Fiona : du verdict au lynchage

Voilà, c'est fini. A l'issue de deux semaines de débats difficiles, la Cour d'assises du Puy de Dôme a rendu hier soir son verdict à l'égard de Mme Cécile Bourgeon, mère de la petite Fiona, et de son ancien compagnon M. Berkane Makhlouf, accusés de coups mortels sur l'enfant ainsi que de plusieurs délits connexes (non-assistance à personne en danger, recel de cadavre, modification de scène de crime et dénonciation mensongère de crime ou délit).

Cécile Bourgeon, mère de Fiona, au tribunal de Riom le 5 septembre.

Au bout de cinq heures de délibéré, M. Makhlouf a été jugé coupable du crime de coups mortels (violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec circonstances aggravantes liées à sa qualité de personne ayant autorité envers Fiona et à l'âge de la victime) et condamné à la peine de vingt ans de réclusion criminelle, assortie aux deux tiers d'une période de sûreté.

Mme Bourgeon, quant à elle, a été acquittée du crime de coups mortels et condamnée, pour les quatre délits qui lui restaient reprochés, à la peine de cinq ans d'emprisonnement, la déchéance de l'autorité parentale sur ses deux autres enfants mineurs étant en outre prononcée à son égard. Notons au passage que cette mesure n'aurait nullement pu être prononcée à l'encontre de M. Makhlouf, celui-ci n'ayant pas commis de violences à l'encontre de son propre enfant.

La réaction du public qui assistait à l'audience ne s'est pas fait attendre : crachats, huées, hurlements, larmes, jusqu'à l'extérieur du palais de justice, où la foule s'était rassemblée pour attendre le passage des fourgons qui ramenaient les condamnés dans leur établissement pénitentiaire. Des mouvements d'indignation propagés sur divers réseaux sociaux ont suivi, appelant au rétablissement de la peine de mort et dénonçant le laxisme de la Cour d'assises envers une mère qui avait tué son enfant. De multiples mises en parallèle avec le refus de libération prononcé à l'égard de Mme Sauvage cette semaine ont été relayées (bien que les deux affaires n'aient strictement rien en commun), afin de souligner l'incohérence supposée d'une justice prompte à broyer des victimes et à laisser des tueurs s'en tirer à bon compte. Une pétition a même fait son apparition en ligne, dans le but d'obtenir la condamnation de Mme Bourgeon à la même peine que M. Makhlouf.

Sauf que l'on ne peut que rappeler ici que la Cour d'assises a considéré que Mme Bourgeon n'avait pas pris part à la mort de Fiona, la responsabilité de M. Makhlouf dans le décès de l'enfant étant seule retenue. La juridiction criminelle a clairement précisé, dans la motivation de son arrêt, qu'il n'y avait contre la mère "qu'un seul élément à charge : la parole tardive et variable de Berkane Makhlouf". Au regard de cette motivation, elle a logiquement été acquittée du crime de coups mortels. Elle devra en revanche effectuer une peine de cinq années d'emprisonnement pour avoir omis de porter secours à sa fille mourante, pour avoir participé à la dissimulation du cadavre de l'enfant, pour avoir modifié la scène de crime et pour avoir enfin dénoncé aux autorités de police l'enlèvement imaginaire de Fiona, entraînant des recherches plusieurs semaines durant avant que le décès de la fillette ne soit finalement révélé.

Cette peine de cinq années correspond à la sanction maximale prévue par le code pénal pour ces délits. Affirmer que Mme Bourgeon n'a écopé que d'une peine de cinq ans de prison pour avoir tué sa fille va à l'encontre de la vérité judiciaire reconnue par la Cour d'assises, laquelle n'a d'ailleurs pas suivi les réquisitions de l'avocat général qui avait demandé quelques heures plus tôt la peine (également maximale) de trente ans de réclusion criminelle à l'égard des deux accusés, estimant la responsabilité de la mère de Fiona ("la patronne", ainsi qu'il la qualifiait) aussi engagée que celle de M. Makhlouf.

La Cour d'assises, après avoir examiné en détail et longuement les éléments à charge et à décharge durant les dix journées de ce procès criminel marqué par la pauvreté des preuves matérielles et l'impossibilité de retrouver, pendant l'instruction du dossier, le corps de la victime (ce qui ne pouvait que créer un espace de doute quant aux causes et aux circonstances de sa mort), a souverainement apprécié la valeur des différentes thèses qui lui étaient présentées. Entre celle des coups mortels conjointement assénés par le couple, celle de l'ingestion accidentelle de substances toxiques (stupéfiants) par l'enfant et celle des violences infligées par M. Makhlouf sans que Mme Bourgeon ne tente de l'en empêcher, la Cour a choisi cette dernière, échappant manifestement à l'influence de "la rue" évoquée par l'avocat général. Elle en a conclu que Mme Bourgeon n'avait pas directement violenté sa fille ou que, du moins, un doute existait sur ce point, doute qui ne peut légalement que bénéficier à l'accusé(e).

M. Makhlouf a évoqué son intention de relever appel de sa condamnation. Il comparaîtra ainsi, avec Mme Bourgeon (et vraisemblablement détenus tous les deux), devant une seconde Cour d'assises. D'ici-là, nous qui n'avons jamais eu accès au dossier, à quel titre pourrions-nous affirmer que leur première condamnation était injuste ?

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  • Pascal SANCHEZ

    Sans vouloir participer à la "meute", je ne puis que constater que le verdict clément contre la mère de Fiona a été prononcé en l'absence de quelque élément objectif que ce soit, qui puisse effectivement minorer sa responsabilité dans le meurtre de la petite Fiona. On ne connaît pas la cause du décès de celle-ci : coups portés (mais par qui ?), ingestion de drogue (dans ce cas là, la responsabilité de C. Bourgeon serait égale à celle de C. Makhlouf) ? On n'en sait rien : il n'y a pas de corps, donc pas d'autopsie. L'idée que C. Bourgeon est forcément une victime d'un conjoint violent est une idée "politiquement correcte", dans l'air du temps, et qui ne repose sur rien de concret.

    • Clo

      Sauf que ce n'est pas ce que dit Judge Marie, elle n'a pas parlé de Mme Bourgeon comme d'une victime d'un conjoint violent, elle a seulement rappelé que le doute doit profiter à l'accusé, c'est un des principes de notre justice.

      • Pascal SANCHEZ

        Mais il y a une grande inégalité de traitement entre les deux accusés (15 ans de différence !). A quoi est-elle due ? Les chroniqueurs de France Info ont en outre insisté sur le peu de fiabilité de la parole de C. Bourgeon, qui a donné plusieurs versions contradictoires des faits.

        • Clo

          Mais on ne juge pas quelqu'un "par rapport " à quelqu'un d'autre, d'autant plus que ces deux affaires n'ont aucune similitude. Ce n'est pas parce qu'elles se télescopent dans l'actualité qu'il faut les comparer.

          • Pascal SANCHEZ

            Pas compris votre poste : ce sont les 2 accusés d'une même affaire, non ?

          • Clo

            Désolée, j'ai cru à tort que vous parliez de Mme Sauvage et de Mme Bourgeon... Pour ce qui est des deux accusés dans cette affaire, les motifs jugés n'étaient pas les mêmes et pas passibles des mêmes peines.

          • Pascal SANCHEZ

            Excusez-moi d'insister : dans l'affaire "Fiona", un des deux accusés a été condamné à 20 ans, et l'autre à 5 ans. La raison en est que le premier a été "jugé coupable du crime de coups mortels (violences volontaires ayant entraîné, etc., voir l'article)". Mais qu'est-ce qui a permis d'établir que c'était bien B. Maklouf l'auteur du crime ? Une autopsie ? Certes pas. Des aveux de l'accusé ? je ne crois pas qu'il en ait fait. C'est donc une affaire "parole contre parole", et ce que j'ai retiré des chroniques de France Info, c'est que la parole de C. Bourgeon était sujette à caution. Ma conclusion sera provocatrice : tant qu'on ne sait pas de quoi est morte Fiona, le doute doit bénéficier aux deux.

          • Clo

            Je ne remets pas en doute les conclusions des jurés. Ils ont eu accès aux pièces du dossier, étaient là pour entendre les témoins et les représentants des accusés, nul doute qu'ils avaient de bonnes raisons pour rendre ces deux jugements différents. Je n'aurais vraiment pas voulu être à leur place et il faut respecter leur jugement.

          • Pascal SANCHEZ

            De ce que la presse a présenté, rien ne permet de conclure à une telle différence de responsabilité factuelle des deux prévenus. Ou alors la presse (à commencer par France Info) a été partiale, les jurés étant, eux, impartiaux ? Mais ils peuvent se tromper aussi : "Le 2 février 1994 au soir, Omar Raddad est condamné à 18 ans de réclusion criminelle, les jurés le reconnaissant coupable du crime (...)" (source: Wikipédia). C'est bien pour cette raison que l'appel et la cassation sont possibles.

          • Clo

            Nous n'étions pas au tribunal. Et pour autant que je sache, Omar Raddad n'a pas été innocenté...

        • simpleavisbis

          C'est expliqué dans l'article la différence de traitement entre les deux accusés : Monsieur a été reconnu coupable de coups mortels mais Madame n'a pas été reconnu coupable de cette infraction.

          Madame a été reconnu coupable de non assistance à personne en danger (sa fille). La peine maximale pour cette infraction qui a été retenue contre elle est de 5 ans. Elle a ainsi par rapport à l'infraction retenue écopée de la peine maximale puisqu'elle a pris 5 ans.

          Les gens confondent un peu tout et ne font preuve d'aucune raison. Mais c'est classique dans une affaire aussi sordide et médiatisée dont la victime est une pauvre gosse. Le propre de la Justice est de savoir quelle infraction on peut reprocher à tel individu pour ensuite appliquer une peine en rapport avec l'infraction retenue.

          Bien sûr, pour les gens en dehors, on se fiche de tous ces détails de justice, la gosse est morte, la mère n'a rien fait pour la sauver donc elle est coupable de meurtre, point. Mais ça ne marche pas comme ça. Nous n'avons pas tous les éléments du dossier et nous n'avons pas passé 10 jours dans la Cour d'assises. Et quand on est juré, on a cette responsabilité consistant à tout analyser en détail de manière aussi sereine que possible, loin de toute l'agitation et la vindicte populaire qu'il y a dehors. Les jurés ont estimé au vu de l'ensemble des éléments qu'ils ont vu que "Mme Bourgeon n'avait pas directement violenté sa fille ou que, du moins, un doute existait sur ce point, doute qui ne peut légalement que bénéficier à l'accusé(e)".

          Voilà le pourquoi du comment.

          • Castafiore64

            Oui il est bien connu que les jurés d'assise ne se trompent jamais, l'erreur judiciaire marche dans les 2 sens . Dans la mesure ou les 2 protagonistes se sont accusés mutuellement de violences sur l'enfant et qu'il n'y a aucune preuve dans un sens ou dans l'autre... pourquoi le "doute" n'a t il pas également profité au concubin ...????

    • Plaeg

      Mais vous le faites exprès... dites moi. La responsabilité de la mère n'a pas été minorée, elle a été condamné pour les faits que l'on a pu prouver. Rien n'a jamais démontré qu'elle ait tué son enfant.

      • Pascal SANCHEZ

        Mais quels éléments de preuve démontrent indubitablement que c'est B. Maklouf qui a tué Fiona ? Je ne demande pas un "max" pour C. Bourgeon, je m'interroge seulement sur une inégalité de traitement en l'absence de données concrètes (autopsie, entre autres).

        • simpleavisbis

          Je comprends votre interrogation renforcée par ce qui ressort dans la presse. Mais prenez du recul : ce qui sort dans la presse n'est bien souvent que le quart de ce qu'il y a dans le dossier et de ce qui s'est dit pendant le procès. Les jurés, quand ils prennent une décision eux, ont tout, absolument tout.

          Ca ne veut pas dire qu'ils sont sûrs à 100%. Mais au vu des éléments dont ils ont eu connaissance, ils en ont tiré telle décision en leur âme et conscience.

          • Rostock

            Non les jurés n'ont pas le dossier dans son ensemble je crois par contre ils ont assisté à l'intégralité des débats, avec une très grande attention eu égard que ce sont eux et eux seuls qui ont prononcé et les sentences, et les peines associés.

            Mais vous faites partie des rares a rappeler que c'est bien un jury populaire qui a donné verdict et non un juge sur lesquels tout le monde se défoule sans réflexion.

            Bravo.

          • simpleavisbis

            Il y a 6 jurés issus de la société mais aussi 3 magistrats professionnels qui composent un jury. Et 9 jurés en appel.

          • Rostock

            Merci pour le rappel des nombres, j'avois oublié ^^

          • NAVIDAD 41

            Sachant que le fait de taire où se trouve le corps laisse dans le doute absolu ! Mais quelle indécence Madame Bourgeon de ne rien dire par rapport au lieu où se trouve votre petite Fiona qui à mon sens mérite une sépulture digne ! ( à moins que vous ne le sachiez vraiment pas )

            Bien sûr donner l'endroit où Fiona a été cachée serait faire face à une autopsie et autres !!
            Ce n' est que mon avis personnel

    • jeiaz

      L'enquête et la justice n'ont pas à minorer ou non la responsabilité, mais à l'établir. Elle n'a pas été en mesure de l'établir. Elle ne peut condamner. C'est la culpabilité qu'on démontre, pas l'innoncence.

  • Pol Info

    Eh oui on a toujours cette idée qu'une mère ne peut pas tuer son enfant, que dans ce cas elle n'a pas agi directement...

    • magnum31

      "On" sait très bien qu'une mère peut tuer son enfant, et depuis longtemps. Ici, il n'y avait aucune preuve à part l'accusation de son compagnon, qui a changé d'avis en cours de procès.

    • simpleavisbis

      Des mères condamnées et enfermées pour avoir tuer leurs enfants, il y en a toujours eu, il y en a aujourd'hui même dans nos prisons et il y en aura encore.

      Seulement, là, les jurés ont estimé au vu de l'ensemble des éléments dont ils disposaient (et que nous n'avons pas eu) "que Mme Bourgeon n'avait pas directement violenté sa fille ou que, du moins, un doute existait sur ce point, doute qui ne peut légalement que bénéficier à l'accusé(e)". C'est tout.

      Alors bien sûr, cette affaire est si sordide, procure tellement d'émotion que dehors, on n'a pas envie de raisonner comme ca et de s'enquiquiner de tous ces détails. Cette pauvre gosse est morte, la mère n'a rien fait, elle est coupable de meurtre, point. Mais ça ne marche pas comme ça. S'il y a une Justice, c'est précisément pour éviter la vindicte populaire qui ne réclame rien d'autre que la vengeance. Ca peut se comprendre mais ça n'est pas le rôle d'une Cour d'assises qui doit appliquer le droit. Or, pour ce faire, elle recherche qu'elle infraction peut être reprochée à tel individu pour en décider ensuite la peine. Ici, elle estime que le père est coupable de l'infraction de coups mortels, il prend 20 ans ; elle estime que la mère est coupable de l'infraction de non assistance à personne en danger, elle prend 5 ans. Il me semble que c'est les maximums pour les infractions retenues.

  • Castafiore64

    plaidoyer lénifiant en faveur de la mère. Si elle avait appelé les secours la petite serait peut etre encore en vie Donc elle a bien participé au meurtre

    • magnum31

      Bah non, pas légalement. Le fait de ne pas appeler les secours est égal à "non assistance à personne en danger", mais pas à "participation au meurtre". Si ça ne vous plait pas, demandez à votre député de faire changer la loi, mais ne vous plaignez pas que la justice fasse appliquer la loi, c'est son rôle.

    • simpleavisbis

      Rien à voir avec un quelconque plaidoyer, la suite de votre commentaire montre que vous raisonnez en fait EXACTEMENT comme les jurés mais vous n'en tirez pas la bonne conclusion juridique.

      Si elle avait appelé les secours la petite serait peut etre encore en vie Donc : Donc cette définition revient juridiquement à dire qu'elle est coupable de non assistance à personne en danger pour n'avoir prévenu personne. Mais pas du meurtre en tant que tel.

      C'est une affaire sordide et difficile qui émeut tout le monde. Mais quand on juge, on le fait aussi sereinement que possible loin de la vindicte populaire qu'il y a dehors qui ne réclame pas Justice mais vengeance, qui ne pense que émotion et non raison. On peut le comprendre mais ça n'est pas le rôle d'une Cour d'assises. Au vu des éléments que les jurés avaient (notez bien aussi qu'ils ont eu tous les éléments quand nous n'en avons eu que le quart, ce qui est ressorti dans la presse), la Cour "en a conclu que Mme Bourgeon n'avait pas directement violenté sa fille ou que, du moins, un doute existait sur ce point, doute qui ne peut légalement que bénéficier à l'accusé(e)".

      • Christophe David

        vous tuer une personne je vous aide a caché le cadavre pour moi c est une complicité DONC OUI IL YA UN TRES GROS PROBLÈME DANS CE VERDICT

        • simpleavisbis

          Essayez de ne pas tuer la langue française déjà ...

          Ensuite, tout réside dans le "pour moi". Vous n'êtes pas la loi et la loi ne dit pas comme vous. Et un verdict ne se rend pas en fonction de vous mais de la loi. Vous, en gros, en s'en fout. Ce n'est pas vous qui faites les lois et qui définissez les infractions. Après, que ça ne vous plaise pas, c'est autre chose.

      • Castafiore64

        Effectivement je n'étais pas au procès... Toutefois vous dites que le doute doit profiter à l'accusée .D'après ce que j'ai pu lire des chroniqueurs judiciaires la mère et le concubin se sont mutuellement accusés de violences sur l'enfant...or il n'y a pas eu de témoins Pourquoi le doute n'a t il pas aussi profité au concubin ? La mère a monté un scenario insensé pour cacher le crime , elle a ensuite fait semblant de coopérer pour retrouver le corps Elle a donc également menti sur ce point. Je pense qu'elle a su susciter la compassion des jurés .Nous sommes dans une société qui a du mal a reconnaitre qu'une mère puisse être réellement coupable de violences sur son enfant et qu'elle ne peut le faire que sous l'emprise d'un homme. Et puis, on avait le coupable idéal sous la main...

  • personne

    5 ans seulement pour avoir torturé et tuée une enfant......
    10 ans pour Catherine Sauvage pour avoir tué celui qui a été son bourreau pendant 30 ans et le violeur de ses 3 filles...
    Y'a pas à dire, elle est belle la justice en France....
    Je n'ai plus aucun respect pour les magistrats et cette justice me donne la nausée...

    • Rostock

      Non la peine maximale retenue pour les délits dont elle a été reconnue coupable par un jury d'assise, composé à majorité de simple civils.

      Catherine Sauvage a elle écopé de dix ans de prisons (moins la peine déjà effectuée) pour avoir tué avec préméditation son mari par un autre jury d'assise le maximum encouru étant perpétuité avec 22 ans de sureté.

      Vous n'avez aucun respect pour la parole populaire donc.

      • PtitPims

        Rostock....."Vous n'avez aucun respect pour la parole populaire donc".....Dans quel monde vivez-vous ?

        • Rostock

          Mmh, dans celui ou le verdict d'une cours d'assise (ce cas donc) est donné par un jury composé de 6 membres du peuple et de trois magistrat et que par le jeu des votes, la condamnations doit être prononcée par cinq personnes au moins.

          Autrement dit la condamnation et les peines sont prononcées par le peuple.

          Personne dit ne pas respecter les magistrats, mais c'est la parole du peuple qu'il ne respecte pas.

          Je pensais que c'était clair.

      • Marine Vidal

        Je suis d'accord avec Rostock et me permet d'ajouter que Mme Sauvage à assassiner son mari alors qu'il dormait ce qui - il me semble - à été retenue car au moment des faits il ne représentait pas une menace

        • personne

          Croyez vous que si il avait été éveillé elle avait la moindre chance?

          • Marine Vidal

            je sais pas je n'y été pas mais fuir été une possibilité, appeler la police, sa famille, les voisins j'en sais rien. Si elle avait assez de courage pour tuer elle devait aussi en avoir assez pour fuir ce mari violent

          • Rostock

            Tout était envisageable, mais les phénomène des femmes battues est complexe et pose beaucoup de soucis de compréhension des victimes.
            Leur psychologie aussi. Bref, on peut supputer longtemps, les faits sont là, et l'erreur fatale de la défense de Mme Sauvage aura été de s'appuyer sur la légitime défense qui n'était clairement pas constituée plutôt que sur le reste du dossier (me semble d'ailleurs que le "coup de folie" est prévue comme exception à la loi).

            En bref, sanction légère pour homicide aggravé (car sur la personne du conjoint), pas de quoi en faire tout un dossier.

          • Rostock

            Si elle tenait un fusil et lui non ?

            Totalement.

            Les jurés n'ont même pas retenu la préméditation alors qu'elle pouvait largement se constituer : remonter l'arme et les munitions du sous sol pour la dissimuler dans la chambre constituent les actes préparatoires de l'acte criminel.
            Puis charger cette même arme, viser soigneusement l'homme qui dort et tirer, à trois reprises.

            La sanction reste elle très légère eu égard de l'encouru. Preuve que le jury n'a pas frappé si fort.

            Mais le débat ici n'est pas Mme Sauvage.

  • choub

    C'est étrange comme le doute que cecile b n'ai pas porté les coups sur son enfant lui bénéficie, alors qu'aucune preuve ne vient étayer que c'est son compagnon qui a porté les coups. Pire, les professeurs ont témoignés de "sa gentillesse" à l'égard de la petite fiona. Tous les 2, sont revenus sur leurs propos à plusieurs reprises, ont menti, mais seule la parole de cecile bourgoin à tenu lieu de preuve.
    Il y a donc bien un probleme...

  • athena

    Une des constantes de la Justice est d'être faite et rendue par des hommes, et donc faillible (errare humanum est). Cela est fort heureusement "contrebalancé" par les voies de recours que sont l' Appel, la Cassation voire la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui permettent à tout justiciable de contester une décision de justice qu'ils jugent insatisfaisante, voire infondée. Ce ne sont pas les accusés d' Outreau, Loïc Sécher ou Patrick Dils (pour ne citer qu'eux) qui diront le contraire...Ce qui veut dire que ce n'est pas parce qu'une décision de justice a été rendue par "des gens qui ont eu le dossier" (sic) qu'elle est forcément satisfaisante ou fondée, comme le sous-entend la rédactrice du blog . Concernant le verdict incompréhensiblement clément envers Bourgeon, permettez au simple quidam que je suis, de pouvoir faire oeuvre d'esprit critique, de réflexion et d'analyse sur une affaire qui aussi effroyable soit-elle, a été largement développée, commentée et étayée par les journaux et autres médias. Et d’exprimer mon indignation face à ce verdict rendu par la Cour de Riom (ce qui n’est pas une critique de toute la Justice, loin de là s’en faut, mais c’est un autre débat). Car, comment mettre en place un tel scénario de disparition sans craquer et se libérer du poids de la mort abjecte de son enfant, ainsi que du joug de Maklouf, selon Bourgeon, si l’on n’ est pas coupable ? Comment « trimbaler » sa petit fille," petit cadavre", "zombie" pour des témoins, dans des lieux publics, le crâne déformé par un hématome, maquillé et dissimulé par un bandeau, tout cela par les bons par soins de sa mère, si l’on n’ est pas coupable ? Comment ne pas aller voir le médecin pour lui prodiguer des soins, si ce n’est après sa mort pour demander un certificat d’absence de 21 jours, si l’on n’est pas coupable ? Comment ne pas se souvenir de l’endroit où le corps de son enfant repose (ou jeté aux ordures selon des enquêteurs), si l’on n’est pas coupable ? Comment un humain qu’il soit homme ou femme, à plus forte raison une mère, peut ne pas avoir l’estomac en vrac, le cœur bouleversé, la raison qui défaille devant la souffrance de sa petite fille, Fiona 5 ans, si l’on n’est pas coupable ? Alors oui j’ai confiance en la Justice de mon pays, le Juge d’instruction a mis en examen Maklouf et Bourgeon pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineur de 15 ans », peine encourue, 30 ans. Le Procureur de la République à requis sur les mêmes chefs, peine encourue 30 ans. Sont-ils eux-aussi des ignares assoiffés de vengeance venus de la rue?

  • athena

    Une des constantes de la Justice est d'être faite et rendue par les hommes, et donc faillible (errare humanum est). Cela est fort heureusement "contrebalancé" par les voies de recours que sont l' Appel, la Cassation voire la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui permettent à tout justiciable de contester une décision de justice qu'ils jugent insatisfaisante, voire infondée. Ce ne sont pas les accusés d' Outreau, Loïc Sécher ou Patrick Dils (pour ne citer qu'eux) qui diront le contraire...Ce qui veut dire que ce n'est pas parce qu'une décision de justice a été rendue par "des gens qui ont eu le dossier" (sic) qu'elle est forcément satisfaisante ou fondée, comme le sous-entend la rédactrice du blog . Concernant le verdict incompréhensiblement clément envers Bourgeon, permettez au simple quidam que je suis, de pouvoir faire oeuvre d'esprit critique, de réflexion et d'analyse sur une affaire qui aussi effroyable soit-elle, a été largement développée, commentée et étayée par les journaux et autres médias. Et d’exprimer mon indignation face à ce verdict rendu par la Cour de Riom (ce qui n’est pas une critique de toute la Justice, loin de là s’en faut, mais c’est un autre débat). Car, comment mettre en place un tel scénario de disparition sans craquer et se libérer du poids de la mort abjecte de son enfant, ainsi que du joug de Maklouf, selon Bourgeon, si l’on n’ est pas coupable ? Comment « trimbaler » sa petit fille," petit cadavre", "zombie" pour des témoins, dans des lieux publics, le crâne déformé par un hématome, maquillé et dissimulé par un bandeau, tout cela par les bons par soins de sa mère, si l’on n’ est pas coupable ? Comment ne pas aller voir le médecin pour lui prodiguer des soins, si ce n’est après sa mort pour demander un certificat d’absence de 21 jours, si l’on n’est pas coupable ? Comment ne pas se souvenir de l’endroit où le corps de son enfant repose (ou jeté aux ordures selon des enquêteurs), si l’on n’est pas coupable ? Comment un humain qu’il soit homme ou femme, à plus forte raison une mère, peut ne pas avoir l’estomac en vrac, le cœur bouleversé, la raison qui défaille devant la souffrance de sa petite fille, Fiona 5 ans, si l’on n’est pas coupable ? Alors oui j’ai confiance en la Justice de mon pays, le Juge d’instruction a mis en examen Maklouf et Bourgeon pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineur de 15 ans », peine encourue, 30 ans. Le Procureur de la République à requis sur les mêmes chefs, peine encourue 30 ans. Sont-ils eux-aussi des ignares assoiffés de vengeance venus de la rue?

  • athena

    Une des constantes de la Justice est d'être faite et rendue par les hommes, et donc faillible (errare humanum est). Cela est fort heureusement "contrebalancé" par les voies de recours que sont l' Appel, la Cassation voire la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui permettent à tout justiciable de contester une décision de justice qu'ils jugent insatisfaisante, voire infondée. Ce ne sont pas les accusés d' Outreau, Loïc Sécher ou Patrick Dils (pour ne citer qu'eux) qui diront le contraire...Ce qui veut dire que ce n'est pas parce qu'une décision de justice a été rendue par "des gens qui ont eu le dossier" (sic) qu'elle est forcément satisfaisante ou fondée, comme le sous-entend la rédactrice du blog . Concernant le verdict incompréhensiblement clément envers Bourgeon, permettez au simple quidam que je suis, de pouvoir faire oeuvre d'esprit critique, de réflexion et d'analyse sur une affaire qui aussi effroyable soit-elle, a été largement développée, commentée et étayée par les journaux et autres médias. Et d’exprimer mon indignation face à ce verdict rendu par la Cour de Riom (ce qui n’est pas une critique de toute la Justice, loin de là s’en faut, mais c’est un autre débat). Car, comment mettre en place un tel scénario de disparition sans craquer et se libérer du poids de la mort abjecte de son enfant, ainsi que du joug de Maklouf, selon Bourgeon, si l’on n’ est pas coupable ? Comment « trimbaler » sa petit fille," petit cadavre", "zombie" pour des témoins, dans des lieux publics, le crâne déformé par un hématome, maquillé et dissimulé par un bandeau, tout cela par les bons par soins de sa mère, si l’on n’ est pas coupable ? Comment ne pas aller voir le médecin pour lui prodiguer des soins, si ce n’est après sa mort pour demander un certificat d’absence de 21 jours, si l’on n’est pas coupable ? Comment ne pas se souvenir de l’endroit où le corps de son enfant repose (ou jeté aux ordures selon des enquêteurs), si l’on n’est pas coupable ? Comment un humain qu’il soit homme ou femme, à plus forte raison une mère, peut ne pas avoir l’estomac en vrac, le cœur bouleversé, la raison qui défaille devant la souffrance de sa petite fille, Fiona 5 ans, si l’on n’est pas coupable ? Alors oui j’ai confiance en la Justice de mon pays, le Juge d’instruction a mis en examen Maklouf et Bourgeon pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineur de 15 ans », peine encourue, 30 ans. Le Procureur de la République à requis sur les mêmes chefs, peine encourue 30 ans. Sont-ils eux-aussi des ignares assoiffés de vengeance venus de la rue?

  • bea

    oui, les jurés ont jugé en leur âme et conscience, avec peut-être des éléments dont nous n'avons pas connaissance.
    Mais moi, chez moi, toute seule, je juge, sans répercussion aucune, avec ce que je sais et ce que je je ressens.
    Je sais que si je perds mon enfant tragiquement, on ne me verra pas mentir devant les caméras de la télé, pleurer mon enfant enlevé, émouvoir la France entière, vouloir la vérité et quémander qu'on me rende mon enfant. Non, je ne suis pas une menteuse.
    Je suis juste une maman, et je serais tellement malheureuse d'avoir perdu mon enfant que je serais bien incapable de jouer la comédie et de monter sur scène.
    Faute d'avoir été mère Cécile Bourgeon, et malgré votre physique disgracieux, vous êtes une grande actrice machiavélique, qui a su émouvoir et endormir les jurés. Le triste et sordide luron qui était à vos côtés a écopé pour vous. Mais vous étiez un binôme. Celui qui partageait votre vie, vos déboires, vos débauches, vous l'avez choisi n'est-ce pas? aux dépens d'une pauvre enfant qui fut votre souffre-douleur à tous les deux.
    La seule chose qui me réconforte dans cette affaire c'est que vous soyez déchue de votre autorité parentale pour vos deux autres enfants.
    Ils ont besoin de tout, sauf d'une mère comme vous.

  • HEPHENDY

    Il y a des choses difficiles à comprendre. Les deux accusés ont baladé tout le monde avec leurs changements de versions incessants et la petite victime a été oubliée.

  • Adelle Blansec

    Merci pour ce texte et ces commentaires intéressants. Ce qui me surprend, si j'ai bien compris, c'est que selon la loi, on ne retire pas l'exercice de l'autorité parentale à M. Makhlouf, car l'enfant qu'il est jugé avoir assassiné n'est pas le sien. Que dis la loi à ce sujet ? Merci par avance pour vos réponses.

  • Adelle Blansec

    Merci pour ce texte et vos commentaires.
    Dans ce texte ce qui me suprend et m'effraie, c'est que M. Makhlouf, ne soit pas déchu de son autorité parentale car l'enfant, dont il vient d'être jugé l'assassin, n'est pas son enfant. AI-je bien compris ? Que dis la loi à ce sujet ?

    • jeiaz

      Il n'avait pas l'autorité parentale, il ne peut donc pas la perdre.

      • Adelle Blansec

        Mais il a conservé l'autorité parentale sur ses propres enfants, non ?

        • Rostock

          Un détenu ne peut exercer pleinement son autorité parentale et doit donc soit la laisser à l'autre membre du foyer si il y en a un, soit la déléguer de gré ou de force.

          De plus comme le commente Judge Marie, il ne peut être déchu de l'autorité parentale sur ses propres enfants car ce n'est tout simplement pas prévu dans la loi et donc que c'est inenvisageable.
          Pour le coup, "un fait divers une loi" je suis contre, mais là il y a matière à agir parce que effectivement ça pourrait se prévoir dans la partie.

          Du reste, quant M.makhlouf sera autorisé à faire une demande en libération conditionnelle, ses enfants auront bien grandi, en 13 ans et quatre mois il y a du temps.

  • Adelle Blansec

    AA

  • Pingback: Affaire Fiona: Pourquoi le verdict suscite-t-il autant d’émotions? | A La Maison()

  • http://www.facebook.com/michael.malkovich.3 Michaël Malkovich

    Elle a tout compris.
    En France il vaut mieux tuer son gosse à coup de poing, plutôt que boycotter vous savez qui, ou émettre un doute sur l'existence de vous savez quoi :)
    #Quenelle.

  • Fred Estier

    Faut arrêter de couper les cheveux en 4 à un moment. On a deux drogués au comportement vulgaire et bestial. Qui maltraitent un être innocent placé de fait sous leur garde. Il en est mort et la question de sa sépulture importe peu. Ils ont reconnu le crime, sont passés aux aveux. Hé bien il ne faut surtout pas les tuer. Au contraire il faut les laisser mariner dans leur jus, chacun, une vie entière. Tout le reste est de la récupération et de l'escroquerie