"Torsten": "goutte froide" avec glaçons

 

La semaine passée, le temps a été très instable en France. Cette situation s'est caractérisée, notamment sur les régions de l'est, par des journées très pluvieuses, voire orageuses. L'alerte orange lancée par Météo-France pour plusieurs départements de l'est de la France était parfaitement justifiée. Le responsable de ce temps très chaotique n'est autre que "Torsten", le nom qu'ont donné les météorologistes à cette "goutte froide".

Pluies diluviennes dans l'est nonobstant... un temps anticyclonique !?

En météorologie, vous avez sans doute déjà entendu parler de front chaud, front froid et front occlus. Par ces différents termes, on désigne les grandes perturbations (pluvieuses, neigeuses ou orageuses) qui affectent notre pays. Généralement, lorsque les pressions sont anticycloniques (supérieures à 1013 hPa), le temps est plutôt sec. Eh bien pas toujours ! Il peut en effet pleuvoir malgré les hautes pressions. C'est ce qui est arrivé en fin de semaine dernière sur les régions de l'est. Plus de 1015 hPa en Bourgogne, en Rhône-Alpes et en Champagne alors que ces régions ont connu des pluies diluviennes. En Côte d'Or, on relevait vendredi soir localement près de 80 mm tombés en 24h ! D'où des inondations...

Autrement dit, le baromètre n'est pas le seul instrument qui permette de jauger précisément l'évolution du temps à court terme.

Qu'est ce qu'une goutte froide ?

Comment décrire simplement le phénomène de "goutte froide" ? Au risque de simplifier beaucoup les choses, imaginons: les dépressions circulent au nord, l'anticyclone (des Açores) au sud. Ce schéma correspond à peu près à la réalité. Or, il peut arriver qu'une poche d'air froid des systèmes dépressionnaires vienne s'isoler plus au sud. Cette poche d'air froid se "détache" en quelques sortes de son noyau d'origine, et vient s'établir au sein des hautes pressions; ainsi prend forme cette "goutte froide"...

Ci-dessous, un exemple de goutte froide que les météorologistes pouvaient observer sur leur modèle météo, le 6 juillet 2012.

On peut identifier la "goutte froide" ci-dessus grâce aux couleurs. Le vert, en Manche, indique la présence de la "goutte froide" avec des pressions légèrement plus basses, tandis qu'autour les pressions sont anticycloniques. Ces "gouttes froides" sont parfois difficiles à prévoir. Ainsi, un décalage de quelques kilomètres peut entraîner un temps radicalement différent d'un département à l'autre, si l'on est en France.

Les "gouttes froides" peuvent se produire à n'importe quel moment de l'année. Cependant, selon la saison ou leur positionnement en Europe, elles n'auront pas les mêmes conséquences. Des exemples ? Une "goutte froide" près du golfe de Gascogne ou en Espagne au printemps, l'été ou en automne, risque d'engendrer une situation potentiellement très orageuse et pluvieuse. Au contraire, la présence d'une "goutte froide" l'hiver entre le golfe de Gênes et l'Italie a des chances de ramener de l'air froid d'Europe centrale ou des retours d'est neigeux en montagne, voire en plaine.

Voici maintenant la "goutte froide" qui nous a concerné ces derniers jours. On la distingue bien sur cette carte (en date du 1er mai) avec cette tache verte sur le golfe de Gascogne:

Cette "goutte froide" s'est déplacée très lentement vers l'est au fil des jours, ce qui explique ces violents orages et ces pluies diluviennes qui se sont abattues en deuxième partie de semaine dans l'est de la France.

Douche froide et glaçons !

Voici quelques images qui témoignent de la virulence des orages.

Jeudi 2 mai, des orages de grêle affectent la Lorraine, notamment Rupt-sur-Moselle dans les Vosges. Les grêlons atteignent 4 cm de diamètre, comme en témoigne cette photo:

Dans l'ouest de la France, des phénomènes rotatifs ont été observés. On parle dans ces cas là de tuba, lorsque l'extrémité de la colonne nuageuse n'atteint pas le sol.

Ci-dessous à Saint-Médard-d'Aunis, en Charente-Maritime, 2 tubas le 1er mai:

Même phénomène observé le lendemain, 2 mai, dans l'est du département de la Vendée, près de Breuil-Barret.

Et ce n'est pas fini ! Car le même jour (2 mai), un autre tuba était observé dans les Deux-Sèvres, à Niort, en fin d'après midi.

Les tubas en France ne sont pas rares, loin de là. Cependant, ce phénomène ne dure souvent que quelques minutes. Il faut donc avoir la chance, lors d'une observation, d'avoir un appareil photo sur soi.

Sources: Météociel, Infoclimat.

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