Dans le monde merveilleux de Bruno Mantovani, les femmes ne sont pas cheffes d'orchestre... Et c'est très bien comme ça!

MusiqueC'est une de mes amies ex-sportive de haut niveau qui a attiré mon attention sur l'inénarrable intervention de Bruno Mantovani, directeur du Conservatoire National Supérieur de Paris, la semaine dernière, le 3 octobre, sur France Musique, en me lançant un "Eh! t'as vu Marie, y a pas que les commentateurs sportifs..." Sous-entendu "...qui sont capables d'empiler en quelques secondes une montagne de clichés sexistes."

J'ai donc écouté Bruno Mantovani, et j'avoue, non vraiment, chapeau, respect : en lâcher autant en moins d'une minute et quarante quatre seconde, c'est de l'ordre de la prouesse!

Allez, on reprend par le menu :

seconde 6  : "Moi, je suis un tout petit dérangé par tous les discours sur la parité ou sur la discrimination positive..."

FRANCE-MUSIC-VICTOIRES-OPERA-AWARDS"Un tout petit peu dérangé", Bruno, c'est une figure de style, n'est-ce pas?

Euphémisme ou litote? Reste que si tu maîtrises (pardon, je dis "tu", on a le même âge) les nuances de la langue et du lexique musical, tu m'as l'air un peu flou sur celles du discours politique. La parité, tu vois, c'est pas tout à fait ce que tu appelles avec un dégout à peine déguisé de la "discrimination positive". La parité, c'est juste se donner les moyens d'une égalité des chances effective. Et souvent, on la met en place quand les systèmes installés, comme par exemple, au hasard, le concours d'entrée à ta noble institution, tendent à valider et re-légitimer les acquis de certains plutôt qu'à donner leur chance aux autres.

Quant à ce que tu appelles la "discrimination positive", comment te dire que, si le mot révulse les Français (au secours, on va faire du "sexisme à l'envers"!!!), le mode d'action a tout de même fait ses preuves dans certains pays voisins et/ou amis, et qu'en imposant parfois des normes et des quotas, on n'humilie pas celles et ceux qui en bénéficient mais qu'on pousse un peu au derrière celles et ceux qui croyaient un peu naïvement que seuls leur talent et leur mérite justifieraient leur position sociale acquise.

Seconde 12 : "Il y a peu de femmes cheffes d'orchestre, c'est vrai... il y a peu de... d'africains chefs d'orchestre..."

Kwame-Ryan-_c_-photo-Freder-c4dcfOuh la, la, Bruno, tu n'as pas commencé que déjà tu glisses.

Tu vas quand même pas nous faire du racialisme à la pépé (ouais, ouais, les Prix Nobel et les chefs d'orchestre sont blancs mais les Noirs courent vite dans la brousse et sur les pistes olympiques... Chacun son truc, hein) pour faire admettre qu'il n'y a pas de sexisme du tout du tout dans ton univers, que c'est juste comme ça, et qu'il faut s'y faire? Tu vas pas faire ça, quand même?

Seconde 22 : "Il y des ambitions qui peuvent être très différentes chez un homme et chez une femme..."

alondra_1J'ai bien entendu, j'ai pas rêvé, là, tu parles bien des ambitions des femmes? Enfin de leur non-ambitions plutôt, selon toi.

Donc, en quelque sorte, la question est réglée, on vient t'emmerder avec des histoires de parité et de plafond de verre juste pour le plaisir de te chercher des poux, parce qu'en vrai, des femmes qui ont l'ambition de diriger (un orchestre ou autre chose), il n'y en a pas tant que ça. Tu n'en rencontres pas beaucoup, en tout cas.

Si tu veux, je peux t'en présenter, des femmes qui ont une ambition largement équivalente à celle des hommes. L'ambition, ça t'arrangerait visiblement qu'on trouve ça un peu "sale", nous les femmes, qu'on dise "oh la! la! moi, tu sais, j'suis pas du genre à vouloir me mettre en avant... Tant que je fais des choses qui me plaisent et que je me sens utile, j'ai pas besoin du titre de patronne."

Mais en fait, au risque de te décevoir, il y a des femmes, et plus nombreuses que tu le crois, qui aiment bien les responsabilités et le pouvoir, les titres et la gloire. Comme il y a aussi des hommes qui n'y tiennent pas plus que ça. C'est une affaire d'individus (et aussi un peu de classe sociale, dans la réalité des faits, je te l'accorde), mais pas de sexe.

Seconde 28 : "Vous savez, le métier de chef d'orchestre est compliqué"

Oui, oui, on sait.

Tu voulais dire "trop compliqué" pour une femme, peut-être?

Seconde 44 : "Nous, on incite tout le monde à se présenter à la classe de chef d'orchestre, mais les femmes ne sont pas forcément intéressées. Moi, je peux pas non plus mettre une baïonnette derrière chaque étudiante qui aurait des capacités"

Oui, oui, range ta baïonnette dans ton cartable, Bruno, c'est plus prudent.

Mais es-tu bien sûr que tu "incites" chaque talent de ton institution à prendre confiance en son potentiel, y compris les talents féminins... Non, parce que comme j'ai écouté toute ton allocution jusqu'au bout et que, dans ce qui suit, tu parles surtout de tout ce qui va décourager les femmes d'exprimer leur ambition et pas du tout de ce qui va les y motiver, permets-moi de douter un poil de la ferveur avec laquelle tu "incites" réellement les femmes que ton honorable maison forme à pleinement se réaliser.

Seconde 50 : "Il y a aussi le problème de maternité qui se pose..."

femme_enceinte(Puis seconde 60  : "Une femme qui veut avoir des enfants va avoir du mal à avoir une carrière de chef d'orchestre qui peut s'interrompre du jour au lendemain pendant quelques mois" et, seconde 63 : "Et puis après assurer le... Service après-vente de la maternité")

Alors, alors, nous y voilà! La maternité, ce... "problème"!

Mais oui, c'est un problème, vous vous rendez compte, au XXIè siècle, on se découvre enceinte "du jour au lendemain". Et là, comme c'est la panique, on disparait "pendant des mois". Euh, 16 petites semaines en vrai, pour un premier enfant. A l'échelle d'une carrière qui va compter environ 2000 semaines, c'est si insurmontable que ça pour l'entourage professionnel ? Ca doit se payer à vie?

Ben oui, parce que si c'était que 16 semaines (que toutes d'ailleurs, dont je fais partie, ne prennent pas, et c'est parfaitement leur - notre - droit), mais après ça, il y a le "service après-vente de la maternité". J'imagine qu'on parle ici des nuits courtes et des dents, des rendez-vous chez les pédiatres et des réunions parents-profs. J'allais dire que, souvent, la présence d'un deuxième parent permet quand même de partager les tracas (autant que les joies, d'ailleurs) et les responsabilités... Mais je ne voudrais pas t'ôter les mots de la bouche.

Seconde 71 : "Vous allez me dire que les papas sont dans le même cas... Mais malgré tout, le rapport d'un enfant à sa mère n'est pas celui d'un enfant à son père."

Ah ben, enfin! On découvre que les hommes aussi ont des problématiques d'articulation vie privée/vie professionnelle. Dingue, non?

Même si on aura bien compris qu'à tes yeux, pour les hommes, ben, c'est pas pareil. Je pourrais te présenter des hommes pour qui, précisément, c'est pareil. Mais je préfère m'arrêter à ton "malgré tout, le rapport d'un enfant à sa mère n'est pas celui d'un enfant à son père".

"Malgré tout", nous dis-tu. Mais malgré quoi? Qu'est-ce que tu veux dire? "Malgré tout" ce que des gens qui entravent peut-être que dalle à la musique mais connaissent un peu le sujet du genre, de la parentalité et de l'égalité racontent? "Malgré tout" le boulot que les individus de bonne volonté, les familles, les organisations, les entreprises font pour faciliter l'implication des pères dans l'éducation des enfants? "Malgré tout" ce qu'on peut lire de sensé et d'intéressant, d'encourageant et d'optimiste sur les rôles nouveaux que des hommes sont prêts à jouer dans leur vie professionnelle et privée pour vraiment oeuvrer à l'égalité?

Ce "malgré tout", c'est un peu, vois-tu, comme si je disais que "malgré tout", la musique, c'est jamais qu'un bruit de fond, un bourdonnement un peu entêtant mais fondamentalement pas essentiel à nos vies... "Malgré tout", un truc un peu chiant, qui coûte cher et sert pas à grand chose.

"Malgré tout", malgré tes talents de musicien et ta brillante carrière, je trouve que là, tu joues surtout les psychosocioexperts du besoin infantile avec autant de pertinence et de légitimité qu'on le fait au comptoir vers 11 heures du matin. C'est dommage.

Seconde 79  : "Il y a aussi des fois un frein physiologique... Le métier de chef est un métier qui est particulièrement éprouvant physiquement"

la-musique-a-mains-nues-itineraire-passionne-d-une-femme-chef-d-orchestre-de-claire-gibault-livre-870302817_MLJusqu'ici, il me semblait que tu t'inspirais surtout de Zemmour, mais là, c'est vraisemblablement à tes amis commentateurs sportifs que tu empruntes tes références.

Ben oui, quoi, c'est vrai, c'est quand même une évidence, les femmes n'ont pas la même condition physique que les hommes, elles sont moins résistantes, elles se fatiguent plus vite, sans parler des règles et de tout le tintouin.

Et puis franchement, quand le corps des femmes exprime de la force et de la puissance, de l'endurance et de la sueur, c'est quand même pas très féminin, hein, voire franchement laid, non?

Seconde 143 : "Pour moi, la seule discrimination, quelle que soit la discipline, c'est le concours".

Eh bien, ma foi, tout est pour le mieux dans le meilleur de TON monde.

Le concours, ce système de sélection absolument parfait, notamment connu pour éviter la reproduction des élites et mettre à mal les privilèges de l'entre-soi, réputé pour sa capacité à promouvoir la diversité et à porter l'innovation, est un absolu.

N'y touchons pas! Ne change rien, Bruno reste comme tu es, continue à faire comme tu as toujours fait.

 

300x254_arton64232Juste une chose, quand même, avant de te laisser retourner barboter joyeusement dans tes préjugés, as-tu entendu parler du Paris Mozart Orchestra et de Claire Gibault, la femme cheffe d'orchestre qui l'a créé et le dirige?

Si tu as deux secondes pour t'intéresser un peu à ce que font les gens qui ne te ressemblent pas en tout : cette femme a partagé la Une de France Soir en 1969 avec Neil Armstrong car le jour où il marchait sur la lune (un grand pas pour l'homme...), car ce jour-là, elle était aussi la première femme à obtenir un premier prix de direction d'orchestre dans TON conservatoire (En 1969, Bruno! En 1969, avant même que tu naisses!), cette femme a créé les plus grandes compositions du répertoire et dirigé les plus grandes formations du monde, cette femme a créé un orchestre parfaitement paritaire avec principe d'égalité des salaires et dont l'excellence est partout reconnue (si, si, elle dirige à Pleyel, au Théâtre des Champs Elysées, aux Célestins ou à l'Opéra), cette femme, parce qu'elle veut faire jouer les meilleur-es musicien-nes de leur génération (de NOTRE génération, à toi et moi) et ne se priver d'aucun talent dans son orchestre, rembourse même les baby-sittings comme des frais professionnels à part entière parce qu'elle considère, contrairement à toi, que dans une vie pleine et riche, inspirante et humaine, la parentalité n'est pas un "problème". Cette femme pourrait t'apprendre deux ou trois petites choses sur les hommes et les femmes, et même sur la musique, peut-être...

 

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  • Aucun article
  • GattoneJ

    M Mantovani met l'accent sur la notion de 'concours' pour implicitement souligner la prétendue impartialité de ce système. Par contre, il ne dit pas que les directeurs des conservatoires supérieurs ne sont pas recrutés par concours car ils se font nommer directement par le ministère.

    Ceci est un cas typique, que l'on rencontre souvent dans la vielle France bien Soviétique, d'une personne connue dans l'Hexagone sans une véritable formation et expérience dans la pédagogie et la gestion qu'on a mis a la tête d'une institution éducative dite 'prestigieuse' (même si un peu vielle et dépassée).

    La France a encore beaucoup à apprendre de ses voisins les Anglais et les Allemands!

  • letmenow

    Pardonnez moi madame, mais savez vous de quelle discipline vous parlez là ?
    Interrogez donc les vraies musiciennes pour savoir si elles souhaitent accéder au poste de chef d'orchestre au titre de la parité ou de la discrimination et non à leur aptitude ? 
    Qui empêche les femmes de suivre l'exemple de Claire Gibois ?
    Posez leur donc la question et vous comprendrez qu'il est plus facile de tenir un stylo dans les mains qu'un instrument de musique.

    • Marie Donzel

      Claire Gibault, G.I.B.A.U.L.T.

      • letmenow

        Oui, bien sûr et votre réponse sinon ?

      • GattoneJ

        Rien ne les empêche, mais par tradition LE chef d'orchestre a toujours était un homme. C'est le travail du directeur d'essayer d'attirer les plus de gens possible vers un cursus, et si les femmes ne se présent pas, de trouver des solutions! Malheureusement, Mantovani ne s'y connait rien en gestion (encore moins en direction d'orchestre - c'est un très mauvais chef!).....

  • Elisa76

    Seconde 71 : "Vous allez me dire que les papas sont dans le même cas... Mais malgré tout, le rapport d'un enfant à sa mère n'est pas celui d'un enfant à son père."
    Donc en cas de divorce pourquoi les hommes se battent de plus en plus pour avoir la garde alternée des enfants??????

  • yuropp

    Le sexisme ou le racisme "à l'envers", c'est quand ça se passe en Australie ?
    Sexistes ou racistes de tous poils et de tous sexes, pourriez-vous au moins éviter d'être faux-culs ?

  • amandree0

    De la bouche du directeur du CNSM parisien ces paroles  sont de trop. Des chefs d'orchestre il y en a de toutes sortes, d'excellents comme de médiocres. En France, si une femme de talent souhaite diriger un orchestre elle n'a comme solution que de fonder son propre orchestre.... (j'ai entendu ces mots de la bouche même de Claire Gibault) est-ce normal ?
    Ce n'est pas une question de parité mais de talent. Peu l'ont et peu importe que ce soit un homme ou une femme.

  • youppla

    Letmenow,
    C'est un fait: dans le milieu de la musique classique, et je le sais pour en faire partie: les femmes qui ont affaires à des jurys, puis à des confrères, enfin à des orchestres essentiellement masculins ont trop souvent à devoir "prouver" sans cesse leurs capacités. Pourquoi? Parce-qu'elles sont sans cesse remises en question.Ces femmes ont pourtant passé les mêmes concours, et suivi les mêmes études que leurs collègues masculins qui ne seront jamais discrédité pour une raison de genre!
    Je suis moi même chef, et je sais comment certains instrumentistes réagissent à la féminité: pour un musicien d'orchestre (hélas trop souvent) "normalement constitué" je suis, au mieux, impressionnante car mes compétences le surprennent agréablement, au pire détestable car il ne supporte pas que je puisse exercer sur lui une autorité.

     Dans les deux cas, je ne suis pas chef d'orchestre, mais "une femme chef d'orchestre". 

    Rares sont les musiciens qui ne voient que notre fonction et pas notre genre, et afin qu'ils soient de plus en plus nombreux nous nous devons (tous, et pas seulement les femmes!) de réagir aux propos malodorants de Mr Mantovani.Il est pour moi, effectivement hors de propos de créer des quotas qui nous discrimineraient tout autant, et de ne jamais savoir si je fus choisie pour mes compétences ou si je fais partie du pourcentage d'intégrés de force.Cependant, nombre de femmes ne seront jamais considérées, non parce-qu'elles sont inaptes, mais simplement parce-qu'elles sont des femmes.Si vous voulez en être assuré, demandez autour de vous aux musiciens ce qu'ils pensent d'une femme chef d'orchestre, je peux vous assurer que vous serez surpris par la véhémence de beaucoup.

    • letmenow

      Je suis tout à fait d'accord avec vous sur le côté misogyne des musiciens. Ce que je contestais c'est l'obligation de quota surtout en cette époque où, et vous ne devez pas l'ignorer, il faut faire face à l'excellence des musiciens et chefs venus des pays de l'Est et des pays asiatiques.

  • http://www.facebook.com/pierre.moissonnier.1 Pierre Moissonnier

    tiens c est drole je connais ca en cuisine , non madame Pic , ca ne vous rappelles rien 
    Pierre Moissonnier

  • th M

     L'égalité pour laquelle ce blog souhaite lutter est justifiée.  

    Sans esquiver les différences svp.

    Ces différences "malgré tout" fondent sur certains plans  un fossé entre hommes et femmes ?:  en particulier dans le lien fort, premier, essentiel, d'une mère avec son enfant.
    Méfiez-vous svp de ne pas rejoindre, comme vous dites,  "les psychosocioexperts du besoin infantile avec autant de pertinence et de légitimité qu'on le fait au comptoir vers 11 heures du matin" ...dont vous parlez. Renseignez vous d'abord sur les travaux en foetologie, lisez "les filles et leurs mères" de Naouri.

    Rien dans les paroles de B Mantovani n'était  injurieux ou inexact pour les femmes.
    Il suffit de  relire tranquillement.

    Quant aux musiciens qui critiquent un mauvais chef (homme) , cela arrive ( ! ). Là au moins ils peuvent avoir raison à vos yeux?
    Mais s'ils critiquent une mauvaise "cheffe" , alors là... 
     L'exemple de Suzanne Mäkki aurait été plus cohérent... Mais pour cette dernière, voyez-vous, on oublie le fait qu'elle soit une femme ou un homme chef(e) d'orchestre, on n'y pense même pas : elle est tout simplement superbe musicienne et professionnelle. 
    Votre délicieuse conclusion, -l'exemple final de chef d'orchestre", dénote tellement de choses sur votre degré de connaissance de la musique et des relations déployées parfois par carriérisme que je m'arrêterai là.

    Je trouve cet article très léger quant à sa dialectique ...
    Le fait qu'il soit écrit par une femme ne lui donne pas un blanc-seing a priori sur son contenu.
    Sa rhétorique  se voulant humoristique cache une reformulation peu honnête des propos du Directeur du Conservatoire.

    Dites vous:
    -que le sexe d'un candidat, d'un patron, d'un musicien, (etc....), on s'en moque totalement : on souhaite juste que (celle-ci) (celui-ci ) soit d'un bon niveau. -qu'on ne crie pas au sexisme, quand on critique non sa personne (ou son sexe)... mais ses compétences.
    - qu'une femme ne doit pas se réfugier derrière son statut de femme pour chercher à ouvrir des portes.... La princesse de Clèves et  l'auteur de La mare au Diable n'en ont pas eu besoin....

  • Guest

    En parlant de concours:
    Pourquoi ne pas envisager un concours pour ces futurs dirigeants d'institutions pédagogiques de notre état démocratique?
    Peut être l auriez vous rater Monsieur le musicien...
    Aurions nous lu sur votre copie :
    Pourrait mieux faire s'il ne pensait pas qu'au pouvoir...
    Devrait être moins agressif et plus à l écoute !
    N'utilisez pas la vulgarité ni les lieux communs, c est ridicule...!
    Devrait revoir ses objectifs et ne pas interrompre sa carrière du jour au lendemain pour quelques années passées au Conservatoire...

    Comme vous n'honorez pas votre fonction Monsieur,
    Essayer de la respecter ...

    Le Conservatoire restera, pas vous...

  • Intermittente

    En parlant de concours:
    Pourquoi ne pas envisager un concours pour ces futurs dirigeants d'institutions pédagogiques de notre état démocratique?
    Peut être l auriez vous rater Monsieur le musicien...
    Aurions nous lu sur votre copie :
    Pourrait mieux faire s'il ne pensait pas qu'au pouvoir...
    Devrait être moins agressif et plus à l écoute !
    N'utilisez pas la vulgarité ni les lieux communs, c est ridicule...!
    Devrait revoir ses objectifs et ne pas interrompre sa carrière du jour au lendemain pour quelques années passées au Conservatoire...

    Comme vous n'honorez pas votre fonction Monsieur,
    Essayer de la respecter ...

    Le Conservatoire restera, pas vous...

  • Meyveli Puding

    L'univers musical est hautement sexiste.
    Comme partout d'ailleurs.

    Mais dans ce milieu artistique où les personnes se mettent en scène, se montrent, offrent leur talent, leurs émotions et jouent un rôle de miroir symbolique qui reflète ce qui se passe dans nos sociétés, le sexisme fait des ravages "publics" "médiatiques" et "culturels" sans que le grand public (j'en fais partie) s'en rende vraiment compte (quoi que ça change un peu). Je ne m'en rendais pas compte avant.

    En fait si, le grand public s'en rend compte du sexisme, de ce qu'on fait subir symboliquement aux femmes dans la musique : avec le rap "ces méchants ils disent biatch tout le temps" ou la musique "pop" à la Lady Gaga à poil recouverte de lichens ou à la Miley Cirus léchant un marteau (ceci dit c'est leur droit, si elle désire autant se dévoiler de la sorte tu me diras) (mais bon c'est tout le débat de l'acceptation intériorisée de la domination des femmes etc) (comme avec le voile) (bref vous savez) ou cet autre hit "Good Girl" et son clip super prude.

    Mais le "grand public" (comme moi avant) (je fais toujours partie du grand public pour autant) ne s'imagine pas vraiment l'ampleur du combat des femmes dans le milieu de la musique classique, du rock, du jazz... ETC ETC

    Une femme sera chanteuse ou choriste avant tout, violoniste, pianiste ou clavieriste, flûtiste, altiste, violoncelliste à la rigueur, clarinettiste. Tous ces instruments mélodieux et légers, aux sons enveloppants. Et puis chanteuse, belle de préférence, exotique ou sensuelle, sans une ride (sur la peau et sur la voix), émotive, la femme que l'on désire ou la mère de tous.

    Pourquoi pas juste une chanteuse talentueuse ? Et pourquoi pour une batteuse ? Trompettiste ? Scratcheuse ? Contre-bassiste ? Bassiste ? Guitariste ? Tromboniste ? Hurleuse de Métal ? ETC ETC ETC

    Quand on me parle de "c'était génial Woodstock, le rock, la musique, la libération du sexe, tout le monde il est beau avec le rock pur" c'est comme avec l'invention de la démocratie par la Grèce Antique, je me dis "ouais ouais c'est génial tout ça mais où sont les femmes".

    Oui oui faut toujours remettre les choses dans leur contexte vous me direz.

    Mais on dira la même chose de la part déplorable des femmes dans le milieu de la musique de notre temps dans cent ans et on comprendra que oui, le milieu musical est un milieu hautement sexiste aujourd'hui et il nous ment effrontément. Et on en parle pas.

    Donc MERCI MARIE ! Une fois de plus.

  • disqus_J9H4gSc5Pk

    Monsieur Mantovani organise demain à 10h à la
    Cité de la Musique en toute impunité un comité de réflexion sur l’enseignement
    de la direction d’orchestre (et notamment sur la question des femmes chefs d’orchestre) avec le délégué de la musique du Ministère de la
    Culture, représentant de la Cité… et en toute discrétion par rapport à la
    profession.

    Il faut informer nos concitoyens pour que en France
    en 2013, un directeur d’établissement public d’enseignement supérieur qui a
    bafoué publiquement le principe d’égalité des chances et des droits ne puisse
    légitimement se retrouver porte drapeau de cette réflexion sans s’être excusé
    ou sans avoir été désavoué pour ces propos. Trois ministères sont concerné: Culture, Education, Droits des femmes

  • Pingback: Sexisme musical en 2013 : Cordes et Âmes()

  • mimosa

    c'est tellement stupide ces considérations masculines sur ce que le femmes peuvent ou ne peuvent pas faire, doivent ou ne doivent pas faire....en etre encore là en ces temps.....on dirait un dinosaure qui parle. A la base, Monsieur Mantovani devrait se souvenir qu'il doit le fait d'etre au monde à l'amour d'une femme, ou tout au moins à son sens des responsabilités car sans un tel dévouement il serait mort 72 heures apèrs sa naissance comme chacun d'entre nous d'ailleurs et ne pérorerait rien du tout.....donc, plus d'humilité, plus de reconnaissance monsieur et messieurs en général et laissez que chacun fasse ce qu'il souhaite dans la vie, femmes y compris ! selon ses gouts, les talents que la "vie" lui a donnés et son ambition. Et puis il ne me semble pas que les talents soient si répandus dans le monde que l'on puisse se passer de ceux de quiconque, homme ou femme que ce soit, blanc ou noir.....la plupart d'entre nous est sans talent particulier, est dans une zone grise et ne laissera rien au monde en héritage. Personnellement je pense que nous devons encourager tous ceux et celles qui possèdent quelque chose en plus, de quelque sexe que ce soit et de quelque couleur de peau ou ethnie d'appartenance. Le monde ne peut pas se permettre de gaspiller les talents car il n'y en a pas beaucoup sur le nombre d'etres humains qui habitent cette planète ! et puis tout ceci sent la peur...ce barrage obsédé à l'autre pue la peur..... petit esprit vraiment ce monsieur, sans imagination...

  • Michel Proulx

    Je comprends maintenant pourquoi le CNSM de Paris a si mauvaise réputation pour un établissement dans une capitale...