"Madame il m'a touché"

"Favoriser le retour au calme" et "la reprise du dialogue" à l'usine d'Aulnay, c'est désormais la mission du médiateur nommé hier par le gouvernement. Le directeur départemental du travail Marc Leray va devoir s'attaquer à la tâche et il a du pain sur la planche.

"Il y a des entraves à la liberté du travail qui sont le fait de quelques dizaines de personnes qui provoquent en permanence, créent des tensions voire des dégradations" a affirmé le directeur industriel du groupe, Denis Martin, dans une déclaration à l'AFP.

Depuis trois semaines la direction a fait venir des renforts d'autres sites pour "surveiller"  de très prés les grévistes. Plusieurs centaines de cadres et d'agents de maitrise chargés de ne pas  quitter des yeux les ouvriers qui ont débrayé. Par groupe de plusieurs dizaines, ils se positionnent aux endroits stratégiques de l'usine, accompagnés par des huissiers de justice. Une trentaine d'entre eux tracent en permanence un mur de "gilets jaunes" devant "La place de la grève" au coeur du montage. C'est là que se tiennent toutes les assemblées générales et que les ouvriers grévistes s'organisent et même prennent leurs repas.

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La guerre des nerfs dure maintenant depuis vingt et un  jours. "Ils sont sur notre dos en permanence, dès que l'on s'approche d'un non gréviste, ils font masse autour de nous. C'est de la provocation, ils sont là justement pour faire monter la tension" répondent les ouvriers grévistes à ceux qui les interrogent sur cette montée de la pression.

Ces jours-ci un nouveau slogan a fleuri : "Madame il m'a touché" les grévistes veulent tourner en dérision un cadre "observateur" qui se serait plaint d'avoir été mal traité par les ouvriers.

Ce matin là, Najib AZAHRIOU, militant CGT 32 ans, 13 ans d'ancienneté à Aulnay, allait être reçu par un responsable des ressources humaines pour un entretien préalable au licenciement. C'est le sixième ouvrier dans ce cas, accusé  "d'agression" envers des cadres ou des huissiers.

La tension monte d'un cran, c'est l'heure du rendez-vous, il est 8 heures du matin. Ils sont venus en masse pour soutenir leur camarade. Faire le plus de bruit possible pendant l'entretien, en chantant, en criant, en lançant des pétards. Najib est accompagné de Philippe Julien, délégué de la CGT.

 

 

Ils sont trois ouvriers aujourd'hui a avoir reçu une lettre de licenciement dont Nadjib Azahriou. Revenir sur ces sanctions c'est justement ce que demandent les grévistes au médiateur qui vient d'être nommé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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