L’Italie, un nouveau paradis fiscal pour les retraités

Afin d’attirer les retraités européens mais aussi les hauts revenus et les cerveaux, l’Italie est en train de mettre en place un système fiscal des plus avantageux. L’objectif du « Bel paese » est de revitaliser les régions du sud mais également de capter les richesses de ces nouveaux arrivants.

 

Du soleil, la mer, un confort de vie... et des économies. Voilà ce que propose l’État italien aux retraités européens. Après le Portugal, c’est au tour de l’Italie d’essayer de séduire les retraités du Vieux continent. Pour cela, la Péninsule est en train de proposer des mesures fiscales très avantageuses. En effet, depuis le 1er janvier 2019, un amendement à la loi Finance 2019 proposé par Alberto Bagnai (Ligue) veut faire bénéficier les retraités d’une fiscalité réduite : une taxation limitée à 7% sur les pensions de retraites et les revenus venant de l’étranger. Les conditions pour obtenir cette « flat tax » (taux unique d'imposition sur le revenu) seraient assez simples : s’installer dans le sud du pays (Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Pouilles, Abruzzes, Molise ou Basilicate), dans une ville de moins de 20 000 habitants et d’y vivre six mois et un jour minimum. Le but est de revitaliser le Mezzogiorno en difficulté économique et en proie à un fort exode. Les recettes apportées par ce nouvel impôt seraient directement utilisées pour financer les universités de ses régions. Avec une hausse de la CSG instaurée cette année couplée à un taux d’imposition parmi les plus forts d’Europe, les retraités français (près de 16 millions d personnes) sont une des cibles privilégiées de cette mesure. Mais ils ne sont pas les seuls. Le gouvernement italien cherche également à faire revenir ses propres retraités ; ils seraient 400 000, partis à l’étranger.

Paradis fiscal à l’italienne

Mais ces mesures ne concernent pas que les retraités. Depuis la loi Finance de 2017, l’Italie offre une autre « flat tax » (appelée Res Non Dom) très généreuse pour les hauts revenus : une imposition forfaitaire plafonnée à hauteur de 100 000 € par an sur l’ensemble des revenus et gains réalisés à l’étranger pendant une période de 15 ans. Cette mesure concerne les Italiens comme les étrangers. De quoi attirer chefs d’entreprises, cadres, célébrités, sportifs ou artistes. Non cumulable à celle-ci, une autre mesure issue de cette loi vise à séduire les impatriés (personne expatriée rentrée dans son pays d’origine). Il s’agit d’un régime d’exonération d’impôts à hauteur de 50 % du montant des revenus perçus par leur activité professionnelle, salariée ou indépendante durant les cinq dernières années. Ce régime fiscal vise l’installation dans le pays de « cerveaux », c’est à dire de personnes disposant d’un certain niveau d’étude ou avec des responsabilités professionnelles. Dernière mesure d’incitation engagée par l’Italie, un impôt de succession très attractif puisqu’il ne taxe pas les biens situés à l’étranger.

Après s’être livrés à une course pour attirer les entreprises dans leurs pays, les États européennes cherchent aujourd’hui à attirer les personnes et leurs richesses. Avec un patrimoine culturel exceptionnel, un climat chaleureux et une gastronomie alléchante, la dolce vita italienne pourrait bien avoir des arguments de taille.

 

L’info en + : Le Portugal a totalement supprimé l'impôt sur le revenu pour les retraités européens et cela pour les 10 premières années. Le pays a vu le nombre de français s’installer sur son sol progresser de 35%.

Rédaction : Alban Mikoczy et Louis Rayssac