Boko Haram : une armée de zombies

A Baga, une femme passe devant des maisons brûlées après une attaque en avril 2013. Boko Haram a à nouveau attaqué cette ville en janvier 2015, tuant des centaines, voire des milliers, de personnes. ( REUTERS)

En 1976, Fela Kuti sortait une de ses chansons emblématiques : Zombie. Un hymne anti-militarisme accusant ouvertement d'exaction et de justice punitive l'armée de son pays, le Nigeria. En représailles, les militaires rasèrent la propriété des Kuti, frappèrent ses musiciens (les Afrika 70), violèrent ses choristes et comble de l'horreur (car ce n'était pas encore assez), défenestrèrent sa mère alors âgée de 76 ans.

Aujourd'hui, cette armée de zombies n'est plus l'armée régulière nigériane mais Boko Haram, une secte d'islamistes dégénérés (qui s'attaquent même aux mosquées, c'est dire à quel point ils sont au-delà de la raison). A côté d'eux, les militaires nigérians des années 70-80  ressemblent à un rassemblement de bisounours.

La semaine dernière, alors que la France vivait l'horreur de l'attentat de Charlie-Hébdo, Boko Haram a exterminé des centaines voire des milliers de victimes dans l'extrême nord-est du pays. Samedi 10 janvier, une bombe fixée à une fillette de dix ans a fait 20 victimes sur un marché bondé. On en a évidemment nettement moins parlé et pour ainsi dire, cela a été presque occulté pendant quelques jours. L'Occident est auto-centré, on ne le sait que trop. Mais la réalité finit par rattraper mêmes les sourds et les aveugles. Il faut dire Boko Haram repousse une nouvelle fois les limites de l'horreur, ils ne transforment même plus des enfants en soldats mais en bombes humaines. Plus que jamais, ils ressemblent aux zombies de Fela Kuti, des machines à tuer, sans cervelle et s'attaquant à celle des autres (tout ce qui représente le savoir et la culture est leur cible première). Dur de trouver chez eux une quelconque trace d'humanité.

Le 11 janvier, on a vu des présidents africains venir à Paris marcher contre le terrorisme : le Malien Ibrahim Boubacar Keïta, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Sénégalais Macky Sall, le Béninois Thomas Boni Yayi, le Togolais Faure Gnassingbé et le très controversé président gabonais Ali Bongo. Comme l'écrit Ousmane Ndiaye dans Courrier International : pourquoi pas une telle mobilisation contre Boko Haram ? Et tant qu'à faire que les Hollande, Renzi, Rajoy, Merkel et compagnie leur emboitent le pas et disent à Boko Haram "non seulement, nous n'avons pas peur mais nous allons tous ensemble combattre cette armée de zombies".

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