Un président de la Chambre des Députés « normal »

A peine élu, le président de la Chambre des Députés se fait remarquer : il prend les transports en commun et renonce à son indemnité.

Roberto Fico, élu samedi 24 mars président de la Chambre des Députés, se veut « normal ». Une photo de l’homme politique dans un bus de Rome a fait le tour des réseaux sociaux ce week-end. Mais « un président de chambre qui prend les transports en commun, ça ne devrait pas être un événement exceptionnel », souligne un analyste politique italien. « En Italie, les hommes et femmes politiques sont systématiquement escortés lors de leurs déplacements alors qu’ailleurs en Europe, ce n’est le cas que pour les chefs d’Etat ou les ministres notables. » Preuve, pour lui, des « privilèges » accordés à cette profession.

Cible des critiques

Une députée du Parti Démocrate dénonce pourtant sur twitter ce « coup de pub » de Roberto Fico. Elle l’interpelle publiquement sur le réseau « Si vous n’avez pas changé vos habitudes et que vous êtes venu à la Chambre en autobus ces 5 dernières années, comment avez-vous dépensé 15180,60€ de taxi et seulement 314€ de bus et métro ? Vous pourriez nous l’expliquer ? ». L’élue de centre-gauche se base sur des données publiées sur un site internet tenu par le M5S qui comptabilise les dépenses de ses parlementaires.

Un élu antisystème

La Mouvement 5 étoiles (M5S), qui a propulsé Roberto Fico à la tête de la chambre des Députés, est le parti antisystème italien. Le M5S, 1er parti d'Italie aux dernières élections, mettait au cœur de sa campagne la volonté de dé-professionnaliser la vie politique.

Abolir les privilèges des politiciens

Deux jours après son élection, le nouveau président de la Chambre des Députés a déclaré « Je renonce à l’indemnité de président de la Chambre. » Il touchera donc son salaire de parlementaire sans cette indemnité d’une valeur de plus de 3000 euros par mois. Il ajoute : « L’époque des privilèges est révolue. Je veux donner l’exemple. » Pour lui, la priorité est la rationalisation de la vie politique : il faut supprimer les dépenses inutiles dans les chambres du Parlement. Ces économies doivent permettre, d’après lui, d’ « aider ceux en difficulté », notamment par la création d’un revenu citoyen.

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