Palais Farnese, le joyau tricolore de Rome

Pour admirer les oeuvres d'art du Palais Farnese, à deux pas du Tibre, il faut se lever tôt... et ne pas manquer la date. Car il n'y en a qu'une, à laquelle le somptueux monument ouvre gratuitement ses portes au public pour une visite privilégiée : les Journées du Patrimoine. Le reste de l'année, c'est l'ambassade de France qui y reprend ses droits - droits qu'elle possède depuis 105 ans, lorsque l'Etat français achète l'édifice aux héritiers des Bourbons des Deux-Siciles.

A l'époque, le Palais Farnese est déjà le siège de la diplomatie française auprès du roi depuis 1874, soit 40 ans, mais l'établissement reçoit les ambassadeurs hexagonaux depuis 1635. Dans ces hauts murs bâtis en 1515, fleuron de la Renaissance italienne, le féru d'arts Alexandre Farnese (et futur pape Paul III) fait appel aux plus grands artistes de son temps : Michel-Ange, Raphaël, le Titien. Le premier dessine la loggia, sur la façade principale ; les autres se chargent de fresques mirifiques.

Les frères Carrache, quant à eux, marqueront l'Histoire avec une galerie faite de sublimes peintures mythologiques, parangon de la beauté du Palais Farnese qui inspirera, entre autres, le château de Versailles. Autour, les salons se parent des plus belles collections d'objets précieux, de peintures, de mobilier et d'armes. France 2 a passé les portes du palais pour une visite de prestige. Reportage d'Alban Mikoczy et Laura Tositti.

L'info en + : Lorsque la France achète le palais en 1911, les Italiens, ombrageux à l'idée de vendre leur bijou, font adopter une clause spécifiant que l'Italie pourra, si elle le souhaite, racheter le palais au bout de 25 ans. C'est chose faite en 1936 ; Benito Mussolini utilise la clause pour racheter le palais. Mais il le remet immédiatement à la disposition de la France, au moyen d'un bail de 99 ans dont le loyer se monte à 1 euro par an... En échange de quoi, la France se charge d'entretenir le palais. L'Italie, elle, connaît les mêmes conditions avec son ambassade située à Paris.

Anne Donadini

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