qui ne semblent pas effrayés par la réputation du lieu.

  • Potomac Waterfront 

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A pied, à vélo ou en bateau, le Potomac peut se découvrir de plusieurs façons. Le fleuve sert de frontière naturelle séparant les Etats du Maryland, de Virginie et le District de Columbia. Les bateaux assurent des allers-retours de 90 minutes entre Georgetown et Alexandria, la vieille ville située en périphérie de la Capitale. La station nautique du Potomac propose également des visites du fleuve en paddle et en canoë-kayak.

  • Georgetown University

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Fondée en 1789, l'université catholique jésuite est le joyau de Georgetown. L'établissement, dont la réputation s'étend au-delà des frontières du pays, propose un enseignement d'excellence basé sur l'apprentissage des sciences, des mathématiques, la philosophie, l'histoire ou encore des sciences humaines. Les frais de scolarité sont, certes, très élevés mais assurent un avenir prometteur aux étudiants. Comme toute université américaine qui se respecte, Georgetown promeut ses disciplines sportives (basketball, baseball, football) et artistiques (danse, théâtre, musique).

  • Les maisons colorées de Georgetown 

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Les maisons de Georgetown sont très célèbres pour leurs façades colorées. Bleu, rose, jaune ou vert, le mariage des nuances, le plus souvent dans les tons pastels, harmonise les ruelles et charme le regard. Beaucoup de touristes aiment s'y promener, photographiant par endroits le profil des habitations.

Pour les curieux, l'ancienne maison de Jacqueline Kennedy est visible au 3017 N Street.

Yelen BONHOMME-ALLARD avec Aliénor VINÇOTTE

Et si le chocolat au lait provenait des vaches marron ? 16 millions d'Américains en sont persuadés

Mélangez du lait, avec du cacao et du sucre, et vous obtiendrez du chocolat au lait. La recette semble simple. Pourtant, 16,5 millions d'Américains sont convaincus que le chocolat au lait provient directement du pis des vaches... marron ! Une méconnaissance inquiétante.

Non ce n'est pas une blague, pourtant l'annonce a de quoi faire sourire. Selon une étude menée par The Innovation Center of U.S. Dairy et révélée par le Washington Post, 7% des Américains adultes croient que le chocolat au lait provient directement des vaches marron. Ce pourcentage correspond à une population de 16,5 millions d'habitants, l'équivalent de l'État de Pennsylvanie.

Ce n'est pas la première fois qu'une étude met en lumière les lacunes des Américains quant au secteur agro-alimentaire. Dans les années 1990, déjà, une enquête commandée par le Département de l'Agriculture avait révélé qu'un américain sur cinq ne savait pas que les hamburgers étaient fabriqués à partir de boeuf.

"Nous sommes conditionnés pour penser que, si nous avons besoin de nourriture, il n'y a qu'à aller au magasin", déplore auprès du Washington Post, Cecily Upton, co-fondatrice de FoodCorps, une association qui intervient dans les écoles pour parler d'agriculture. "Rien ni personne n'enseigne aux enfants la provenance des aliments". Et c'est bien dommage...

Yelen BONHOMME-ALLARD

13 Reasons Why, la série coup de poing

Encensée par les uns, dénoncée par les autres, la nouvelle production de Netflix ne laisse personne indifférent. Et pour cause, en prenant le sujet du suicide des ados à bras le corps, la série veut frapper fort.

Un phénomène international 

Produite par Selena Gomez, 13 Reasons Why raconte l'histoire d'Hannah Baker, ou plutôt, elle raconte sa mort. Hannah a mis fin à ses jours. Pour expliquer son geste, la jeune fille de 17 ans a enregistré sept cassettes audio, chacune adressée à une personne que l'adolescente estime responsable de son suicide. Des sujets sensibles, une narration originale et des personnages forts, Netflix semble avoir réussi le pari d'adapter le roman à succès de Jay Asher. 

Bande annonce française de la série. Netflix France. 

Mise en ligne il y a moins d'un mois sur la plateforme, la série a connu un succès fulgurant et suscité un débat international dès le début de sa diffusion. Les sujets abordés font écho à la vie quotidienne du téléspectateur, en grande partie adolescent. Harceleur ou victime, il est lui aussi probablement passé par là.

Réflexion autour du suicide chez les jeunes

Alors chaque épisode donne à réfléchir, notamment sur la portée de ses actions, quand on sait que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans - plus de 5000 adolescents tentent de se suicider chaque jour aux Etats-Unis. Les jeunes sont donc une cible de choix pour la série, qui semble parvenir à les toucher. De nombreuses associations, comme le souligne Le Monde, constatent ainsi que les appels sur leurs lignes d'écoute ont "doublé depuis le début de la série". 

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La productrice de 13 Reasons Why, Selena Gomez, en compagnie de Katherine Langford (Hannah Baker) et Dylan Minnette (Clay Jensen). Netflix.

Conscients de la portée d'un tel thème, les acteurs essaient de faire entendre leur voix au-delà du petit écran, à l'image de l'actrice Alisha Boe - Jessica dans la série. Cette dernière a participé le 26 avril à un événement organisé par l'université de George Mason, en Virginie, en compagnie de l'ancien vice-président Joe Biden. Elle est intervenue sur le thème des agressions et du harcèlement sexuels sur les campus, dans le cadre des actions de l'université sur le sujet.

Outil pédagogique?

Le thème est important, universel, il parle aux jeunes, et ce, au-delà des frontières américaines. Si bien que chaque épisode a suscité de vastes débats sur les réseaux sociaux. En quelques jours, c'est une véritable communauté qui s'est créée autour de 13 Reasons Why, des centaines d'espaces de discussion voyant le jour sur la toile.

La série a été plutôt bien accueillie par les professionnels de l'éducation, certains y voyant même un outil pédagogique afin de sensibiliser les élèves au suicide et au harcèlement, fait remarquer Sud Ouest.

Une série très critiquée 

La production de Selena Gomez ne fait cependant pas l'unanimité. Accusée de mettre en scène, de glorifier le suicide ainsi que de culpabiliser les proches et les jeunes ayant des pensées suicidaires, 13 Reasons Why a dû faire face à de nombreuses critiques. À l'image de cette mère, interrogée par le New York Times, qui s'inquiète du fait que la série "glamourise" le suicide. 

Malgré ces déconvenues, la série peut se targuer d'un réel engouement, une saison deux devrait d'ailleurs voir le jour. 

Victoria David

 

L'appropriation culturelle fait débat dans l'Amérique post-Trump

Depuis l’élection de Donald Trump, certains Américains redoutent la libération de la parole raciste. Dans ce contexte, nous revenons sur la notion d' "appropriation culturelle" - l'appropriation de la culture d'une minorité par les blancs. Régulièrement critiquée par les médias conservateurs comme Breitbart (pro-Trump), elle s'est imposée depuis longtemps dans le débat public aux Etats-Unis.

Miley Cyrus peut-elle "twerker" (danser en se déhanchant de manière sexuellement suggestive, un peu à la façon Mapouka de Côte d'Ivoire) ? Une femme blanche peut-elle porter des dreadlocks ? Des étudiants peuvent-ils organiser une "soirée tequila" en portant des sombreros ? Un mannequin de Victoria Secret peut-elle défiler coiffée de plumes comme jadis les Amérindiens ? 

Le twerk de Miley Cyrus

Tous ces actes peuvent respectivement heurter les Afro-Américains, la communauté mexicaine et les descendants des Amérindiens. On parle alors d' "appropriation culturelle" ou "cultural appropriation", une expression qui s'est imposée depuis plusieurs années dans les médias nord-américains, y compris dans le New York Times"Je définis l'appropriation culturelle comme l'utilisation, sans autorisation, d'un élément d'une culture'' minoritaire par la culture dominante, explique George Nicholas, un professeur canadien qui travaille sur les questions de propriété intellectuelle et d'héritage culturel.

Le dreadlock-gate chez Marc Jacobs

Récemment, c'est le créateur américain Marc Jacobs qui a fait les gros titres après avoir affublé de dreadlocks des mannequins blanches, lors de son défilé printemps-été 2017. La polémique illustre la difficulté posée par la notion d'appropriation culturelle : la mode occidentale s'est toujours inspirée d'autre cultures (comme l'a fait Yves Saint Lauren avec sa collection africaine en 1967). Alors, à quel moment ces emprunts deviennent-ils "inappropriés" ? "Depuis toujours, les sociétés humaines ont emprunté des éléments les unes aux autres. Le moment où cela devient problématique, c'est lorsque les héritages sont utilisés de manière systématique et sans que les héritiers de la culture puissent donner leur avis," estime Nicholas, qui conseille aux designers de travailler avec les peuples concernés et partager leurs recettes avec eux.

En septembre, la question de l'appropriation culturelle s'est manifestée dans un domaine où elle est présente de longue date : la littérature. L'auteur américaine (blanche) Lionel Shriver a causé la polémique après avoir pris fait et cause pour des étudiants américains qui avaient suscité l'indignation pour avoir organisé une fête sur le thème de la tequila, où ils s'étaient affublés de sombreros. Shriver, elle-même vêtue d'un sombrero pendant son discours, entendait défendre le droit des auteurs qui appartiennent à la culture dominante de se mettre, dans leurs livres, à la place des dominés au travers de leurs personnages fictifs. Pendant l'intervention, une écrivain d'origine soudanaise, Yassmin Abdel-Magied, a quitté la salle. Dans une tribune, elle a expliqué avoir trouvé les propos de Shriver offensants. Selon elle, l'attitude de l'auteur "découle de la suprématie raciale."

"Tous les lecteurs devraient se sentir offensés par le coup de Lionel Shriver avec le sombrero" juge Michael North, un professeur de littérature anglo-américaine qui travaille notamment sur la littérature post-coloniale, ajoutant que les bons auteurs se doivent d'éviter l'emploi de tels stéréotypes et "fausses généralisations".

Pour autant, il ne porte pas un regard négatif sur les auteurs blancs qui se mettent dans la peau de personnages de couleur.  "Il existe des cas typiques dans la littérature, où un auteur anglo-saxon blanc a écrit des romans sous le nom de plume d'un amérindien, en s'appropriant l'expérience de groupes sans en avoir le droit,'' raconte North. "Mais c'est aussi ridicule que de critiquer une auteur parce qu'elle écrit au sujet d'un homme. Aux Etats-Unis, on présuppose souvent que l'on n'a pas le droit de s'approprier l'expérience des autres peuples.'' Il cite Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, parues en 1884. Le livre, concède-t-il, est très controversé aux Etats-Unis ou certains le qualifient de raciste, notamment car il emploie le mot "nègre". Selon lui, cette critique "est en partie liée au fait que Twain mettait en scène un personnage Afro-Américain en s'exprimant pour son compte."

Histoire et melting pot

 Pourquoi la notion d'appropriation culturelle est-elle si courante aux Etats-Unis ? North met cela sur le compte d'une société très hétérogène, historiquement composée de nombreux migrants (et de leurs enfants). Selon le dernier recensement, 77% des Américains s'identifient comme blancs. Les minorités les plus nombreuses sont les hispaniques ou Latinos (17,6%) et les noirs (13,3%). "Nous avons aussi une histoire particulière avec les questions de race - une histoire exceptionnellement difficile'' qu'il faut prendre en compte, affirme North.

Les plaies de cette histoire récente sont encore ouvertes. Cet été, lors de la cérémonie des Black Entertainment Television Awards, qui récompensent acteurs, musiciens ou encore sportifs noirs, Jesse Williams, un acteur connu pour son rôle dans la série Grey's Anatomy, a dénoncé dans un discours poignant l'appropriation de la culture afro-américaine par les blancs. "On a fini de regarder et d'attendre pendant que cette invention appelée la blancheur [whiteness] nous utilise et abuse de nous; en enterrant les noirs hors de vue tout en extrayant notre culture, nos dollars, nos productions de divertissement comme s'il s'agissait de pétrole, d'or noir. Avilissant nos créations, puis les volant. Embourgeoisant notre génie, avant de nous essayer comme costume puis de jeter nos corps comme des pelures de fruits étranges."

Quelques jours plus tard, les médias américains conservateurs se sont saisis des propos de l'actrice et présentatrice noire Whoopi Goldberg (connue notamment pour son rôle dans le film Sister Act), qui estimait que les femmes noires se teignant les cheveux en blond faisaient aussi acte d'appropriation culturelle. "Tout le monde s'approprie des choses... Les Japonais, les noirs, les Espagnols, nous nous approprions tous quelque chose les uns aux autres," déclarait-elle alors. La sortie de Goldberg a déclenché une avalanche de critique sur les réseaux sociaux. 

``Tout le monde a tendance à admettre que les styles et les idées ne viennent pas de nulle part, qu'à un moment tout est appropriation," estime de son côté le professeur North. "Rien de ce que nous faisons en ce monde n'est unique. Nous sommes conditionnés par notre propre background culturel.'' Le spécialiste de la littérature pointe du doigt une "étrange incohérence": "on s'intéresse aujourd'hui énormément au cosmopolitisme, aux mélanges [mash-ups]. Pensez par exemple à la musique.'' Dans le même temps, la société américaine est plus sensible que jamais à l'appropriation culturelle.

Une nuit à Bangkok

Et en effet, cette incohérence peut donner lieu à des situations incongrues. Dans le quartier hipster de Bushwick, haut lieu des mélanges et de musique éclectique, le club House of Yes s'est retrouvé sous le feu des critiques cet été après avoir organisé une soirée sur le thème de Bangkok. Au programme : ladyboys (transsexuels) et cocktails aux couleurs locales. Mais une flopée de commentaires négatifs sur la page Facebook de l'événement a forcé les gérants du club à changer le thème de la soirée. La "Nuit à Bangkok" est devenue un soirée "Métropole tropicale". "Nous avons notamment reçu des messages de personnes qui se plaignaient au sujet des ladyboys, disant que nous sexualisions une culture," raconte Kae Burke, l'une des gérantes du club. Celle-ci se décrit comme une "femme blanche américaine privilégiée" et précise qu'elle a travaillé en Thailande pendant trois mois, où son partenaire y vit actuellement. Elle ajoute également avoir "collaboré avec des Thailandais pour créer le concept de la soirée."

Burke a de l'empathie pour ceux qui se sont offusqués de l'appropriation de la culture thaïlandaise par sa soirée. Mais, en même temps, "nous organisons des fêtes dans un club. Nous n'essayons pas de créer une vision historiquement exacte du pays," explique-t-elle. "Lorsqu'ils vont faire la fête, les gens veulent du `sex, drug and rock and roll`, pas entrer dans un musée."

Certains commentaires sont cinglants. "Les mêmes difficultés que les Thaïlandais combattent sur notre propre sol sont perpetuées, consommées et mises à profit... sur le sol américain,"  écrit อาลียา วัชร (ou alia vajra) sur Facebook. Elle cite des passages de la description de la soirée, dont certains font notamment allusion à la prostitution et au trafic sexuel.  "Quid de ceux qui n'ont jamais visité la Thailande ? (...) vos `features' comme le thé glacé, le Pad Thai, les criquets frits et les allusions sexuelles, etc, seront [leur première impression ] d'une culture et d'un peuple qui est tellement plus complexe," écrit-elle. "Bien que ce soit parti d'une bonne intention et d'une volonté de s'amuser, cela donne le sentiment d'être dégradant et réducteur." Elle qualifie la description de l'événement de "propagande raciste".

Le mot d'excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, "One night in Bangkok", en "Métropole tropicale".

Le mot d'excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, "One night in Bangkok", en "Métropole tropicale".


"Les choses ont changé," conclut quant à elle, Kae Burke, la gérante du club. "Les gens sont beaucoup plus sensibles aux questions culturelles qu'il y a dix ans. Il y des personnes qui recherchent des raisons de se plaindre. Et nous, nous devons naviguer dans cette sorte de cri permanent et faire en sorte de respecter les sensibilités de chacun. Nous voulons être sexy et drôles et ne pas nous prendre trop au sérieux. Mais certaines choses ne sont tout simplement plus drôles."

A.N.

Les universités américaines veulent gommer leur héritage raciste

L’école de droit d’Harvard va abandonner son blason. Depuis 80 ans, la plus prestigieuse fac de droit des Etats-Unis est symbolisée par les armoiries d’une famille propriétaire d’esclaves qui avait contribué à son financement. Vendredi dernier, le comité de droit d’Harvard a décidé que ce symbole ne représentait pas les valeurs de l’école.

Harvard n’est pas la seule institution à revenir sur les heures sombres de son Histoire. A travers le pays, beaucoup d’universités de l’Ivy League- les plus anciennes et plus prestigieuses du pays - jettent un regard très critique sur leur passé. Il faut dire que la plupart de ces institutions ont été fondées au XVIIIème siècle, en pleine période esclavagiste. 

En 2013, Craig Steven Wilder avait jeté un pavé dans la marre avec son livre « Ebony and Ivy ». Dans cet essai, ce professeur du MIT revendiquait la thèse selon laquelle les plus vieilles universités de la nation, avec l’Etat et l’Eglise, constituaient « le troisième pilier d’une civilisation fondée sur la servitude ».

Un mouvement national

Amherst College, dans le Massachusetts, cherche à effacer toutes les références associées à Lord Jeffery Amherst, un officier de l’armée britannique accusé de brutalités contre les Amérindiens. L’université de Yale envisage d’abandonner le nom du « Calhoun college », baptisé en l’honneur de John C. Calhoun, un partisan de l’esclavage qui avait qualifié la pratique de « bien positif ». 

En novembre dernier, un collectif d’étudiants avait demandé à ce que toutes les statues et photos de Woodrow Wilson soient retirées de l’université. Un traitement par l’oubli pour un président jugé raciste même par les standards de son temps : Wilson est accusé d’avoir participé à la ségrégation en renvoyant 15 des 17 employés noirs du Service Fédéral, mais aussi d’avoir été un vif défenseur du Ku Klux Klan.  

Les protestations sont si nombreuses qu’un site web a vu le jour en fin d'année dernière : « thedemands.org ». Il recense chaque lutte organisée contre le racisme dans les universités du pays. Derrière ce site, le Black Liberation Collective, une organisation de jeunes adultes inspirée du mouvement Black Lives Matter.


Plus de 75 universités sont listées sur la page, chaque groupe d’étudiants avec ses revendications propres : changement de noms des bâtiments à caractères racistes, mais aussi plus de diversité dans le corps administratif ou davantage de financement pour les associations afro-américaines du campus.

Sûre réaction ou surréaction? 

L'abandon des symboles historiques des universités ne se fait pas sans remous. Pour beaucoup, ces mouvements relèvent de la censure, voire d'un déni de l'Histoire.

Ce débat s'inscrit dans un contexte plus vaste sur les campus américain. De plus en plus d'intellectuels dénoncent la protection d'une sensibilité exagérée des étudiants. The Atlantic, dans un célèbre article, appelait ce phénomène: "Le bichonnage de l'esprit américain". Les comédiens Chris Rock et Jerry Seinfeld refusent eux de se produire devant des foules estudiantines devenues "trop politiquement correctes".

Interrogé par BBC News au début du mois de mars, Wilder a répliqué à ces accusations : « Je suis plus choqué qu’il nous ait fallu aussi longtemps pour avoir une réflexion critique sur les noms et les titres circulant sur le campus. […] Je pense en fait que ce qui se passe en ce moment est très productif. Ca force des conversations que nous aurions dû avoir il y a très longtemps. »

A.S

Comme l'année dernière, le hashtag #OscarsSoWhite a enflammé Twitter après l'annonce des nominés. Crédit : Prayitno

OscarsSoWhite : la polémique sur le manque de diversité des Oscars en 5 questions

L'Académie des Oscars devrait bientôt d'annoncer de nouvelles mesures pour favoriser la diversité parmi les artistes récompensés à Los Angeles. Une façon de répondre au hashtag #OscarsSoWhite, qui a fait son retour sur les réseaux sociaux ce mois-ci, après l'annonce des nominations des Oscars. L'année dernière déjà, des internautes avaient manifesté leur mécontentement, jugeant que la cérémonie de récompense du cinéma américain manquait de diversité. Pourquoi cette polémique sur la "blancheur" des Oscars ? Cinq questions pour comprendre.

Que reproche-t-on aux Oscars ?

Les 20 acteurs nominés pour leur performance cette année sont de couleur blanche. Pourtant, dans le casting, on comptait de nombreux nominés potentiels noirs.

Idris Elba, seigneur de guerre africain dans "Beasts of No Nation", était parmi les candidats potentiels ; tout comme Michael B. Jordan pour son rôle de boxeur dans "Creed", spin-off de Rocky qui raconte l’histoire d’un jeune boxeur noir (c'est finalement Sylvester Stallone, un acteur blanc, qui a été nominé pour sa performance dans "Creed"), Will Smith pour son rôle dans "Seul contre tous" ou encore l'un des acteurs principaux de "Straight Outta Compton", sur le groupe de hip-hop N.W.A.

Will Smith, Michael B. Jordan, Idris Elba

Will Smith, Michael B. Jordan, Idris Elba

Par ailleurs, relève le New York Times, les films "à thème noir" comme "Straight Outta Compton" qui parle d'un groupe de rappeurs noirs, ou "Beasts of No Nation" qui aborde le thème des enfants soldats en Afrique, n'ont pas été nominés dans la catégorie "meilleur film".

"En d'autres termes", résume un autre article du NYT, "les seules bénédictions octroyées par l'Académie [des Oscars] pour les plans grands films qui parlent de personnages Afro-Américains sont allées à des blancs" - Sylvester Stallone pour son rôle dans "Creed", et les scénaristes (tous les trois blancs) de “Straight Outta Compton”, qui a été nominé dans la catégorie "meilleur scénario".

Qui a menacé de boycotter la cérémonie ?

L’actrice noire Jada Pinkett, épouse de Will Smith qui n'a pas été nominé, a annoncé qu'elle boycotterait la cérémonie du 28 février pour protester contre son manque de diversité. "Il est peut-être temps de retirer toutes nos ressources, et de les réinvestir dans notre communauté, nos programmes, et de créer des productions pour nous-mêmes qui reconnaissent nos mérites" dit-elle dans cette vidéo postée sur Facebook.

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Spike Lee, le réalisateur noir du film "Malcom X", a quant à lui choisi Instagram pour exprimer ses griefs. S'il a rejeté le terme de "boycott", Spike Lee s'est publiquement outré du casting des Oscars ce lundi, jour férié en hommage à Martin Luther King.
Spike Lee

Spike Lee

"Ma femme, Mme Tonya Lewis Lee et moi, ne nous rendrons pas à la cérémonie des Oscars en février prochain. Nous ne pouvons pas la cautionner (...) Comment est-ce possible que, pour la deuxième année consécutive, les 20 acteurs nominés dans la catégorie soient tous blancs ? Et ne parlons même pas des autres branches", peut-on lire sur sa page Instagram. Spike Lee, qui a lui-même été nominé deux fois aux Oscars, critique régulièrement le manque de diversité à Hollywood.

Chris Rock, le présentateur (noir) de la cérémonie et humoriste, a ironisé sur la "blancheur" des Oscars dans un tweet mais n'a pas annulé sa participation - bien que le rappeur noir américain 50 Cent l'ait prié de "ne pas faire les récompenses des Oscars" sur Instagram.

Qui est responsable ?

Alors, la faute à des discriminations, ou au hasard ? En fait, ni l'un, ni l'autre : le manque de diversité s'explique notamment par le système de nomination des Oscars.

"Des doigts ont immédiatement été pointés vers l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences, qui distribue les Oscars et qui, malgré des efforts pour diversifier ses effectifs ces dernières années, est toujours inclinée vers des hommes blancs et âgés, selon une investigation du Los Angeles Times qui date de 2012", écrit le NYT.

Ce sont en effet les membres de l' "Academy of Motion Picture Arts and Sciences" - 6 000 professionnels du cinéma du monde entier - qui sélectionnent les nominés des Oscars. Or, selon une étude du Los Angeles Times, l'académie était composée à 93% de blancs et 76% d'hommes en 2012 - même si c'est une femme noire, Cheryl Boone Isaac, qui est à la tête de l'académie depuis 2013.

La présidente a la "coeur brisé" par le manque de la diversité

Lundi, celle-ci a affirmé "avoir le coeur brisé et être frustrée par ce manque de diversité". "Nous avons amorcé les changements qui pourront nous permettre de diversifier nos membres. Mais ils n’arrivent pas aussi vite que nous souhaiterions", a-t-elle poursuivi dans un communiqué.

L'année dernière, Boone Isaacs a annoncé un plan baptisé "A2020" pour encourager la diversité à Hollywood, décrit sur le site des Oscars comme "une initiative de 5 ans pour augmenter la diversité dans l’industrie du film, devant et derrière la caméra".

Pourquoi est-il compliqué de désigner un responsable ?

Au-delà de la composition de l'académie, ce manque de diversité "provient probablement d'une confluence trouble de facteurs à la fois infimes et importants", peut-on lire dans le NYT.

Parmi ces facteurs, cités par le journal, on compte le processus de sélection des Oscars, qui a désavantagé "Creed" et "Straight Outta Compton", deux films qui parlent de personnages noirs, dont les studios ne s'y sont pas pris à temps pour faire du lobbying afin d'obtenir une nomination.

"Et, peut-être le facteur le plus important de tous les facteurs", selon le Times, est le manque de diversité dans le cinéma américain : "parmi les 305 films éligibles pour les Oscars, un grand nombre d'entre eux ne représentent pas, sur le plan démographique, les vies et l'apparence des spectateurs".

Quelles sont les mesures pro-diversité que pourrait adopter l'Académie des Oscars ?

C'est le New York Times qui a révélé le projet d'annoncer de nouvelles mesures, qui être révélées dès la semaine prochaine. Les sources citées par le journal, qui ont souhaité rester anonymes ont abordé plusieurs changements possibles. En voici quelques-uns :

-nominer 10 films dans la catégorie "meilleur film" (contre 8 actuellement), comme c'était le cas en 2010 et 2011. Cette année, "Straight Outta Compton" ou "Creed" auraient pu figurer dans la liste.

-nominer 8 à 10 acteurs dans chaque catégorie de "meilleur acteur". "Elargir les nominations des acteurs pourrait favoriser plus de concurrents noirs, hispaniques ou asiatiques", lit-on dans le Times.

-retirer le droit de vote aux membres de l'académie qui n'ont pas eu d'activité dans l'industrie cinématographique depuis plusieurs années

En revanche, il ne serait pas question de modifier le mode de scrutin qui détermine l'élection des nominés.

 

La chaîne Fox dévoile la première minute de la nouvelle saison de X-Files

La chaîne américaine Fox joue avec les nerfs des fans de The X-files, série de science-fiction culte des années 90. Fox a dévoilé ce lundi la première minute de la nouvelle saison de la série, dont elle diffusera les 6 épisodes à partir du 24 janvier.

Les plus chanceux assisteront à l'avant-première de la série ce mardi à Los Angeles, aux côtés des acteurs David Duchovny et Gillian Anderson, qui ont repris du service pour incarner les agents spéciaux du FBI Fox Mulder et Dana Scully. Aux manettes cette suite, on retrouve son fondateur historique Chris Charter.

Découvrez la première minute du "revival" de X-Files :

Fox Mulder y aborde son obsession pour les OVNIs et son passé au FBI.

Et si cela ne vous suffit pas, voici le trailer dévoilé par la Fox le mois dernier :

Les chevaliers de l'ordre Jedi ont fait du culte de Star Wars une vraie philosophie, un mode de vie.

Confréries, collectionneurs et pros du sabre laser : quand Star Wars devient une religion

Alors que "Le réveil de la force", le septième opus de la saga Star Wars, est sorti mercredi sur les écrans français, ces fans font de La guerre des étoiles un vrai mode de vie, presque un culte.

Certains se repassent les films en boucle. D'autres on fait la queue pour voir en avant-première "Le Retour de la Force". Aux Etats-Unis comme ailleurs, il existe un vrai culte autour de Star Wars. France 2 est allé à la rencontre de ces adeptes de la Force. 

Parmi les accros, on compte les membres de l'ordre des chevaliers Jedi. Au programme : méditation, philosophie et entraînement physique. A New York, d'autres fans s'exercent avec sérieux au maniement du sabre laser. Plus classique mais tout aussi extravagant, Steve collectionne des goodies de la saga depuis près de 40 ans.

Découvrez le reportage de Valérie Astruc, Régis Massini et Fabien Ortiz :