Portraits : beautés indiennes, visages de femmes

A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, nous voulions rendre hommage aux femmes indiennes et à leur beauté. A travers ces visages, c’est l’Inde toute entière qui nous raconte ses histoires, drôles ou sombres, et ce que signifie être une femme à Delhi.

 

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Amrita

Les hommes d’aujourd’hui approchent les femmes en se comportant comme des stars de Bollywood. Ils pensent devoir nous mettre des étoiles dans les yeux, jouer les romantiques pour nous séduire. Personnellement, ce n’est pas mon truc. Mais je les plains : la société met une telle pression sur leurs épaules. Ils doivent être courageux, forts, ils ne sont pas censés pleurer. J’aimerais juste leur dire d’être eux-mêmes, car nous les aimons tels qu’ils sont.

 

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Choron

J’habite dans l’état de Jammu et Cachemire, je viens régulièrement à Delhi rendre visite à ma famille. C’est vraiment compliqué pour une femme seule de voyager en Inde. Dans le train, si je ne suis pas accompagnée, les gens s’approchent de moi, ils tirent mes vêtements et restent collés à moi. Il n’y a qu’à Ladar, dans ma région, où je suis tranquille.

 

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Arti

La première fois que j’ai rencontré mon mari, c’était devant toute sa famille. Tous ses proches m’attendaient, ses oncles, ses tantes, ses sœurs, ses cousins. On a eu le temps de bavarder 3 minutes en tête à tête et c’était fait. Un mois plus tard on se fiançait, trois mois plus tard on se mariait. La plupart du temps, les mariages sont arrangés en Inde. Ce sont les parents qui choisissent d’unir leurs enfants. Un mariage ici, ce n’est pas seulement deux personnes. C’est à la famille toute entière à laquelle on dit « oui ». Pour ma part, j’ai beaucoup de chance, je suis très heureuse avec mon mari.

 

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Kashish

Je suis journaliste pour la télévision. Un jour, on m’a envoyé couvrir une manifestation de fermiers dans l’Uttar Pradesh. J’étais la seule femme parmi des centaines d’hommes. Il n’y avait pas de toilettes publiques donc un fermier m’a accueilli chez lui. J’ai dû uriner sur sa terrasse, faute de mieux. J’étais tellement gênée… C’est ce genre d’expérience qui me rappelle que je suis une femme, une femme journaliste.

 

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Rani

Quand mon mari rentre tard, qu’il est fatigué et qu’il a trop bu, il me bat. J’essaie d’apprendre à mes fils de traiter les femmes avec respect, de ne pas faire comme leur père. A l’avenir, les femmes seront plus indépendantes et vivront dans de meilleures conditions. Il y aura toujours des abus mais je garde espoir pour les générations futures.

 

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Shreyika

Une de mes amies a été violée par son oncle. Il avait tout programmé : il lui a dit qu’il l’emmenait à une fête chez des amis mais l’a finalement conduite à l’hôtel. Depuis elle a déménagé, mais elle reste terrorisée. Je suis stressée quand je me balade seule dans la rue, surtout à Delhi. Alors je lance aux hommes ce genre de regard, pour les repousser. Par contre, je ne me limite pas : je m’habille comme je veux. Ce n’est pas à moi de changer de vêtements, c’est aux hommes de changer de mentalité.

 

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Aarti

J’adore être femme au foyer : c’est moi qui prend soin de toute la famille et qui m’occupe des prières. Je suis la plus vieille de la maison alors tout le monde me respecte. Si ma famille est heureuse alors je suis heureuse, même si j’ai dû tout sacrifier pour eux. La femme moderne n’aura plus de sacrifices à faire puisqu’elle est financièrement indépendante. A l’époque, je n’avais pas le choix.

 

Sophie Laden

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